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20/09/2017

C'était beaucoup mieux comme ça

 

(...) Et puis d'abord, vous faites ce que vous voulez. Je démens avoir donné des consignes de vie. On va pas commencer à se casser le cul avec rien. On préfère attendre que l'herbe pousse pour pas la couper. On est pas à l'armée ici. Vous donnez des ordres, et nous on vous écoutera pas. Sauve qui peut. Les enfants peut-être d'abord, si on est en forme. Sinon ça sera moi, enfin, vous, si vous avez le courage. En tout état de cause, foutus pour foutus, c'est du pareil au même. D'ailleurs, le ciel nous tombera pas sur la tête. Tu nous casses les pieds avec ça. On sait très bien ce qu'on a à faire qu'on fera pas. On est pas des gamins, depuis quand les adultes seraient pas responsables ? Il est interdit d'interdire. Il est déconseillé de conseiller. Il n'est pas recommandé de recommander. On va pas se mettre à parler de ce qu'on aime. On va pas commencer à être passionnés par quelque chose. On va pas se permettre de devenir intolérants, puisque l'on se fout de ce que vous faites. Au pire, vous pouviez nous le demander plus tôt, de nous en battre l’œil. On peut y arriver les doigts dans le nez. Du moment que notre liberté est respectée. Pour notre part, on préfère laisser couper la bite aux mouches. On mettra pas la charrue avant les bœufs. On mettra pas les bœufs. On sera très gentils pour pas vous aider. C'est mieux comme ça. De toute façon, vous auriez pas aimé qu'on prenne parti. Tandis que là, on est couverts. On est pas grillés. Tout le monde nous aime. Personne ne bouge sur la photo. On est bien morts et le public est content. T'as raison de le dire. C'était beaucoup mieux comme ça. (...)

extrait de l'édito de Patrice Maltaverne

 

Lieu du larcin : sa Traction-brabant n° 75 (août 2017)

http://traction-brabant.blogspot.fr/

 

 

 

 

 

25/05/2017

Werner Lambersy - Dieu est de retour !

 

Dieu est de retour !

 

Pas celui dont on ne sait rien sauf qu'il devrait être amour, mais celui qui sert de prétexte aux fanatiques pour dominer par la terreur sur ce qui reste libre et insoumis.

Il n'y a qu'à voir grandir et prospérer en son nom massacres, génocides et violences de toutes sortes où l'on jette dans la mort des populations !

Celui dont nous avons inventé la tutelle, la parole et les décrets vengeurs, ce dieu-là est de retour. Il aime la paix des cimetières, et ses guerriers, gavés de slogans imbéciles, de promesses creuses et abreuvés de haine, en sont les jardiniers enthousiastes.

L'homme est un singe que l'idée d'absolu a rendu fou ! Toute "révélation" est d'abord une idée reçue, son message prêté à un dieu muet dont la prévoyance est de n'écrire jamais dans aucune religion.

La loi divine est devenue une arme sacrée ; ceux qui l'écrivent en demeurent les juges suprêmes, les exécutants sans pitié. Son pouvoir se fonde sur la peur, le remords et l'or !

Aucun dieu proclamé n'aime le partage et ne pas le servir, les yeux fermés et les oreilles bouchées, est trahir et mérite la mort.

Aux terroristes, rampants ou non, des sociétés cotées en bourse, des oligarques divers ou d'un clergé puissant, répond le terrorisme aveugle et brutal des sociétés féodales que menacent la modernité, les sciences et la création artistique.

Jamais pourtant le génie ne fut plus ouvert à tous les possibles, à la grandeur microscopique et universelle de l'être humain. Dont acte.

Que cela plaise ou non, la vie gagne toujours...

