07.05.2008
Rencontre avec Paul Aries à Sarrant
> Samedi 10 mai à 20h
>> RENCONTRE avec PAUL ARIES, politologue autour de son livre
>> LE MESUSAGE - Essai sur l'hypercapitalisme
A l'heure où les tenants d'une écologie ralliée à l'hypercapitalisme
tentent de résoudre l'effondrement environnemental sans rien changer
au système productiviste, "la gratuité de l'usage et le renchérissement
du mésusage" constituent une véritable alternative.
Pourquoi, par exemple, payer l'eau le même prix pour faire son ménage
ou remplir sa piscine ?
Ce nouveau paradigme ne repose pas sur une définition objective ou
moraliste. Il rend toute sa place au débat politique, aux choix des
citoyens et de leurs représentants.
Cette rencontre pourrait nous aider à renouveler notre pensée sur un
projet politique de la décroissance ainsi que sur les formes et les
enjeux de nos mobilisations.
LE PROGRAMME EN COULEURS !
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>> En ligne :
http://www.lires.org/
>> A imprimer (format pdf) et diffuser :
http://www.lires.org/lires.pdf
>> Association LIRES
Lieu pour l'Initiative, la Rencontre et les Echanges à Sarrant
Au village 32120 Sarrant
tel : 05 62 65 09 51
fax : 05 62 65 09 52
>> Horaires :
Vendredi à partir de 20h
Samedi et Dimanche de 11h à 22h
Vacances scolaires : tous les jours de 11h à 22h
En semaine pour les groupes à la demande (scolaires, institutions,
séminaire de travail...)
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21.04.2008
L’immeuble chauffé aux corps
Ecologie. A Stockholm, la chaleur humaine de la gare centrale sera récupérée.
Et vous, comment vous faites pour vous chauffer ? Gaz, électricité, énergie solaire ? Terriblement has been tout ça. Du moins en Suède, où l’on prévoit de construire un immeuble de bureaux chauffé à la chaleur humaine. L’emplacement du projet, qui doit voir le jour à Stockholm à l’orée 2010, ne doit rien au hasard. Le futur bâtiment sera situé à proximité immédiate de la gare centrale de la ville, juste séparé par les rails. Et c’est la chaleur dégagée par les 250 000 personnes qui empruntent quotidiennement la gare qui servira, en partie, à chauffer l’édifice.
L’idée, d’une simplicité déconcertante selon ses promoteurs, a germé à la faveur d’une pause-café, assure Karl Sundholm, directeur de la construction au sein de Jernhusen, l’entreprise publique de gestion immobilière qui pilote le projet. «Il s’agit seulement d’avoir à disposition des tuyaux qui relient les deux bâtiments» , avance-t-il, avant de préciser, un brin déconcerté par cet heureux coup du sort, qu’ils s’y trouvent déjà.
Besoin mutuel. En fait, c’est un besoin mutuel qui va permettre de recourir à ce procédé, unique en son genre d’après Sundholm. Celui, d’une part, de chauffer le futur complexe de 28 000 m², qui accueillera des commerces, un hôtel et des bureaux. Et celui, d’autre part, de refroidir la gare centrale. Car outre la chaleur naturelle dégagée par ses usagers, la gare abrite également des cafés et des restaurants qui, tous, produisent de l’énergie. Et font grimper le niveau du mercure. L’air chaud ainsi en circulation dans la gare sera acheminé vers le nouveau bâtiment via des tuyaux remplis d’eau. Chauffée dans la gare, elle sera envoyée dans les radiateurs de l’immeuble grâce à des pompes. Puis l’eau, qui aura entre-temps refroidi, sera renvoyée vers la gare afin de la rafraîchir. Bref, la technique est simple et en aucun cas révolutionnaire, mais il fallait y penser.
«Très astucieux», se félicite simplement Sundholm. Et peu onéreux, le coût de ce système étant estimé à environ 300 000 couronnes (32 000 euros). Toutefois, la chaleur en provenance de la gare ne fournira environ que 15 % des besoins en énergie, le reste étant assuré par des pompes à chaleur qui puiseront l’énergie du sol. Labellisé écolo, l’immeuble qui n’est encore qu’un dessin sur les tables d’architectes, se veut l’expression d’une nouvelle façon de concevoir la construction immobilière, à l’aune de la prise en compte du changement climatique… et des attentes du consommateur.
«Nous pensons que les locataires vont à l’avenir exiger des habitations respectueuses de l’environnement.» Car selon Sundholm, l’homo ecologicus ne se satisfait pas de rouler en voiture écologique et de travailler dans une entreprise certifiée ISO-14 000 - une norme environnementale -, il veut aussi s’asseoir dans un bureau qui consomme aussi peu d’énergie que possible.
Gaspi. C’est donc une chasse au gaspi qui a présidé à la conception du futur bâtiment. Si la façade laissera passer la lumière du jour, elle refoulera l’énergie solaire, afin d’éviter d’inutiles dépenses de refroidissement. Et une commande unique devra permettre au dernier employé qui quitte un bureau d’éteindre à la fois ordinateurs, photocopieuses, lampes de bureau et recharges de portable. Le coût de ces innovations ? On saura juste que l’immeuble est de 5 à 8 % plus cher qu’un bâtiment normal. Une broutille en somme.
Source : http://www.liberation.fr/vous/321660.FR.php
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17.04.2008
Pour une société basée sur l’entraide, la coopération volontaire et la libération du désir par Bob Black
L’anarchisme est une idée à propos de la meilleure manière de vivre. L’anarchie est un mode de vie. L’anarchisme c’est penser que le gouvernement (l’Etat) est inutile et nuisible. L’anarchie, c’est la société sans gouvernement. Les anarchistes sont des gens qui croient en l’Anarchisme et espèrent vivre en anarchie ainsi que tout nos ancêtres l’ont fait un jour. Les personnes qui croient au gouvernement (comme les libéraux, les conservateurs, les socialistes et les fascistes) sont appelés « étatistes ».
L’anarchisme pourrait paraître négatif – mais c’est uniquement le cas contre quelque chose de précis. Les anarchistes ont en effet beaucoup d’idées positives à propos de la société sans état. Mais contrairement aux Marxistes, libéraux et conservateurs, ils ne présentent pas de plan pré-établi.
-Les anarchistes ne sont ils pas des poseurs de bombes ?
Non. Du moins pas si on les compare au gouvernement Etats-unien qui largue plus de bombe chaque jour en Irak que les anarchistes ne l’ont fait pendant les 150 années durant lesquelles ils ont été un mouvement politique. Pourquoi n’entend on jamais parler de « président terroriste » ? Quelle différence entre les bombes jetées horizontalement par les anarchistes et celles larguées verticalement par le gouvernement états-unien ?
Les anarchistes militent depuis de nombreuses années, dans beaucoup de pays, contre des gouvernements aussi bien démocratiques qu’autoritaires. Parfois, souvent dans des conditions de répression très sévères, les anarchistes ont posé des bombes. Il s’agit de situations exceptionnelles. Le cliché de « l’anarchiste poseur de bombe » a été créé de toute pièces par des journalistes et politiciens de la fin du XIXe siècle, ils n’en démordent pas aujourd’hui, alors qu’il ne s’agissait, même à l’époque, que de vulgaires exagérations.
