04.04.2009
Soirée témoignages des chirurgiens qui reviennent de Gaza
Témoignages des Chirurgiens qui reviennent de Gaza

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13.02.2009
Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri
Mise en ligne le : 12 février 2009
L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a poursuivi son enquête sur les 1000 bombes guidées GBU-39 livrées à Israël par les États-Unis quelques semaines avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza. Cette enquête confirme l’essentiel des allégations initiales de l’association.
Dans un article publié le 4 janvier 2009 sur son site www.acdn.net, article largement diffusé et repris par de nombreux sites, ACDN dénonçait l’emploi de bombes GBU-39, dès le début de « Plomb durci », par l’armée de l’air israélienne, en affirmant qu’elles contenaient de l’uranium appauvri. Métal radioactif et poison chimique, l’uranium appauvri, lorsqu’il est inhalé ou ingéré sous forme de micro- ou nanoparticules, s’attaque à l’ADN des cellules et au génome humain. Utilisé pour durcir des munitions, il est pyrophorique (incendiaire) à l’impact, mais aussi gravement pathogène, cancérigène et tératogène à moyen et à long terme. Employer de telles armes au sein d’une population sans tenir compte de ces effets bien connus de l’UA, c’est prendre sciemment le risque d’un génocide. D’où le titre de l’article du 4 janvier : A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé, et l’appel d’ACDN à cesser le massacre.
Réactions
La « communauté internationale », officielle comme antinucléaire, ne semblant pas réagir à ce cri d’alarme, sinon pour le mettre en doute, ACDN a constitué et publié dès le 14 janvier un dossier plus complet sur les GBU-39 Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier. Le 18 janvier, le cessez-le-feu venant d’être proclamé par Israël, le président d’ACDN écrit au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, pour lui demander d’ouvrir au plus vite une enquête sur la présence de matières radioactives dans la bande de Gaza et de prendre, s’il y a lieu, des mesures d’urgence pour neutraliser si possible ces matières ou du moins protéger les Gazaouis et leurs voisins de la radioactivité. Il suggère de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.
De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiétent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». C’est en effet ce que le Dr Mads Gilbert, l’un des médecins norvégiens travaillant à l’hôpital Al-Chifa de Gaza, avait affirmé dès le 31 décembre 2008. Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.
A ce jour (12 février 2009), l’AIEA n’a pas encore remis de rapport. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien a assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier, en se repliant sur une deuxième ligne de défense : "ce sont des armes autorisées". Oui, tout juste tolérées, mais pas sur des civils.
Sans attendre les résultats d’expertise de l’AIEA, ACDN a poursuivi son enquête sur les GBU-39, et abouti à rassembler les précisions suivantes.
Précisions
De « source bien informée », les GBU-39 livrées à Israël représentent une toute nouvelle génération de bombes guidées. Leur enveloppe est constituée d’un alliage métallique C/UA à base d’uranium appauvri (80 %), dans lequel le tungstène est remplacé par du carbone (20 %). A première vue, le carbone peut sembler plus fragile et plus friable que le tungstène, donc moins recommandé pour entrer dans la composition d’une enveloppe métallique chargée d’assurer la pénétration des bombes en profondeur, dans un terrain, un immeuble ou un bunker, à travers du béton armé et d’autres obstacles multiples et résistants. En fait, c’est l’inverse.
D’une part, en effet, il s’agit d’un carbone très particulier, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos, en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée, qui a mis au point un nouveau "type de carbone" à structures moléculaires renforcées : les fullerènes. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire et se mélangent aisément à d’autres métaux, en l’occurrence l’uranium appauvri.
D’autre part, la « friabilité » du carbone permet d’obtenir un alliage métallique formant des milliers d’échardes, selon un tout nouveau procédé de fabrication qui fait intervenir ce qu’on nomme le "frittage fragmentaire". Le métal (alliage 20/80 C/UA) ne présente pas une véritable "masse homogène" ; un réseau de microfissures volontaires facilite sa fracture en éclats minuscules ou « échardes de métal », dont le « rayonnement » se trouve en outre renforcé par le type d’explosif utilisé dans les GBU.
Selon les dernières informations obtenues par ACDN, la charge explosive des GBU-39 utilisées par Israël lors de l’opération « Plomb durci » ne serait pas de même composition que le DIME (Dense Inert Metal Explosive) qui se trouve, à raison de plus de 80 kg par unité, dans les Mk-82, des bombes de 500 livres ayant servi de base aux GBU-39, et qui ont aussi été utilisées à Gaza. La confusion entre les deux est possible, et le sort des victimes, quasiment identique. L’explosif de ces GBU-39 serait une nouvelle formulation de perchlorate (produit hautement cancérigène) avec un ajout de poudre de carbone micromolléculaire (à la place de l’alumine) et d’un « booster » à base de poudre d’UA. Le rôle de cet explosif hyper puissant est d’assurer une grande vélocité aux "échardes de métal", lesquelles s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique, mais seulement après impact sur leur « cible », où le frottement fournit l’élévation de température nécessaire. "Préformatées en forme d’aiguilles", les minuscules échardes s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre (de 0,85 m à 1,15 m). Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées... et ce en raison des "mini impacts largement répandus autour de la cible".