 

W.L. 2016

 

 

Lieu du larcin : Voix Dissonantes http://jlmi.hautetfort.com/

 

 

 

 

20/12/2016

Alexo Xenidis - Fin de partie

 

  

Alors
C’est fini il n’y a plus rien plus rien à voir à dire à tuer
Il n’y a même plus de décor des cartons éventrés des choses
Non identifiables qui s’enchevêtrent au sol
On peut éteindre les lumières
Fermer le grand rideau
Sur Alep
Le troupeau peut se lever de ses fauteuils rouge sang
Quitter le théâtre des événements
Chercher pour la prochaine fois un spectacle nouveau
Une comédie ce serait une bonne idée
Commenter Après tout cela nous dépasse ces intérêts supérieurs
Nous ne savons plus qui est le méchant l’indien le shérif le policier
Et où sont les héros qui sont les traîtres
Ils s’en vont et ils cachent leurs mains dans leurs poches
Le théâtre est vide, obscur, on n’entend plus rien,
La poussière tombe son odeur sèche
Quelques bruits à peine au loin comme des sacs
Que l’on trainerait parmi les pierres.
Si quelqu’un vous dit un jour que je suis désespérée
Répondez lui
que c’est de vous
Que je désespère

 

 

 

11/12/2016

Chistophe Fauré - le conditionement médiatique

"Ecoutez attentivement les nouvelles du matin. Que disent-elles ? A de rares exceptions, il ne s’agit que d’accidents, de décès, de catastrophes, de difficultés, de tension. Elles ne véhiculent que de la lourdeur psychique ! On nous fait très rarement part de bonnes nouvelles qui nous inspireraient, nous tireraient vers le haut, nous donneraient envie de fournir le meilleur de nous même et de nous dépasser pour autrui…

Le conditionnement médiatique a un effet pervers car il agit comme des suggestions hypnotiques : à force d’entendre répéter encore et encore des messages négatifs, nous finissons par les intégrer au niveau inconscient et nous y réagissons émotionnellement par une forme d’abattement.


Faites l’expérience : pendant un mois, éteignez votre télévision, éteignez votre radio, cessez de lire les journaux et regardez si, premièrement le monde s’en porte plus mal et deuxièmement, si vous n’allez pas mieux...
Qu’on soit clair : ce n’est pas faire la politique de l’autruche. En effet, si toutes ces informations négatives vous poussaient concrètement à l’action pour que les choses changent , alors oui, ces informations auraient un impact positif : elles vous permettraient de vous mettre en mouvement. Mais que se passe-t-il en réalité ? Que faisons nous de ces informations ? Rien. Ou presque.


Elles ne font que se déposer en nous, consciemment et inconsciemment, sans que nous puissions y faire quoi que ce soit. Que se passe-t-il alors ? Comme nous ne pouvons agir concrètement sur les affaires du monde, toutes ces nouvelles catastrophiques induisent en nous, jour après jour, un sentiment d’impuissance, nous donnant une impression de perte de contrôle et de fatalité. Triste résultat, n’est-ce pas ?

Comprenez alors que vous avez réellement le pouvoir de bloquer le flot chaotique de ces informations négatives.
En fait, à vouloir, à tout prix, « être au courant » des affaires du monde, on se trouve happé et on se déconnecte émotionnellement de sa réalité immédiate. Au lieu de vous alarmer sur la pauvreté dans le monde, demandez-vous plutôt : quelles actions concrètes puis-je accomplir contre la pauvreté dans mon quartier ? Qu’est-il possible de mettre en œuvre, ici et maintenant, dans mon environnement immédiat ? "
 

 

 

09/11/2016

C'est lequel qui gagne ?

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11/10/2016

Please

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08/05/2016

entre chiens et loups

 19 janvier 2016

 