-Est ce qu’il y a déjà eu une société anarchiste qui ait fonctionné ?
Oui, plusieurs milliers d’entre elles. Durant leurs premier million d’année, les êtres humains étaient des chasseurs-cueilleurs vivant en petits groupes égalitaires, sans hiérarchie ou autorité. Les sociétés anarchistes ont du être des réussites, sinon nous ne serions pas là. L’Etat n’a que quelques milliers d’années, c’est le temps qu’il lui aura fallu pour détruire les dernières sociétés anarchistes comme les aborigènes, les « Pygmées » ou les « San » (Bushmen).
Mais nous ne pouvons pas revenir à ce mode de vie. Presque tous les anarchistes le reconnaîtraient. Cela reste malgré tout très intéressant, même pour les anarchistes, d’étudier ces groupes, et peut être de récupérer des idées sur le fonctionnement de sociétés complètement volontaires, extrêmement individualistes et pourtant coopérative. Pour ne prendre qu’un exemple, les penseurs anarchistes et ces tribus ont souvent des méthodes très efficaces de résolution des conflits basée sur la médiation et l’arbitrage facultatif. Leurs méthodes fonctionnent mieux que notre système légal parce que la famille, les amis et les voisins des personnes en désaccord les encouragent à se réconcilier, les aident par de sympathiques et confiantes discussions à trouver une solution raisonnable au problème. Entres les années 70 et 80, de supposés experts ont essayé de transposer ces méthodes dans le système légal Etats-unien. Ces essais ont naturellement échoué et disparu, ils ne fonctionnent que dans une société libre.
Les anarchistes sont naïfs : ils pensent que la nature humaine est essentiellement bonne.
Pas vraiment. Il est vrai que les anarchistes rejettent les idées de dépravation innée et de péché originel. Ce sont des idées religieuses auxquelles plus personne ne croit. Mais les anarchistes ne pensent généralement pas non plus que la nature humaine soit bonne. Ils prennent les gens comme ils sont. Les êtres humains ne sont pas « essentiellement » quoique ce soit. Nous, qui vivons sous le capitalisme et son allié, l’Etat, ne sommes que des gens qui n’avons jamais eu la chance d’être ce que nous pourrions être.
Les anarchistes font cependant moralement appel au meilleur des gens, aussi souvent qu’ils soulignent l’intérêt personnel. L’anarchisme ne prêche pas le sacrifice, mais les anarchistes se sont bien des fois battus et ont péri pour ce en quoi ils croient. Ils croient que la propagation de leurs idées signifiera une meilleure vie pour presque tous.
Comment peut on faire confiance aux gens pour ne pas s’agresser sans l’Etat pour empêcher la criminalité ?
Si vous ne pouvez faire confiance aux gens ordinaires pour ne pas s’agresser les uns les autres, comment pouvez faire confiance à l’Etat de ne pas nous agresser tous ? Les hommes qui se retrouvent au pouvoir sont ils si généreux, si prévenants, si supérieurs à ceux qu’ils dirigent ? Moins vous serez confiant envers vos voisins, plus vous aurez de raison de devenir un anarchistes. Sous l’anarchie, le pouvoir est réduit et distribué. Tous le monde en a, mais personne n’en a beaucoup. Sous l’Etat, le pouvoir est concentré, la plupart des gens n’en ont pas du tout. Contre quelle forme de pouvoir aimeriez vous vous rebeller ?
Mais, soyons réalistes, qu’arriverait il s’il n’y avait pas de police ?
Comme l’observe l’anarchiste Allen Thornton, « Les policiers ne s’occupent pas de la protection, ils sont dans le business de la vengeance ». Oubliez Batman faisant des rondes et interrompant les criminels en pleine action. Les patrouilles de police n’empêchent pas les crimes d’être commis et ne capturent pas les criminels. Lorsque les policiers ont patrouillé secrètement et sélectivement dans les banlieues de Kansas city, le taux de criminalité est resté le même. D’autres recherches aussi intéressantes ont prouvé que les investigations, la police scientifique etc. n’avaient aucun effet sur le taux de criminalité. Mais lorsque les voisins s’organisent et surveillent leurs maisons chassant les criminels supposés, ceux ci essaient une autre banlieue surveillée uniquement par la police. Les criminels savent qu’il y a peu de danger ici.
Mais l’Etat moderne est profondément impliqué dans la régulation de la vie de tous les jours. Presque toutes les activités ont une liaison avec l’Etat.
C’est vrai. Mais quand vous y pensez, la vie de tous les jours est presque entièrement anarchiste. Personne ne rencontre jamais de policier, a moins qu’il ne vous dresse une contravention. Les arrangements et la compréhension prévalent presque partout. Comme l’écrivait l’anarchiste Rudolph Rocker : « le fait est que même sous le pire despotisme les relations entre la plupart des gens sont régies par l’arrangement libre et la coopération solidaire, sans lesquelles aucune vie sociale n’est possible ».
La vie familiale, acheter et vendre, l’amitié, la dévotion, le sexe et les loisirs sont anarchistes. Même sur leur lieu de travail, que la plupart des anarchistes considèrent comme aussi coercitive que l’Etat, les travailleurs coopèrent, indépendamment des patrons, pour réduire le travail et pour l’accomplir. Certaines personnes prétendent que l’anarchie ne fonctionne pas, mais c’est presque la seule chose qui fonctionne ! L’Etat repose, difficilement, sur des fondations anarchistes, et l’économie en fait de même.
Et la Culture?
L’anarchisme a toujours attiré de généreux et créatifs esprits qui ont su enrichir notre culture. On considère comme poètes anarchistes Percy Bysshe Shelley, William Blake, Arthur Rimbaud et Lawrence Ferlinghetti. Les plus connus des écrivains anarchistes sont Henry David Thoreau et, au 20eme siècle, l’anarchiste catholique Dorothy Day, Paul Goodman, et Alex Comfort (auteur de : la joie du sexe). Les enseignants anarchistes renommés comprennent : le linguiste Noam Chomsky, l’historien Howard Zinn, et les anthropologues A.R. Radcliffe-Brown et Pierre Clastres. En termes de littérature, les célébrités sont trop nombreuses pour être énumérées, mais on compte Léon Tolstoï, Oscar Wilde, et Mary Shelley (auteur de Frankenstein). Gustav Courbet, Georges Seurat, Camille Pissarro, and Jackson Pollock sont autant de peintres anarchistes. On trouve aussi beaucoup de musiciens : John Cage, John Lennon, le groupe CRASS, etc.
En supposant que vous ayez raison, que l’anarchie soit un meilleur mode de vie que celui que nous avons aujourd’hui, comment pourrions nous passer outre l’Etat s’il est aussi puissant et opprimant que vous le prétendez ?
Les Anarchistes ont toujours pensé à cette question. Ils n’existe pas de réponse facile. En Espagne, il y avait un million d’anarchistes en 1936 quand les militaires ont lancé leur coup d’Etat, ils ont combattu les fascistes en même temps qu’ils aidaient les ouvriers à prendre le contrôle des usines et les paysans à organiser des collectivités dans les campagnes. D’autres anarchistes ont fait de même en Ukraine, entre 1918 et 1920, où ils devaient combattre de concert les Tsaristes et les communistes. Mais ce n’est pas ainsi que nous détruirons le système mondial au 21eme siècle.