Les GBU-39 utilisées lors de l’intervention israélienne, ont une propriété supplémentaire : elles disposent d’un système de mise à feu complémentaire qui force l’explosion en cas de mauvais fonctionnement du système primaire d’armement à l’impact. La bombe explose donc de toute façon dans les secondes ou les minutes qui suivent son contact avec la cible, quelle que soit celle-ci. Ainsi, le matériel est-il assuré de disparaître après intervention. On ne pourra trouver aucun reste de GBU-39, ni intacte, ni en morceaux. Juste un peu de poudre noire.
Ces nouveaux matériaux composites, les autres caractéristiques des GBU déjà décrites dans nos articles précédents, et l’ensemble du dispositif de mise en œuvre, assurent aux GBU un "service multiple" de destruction et de morbidité : - pénétration en profondeur des cibles les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;
explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;
explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu a échoué ;
destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;
projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;
crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;
chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;
réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;
contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;
atteintes au génome de la population cible. L’innovation meurtrière des marchands d’armes défie l’imagination. Tout comme leur capacité à faire disparaître l’uranium appauvri de leurs nomenclatures, à esquiver les questions embarrassantes, voire à se trouver des alliés inattendus.
L’art de l’esquive
Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN a demandé au Ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y avait ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère - qui n’est toujours pas arrivée - il a posé au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du Ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il a reçu cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » ("Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility.")
Cependant, malgré ses allures de démenti, cette réponse n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. S’il fallait remonter la piste de l’uranium appauvri présent dans l’enveloppe des GBU-39 jusqu’aux lieux où il est fondu en alliage et où la coque est usinée, sans doute faudrait-il s’adresser d’abord aux laboratoires de l’armée américaine (en particulier à ceux de Los Alamos, en pointe dans la métallurgie et les nano-technologies), à la firme Westinghouse qui fournit l’uranium des centrales nucléaires, ou encore à l’un de ses sous-traitants. Gageons que le « secret défense » ou le « démenti » pur et simple trouveront alors à s’exercer. Aux Etats-Unis comme ailleurs, ce sont les militaires qui financent, gèrent et contrôlent tout ce qui a trait aux armements. Y compris par le mutisme ou la désinformation.
Retour à l’humain
Phosphore blanc, DIME, tungstène, uranium appauvri... Les médecins pensent différemment des militaires et de leurs donneurs d’ordres. Seulement soucieux d’humanité, les chirurgiens présents à Gaza ont décrit les effets sur les victimes des "nouveaux types d’armes" employés : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre... Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)
Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »
Et comment qualifier cette "guerre" qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un "tir ami", et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus)
A un contre cent, est-ce encore un combat, ou un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?
Un crime contre l’humanité, donc ? Israël, en tout cas, est allé trop loin.
Une guerre trop loin.
Les prochains responsables israéliens devront, dans leur propre intérêt et dans celui de leur peuple, se hâter de reconnaître -indépendamment du Hamas, qui le devrait aussi- et réparer, si tant est qu’ils soient encore réparables, les dommages humains, écologiques, économiques et politiques subis du fait de "Plomb durci" par les Palestiniens - ainsi que ceux subis par les Israéliens eux-mêmes, par effet boomerang.
Si Israël n’y vient pas de lui-même, il faudra que la justice et la "communauté internationale" l’y obligent. Sinon, ce sera la porte ouverte à toutes les folies militaires, massacres nucléaires compris.
Nous en appelons au bon sens, au sens de la justice et à l’humanité de chacun.
Enquête : Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri" ⓒACDN, 12 février 2009.
Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : www.acdn.net, d’activer les liens et d’en informer la rédaction.
Signer la pétition pour l’abandon et l’interdiction universelle des armes à UA
http://acdn.france.free.fr/php_petitions/index.php?petiti...