la nuit qui papillonne en flagrant délit d’obscurantisme mon corps dépourvu de lumière enfle dans la mémoire les bêtes de la naSSion ressurgissent violemment leurs armes de guerre au bas du ventre prêtes à déchirer la vie piratage destruction des organes génitaux de la femme la maternité meurtrie jusqu’au fond des rêves le grand couteau qui fouille les chairs embarbelées du Congo aux Balkans de l’Inde aux vitrines d’Amsterdam où des femmes une même logique d’exécution mort des filles sont mises en vente au kilo où les prières résonnent commes des arrêts de mort principe de non-dissuasion de la bêtise m’entoure le vertige de tomber d’être happé par la foule qui avance en hurlant les visages répliqués de grimaces tordues la gueule des naSSions les gueules fuyantes des lâches en bande leurs liens faits pour enchaîner les gueules qui n’aboient pas ensemble le califat étouffe les cœurs réduits à rien et les pontifes de la chrétienté drapés de leurs oripeaux de richesses ripaillent dans les palais des puissants on étouffe rien qu’à entendre le son de leurs voix leur sexe religieux planté dans la terre du ciel où un dieu formidable bondé de colères et de désirs sans frein donne la liberté pour mieux la retirer donne d’une main ceux qu’il tue de l’autre ses chiens ont nom : abcdefghijklmnopqrstuvwxyz au choix ornements de guerre appuyés sur les chairs en contrebas de toute émotion autre que rancune jalousie haine posseSSion la tumeur capitaliste nous ronge et amoindrit fait de nous les gueules qui aboient avec la peur je fais le point : ici nous sommes arrimés au discours politique : nous sommes habillés de cuir noir : le fouet les pinces les crochets du discours glissent sur nos corps à vendre rente viagère les petits rentiers et les grands banquiers s’aiment oui SM mais SS eux qui bruitent leurs bottes SS eux qui bougent SS eux encore dont les yeux vagins portent des avortons secs dont les nez dentés croquent dans les visages qu’ils assaillent SS eux encore dont les bouches de fer blanc manipulent les lèvres pour en faire des couteaux et des lames de rasoir les hordes civilisées : Montsanto DSM Shell Nestlé Apple Toyota Boeing PWC IMF & CAC 40 dans la tuyauterie des petits jours calculés au dix-millième après la virgule des avions pour tuer dans l’escarcelle de la vente à domicile Saint Dassault Sauveur de la naSSion un chiffre d’affaire en hausse une bourse qui enfle enfle enfle une couille prête à exploser Excell sheets matrice des comptabilités naSSionales que des administrateurs au certificat vierge de toute révolte éxécutent l’arme de la machine qui nous remplit le réseau des nœuds de notre étranglement nœuds coaxiaux de haine farouche cocaïne et filles de joie truquées mon pénis plus long que le tien mon bonus mes actions mes dividendes une deux trois quatre retraites complémentaires je ne vais pas mourir comme ça je tiendrai mon pénis plus long lors des soirées yacht plus longs yachts que les vôtres mes fêtes sont les vôtres mais je vous les fairai payer par la dimension de mon sexe par la peur par mon pénis qui me fait peur QUE NOUS DEVONS PROTÉGER centiles de la naSSion CHEFs la concurrence accrachée dans la gorge ils hurlent leur préférence naSSionale équippent leurs commandos leurs experts aux îles Caïman et à Singapour toujours prêts à séduire les artefacts de vie humaine ils avalent tous ceux qu’ils parlent leur bouche est un anus qui n’en finit pas alors depuis des temps sans fond nous émigrons dans la peur fuyons les terres obscures où le soleil ne montait plus le ventre rempli de douleurs et d’abscences tues ne savions pas l’accueil des hommes chiens troué dans la clameur collective fait son puits sans écho vers lequel ils nous poussent quand les loups seuls et affamés dans un décor de déroute collective poursuivent un chemin sans visage nos yeux ont perdu tout désir de chasse les bêtes de la naSSion enflamment la nuit à coups de torches le grand incendie commence recommence la soustraction des états un moins un moins un font de longues marches colossales dans leurs armures et brûlent ceux brûlent les autres les loups seuls les familles vidées de leur sang les membres mutilés traînent dans la poussière de la nuit flamboyante ceux qui prétendent encore vivre malgré des loups au poil sombre dans la nuit qui brûle cherchent leurs enfants au milieu des décombres les visages sans yeux qui demandent asile les dents de lait concentrées dans l’épaisseur du soir les chiennes traînent leurs mamelles dans la poussière laissent leurs traces indélébiles qui pérorent sur l’histoire disparaîtront pourtant à la première pluie mais elles prétorent à la tête de leurs troupes réécrivent leur généalogie truquée à coup de sang pur fierté naSSionale rempart contre l’autre toujours à l’affût de notre existence nous refont le coup des dix commandements de Sodome et Gomorrhe éradiquées jusqu’à la millième génération les chiens tuent dans la distance de l’histoire future sang versé dans les nuées du délire acquisition de biens récupérés sur l’ennemi fientes versées au catalogue de leur patrimoine extraction par la violence du bras du poignard de la hache potentiels dans d’autres vies font leur course et remplissent leurs caddies des corps découpés à la chienne à venir la naSSion est toujours à venir un grand dessein qui ronge l’intérieur des âmes instituent l’autisme en seul moyen de communication dispersent la masse de ceux les autres rébarbation barbarie borborygmes ennemis dans la cime des regards seul avec mes loups sauvant la lumière d’un rêve que rien ne peut éteindre battant campagne sauvons-nous tant qu’il en est encore temps cherchons refuge pente glisser dans la nuit nos corps maigres retrouver le souffle dans tous ces cauchemars au creux de notre main la crue du désir le fleuve nous emporte nous nos armures de bois brûlent et nos yeux se creusent des gencives pour mordre leurs images les trompes de nos oreilles bâtissent des cathédrales sans toit pour accueillir le ciel leurs paroles figées dans l’acier aveugle de leur regard les chiens hurlent mais ne nous atteignent pas sont tombés de la Terre emportés par le vent solaire furieux ils se trompent du tout au tout du rien au rien partout leur tromperie de fainéants émascule la parole vitriole la pensée en fait des discours prêts à découdre les coutures de nos corps décharnés mais ils ne nous vaincront pas nous sommes la terre sous leurs pieds qu’ils ne sentent même plus l’air qu’ils respirent le soufre où ils s’asphyxient masse atomique 32,09 les demi-vies qu’ils se dépiotent virées au jaune aigri de leur jalousie ils ne savent pas que c’est nous qui les sauverons de leur détresse de leur cours en bourse de leur pénis plus long que tout sur l’épaisseur de nos pelages leur haine glisse et disparaît nous attendons l’heure de reprendre les rênes