Prenons les révolutions qui ont débarrassé l’Europe de l’Est du communisme. Il y a eu beaucoup de violence et de morts, plus dans certains pays que dans d’autres. Mais ce qui a abattu les politiciens, les bureaucrates, les généraux- le même ennemi que le notre- fut le refus de travailler ou de faire quoique ce soit pour un système pourri, de la majorité de la population. Qu’auraient pu faire les commissaires du peuples à Moscou ou Varsovie ? Se lâcher eux-même des bombes H ? Exterminer les ouvriers qui les nourrissaient ?
La majorité des anarchistes croient fermement que ce qu’ils appellent la « grève générale » aurait un grand rôle à jouer dans l’effritement de l’Etat. Ce serait un refus collectif du travail.
Si vous êtes contre toute forme de gouvernement, vous devez être contre la démocratie ?
Si démocratie signifie que les gens contrôlent leurs propres vie, alors tous les anarchistes seraient, comme les appelait l’anarchiste Benjamin Tucker, « unterrified Jeffersonian democrats » : ils seraient les seuls vrais démocrates. Mais ce n’est pas ça, la démocratie. Dans la vie réelle, une partie des gens (en amerique, c’est toujours une minorité) élit une poignée de politiciens qui contrôlent nos vies en votant des lois et en utilisant des bureaucrates non-élus et la police pour se renforcer, que la majorité le veuille ou non.
Comme le philosophe Français JJ Rousseau (qui n’était pas anarchiste) l’écrivit un jour, en démocratie, les gens ne sont libre qu’au moment du vote, le reste du temps ils sont esclaves du gouvernement. Les politiques en place et les bureaucrates sont souvent sous l’influence d’énormes transactions et généralement de groupes de pression. Tous le monde sait ça. Mais certains restent silencieux car ils en tirent bénéfice. Beaucoup d’autres sont silencieux parce qu’ils savent qu’il n’y a rien de bon dans la protestation et qu’ils seraient appelés « extrémistes » ou pire, « anarchistes ! » s’ils parlaient des choses comme elles sont.
Mais si vous n’élisez pas d’officiels pour prendre les décisions, qui les prend? Vous ne me ferez pas croire que chacun ferait ce qu’il lui plait sans droit de regard des autres ?
Les anarchistes ont beaucoup d’idées à propos de la prise de décisions dans une société vraiment volontaire et coopérative. La plupart croient qu’une telle société devrait se baser sur des communautés suffisamment petites pour que les gens se connaissent, ou au moins partagent familles, amitié, opinions et intérêts avec tous les autres.
Et comme ce sont des communautés locales, les gens partageraient aussi une connaissance de leur groupe et de leur environnement. Ils savent qu’ils devront vivre avec les conséquences de leurs décisions. Contrairement aux politiciens ou bureaucrates qui décident pour les autres.
Les anarchistes croient que les décisions devraient toujours être prises au plus bas niveau possible. Tout choix, que les individus peuvent faire pour eux mêmes, sans interférer avec le choix de qui que ce soit d’autre, doit leur appartenir. Toute décision prise en petit groupe (famille, congrégations religieuse, collègues…) est la leur et ne devrait pas interférer avec celle des autres. Les décisions à l’impact important, si tous le monde est concerné par elles, donneraient lieu à une assemblée de la communauté.
Cette assemblée n’est cependant pas un pouvoir législatif. Personne n’est élu. Tous peuvent en faire partie. Les gens parlent pour eux même. Mais comme ils parlent de problèmes particuliers, les gens sont conscients que pour eux, gagner n’est pas « la seule chose qui compte ».
Ils veulent que tous gagnent. Ils apprécient l’amitié de leurs voisins. Ils commencent par essayer de réduire les incompréhensions et clarifier les problèmes. C’est souvent suffisant pour tomber d’accord. Sinon, ils cherchent un compromis, qui, en général, fonctionne. Si ce n’est pas le cas, l’assemblée reporterait le problème afin que toute la communauté puisse y réfléchir, si ce n’est pas quelque chose qui requiert une décision immédiate. Si cela échouait encore, la communauté chercherait comment la majorité et la minorité pourraient temporairement se séparer, chaque groupe vivant selon son choix.
Si les deux groupes étaient irréconciliables, la minorité aurait deux choix. Ils pourraient s’aligner sur la majorité car l’harmonie de la communauté serait plus importante que ce problème. Peut être la majorité peut elle être conciliante avec la minorité sur une autre décision. Si toutes ces méthodes échouent également, et si le problème est si important pour la minorité, elle peut alors former sa propre communauté, comme l’ont fait plusieurs états Etats-uniens (Connecticut, Rhode Island, Vermont, Kentucky, Maine, Utah, West Virginia, etc.).
Si leur sécession n’est pas un argument envers l’étatisme, alors c’est un argument contre l’anarchie. Ce n’est pas un échec pour l’anarchie car la nouvelle communauté recréerait sa propre anarchie. L’anarchie n’est pas un système parfait, il est juste meilleur que les autres.
Mais nous ne pouvons satisfaire tous nos besoins ou nos envies au niveau local.
Peut être pas tous, mais il existe des preuves archéologiques de commerce sur des longues distances, plusieurs milliers de kilomètres, à travers l’Europe préhistorique et anarchiste. Les sociétés anarchistes primitives étudiées par les anthropologues durant le 20eme siècle, comme les San chasseurs cueilleurs, ont montré ce genre de commerces, mais de façon individuelle. La pratique de l’anarchie n’a jamais dépendu de la capacité à se suffire à soi même. Mais beaucoup d’anarchistes récents ont soutenu que les communautés et régions devraient l’être le plus possible afin de ne pas dépendre de lointaines et impersonnels tractations.
Même avec notre technologie récente, qui a souvent été créée pour élargir les marchés et détruire l’autosuffisance, à un niveau local, l’autosuffisance est bien plus possible que ce que les gouvernements et compagnies ne le voudraient.
On peut citer « le chaos » comme une définition de l’anarchie. N’est ce pas ce que serait justement l’anarchie ?
Pierre-Joseph Proudhon, qui fut le premier à se définir lui même comme anarchiste, a écrit que « la liberté est la mère et non la fille de l’ordre. » L’ordre anarchiste est supérieur à celui de l’Etat/de la force, car ce n’est pas un système de lois coercitives, c’est simplement expliquer comment des communautés de gens qui se connaissent peuvent vivre ensemble. Cet ordre est basé sur le consentement et le sens communs.
Quand a été formulé la philosophie de l’anarchisme ?
Certains anarchistes pensent que les idées anarchistes ont été exprimées par Diogène, le cynique en Grèce antique, par Lao Tseu en chine et par certain mystiques médiévaux ou encore durant la guerre civile anglaise du 17eme siècle. Mais l’anarchisme moderne commence avec « justice politique » de William Godwin, publié en Angleterre en 1793. Il fut ensuite ravivé en France avec Pierre-Joseph Proudhon autour de 1840 (qu’est ce que la propriété ?) qui a inspiré un mouvement anarchiste chez les ouvriers Français. Max Stirner mets en lumière l’individualisme, valeur basique de l’anarchisme, à travers « l’Ego » et « Le sien ». Un Etats-unien, Josiah Warren, est arrivé indépendamment aux mêmes conclusions au même moment et a ainsi influencé un mouvement sur une très grande échelle pour créer des communautés utopistes. Les idées anarchistes ont ensuite été développées par le brillant Michael Bakounine, révolutionnaire Russe, ainsi que par l’enseignant Russe Peter Kropotkine. Les anarchistes espèrent que leurs idées continuent de se développer dans un monde en plein changement.