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07.02.2009
"Je n'aurais jamais cru les humains capables d'infliger autant de souffrances"
| Par Najib Ramzi Envoyé par l'ONG Médecine pour le Tiers Monde dans la bande de Gaza, Najib Ramzi était présent sur place au plus fort de l'offensive israélienne. De retour à Bruxelles, il témoigne des difficiles conditions de travail du personnel médical et des souffrances de la population gazaouie, première victime des bombardements israéliens. |
| Pourquoi êtes-vous parti? A cause des images que j'ai vues à la télévision. Il fallait que je fasse quelque chose. Et, la seule chose que je pouvais faire était de me rendre sur place. Lors de la manifestation organisée le 31 décembre à Bruxelles, j'ai rencontré Colette Moulaert, une pédiatre proche de Médecine pour le Tiers Monde (M3M). Nous avons discuté. Je lui ai fait part de mon intention d'aller à Gaza. Nous avons échangé nos coordonnées. Deux jours plus tard, le coordinateur de M3M, Bert de Belder m'a contacté. Il était possible d'entrer à Gaza avec des médecins de l'ONG norvégienne Norwac. Comment s'est passé votre voyage et l'entrée à Gaza? Le 7 janvier, j'ai quitté la Belgique pour l'Egypte. Sur place, j'ai rejoint un médecin de Norwac. Ensemble, nous avons tenté à plusieurs reprises de passer la frontière de Raffah. Sans succès!. Finalement, le 11, nous avons été autorisés à la traverser. De l'autre côté, les F-16 de l'armée israélienne bombardaient les tunnels. Ils volaient très bas. C'était impressionant. Un convoi d'ambulances de l'hôpital de Shifa nous attendait. Nous avons rejoint la ville de Gaza en 4 heures... quatre heures pour parcourir 40 km. L'ambiance était tendue. Personnellement, j'étais inquiet car je savais que les ambulances étaient prises pour cible. Si ma mémoire est exacte, 15 ambulanciers ont été tués pendant l'offensive israélienne, sans compter les nombreux blessés parmis les équipes de secours. Quant avez-vous commencé à travailler? Le lendemain. J'ai rejoint une équipe de 7 neurochirurgiens, trois étaient pleinement opérationnels. Les quatre autres étaient des médecins en cours de formation. Comment s'organisait la prise en charge des blessés? Quant les ambulanciers parvenaient à les atteindre, les blessés arrivaient par vague après une série de bombardements. Puis, la situation se calmait jusqu'au “rush” suivant. Aux urgences, nous faisions un premier tri afin de séparer les cas les plus graves des autres. Nous disposions de six salles d'opération. Nous opérions simultanément 2 à 3 patients dans une même salle. Souvent, plusieurs équipes s'occupaient d'une même personne. Des confrères opéraient les jambes ou les bras, pendant que nous, les neurochirurgiens nous intervenions au niveau de la tête. Nous avons pratiqué des opérations à même le sol et dans les couloirs de l'hôpital. Malgré tout, certaines personnes sont mortes par manque de soins. L'offensive israélienne a provoqué la mort de plus de 1500 Palestiniens. En réalité, ce chiffre ne dévoile que le nombre de décès enregistrés dans les hôpitaux. Beaucoup de personnes ont été tuées lors des bombardements et sont décédées dans les décombres de leur maison. Elles ne sont pas encore recensées. Qui était ces blessés? Des femmes et des enfants. Dans 50% des cas, peut-être plus, il s'agissait de femmes et d'enfants. Il faut le dire et le répéter, les populations civiles sont les véritables victimes de cette guerre. Quels types de blessures présentaient-ils? Beaucoup d'amputations bilatérales des bras ou des jambes, juste en-dessous des hanches. Des lésions dans différentes parties du corps dues à l'onde de choc des explosions et énormément de brûlures au troisième degrés provoquées par du phosphore. Je me souviens du cas d'un enfant. Il est arrivé aux urgences dans un sale état. Un de mes collègues l'a pris en charge. Il a extrait de petites particules de ses plaies. Elles se sont ravivées sous ses yeux. Il s'est même brûlé au cou. C'était du phosphore. Aviez-vous assez de médicaments? On avait le minimum. Les blessés étaient opérés mais la prise en charge de leur douleur n'était pas possible parce que nous n'avions pas de médicaments pour les soulager. Lorsqu'on pense à la gravité de leurs blessures, c'était dramatique. Nous avons toujours eu assez de sang. Heureusement, car certains blessés en recevaient de grande quantité, jusqu'à 10 poches. Le seul problème était de le réchauffer pour pouvoir le transfuser. Pour y parvenir, nous plaçions les poches sous nos aisselles. Et l'électricité? L'hôpital était approvisionné grâce à un générateur. Les coupures de courant étaient régulières. En salle d'op, c'était difficile, mais le générateur finissait toujours par se remettre en marche. Disposiez-vous d'assez de lits? L'hôpital de Shifa est le plus grand hôpital de Gaza. Il compte 600 lits, mais c'était insuffisant. Pratiquement tous les patients que nous soignions se retrouvaient aux soins intensifs en raison de leur état. Comme ils étaient trop nombreux, nous avons transformé les départements de gynécologie, de cardiologie ... en unités de soins intensifs. Le 15 janvier, l'hôpital Al-Quds a été attaqué par l'armée israélienne. La première fois, elle l'a bombardé. La deuxième fois, elle a lâché du phosphore sur les bâtiments qui ont brûlé. Pendant les premiers bombardements, le personnel a décidé d'évacuer les blessés. Nous les avons accueilli. Ils étaient 300 au total. Nous les avons alités avec nos propres patients, deux personnes par lit. Les autres, ceux que nous nous n'avons pas pu coucher dans un lit, nous les avons installés à même le sol. Ce jour là, la Croix Rouge a décidé d'évacuer tout son personnel. C'était pour moi la preuve que personne n'était en sécurité. J'ai eu peur que l'armée n'investisse les lieux. Elle ne l'a pas fait, mais nous avons eu peur. Qu'est-ce qui vous