07.02.2010
Impossible absence - Qui lancera l’alerte ?
Dès novembre 2006, nous avions lancé un appel aux candidats à l’élection présidentielle pour qu’ils considèrent avec plus de sérieux la place de l’art et de la culture dans leurs programmes politiques. Depuis, la situation est loin de s’être améliorée.
L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.
Elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d’abandon d’une part fondamentale de l’histoire de notre pays.
Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée aux choses de l’esprit, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Cette absence fait planer la menace d’une défaite devant l’invasion délétère de l’esprit marchand imposée par ce que l’on nomme « globalisation ».
Les politiques qui refusent l’ordre néolibéral doivent le comprendre : non seulement la culture - au sens le plus large du mot -, est un enjeu fondamental de civilisation, mais c’est aussi pour eux un atout politique majeur.
Comme le dit le grand dramaturge Edward Bond, « que nous resterait-il aujourd’hui des Grecs s’ils ne nous avaient laissé une philosophie, un théâtre, une mythologie, des temples, des statues ? » Autrement dit un immense arrière-plan artistique et culturel créé à partir d’outils symboliques : une langue, des codes, des signes qui nous relient à une mémoire commune, à une volonté d’être ensemble et de rencontrer l’autre, de se frotter à l’inconnu, qui nous constituent en tant qu’êtres pensant, rêvant, imaginant, désirant, créant, construisant l’improbable avenir.
Ce sont ces outils qui nous permettent de nous penser, de nous ressentir, autrement qu’en tant que consommateurs ou marchands…
Notre histoire récente fut traversée de soubresauts où cette aspiration - ce désir collectif, parfois confus, souvent éclatant et vibrant - s’est manifestée. Des outils ont été construits avec le Conseil National de la Résistance. C’est ce que l’on appelle « le service public de la culture ». Il ne s’agit, en réalité, de rien d’autre que la manifestation concrète, politique, d’une volonté de donner à l’esprit sa vraie valeur dans la collectivité.
Ce service public, qui en France fut incarné par un ministère de la Culture, est en passe d’être démantelé.
Deux événements peu commentés, font figure de symptôme.
Au moment précis où plusieurs études alertent sur la désaffection de la lecture parmi les jeunes Français, la direction du Livre du Ministère a été supprimée l’automne dernier ; celles du théâtre, de la musique, de la danse et des arts plastiques ont depuis subi le même sort.
Dans le cadre d’une révision générale des politiques publiques qui veut tout soumettre, y compris l’inquantifiable, à la « rationalité économique », l’ensemble des directions artistiques sont réduites à une Direction générale de la création artistique, coincée entre une Direction des patrimoines et celle des médias et des industries culturelles.
On peut craindre que l’art ne soit plus la priorité de ce ministère...
La même rationalité économique a présidé aux débats du Forum d’Avignon : « économie et culture », présenté comme un « Davos de la culture ». Le symbole est fort. Au moment où la « crise » prouve l’inanité des dogmes néolibéraux qui dominent l’Europe, la culture devient l’ultime nappe phréatique où puiser, au service d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.
Quel crédit porter à une « économie créative » initiée par des dirigeants d’entreprises comme Nicolas Seydoux, Didier Lombard et Axel Ganz ? Que peut véhiculer une telle « culture », réduite et instrumentalisée par les impératifs d’une « économie de la connaissance ? »
Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.
À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?
Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !
27 janvier 2010.
Pour signer l'appel c'est ici : http://www.horschamp.org/spip.php?article3211
20:49 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.02.2010
Survie Info n° 51. Février 2010
Actualités
Lutte contre la corruption au Congo-Brazzaville : Il y a tout juste un an, le journaliste franco-congolais Bruno Jacquet Ossebi disparaissait dans des circonstances à ce jour non élucidées Communiqués de presse Acat-France, CCFD, Sherpa, Survie. 2 février 2010
En ce 2 février 2010, les associations signataires entendent commémorer la disparition de Bruno Jacquet Ossebi, journaliste franco-congolais qui avait fait de la lutte contre la corruption au Congo-Brazzaville un combat personnel. Que s’est-il passé dans la nuit du 1er au 2 février 2009 ? Rapide retour en arrière Le 21 janvier 2009 au petit matin, à Brazzaville, un incendie se déclenche dans la maison qu’occupe Bruno Jacquet Ossebi, avec sa compagne et les deux petites filles (11 et 9 ans) (...) Lire la suite:
http://survie.org/francafrique/congo-brazzaville/article/...
Signer la pétition : justice pour Thomas Sankara, justice pour l’Afrique
Thomas Sankara aurait eu 60 ans le 21 décembre 2009. A cette occasion, nous vous informons du lancement de l'appel "Justice pour Sankara, Justice pour l'Afrique" relayé par une quinzaine d'associations dans différents pays. Cette pétition est disponible en 5 langues. Les internautes sont invités à la signer en ligne à l'adresse ci-dessous, pour ce qui est de la version française. L'appel est d'ores et déjà soutenus par le réseau CADTM, le réseau ATTAC Afrique, l'Etrange rencontre, (...) Lire la suite: http://thomassankara.net/spip.php?article866
Tchad : le silence de la France. Communiqués de presse de Survie. 25 janvier 2010
Le Sud du Tchad a été attaqué depuis la mi-décembre par l’armée tchadienne sans que notre pays n’en dise mot. Le 8 janvier, le régime tchadien a annoncé l’arrestation de Djibrine Dassert, le dirigeant du mouvement rebelle sudiste, le MPRD (Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement). La France, bien entendu au courant, n’en a pas parlé. L’arrestation de Dassert a été annoncée, par l’AFP notamment, sur des sites Internet, mais cette information n’a pas été relayée. (...) Lire la suite:
http://survie.org/francafrique/tchad/article/tchad-le-sil...
A lire
Billets d'Afrique et d'ailleurs n° 188 (Février 2010)
Bulletin mensuel d'information alternative sur les avatars de la politique de la France en Afrique, Billets d'Afrique constitue l'un des piliers de la volonté de Survie de mieux informer.
Edito : Démocratie fantôme
Les deux piliers de la démocratie sont le bulletin de vote et la liberté de l’information. Ajoutons-y l’indépendance de la justice, appelée à les garantir. Nous savons que, dans les pays développés, la représentation des citoyens est souvent plus formelle que réelle, nous savons que les canaux de l’information sont monopolisés par des intérêts qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général.(...) Lire la suite: http://survie.org/billets-d-afrique/2010/188-fevrier-2010...
Au sommaire ce mois-ci :
- LES BREVES DE LA FRANÇAFRIQUE
- EDITORIAL. Un demi-siècle tout mauvais
- ANGOLAGATE. le parquet rejoint quasimment la défense de Falcone
- FRANCE. Le coût des opex classé "secret défense"
- MADAGASCAR. La Françafrique dans l'ombre de Rajoelina
- FRANCE RWANDA. Les inquiétudes du Général Lafourcade
- Survie citée à comparaître pour "injures publiques"!
- FRANCE BOLLORE, nouvelle victimes des médias
- Libérons Lapiro: la compilation pétition
- Les gros sabots de Joyandet
- TOGO. Présidentielle du 28 février 2010 : un oeil sur la France
- BREVES D'AFRIQUE ET D'AILLEURS
- FRANCE. Retour à la case prison pour Loik Le Floch-Prigent
- CONGO BRAZZAVILLE. Les perles de Kouchner - Une affaire de famille
- BERNARD KOUCHNER. L’obstination de Kouchner
- COTE D'IVOIRE. Impunité monnayée ?
- COITE D'IVOIRE. L’épilogue de l’affaire Ibrahim Coulibaly (IB)
- MAYOTTE. Du développement des colonisés...
- ETATS UNIS. Africom : la vérité si je mens !
- TUNISIE. Silence on meurt !
- TOGO. L’opposition a-t-elle un boulevard devant elle ?
Togo : Présidentielle du 28 février 2010 : un oeil sur la France Article de Comi Toulabor paru dans Billets d’Afrique et d’ailleurs n° 188 février 2010
Focus sur la scène politique togolaise et l’action de la France à l’approche de la présidentielle. Coopération bilatérale et « sécurisation électorale », les vieux démons de la Françafrique ne sont jamais très loin. S’il y a un domaine où la communauté internationale dit souvent son mot, c’est bien l’élection présidentielle. Cet être éthéré qu’est la communauté internationale, dans le cas du Togo, a le visage bien concret de la France, de l’Allemagne, des États-Unis, de l’Union européenne (UE) et du PNUD.(...) Lire la suite: http://survie.org/billets-d-afrique/2010/188-fevrier-2010...
Agenda
TOULOUSE http://survie31.over-blog.com
- Mardi 2 février. Réunion mensuelle du groupe local, ouvert à tous, au CIDES: 1, rue jouxt Aigues, à 19h
- Mercredi 3 février. Conférence débat A la veille du cinquantenaire des indépendances espoirs et craintes pour la démocratie en Afrique de l'Ouest - Le cas du Togo à l'IEP de Toulouse - Amphi Bobin. Survie 31, le GERCA et So acte vous propose une présentée par Comi Toulabor, Chercheur aux Centre d'Etude de l'Afrique Noire (CEAN) de Sciences Po Bordeaux à 17h
SAINT-ETIENNE
- Mercredi 3 février 2010. Conférence débat 50 ans d'indépendances africaines, 50 ans de Françafrique? intervenant: Grégory Giraud à l'Université Solidaire, amphi E01(entrée par la rue Richard, en face du Consulat d'Algérie) de la faculté Jean Monnet-Tréfilerie à 18h30
- Jeudi 4 février, Le Rendez-vous africain - Réunion d'informations sur l'actualité africaine et françafricaine et d'échanges sur l'association - animation par le groupe local de Survie Loire au Café-lecture Le Remue-Méninges, 59, rue Désiré Claude (à hauteur de la fac Tréfilerie) à 20h30
- Vendredi 5 février, AG de Survie Loire, au local d'Unis Cité, 21 cours Victor Hugo, à 19h30
- Mercredi 10 février Conférence débat Que fait l'armée française en Afrique? avec la venue de Raphaël Granvaud auteur du Dossier noir n° 23 Que fait l'armée française en Afrique? au Café culturel coopératif Les Pères Peinards, 5 rue du jeu de l'arc, à 20h30
PARIS http://www.survie-paris.org/
- Jeudi 4 février. Réunion mensuelle Survie Paris IDF adhérent-e-s et sympathisant-e-s. A la Maison des Associations du 3e, 5 rue Perrée, M° République / Temple à 19h
- Jeudi 11 février. Elections Afrique Vigilance ! 13e Réunion du collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique point spécifique sur l'élection présidentielle togolaise, à la Bourse du travail de Paris - 3 rue du chateau d’eau, M° Château d’eau à 19h
- 15, 16 ou 17 février. Conférence débat sur l'élection présidentielle au Togo avec André Afanou, journaliste togolais membre du CACIT (Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo) à la maison des Associations du 3e, 5 rue Perrée, M° République / Temple à 19h
- Jeudi 25 février. 2010 Pièce de théâtre L’extraordinaire voyage d’un cascadeur en Françafrique Compagnie "A bout portant" à la Bellevilloise 19-21, rue Boyer, 20è, M° Gambetta à 20h30
- Du 19 au 28 février Semaine Anticoloniale
- Vendredi 26 février. Conférence débat 2010, 50 années d’indépendances confisquées : l’actualité de la Françafrique avec Survie, Cercle Frantz, Fanon, AFASPA, CACIT (Togo), Fédération des Congoalis de la Diaspora, Assez de Coups d’Etat, à la Salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, 2e. M° Sentier à 19h
- Samedi 27 février. Manifestation pour suppression ministère identité nationale , de la Bourse vers le ministère identité nationale. à 15h
LILLE http://survienord.free.fr/
- Jeudi 25 février. Conférence débat autour du documentaire La bataille de l'uranium avec Danyel Dubreuil, coordinateur des campagnes et des activitées militantes de Survie au Cinéma le Méliès rue Trudaine à Villeuneuve d'Ascq M° Triolo à 20h
GRENOBLE http://survie.isere.free.fr/
- Mardi 9 février. "Mardi contre la Françafrique" Rendez-vous désormais chaque 2ème mardi du mois à la MNEI, 5 place Bir-Hakeim, Grenoble, proche trams "Verdun" et "Stade", entrée par la droite du bâtiment, escalier extérieur, à 19h
BORDEAUX http://surviegironde.blogspot.com/
- Samedi 6 février. Emission radio de Survie Gironde:Dernières nouvelles de la Françafrique. Dossier: L'élection présidentielle du 28 février au Togo avec Comi Toulabor. De 11h à 12h sur O2radio 91.3
- Lundi 8 février. Réunion mensuelle ouverte à tous à l'Athénée Libertaire 7 rue du Muguet, à 20h30
- Mercredi 10 février. Soirée du développement L'influence des multinationales dans les pays du Sud au RADSI, Domaine du Haut carré, 351 cours de la Libération, Talence
- Vendredi 19 février. Conférence débat L'élection présidentielle du 28 février au Togo avec Comi Toulabor. Maison cantonale, rue de nuit, 20h15
- Samedi 20 février. Emission radio de Survie Gironde. Dernières nouvelles de la Françafrique. Dossier: Que fait l'armée française en Afrique? avec Raphaël Granvaud, auteur du Dossier noir n° 23 sur le sujet, de 11h à 12h sur O2radio 91.3
- Tous les samedis. Permanence (table de presse) place Maucaillou entre les marchés de St Michel et des Cappucins, de 10h à 14h
HAUTE-SAVOIE
- Du Lundi 25 Janvier au Mercredi 3 Février. Exposition "Madagascar Réalités et résistances" à l'Arande à St-Julien en Genevois
- Vendredi 12 Février. Projection débat autour du documentairre Un aller simple pour Maoré avec de Pierre Caminade, à St.Julien en Genevois à l'Arande 20h
- Mardi 16 Février. Projection débat autour du documentairre Elf une Afrique sous influence avec Marc Reymond, à Allinges à la salle polyvalente à 20h
LYON http://survie.69.free.fr/
- Vendredi 12 février. Conférence débat Franc CFA : survivance coloniale et sous développement Comment la monnaie de l’Afrique francophone altère sa souveraineté et sert le néocolonialisme français avec Ra-Sablga Seydou Ouedraogo, économiste burkinabé, à la Maison des Passages 44 rue Saint-Georges Lyon 5ème - Métro «Cathédrale-Vieux Lyon » entrée libre, à 20 h
- Du vendredi 26 au dimanche 28 février. Exposition Les ravages causés par l’exploitation de l’uranium au Niger par l’entreprise française Areva présentée dans le hall d’entrée du salon Primevère Areva ne fera pas sa loi au Niger
- Vendredi 26 février. Projection débat autour du documentaire Noir Coton Les enjeux d’une agriculture axée sur l’exportation cotonnière au Burkina Faso avec Thomas Borrell de Survie au Salon Primevère à Eurexpo Navette TCL vers le salon à prendre au terminus de la ligne A du métro (à l’arrêt « Vaulx-en-Velin La Soie ») à 20h
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Nos enfants nous accuseront
15:50 Publié dans FILMS A VOIR ET A REVOIR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Non à l'ouverture d'un camp d'internement des étrangers !