Toutes ces histoires de révolution ressemblent beaucoup au communisme dont plus personne ne veux.
Les anarchistes et les Marxistes sont ennemis depuis les années 1860. Certes ils ont parfois coopéré face à des ennemis communs comme les tsaristes durant la révolution Russe ou les fascistes Espagnols pendant la guerre civile d’Espagne, mais les communistes ont toujours trahis les anarchistes. De Marx à Staline, les marxistes ont toujours dénoncé l’anarchisme.
Certains anarchistes, disciples de Kropotkine, s’appellent eux mêmes « communistes »- pas Communistes. Mais ils opposent un communisme libre venant de tous, fait d’un partage volontaire des terres, de travail dans des communautés locales où les gens se connaissent au Communisme imposé par la force par l’Etat, nationalisant les terres et les unités de production, reniant toute autonomie locale et réduisant les ouvriers à être employés de l’Etat. Comment ces deux systèmes pourraient ils être plus différent ?
Les anarchistes se sont félicités et ont en fait participé à la chute du Communisme Européen. Certains anarchiste étrangers ont aidé les dissidents du bloc de l’Est – alors que le gouvernement US ne le faisait pas- durant de nombreuses années. Les anarchistes sont maintenant actifs dans tous les anciens pays communistes.
La chute du communisme a sans aucun doute discrédité la plupart de la gauche états-unienne, mais pas les anarchistes, dont beaucoup ne se considèrent pas de gauche d’ailleurs. Les anarchistes ont existé bien avant le marxisme et nous sommes toujours là.
Les anarchistes ne revendiquent-ils pas le recours à la violence ?
Les anarchistes sont loin d’être aussi violent que les démocrates, les républicains, les libéraux ou les conservateurs. Ces gens là ne semblent pas violents uniquement parce qu’ils se servent de l’Etat pour faire le sale boulot – pour être violent pour eux. Mais la violence reste la violence. Porter un uniforme ou agiter un drapeau ne change rien. L’Etat est violent par définition. Sans usage de violence à l’encontre de tous nos ancêtres, il n’y aurait aucun Etat aujourd’hui. Certains anarchistes recommandent le recours à la violence, mais l’Etat lui y a recours tous les jours.
Certains anarchistes, dans la mouvance de Tolstoï, sont pacifistes et non violents par principe. Un petit nombre d’anarchistes croient en une offensive armée contre l’Etat. La plupart des anarchistes croient en l’autodéfense et accepteraient un certain niveau de violence dans un contexte révolutionnaire.
Le problème n’est pas vraiment violence contre non-violence. Le problème c’est l’action directe. Les anarchistes croient que les gens, tous les gens, devraient tenir leur destin dans leurs mains, individuellement ou collectivement, que ce soit légal ou non et que cela implique l’usage de la force ou non.
Quelle est exactement la structure sociale d’une société anarchiste ?
La plupart des anarchistes n’en sont pas « exactement » surs. Le monde sera un endroit extrêmement différent quand les gouvernement auront été abolis. Les anarchistes ne font généralement pas de « mode d’emploi » mais ils proposent quelques principes destinés à nous guider. Ils disent que l’entraide mutuelle- coopération plutôt que compétition- est la base de la vie sociale.
Ils sont des individus dans le sens où ils pensent que la société existe pour le bien des individus, pas l’inverse. Ils encouragent la décentralisation, ce qui signifie que les fondations des communautés seraient faites au niveau local, des communautés « face à face ». Elles pourraient ensuite se fédérer- à travers des relations d’entraide- mais seulement pour coordonner des activités qui ne peuvent être exécutées au niveau local. La décentralisation anarchiste inverse la hiérarchie existante. De nos jours, plus le gouvernement est situé à un haut niveau, plus il en tire du pouvoir. Sous l’anarchie les hauts niveaux ne sont absolument pas des gouvernements. Ils n’ont aucun pouvoir coercitif, et plus on monte, moins on leur délègue de responsabilités.
Les anarchistes sont cependant conscient du risque que ces fédérations ne deviennent bureaucratiques et étatiques. Nous sommes des utopistes mais nous sommes aussi réalistes. Nous devrons surveiller de près ces fédérations. Comme l’écrit Thomas Jefferson, « l’éternelle vigilance est le prix de la liberté »
Un dernier mot ?
Winston Churchill, un politicien alcoolique et criminel de guerre anglais a écrit un jour que « la démocratie est le pire des systèmes de gouvernements, excepté tous les autres. » L’anarchie est le pire système social, excepté tous les autres. Toutes les civilisations (à société étatique) se sont effondrées et ont été remplacée par des sociétés anarchistes. L’étatisme social est naturellement instable. Tôt ou tard, nos sociétés s’effondreront aussi. Il n’est pas trop tôt pour réfléchir à ce qui pourrait les remplacer. Les anarchistes y pensent depuis 200 ans. Nous avons un départ. Nous vous invitons à explorer nos idées et de nous rejoindre pour essayer de construire un monde meilleur.
Bob Black
Texte publié en anglais par Anarchy, traduit par Flugute.
Mis en ligne par Flugute, le Samedi 8 Décembre 2007, 22:52 dans la rubrique "Pour comprendre".
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26.03.2008
André Gorz à l'antenne
(Retransmission des débats de la manifestation organisée le 15 mars dernier par la revue Les périphériques vous parlent et la Cité européenne des Récollets)
Emission en deux parties d’une heure chacune des Périphériques vous parlent sur Fréquence Paris Plurielle
Les vendredi 28 mars et vendredi 11 avril de 17h à 18h sur Fréquence (106.3 bande FM ou en direct sur le net www.rfpp.net) - rediffusion les lundi et mardi suivants de 11h à 12h
Retransmission radiophonique du film intitulé André Gorz, de Marian Handwerker (1990 – Belgique) suivi d’un débat avec Marc Kravetz (Journaliste et reporter), Jean Zin (Ecologiste, auteur de L’écologie politique à l’ère de l’information), Marie-Louise Dubouin (directrice du mensuel La grande relève),Christophe Fourel (directeur général de l’Agence nouvelle des solidarités actives), animé par Yovan Gilles (Les périphériques vous parlent)
Ces échanges et interventions évoqueront, outre la personnalité et l’œuvre d’André Gorz, les rapports du philosophe avec le marxisme, son apport à l’écologie politique, la question du travail envisagé comme production de soi, la sortie de la société salariale et l’instauration d’un revenu social garanti …
13:52 Publié dans ALTERNATIVES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2007
The Vicam Declaration
The Vícam Declaration:
"we will defend mother earth with our lives"
by Hermann Bellinghausen
Originally published in La Jornada
Translation by Zapagringo
Vícam, Sonora, October 14. The rebellion that will shake the continent will not repeat the paths and ways of others that have changed the course of history, subcomandante Marcos proclaims tonight in the closing ceremony of the Encuentro of the Indigenous Peoples of América. "When the wind that we are dies down," he adds, "a new time will open in which we will be all of the colors."
