23.04.2008

punaise de moinillon

Va-t-en lui disais-je gueule de flic, gueule de vache,
va-t-en, je déteste les larbins de l'ordre et les hannetons de
l'espérance. Va t'en mauvais grigri, punaise de moinillon
.

Aimé Césaire
ce sont les première phrases de Le Cahiers d'un retour au pays natal...

Lieu du larcin : mail de Gérard Schrack http://www.poesie.net

20.03.2008

alors hein alors ?

A dit :
Comment faire comprendre quelque chose à quelqu’un si son salaire vient de ce qu’il ne le comprenne pas ?
 
Lieu du larcin :  Traction Brabant n°21

20.02.2008

pendant la morte saison

En France il y a un scandale dont personne ne se fait l’écho, sans doute pour de basses raisons politiques.
Il était donc du devoir de « Traction-brabant » de rompre ce silence pesant pour dénoncer le sort injuste fait au teckel dans notre société dite sans tabous.
Bien qu’il s’agisse, surtout dans sa déclinaison à poil ras, d’un chien noble par excellence, la plupart des gens continue à le dénommer boudin sur pattes, jugeant cet animal sur son apparence.
Jean-Marc Agrati lui-même, dans son recueil de nouvelles « Ils m’ont mis une nouvelle bouche »[1] écrit, je cite : « C’est un teckel femelle dont le nom veut dire source en tahitien. Une vraie loose. J’aurais voulu un vrai chien, un tueur, mais au lieu de ça, j’avais ce quart de portion qui me suivait partout ».
Et qui va s’occuper des cafards ? Le teckel pardi !
Je m’insurge contre de tels propos qui dénotent l’irresponsabilité de certains de nos concitoyens, laissant leurs enfants se faire dévorer par des dogues allemands. Un teckel, lui, ne peut gober un enfant, sinon son ventre raboterait la terre.
Il n’empêche… C’est un formidable chasseur de taupes. Et dieu sait qu’il y en a et qu’il y en aura de jour en jour davantage, des taupes, dans notre pays.
Si d’autre part, vous n’avez pas besoin de lui pour chasser les gros blaireaux, c’est votre affaire. Ça vous serait pourtant bien utile en maintes circonstances. Essayez de faire pareil avec un Saint Bernard. Il restera comme un con devant le trou.
Bref, je ne vois pas pourquoi le chien devrait être un signe extérieur de richesse énorme, le 4/4 du foyer en quelque sorte.
Et d’abord, si jamais votre teckel demeure improductif un temps, pour qu’il récupère de ses battues, vous pouvez le disposer le long de votre porte-fenêtre pour vous isoler des courants d’air pendant la morte saison.
 
 
P.M.
 

[1] Les Editions Hermaphrodite 30 rue Patton 54410 Laneuveville-devant-Nancy et http://hermaphrodite.fr





Lieu du larcin : Traction Brabant n°22 - Février 2008

15.02.2008

Atelier fer, poste du matin


Le vent déploie ses pansements de tulle gras
sur les blessures des songes métalliques.
Légers coups de burin
contre les roches friables de l’esprit
fissures érosion
rien ne persiste vraiment
des normes giratoires des simagrées sociales.
Ma vie coincée entre les mors de l’étau
je fraise l’angle des émotions
je serai mort depuis longtemps
sans cette précision de l’ajustage.
limailles de l’ébarbage des années
poussières amas du moi
entassées dans des caisses de conventions.
Le peu de soi écrasé par la frime
des non-dits condescendants
le peu de soi autre que point sur des graphiques idiots
le peu de soi autre que chiffre à sondage
le peu de soi assourdi par la si publicitaire normalité.
Ce peu de soi quotidien dans les salles d’attente
de l’extraordinaire et de la solidarité
comme un apprentissage du merveilleux
PARLE Camarade
Ne te tais plus

Bruno TOMERA
posté mardi 12 avril 2005
Lieu du larcin : http://revoltes.free.fr/

12.12.2007

je veux la liberté des bêtes

Je suis d’ailleurs
      A la cruauté policée du monde, vulgarité de sa violence
      J’opposerai l’absence d’une disparition organisée,
            violence de ma délicatesse.
 
