10.05.2008
Jardin du causse lu par JL Millet
Le long collier de perles de Lune et de perles de Soleil de la femme chrysalide zorahstrienne tintinnabule au vent de la Vie face à la clepsydre des saisons.
Fusion du Réel dans le Vrai : initiation de l’enfant, révélation de la mère à elle-même, union du placenta et de l’arbrisseau dans le Pré Carré du Jardin du Causse.
Terre-Mère-Vie, trilogie chamanique face à l’insoutenable légèreté de l’Homme-Pollen, Homme-Vent qui passe puis s’efface à son grès futile dans les plis des saisons… histoire rejouée en boucle… comme fatalisée…
La porte de ce jardin à peine refermée, je me suis pris à rêver d‘un autre journal, d’un autre calendrier – lunaire ? – allant de la disparition du sang au placenta sous l’arbrisseau dans un Jardin du Corps…
JL Millet
12:21 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.06.2007
Jardin du causse - Novembre
j’ai le cœur
qui flaire
le bonheur
l’admirable légèreté
de l’amour
pour ne pas perdre
sa trace
je lance des oiseaux
bleus à crever
les nuages
l’automne
fait flamber
mes sens
un incendie de joie
le crépuscule
entrouvre
la malle au trésor
arbres rubis
ambre grenat
saphir topaze
puis le brouillard
sorcier
jette le voile
noyant le soleil
diluant son or
dans un éclat
de nouveau monde
à l’est
la lune radieuse
s’arrondit
mère mystère
porteuse de nuit.
contiennent la même quantité de merveilles.
Christian Bobin
11:31 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.06.2007
Jardin du causse - Octobre
jardin du causse
l’heure des chiens
qui aboient
odeurs de soupe
échappées des cuisines
dernières touches
de pinceau solaire
sur le ciel
peuplé d’anges
plus ou moins
sereins
haleine du vent
en douces rafales
sur ma joue
caressante
jardin du causse
j’ai le cœur de saison
mi figue mi raisin
partagé
entre nécessité
du calme
et attrait
de l’intensité
mettre la bride
aux élans trop
passionnés
jouer prudence mais
pourquoi ?
je ne suis pas
je n’aime pas
la prudence
des sentiments
jardin du causse
ma princesse
me raccroche
au présent
tombée de son dragon
m’offre une baleine
voilà l’erreur
songer ailleurs
alors que c’est
hic et nunc
les sens
ciel
II
jardin du causse
boire l’été
jusqu’à la lie
breuvage
bouquet
fruits décomposés
voir sans effroi
le soleil
se glacer
d’ennui
se dissoudre
en un clin de brume
jardin du causse
marcher
sur le magma
noir gluant
de ce qui fut
jeunes feuilles
rieuses
écouter
l’éponge des pas
la plainte rauque
des freux
serrer sur soi
la veste de grosse laine
et rentrer
attirée par le fumet
d’une soupe
d’un feu
III
jardin du causse
belle journée
pour panser l’âme
morose
à force de ciel bas
pissant son eau
froide
pendre le linge
aux branches du soleil
ramasser les jouets
qui jonchent le jardin
champignons étranges
et colorés
ranger les pots
les outils rouillés
tailler les roses
fanées
les aromatiques
ramasser le bois
mort
les têtes noires
hérissées de graines
des échinacées
abriter les jeunes cactus
sur les bords de fenêtre
jardin du causse
le potager
me tend
ses dernières
tomates
qui font baver
les limaces
petites bouches
voraces
jardin du causse
la petite fée
mouche et renifle
aide aux travaux
de fin d’été
ose des cueillettes
prohibées
éclate de rire
bouche pleine
de physalis
encore verts
au nez de sa mère
forcément
courroucée
se vautre
dans l’herbe
humide
qui lui chatouille
la figure
chante
chante
tourterelle
IV
jardin du causse
le soleil
ne veut pas
quitter la scène
bel été
indien
trésors cachés
concombres
à carapace
de dragon
saveur citron
jardin du causse
un peintre
a discrètement
posé
les premières
touches
d’automne
la petite fée
s’est évaporée
dans le potager
en compagnie
d’une petite siamoise
venue d’on ne sait où
nous tenir compagnie
jardin du causse
je vais te quitter
m’éloigner un peu
nouveau lieu
nouveau jardin
terre charnue
moins d’os
plus de vaches
moins de moutons
la petite fée
Zorah
la jeune siamoise
Tsou
et moi
allons vivre
dans une maison
de poupée
aux volets bleus
tenter de faire
rimer
Laramière
avec lumière…
10:40 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.05.2007
Jardin du causse - Septembre
I
jardin du causse
ricochet du soleil
offrant sa caresse
crissements
grésillements
bruissements
grondement sourd
d’un avion
parmi d’autres
boum boum
de la rentrée
militaire
et trois coups
de cloche
II
jardin du causse
langueur du potager
déclinant
sérénades
de tourterelles
bavardages d’oiseaux
les figues
lourdes
dans la paume
ouvrir délicatement
aspirer la chair
sucrée moelleuse
communion
sensuelle
deux papillons blancs
dansent amoureux
juste sous mon nez
pour me narguer ?