After greeting in the languages of Yoeme, Castilian ["Spanish"], and English, and taking words from the Yaqui tradition, Marcos declares before the audience, which has doubled itself on this night in Vícam: "The four wheels of the vehicle of money are rolling again over the path of the blood and the pain of the peoples of the continent," in what he calls "the largest war in the history of humanity, which is already 515 years old." The war that they commemorate every October 12.
This war now reproduces "the age and methods of the great trusts and estates, of the epoch in which the crowns of Europe dominated through blood and fire." Referring to the repression that armies and paramilitary forces use, "just as in the times of the Conquest," in order to eliminate entire populations.
"Nevertheless, something has changed: there has never been so much destruction and stupidity by the governments, such brutality against the earth and people." Because, indicates the Zapatista delegate, "it happens that they are killing the world." They say that it is "electoral democracy" that thing with which the "bossy people" make the "business" of bringing the world to catastrophe. There above "there is no hope for the Indian peoples."
In this encuentro, "memory has been the invisible thread that unites our peoples," explains Marcos, and concentrates the cause of their struggles into just one word, which comes from the birth of humanity: "freedom". It is what the people want, he continues, "and it cannot exist without justice or democracy." It trusts that there will be "a world without rulers," something that "seems impossible" today.
They denounce the growing plunder of the land
In turn, the Rarámuri Francisco Palmo reads the final declaration of the Encuentro of the Indigenous Peoples of América. It is directed against the arrogance of power, because the plundering of the land and resources of the people "grows with each passing day." But, it adds, "the resistance and indignation of the people grows as well."
The 570 delegates from 67 indigenous peoples, coming from 12 american nations, affirmed, in the Declaration of Vicam: "We are descendents of the peoples, nations and tribes that first gave name to these lands; that were born of mother earth and maintain a sacred respect towards her that provides us with life and keeps us in death; thus we declare to the entire world that we will care for and defend mother earth with our lives." They tell of the "pain suffered from the attack of the invaders, supported in the false arguments of cultural exclusivity and arrogant civilizing presumptions, with the purpose of plundering our territories, destroying our cultures and disappearing our peoples."
The participants in the encuentro proclaimed their historic right to free self-determination, "respecting the different ways that, for the exercise of this, our people decide, according to their origin, history and aspirations." Also, they reject "the war of conquest and capitalist extermination imposed by the transnational companies and the international financial organizations in complicity with the great powers and nation states."
They express their rejection of "the destruction and sacking of mother earth by means of the occupation of our territories for industrial, mining, agribusiness, touristic, savage urbanization and infrastructure activities, as well as the privatization of the water, land, forests, oceans and coasts, biological diversity, the air, the rain, traditional knowledge and all that is born of mother earth."
They oppose "the registration of the land, coasts, waters, seeds, plants, animals and traditional knowledges of our peoples with the aim of privatizing them," and they reject the occupation and destruction of sacred centers and places, as well as the mercantilization of their culture. They also reject the Escalera Náutica or Sea of Cortés megaproject and the construction of the coastal highway inside of Yaqui territory.
The encuentro ratifies its rejection of the 2010 Winter Olympics "in Vancouver, Canada on sacred territory, stolen from the Turtle nation with the goal of installing ski runs."
They denounce that the war of conquest and capitalist extermination "worsens like never before the exploitation of the members of our peoples on plantations and in sweatshops, or as migrants in cities and distant countries, where they are hired in the worst conditions, finding themselves in situations of slavery and forced labor."
The rejections extend to the big transnational stores, "that plunder the economic resources of the communities," and to neoliberal policies, which debilitate communitarian economies and food sovereignty and result in the loss of native seeds. They commit to seek the integral reconstitution of their peoples and to strengthen their cultures, languages, traditions, organization and self-government.
"Supported in our culture and vision of the world, we will reinforce and recreate our own educative institutions, rejecting the educative models that the nation states impose on us to exterminate our cultures."
They pronounce against "all form of repression towards our peoples, expressed in the militarization and paramilitarization of our territories, forced displacement, mass deportation, the imposition of borders in order to divide and fragment, and the imprisonment and disappearance of those who struggle for the historic revindication of our peoples".
The absent indigenous "political prisoners" are a strong "presence". Some sent greetings from El Amate (Chiapas) and Molino de Flores (Texcoco, in particular the Mazahua Magdalena García Durán). "They were" the Oaxacans of Loxicha, San Isidro Aloapam, the organization VOCAL and other members of the Popular Assembly of the Peoples of Oaxaca; also the Zapatista prisoners in Tabasco, as well as the Lakota leader Leonard Peltier. They demanded immediate freedom for all.
The Yaqui of Vicam and from other towns came in great numbers to the closing, in which the traditional dances of the Deer and the Pascola were offered. Thus, nearly 3 thousand people participated in the culminating moment of the encuentro
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28.05.2007
Un exemple à suivre, un peu d'éthique bordel !
* Le paysagiste Gilles Clément explique qu'il annule ses engagements avec l'Etat. Décision dictée par l'élection de Sarkozy, qu'il juge porteur d'un projet néfaste pour la planète.*
Par Eliane PATRIARCA Libération samedi 19 mai 2007
Sa radicalité détonne dans le paysage français, où les frontières politiques s'amollissent jusqu'à faner. Vendredi, le paysagiste Gilles Clément, intervenant aux 46e Journées des plantes de Courson (Essonne), a transformé sa conférence en manifeste politique. Une déclinaison du communiqué figurant sur son site web (1) depuis l'élection présidentielle. Le théoricien du /«jardin planétaire», /créateur du parc André-Citroën ou du jardin du musée du Quai-Branly, annonce qu'il annule /«la totalité des engagements pris auprès des services publics et privés sur le territoire français, à l'exception des instances officielles ou non officielles où, de façon avérée, s'établit la résistance». /Explications du jardinier-écrivain, dont le dernier livre s'intitule /Une écologie humaniste /(2).
*Pourquoi cette prise de position publique ? *
Je refuse de cautionner un projet qui va dans le sens d'une destruction de la planète et n'est pas conforme à ce que j'estime humainement acceptable.
*En quoi ce projet vous paraît-il destructeur ? *
C'est un projet ultralibéral, qui favorise la santé des entreprises plutôt que la santé humaine, où l'économie domine, où les fluctuations de la Bourse commandent, où la pollution devient une monnaie d'échange avec les droits à polluer et le marché du CO2. L'humanité est au bout d'une chaîne de fabrication et de prédation, et nous dépendons d'une diversité biologique qui est aujourd'hui réduite par notre activité et par l'arasement, à travers l'agriculture, des conditions nécessaires à cette diversité. Nous vivons en accélérant des mécanismes dévastateurs pour l'eau, le sol, l'air, les aliments, au service de la tyrannie boursière.
*Mais cela n'a pas commencé le 6 mai... *
Les choses étaient engagées très largement, mais il y avait encore une plasticité, des possibilités de discussion. Même si depuis douze ans, nous étions dans une sorte de laminoir nous engageant dans une voie unique. Avec Nicolas Sarkozy, on s'engage de façon absolue dans ce système ultralibéral et cynique.