Le seul risque connu est celui que nous font encourir les lois qui servent l’Inerte.
La seule honte vraie : être arrêtée.
 
De l’Inerte au mouvement, du mouvement à l’Inerte, le tout est de n’être enregistré nulle part et le seul art réel est dans le comment de cet acte là.
 
      J’ai négocié ma disparition
      Je veux la liberté des bêtes.

 
 
Emmanuelle K
in Fragments d’une Disparition in Vertige de l’Écart in "Quand 
l'obéissance est devenue impossible..." à paraître au Cherche-Midi

26.11.2007

parmi les décombres, je danse...

Je suis ce sang
Qui inlassablement
Tine dans les ruelles
Du sommeil
Pour réveiller ceux qui font
La sieste des consciences.
 
(…)
Je perds l’usage de la parole
Mes lèvres sculptent un silence
Alors pour me faire comprendre
Parmi les décombres je danse…

 
André Laude in Riverains de la douleur

Lieu du larcin : Les Voleurs de Feu n°21, Mars 2006, un numéro entièrement consacré à André Laude.


 

18.11.2007

accoucheuse d'aurore

La femme se souvient
qu’elle est poussière d’étoiles,
transgresseuse d’interdits,
veilleuse de nuit
guetteuse d’évènements cosmiques,
accoucheuse d’aurore.

Yann Orveillon

Lieu du larcin : le recueil Elle ou le corps architecte, avec de splendides gravures de Jacqueline Royan, ed. Les Voleurs de Feu

14.11.2007

"S'cours, j'me noie dans l'vin! Viens!".

Un texte dégueulé, un soir de réveillon. Voyons.
 

Je vais le dire tout net. Oui c'est très peu 10% du prix d'un livre pour l'auteur de ce livre. Oui c'est terrible la crise du livre... Mais franchement, ce n'est qu'un bel événement que cette crise. En tant qu'écrivain, je ne piste pas les pensées cantonnées à la rémunération des auteurs, leur statut précaire, leurs besoins permanents en matière de reconnaissance.

Tout ça me fait penser aux ultimes soubresauts grévistes de ces fonctionnaires désireux de conserver, ce qu'ils appellent, des avantages acquis. Un écrivain n'a pas à militer, ou à exiger de la "communauté nationale", des subsides, des avantages sociaux... Il doit écrire l'écrivain et cesser de se comporter avec cette façon toute prétentieuse de celui qui s'imagine faire de la noblesse.

C'est pourquoi je me définis comme une petite frappe de la littérature, un ouvrier non qualifié de l'industrie de l'art, de la culture, du loisir et du divertissement, ... Il n'est pas possible, pour moi, de me rallier aux scribouillards fortunés, ces auteurs soulevés par des cohortes de lecteurs en rut... Je suis loin de Nothomb, de Sollers... Très loin, enseveli dans le monde de la démerde, des façades pathétiques et des passants qui gueulent, qui bousculent, qui sentent la sueur et la tristesse, ...

Pendant que l'on cause de fric, de la place de l'auteur, du statut des artistes, on ne crée rien, on ne produit pas de pensées, à peine des réflexions solvables, en tout cas, pas de créations recevables.

J'ai conscience de faire partie d'un occident où les héros, les personnes estimées sont celles qui possèdent une célébrité, qui créent, qui gagnent... J'ai conscience de vivre dans un occident où chacun a droit à l'expression, à la création, ou chaque individu peut se prétendre artiste sous le seul prétexte qu'il écrit, qu'il chante, qu'il gratouille une guitare ou chatouille un jumbe. J'ai aussi compris que je n'étais qu'une merde fondue dans un gros tas de merde: l'univers des écrivains.

Depuis quelques années, les éditeurs sur-éditent pour tenter d'endiguer la crise.