je souris
amusée
ils me font penser à
deux papillons enfiévrés
qui dansent
peau à peau…
jardin du causse
une lutine s’approche
camion et râteau
en main
bouche pleine
de quoi ?
comme elle a grandi
ma princesse !
les rosiers ont refleuri
les trémières aussi
l’été entonne
son chant du cygne
le ciel voilé
s’enfle de nuages
jacassis de pies
jardin du causse
Giboulée a disparu
plus d’une semaine
ne reviendra plus
je le crains
tristesse…
j’appréhende l’automne
l’été pour moi
commence à peine
un long hiver
l’a précédé
si long
il en a dévoré
le printemps
jardin du causse
ma princesse farnouse
dévore belle prune
grains de soleil
plein les yeux
allez !
l’automne sera
riche !
au loin gronde
l’orage
au diable
inquiétude
poison
amertume !
jardin du causse
la vie prend la couleur
du regard
posée sur elle
j’ai le cœur plénitude
juste
envie
de sincérité
III
jardin du causse
l’orage d’hier
a laissé l’herbe
humide
donné bonne mine
verte
au potager
le ciel s’est paré
de nuages immobiles
tellement
paraissent pas vrais
attention
peinture fraîche
céleste
jardin du causse
douce mélancolie
au cœur
je crois connaître
son nom
petites touches
de lumière
précieuse
arrive une petite fille
vêtue d’une robe grise
lainage blanc
grands yeux étincelants
mèches blondes
joli décoiffé
recrache un caillou
et repart
se parlant à elle-même
sa mère l’observe
émue
jusqu’à l’indicible
Zorah
ma fille joyau
de mon cœur
à cheval
sur un dragon
jaune et vert
joue avec l’eau
déposée par l’orage
jardin du causse
rumeur
circulation lointaine
éclats
voix enfantines
dimanche
à la maison
un chien se raconte
une tourterelle
ressasse
le bonheur de l’instant
suis-je
amoureuse ?
désir volupté
picotement de l’espoir
ô combien dangereux
l’espoir…
trio de tourterelles
dans un vol poursuite
la princesse
est revenue
me montre
sa robe mouillée
IV
jardin du causse
princesse chocolat
marques de cérémonie
gourmande
plein la figure
et les jambes nues
temps suspendu
de l’ouest arrivent
des vagues de pluie
deux sillages d’avion
tracent une croix
au-dessus de ma tête
jardin du causse
princesse chocolat
embrasse avec passion
deux jeunes poivrons
qui seront
sacrifiés
au souper
quelques rayons
se frayent chemin
rehaussent de vieil or
là une tomate
là une fleur
absorbée
par la contemplation
je ne vois pas
la multiplication
des trous de dents
dans les poivrons
dérobés
par une lutine
hilare
jardin du causse
prunes
figues
physalis
tomates cerises
table ouverte
en permanence
incomparable saveur
du tout juste
cueilli
V
jardin du causse
herbe ciel nuages
en transhumance
orgie de figues
violettes
chair rouge
sucrée
friandise confite
fleurs d’hysope
violet vif
poignée de sarriette
poignée de thym
en tisane du matin
effarouchent le rhume
jardin du causse
une fée poisseuse
au nez qui coule
me tend les mains
de la chair
de figue
jusqu’ à la pointe
des cheveux
jardin du causse
j’ai le cœur
d’une amoureuse
pincé
par l’absence
délicieux pinçon
fin d’été
gorgé de suc
et de douceur
la fée poisseuse
vautrée dans l’herbe
bavarde comme pie
qui bavardent aussi
dessins d’enfant au ciel
ronds de nuages
je souffle sur eux
qu’ils aillent
jusqu’à la mer…
et plus loin encore
10:07 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2007
Jardin du Causse - Août
s’allonger
sous le vent
baume à la tête
fatigue
tout s’enchaîne
vite trop vite
moi qui avait fini
par prendre goût
au calme
dompté l’ennui
juste elle et moi
l’enfant la mère
rythme nature
me voilà à nouveau
dans tourbillons
sentimentaux
alors
en cette fin de journée
éclair
arrêter le temps
se poser
respirer
écouter le vent
l’avaler
par la peau
s’écouter vivre
rien d’autre
amour
désamour
désir
d’en haut
d’en bas
toutes complications
humaines
fermer les yeux
baiser du vent
sur les paupières
soleil mûr
septembre s’approche
jonchant le sol
de prunes
sucre caché
entre les épines
les mûres sont belles
la bonne odeur
gâteau doré au four !