 

Hervé Jamin 

 

Lieu du larcin : le blog de l'auteur http://poesiques.blog.lemonde.fr/

 

 

 

 

 

 

09/02/2016

L’essence du monde

 

 

Des diplodocus broutent

Les racines des bao-

babs morts vingt mille lieues sous

Le trajet du pétro-

lier qui s’est échoué dans

l’Atlantique en première

page du Monde à la caisse

de la station essence

 

 Perrin Langda

 

 

Lieu du larcin : in Quelques microsecondes sur terre

Les Tilleuls du Square/Gros Textes 2015. 77 pages, 7 €.

 

27/11/2015

Démocratie

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14/11/2015

Extrait d' "Identités Meurtrières" d'Amin Maalouf

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27/07/2015

J’écoule mes pensées

 

Lorsqu’on l’appelle

 Entre ses cuisses froides

 S’ouvre un oursin

 Profond et noir

 Qui luit

 Et nous regarde

 

 (…)

 

Et par les cercles

 Limpides

 De l’orage

 Sourdant du fond des silex

 J’écoule mes pensées

  

 

Anna Maria Celli in Prémonitoires

 

 

 

Lieu du larcin : Traction Brabant n°61, février 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27/05/2015

Aldous Huxley

 Sous la poussée d’une surpopulation qui s’accélère et d’une sur-organisation croissante et par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation des esprits, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques — élections, parlements, Cours suprêmes, et tout le reste — demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle espèce de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions de radio et de tous les éditoriaux. Entretemps, l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs des esprits, mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera. 

 

in Retour au Meilleur des Mondes, essai, 1958

(titre original : Brave New World Revisited)

 

 

 

23/02/2015

toi et moi dans le lit nous savons

je serre les cuisses sur l'écorce des mots j'entends en bas les chiens hurlant la mort leurs mâchoires acérées déchiquetant le fort je serre les dents... sur une phrase j'attends contre la langue une éclosion qu'il est bon d'aimer car au dehors s'effondre qu'il est bon d'entendre sous ta main et mes pores qu'il est bon de chercher dans les plis de nos corps les lettres les seules qui sachent nous révéler

*

non, je ne ploierai pas et aucun d'eux ne me fera chuter de ma monture aucun d'eux ne jettera un voile sur ma crudité folle j'aurai au creux du bras un enfant nu il hurlera ma joie qu'il est bon de montrer au soleil la lourdeur de mes seins qu'il est bon de dire d'une voix ferme à leurs oreilles que le volcan gronde au creux des reins qu'il est bon de rappeler ce jour premier, ultime où leurs sexes furent, mon sexe vainc