Centre de rétention du Mesnil 2 :
non à l'ouverture d'un camp d'internement des étrangers !
La construction du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) est achevée. L'ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France. Il s'ajoutera au premier centre de rétention du Mesnil-Amelot qui compte déjà 140 places.
L'entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d'industrialisation de la rétention. D'exceptionnel, l'enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire.
Le centre de rétention comptera 240 places dont 40 places réservées aux familles. Il est organisé en 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement. Une double enceinte grillagée et barbelée entoure l'ensemble du camp. Des dizaines de caméras, des détecteurs de mouvements s'ajoutent à cet univers carcéral.
Comme pour le CRA de Vincennes, l'Administration utilise la fiction de deux centres de rétention mitoyens pour contourner la réglementation : celle-ci limite à 140 places la capacité d'un centre de rétention.
La construction envisagée de deux salles d'audiences à proximité immédiate du camp instituera une justice d'exception éloignée de tout regard de la société civile.
Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c'était le cas au CRA de Vincennes avant l'incendie du 22 juin 2008). Comme l'a montré la situation de Vincennes, ce type d'univers déshumanisé favorise, encore plus qu'ailleurs, le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide.
Les associations signataires s'opposent à l'ouverture du futur centre de rétention du Mesnil Amelot. Elles dénoncent la criminalisation des migrants et appellent les citoyens et les élus à se mobiliser contre l'internement administratif des étrangers.
Premiers signataires :
ADDE, Comede, ELENA-France, Emmaüs, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l'homme, Migreurop, MRAP, Réseau Education Sans Frontières, Secours Catholique, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature
Contact : contrecramesnil@placeauxdroits.net
14:41 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.02.2010
Dulcinée blues
http://www.youtube.com/watch?v=hSWFjZKdxQQ
http://www.dailymotion.com/video/x1ztg8_donquichotte_crea...
dire que ma voix continue sans moi... enfin, la voix de Dulcinea du Toboso
Don Quichotte, création 1997, de la compagnie Plasticiens Volants
http://www.plasticiensvolants.com/
22:05 Publié dans QUOI DE NEUF? QUE FOUS-JE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
En hommage à Howard Zinn
Un des plus grands penseurs progressistes des Etats-Unis vient de nous quitter, à l'âge de 88 ans. Howard Zinn était l'auteur d'une magistrale "Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours", mais aussi d'articles lucides et pénétrants. Nous vous en rappelons quelques-uns ici avec l'hommage rendu par son éditeur français.
Agone - Howard Zinn n'est plus
Howard Zinn - Mythes de l'« exceptionnalisme » américain
Howard Zinn - Les Etats-Unis ont besoin d'un esprit révolutionnaire
Howard Zinn - 27 mois d'occupation américaine - Que faisons-nous en Irak ?
Howard Zinn - La légalisation de l'injustice
Source : Sur michelcollon.info - Investig'Action
10:56 Publié dans RÉSONANCES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LES EXTRAS au CHAPEAU ROUGE LES 24,25 ET 26 FEVRIER
La Cie Les Extras présente
"Le prix de la liberté"
Théâtre et marionnettes, à partir de 9 ans
« Voulant goûter à la liberté,
Un homme s’enfuit de son pays et rejoint l’Ouest.
Son seul bien est une armoire…
Pas question de s’en séparer, il décide de l’emmener avec lui !
A l’Ouest, il rencontre un journaliste avide d’inattendu
Qui comprend vite le profit à faire de cette histoire…
La naïveté de son protégé sera sans limite ! »
IMPRIMEZ CET EMAIL ET RECHAUFFEZ LA PLANETE,
OU BIEN TELEPHONEZ ET RECHAUFFEZ-NOUS LES OREILLES !
A l'Espace Saint-Cyprien, Toulouse, les 24,25 et 26 février.
![1 2 3 en scene le prix de la lib chap rouge copie[1].jpg](http://delitdepoesie.hautetfort.com/media/00/00/247288568.jpg)
Cie Les Extras
Contact : 06 23 25 03 40
Email : marioextras@gmail.com
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30.01.2010
Carnetd d'Eucharis n°19

EXTRAITS La fenêtre du wagon André Pieyre de Mandiargues Le lis de mer
PHOTOGRAPHIE Frédérico Alagna FRA DELRICO Artiste CoExtensif
&
NATHALIE RIERA Staccato Morendo (version sonore) sur le site Œuvres Vives
POESIE AVEC Florence Nöel Petit dégradé de lumière sur mosaïque d’herbes hautes
&
LES CAHIERS DE GARLABAN Mémoire sans tain Jean-Luc Pouliquen
Plossu cinéma à la galerie La Non-Maison & au FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille
&
DU CÔTÉ DE CHEZ… JAMES JOYCE Ulysse (nouvelle traduction)
&
VIENT DE PARAITRE La chambre anéchoïque Loyan Clarisse éditions & Loques (une élégie) Dominique Quélen Fissile éditions
NOTE DE LECTURE de Loyan … CHRISTOPHE MANON Univerciel
&
PAR AILLEURS ………………….. REVUE NOUVEAUX DELITS – Cathy garcia - N°35
téléchargeables au format pdf
&
consultables sur la plateforme Calaméo depuis janvier 2010
nathalieriera@live.fr
■ LES CARNETS D’EUCHARIS N°19
SUR CALAMEO http://fr.calameo.com/read/000037071d8d84eb943cf
12:14 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.01.2010
Patrice Maltaverne à Nantes
22:03 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le baiser de Kahi

Baiser-lumière
Il y aurait cette lumière
blanche, crue
à l’éblouie dans nos yeux nus…
Cette lumière des origines
venue des galaxies
à des milliers d’années-lumière,
peindrait, de ses pinceaux obliques
un doux fouillis d’hiéroglyphes
sur nos peaux d’incendie
Nos bras, nos jambes, en corbeille
nos cous, les plumes de nos têtes
toutes nos courbes entrelacées
serpenteraient en sinueux sentiers
d’enluminures balisés
jeux de marelle éclaboussés
de vierge lumière en quête
d’éternité
Les zones d’ombre ne seraient plus
que repos, niches de lumière
Nous serions…
chair offerte
vie ouverte
en kaléidoscope
la première mosaïque du monde
Le baiser extatique
nectar d’ambroisie
de notre bouche unique
mutique
unirait
à jamais
l’amour et la lumière
Ce serait le dernier…
Ce serait le premier !
Nicole Hérault
3 mai 2009
Sur une illustration de Cathy Garcia, le baiser de Kahi
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Syto Cavé, Haïti
envoyé par Gerald BLONCOURT
Syto Cavé est né le 7 août 1944 à Jérémie (Haïti). Après les études au Petit Séminaire-Collège Saint-Martial et au lycée Pétion à Port-au-Prince, il hésite entre des études de droit et de sciences économiques. Influencé par Gabriel Imbert, Cavé s'inscrit de préférence au Conservatoire d'Arts dramatiques à Port-au-Prince. Il y reste quatre ans où il fait ses premiers pas dans les arts dramatiques. Avec Charles-Alexandre Abellard et François Latour, Cavé fonde la Société des Messagers de l'Art, un groupe qui fait des lectures de poésie et du théâtre (français et haïtiens), sur scène et à la radio.
En 1968, Syto Cavé s'exile aux États-Unis avec sa femme, l'écrivaine et peintre Yanick Jean, et s'installe à New York où il reste jusqu'en 1982. Les années newyorkaises sont marquées par plusieurs activités professionnelles. Il occupe, parmi d'autres, un poste dans le programme d'éducation bilingue de la ville. Avec d'autres Haïtiens en exil – Georges Castera, Jacques Charlier, Hervé Denis, Daniel Huttinot, Josaphat-Robert Large et Jean-Marie Roumer – il fonde la troupe de théâtre Kouidor. Pendant une dizaine d'années, cette troupe expérimentale et politisée fera des mises en scène dans diverses universités et salles (e.g., Columbia University, Brooklyn Academy of Music), jouant un répertoire allant de Brecht à Kateb Yacine, d'Ionesco à Césaire. Kouidor est présente à de nombreux festivals, en Martinique, Guadeloupe, France, au Canada et au Festival Latino-américain – participant avec, parmi d'autres, le Living Theatre, Augusto Boal et Gato Barbieri. La troupe explore de nouvelles formes de théâtre.
Syto Cavé est de retour en Haïti en 1982, rejoignant sa deuxième épouse, Régine Charlier. Avec Cayotte Bissainthe, Hervé Denis, Lyonel Trouillot et Pierre-Richard Narcisse, Cavé fonde l'Atelier des Arts et Spectacles (ADASA) à Port-au-Prince en 1983. En 1989, il fonde la compagnie théâtrale Vigie, avec Toto Bissainthe.