à semer rupture
j’ai récolté
amant
papillon
éphémère
et moi où suis-je ?
par delà ma fatigue
je me cherche
dois me trouver
apprendre à dire
à me dire
ne plus me perdre
dans la multiplicité
des alter-miroirs
l’autre
lui ou toi
toi ou lui
et d’autres encore
passés et à venir
je me cherche
je le cherche
je Le cherche
l’homme
sacré
profane
relier
animus
anima
terre et ciel
je m’appelle
jonction
je commence
à entrevoir
le chemin
l’improbable
et pourtant
nécessaire
troisième voie
comme c’est
difficile
de se ressembler
de se rassembler
envers et contre
les schémas
suggérés
conseillés
imposition des masques
guérison factice
jeux d’artifices
je n’ai que faire
d’artifices
que faire
de paraître
ce que je ne suis pas
papillon fleur nectar
souffle parfum matière
je suis la porte
du monde
je veux en jouir
à ma façon
pleinement
animale
cérébrale
spirituelle
pas de frontière
énergie
circulation
libre
l’orage arrive
à grands pas
à l’est ciel
encore bleu
dilué
aquarelle sauvage
méduses anthracites
ciel océan rageur
cortège de nuées
à portée de doigts
à l’est encore
bleus gris
se mêlent
en toute beauté
grosses gouttes froides
crépitent sur ma page
l’enfant excitée
montre le ciel
parle au tonnerre
le chat
moins téméraire
réfugié à l’intérieur
oreilles en pointe dressées
l’odeur de la pluie
sur la terre chaude
m’enivre
l’enfant lance
de nouvelles incantations
au ciel
qui lui répond
force roulements
tambours
bouquets vifs
éclairs !
vite vite folle enfant
mon bel amour
rentrons !
fin de journée
tout sauf paisible
boum boum et
joyeux klaxons
c’est la fête au village
quant à moi
rescapée d’une nuit
blanche
à des croches
et la lune
vu un spectacle
comme je les aime
beau
fort
coup de fouet
à la conscience
trois filles
la prostitution
sous toutes ses
dé-coutures
cicatrices à l’âme
spectacle nourriture
à mes interrogations
je suis triste cœur
nauséeux
immense fatigue
nuit blanche
idées sombres
envie de pouvoir
être fière
des hommes
faut-il donc
qu’ils soient
morts
pour être
admirables ?
regagner terre
pieds nus
dans l’herbe
le chat fidèle
à mes côtés
l’enfant
heureuse insouciance
inspecte le potager
m’arrache
à mes pensées
plombées
futiles
stériles
inutiles
jardin du causse
l’enfant s’accroche
à mon sein
je souris
leçons de vie
en accéléré
comprendre enfin
ce que je
ne suis
plus
crépuscule d’ambre
chaleur du piment
sur la langue
soie du couchant
baume
sur ma fatigue
difficile
d’être maman de jour
fêtarde de nuit
poubelle éventrée
étalée sur la route
signé le chat
exaspération
passent les gens
habillés pour la fête
soulignant ma
non-appartenance
ni d’ici
ni d’ailleurs
seulement terrienne
antérieure aux noms
que portent les lieux
terrienne
les yeux encrés
de ciel
IV
que d’eau
que d’eau
août vert
potager à son aise
ciel pomponné
faire fête
au soleil
parfumé
de fruits mûrs
sa lumière
plus douce
rase la terre
oblique
comment se préparer
à l’idée de l’automne
ce repli sur soi
alors que je commence
à peine
à m’entrouvrir ?