*

ils pourront, si cela les rassure s'abriter derrière l'homonymie affirmer dans un grondement que je ne tiens pas bride que mon cheval s'emballe, que je ne sais pas dire ils pourront encore jouer des appendices, japper furieusement toi et moi dans le lit nous savons

 

Murièle Modély

 

Lieu du larcin : http://l-oeil-bande.blogspot.fr/2015/02/blog-post_23.html

 

 

01/01/2015

Signe

 

 

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dixit Calvin de "Calvin et Hobbes"

 

26/12/2014

Menu d’un soir parmi tant d’autres - Perrin Langda

  

(la véritable histoire du massacre des innocents)

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Entrées
salade de familles recomposées
&
cassolette d’ergotages à la provençale
&
toasts de mauvaise foi déjà bien beurrés


***


Plats
potins de langues qui se délient en sauce américaine
&
dinde au boudin dans son coin
&
magret de connard aux patates qui se perdent


***


Desserts
embuscade de Noël
&
bande de truffes en chocolat
&
marrons glacés dans la tronche


***


Carte des vins
deux côtes pétées
&
mémé à ligoter
&
château jasons jusqu’à l’année prochaine

 

http://upoesis.wordpress.com/2014/12/26/menu-dun-soir-par...

 

 

 


18/11/2014

Passage de François David

 

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Le mort

à la mort :

"Combien

pour la passe ?"

 

 

 

Passage vient de paraître,

avec des illustrations de Consuelo de Mont-Marin

aux Ed. Les Carnets du Dessert de Lune

67 pages, 11 euros

http://dessert-de-lune.123website.be/

 

 

29/06/2014

l'oeil de JL Millet & la plume de Bruno Toméra : à la tienne ! mon vieux

 

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texte de bruno toméra                                                                                                                  collage  jlmi  2014
 

 

 

On n’en finit pas de blesser

ses doigts sur les arêtes acérées du stylo.

On sue en s’arrachant de son crâne des

caillasses de gros sentiments, des rochers

de lieux communs. Puis doucement la lime

fignole les mots, les phrases ; on a secoué

le tamis pour récupérer des poussières

d’instants. On est joyeux, le voilà enfin ce

maudit texte de mes deux, peaufiner,

bichonner, c’est le plus beau...Y a pas à

dire... On y a mis quoi, là dedans, Un

fouillis de soi ; des restes de bonheur ; des

souvenirs de poivrots ; des ballades avec

des ombres qui, parfois, nous tiennent la

main ; les bizarreries du monde que l’on a

cru bouffer, un jour, il y a longtemps. On

s’en remet jamais de cette naissance si

hasardeuse, si intelligente puisque la vie

nous pousse elle-même vers la FIN. On

s’arrange en attendant, avec les

embrouilles et les joies que l’on se

fabrique, avec d’autres qui savent sourire,

qui savent accueillir plus barjots qu’eux

mêmes. La curiosité n’est pas un vilain

défaut.

L’étonnement de l’écrit ;

toujours prêt à embarquer sur le rafiot de

la révolte et nous dans nos petits canoës

indiens pour élargir le sillage, on tachera

de pas jeter l’ancre trop tôt.

Ici, au dehors, les oiseaux

piaillent, un vrai capharnaüm à piafs, ils

nous préparent des nichées d’oisillons

grelottants, affamés des rêves d’Icare.

Les chats regardent tout ça d’un

drôle d’oeil. C’est la vie...

 

Lieu du larcin : http://jlmi22.hautetfort.com/

 

 

22/06/2014

Cécile Coulon - On m'a vendu du rêve (et j'aimerais être remboursée)

 

Je vous présente mon existence
Elle fait environ trente mètres carrés
Il faudra se serrer...
Mais la terrasse vaut la peine
De s'asseoir pour parler
De ce qui n'a pas d'importance
Et la cuisine est superbe
Avec ces placards vides
Ces bouteilles dans l'évier
J'ai aéré la pièce
Ouvert grand les volets
Pour laisser entrer la lumière
Je vous présente mon existence
Aménagée sous les toits
C'est comme un grand matelas
Dans une toute petite chambre