Syto Cavé a en son nom plus d'une douzaine de pièces pour la scène, en créole et en français. Elles continuent à être jouées en Haïti, aux États-Unis, en France, en Martinique et en Guadeloupe. En plus d'écrire et de mettre en scène ses propres pièces, il réalise des mises en scènes des œuvres d'autres auteurs, tels que Simone Schwarz-Bart (Ton beau capitaine, 1985-86), Ina Césaire (Rosanie-Soleil, 1987-88) et Claude Innocent (Ce fou d'empereur, 2000). Il vit à Pétion-Ville, où il continue à se consacrer au théâtre et à l'écriture.
Voir : http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/cave.html
11:51 Publié dans RÉSONANCES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.01.2010
Répression au Bangladesh
Pétition en ligne : http://cht-global-voices.com/contens/sign/index.php
Un an après la promesse du gouvernement bangladais de mettre fin à la persécution des peuples indigènes du pays, des rapports nous parviennent qui font état de nouveaux abus. Signer la pétition en ligne demandant au gouvernement d’appliquer pleinement l’Accord de paix de 1997 conclu avec les Jumma. Plus d'infos surles Jumma des Chittagong Hill sur le site de Suvival International : http://survivalfrance.org/peuples/jumma
19:58 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.01.2010
Chos'e numéro 2
J'ai mis les pieds dans la Chos'e numéro 2 et bon, déjà le poulpier (le poule-pied, le poulpe y est - hein Jean-Marc ?), pour parler de moi (d'abord) et puis c'est copieux, ça colle bien aux semelles, c'est emberlificotant et surtout y'a de belles couleurs et puis y'a plein de copines et de copains, ha non c'est quelque chos'e, faut aller voir :
http://fr.calameo.com/read/000036710e78a571ff259
et si on veut s'abonner gratuitement, faut écrire au monsieur : henry.chiparlart@wanadoo.fr
14:57 Publié dans QUOI DE NEUF? QUE FOUS-JE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2010
Honneur et respect pour Haïti
| Anne Cauwel
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| La catastrophe qui frappe Haïti a soulevé un élan de solidarité impressionnant à l’échelle mondiale. Cela est bon : la solidarité c’est la tendresse des peuples ! Et l’aide d’urgence est indispensable, quand tout manque - à commencer par l’eau potable -, quand on ne parvient même pas à enterrer les dizaines de milliers de morts…et quand le chaos occasionné par le tremblement de terre vient s’ajouter à une réalité quotidienne déjà marquée par la pénurie d’eau potable et par la faim pour l’immense majorité du peuple haïtien.
Mais cette aide s’accompagne d’un discours tenu par tous les médias et les gouvernements occidentaux qui est une offense à Haïti et qui laisse présager le pire quant aux principes qui régiront la reconstruction du pays. On nous rabâche à longueur d’antenne et d’articles ce qui caractériserait Haïti : pauvreté extrême, délinquance et violence, proximité avec la France qui fait tout pour aider ce pays francophone. Enfin, Haïti, éprouvée il y a deux ans par quatre ouragans dévastateurs et aujourd’hui par ce séisme, serait frappée par une malédiction ! Quand on est maudit, c’est qu’une puissance divine vous punit : on doit être bien criminel pour attirer pareil châtiment !
Ne faudrait-il pas commencer par se demander pourquoi Haïti est si pauvre ?Haïti colonie française jusqu’à la fin du XVIIIème siècle -alors appelée Saint Domingue et surnommée « la perle des Antilles »- a fait, grâce aux denrées qui y étaient produites au premier rang desquelles le sucre, la richesse de la France. Plus de 400 000 noirs travaillaient pour 30 000 propriétaires français. Les conditions de l’esclavage étaient si atroces que l’espérance de vie des esclaves ne dépassait pas 9 ans et que par conséquent la majorité d’entre eux étaient des « bossales » directement venus d’Afrique. Lorsque ces esclaves se soulèvent contre leurs bourreaux et la puissance coloniale, leur chef Toussaint Louverture est emprisonné par les Français et meurt dans une prison glaciale du Jura ; Napoléon envoie son armée pour mater la révolte. Le général Leclerc, son beau-frère, dirige l’expédition et écrit à l’empereur : « Voilà mon opinion sur ce pays : il faut supprimer tous les nègres des montagnes, hommes et femmes, et ne garder que les enfants de moins de douze ans, exterminer la moitié des Noirs des plaines, et ne laisser dans la colonie aucun mulâtre portant des galons. » (1) L’armée française est défaite : en 1804, Haïti devient un état indépendant. C’est la première et l’unique fois dans l’histoire de l’humanité que des hommes et des femmes soumis à l’esclavage furent capables à la fois d’abolir l’esclavage, de rendre leur pays indépendant, de le défendre contre une armée réputée invincible et de mettre fin aux structures coloniales. La révolution haïtienne fut et demeure un exemple pour les peuples opprimés : antiesclavagiste, anticoloniale, dès l’indépendance elle offre sa solidarité à ceux qui luttent pour libérer leurs propres peuples : le Venezuela, Cuba, le Mexique et la jeune république des Etats Unis (où l’esclavage perdurait) reçoivent l’aide d’Haïti pour leur propre émancipation du joug colonial ou de l’esclavage. Considérée comme un exemple hautement dangereux pour les autres peuples, Haïti fut soumise à un long blocus international. Et elle fut lourdement châtiée, non par un quelconque dieu, mais par la France : alors qu’elle avait été dévastée par la guerre contre la France où un tiers de sa population avait péri et où toutes les infrastructures avaient été détruites, en 1825
En 1971, Bébé Doc avait succédé à son père: alors que le pays produisait son alimentation jusqu’à cette époque, il fut investi président par le Département d’État pour lancer les politiques qui allaient mettre fin à la souveraineté alimentaire d’Haïti, avec l’intervention du FMI et de la Banque mondiale. A titre d’exemple : tous les porcs « créoles », base de l’économie de toute unité familiale rurale, furent abattus par un organisme spécialisé pour enrayer la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti –ce dont aucune preuve ne fut apportée-. Cet organisme haïtien d’élimination des porcs opérait à l’instigation des Etats Unis via la BID (Banque Interaméricaine de Développement) et avec la complicité d’autres pays tels le Canada. Les Etats Unis, en inondant le marché haïtien de riz subventionné dont le prix était inférieur au prix du riz produit localement ont brisé la filière nationale de production de riz. Il en a été de même de tous les produits agricoles de base, de sorte que le dumping des denrées nord-américaines subventionnées par l’État nord-américain pour détruire la production locale qui n’a ni subventions ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place. Victime de cette concurrence déloyale, Haïti est devenue le réceptacle des produits alimentaires de mauvaise qualité des Etats-Unis. Il faut se demander pourquoi les Etats Unis se sont livrés à cette destruction délibérée de l’agriculture haïtienne au cours des quarante dernières années : au-delà de l’intérêt à disposer d’un marché pour ses produits, intérêt fort relatif au demeurant vu le pouvoir d’achat limité des Haïtiens, a primé le besoin qu’avaient les Etats Unis d’installer des entreprises d’assemblage dans un pays proche de façon à approvisionner le marché nord américain. Les « maquilas » sont massivement installées au Mexique dans la région frontière avec les USA ; elles le sont également en Haïti. Tout a donc été fait pour disposer dans ce pays d’un réservoir de main d’œuvre réduite à l’oisiveté suite à l’exode rural et prête à accepter n’importe quels salaire et conditions de travail. La voie de l’émigration est pratiquement bloquée et l’on sait combien l’émigration clandestine sur des embarcations de fortune est meurtrière. Des dirigeants haïtiens se sont flattés du résultat de cette politique, qui constitue pour eux l’avantage comparatif d’Haïti dans la compétition mondiale: elle place la main d’œuvre haïtienne parmi les moins chères du monde. Tout au long de la frontière avec la République dominicaine et dans la capitale se sont donc développées ces entreprises d’assemblage. L’année 2009 a été marquée par de longues luttes ouvrières, relayées par les étudiants, pour obtenir une augmentation du salaire minimum : le président Préval s’est lui-même impliqué fortement dans ce débat pour éviter l’augmentation de ce salaire minimum initialement votée par l’assemblée nationale ; il faut dire qu’il subissait la pression de chefs d’entreprise menaçant de fermer leurs usines au cas où les salaires augmenteraient. Il nous faut terminer cette revue de l’histoire de deux siècles où la misère d’Haïti est fabriquée par les grandes puissances qui ont continué à faire payer à ce pays de noirs son audace anticoloniale. En 1991, au cours des premières élections démocratiques que connaît Haïti, est élu le prêtre Aristide, issu de la théologie de la libération. Il est renversé par un coup d’état neuf mois plus tard. Il reviendra à la présidence en février 2001, non sans un passage par les Etats Unis qui rend à Haïti un personnage qui n’a plus grand-chose à voir avec le président qui avait soulevé tant d’espoir dix ans plus tôt. Pourtant, à l’approche de la célébration du bicentenaire de la Révolution, Aristide a l’audace de réclamer à la France réparation du tort qu’elle a causé à Haïti en demandant la restitution de la somme qui lui fut extorquée au siècle précédent. La réponse ne se fit guère attendre : en 2004, Aristide fut à nouveau renversé par une expédition militaire menée par les Etats Unis, la France et le Canada. Enlevé manu militari, il fut expulsé et vit depuis lors en exil en Afrique du Sud. L’expédition a fait place à une occupation militaire déguisée en mission de paix : la MINUSTAH, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. Déployée depuis juin 2004, son mandat a été récemment prolongé à la demande du président Préval. Alors qu’elle est composée de près de 9000 hommes -dont d’importants contingents de Brésiliens, Argentins, Chiliens et des contingents moins nombreux de Guatémaltèques, Boliviens et Equatoriens-, seuls 2 des 20 membres de l’Etat Major sont sud-américains et les Etats Unis contrôlent le renseignement militaire. Cette « intervention sous-traitée par les Etats-Unis », selon l’expression du Prix Nobel de la paix l’argentin Adolfo Esquivel, est pour les Haïtiens le symbole de la perte de l’indépendance nationale. Qui a visité Haïti sait que la majorité de la population haïtienne ressent la présence de la MINUSTAH comme une offense. La tension s’est aggravée quand les 114 soldats du Sri Lanka, accusés de viols de femmes et d’adolescentes, ont été rapatriés. Ils ont bien sûr bénéficié d’une totale impunité.
Alors, qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’une quelconque malédiction ! La pauvreté d’Haïti n’est pas tombée du ciel, elle a été fabriquée au cours de deux siècles d’interventions étrangères, elle a été l’œuvre délibérée de grandes puissances au premier rang desquelles figurent la France et les Etats Unis. Les Français d’aujourd’hui doivent connaître l’histoire tragique des relations entre la France et Haïti, le rôle que la France, directement et à travers les Institutions financières internationales, joue dans le maintien et l’aggravation de la misère d’Haïti. Patrick Poivre d’Arvor, au titre d’ambassadeur de l’UNICEF, ose écrire dans le Figaro du 15 janvier : « c’est un des peuples…les plus maudits par l’histoire. Mais il n’est pas responsable de cette histoire là. Le peuple français non plus ». Ce ne sont pas là d’innocentes âneries, mais l’expression de la pensée unique à l’œuvre sur Haïti. Nous ne pouvons pas oublier que l’extrême précarité de la situation sociale haïtienne, d'où dérive réellement la dimension gigantesque de la présente catastrophe, est le résultat de deux siècles de colonialisme violent, d'interventions militaires et de pillage qui ont amené Haïti à recevoir le triste titre de " pays le plus pauvre de l'Amérique". Cette situation a été aggravée au cours des deux dernières décennies avec l'application sauvage des programmes d'ajustement néolibéral dans l'économie et la société haïtienne, avec le maintien d'une dette extérieure illégitime qui épuise les ressources de la nation, avec la dévastation de l'environnement et de l'agriculture et avec l'imposition des intérêts des compagnies transnationales. Voilà deux siècles que l’histoire d’Haïti est le symbole du racisme et de l’anti-humanisme blanc, exprimé sans ambages par le président Jefferson au XIXème siècle quand il évoquait « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » L’uruguayen Eduardo Galeano l’écrivait déjà en 1996 : « L’histoire de l’acharnement contre Haïti, qui de nos jours prend des dimensions tragiques, est aussi l’histoire du racisme dans la civilisation occidentale » (2).