J'avoue ne pas maîtriser suffisamment la question pour en faire une analyse sérieuse.

Je vois seulement que lorsque je dis, à des personnes croisées, des gens de mon entourage, que je suis écrivain, j'ai le droit aux deux questions infectes: "T'écris quoi? T'as déjà été édité?"

Tu t'aperçois très vite que le terme d'écrivain jouit d'un prestige extraordinaire... Inévitablement j'en viens à dire que ce que je fais est un peu trash... Tout le monde fait la gueule. Je deviens presque illico un sous-écrivain, un mec à deux balles qui scribouille... Les "gens", ils pensent qu'un écrivain, ça écrit des romans. Ils pensent qu'un écrivain, ça écrit des choses molles, gentilles, avec de l'amour, de la haine dedans. Les gens ne pensent pas qu'écrire c'est aussi dire, affirmer sa haine du monde, souhaiter du mal des sans-abris, rêver d'assassiner, dégueuler, chier sur tout, tous les principes, toutes les lois, la morale.

J'imagine un réveillon de Noël où tonton Franscesco, fraîchement libéré de zonzon, me demande, devant toute l'assemblée familiale de lire un texte de ma composition. Il est vrai que tout le monde a entendu parler du p'tit Vérol qui écrivait des bouquins, mais personne n'en voit la couleur.

Ok. Alors je me lève avec mon papelard qui tremble entre mes doigts. Tout le monde me regarde. Les vieux, les jeunes. Ils ont dans les yeux, cette admiration particulière pour l'écrivain, le Stendhal, le Sulitzer, le Zola de la famille.

Raclement de gorge. Déglutition.

"Ce texte s'appelle "S'appelle pas"

Sur le marché du héro, c'est sûr, je vaux rien. Sur le marché du baiseur/reproducteur, c'est franchement pas le top. Une meuf, ça veut d'l'action, du TF1, du gars qui fait bien chier avec ses matchs de foot, ses couilles qui débordent du calbute et les pensées lames/de/bourreau... C'est partout comme ça. On dit des mecs de banlieues, enfin ceux qui mettent des capuches de merde, qu'ils sont comme ça. C'est pas faux. C'est même souvent vrai... Nombre de fois où ma femme s'est fait traiter de "pute" parce qu'elle ne filait pas de clope ou son numéro de téléphone... Mais franchement, dans l'far west du franchouille de souche qui s'pose là, c'est pas mieux. L'trou du cul qui rêve d'une bagnole tunée et d'un pitbull dans l'Oise, c'est monnaie courante (désolé pour le terme "de souche", c'est merdique, je sais, mais c'est rapidement parlant, tu le vois tout de suite la tête de coton tige pleine de schlass avec ça).

Tous les dimanches, au nord, au sud, à l'est, à l'ouest, pas moyen d'échapper au "testiculé" qui gambade sur un terrain de foot municipal pourrave. Qu'il pleuve qu'il vente, il y va, il y court! "Eh Jacquot/Momo! Passe la balle merde!" ça tacle, ça s'renifle les pectoraux, ça s'met des mains au cul viriles... Bien bien...

Et puis le soir, même après Drucker, comme "la connasse" en a fini avec la recette à Coffe, c'est zap/zap sur TF1 pour l'journal. "Alala qu'ils nous font chier! Y Zont qu'à les baisser les impôts si c'est pour faire ça avec! Merde! Putain... Ah les résultats! Merde! Putain c'est naze la Ligue 1... Quand tu vois les championnats en Italie ou en Angleterre, c'est aut'chose". Il ne rote plus ce mec-là. On est dans les années 2000. Il se lave, ce mec-là. Il a même fait des études souvent... Mais c'est vicéral... Son dada à lui, ce sont des troupeaux de mecs bariolés (La mode est au rose en ce moment ma biche, tu vois, y a plus d'repères) qui courent après le ballon de foot, la balle de tennis, qui s'accrochent au volant d'une "climatique/déréglement"... Il vote à gauche. Il vote à droite. Il lit une BD dans les chiottes et le Parisien ou Ouest France ou La voix du Nord en buvant son café. Il est poli. Il dit "bonjour". Même aux gens d'une couleur différente. Parce que ce gars-là n'est pas non plus nécessairement raciste et rougeot. Il plait aux filles parfois, et surtout à sa femme. Mais à la différence d'elle, moi (encore que je n'ai emmenagé avec lui), et bien, le "petite tête de TF1 ou de Canal Pour-le-foot", ben moi, il me saoûle...