les arbres
imitent le vent
les couleurs
un livre d’enfant
l’enfant qui trempe
tortue caoutchouc
dans flaque d’eau
un moucheron
met fin à ses jours
dans ma narine
droite
les pies
ricanent
j’admire le couchant
sur la peau
des tomates
le rose fauve
des fleurs
d’échinacée
l’enfant m’offre
un caneton bleu
puis la tortue
la sarriette
une mariée
de fin d’été
sourit
de toutes ses pâles
fleurettes
épis soyeux
vert
lumineux
des amarantes
salades
cressons
montés en cierges
de pourpre
et d’or
fleurs nouvelles
mauve sauvage
trèfle sucré
la morelle noire
perfide
s’est glissée
dans la serre
physalis mûrs
tombés à terre
leur cage
dentelle
délicatesse
inouïe
la mélisse
a fleuri
l’absinthe
fée verte
à mis ses petits
pompons
jaunes
15:38 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.02.2007
JARDIN DU CAUSSE en ré-impression
Bonne nouvelle !
"jardin du causse" est en ré-impression,
vous pouvez de nouveau vous le procurer contre 10 euros port compris.
Envoyez-moi un mail pour le commander à delitpoesie (chez) orange (point) fr
MERCI !
11:54 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.01.2007
Jardin du causse - Juillet
l’été mûrit
pas les tomates
se refusent à rougir
hier soir
trois gouttes d’eau
si rare la pluie
on se prend à la désirer
soulager le ciel
journée lourde
un orage peut-être
se prépare
cœur lourd aussi
mère et enfant
plus que jamais unies
père absent
père impair
l’énigme demeure
aussi bien mère
que fille
je ne sais
ce que c’est
qu’un père…
cœur lourd
vaine rage
l’enfant munie
d’un arrosoir
sa robe trempée
vient quémander
de l’eau
y’a plus !
l’enfant secoue
le tuyau
en disant
lo
lo
lo
efface à peine
la morsure solaire
l’enfant plonge
son doigt
dans une prune
cueille
du bout de la langue
la goutte qui suinte
de la blessure
rouge
acide
cette année
les petites prunes
sont acides
moi aussi
sans doute…
mieux vaut acidité
qu’ amertume
non ?
mère et fille donc
l’histoire se répète
un papillon flambé
courtise la lavande
papillons citrons
grand nacré
ailes rousses
piquées de noir
font bombance
sur les fleurs
belles et coriaces
d’échinacée
plante médecine
amérindienne
se plait bien
sur le causse
l’enfant nue joue
sur un tapis rond
avec le chat
temps orageux
portés par le vent
des riffs de guitare
un tracteur passe
une cigale chantonne
une mouche pique
irritante
journée bourdon
gros nuages passent
ne s’arrêtent pas
envie de pluie
de tonnerre…
III
vent et chaleur
chat qui tousse
l’enfant se méprend
et rit de voir rire
le chat
bas-ventre douloureux
cycle féminin
lune complice
femmes de terre
mais les hommes
d’où viennent-ils ?
un chien aboie
mais pas l’ombre
d’une caravane
des sables…
robert le diable
darde
son œil noir
perché sur une feuille
de haricot beurre
ses ailes repliées
taillées
au ciseau
mimétisme parfait
d’une feuille morte
myrtils mâles
en cavale
ocelles noirs
sur velours brun
IV
au couchant
rayons de miel
coulent à la cime
du bouleau revêtu
de sa robe d’automne
cousu de sécheresse
demi-lune blanche
sur ciel encore bleu
tranché
par un oiseau d’acier
sans trace
ma tête est lourde
mon cœur aussi
sans doute
allongée sur le sol
ne faire qu’un
entre mes cuisses
saigne mon cœur
la blessure d’amour
difficile de ne pas plier
sous le joug
des pensées
ici donc est le lieu
où j’aurai vécu
ma plus douloureuse solitude
avec cette peur
de trop peser
sur mon enfant
appréhension d’une fatalité
d’une boucle
qui me bouclerait
V
toujours pas d’eau
rituel quotidien
l’arrosage
alors que
dans mon cœur
averses et soleil
ne cessent d’alterner
se disputant la grisaille
un oiseau bleu
sur le grand frêne
une perruche !
insolite en ces lieux
après enquête
évadée de la maison
d’à côté
mère et fille savourent
un sorbet à la fraise
un vrai sorbet
de vraies fraises !