Il est nécessaire ici de rappeler que la position géostratégique d’Haïti dans la mer des Caraïbes fait de son contrôle un élément essentiel de la politique nord-américaine dans la région. La catastrophe qui frappe Haïti fournit une occasion rêvée aux Etats Unis d’exercer ce contrôle.
On ne peut non plus manquer d’être choqués du mensonge par omission de nos médias : apparaissent chaque jour à l’écran un médecin français, ou canadien ou nord-américain. Leur dévouement est magnifique. Mais pas un mot et pas une image de l’aide apportée par Cuba à Haïti. Or elle est sans commune mesure avec l’aide des pays occidentaux et n’est pas seulement donnée dans l’urgence : elle a commencé il y a plus de dix ans à la suite de l’ouragan Mitch. Les 100 premiers médecins cubains sont arrivés en Haïti fin 1998. Des centaines d’Haïtiens étudient à Cuba avec des bourses. Près de 400 médecins et personnel de santé cubains travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Le Venezuela et Cuba ont un programme commun de coopération pour monter en Haïti dix centres de santé (appelés centres de diagnostic intégral) : les quatre premiers, déjà installés, dispensent une assistance médicale gratuite et de qualité à des milliers d’Haïtiens. Cuba a envoyé à la suite du tremblement de terre son Contingent international de médecins spécialisés dans les situations de désastres et d’épidémies baptisé Henry Reeve formé de 152 médecins. Pourquoi nos médias passent-ils sous silence la solidarité de ce petit pays de la Caraïbe, d’autant plus exemplaire que Cuba est un pays appauvri par un blocus d’un demi-siècle et par les ouragans qui l’ont durement frappé en 2008?
Je voudrais enfin récuser absolument cette réputation de violence qui est faite aux Haïtiens. La délinquance n’est d’ordinaire pas plus forte à Port au Prince que dans les autres grandes villes du Sud. Hors de la capitale, on vit plus en paix en Haïti que dans bien des pays. Il n’est jamais rien arrivé de mal aux médecins cubains dispersés dans le pays. Les chaînes de télévision montrent à plaisir des images de pillages dégradantes pour Haïti: n’est-il pas légitime, quand on est depuis plusieurs jours sans eau et sans nourriture, d’aller les chercher là où on peut les trouver, quand plus rien ne fonctionne normalement ? Qui vit en Haïti sait à quel point la dignité des Haïtiens est blessée par l’image fausse qu’on présente d’eux. Cette image s’est renforcée depuis le tremblement de terre : misère, chaos, délinquance et incapacité de résoudre leurs propres problèmes. Qui vit en Haïti sait aussi à quel point ce peuple est dans la vie quotidienne doux, hospitalier, bienveillant, courageux, travailleur, créatif. Ce pays fourmille de poètes, de déclamateurs, d’écrivains, de peintres, de sculpteurs, comme si créer de la beauté était la seule dignité de ceux à qui l’on a tout pris, la seule échappatoire à la laideur de la misère. Par ailleurs, il n’est pas un illettré haïtien qui ne connaisse et ne tire fierté de l’histoire de son pays.
Ce peuple fait aussi face avec un courage et un optimisme rares aux épreuves successives qui l’accablent. Le 16 janvier, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro, au cours du rassemblement pour rendre hommage aux victimes du tremblement de terre et pour se recueillir, les Haïtiens sont venus dire qu’ils n’étaient pas un peuple maudit, mais un peuple vaillant qui se relèvera de ses cendres.
Comment exprimer notre solidarité avec le peuple haïtien ?
Enfin être à l’écoute des demandes de la société civile haïtienne et leur répondre. Le directeur de la PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) a fait parvenir le 14 janvier une première information dont je reprends l’essentiel de la partie concernant la « SOLIDARITE STRUCTURANTE » qu’appelle cette plateforme d’organisations populaires :
a) Vaincre l'analphabétisme (45 % de la population) PAPDA propose enfin d’en finir avec la MINUSTAH et de construire des brigades de solidarité de peuple à peuple. Que chacun et chacune de nous se mobilise !
Notes: (1)cité par Michel Collon dans « les sept pêchés de Chavez » (2)Galeano « los pecados de Haiti » Envoyé par l'auteur pour michelcollon.info |
21:39 Publié dans RÉSONANCES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Réadmiration
VIDEO "Cul et Chemise Production"
http://www.sistoeurs.net/spip.php?article582
http://www.sistoeurs.net/spip.php?article583
et il y en a et en aura d'autres
avec des textes des Sistoeurs, dont moi-même, Sistoeur Cathy.
15:12 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.01.2010
Soirée Dlc à Quimper
L'association Editions et compagnie dlc est heureuse de vous convier
à la soirée du mardi 26 janvier 2010 au bar "Les coulisses" à Quimper.
Alain Le Gall, auteur et compositeur, présentera une mise en voix et en musique de son recueil
"Résurgences fragmentaires" publié chez dlc.

13:53 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pour la sauvegarde des abeilles exigeons l’interdiction de tous les néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques et systémiques...
Lire et signer la pétition ici :
http://www.apipro-ffap.fr/sapb/spip.php?article21
Pétition lancée le 14/01/2010 par le SAPB : Syndicat des Apiculteurs Professionnels de Bretagne et soutenue par la FFAP : Fédération Française des Apiculteurs Professionnels
Apiculteur, un métier gravement menacé
: chaque année au moins 30% de pertes de cheptel !! Quel éleveur le supporterait financièrement et psychologiquement ?
Une des raisons principales :
les pesticides tel l'imidaclopride, molécule présente notamment dans le Gaucho, que l’on retrouve partout à des doses suffisantes pour causer dans le temps, des effets néfastes chez l’abeille1
.
Depuis 2008 s'est rajouté le thiaméthoxam, matière active du
Cruiser, un insecticide classé dangereux pour l’environnement, dangereux pour les abeilles
, les oiseaux, les mammifères sauvages, et très toxique pour les organismes aquatiques.
Avant qu’il ne soit trop tard
:
Exigeons l’interdiction de tous les néonicotinoïdes,
insecticides neurotoxiques et systémiques car :
ils tuent quotidiennement les abeilles
, quelques milliardièmes de grammes suffisent !2
ils rendent les ruches orphelines.
3
ils rendent les abeilles vulnérables aux maladies et parasites divers.
4
ils polluent gravement notre eau
, les 0,64mg de thiaméthoxam qui pellicule un seul grain de maïs suffisent à rendre non potable une cuve de 5000l d’eau (100 000 grains semés à l’ha) ! 5
ils constituent un tragique recul à l’heure où l’on parle tant d’environnement :
Les doses sont 100 fois plus faibles mais la toxicité est multipliée par plus de 5000 !
6
Ce sont des
produits systémiques : présents dans la sève, le pollen, le nectar, ils tuent même les insectes non ciblés. Mais aussi très persistants
, ils polluent durablement l’eau, l’air et les sols.7
Ce sont les nouvelles armes des multinationales de l’agrochimie pour contrôler l'agriculture :
Plus sournoises
: les graines sont pelliculées à l’usine…l’agriculteur n’a plus à sortir son pulvérisateur et a l'impression de moins polluer, mais finalement c’est l’inverse qui se produit…
Plus rentables
: les traitements sont devenus systématiques, utilisés même en l’absence de parasite, garantissant un potentiel de surface aux fabricants, et donc des ventes beaucoup plus importantes.
8
Incontournables
:
elles rendront l’agriculteur encore plus dépendant de l’industrie chimique, car toujours plus de variétés ne seront proposées qu’en semences traitées.
Refusons le contrôle de la chaîne alimentaire mondiale par quelques firmes
9
.
Exigeons une agriculture durable et plus éthique :
Qui respecte l’environnement et protège notre santé, de l’agriculteur au consommateur.
10
Qui permette aux producteurs de satisfaire la demande du marché en produits sains.
11
Qui soit compatible avec l’apiculture et aussi avec le tourisme, la conchyliculture…
Qui favorise les installations sur des structures familiales et non la confiscation du foncier par les firmes.
Qui cesse d’affamer les pays pauvres à l’autre bout de la planète.
Syndicat des Apiculteurs Professionnels de Bretagne :
http://www.apipro-bretagne.net/
Fédération Française des Apiculteurs Professionnels :
http://www.apipro-ffap.net/
1
Dans le cadre de son Enquête Multifactorielle Prospective entre 2002-2005, l’AFSSA Sophia/ Antipolis constate la contamination généralisée et récurrente par l’imidaclopride des ressources végétales, tant cultivées que spontanées.
2
Des effets sublétaux ont été constatés à des doses inférieures au ng d’imidaclopride par abeille (1nanogramme = 1 milliardième de gr.). Des études de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) ont même démontré des effets chroniques létaux après 10 jours, pour une dose toxique journalière de 0,001 ng.
Avec une alimentation contaminée par le thiamétoxam les abeilles mettent plus de temps à revenir à la ruche. A la dose de 3 ng/ab, 25% des abeilles ne sont pas revenues, après 30 mn…et ne reviendront plus (Etude Dr Luc Belzunces sur le temps de retour des abeilles).
3
«Aux doses non létales, la plupart des insecticides neurotoxiques ont un effet sur la reproduction des insectes. Ces effets se manifestent essentiellement par des modifications du potentiel biotique des espèces. Dans la grande majorité des cas, la fécondité-fertilité est réduite…es modifications sont probablement à mettre en rapport avec des perturbations des régulations endocrines et neuroendocrines..» M. Echaubard, INRA
4
L’abeille contaminée par l’imidaclopride va plus difficilement se défendre contre la nosémose (Jean Luc Brunet, INRA).
Bayer nous précise dans un document sur les termites « les faibles doses d’imidaclopride désorientent les insectes et provoquent l’arrêt du comportement naturel de nettoyage. L’imidaclopride interfère dans le comportement social, contribuant ainsi à la mort des insectes. L’imidaclopride fait que les insectes succombent aux maladies de manière naturelle…»
5
Le pelliculage d’un grain de maïs traité Crusier à 0,64mg de thiaméthoxam dissous dans une cuve de 5000 litres d’eau, donne une contamination de 0,126 microgramme/litre, soit au dessus de la norme européenne de 0,1 microgramme/litre pour l’eau potable. Le thiaméthoxam est hyper soluble dans l’eau (jusqu’à 5gr/litre d’eau). Semé à 100 000 grains/hectare, le potentiel de contamination d’un hectare de maïs Cruiser correspond donc à la contamination potentielle d’un demi-milliard de litres d'eau à 0,126 microgrammes/litres. Une partie de ce thiaméthoxam arrivera inéluctablement à votre robinet ! Quel est aussi l'impact d’un tel poison sur les vers de terre et la flore microbienne du
sol ?
| 6 Pesticides, toxicité pour l’abeille selon les molécules (Dr. JM Bonmatin – CNRS – France) Pesticide
| DDT
| Amitraze
| carbofuran
| deltamétrine
| thiaméthoxam
| fipronil
| clothianidine
| imidaclopride
| |||||||
| Marque
| Dinocide
| Apivar
| Curater
| Décis
| Cruiser
| Regent
| Poncho
| Gaucho
| |||||||
| Utilisation
| insecticide
| i/acaricide
| insecticide
| insecticide
| insecticide
| insecticide
| insecticide
| insecticide
| |||||||
| DL50 ng/ab
| 27 000,00
| 12 000,00
| 160,00
| 10,00
| 5,00
| 4,20
| 4,00
| 3,70
| |||||||
| Toxicité par rapport au
DDT | 2 fois +
| 169 fois +
| 2700 fois + | 5400 fois + | 6475 fois + | 6750 fois + | 7297 fois + | ||||||||
11:51 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.01.2010
NOUVEAUX DELITS Numéro 35

2010, Odyssée de la femme.