Je vous présente mes entrailles
Elles ont besoin d'un coup de peinture
J'y ai nourri des blessures
Des bestioles aveugles qui braillent
J'ai décidé de les emmener à la fourrière
Un aller simple pour ma graisse en trop
Et mon sale caractère
J'en ai acheté un propre
Avec des couleurs claires
Des mots d'amour encore
Mais ça coûte tellement cher
Je vous présente mes entrailles
Proches d'une voie ferrée
On entend les trains passer
Et les hommes qui déraillent

Je vous présente mon foie
C'est pas joli joli
Ça sent la bière le steak haché
C'est plein de sucres raffinés
Même le sucre est plus raffiné que moi
À chaque fois que je termine la soirée
Avec des chansons mal écrites
De longs poèmes ratés
Des pages manuscrites
C'est comme se faire lécher l'oreille
Polir la voûte du palet
Par un ange défoncé
Un ange qui a le mal de mer
À force de se noyer
Dans tes jolis yeux verts
Méfie-toi des enfants de choeur
Des sombres dames de pique
Ces gens là ont du mal à se tenir à carreau
Les trèfles à quatre feuilles
Ont été inventés
Pour rouler de longs spliffs
Gros comme le poing fermé du ciel
Où les anges font leurs griffes

Je vous présente mes excuses
Elles sont si mal élevées
Chiennes en chaleur qui pissent partout
Affamées les oreilles retournées
Endormies dans la boue
Je voudrais payer pour mes fautes
Mais le passé refuse
Il dit je ne prends pas la carte bleue
Je ne rends pas la monnaie
Je baisse toujours les yeux
Quand on me demande d'expliquer
Les raisons des fausses notes
Qui salissent la portée
C'est simple mon cher monsieur
On m'a vendu du rêve
Et j'aimerais être remboursée.

 

Lieu du larcin : sur son mur...

 

 

 

 

01/05/2014

l’œil & la plume : bien sûr, tu peux me poser une question personnelle

 

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diane burns  1957-2006

 

 

- Bonjour, vous allez bien?

Non, je ne suis pas chinoise
Non, pas Espagnole.
Non, je suis Peau rou... euh
Indienne d'Amérique

Non, je ne viens pas d'Inde.
Non, pas Apache.
Non, pas Navajo.
Non, pas Sioux.
Non, nous ne sommes pas une race disparue.
Oui, Indienne.

 

- Oh ?
Alors, c'est donc ça tes pommettes saillantes?
Ton arrière-grand-mère, hein?
Une princesse indienne, hein?
Cheveux jusque-là?
Laisse-moi deviner, Cherokee?

 

Ah bon, tu as eu un ami indien?
Si intime que ça?

Ah bon, tu as eu une amante indienne?
Si étroite que ça?

Ah bon, tu as eu une domestique indienne?
Si chère que ça?

 

Oui, c'est horrible ce que vous autres nous avez fait.
C'est chouette de ta part de faire des excuses.

Non, je ne sais pas où tu peux
te procurer du peyotl.
Non, je ne sais pas où tu peux te procurer des tapis Navajo très bon marché.
Non, je ne l'ai pas fait. Je l'ai acheté à Bloomingdales.


Merci, j'admire tes cheveux à toi aussi.
Je ne sais pas si quelqu'un pourrait certifier que Cher est une vraie indienne.
Non, ce n'est pas moi qui ai fait pleuvoir ce soir.  

 

Ouais. Bien sûr. La spiritualité.
Bien sûr. Ouais. La spiritualité. Bien sûr.
Mère Nature. Ouais. Bien sûr. La spiritualité.

Non, je n'ai pas fait des études de tir à l'arc.

Ouais, beaucoup d'entre nous boivent trop.
D'autres n'arrivent pas à boire assez.

 

Non, c'est pas une gueule stoïque.

C'est mon visage.

 

 

Sure You Can Ask Me A Personal Question

How do you do?
No, I am not Chinese.
No, not Spanish.
No, I am American Indian, Native American.

No, not from India.
No, not Apache
No, not Navajo.
No, not Sioux.
No, we are not extinct.
Yes, Indian.

Oh?
So that's where you got those high cheekbones.
Your great grandmother, huh?
An Indian Princess, huh?
Hair down to there?
Let me guess. Cherokee?

Oh, so you've had an Indian friend?
That close?

Oh, so you've had an Indian lover?
That tight?

Oh, so you've had an Indian servant?
That much?