a le plus frappé? L’atrocité des blessures et le nombre d’enfants figurant parmis les victimes. Je ne pensais pas que les humains étaient capables de cela. Quant vous travaillez, vous devez mettre vos émotions de côté car le plus important est de sauver des vies. Maintenant, c'est différent. Ces derniers jours, j'ai le sentiment que tout ce que j'ai vu remonte à la surface. Que pouvez-vous nous dire du personnel médical palestinien? Les ambulanciers sont les vrais héros de ces terribles événements. Ils sont incroyables. Ils n'ont peur de rien. Le personnel de l'hôpital de Shifa m'a aussi beaucoup impressionné. Les F-16 israéliens survolaient l'hôpital. Les bombes pleuvaient autour de nous, mais il continuait de travailler imperturbablement. Les infirmiers, les médecins, tout le monde est resté sur place pendant toute la durée des combats. Pourtant, pratiquement toutes les personnes que j'ai côtoyées pendant mon séjour ont perdu des proches. Je me rappelle le cas d'une anesthésiste qui a reçu un coup de fil en pleine opération pour lui annoncer que 15 membres de sa famille venaient d'être tués. Avez-vous visité l'hôpital Al-Awda qui est géré par notre partenaire sur place, l'Union of Health Work Committees? Je me suis rendu à Jabalya, deux jours après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. J'ai dû attendre car les bombardements ont continué malgré la trêve. L'hôpital Al-Awda est petit, mais il est bien géré. Il compte une cinquantaine de lits. Les médecins pratiquent 600 opérations par mois. Ils font aussi beaucoup d'accouchements. 15% des naissances donnent lieu à une césarienne. Que pouvons-nous faire? Il ne faut pas oublier Gaza. Les personnes qui ont été blessées ont besoin de soutien, les autres aussi d'ailleurs. Aujourd'hui à Gaza, il faut des psychiatres, des médecins spécialisés en rééducation, en chirurgie plastique, en reconstruction faciale et cranienne. Il faut aussi s'assurer que les agressions ne recommencent pas et favoriser l'émergence d'une solution pacifique. ___________ Intal est actif dans la campagne Boycott Israël qui est coordonnée par la Coordination Boycott Israël (COBI). 26 organisations et nombre de personnalités ont signé l’appel BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Plus d’infos sur : www.boycotisrael.info |
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21.01.2009
Gilad Atzmon - The Unilateral People
They withdraw unilaterally
They ceasefire unilaterally
They invade unilaterally
They win unilaterally
They destroy unilaterally
They massacre unilaterally
They bathe in blood unilaterally
They spread white phosphorus unilaterally
They kill women and children unilaterally
They drop bombs unilaterally
They live on stolen land unilaterally
They support their homicidal leaders unilaterally
They love their 'Jewish Only State' unilaterally
Their democracy is unilateral
They love themselves unilaterally
They are the unilateral people.
Living behind walls of concrete, hatred and arrogance
They are still united and lateral failing to love their neighbours
Quand ils se retirent, c'est unilatéralement
Quand ils cessent-le-feu, c'est unilatéralement
Ils envahissent unilatéralement
Ils remportent leurs victoires unilatéralement
Ils sèment la destruction unilatéralement
Ils se baignent dans le sang unilatéralement
Ils arrosent au phosphore blanc unilatéralement
Ils tuent femmes et enfants unilatéralement
Ils balancent leurs bombes unilatéralement
Ils vivent sur des terres volées unilatéralement
Ils soutiennent leurs dirigeants homicides unilatéralement
Ils aiment leur « Etat pour les seuls juifs » unilatéralement
Leur démocratie est unilatérale
Ils s'aiment narcissiquement unilatéralement
C'est le peuple unilatéral
Il vit claquemuré derrière ses murailles de béton armé, de haine et
d'arrogance
Ils sont toujours aussi grégaires, et ils n'arrivent toujours pas à
aimer leurs voisins Latéralement.
Source : Palestine Think Tank
Traduction : Marcel Charbonnier
http://ism-france.org/news/article.php?id

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19.01.2009
Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier
Pour lire un dossier très complet sur le sujet ainsi que sur l'utilisation : http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=4...
je vous mets ici simplement la conclusion, mais il est important de tout lire
Conclusion
Aujourd’hui, la charge de la preuve n’appartient plus aux simples citoyens ou aux observateurs civils. C’est aux armées israéliennes, américaines, françaises, russes et autres de démontrer qu’aucune des armes qu’elles emploient n’est radioactive. Car ce sont, répétons-le, des armes triplement criminelles : en tant qu’armes de guerre ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.
Et c’est aux journalistes, aux scientifiques, aux institutions internationales d’enquêter sur place pour faire la lumière. En fait, on devra chercher à Gaza, une fois revenue « la paix », non seulement de l’U238 (qui compose à 98 % l’Uranium appauvri) mais encore plusieurs autres actinides (y compris du plutonium) présents dans les déchets de combustion, car il apparaît que l’uranium appauvri dont se sert l’armée américaine pour fabriquer ses armes à UA n’est pas de l’UA issu directement du processus d’enrichissement. Alors, si nos hypothèses se confirment, l’opération « Plomb durci » se révélera pour ce qu’elle est : une opération employant des armes radioactives - des armes génocidaires.
Pour qui ne se pose pas les bonnes questions, le nom même de l’opération représente une énigme. Pourquoi donc « Plomb durci » ? Etrange, non ? Pourquoi pas « Stop Hamas », « Gaza Freedom » ou « Peace for Ever » ? Et qu’est-ce que pourrait bien être le « Plomb durci » ?
La bonne question est : Qu’est-ce qui peut être aussi lourd que du plomb, voire davantage, mais bien plus dur ?
Réponse : De l’uranium.