Giboulée fait toilette
les premières tomates
arrivent à maturité
les courgettes s’offrent
voluptueuses niçoises
fines et blanches
siciliennes
les fruits du physalis
le plus trapu
enchantent mon palais
de leur saveur
vanille
rien de meilleur
les fruits de la terre
s’offrent en échange
d’un peu de sueur
et beaucoup d’amour
indispensable
amour !
VI
feu de camp
crépitant
enceinte de pierres
cercle de flammes
autrefois rite
de séduction
à présent
rêve consumé
de l’amour
ne reste que
fumée
sous la cendre
pourtant
un pur diamant
son nom
Zorah
pour elle
bat mon cœur
et dans mon malheur
je frôle
peut-être
la sagesse
nourrir le feu
nourrir
l’âme
pie en colère
la nuit avale
tranquillement
le jour
couleuvre
enveloppante
les chiens
comme de coutume
échangent des bruits
qui courent
et chacun de vanter
les mérites
de son maître
de la chienne voisine
la face de la lune
pleine et ronde
au teint cuivré
s’impose
le feu chantonne
l’enfant danse
on ira voir la lune
lui a dit sa mère
Giboulée
chasse les ombres
sautillantes
provoque l’enfant
à des courses
désordonnées
me voilà monture
de petite fée
déchaînée
le tour achevé
elle repart nourrir
le feu dit-elle
tout en déposant
un bisou
sur le nez
du chat
une chanson africaine
berce la maison
le chat se frotte
à mes pieds
le ciel se voile encore
quelques gouttes
pipi d’angelette
passe une chauve-souris
la fée entame une danse
ses menus pieds
tambourinent le sol
tournent autour
de la fée-mère
à moins que la vieille
ne soit plutôt sorcière…
la petite fée
montre et nomme
le wavron
puis frôle du doigt
les tomates
mimiques gourmandes
leur fait au revoir
quelques commérages
dix coups au clocher
puisse la sérénité
de l’instant
s’inscrire en moi
y demeurer
longtemps
VII
une petite fée
toute nue
s’affaire
en son royaume
crépuscule orageux
nuages vertigineux
quand donc viendra
l’eau ?
la paix n’est pas
un état
mais une victoire
sur soi
une trêve
dans la guerre
intime
sur le ciel
voilé
le squelette
d’une colonne
vertébrale
s’est figé
suspendu
entre nuit
et jour
la petite fée
ne pouvant résister
au charme
des tomates
y retourne
pour les embrasser
en guettant
du coin de l’œil
la sorcière
qui a proféré
interdiction
de ramassage…
me voit-elle là,
dissimulée
par le feuillage ?
hélas oui !
la sorcière a les yeux
partout !
petite fée s’en va donc
par les sentiers potagers
précédée par Giboulée
son chat doux fétiche
les calendulas
s’allument
sur leur passage
atmosphère nimbée
de phosphorescence
douceur
envoûtante
étoilé
par les éclats de rire
de la petite fée
ce soir
la vie
a goût
de paradis
21:48 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Jardin du causse - Juin
I
fin de journée
mère et fille encore
à déguster des fraises
Giboulée fait du charme
espoir de gamelle
les journées
sont très chaudes
mais à cette heure
l’air est léger
de papillons
cloches du soir
sept d’un coup
mère et fille
ont fait longue sieste
le potager assoiffé
implore le tuyau
l’herbe s’est teinte
en blonde
décolorée
seul le liseron colonial
persiste à porter du vert
l’enfant hume la lavande
une tourterelle s’accorde
au timbre des cloches
la mère trompe
à goût de fraise
l’amertume
l’absence
d’amitié
de famille
sans parler
d’amour
mère et fille
inlassablement
engloutissent
des fraises
assises
à l’endroit même
où le jardin hier
a avalé
un bracelet
de jade…
finira bien
par le rendre
toute verdure
a tourné paille
le vent soupire
un message
de pluie ?
les plantes ont soif
le cerisier
a porté
peu de fruits
tous raflés
sitôt mûris
par la gente ailée
robe de l’enfant
maculée de rose
jus de fraise
jolie bouille
barbouillée
lavande en fleurs
l’enfant imite le vent
d’un sourire radieux
salue le papillon
où se dressent
les pampres bleues
des vipérines
dans l’écrin
d’un souci
somnole
un chrysomèle
aux reflets irisés
dans la serre
trouvé mort
un flambé
grand papillon
jaune pâle
longue queue ornée
de demi-lunes bleues
deux taches rousses
point bleu au centre
piérides blancs
vulcains noir et fauve
jouent avec le vent
se saoulent
de subtils parfums
une rose trémière
déploie ses jupons
de crépon
rose pâle
la mère écrit
regard posé
sur une lutine
qui butine son sein
une lutine
en sandales roses fleuries
robe blanche à pois
verts et bleus
taches rouges
attrapées
dans les fraisiers
une fourmi
traverse la page
traîne une graine
vient un moucheron
puis une autre bébête
minuscule
à y regarder
de plus près
elles est deux
je viens de surprendre
deux mouchettes
en train de faire
l’amour !