L’envie de faire un numéro essentiellement féminin m’est venue sans rapport avec le printemps des poètes, mais les idées flottent peut-être dans les airs comme le pollen. Cette idée était déjà là depuis un moment parce que je m’étais rendu compte d’un certain déséquilibre. En poésie comme à la sécurité sociale, les femmes sont secondaires, les femmes sont n°2. Déjà être poète n’est pas très bien vu et encore moins entendu, mais alors poète ET femme, c’est dire le cumul de tares. Je ne suis pas féministe, ne suis pas non plus antiféministe. Je suis une femme qui questionne l’Homme.
Je préfère parler en termes de valeurs non opposables mais subtilement entrelacées. Certaines femmes sont de grosses brutes, certains hommes de fines fleurs. Là n’est pas la question.
La question pour moi est : parmi les hommes et les femmes où se situe l’Humain ?
J’aime la vision taoïste des énergies. Leur harmonisation par une juste et souple compréhension de ce qui EST. Nos sociétés souffrent d’un excès de yang, il faudrait leur insuffler un peu de yin. Mais les femmes ne sont pas uniquement yin, vous allez vous en rendre compte au fil de ces pages.
Les poètes, mâles ou femelles, sont des équilibristes de nécessité humaine.
Je vous souhaite une année de plus sans tomber du fil et de grandes et vastes respirations.
Je nous souhaite à tous un brin de sagesse supplémentaire.
CG
Rebecca West (1913)
AU SOMMAIRE
Délit métropolitain : Metropolis song de Gaëlle Josse (Yvelines)
Délits de poésie éparpillés :
Cristina Castello (Argentine), poèmes de son recueil tout frais Orage/Tempestad
Nathalie Riera (Var), extraits d’un recueil tout frais lui aussi, ClairVision
Cathy Garcia (Lot), nouvel extrait des Chroniques du hamac
Délit tramé : Beb Kabahn (Pyrénées-Atlantiques)
Délits en morceaux de choix avec Jany Pineau (Loire-Atlantique) et Marlène Tissot (Drôme)
Illustratrice : Cathy Garcia
http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfo...

Nous ne sommes plus antiques et vestales
Nous ne sommes plus obéissantes en jupon
Nous ne sommes plus épouses du Seigneur
Nous ne sommes plus gainées de dentelles barbelées
Nous ne sommes plus livides dans un bain de sang
Nous ne sommes plus vos béquilles de vair
Nous ne sommes plus naïves dans le duvet
Nous ne sommes plus nues sur le papier glacé
Nous ne sommes plus découpées en rondelles assemblables
Nous ne sommes plus muettes et domestiques
Nous ne sommes plus timides et nubiles
Nous ne sommes plus excisées du réel
Nous ne sommes plus issues de la côte biblique
Nous ne sommes plus des jeunes filles sages.
Anne Archet
in Ode à mes sœurs

Notre belle langue française : une langue de pute ?
Un gars : c'est un jeune homme
Une garce : c'est une pute
Un courtisan : c'est un proche du roi
Une courtisane : c'est une pute
Un masseur : c'est un kiné
Une masseuse : c'est une pute
Un coureur : c'est un joggeur
Une coureuse : c'est une pute
Un rouleur : c'est un cycliste
Une roulure : c'est une pute
Un professionnel : c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle : c'est une pute
Un homme sans moralité : c'est un politicien
Une femme sans moralité : c'est une pute
Un entraîneur : c'est un homme qui entraîne une équipe sportive
Une entraîneuse : c'est une pute
Un gagneur : c’est un battant
Une gagneuse ; c’est une pute
Un homme à femmes : c'est un séducteur
Une femme à hommes : c'est une pute
Un homme public : c'est un homme connu
Une femme publique : c'est une pute
Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile : c'est une pute
Un homme qui fait le trottoir : c'est un paveur
Une femme qui fait le trottoir : c'est une pute
Un péripatéticien: c'est un élève d'Aristote
Une péripatéticienne: c'est une pute
Nouveaux Délits - Janvier 2010 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Imprimé sur papier recyclé
17:43 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2010
Nous poètes ratés
de Fabrice Marzuolo
Parfois on écrit pour se donner des idées. Le pire. Alors on n’écrit plus pendant un bon moment. On attend les jours plus mauvais, c’est toujours possible.
(Histoire de cas ou le cabinet d’écriture : j’ai envie d’écrire mais rien ne vient. Situation aussi pénible que lorsque j’ai envie de faire et que je n’y arrive pas. Mais quand j’y parviens, si le résultat est dans les deux cas semblable, le soulagement n’opère que dans un seul cas.)
Si on connaît la date des soldes, le résultat du match de foot, le palmarès des meilleures ventes de portables alors on a déjà plus de raisons d’écrire que n’importe quel poète.
Parfois on écrit pour tuer l’ennui qui survient avec le manque de pouvoir d’achat. On fréquente les ateliers d’écriture où on apprend à tailler des phrases de prisonnier à vie.
On continue d’écrire un poème qui ne tient même pas la place d’un fait divers. Rien.
On pourrait s’unir, tous ceux qui sont effacés à mesure…Ceux qui ne correspondent jamais à ce que les éditeurs recherchent…On pourrait s’unir mais pas sûr qu’on se supporte longtemps.
On sauterait de joie sur nos bonnes mines.
On continue d’écrire parce qu’on a ouvert un journal, lu qu’un type a tué ses enfants, qu’un autre s’est pendu, qu’il a brûlé sa maison, qu’avant il a étranglé sa femme. Qu’une autre est devenue reine de Roland Garros, on lit aussi le succès du réveillon des seniors et des personnes seules –auquel pourtant on n’était pas.
On n’écrit plus, on reste les mains dans les poches. Et on écrit à nouveau parce que c’est moins éprouvant en définitive que de regarder la télévision non stop.
On écrit car on essaye d’être poète. On écrit et les autres vous répondent : non !
Parfois on lit les poètes des oui ! (ceux qu’on entend) A travers eux, on essaye de comprendre le non à soi. Puis on rature ce qu’on a écrit. Parfois on ne rature même plus, directement on déchire les feuilles. Il n’y a plus rien. Il n’y a jamais rien eu ou le poète tu.
On n’écrit plus. On marche sans trop réfléchir …Hélas, on a pris le mauvais pli des pensées qui tirent les mots du stylo. Voire le pli des mots qui précèdent les pensées !
Parfois on crache ces mots sur les trottoirs. Les trottoirs qui sont pourtant plus respectables que les pages noircies.
Parfois on écrit encore après avoir arrêté d’écrire. Comme on continue d’avancer quand on a freiné…Il est trop tard.
On continue d’écrire par ennui de tout. Parce que normalement on est mort.
On continue d’écrire parce que les autres font tout pour qu’on arrête d’écrire. Ils nous jettent leur silence, leurs insultes, leur indifférence ou leurs génies à la figure, c’est pareil.
On écrit comme un clodo se pose devant une parfumerie. Pour que le monde se sente avant la parfumerie. Mais le monde aime se sentir bon.
On écrit comme on sort in extremis du cercueil, en époussetant sa veste.
Et plus ils nous taisent plus on écrit. Qu’ils ne nous sans taire ! Tu pues le monde !
On écrit qu’on n’est pas lu dans l’espoir d’être lu. Et plus on écrit qu’on n’est pas lu, moins on est lu (il arrive qu’on écrive pour le plaisir de ne pas être lu sachant que ceux qui ont lu et n’ont pas aimé nos écrits vont réagir comme s’ils ne nous avaient pas lus)
On n’a pas attendu d’écrire pour être rejetés. On écrit comme pour forcer un barrage de police avec des faux papiers comme pour essayer d’entrer par la fenêtre après qu’on nous a claqué la porte au nez. On noircit du papier pour se blanchir.
*****************************
(NdE : bon alors ça va mieux maintenant ?)
22:31 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.01.2010
Oui, le numéro 80 de Cassandre/Horschamp est arrivé
(un bel outil, ma foi, de résistance/invention pour l'art et la culture !
Une revue à soutenir !)

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en librairies et kiosques à partir du 15 janvier 2010
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Sommaire
GRAND TÉMOIN
Stéphane Hessel
CHANTIERS
RÉSISTANCE / INVENTION
Petits ruisseaux et grandes rivières /Entretien avec Danielle Mitterrand
Aminata Traoré, le quartier et le monde par Daphne Bitchatch
Cesar Brie et la Bolivie : Sucre, goût amer par Thomas Hahn
Milin l’enchanteur/Entretien avec Gildas Milin
Balle de match au Toursky par Irène Sadowska-Guillon
Ce que George Orwell nous apprend de nous-mêmes/Entretien avec Sébastien Jeannerot
Le prix de l’homme par Barbara Petit
Désir et morale selon Morder/Entretien avec Joseph Morder
PARIS (TROP DE LUMIÈRE NUIT)
Chronique d’un naufrage annoncé par Valérie de Saint-Do
Ils y avaient pensé… Entretien avec Ricardo Basualdo par Valérie de Saint-Do
Un arpenteur à La Chapelle/Entretien avec Constantin Petcou
Paroles de riverains/Micro-trottoir à Stalingrad
Une croissance contrariée ?/Entretien avec Frédéric Fisbach
« En ces temps congelés… »/ Nicolas Klotz
Quelques divagations autour d’un Centquatre dans la tourmente par Jacques Livchine
Les Métallos : Repartir du bon pied… par Raoul de Bonair
Que 100 fleurs s’épanouissent par David Langlois-Mallet
Théâtre Silvia-Monfort/Bain de jouvence/L. de Magalhaes et S. Ricordel / Paroles sur le vif
La Villette renoue-t-elle avec le scandale ? par Marc Gauchée
Brèves chantiers
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HORSCHAMP
LIBRES ÉCHANGES
Contre le simulacre/Entretien avec Martin Crimp
CHRONIQUE DU THÉÂTRE ORDINAIRE
« Désolés, on ne peut pas subventionner les cris »/Bruno Boussagol
FIL D’ARIANE
Théâtre permanent d'Aubervilliers/ Le théâtre comme art martial par Samuel Wahl
SI LOIN SI PROCHE
Colombie noire / Thomas Hahn
Notes en marge
par Valérie de Saint-Do
VILLES ET FESTIVALS
L’automne après Crombecque/Entretien avec Marie Collin
Buenos Aires vue du sous-sol/Entretien avec Jean-Marie Broucaret
HÔPITAL SILENCE!
Quand Europe se réveille… par Marie Limpatiente
ÉCRITS
Rue livre ! /Entretien avec Jean-Georges Tartare
Chroniques par Édith Rappoport, Thomas Hahn, Barbara Petit, Valérie de Saint-Do
DE VISU
Christian Boltanski/Théâtres de l’au-delà par Irène Sadowska-Guillon
Hors-sujet
Points de mire
Petites théories jetables par Jacques Livchine
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Plus un supplément exceptionnel
« Cultures en régions »
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L'équipe de Cassandre/Horschamp
ne renonce pas, mais pour continuer
elle a besoin de vous !
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et dans vos réseaux
Mettez vos informations en ligne sur www.horschamp.org, intervenez sur www.microcassandre.org Abonnez vos amis à Cassandre/Horschamp, la revue art/culture/société.
12:00 Publié dans RÉSONANCES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2010
Survie Info n° 50. Janvier 2010
Actualités
Envoyez vos vœux à votre banquier !
Interrogez-le sur ses activités dans les paradis fiscaux. Les annonces récentes des banques françaises concernant la fermeture de leurs activités, en mars 2010, dans les paradis fiscaux figurant sur la liste « grise » de l’OCDE n’ont en réalité qu’une portée très limitée : cette liste se vide au rythme des « petits arrangements entre amis ». (...) Lire la suite: http://survie.org/francafrique/paradis-fiscaux-et-judicia...