Comme pour la « lettre volée » d’Edgar Poe, invisible car posée sur la cheminée sous les yeux mêmes des enquêteurs, il arrive que la signature du crime soit donnée en même temps que le crime.
Il arrive que les stratèges s’amusent beaucoup. Leur cynisme est sans borne.
Aux dernières nouvelles, ce 13 janvier 2009, selon Serge Dumont, envoyé du Temps à Tel-Aviv, « l’armée israélienne affirme avoir détruit 225 souterrains. Il en existerait plus de 1000 » sur le « corridor de Philadelphie ». Les 1000 GBU-39B leur étaient-elles donc destinées ? Dans ce cas, à raison d’au moins une bombe par souterrain, 225 bombes GBU-39 auraient déjà été larguées, libérant à elles seules 6,7 tonnes d’uranium - près de 30 kg par bombe. On ignore combien de GBU-39B sont tombées sur la ville de Gaza et sur le reste du territoire, mais quand le stock aura été épuisé, il y aura 30 tonnes d’uranium appauvri dans la nature de Gaza et de ses environs. On ignore combien d’autres « bunker busters » et combien d’autres types de munitions à uranium auront été utilisées. On l’a vu un tiers de gramme d’UA inhalé peut rendre gravement malade un militaire américain et le faire mourir. Il n’en faut pas davantage pour tuer à petit feu un homme, une femme ou un enfant, à Gaza, à Sderot ou ailleurs.
Il arrive que les stratèges s’amusent beaucoup. Leur cynisme est sans borne.
Le 14 janvier 2009
ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire)
Jean-Marie Matagne, président
A.I.P.R.I. (Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes)
Paolo Scampa, président
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Poèmes pour la paix en Palestine - 22/01/09 au Transartcafé, Antibes
«FAITES CIRCULER CE MESSAGE auprès de vos amis et relations. Merci.
« Ce qui arrive à Gaza ne concerne pas seulement les Palestiniens ou les Israéliens »
Tahar Bekri
POEMES POUR LA PAIX EN PALESTINE
transartcaféespace d'art contemporain
6, rue du Docteur Rostan
vieille ville-06600 Antibes
tel/fax : 04 93 34 29 76
Lectures à l’initiative de DANGER POESIE. Que cette réunion soit, avant toutes choses, une tentative d’exorciser la haine, un appel déchirant à l’arrêt immédiat de cette boucherie sordide à Gaza dont les otages , qu’ils soient dans le camp des privilégiés ou dans celui des humiliés, sont surtout les populations d’Israël et de la Palestine ! Il ne s'agira évidemment pas d’une soirée partisane. Nous invitons les poètes de toutes les tribus des Alpes-Maritimes et de la galaxie à se rejoindre et à venir pétrir ensemble la pâte d’un pain de poèmes pour la paix, en ne perdant pas de vue que la paix repose sur une générosité réelle (Que les maîtres du zen appellent: de Coeur à Coeur). Or la générosité ne commence-t-elle pas avec un esprit de tolérance et de partage imprégnant nos actes quotidiens ? Une manière en quelque sorte plus simple et plus complète de vivre ensemble et de nous accepter tels que nous sommes. Toute guerre engendre haine et vengeance. Il se pourrait fort bien que la Poésie soit une arme absolue, sinon définitive, de création massive pour participer à la reconstruction de la paix en Palestine et sur cette planète. Je lance un appel urgent aux poètes de la région niçoise pour une politique poétique basée sur le sens de l’accueil et d’une meilleure entente afin de briser la malédiction de l’exil qui pèse sur nos sociétés déroutées. L’accessibilité au plus grand nombre possible de la poésie ne dépend-elle pas de règles mouvantes et ambivalentes au moins aussi complexes que sont celles qui régissent la réciprocité de tous les rapports humains jusque dans leurs moindres détails ? Une lutte des classes larvée évidente altère les rapports entre eux de ceux qui font profession d'écrire de la poésie. Aujourd’hui, en dépit de la distance, nous sommes tous des palestiniens en puissance, mais, par-dessus tout, des juifs à aveugler. Sous prétexte de nous protéger, nous supportons des ghettos inadmissibles dont un seul concert de charité n’effacera jamais la honte. Nous condamnons le fanatisme des religions et des idéologies sans remettre profondément en cause nos certitudes et nos jugements. Cette soirée sera placée sous le triple signe de la Réconciliation, de l’Amitié et de la Poésie. Puisse-t-elle générer des gerbes d’étincelles fertiles.