*L'élection de Royal aurait-elle changé cela ? *
Le choix du 6 mai nous fait descendre de plusieurs étages d'un coup ! Le programme de Royal était un programme de société, et non de castes. Il y avait la perspective qu'elle s'entoure de gens compétents.
*Juppé est nommé ministre du Développement durable, concept que vous dénoncez... *
C'est un mauvais oxymore. Comme le dit un économiste américain, dans un système fini comme celui de la planète, il faut être fou ou économiste pour imaginer un développement infini. Sous des apparences de belles idées, le développement durable sert de caution à des pratiques non
écologiques. L'exemple le plus frappant, ce sont les biocarburants, qu'on présente comme «la» solution. Ce n'est que de la poudre aux yeux pour maintenir l'industrie automobile, et éviter que le choix de la voiture soit débattu. Sur un plan environnemental, c'est une aberration.
Ils polluent à peine moins l'atmosphère que les carburants traditionnels, et pour faire un litre de biocarburant, il faut un litre de pétrole !
*Vous avez déjà annulé des engagements ? *
Oui, des interventions dans des organismes dépendants de l'Etat. Je préfère perdre des chantiers, et aller en trouver ailleurs ou réduire mes dépenses. Le pouvoir, l'argent ne m'intéressent pas. Au départ, je voulais tout annuler, mais, depuis mon communiqué, j'ai eu beaucoup de réactions. Et je me suis aperçu qu'il y a des lieux de résistance où il est possible de travailler : collectivités locales, associations...
*Vous écornez votre image consensuelle. *
Cela fait trente ans que je dis des choses que personne n'écoute. On dit : /«Il est gentil, il fait de beaux jardins. /» La liberté, l'invention, la culture sont aujourd'hui en danger.
(1) www.gillesclement.com
(2) Ed. Aubanel.
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02.05.2007
INSURRECTION POETIQUE EN MARCHE
Dire que la poésie demeure une onde de choc, capable de secouer ce siècle désossé, dont les miracles mous ne créent que lassitude.
Entre les poètes académiques et la "poète academy", ne pas choisir : résister ! Prouver qu'il est d'autres voies que la "poésie éprouvette" pour laborantins du mot. Que la poésie constitue notre dernier espace de liberté, de rêve, de réflexion, où palpite encore le cœur de la nécessaire utopie … et sur lequel nul n'ait songé à installer un parcmètre !
Qu'elle est ce flux d'adrénaline qui nous rend démesurément vivants. Qu'elle soit dure ou douce, sucrée ou épicée, elle est à mille lieues de la fade tisane comme du migraineux pensum.
Clamée, scandée, incarnée, elle est la plus sûre arme contre la médiocrité.
Oser la subjectivité. Toute poésie ne se vaut pas. Certaines sentent même le faisandé ! Refuser de toutes ses forces les présentations-naphtaline, le culte du "tout se vaut" et les disséqueurs de la rime. La poésie se ressent, se respire. Elle ne s'analyse pas, pas plus que la musique.
Ceux qui la disent invendable sont souvent ceux-là même qui se complaisent dans un élitisme nombriliste et poussiéreux.
Rompre le cercle et rentrer dans l'arène, faire entendre des voix vivantes et vibrantes à ceux et celles qui disent ne pas aimer les poètes d'aujourd'hui sans pouvoir en citer un seul, parce que personne n'a su les leur faire connaître et aimer.
Investir les médias, ne reculer devant aucun support pour promouvoir une poésie libre, généreuse, populaire, exigeante ET jouissive. Griots ludiques qui propagent leurs rages et leurs émerveillements et proposent des voyages d'où l'on revient changés;
"Insurrection poétique !" est en marche … Rien ne pourra l'arrêter !
Pascal Perrot
http://insurrectionpoetique.mabulle.com/
MANIFESTE DU MOUVEMENT UPPERCUT
Condamné à photocopier à l'infini les décennies précédentes, écrasé par la tyrannie de l'art jetable, on serait tenté de croire que l'Art avec un grand A est un malade à l'agonie, si n'étaient des troublions défrichant de nouvelles terres et démasquant l'imposture. Unir leurs forces vives, faire entendre leurs voix est l'objectif premier du mouvement Uppercut. "Redonner du sens", dites-vous ? Une expression riche en dérives, au nom de laquelle furent commises et justifiées les plus grandes escroqueries intellectuelles du siècle dernier. Comme si l'Art avait besoin d'une signalisation, de panneaux indicateurs ! Redonner du contenu, de la force, du punch et des tripes suffira à nos ambitions. Retrouver sa fonction d'éveil. Un art qui frappe de plein fouet. Qui nous étonne, nous choque, nous émerveille, nous donne à penser, à rêver, mais ne laisse pas nos âmes sur leur faim. Nous sommes affamés de miracles, de rencontres imprévisibles, d'électrochocs mémoriels, de salutaires remises en questions, bien davantage que d'art-bibelot, tiède et visant essentiellement à ne pas contrarier nos digestions.
Peinture, photographie, danse, musique, chanson, rap, multimédias, cinéma ; nous ne nous interdirons aucune forme de création, aucune forme d'outil pour sculpter lumière ét ténèbres. Et nous exhalerons nos chants d'un souffle léger et volcanique, habitant nos contradictions comme des nefs cinglant la mer.
Préparez-vous … L'art uppercut ne laissera indemnes ni vos cerveaux ni vos cœurs !
Pascal Perrot
*******************************************
Pour l'heure,
Insurrection Poétique compte parmi ses "membres" :
Pascal Perrot http://insurrectionpoetique.mabulle.com/
Nina Louve http://louvainlaneuve.blogspot.com/
Philippe Léger http://www.polystyrenetv.com/untel/index.php?option=com_c...
La Fée Cabossée http://feecabossee.mabulle.com/
Marc-Henri Lamande http://wisho.free.fr/optophonia/optophonia.html
Tristan Cabral
Jorge Torres Medina
Lola Sponge
et moi-même http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
On peut lire des textes de Tristan Cabral, Lola Sponge, la Fée Cabossée et Jorge Torres-Medina sur le blog de Pascal Perrot dans la rubrique "Hommage aux vivants !"
et Uppercut :
Laurence Fouque (peintre)
Paul Cash ( compositeur)
Orlando De Rudder (écrivain) http://orlandoderudder.canalblog.com/
Otto Ganz (écrivain) http://amatheu.canalblog.com/
Sylvain Gougeon (peintre, photographe) http://wisho.free.fr/optophonia/optophonia.html
Catherine Amatheu (plasticienne) http://amatheu.canalblog.com/
14:50 Publié dans ALTERNATIVES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.04.2007
HUMEUR DE JACQUES LIVCHINE et ce que j'en dis
Tout me fatigue
La rue !
Parce que lors des présentations de la FAIAR, les professionnels invités jugent avec le premier critère évident :
La rue c’est dans la rue ! or Magali joue dans un immeuble, Constance dans un bar à putes Julie dans un parking rééinventé Estelle dans un square
Alors le Thomas Hahn de Cassandre, comme Pierre Guillois de Bussang
disent : c’est où la rue ? C’est ça votre théâtre de rue de l’avenir ?
Notre rue primitive est elle perversifiée ?