Survie et sa présidente Odile Tobner citées à comparaître pour « injures publiques » !
Fabien Singaye, conseiller spécial du président centrafricain François Bozizé, ex-espion rwandais expulsé de Suisse, cite à comparaître Survie et sa présidente pour « injures publiques » !
Au mois de septembre 2009, Billets d’Afrique publiait une interview de Jean-François Dupaquier, journaliste et expert-témoin auprès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, titrée « Génocide des Tutsi rwandais – L’attentat du 6 avril 1994 ? Une manipulation de A à Z ». Il est question dans cet article de l’enquête à charge du juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière (...) Lire la suite: http://survie.org/francafrique/justice/article/survie-et-...
Il ne suffit pas d’avoir les juges. Il faut encore les lois qui leur permettent d’agir. Communiqué de la Coalition Française pour la Cour Pénale Internationale (CFCPI). 7 janvier 2010
La Coalition française pour la Cour Pénale Internationale (CFCPI) a pris connaissance de l’annonce par M. Kouchner et Mme Alliot-Marie de la création d’un pôle « génocides et crimes contre l’humanité » au tribunal de grande instance de Paris mais demande au gouvernement de faire en sorte qu’elle s’accompagne du vote de la loi adaptant le droit pénal au Statut de la CPI. La CFCPI veut croire les ministres lorsqu’ils écrivent que « la France ne sera jamais un sanctuaire pour les auteurs de génocide, (...) Lire la suite: http://survie.org/francafrique/justice/article/il-ne-suff...
Cameroun : « Libérons Lapiro ! » Des musiciens se mobilisent en faveur d’un chanteur camerounais emprisonné. Communiqué d'Acat-France, Comité de soutien de la diaspora camerounaise pour la Libération de Lapiro de Mbanga, Freemuse, Mondomix et Survie. 5 janvier 2010
Dès maintenant, sur le site de Mondomix, une compilation téléchargeable gratuitement sera offerte à tous les internautes qui signeront la pétition pour la libération du chanteur camerounais Lapiro de Mbanga. Une action soutenue par l’ACAT-France, le Comité de soutien de la diaspora camerounaise, Freemuse et Survie. De son vrai nom, Pierre Roger Lambo Sandjo, Lapiro est un des chanteurs les plus populaires de son pays, (...) Lire la suite: http://survie.org/francafrique/cameroun/article/cameroun-...
Procès en diffamation de Bolloré contre France Inter Ou comment intimider les médias qu’on ne peut pas contrôler ? Communiqué de Survie. 15 décembre 2009
Devant les révélations qui se multiplient sur les pratiques du groupe Bolloré en Afrique, Vincent Bolloré contre-attaque par voie judiciaire. Une manière de prévenir tous ceux des journalistes et militants associatifs, français et camerounais, qui enquêtent sur ses activités africaines ? Ce mardi 15 décembre, France Inter, Lionel Thompson (producteur) et Benoît Collombat (journaliste) sont cités à comparaître pour diffamation publique (...) Lire la suite: http://survie.org/francafrique/justice/article/proces-en-...
A lire
Billets d'Afrique et d'ailleurs n° 187 (Janvier 2010)
Bulletin mensuel d'information alternative sur les avatars de la politique de la France en Afrique, Billets d'Afrique constitue l'un des piliers de la volonté de Survie de mieux informer.
Edito : Un demi-siècle tout mauvais
Le 21 juin 2009 un communiqué de l’Elysée déclare : « La célébration en 2010 du 50ème anniversaire de l’indépendance de quatorze ex-colonies françaises doit être l’occasion de souligner et de confirmer l’évolution des relations entre la France et l’Afrique subsaharienne qui doivent rester privilégiées tout en étant renouvelées, équilibrées et transparentes ».Fort bien ! Hélas, dans le même communiqué on lit également (...) Lire la suite: http://survie.org/billets-d-afrique/2010/187-janvier-2010...
Au sommaire ce mois-ci :
- LES BREVES DE LA FRANÇAFRIQUE
- EDITORIAL. Un demi-siècle tout mauvais
- ANGOLAGATE. le parquet rejoint quasimment la défense de Falcone
- FRANCE. Le coût des opex classé "secret défense"
- MADAGASCAR. La Françafrique dans l'ombre de Rajoelina
- FRANCE RWANDA. Les inquiétudes du Général Lafourcade
- Survie citée à comparaître pour "injures publiques"!
- FRANCE BOLLORE, nouvelle victimes des médias
- Libérons Lapiro: la compilation pétition
- Les gros sabots de Joyandet
Le coût des Opex classé « secret défense » ! Article de Raphaël Granvaud paru dans Billets d’Afrique et d’ailleurs n° 187 janvier 2010
Le coût des opérations extérieures (opex) de l’armée française relève depuis longtemps du flou artistique savamment entretenu. Ça ne s’arrange pas…En fait de coût, c’est le surcoût des opérations (soldes majorées, frais de transport, etc.) qui est traditionnellement évalué, par comparaison avec les dépenses ordinaires des armées restant à domicile. Dans la mesure où l’armée française dans son ensemble, et non plus simplement quelques troupes d’élite, (...)
Lire la suite: http://survie.org/billets-d-afrique/2010/187-janvier-2010...
Agenda
PERPIGNAN http://survielero.blogspot.com/
GRENOBLE http://survie.isere.free.fr/
- Vendredi 15 janvier. 3èmes Rencontres départementales des luttes et de la résistance, stand Survie Isère. Salle des fêtes de Voiron, entrée libre, à partir de 18h30 (Slam) et débat à 20h30 : "De la xénophobie d'Etat et du rejet des exilés...Au rendez-vous des civilisations", en présence de Gilles Lemaire (Commission migrations d’Attac) et Odile Schwertz-Favrat, (Présidente de la Fasti)
- Jeudi 21 janvier. Projection-débat "Kivu : Du Sang dans nos portables", groupe Survie Nord-Isère en partenariat avec : Comité de Jumelage de Villefontaine, Wima, Artisans du Monde, Villefontaine-Ouan, Mali. Salle Coignard (le Vellein), Villefontaine, à 20h30
PARIS http://www.survie-paris.org/
- Vendredi 15 janvier. Rwanda-France : une Histoire complexe. Rwanda, 15 ans après le génocide, là-bas la vie continue mais comment ? avec Marcel Kabanda, président d'Ibuka France et Olivier Thimonier, secrétaire général de Survie, au Ciné 104, 104 Avenue Jean Lolive, Pantin, M° Hoche à 20h
- Samedi 16 Janvier. Projections-débats Noir Coton de Julien Despres et Jérôme Polidor, 2009, 55min, organisé par Attac Paris19/20e, au Café Le lieu Dit, 6 rue Sorbier 20e M° Gambetta, Ménilmontant à 16h30
- Mardi 19 Janvier. Projections-débats Noir Coton de Julien Despres et Jérôme Polidor, 2009, 55min, organisé par Attac Paris 11e, à la Maison des Métallos, 94 Rue Jean-Pierre Timbaud 11e M° Couronnes à 19h30
- Jeudi 21 Janvier. Projections-débats Noir Coton de Julien Despres et Jérôme Polidor, 2009, 55min, organisé par Attac Paris 12e, au Café Associatif "La Commune", 3 Rue d’Aligre 12e M° Gare de Lyon, Ledru Rolin et 19/20e à 20h
TOULOUSE http://survie31.over-blog.com/
- Vendredi 15 janvier. Rencontre avec Sunjata, écrivain, cinéaste et musicien auteur de Kalachnikov blues, éditions Vents d'ailleurs (2009) à la librairie Terra Nova à 19h
- Lundi 25 janvier. Projection débat Le moment de vérité de Pamela Yates sur le rôle de la Cour Pénale Internationale. Animé par Simon Foreman, Avocat, membre du groupe de travail du secrétariat international d’Amnesty sur la justice internationale. Il préside la Coalition française pour la Cour Pénale Internationale. au Cinéma ABC à 19h. Dans le cadre du Festival International du Film des droits de l’Homme. 4 documentaires, 7 projections-débat. Organisé par quatre organisations de solidarité internationale (Amnesty International, CCFD-Terre solidaire, le Secours Catholique et Survie) qui a lieu du dimanche 24 au vendredi 29 janvier
- Mardi 26 janvier. Projection débat The greatest silence : Rape in Congo de Lisa F. Jackson sur le viol utilisé comme tactique de guerre dans les conflits. Animé par Yves Lefort analyste zone des Grands Lacs au Secours Catholique et Vincent Munié, journaliste et réalisateur, membre de Survie au Cinéma ABC à 21h00
- Mercredi 3 février. Conférence-débat A la veille du cinquantenaire des indépendances Espoirs et craintes pour la démocratie en Afrique de l'Ouest - Le cas du Togo présentée par Comi Toulabor, rencontre proposée par Survie 31, le GERCA et So acte à l'IEP de Toulouse à 17h
CARCASSONNE http://survielero.blogspot.com/
- Samedi 16 janvier. Projection débat Une affaire de nègres avec Odile Biyidi, au cinéma Colisée, 9 bd Omer Sarraut à 17h
LILLE
NANTES http://survie44.over-blog.org/
- Vendredi 22 janvier. Projection débat Une affaire de nègres à Bouguenais au cinéma le Baulieu à 20h
BORDEAUX http://surviegironde.blogspot.com/
- Samedi 23 janvier. Emission radio Survie Gironde sur O2 radio à 11h.91.3 FM
- Mercredi 27 janvier. Conférence débat Que fait l'armée française en Afrique? avec Raphaël Granvaud à l'Athénée libertaire à 20h.
HAUTE-SAVOIE
- Du Lundi 25 Janvier au Mercredi 3 Février. Exposition "Madagascar Réalités et résistances" à l'Arande à St-Julien en Genevois
- Vendredi 29 Janvier. Conférence débat "Les relations franco-malgaches passées et récentes" en présence de Jean-Claude Rabeherifar à l'Arande St. Julien en Genevois à 20h30
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13.01.2010
13-14 Février Ecrire en Montagne avec Beb Kabahn
Accompagnés par des propositions issues de différentes techniques en animation
d'ateliers d'écriture, vous expérimenterez l'atelier nomade, l'improvisation poétique
à plusieurs voix, un atelier du crépuscule et de l'aube, un atelier au tambour,
dans le cadre magnifique et hors du temps du hameau de Listo, en vallée d'Ossau.
Il ne s'agit pas d'un atelier de création littéraire mais d'un atelier d'expression
créatrice.
Créer, sentir, marcher, respirer, écouter, écrire, ressentir, entendre, se perdre, lire,
tous niveaux
renseignements: 05.59.71.47.66
http://lateliersansporte.hautetfort.com
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11.01.2010
LES CARNETS D’EUCHARIS N°18

SOMMAIRE………
Extraits Sable mouvant Pierre Reverdy La fonction poétique
PHOTOGRAPHIE Gilles Hutchinson Portraits serrés
&
NATHALIE RIERA Staccato Morendo sur le site Œuvres Vives
POESIE AVEC Sylvie Durbec Marseille, Eclats & Quartiers
&
Matthias Olmeta Galerie du Tableau du 11 au 16 janvier 2010
&
DU CÔTÉ DE CHEZ… FLANNERY O’CONNOR Les Braves gens ne courent pas les rues & autres extraits de Mystère et manières
VIENT DE PARAITRE L’anatomie de la Mélancolie Shelley Jackson Ed. José Corti
&
PAR AILLEURS ………………….. CIP Marseille – RICHARD SKRYZAK La constellation du vidéastre Lecture le 27 novembre 2009
http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/archive/2010/01...
http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/archive/2010/01...
14:50 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2010
Les voeux de Pierre Colin
Bonne année !
Mais au juste, quel est ce monde ? D’où vient ce vent salé, ce sable qui raconte ces milliards de deuil ? Cette vague qui danse, qui s’insurge ?
Tout n’est que course, errance, corps en fuite. A chacun sa tanière où cacher son histoire. Aujourd’hui, c’est l’épée, l’épieu. Demain la hache. Chaque arbre est une guerre. Chaque ombre est une arène. Un mot tranchant comme un silex.