"Oh merde la Vérole! Tout ça c'est pour s'détendre!"

Putain..."

Voilà. Je plie le papier. Personne n'applaudit. Tonton Michel, avec sa grosse voix lance: "BAh c'est spécial ton truc..."

Je m'asseois. J'ai une boule dans la gorge. J'ai envie de leur dire que je déteste toute ma famille, même s'ils sont tous bien gentils. Je les déteste eux, et tous leurs potes, et leurs villes, leurs villages... Tout. Le réveillon se termine dans le vin... Un océan de vin agité, très agité... Avec mes bras en l'air, dessus la surface, pour supplier, implorer de l'aide: "S'cours, j'me noie dans l'vin! Viens!".

Andy Vérol


http://andy-verol.blogg.org/

Lieu du larcin : bulletin sur maille espèce

29.10.2007

Aucune loi camisole ne m'en dissuadera

M'est étranger l'égoïste salopard qui refoule l'affamé loin de sa table, l'assoiffé loin de son puits, la « misère du monde » loin de son confort (construit en bonne partie grâce à elle !).

M'est étranger l'homme qui est capable, pour servir ce qu'il estime être son intérêt, de traiter des humains comme du bétail, comme des outils, comme des marchandises (jetables après usage ou pour malfaçon).

M'est étranger celui qui par calcul économique ou stratégie politique parque l'humain, l'enferme, l'enchaîne, et le rejette vers un sort cruel, vers la misère, l'humiliation, la peur, la douleur, la mort.

M'est étranger celui qui sert, comme une machine, cette politique ; celui qui « administre », recueille les renseignements, classifie, fiche, tamponne (et s'en tamponne), arrête, menotte, cogne, expulse,
« sans état d'âme ».

M'est étranger celui qui, pour soutenir cette politique, mise sur les peurs et l'ignorance, la jalousie et la lâcheté ; celui qui excite à la haine contre des humains ayant une peau, une langue, des manières de vivre différentes.

M'est étranger celui qui invente et propage les mensonges qui alimentent cette haine.

Me sont étrangers les hypocrites roublards et lâches faux-culs qui justifient leur refus de combattre cette saloperie par quelque « raison » qu'ils auraient trouvée cachée dans son fumier.

Les seules frontières que je reconnaisse nécessaires sont celles qui protègent l'humain du requin et de la hyène portant masque d'homme, du vautour et du robot, de l'exploiteur et du salaud.

Ces frontières, je suis déterminé à les défendre fermement, en repoussant les assauts contre elles de ces barbares étrangers là.

Aucune loi camisole ne m'en dissuadera.

Gérard De Mai 18 octobre 2007.
Édité par La barricade solitaire.
Publié le 20 octobre 2007 par e-torpedo.net.

Lieu du larcin :
http://www.sistoeurs.net/ss/article.php3?id_article=358

23.10.2007

ça passe !

Nos utopies sont calibrées
Dans le format réglementaire
Un soupçon de métaphysique

Pour la digestion des couleuvres
Et ça fonctionne, on applaudit
À sa propre humiliatition

Que faire et que penser ? C'est simple
Tout est écrit dans le lexique
Il serait vain d'improviser

Les nouveaux kits du bonheur et
De la réflexion profonde
Sont en vente dès maintenant

Et nos neurones sont soldées
Leur utilité est douteuse
Certes, mais en bruit de fond, ça passe !

***

Pascal Perrot in Les nouveaux kits du bonheur

Lieu du larcin : http://insurrectionpoetique.mabulle.com/

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