Notre manifeste doit donner une réponse, donner une réponse sur ce sujet. On a fait divers essais, Luc Perrot est gentil de trouver ça pas mal. Extraits
"Pour nous voir il n’y a pas besoin de vigiles ni de pousser la porte. Nous sommes pour tous les yeux et toutes les oreilles. Nous parlons à la fois aux analphabètes et aux bardés de diplômes. La seule célébrité sur laquelle nous nous appuyons se trouve sous nos pieds. La rue. C’est notre scène, notre arène, notre ring. Nous sommes à la rue parce que nous le voulons"
Premiers balbutiements. ça passe ou ça passe pas ? Pour moi, ça passe pas .
De toute façon on n’a pas su dire pour qui il était ce manifeste ?
A placarder dans les festivals ? A publier dans la presse ?
Pour nous définir nous mêmes ?
On s’est réunis à 4.
On a cherché nos obsessions, nos maladies, nos ressemblances ; jouer pour tout le monde, jouer gratuit, jouer hors des temples dévolus aux arts.
Quand Copeau quitte Paris, il nomme son ennemi, le théâtre commercial, lui il veut le théâtre d’Art. C’est l’appel du vieux colombier, c’est musclé, c’est vigoureux.
Mais moi si je me mets à dire ce que je pense vraiment, c’est l’apocalypse. Alors si j’avais le droit je dirais :
Le théâtre en France va mal. Et pourtant la France, nous dit -on est exemplaire, et enviée du monde entier pour sa vie culturelle.
L’ennui : l’ennui habite nos salles de théâtre. Un public d’abonnés cultivés, endormi ou hypnotisé, applaudit des oeuvres ternes, inodores, aseptisées.
Le théâtre est devenu totalement mortifère, déserté par les jeunes en dehors des élèves emmenés de force par leurs professeurs, le théâtre est devenu mou, domestique, aligné.
Une véritable cour de marquis, de barons, de comtes et de comtesses gravite autour du Ministère de la culture pour s’emparer des postes régulièrement mis à disposition. On se pousse des coudes pour faire partie des "short listes" de pré -selectionnés. C’est toujours le plus médiocre qui l’emporte.
Ceux qui osent dénoncer ce système sont jetés aux oubliettes, marginalisés, blacklistés, évincés.
L’avenir n’appartient -il qu’aux mausolées ?
Naît alors depuis une vingtaine d’années en dehors de ce système bureaucratique, un théâtre de résistance, un vrai théâtre engagé, poétique, social, qui se joue hors de tous ces lieux officiels et subventionnés. , Ce théâtre se joue "hors théâtre" un peu partout, dans des espaces publics, pour des publics neufs, émerveillés. C ’est du vrai théâtre de la vie, le vrai théâtre, impertinent, jeune vivant, bousculeur, et surtout vivant.
Il n’est pas compassé, empesé, amidonné, il est foisonnant, généreux débraillé, batailleur, brailleur.
D’un côté la vie, de l’autre la mort.
Il est temps que le ministère de la culture, à l’aune d’un changement de régime, arrête d’embaumer la culture morte, et s’occupe de la culture vivante.
Ce théâtre vivant, est reconnu par le Monde entier. Ce n’est pas la Comédie Française, que les pays étrangers s’arrachent, mais le théâtre de rue français.
Ces nouvelles formes de théâtre investissent toutes sortes de lieux, rues, friches , forêts, campagnes, cours d’immeubles, villes, villages, parfois même les théâtres.
C’est de l’Art en marche, plasticiens, musiciens, danseurs, se joignent à cette cohorte d’artistes inventifs.
Evidemment ces nouvelles oeuvres ne se calquent pas sur les critères de qualité habituelles. Adieu l’excellence culturelle, adieu la consommation classique de culture, adieu l’entre soi, adieu la consanguinité.
C’est une vraie révolution.
L’art vivant pousse partout en dehors des lieux qui lui sont dévolus. C’est un vrai mouvement qui avance inexorablement, poussé par le vent de l’histoire.
1000 compagnies, 350 festivals.
Des expériences inédites totalement ignorées par les médias. Des squatts, des lieux de fabrique, des rassemblements, un courant se dessine.
La précarité y est de mise. L’accès à l’intermittence devient de plus en plus sévère. Sans arrêt, de nouvelles règles de sécurité tentent d’enrayer le mouvement.
L’Etat ne pense qu’à renforcer ses établissements nationaux, en plein déclin et fermés à 85% de la population.
Le débat présidentiel n’aborde jamais les enjeux culturels, alors que 60 % des français pensent que la culture est un bon moyen de lutte contre les inégalités scolaires et pour le désenclavement de la société rurale.
Nous sommes des plantes sauvages, nous poussons là où il ne faut pas, ils veulent nous mettre en pot.
I faut revendiquer le droit à l’émeute, l’émeute artistique.
Le problème ce n’est pas l’ISF, ou l’impôt sur le revenu, le problème, c’est que notre art est aussi indispensable à l’homme que la chlorophylle à la nature, le problème c’est que nous avons beaucoup plus besoin de désordre, que d’ordre.
Voilà pourquoi nos candidats ne devraient pas avoir les yeux rivés sur le sondages, mais sur les urgentes et cruciales questions culturelles.
Il faut déconstruire le système culturel actuel, le reconstruire autrement,inverser les valeurs et les priorités.
Source : http://www.horschamp.org/article.php3?id_article=2009
En tant qu'ex-intermittente du spectacle, théâtreuse de rue pendant plus de dix ans, je dis ATTENTION, ce qui s'est passé et se passe dans les théâtres et autres lieux culturels officieux, a également gangréné le théâtre de rue... Le problème étant pricipalement la nature humaine, le problème c'est vous, c'est moi. La course à la reconnaissance, au gain, au mieux vivre, au bonheur, à l'amour... Le terrain de l'égo est très fertile chez les artistes de tous poils et aussi de plumes, il y pousse certes de très belles créations mais le fumier nécéssaire pue parfois atrocement. Je rêve du jour où la désignation "artiste" n'existera plus, on dira des hommes, des femmes, des enfants... L'humain est créateur par essence, l'art est partout, pousse dans les failles de la pensée convenue, dans les interstices entre les panneaux publicitaires, les artistes conventionnés ou pas ne sont que la face visible d'un iceberg bien plus vaste... mais vous savez ce que c'est, avec le réchauffement de la planète et le ramollissement des cervelles... la glace fond...
Cathy Garcia
15:45 Publié dans ALTERNATIVES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.01.2007
Davos : remise des Public Eye Awards aux entreprises les plus irresponsables
40 entreprises étaient en lice, cette année, pour ces prix particuliers qu’aucune d’entre elles ne souhaite obtenir. Et pour cause, puisqu’ils récompensent les entreprises dont le comportement est particulièrement irresponsable et néfaste au développement durable. La Déclaration de Berne et Pro Natura, deux ONG suisses, veulent à travers ce happening «maintenir une forte pression afin que l’économie reconnaisse ses responsabilités. Davos n'est-il pas le cadre idéal pour cela ? » demande Mary Robinson, ex-présidente irlandaise, puis déléguée de l’ONU aux droits de l’Homme et aujourd’hui membre de nombreuses ONG. Cet été, La Déclaration de Berne et Pro Natura ont lancé un appel aux ONG du monde entier en les invitant à proposer des entreprises pour les Public Eye Awards 2007. Les propositions ont fait apparaître les noms « habituels » en la matière (Nestlé, Coca Cola, Syngenta, etc) mais également d’autres moins connus. « Les Public Eye Awards mettent en lumière les conséquences sociales et écologiques de la mondialisation économique par le biais d’exemples concrets," explique La déclaration de Berne. "Ils montrent aussi que des codes de conduite volontaires pour les entreprises, comme le « Global Compact », ne suffisent pas. Des normes contraignantes dotées de mécanismes efficaces de contrôle et de sanctions sont nécessaires ».