Tout ce qui fait un homme rare, sa parole, sa rage d’inventer un destin vainqueur pour chaque souffle, nous appelle dans les lointains baignés d’émeute et de poussière…
Mais les mots n’ont pas d’heure, les rêves ne pourrissent pas, les symboles ne pourrissent pas, ils changent, il y a du fouillis en nous, il y a de la sève. Car nous sommes la forge et l’enclume de chaque mot.
Ce qui germe alentour, ce sont les langues du bout du monde : encore un pas, tomber, se relever. Eclore encore ! Un oiseau marche dans nos pas. Il a la majesté du vent. Il a le chant des fleuves dans nos membres. Il est cette poussière qui danse dans nos yeux. Adieu l’oubli et la honte des traîtres.
Réintégrons nos rangs, chaque mot recousu à la hâte, perle à perle, debout dans sa parole, il faut marcher dans cette glaise, il faut trouver son nom dans la chair de l’abîme, mes frères de papier, mes sœurs d’encre et de sang, devenir l’incréé, le désir du désir.
Nous sommes de toutes les routes à la fois. La mer est notre rage. C’est pourquoi nous inventons le temps, nous construisons les rêves. Nous cherchons un sourire sur les lèvres, dans un parc au printemps.
Pierre Colin
http://pagesperso-orange.fr/atelier-ecriture-thotm-pierre...
12:17 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.01.2010
Retour en soi
14:21 Publié dans QUOI DE NEUF? QUE FOUS-JE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.12.2009
Survival International : prochain ciné-débat : lundi 4 janvier à 20h
ISHI, LE DERNIER DES YAHIS
de A. Makepace, J. Riffe et P. Roberts, USA, 1993, 57’
En présence de Matthieu Charle, ethnologue, et Daniel Meyers, cinéaste.
Dans les années 1860-1870, la nation indienne des Yahis qui vivait dans le nord de la Californie a été exterminée par les colons venus de l’Est. Pendant plus de 40 ans, Ishi, rescapé du massacre de son groupe, a survécu caché dans les montagnes avec quelques compagnons. Sa réapparition en 1911 stupéfia la société américaine de l’époque.
La Filmothèque du Quartier Latin
9 rue Champollion
75005 PARIS
Tarif : 8 euros
Tarif réduit : 6 euros
18:48 Publié dans PEUPLES PREMIERS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Déchets nucléaires : on risque de les avoir (encore plus) chez soi
| Source : Que choisir janvier 2010 p4 " C'est un arrêté qui était passé inaperçu, remercions la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) de l'avoir dénoncé et attaqué devant le Conseil d'Etat, car il pourrait entraîner une augmentation sensible de notre exposition à la radioactivité. En mai dernier, le gouvernement a publié un arrêté autorisant l'ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction. Depuis les craintes exprimées par Que Choisir sur la question en 2000, lorsque la directive Euratom était en cours de transposition (QC n° 371), on croyait pourtant le risque d'introduction de déchets nucléaires dans les produits grand public écarté. En 2002, en effet, le code de la santé publique a réaffirmé l'interdiction d'ajouter des substances radioactives ou des déchets provenant d'une activité nucléaire dans les aliments, biens de consommation et produits de construction. Mais l'arrêté de mai 2009 autorise des dérogations pouvant conduire à une dissémination de déchets radioactifs. Consultée sur ce texte, l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a d'ailleurs émis un avis défavorable, rappelant que la loi du 28 juin 2006 sur la gestion des matières et déchets radioactifs "confirme l'absence de seuils de libération des radionucléides et interdit la dilution comme mécanisme d'élimination". Le gouvernement est passé outre. | |||
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11:13 Publié dans QUAND LA BÊTISE A LE POUVOIR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.12.2009
Pour ceux qui croient encore aux père noël : La guerre du travail
"Travail" et "chômage", c'est comme "progrès" et "UMP" : Des marques déposées et censées ne pas aller l'une sans l'autre.
D'où une montée de l'angoisse populaire alors que les chiffres du chômage (et de l'emploi précaire son corollaire) explosent et que le gouvernement prit en flagrant délit de ratage de progrès en minimise la portée derrière des catégories cache-misère.
Challenges, magazine de droite néo-conne catapultant le Fig Mag au rayon livre d'images pour gauchistes, publie dans un récent numéro un article titré "le grand soir attendra" et reproduisant un extrait de la note conjoncture de l'association de DRH Entreprise et personnel (en collaboration avec l'institut Supérieur du Travail) qui infirme celle alarmiste de 2008 :
Le rapport se félicite de la collaboration active des organisations syndicales dans la gestion de la crise en 2009. A l'instar du gouvernement, le rapport est confiant : Il n'y aura pas de grands mouvements sociaux à redouter en 2010 tant que les français seront inquiets pour leur emploi.
La pulsion de révolte du travailleur moderne est donc liée à son sentiment de sécurité. Logique libérale : Plus la victime est brimée, abusée, déprimée, moins elle se révolte.
L'espace de deux générations, le travailleur français, ce héros social qui avait tant obtenu au fil des luttes, s'est métamorphosé en salarié anonyme, isolé, stressé et suicidaire, collaborateur de bourreau par peur de perdre un petit confort générique à obsolescence accélérée, réduit à vénérer sur facebook son frère d'armes qui, lui, a eu l'audace de braquer le fourgon de son employeur.
Un bref retour en arrière s'impose pour comprendre les mécanismes qui sous-tendent ce renversement des valeurs au profit des exploiteurs.
Il y quarante ans dans une galaxie lointaine avec une croissance très, très éloignée de la nôtre.
Depuis 1936, dans le prolongement de la seconde guerre, la condition du travailleur n’a de cesse de s’améliorer. Retraite, congés payés, remboursement des soins, salaire minimum : question travail, l'avenir lui apparait si ce n’est radieux au moins sécurisé.
Le mot chômage est alors quasi inconnu : il touche une frange marginale de la société surnommée "ceux qui le veulent bien". Retenez bien cette vision des choses par la classe dominante relayée par la classe moyenne qui émerge à cette époque : elle va vous (des)servir pour la suite.
1967. C'est dans un esprit d'optimisation des ressources humaines que le secrétaire d'état aux affaires sociales chargé de l'emploi, un certain Jacques Chirac, crée l'Agence Nationale pour l'Emploi.
La France compte alors 400.000 chômeurs soit 2% de la population active.
1973. Premier choc pétrolier. Les travailleurs ne le savent pas encore mais c'est la fin des belles années.
1975. Le chômage dépasse la barre des 3% de la population active française. Il est toujours caché sous le tapis d’une reprise constamment repoussée (ça aussi notez, on va s'en resservir). Croissance molle, forte inflation : Pour pallier aux conséquences sociales d'une crise marketée comme exotique ("En France, on a pas de pétrole mais on a des idées"), l'ANPE publie enfin des offres d'emploi dans ses agences. (notez qu'il aura fallu huit ans, ce qui en dit long sur la volonté de voir les problèmes en face.)
1976. Le capitalisme entame son changement de régime. Alors que la classe moyenne de cadres et d’employés (en résumé : les enfants du baby-boom), ayant bénéficié de la dynamique des deux décennies précédentes dans des proportions jusque là inédites, s'en soucie peu, la notion de chômage s'insinue chez ceux qui ont raté le train : les plus jeunes.
1979-1980 : En Angleterre puis aux États-Unis, alors en plein marasme économique, avec les élections de Thatcher et Ronald Reagan, l'impulsion néolibérale de sortie de crise, façon Chicago Boys est initiée. Les deux leaders sont résolus à péter les cloisons de l’architecture sociale selon les schémas d'agrandissement du capital. Concrètement : Les heures de la politique de relance par l’investissement public au bénéfice du citoyen sont comptées et celles du travailleur le seront de moins en moins.
Dans ces pays les politiques publiques privilégieront les entreprises. Depuis les étages supérieurs de la société en direction des maillons intermédiaires et faibles, l'idée se propage qu'en favorisant les riches, on enrichit ceux d'en dessous (là aussi notez cette vérité et commencez à vous enduire de vaseline).
En Angleterre, la dame de fer mate violement les syndicats, favorise la dérégulation salariale et endort la classe ouvrière en lui permettant d’accéder à la propriété (à crédit) de ses anciens logements sociaux. Règle d'or de l'arnaque : Faire croire aux pauvres qu'ils seront riches un jour, ça marche toujours.[1]
Retour en France.
1980 : Déjà six ans de droite et le chômage français a doublé pour dépasser le million et atteindre les 5 % de la population active.
Explosion de l’intérim, du chômage longue durée, des laissés pour compte : C'est le début du grand décalage entre le politique et une catégorie de travailleurs inadaptés qui ont perdu leur emploi, c'est ballot. Le haut et le bas de l'échelle se retrouvent dans une gêne commune par rapport à ce curieux contrat social qui s'éternise : Le chômage est considéré par la classe supérieure comme une indigence, il est vécu par ceux qui l'expérimentent comme une maladie honteuse.
La génération favorisée malgré elle des enfants du baby-boom appelons-là génération Johnny, s'est constituée un matelas de sécurité via un accès rapide à prix raisonnable à la propriété. Elle voit mécaniquement sa situation renforcée. Pour les plus jeunes, faire une carrière comme papa, avec entreprise unique et un salaire en hausse constante, devient une gageure.
1981. Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, ce nouvel ordre mondial favorisant le capital est inversé avec détermination. Le travailleur retrouve des couleurs : Cinquième semaine de congés payés, revalorisation du smic et augmentation des prestations sociales, semaine de 39 heures et retraite à 60 ans.
Les déficits publics se creusent, le dollar monte : ce coup-ci La France est victime de la reprise des autres et de la concurrence d’une économie se mondialisant. Le chômage dépasse les 7% en 1982. La guigne.
Deux ans de ce régime viennent à bout des illusions. C’est le tournant de la rigueur. La gauche va montrer qu'elle sait faire aussi bien que ses copains de classe de l'ENA, c'est à dire une politique de droite.
A partir de 1983, misant sur une europe forte dont l'unification se précise, la France revient dans la dream-team idéologique des pays dominants. Le démantèlement de pans complets de l’industrie s'accompagne d'une violente augmentation du chômage (800.000 nouveaux chômeurs en 1984). C’est le boom de la sous-traitance. L’ouvrier est une espèce condamnée. Ça sent le pâté pour les autres salariés dont les salaires n’augmentent plus aussi vite que dix ans plus tôt, quand ils ne sont pas gelés.
Commence un processus d’à peine dix ans au terme duquel l’état aura rendu les clefs de sa gouvernance aux groupes, aux multinationales, bref au marché.
A partir des années 80, le travail qui tombait bien juteux de l’arbre de la croissance devient une obsession populaire. Le chômage entre en compte dans la gestion du travailleur. Il devient un moyen de pression, une menace distillée chez les plus fragiles (ouvriers peu qualifiés, vieux et jeunes salariés) permettant aux entreprises d'infléchir les conditions d'exploitation à leur avantage.
Pour ceux entrants alors dans la vie active, se généralisent de nouveaux rites d'humiliation et de formatage qu'ils ne remettront pas en question : Passage obligé du CV, apparition de l’ahurissante lettre de motivation et multiples entretiens débouchant 99 fois sur 100 sur du on vous rappellera.
Parallèlement à la terreur du chômage, se développe cette curieuse idée que le travail ça se mérite alors que, théoriquement, le travail ça se paye.
Les candidats à un poste patientent par paquets de 1000 devant la porte du patron. Vont-ils travailler ? Trouver une signification ? Pouvoir payer le loyer ? Sont-ils des hommes ? Autant de métaphysiques interrogations qu'ils estiment réglées par un emploi salarié. La nature du salariat évolue également ces années là, s'orientant massivement vers les services et les emplois dépersonnalisés sans signification claire. On ne désire pas tant un travail que trouver un job, n'importe lequel (cette résignation des ambitions a son importance).
