21.05.2007

FOURRE-TOUT

Chat de litière
Fumier de tas
Lèvres à rouge
Linge à pinces
Claque à tête
Ecrire à machine
Lettres à boite
L’égout à tout
Sac à mise
Merde à pompe
Secours à trousse
Train en boute
Boire à coup
Tue tête à crier le feu au pot

06.11.2006

LES VOCABLES


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La dormance, son sein pur et glacé. Les cordes se contractent au long des giroflées gercées.
Les anatomies éclaboussent des estrapades, les chairs giclent des gibets.
Liquides, propriétés caractéristiques. Parlers blanchis.
Dans l’évidé des yeux, une convention : le repos, le trépas s’affichent comme couleurs.
Il faudra de la résolution pour régler les pendules sur l’inéluctable, codifier tous les cadrans sur le temps obligatoire.
Les affreux camelots qui ont cédé la nouvelle se frappent aux beffrois qui beuglent comme Cybèle.
Aux douze collisions se substitue le calme et sous les étoiles effarées, des guerriers sournois parviennent à nous guider dans un trouble d’escarbilles.
Le Cosmos a toussé. Il crache, s’asphyxie. La Terre s’étrangle d’élucubrations.
Au cœur des agitations, on entend claquer les faîtières du firmament, un bruit effrayant résonner dans les altitudes. Archanges hameçonnés, des séraphins frétillants se pressent sur la glèbe. S’écrasent.
Le toxique s’épand comme une empreinte souffre. Irradiations. Ire. 
L'ouvrage est grignoté, nous voici déroutés… Interpellez-vous !
Il fut des saisons où tout pivotait en harmonie, les averses étaient torrides, la verdure savoureuse. Nous râpions tous les ensorcellements...
Mais les époques des époques se sont consumées, il est maintenant la saison de rentrer sagement au sablier.

1993

De A comme asile à Z comme zoo

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Avant de m'endormir, octroyez moi mon baiser de cortisone que je puisse aller saluer les pachydermes aux défenses d'émeraudes.
 
Je volerai la Jaguar du Professeur Tournesol et j'aplatirai du kaki, en tenue panthère !
Je mettrai le feu à tous vos galons, messieurs ! A coups de couperet, j'en ferai du spaghetti meilleur qu'en Italie !
 
A moins que je ne préfère une mangue, comme un jour de Noël, car le large est opale depuis la fenêtre de mon pédicure...
 
C'est en toute quiétude que je ne fais nulle rature à ce texte savant.
 
J’étais déjà têtu dans l’utérus, malle à la dextre, à espérer n’importe quel joueur de yo-yo ou de balafon qui m'emporterait au Zaïre !

05.11.2006

LA DAME EN NOIR DANS LE BOUDOIR

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L’ingénue hante les corridors, déambule en s'équarrissant sur les toiles ancestrales, séculaires croûtes de cruor desséché. Elle se troue les mains sur les clous des chambranles.
 
Sifflement de félidés à neuf queues.
 
L’ingénue ouvre grand la bouche, veut crier, hurler mais le sang dégorge en gros bouillons. Le vieux sang  répandu.
 
Elle pénètre, haletante, dans un étrange boudoir où le temps s’est vicié.
 
Sur un sofa fané, nonchalamment posés, des gants de soie grège à  fragrance de lys.
Près du guéridon, une dame vêtue de noir tient un fourreau serti de perles.
D’une main laiteuse, elle exhibe la fine lame et tranche !
 
Le gosier damné.
 
L’oiselle de nuit veut crier, hurler mais ne fait que cracher caillots, grumeaux denses et la main blanche de la dame en noir sans trembler, tranche la jugulaire à perpétuité. 
 
 

22.10.2006

LE SOURIRE DU JOKER

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Avant, avant, mais maintenant ? Ravagée, achetée, déchiquetée, avalée ?
Les mots sont vains mais il y a des vins exquis…
Nous nous jouons la ritournelle, nous sommes fiers sauf peut être quand l’amour nous dévore, mais ici il n’est point question d’amour. Juste de solitude peut-être…

Hasard ? Château de cartes qui s’écroule ? Non ! Château de cartes qui s’envole pour aller se reconstruire un peu plus loin. Toutes les cartes sont des jokers !