André ChenetAyez l’obligeance, SVP, d’annoncer votre venue par un mail adressé à :Si vous ne pouvez pas être présent, envoyez-nous un poème qui sera lu et publié dans un ouvrage collectif intitulé SALAM PALESTINE SALAM, dont les bénéfices, si toutefois il s’en dégageait, seront reversés aux enfants palestiniens.« …Lorsque tout un peuple porte avec autant de force l’amour pour la terre de ses ancêtres, aucune bombe, aucune force, si puissante soit-elle, n’est en mesure de réduire sa détermination, même si celle-ci peut connaître des moments de faiblesse. Multiplier les colonies, sacraliser un apartheid en construisant un mur semblable à celui de Berlin - que personne n’imaginait qu’il s’effondrerait un jour -, créer des « bantoustans » à l’image d’une Afrique du Sud raciste qui n’existe plus au XXIe siècle, tout cela n’attire certainement ni l’amour, ni l’amitié. Sans exception aucune, les poètes palestiniens évoquent constamment et dans toutes les langues cette humiliation et la négation quotidienne de leur peuple de la part d’Israël. Si leurs mots ne font jamais (ou alors très rarement) la une des journaux, des radios ou des télévisions, ils s’enracinent toujours plus dans les cœurs et les consciences, celle des Palestiniens d’abord, mais aussi celle des citoyens du monde entier qui, mêmes silencieux, découvrent de plus en plus l’horreur d’un dictat historique. »Benaouda Lebdaï
«Celui qui m'a changé en exilé m'a changé en bombe.Je sais que je vais mourir, je sais que je livre une bataille perdue au présent, car elle est d'avenir. »Mahmoud Darwich« une Palestine qui rêve d'une paix sur sa terre ».Ziad Medoukh - Profeseur au Collège RamlaGaza - Palestine
« POAIMONS-NOUS !!! »Tristan Cabral
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13.01.2009
A propos de Gaza : interview de Michel Collon
Sommes-nous bien informés sur Gaza, le Hamas, l'Histoire ? Pourquoi ce divorce entre l'opinion des "Vieux Européens" et les citoyens d'origine immigrée ? Que peut-on faire pour surmonter ce fossé? Michel Collon, spécialiste des conflits, répond aux questions « provocantes » de l'hebdomadaire belge Solidaire.
Interview : Julien Versteegh
La crise économique et les soucis quotidiens occupent les esprits et Gaza passe peut-être en second plan dans le quotidien des travailleurs. Pourquoi ?
Michel Collon. Coluche disait « On ne peut pas dire la vérité à la télé, il y a trop de gens qui regardent ». La question à poser à la population belge est : pensez-vous être bien informés ? Croyez-vous que dans une région comme le Moyen-Orient avec toute la richesse du pétrole, on va vous dire la vérité ?
Les médias et l’école cachent soigneusement comment Israël s’est imposé. Imaginez ceci... Vous Belges, vivant et travaillant ici depuis des générations, tout d’un coup, des gens débarquent : « Nos ancêtres vivaient ici il y a deux mille ans, notre Dieu a dit que cette Terre nous appartient, allez ouste, dehors ! » Vous devez quitter votre maison, vos champs, vos richesses et aller vivre dans des tentes. D’abord, les envahisseurs prennent Bruxelles, Anvers, le Hainaut. Un peu plus tard, Liège et la Flandre occidentale. Ils bloquent toutes les routes avec un grand mur. Et finalement, vous vous retrouvez tous parqués autour d’Ostende et au fond des Ardennes. Dans des conditions de vie misérables. En plus, on vous traite de menteurs, de violents, de terroristes. Eh bien, remplacez Ostende par Gaza, et les Ardennes, par la Cisjordanie, vous avez exactement ce qu’a fait Israël !
A propos de désinformation, les Belges ont quand même eu un fameux avertissement, non ? La RTBF a réussi à leur faire croire que la Belgique avait disparu en une soirée. Alors, prudence ! Dans les années 80, au Nicaragua, un gouvernement de gauche voulait éliminer la pauvreté et résister aux États-Unis. Le Nicaragua a été attaqué par des terroristes financés par la CIA, et diabolisé par les médias. Les sandinistes ont été chassés et le pays est retourné à la misère. Un prêtre nicaraguayen, alors ministre de la culture, disait : « Quand je vois ce que les médias racontent sur mon pays que je connais bien, je me dis que je ne dois rien croire de ce qu’ils racontent sur les pays que je ne connais pas ».
Le grand problème, des Belges, des Français, des Européens sur le conflit israélo-palestinien c’est qu’ils sont désinformés. Avec quelques rares exceptions, la télé se met du côté d’Israël. Ces derniers jours, elle a fini par montrer les crimes d’Israël. Mais tant qu’on le présente comme “ripostant à des roquettes”, on justifie le colonialisme.
Quand même le Hamas a commencé et il prend la population palestinienne en otage, non ?
Michel Collon. Non. A propos des roquettes tirées sur des villes israéliennes, on ne nous dit pas que des Palestiniens (Hamas, Fatah et individus) les tirent sur des villes dont on a chassé leurs parents. Ils y habitaient avant ! Pourquoi le cache-t-on ? Mais surtout : le Hamas a respecté la trêve pendant des mois. Or, cette trêve avait plusieurs conditions. Israël devait lever le blocus qui étranglait Gaza, il ne l’a pas fait. Il ne devait plus commettre d’agressions militaires, il en a commis. L’Égypte devait ouvrir ses frontières, cela n’a pas été fait. En réalité, c’est Israël qui n’a pas respecté la trêve.
Le Hamas, c’est quand même des fondamentalistes. Des progressistes peuvent-ils les soutenir ?
Michel Collon. D’abord, pendant des décennies, quand le Hamas n’existait pas encore, Israël a tout fait pour détruire le Fatah d’Arafat et les mouvements palestiniens de gauche. Ensuite, comme le Hebzollah au Liban, le Hamas semble d’accord de respecter le mode de vie de l’ensemble des populations à Gaza.