Une partie des salariés de la génération Johnny, entrée sur le marché de l'activité entre 1960 et 75, passe entre les gouttes de la conjoncture et c'est à peine si elle perçoit les bouleversements en cours. Elle n'en subira, éventuellement, les premières conséquences que 10 ans à 20 ans plus tard. Pour le moment, elle se laisse même séduire par ces icônes de la gagne[2] qui envahissent alors le petit écran.
Dans l'ombre, sur les cendres des faillites et des restructurations d'entreprises, des empires financiers se constituent en quelques années, là où il y a encore peu cela aurait pris trois générations. Personne ne bronche, pas les médias, encore moins les politiques.
1985. Le chômage atteint les 9%. Coluche crée les Restos du Cœurs. L’opération coup de pouce est prévue pour durer un hiver. Ce sera la première initiative d'une longue série de divertissements caritatifs permettant à l’état de se dégager de ce qui devrait 1 / être sa mission 2 / le couvrir de honte, 3 / révolter le peuple. Là non plus. Rien ne sera remis en cause. La chanson enregistrée pour l'occasion sera numéro un au Top 15 pendant des semaines.
Sur fond de crise sociale continue, le patronat introduit dans le débat le principe de flexibilité comme solution imparable pour remédier au chômage. Les syndicats et la parti communiste ont encore de beaux restes, ce progrès ne passe pas sur le terrain. Malgré la débandade post-30 glorieuses, La France reste attachée à ses acquis sociaux.
En revanche, le principe fait triquer l’électorat favorisé.
Mars 1986 : La droite gagne les élections législatives. Cohabitation, l'initiateur de l'ANPE devient premier ministre. Assouplissement des horaires, fin des autorisations administratives de licenciement, démembrement du statut salarial : Priorité à la compétitivité des entreprises au détriment du travailleur. L’état finance des emplois lance-pierre à durée limitée, à temps partiel, à droits réduits (TUC, CES et autres carambouilles). Ces aides sociales empêchent dans un premier temps le salarié de plonger dans la misère mais renforcent de l'intérieur le dumping social.
Durant la cohabitation, malgré les mesures prises par la droite, le chômage reste à 9%.
1988, Retour aux pleins pouvoirs de François Mitterrand. L’air du temps est à la célébration de la république, des grandes causes, de l'Europe en marche et de la chute d'un communisme définitivement ringardisé par KO technique. Le capitalisme devient l’unique idéologie. Reste à savoir ce que l'on met dedans. En quinze ans, le capitalisme a changé de nature : il est pour une large partie devenu actionnarial. Il ne s'agit plus tant de produire que de dégager toujours plus de marge.
L’actionnaire qui se risquait à contribuer à l'édification de l'entreprise, et en deuxième temps touchait des dividendes, exige désormais une garantie de revenus que l’entreprise ne pourra lui verser qu’en augmentant la productivité, c'est à dire en pressant le salarié tant qu'il est rentable et s'en débarrassant lorsque qu'il le considère comme du poids mort. La machine infernale fonctionne au paradoxe : Les salariés boursicoteurs, via fonds de pension, fonds mutualisés et assurances vie, sont virtuellement les acteurs de l'atomisation progressive de leurs conditions sociales et les fossoyeurs de celles de leurs enfants.
Jusqu’au plus bas de l’échelle, le chacun pour soi se renforce ces années là. L'idéologie patronale est partagée par de plus en plus de salariés : Ils sont une entrave à la bonne conduite du progrès, ils ne font jamais assez bien et, surtout, ils coûtent trop chers. D'autant, qu'à l'autre bout du monde, une main d'œuvre meilleur marché prend la relève. (celle là vous n'avez pas fini d'en entendre parler).
Menaces du chômage de masse et de la délocalisation brandies par le patronat : Économiquement, le salarié a perdu la partie, idéologiquement c’est le maillon faible, psychologiquement, tiraillé entre cette réalité dont il perçoit plus ou moins l'impasse et les discours à base de rêve et de gagne servis en cœur par le patronat et des politiques qui ont respectivement besoin de soldats et d'électeurs, il poursuit une décente aux enfers frisant avec la schizophrénie.
Le service public, tradition et spécificité française, n'est pas encore absorbé par cette force dépressionnaire. La jalousie commence à poindre chez les salariés du privé se sentant lésés et en péril (ce ressentiment n'aura de cesse d'être exploité par les partisans de la réforme). Chez les plus jeunes, on veut désormais devenir fonctionnaire, rare secteur garantissant un emploi pérenne et une rémunération stable.
1992, deuxième cohabitation. Edouard Balladur accroît la flexibilité, l’annualisation du temps de travail et généralise le temps partiel. Des mesures censées aider les petites entreprises et profiter aux salariés mais bénéficiant d'abord aux grandes enseignes et que les employés en bas de l'échelle subissent. Pour eux : C’est le début des emplois du temps pourris et des abus de la part d'un patronat décontracté. La pénibilité du travail fait son retour en toute discrétion médiatique. Balladur rallonge la durée de cotisations et diminue les pensions de retraite. Il tente le CIP (permettant, dans un monde idéal de droite, de payer les jeunes en dessous du SMIC) mais les étudiants font plier le gouvernement (vous noterez qu'ils ne sont pas salariés, détail important).
La philosophie du moment des "anciens" vis à vis de leurs enfants reste mieux vaut un job de merde que pas de boulot suivi du sempiternel faut faire ses preuves auxquels ils croient dur comme fer mais que le nouveau rapport de force ne corrobore pas. Le chômage explose les 10%.
Durant les dernieres années du deuxième septennat de Mitterrand, l'écart s'accentue : une partie de la France du travail a entamé sa grande bascule vers la pauvreté ou / et l’esclavagisme tandis que l’autre vit dans un monde relativement préservé. A la grande surprise des journalistes de l’époque (aussi à la pointe qu'aujourd'hui rapport que ce sont les mêmes), Jacques Chirac axe sa campagne présidentielle sur le thème de la fracture sociale. Il est élu.
1995. Persuadé que la partie est définitivement jouée pour le capital, l'homme à la pomme fait immédiatement l’inverse de ce qu’il avait annoncé. Le plan Juppé prévoyant d'aligner le temps de cotisations des fonctionnaires et les régimes spéciaux selon les critères du privé entraîne une forte mobilisation des fonctionnaires, dernier bastion salarial possédant encore un sentiment d’identité, un fort taux de syndicalisation et une solidarité interprofessionnelle.
Bien que victorieux ce mouvement massif aura une conséquence fâcheuse : l'exacerbation du divorce entre salariés du privé et du public, et l’impression chez chacun d'entre eux qu’il ne faut plus trop espérer grand chose de l'état pour les retraites.
Les esprits se privatisent. Les salariés épousent massivement les argumentaires patronaux. Se substituant à l'augmentation normale des rémunérations, la logique de la prime fait son nid dans les entreprises. Apparaissent des méthodes de management plus musclées (impératifs de vente, objectifs, indice de rentabilité, taux de transformations). Les salariés chanceux se mettent également à penser revenus complémentaires : investissement dans la pierre, assurances vie, investissement en bourse. Le ver de la spéculation est dans le fuit du salarié.
Tandis que la génération Johnny s'enrichit encore plus grâce à la montée de l’immobilier, en silence la partie basse de la classe moyenne (victime de cette montée des prix) se précarise méchamment. Les enseignes discount (mal vues par l’opinion au début des années 90) s’installent dans les régions les plus décimées, loin de l'attention des médias (à l'époque c'est mal vu d'économiser).
En 1997, 50% des chômeurs ne touchent que 600 euros.
Les jeunes, les plus touchés, se cramponnent encore aux grilles d'analyses et aux codes d'évolution de leurs parents. Grâce à une législation ad hoc, ce désir du jeune 3615 kinenveu permet aux entreprises de rester compétitives. Le stagiaire volontaire à salaire de misère, exonéré de charges et tout frais payés par papa, fait le bonheur des petites et des grandes compagnies. Beaucoup lui doivent leur survie. Il faudra attendre une dizaine d'années pour que ce statut soit médiatiquement considéré pour ce qu'il est : De l'exploitation pure et simple de crédules (là aussi notez, le principe va devenir redondant.)
Durant cette décennie du glissement libéral est plus que jamais véhiculée l'idée que seul le travail salarié permet l’épanouissement (consumériste cela va de soit).
1997 : Re-cohabitation avec la gauche. Lionel Jospin fait le pari des 35 heures concédant un peu sur la flexibilité et allégeant les charges.
Le patronat est furibard et réplique en radicalisant ses positions via une nouvelle formation : Le Medef. On passe des patrons de la vieille époque aux tueurs de la gestion décomplexée du bétail salarié. La philosophie est simple : Il faut bosser tous les jours, les salariés sont des feignants, les chômeurs des parasites. Elle deviendra le mantra de l'opposition.
Pour lire la suite et les réactions : http://sebmusset.blogspot.com/2009/12/la-guerre-du-travai... .
Et merci à ceux qui réfléchissent et partagent les fruits de ces réflexions.
14:46 Publié dans QUAND LA BÊTISE A LE POUVOIR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2009
Cerridwen vous souhaite...
12:23 Publié dans QUOI DE NEUF? QUE FOUS-JE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.12.2009
Orage/Tempestad - Invitation de Cristina Castello
À l’occasion de la parution de
Orage
mon nouveau recueil de poèmes bilingue
j’ai le plaisir de vous inviter à deux rencontres
Orage/Tempestad
sera présenté
| par Jean-Pierre Faye le vendredi 8 janvier 2010 à 18 h 30 à la Maison de l’Amérique latine 217, boulevard Saint-Germain PARIS VIIe Métro : Solférino / Rue du Bac Modérateur : le poète André Chenet | par Bernard Noël le jeudi 14 janvier 2010 à 18 h 30 au Pen Club français 6, rue François Miron PARIS IVe Métro : Hôtel de Ville / Pont Marie / Saint Paul Modérateur : le poète André Chenet |
« J’apportais ma voix fertile, mon offrande sans épines
Et une paix de bruine au fond des yeux.
J’ai trouvé un abri de marécages et piquants
Un Pouvoir qui calcine le sang des enfants »
Cristina Castello
Lors de ces présentations, les poètes et comédiens Pedro Vianna et Éric Meyleuc diront certains poèmes en français, repris en espagnol par Cristina Castello.

s'ouvre sur un « frontispice » du poète espagnol Antonio Gamoneda
et une préface du poète brésilien Thiago de Mello ;
la traduction de l’espagnol (Argentine) est de Pedro Vianna

Antonio Gamoneda avec Cristina Castello à Paris, décembre 09
Un pas suspendu devant cette porte
Une venelle à l’archet goudronné
Qui macère le seuil de toute rêverie »
Cristina Castello
Orage vient troubler un monde en proie à tous les égoïsmes.
Il doit se lire comme une vibrante interprétation, un solo d’amour envers l’humanité.
Le titre qui unit ces 33 poèmes est né d’un duo d’amour joué un mois de mai, à Paris, sous l’embrasement d’un orage.
Cristina Castello argentine par naissance, parisienne par amour, est une poète et journaliste qui vit entre Paris et Buenos Aires. Orage, qui vient après Soif (2004), est son deuxième recueil bilingue publié en France.
L’édition de tête d’Orage comprend dix exemplaires tirés sur papier spécial et placés dans un coffret contenant une combustion (mèche lente) sur papier d'Arches de Christian Jaccard; chacun de ces dix exemplaires étant numéroté, et signé de la main de l'artiste et de l'auteur ; l’étui a été conçu et réalisé par Dermond-Duval, à Paris XIIIe.

© Christian Jaccard et Cristina Castello –Tous les droits réservés
L’édition « tout public » comprend la reproduction de trois œuvres de l’artiste plasticienne québécoise Odette Beaudry.
« Jusqu’au prochain orage, nous sommes-nous dit.
Jusqu’à, c’est la mesure du non-temps
Jusqu’à, c’est le pays de notre éternité… »
Cristina Castello
11:41 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