Cette année, les prix ont été répartis en nouvelles catégories -«monde», «Suisse», et «positive»-, cette dernière étant une véritable récompense. Pour ce 'Public Eye Positive Award', 3 entreprises étaient nominées : Coop (distribution) pour sa contribution à l'environnement, et notamment son offre de produits bio ; Eosta pour sa production éthique et son action dans le domaine du développement durable ; et enfin Marks & Spencer, pour son offre de produits issus du commerce équitable et sa coopération avec les ONG.
Le Forum économique mondial a également "son" palmarès, celui du cabinet Innovest qui a remis des prix aux entreprises les plus responsables. Spécialisé dans l’analyse des performances sociales et environnementales des entreprises) Innovest a rendu public le « G100 », qui récompense les 100 entreprises les plus responsables parmi 1800. Il comprend cinq entreprises françaises : Accor, Air-France-KLM, Groupe Danone, Lafarge et Pages Jaunes ainsi qu’une Franco-belge : Dexia. Le Royaume-Uni est représenté par 24 entreprises, les États-Unis par 19 et le Japon par 13. Les critères retenus par Innovest sont notamment la gestion des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance. Les ONG retrouveront dans cette liste un de leurs « gagnants » 2006 : Walt Disney Company.
1er prix : Bridgestone
S’agissant, des «Negative Award », ils avaient été décernés en 2006 aux multinationales américaines Chevron, Walt Disney et Citigroup. Cette année, parmi les nominées de la catégorie « monde » figurent Bridgestone Corporation (pour ses plantations de caoutchouc au Liberia, ayant des impacts sociaux et écologiques catastrophiques), IKEA Groupe (pour sa stratégie consistant à payer le moins d’impôts possible), Trafigura Beheer B.V.( l’entreprise a affrété le tanker qui a causé la catastrophe écologique et sanitaire d’août 2006 à Abidjan).
Le « gagnant 2007 » est le groupe japonais Bridgestone, dont « les conditions de travail proches de l’esclavage dominent depuis 80 ans dans ses plantations de caoutchouc du Libéria, explique La Déclaration de Berne.Le travail des enfants et de graves dommages à l’environnement y sont fréquents ».
Prix suisse pour Novartis
C’est Novartis qui remporte ce prix peu glorieux, le « groupe pharmaceutique bâlois essayant actuellement de limiter l’accès aux médicaments génériques bon marché en Inde et dans les pays en développement ». Le groupe avait été proposé par l’organisation d’aide contre le cancer indienne CPAA. Pour le directeur de cette ONG, Yogenda Sapru, il ne fait aucun doute que «Novartis, par sa politique de monopole en Inde, est coresponsable de la souffrance de dizaines de milliers de malades du cancer».
Dans cette catégorie «Suisse» étaient également nominés Ruag Holding (fabrication d’armes particulièrement violentes comme les bombes à fragmentation) et Xstrata (pour sa tentative d’exploiter une mine à ciel ouvert ayant des impacts sociaux et écologiques).
Prix positif pour Coop
Enfin, le 'Public Eye Positive Award' a été remis à Coop, pour sa contribution à la protection de l'environnement et son rôle pionnier dans la commercialisation de produits biologiques. Son label «Naturaplan» a en effet permis d’augmenter le nombre d’exploitations agricoles biologiques, qui comptent aujourd’hui plus de 6000 unités.
Véronique Smée
Mis en ligne le : 24/01/2007
VOIR AUSSI
Le site de la Déclaration de Berne http://www.evb.ch/fr/p9610.html
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22.01.2007
Hugo Chávez - Les causes précèdent toujours les conséquences
Il est rare que la docte Assemblée générale des Nations unies éclate de rire. Mais Hugo Chávez réchaufferait une morgue, tout le monde le sait. Il faut préciser que la veille de ce jour mémorable du 19 septembre 2006, George W. Bush occupait la place du président vénézuélien devant ce gratin de la gouvernance (ou de l’ingouvernabilité) mondiale (chacun choisira sa version). Vingt-quatre heures ont passé. Chávez contemple l’assistance, prêt à se lancer avec délectation dans la bagarre. Et donc, il s’y lance, c’est son style à lui. « Hier le Diable est venu ici, dans ce même endroit. Ça sent encore le souffre sur ce pupitre d’où je parle maintenant », jette-t-il en se signant, puis en joignant les mains en signe de prière, levant les yeux au ciel pour en appeler à Dieu. D’où les rires, les applaudissements (et quelques grincements de dents). « Hier, Mesdames, Messieurs, depuis cette même tribune, Monsieur le président des États-Unis, que j’appelle le Diable, est venu, parlant comme s’il était le propriétaire du monde, le porte-parole de l’impérialisme venu délivrer son message de domination et d’exploitation. »
Évidemment, comme toujours, Chávez a agacé. Dans les jours qui suivront, on verra fleurir les commentaires sur son « anti-impérialisme histrionique », son « narcissisme léninisme », ses « gesticulations intercontinentales », etcetera, etcetera. Même ceux qui ne lui sont pas fondamentalement hostiles hocheront la tête, mi-amusés, mi-affligés. D’une façon générale, ce qui lui porte tort, c’est qu’il parle trop. Interrogé quelques jours plus tard par Time Magazine sur son discours au vitriol, le président vénézuélien s’en expliquera, posément cette fois : « Je n’attaque pas le président Bush. Simplement, je contre-attaque. Bush a attaqué le monde, et pas seulement avec des paroles. Avec des bombes ! Quand je prononce ces mots, je crois que je parle pour beaucoup de gens. Eux aussi croient le moment venu de stopper la menace de l’Empire US, qui utilise les Nations unies pour justifier ses agressions contre la moitié de la planète. »
Qu’on aime ou non Chávez, la thèse se défend. Évidemment, pas partout. Pour ses opposants, à Caracas, c’est tellement nul que c’en est comique (une fois de plus !). Mais eux n’ont pas envie de rire : le pays sombre dans l’anarchie et le président voyage beaucoup. Sans parler de ce qu’ils dénoncent depuis maintenant huit années : il menace la démocratie, gère mal l’économie du pays, dilapide l’argent du pétrole, provoque l’instabilité régionale.
Sur un point au moins, Chávez ne peut pas nier. Il ne laisse pas souvent l’avion présidentiel rouiller dans un hangar. En 2005, il a voyagé en Europe, on l’a même aperçu à Paris, chez Dominique de Villepin. À la fin juillet 2006, il a visité la Russie, la Biélorussie, le Qatar, l’Iran et le Vietnam. En août, il était en Chine, en Malaisie et en Angola. En Algérie, on ne sait plus quand, mais il y est allé. De même qu’au Mali et au Bénin.