Les gens ont voté Hamas, s’estimant trahis par les précédents dirigeants palestiniens. Si vous interrogez des Palestiniens de gauche et laïcs, ils ont voté pour le Hamas parce c’est le parti qui résiste. Il est faux de dire que le Hamas prend les Palestiniens en otage, ce sont tous les Palestiniens qui refusent et refuseront toujours la colonisation, même si demain le Hamas était totalement détruit.
Enfin, on nous dit de façon un peu raciste que ces gens sont des musulmans et qu’ils sont des fanatiques... Qu’on m’explique alors pourquoi les USA organisent des coups d’Etat pour renverser Chavez, un fervent chrétien ! Ou Evo Morales, un Indien. Au Venezuela, avant Chavez, 80 années de richesse pétrolière ont produit 80 % de pauvres. L’argent partait dans les poches d’Exxon. Chavez, Evo, les Irakiens ou les Palestiniens : rien à voir avec la religion, tout à voir avec le pillage des ressources de ces pays.
Mais en Palestine, il y a peu de ressources naturelles...
Michel Collon. Le Moyen-Orient forme un ensemble. Les Arabes se voient comme une seule nation. Ce sont les colonisateurs qui ont divisé la région pour mieux la contrôler. Les Britanniques, puis les États-Unis ont veillé à mettre le pétrole aux mains des rois, des riches saoudiens et autres marionnettes pendant que le reste du monde arabe se débat dans la pauvreté et le sous-développement. Israël est surarmé par Washington pour être le gendarme du Moyen-Orient. De plus, il veut construire un pipe-line qui en fera le distributeur du pétrole irakien sur la Méditerranée.
Israël prétend qu’il n’y a personne en face pour négocier et que la paix est impossible.
Michel Collon. La paix est possible au Moyen-Orient. Il faut créer un seul État garantissant tous les droits à tous : juifs, musulmans, chrétiens ou athées. Un État ne peut pas être fondé sur une religion privilégiée, excluant ou rabaissant les autres. Un seul État, un homme une voix, et le droit au retour pour ceux qui ont été chassés.
Beaucoup de Palestiniens et d’Israéliens pensent qu’il faudra une solution transitoire avec deux États. A eux de trancher. Sans doute qu’avec toute la haine qui a été semée, il faudra une ou deux générations pour arriver à une coexistence harmonieuse. En tout cas, je maintiens qu’Israël est l’État le plus raciste au monde, pratiquant le nettoyage ethnique contre les Arabes. Pour arriver à une solution il faut mettre fin à ce racisme. Un État comportant plusieurs cultures n’est pas un appauvrissement, mais un enrichissement.
Je pense qu’avec ces provocations et ces destructions terribles, Israël ne veut pas la paix. Il refuse de négocier en sachant que cela risque de provoquer des attentats. Il aura ainsi un prétexte pour justifier ses nouvelles déportations et annexions.
Le ministre belge des affaires étrangères Karel De Gucht et ses collègues européens semblent prendre une position neutre dans l’histoire...
Michel Collon. De Gucht n’est absolument pas neutre, et l’U.E. non plus. Elle vient de voter pour Israël un statut de quasi-membre de l’Union européenne alors qu’Israël viole toutes les résolutions de l’ONU et le droit international depuis des dizaines d’années ! Elle a qualifié de ‘terroriste’ le gouvernement Hamas élu démocratiquement, ce qui a donné le feu vert à l’agression. Quand la ministre des affaires étrangères israélienne dit qu’Israël défend les valeurs de la communauté internationale devant Sarkozy, celui-ci applaudit. Quand on voit comment Sarkozy, Merkel, De Gucht et compagnie ont soutenu Israël tout le temps, je dis que ce sont eux qui bombardent en notre nom. Va-t-on continuer à le tolérer ?
C’est surtout la population belge d’origine immigrée qui se mobilise actuellement. Pourquoi y a-t-il encore tellement d’indifférence et de passivité des travailleurs « belgo-belges » ?
Michel Collon. Ils sont maintenus dans l’ignorance. Mais la guerre en Palestine fait partie d’une guerre globale Nord - Sud qu’on mène en notre nom. On ne peut comprendre le monde d’aujourd’hui si on ne comprend pas pourquoi la richesse est au Nord et la pauvreté au Sud.
Les grosses sociétés européennes ont volé l’or et l’argent de l’Amérique latine, les minerais, le caoutchouc et les esclaves de l’Afrique (avec notre Léopold II coupant les mains quand on refusait de travailler pour lui), et le pétrole du Moyen-Orient. Aujourd’hui, le tiers monde reste pauvre car les multinationales s’y installent en payant les travailleurs une misère, en interdisant les syndicats, en corrompant les dirigeants politiques et la police. Donc, toute la richesse du Sud continue de partir vers le Nord. Ceci place les travailleurs belges devant un choix moral : se ranger du côté des volés ou des voleurs ? Réclamer justice ou faire l’autruche en espérant profiter un peu du vol ?