Yeah, it was awful what you guys did to us.
It's real decent of you to apologize.
No, I don't know where you can get peyote.
No, I don't know where you can get Navajo rugs real cheap.
No, I didn't make this. I bought it at Bloomingdales.

Thank you. I like your hair too.
I don't know if anyone knows whether or not Cher
is really Indian.
No, I didn't make it rain tonight.

Yeah. Uh-huh. Spirituality.
Uh-huh. Yeah. Spirituality. Uh-huh. Mother
Earth. Yeah. Uh-huh. Uh-huh. Spirituality.

No, I didn't major in archery.
Yeah, a lot of us drink too much.
Some of us can't drink enough.

This ain't no stoic look.
This is my face.

 

Lieu du larcin : http://jlmi22.hautetfort.com/archive/2014/04/28/l-oeil-la...

 

 

12/04/2014

Décès de Pierre Autin-Grenier, 12 avril 2014

Immense immense tristesse. Pierre Autin-Grenier nous a quittés ce matin à 6h. Un être rare, un ami. Je t’embrasse, Pierre. Le silence ne sera plus jamais le même.

 

C’est par ces mots que Jean-Jacques Marimbert annonçait ce matin la triste nouvelle du décès de Pierre Autin-Grenier. Son message était accompagné de ces quelques lignes extraites des Radis bleus de celui qui disparait ainsi .

"Assez souvent, cela commençait par la fin. Il disait : "Je crains que cette étrange maladie ne soit la mort". Il mourait. Tout ce qui était accessoire avait été supprimé ; ne subsistait que l’essentiel : un grand lit blanc, une fenêtre par laquelle on pouvait voir la mer, un chien.
Certains auraient souhaité qu’il y eût quelque action d’éclat, de la coutellerie fine, des étoffes lacérées bruyamment, ou bien que s’engage alors un long dialogue quant à l’inutilité de tout. D’autres espéraient l’arrivée impromptue de personnages importants dont ils eussent pu, éventuellement, tenir le rôle.
Lui ne se sentait pas de peau en trop pour ainsi perdre son temps. Il tenait à mourir d’entrée. C’était d’ailleurs le seul effet valable de toute la pièce."

Lundi 11 avril. Saint Stanislas.

*******************************
Le relire encore et encore :

DISTANCES
« Je sens qu’une grande muraille de sable en moi sans cesse avance qui, insensiblement, d’un mot l’autre bientôt me portera aux rives de l’absolu silence. » Aucune terre, disait-il encore, n’est jamais vraiment gagnée sur la mer. C’est folie de vouloir prendre la parole pour ultime refuge, quand alentour tout appelle avec force à se taire. Droit sur les marches du perron, comme décidément seul au centre d’un désert, le regard fixe tout au loin égaré par travers ses étranges visions qu’agitent ça et là d’invisibles musiques…

L’époque se donnait-elle corps et âme au mensonge, il enseignait, infatigable, le devoir d’oser. À peine sonnée l’heure de vérité momentanément comblant ses vœux qu’il entreprit aussitôt d’apprivoiser pour le quotidien les farouches déceptions à venir. Cependant l’indomptable impatience des incrédules bien vite rendit caduc son discours ; le bonheur immédiat comme toujours menaçait, inutiles furent les exhortations et vaines les prières : masques et rumeurs déjà emboîtaient le pas aux porteurs de bannières. Alors, dans le fracas des délires et le triomphe des chimères, d’un coup s’évanouirent ses dernières espérances.

Usé mais vivant, il s’en remit pour un temps à la fragilité des oiseaux, au simple souci qu’ont les arbres de durer, aussi à des pluies passagères. Bientôt les mots eux-mêmes l’abandonnèrent…

Aujourd’hui, assis seul sur un bord de divan ou debout sur le perron, la tête enfiévrée d’or et de poussière, c’est lui l’homme couvert de haillons qui, infiniment, rêve aux barques que l’on peut voir, là-bas, osciller tranquilles sur le lointain des vagues, tout près des îles, lorsque la mer est calme et qu’enfin plus rien ni personne ne l’habite."

extrait de "Chroniques des faits" de Pierre Autin-Grenier. Illustrations Georges Rubel, frontispice Ronan Barrot. © éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2014
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