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07/12/2009

Les Voleurs de Feu n°27

Le dernier numéro de "Les Voleurs de Feu", petite revue trimestrielle de poésie très combative sise à Plougasnou en Bretagne consacre son dernier numéro sur le thème de la violence.

Site: http://lesvoleursdefeu.free.fr/

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Vous avez dit violence?...

 

La violence, tel est le thème de cette 27e parution. Yann Orveillon après avoir esquissé en un raccourci  vertigineux l'historique de la violence des origines à nos jours, pose les questions cruciales: d'où provient la violence, qui en est responsable? De quel bord est-elle? "Depuis le début de l'histoire rien ne s'est fait sans violence et justification de la violence". Il ne répond pas directement se contentant d'énumérer des faits  quotidiens (relevant malheureusement de ce qui est devenu une banalité épouvantable) qui parlent d'eux-mêmes en une longue et hallucinante litanie venant étayer sa conclusion. Ancien syndicaliste  -expulsé par la CGT durant les grèves de mai 68- militant aguerri, poète sans complaisance, il fustige les centrales syndicales qui se sont vendues, au nom de la paix sociale, aux exigences faramineuses des patrons voyous et des gouvernements successifs qui protègent ces derniers. Avec Rimbaud ("L'orgie parisienne...", "Les mains de Jeanne Marie") il en appelle au soulèvement des classes laborieuses et des exclus, parce qu'il n'y a plus d'autres solutions possibles pour enrayer le cauchemar éveillé qui les plonge dans un désespoir sans fond (suicides, travail temporaire à salaires réduits, chômage massif...) tandis que banquiers et agioteurs/boursiers de la pire espèce, responsables de la crise, sont gavés avec les deniers publiques.

Dans un article très documenté, intitulé "Et cette violence, si mâleureuse", Marie-Lise Martin Core, après avoir décortiqué tous les sens du mot violence, s'attaque aux sévices in-humains subis par les femmes, plus particulièrement les femmes asiatiques, africaines et musulmanes (Excision.,circoncision et toutes les autres formes de mutilations et d'agressions).

Avec "La machine à réduire", Lukas Stella (Auteur des livres "Croyances informatisées dans l'ordre des choses marchandes" paru aux Éditions du Monde Libertaire et Alternatives Libertaires et "Stratagèmes du changement" aux Éditions Libertaire presse de la coopérative ouvrière 34 à Toulouse - 2009) nous livre une analyse d'une clairvoyance sans faille :  comment l'informatique qui n'était à l'origine qu' "un moyen de se soulager d'un travail avilissant en prenant en charge les tâches harassantes, libérant pour tous un temps libre considérable sans tomber dans la misère du chômage" aurait pu "devenir l'outil incontournable de la libération de l'esclavage du travail"? Au lieu de cela, elle s'est habilement transformée, avec de l'ordinateur, en "une prothèse qui parasite son hôte", à l'insu de la grande majorité de ses utilisateurs. En tant que "pratique solitaire" l'ordinateur contribue davantage à "individualiser par la fabrication de séparations à tous les niveaux"  en donnant l'illusion d'une plus grande liberté. Le travailleur se trouve ainsi pris au piège d'un rendement des plus pernicieux qui soit, et, comme toujours, à qui cela profite-t-il sinon, comme toujours, aux détenteurs sans scrupules du capital? L'addiction dont sont victimes des millions d'internautes aujourd'hui ne mériterait-elle pas d'être diagnostiquée comme la drogue dure des temps modernes, injectée à dose massive dans les cerveaux bombardés d'informations sous couvert de les rendre plus intelligents qu'ils ne le sont.

Des articles de Jean Dupont (Un tabou: La Marseillaise..), d'Isabelle Mély (La taxe carbone, cette violence qui nous est faite...) et de Anne Jullien-Perhouas (Le propithèque soyeux) analysent différents aspects de cette violence et, qu'elle se situe sur le plan  social, environnemental ou symbolique, n'est-elle pas en définitive mise au service la marchandisation massive du monde et de la prise de pouvoir (contrôle) des mafias politico-financière sur l'ensemble des populations de la planète?


Parmi les Voleurs de Feu, nommés plus communément poètes, qui ont participés à ce tract d'Action poétique rouge et noir, deux invités de marque:

 

- Jean-Marc La Frénière, québecois, qui vient tout juste de publier son dernier livre en France (Éd. Chemins de plume, à Nice) et qui se définit ainsi: "J'ai pris les mots où ils étaient, dans la bouche et la rue, loin des grammaires, des dictionnaires et des académies...". sa force de frappe électrisée par une sensibilié à vif, se condense en deux poèmes en prose très resserrés: "Les banquier" et "Les dents de loup":
Première lignes de "Les dents du loup":

   "La majorité silencieuse: il n'y a qu'elle qu'on entend. Des coups de feu claquent partout. A peine l'enfant a-t-il ouvert les yeux, on met des chenilles à son landau, des cartouchières, des prières. On lui arrache le rêve avec ses dents de lait. Dans le coeur d'un soldat loge un pouce mal sucé, un enfant mal sevré. J'ai préféré l'écart de langage à l'écart de fortune..."
...

- Cristina Castello, séjournant actuellement à Paris. Argentine de naissance, internationale de culture, chez qui cohabitent la poésie, la vie et l'engagement, valeurs qui constituent son matériel de résistance. Entre faire et être, elle travaille en tant que journaliste et se dit "contrebandière de poésie". Sans masque, la femme écrit et parle, communique les intérieurs et les dehors. Femme-lionne aux yeux couleur de miel, elle est venue révéler la plénitude de la beauté dans nos univers humains détraqués ou le "chacun pour soi" fait loi:

 

On est des immigrants dans un monde sans présent
Fureur des harpes éclatant en lettres sans corset
Poésie, c'est la sagesse du non temps
Poésie, c'est l'aube sans obsèquess
Poésie, c'est l'ordre de l'éternité
Frémissement des lys
Don aux innocents
Danses de cloches
Déluge du soleil.

 


Le poète français François Xavier dans son introduction à « Soif » , dernier recueil paru de la poétesse argentine Cristina Castello déclare : "La petite sœur de Rimbaud vit à Buenos Aires. Elle est verbe pur. Nom nu de la parole enchantée elle porte en elle le diamant perdu de l’humanité : l’amour."
"Orage", son prochain recueil sortira au début du mois de janvier 2010.

19:20 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0)

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