Nous devrions témoigner de plus de curiosité et d’ouverture. En Belgique, nous avons la chance d’avoir des immigrés, y compris des travailleurs sans-papiers. Il faut parler avec eux, les écouter. On peut en apprendre beaucoup ! Les Arabes vous expliqueront ce qu’a fait l’Europe au Moyen-Orient depuis des siècles. Les Noirs vous expliqueront ce qu’elle a fait au Congo. Les Latinos pourquoi il y a encore 44 % de pauvres alors que l’Amérique latine est très riche.
Je compare la situation actuelle au Titanic. Avec les très riches en première classe, les classes moyennes et les travailleurs qui sont dans la troisième classe sans beaucoup de confort mais ils sont dans le bateau. Seulement le Titanic fonce vers le désastre car le capitaine et surtout les armateurs gagnent gros. Sur le dos de ceux qui rament, les esclaves du Sud, et sur le dos des travailleurs du Nord. En les appauvrissant et en nous appauvrissant continuellement, ils provoquent la crise, car ils n’ont plus personne à qui vendre.
Les travailleurs belges veulent-ils rester dans le Titanic, fondé sur l’appauvrissement du tiers-monde, un système qui, après la crise financière, s’en prépare d’autres, peut-être plus graves encore ? Le nombre de pauvres n’a cessé d’augmenter dans le monde depuis 20 ans. Veut-on couler avec le Titanic ou choisir une autre façon de naviguer, basée sur des rapports Nord-Sud justes ?
Que faire alors ?
Michel Collon. Depuis quelques années, je travaille avec l’équipe Investig’Action, et mon site www.michelcollon.info pour décoder l’info, donner la parole aux exclus de l’info officielle, montrer les images cachées, apprendre à repérer les médiamensonges. Beaucoup de gens m’écrivent, dégoûtés par la presse et découragés, car on ne les écoute pas.
Il faut une stratégie collective pour que les gens puissent tester l’info et devenir actifs. L’info est un droit qui se conquiert et ne tombe pas du ciel. Comme tous les autres droits. Ca nécessite une démarche active. Par exemple, si un responsable syndical a encore un doute sur qui est l’agresseur et le colonisateur entre Israël et les Palestiniens, qu’il organise donc pour tous ses affiliés un débat avec les deux parties, qu’il s’informe sur Internet, auprès des syndicalistes palestiniens et auprès de ceux que la télé exclut de ses débats !
Pour conquérir le droit à une information de qualité, complète et non manipulée par des intérêts, nous avons besoin d’un mouvement citoyen pour l’information, à la base. « Nous sommes tous des journalistes ! »
10 janvier 2009
http://www.ptb.be/fr/hebdomadaire/article/article/intervi...
19:04 Publié dans PALESTINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.01.2009
C'était dimanche dernier (4.01.09), à Annapolis, dans le Maryland
21:12 Publié dans PALESTINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Tel Al-Hawwa d'Arnaud Delcorte
Je cours à l’embuscade du premier soleil traînant les poings serrés de fleurs dans les ruelles jaunies les ombres aveuglantes je dévale les degrés en gravats / Réponse aux géants le sein rosé sur pique salutaire je cours en dépit des rumeurs ruisseau ciselé entre les pierres frénétiquement mélangées par une main noire / Sous le ciel sans tache le soleil nu dans les venelles de la ville fracassée il n’y a plus âme qui chante / Les flaques devenues goitreuses miragent un enfant rouge.
A r n a u d D e l c o r t e
e-mail: arnaud.delcorte@uclouvain.be
http://webhost.uclouvain.be/perso/arnaud.delcorte/
09:04 Publié dans PALESTINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.01.2009
Nous n'avons pas beaucoup rêvé
Il ne reste que le sable
Ni les arbres n'étendent leur ombre sur les dormeurs,
Ni le vent ne s'assouplit lorsqu'une femme le touche,
Ni nos âmes ne nous suffisent…
Nous sommes sortis de l'enfance comme des papillons
Nous avons brûlé autour du feu de la première femme
Et avec sa sagesse la cendre nous a rendus malheureux
Nous étions pressés
Alors nous n'avons pas tété le lait des mères
Nous n'avons pas reniflé l'odeur des pères
Et le ciel ne nous a pas parlé, comme nos parents le souhaitaient
Nous étions pressés
Nous sommes nés
Nous avons improvisé la mort, le sens
Et nous nous sommes improvisés nous-mêmes
Nous n'avons pas beaucoup rêvé
Nous n'étions pas sur la terre
Sur les murs nous avons seulement écrit nos cœurs
Nous étions pressés
Nous avons grandi comme une obsession dans la nuit
Embryons, nous avions égaré
Nos premiers corps et maisons
Et nos soucis pas de ciel pour nous ombrager
ni terre qui porte la nôtre
Alors nous avons empli la nuit de fantômes
Nous avons grandi
Et soudain nous nous sommes inclinés pour dire adieu aux choses
Avant de les quitter
Nous n'avons pas tété le lait maternel
Et la glaise n'a pas encore séché sur nos os
Il ne reste que le sable
Même les prophètes ont jeté les gouttes de lumière
Et se sont retirés dans leurs prières
Même le ciel est parti sans nous regarder.
Zouheir Abou Chayeb, poème publié dans Le poème palestinien contemporain, édition bilingue arabe-français, Le Taillis-Pré, 2008, p. 43
14:19 Publié dans PALESTINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