Voie cabossée, chemin des déjantés, mais chacun de nous rêve, chacun de nous rêve sa vie ! Cela fait mal de se prendre au sérieux et la plupart du temps c’est inutile. Apprendre, et apprendre à se taire aussi. Surtout !

Des mots, du vent, du vin…

Quelle cause ? Pas de cause !
Toutes les causes ! La poésie, merde !

Je souffre et je t’emmerde ? Non, je souffre et je t’aime quand même !
Je me fous de ce que tu crois être, de ce que tu racontes, je t’aime parce que c’est bon, parce que ça me libère de moi, qui que tu sois, prince des nuées ou dernier des imbéciles.

Mai 2000

QUAND MONTE LA SÈVE…

Je te trouve beau parce que je t’ai vêtu d’amour.
La nudité c’est dans ton cœur que je la lis, parce que c’est ainsi que je te désire…
Tu as beau être fou, nous ne le sommes jamais assez !

Tu as beau être flou, je ne me lasse pas de te regarder, ce que je crois voir m’exaspère et me bouleverse ! Un miroir dont le reflet m’échappe toujours...

Je ne crois pas plus au hasard qu'à l’amour quand on veut lui coller une étiquette.Qu'importe l’illusion pourvu qu'elle soit belle ! Il faut bien se nourrir et il n’y a pas que le ventre qui a faim…
Tu mets des ailes à mes rêves et tu n’y es pour rien. C’est comme ça que l’on se vole les uns les autres, c’est comme ça que l’on vit. Je viens peut être pour semer le désordre, mais encore une fois, je ne crois pas au hasard, tu devais avoir besoin de désordre...

Moi, j’avais besoin de te rencontrer.

Je ne le savais pas, comment aurais-je pu le savoir ? Je dormais d’un long hiver qui n’en pouvait plus de ne pas finir, mais voilà, il y a eu ce jour où je suis sortie de chez moi… Une erreur ? Peu importe ! Je t’ai rencontré, je sais que tu existes même si tu me dis que déjà tu n’es plus, que tu n’as jamais été et pourtant…

Mars 2000

17.10.2006

Un raté dans le cœur

Au mariage de mes prunelles, j’ai chaussé mes beaux souliers de passion, le cul en colimaçon et du désir plein les mamelles ! Sur le magma frais de la nuit, toutes les étoiles formaient une mosaïque éclatée pour ma tête balbutiante. L’odeur de l’aventure m’enivrait !
Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d’homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C’est de bon cœur que je m’apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j’entendis pleurer les bombes et je vis l’automne passer sous les rails ! Oui Monsieur ! J’ai donc ôté mes souliers et j’ai même ôté mes pieds avant de me glisser, sans rien de plus à dire, sous cet atome de soupir où vous m’avez trouvée.
2001

Si l’aspirateur pouvait aussi avaler les mensonges…

La vie est le couvercle d’une casserole bleue. L’amour est un vélo sans selle. Le mariage est le chemin le plus court entre deux points. Et alors ?
Qu’est-ce que l’ignorance ? Se poser la question est y répondre.
Qu’est-ce que l’hypocrisie ? C’est étonnamment simple.
Qu’est-ce qu’une roue étoilée ? la première étape vers un réveil brutal
Qu’est-ce qu’une femme en chaleur ?
C’est peut-être la fin du monde.

2001

Poupée du soir, poupée placard

Une poupée pleure de rage le sot caprice de ce sang transparent, qui s’écoule dans ses veines plastifiées. Elle pleure sa chute dans le précipice à balais où seule une araignée fêlée lui lit les nouvelles du soir, espoir : la cirrhose du pic vert escarpé, les méfaits des maîtres-chien, l’anémie du vampire... Pensez donc, si les chapeaux clochent !
La poupée sent la poussière, elle a peur dans le noir ! Elle pense au croque-guillotine, la lame à trancher les certitudes. Elle a peur des coins où se tassent les habitudes, alors elle griffe les murs de ses ongles en caoutchouc, elle cogne sa petite tête de poils synthétiques et elle hurle sa rage à l’araignée du soir, qui n’a pas d’oreille, qui sait seulement lire les nouvelles et qui se fout de savoir si quelqu’un les comprend !
2001