allons ma fille
ramasser des radis
pour le souper !
la fille chute
et rechute
un oiseau chante
pour la consoler
21:35 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2006
jardin du causse - MAI
la pluie la pluie
des jours
des jours entiers
suçant des bonbons
gelés de grêle
et aujourd’hui enfin
le ciel revient
en tenue de mai
mais comme on dit :
« fait frais pour la saison »
vert dominant
myosotis bleu confetti
quelques soucis
plus jolis au jardin
que dans la tête
dans la serre couveuse
courges et tomates
font une percée
mais au potager
les radis peinent
les semis
restent cachés
et moi
tête ailleurs
trop d’émotions
trop vives
jardin intérieur
dévasté
trombes d’eau
trop salée
pas assez de rires
de soleil
pour sécher
mon cœur détrempé
nulle éclaircie
écrin de sérénité
l’enfant et moi
toutes deux bercées
terre mère éternelle
éternelle vraiment ?
nuque offerte
caresse d’un soleil
consolateur
le chat nous rejoint
Giboulée joueur
bon chat
patience infinie
envers sa tortionnaire
en herbe…
entre l’enfant et l’animal
une connivence vieille
comme le monde
il grogne
elle éclate de rire
vives palabres
de chiens
l’enfant trébuche
à quatre pattes
passent
des promeneurs
du dimanche
l’enfant réclame le sein
je lui donne
de bon cœur
laissant mes yeux
voguer au ciel
nuages
douces
dodues
peluches
l’air est doux
fine pluie
entre gouttes
de soleil
chants d’oiseaux
goût de paradis
flammes vives
coquelicots
calendulas
jaune effiloché
du laiteron des champs
le mauve plus discret
du géranium robert
de la vesce
dont la signature
s’achève
en langue
de papillon
petit bijou bleu roi
la fleur de mouron
sertie dans son calice
à pointes effilées
ses étamines roses
dorées de fin pollen
tapis d’aspérules
collerettes étoilées
leurs menues fleurs
en croix pâlichonnes
beauté
de l’infiniment
simple
simplicité
de l’infinie
beauté
les roses en secret
se préparent
les pivoines
défroissent
leur robe
bientôt
le bal des abeilles
chaque fleur
unique
grande ou petite
cœur en offrande
délicieusement
impudique
IV
pris le chemin
qui mène de Varaire
à Limogne
seule
douce saveur
de vraie solitude
pierres
fleurs
en multitudes
le vent
et la chorale des arbres
danse des blés
quelques champs cultivés
dans leurs écrins sauvages
marcher
marcher
respirer
songer à quel point
cela me manquait
marcher
sentir la sueur
m’imprégner
humer le monde
jusqu’à l’oiseau étincelle
l’oiseau jaune
dans les sous-bois
qui lance un cri
pour m’avertir
le moment est venu
de faire une pause
alors surgit
devant mon nez
un écriteau de bois
« dolmen du Joncas »
sourire
passer la clôture
suivre le petit sentier
de terre rouge
atteindre le monticule
bosquet sacré
cornouillers
s’imprégner de la beauté
au centre
le large dolmen
mémoire minérale
je pose mon sac
m’étend
sur la pierre plate
ferme les yeux
picotements dans les bras
corps entier envahi
l’énergie dont j’ai besoin
connectée à la source
immémoriale
puiser la force
mater éternelle
renouer le lien
me faire du bien
loin des hommes
je suis sauvage
je suis …
sérénité
simplicité
unité
il fait chaud
je suis au cœur
ou d’ailleurs
à ma place
V
crépuscule d’oiseaux
journées chaudes
nuits douces
beau mois de mai
les radis
ont les joues bien roses
les salades épanouies
les fraisiers
font de l’œil
patience patience
nouveaux semis
haricots beurre
haricots verts
la tétragone déplie
ses premières feuilles
palmier yucca cactées
ont regagné à leur tour
les quartiers estivaux
la serre transformée
en casa pastèques
et piments
paisible solitude
les grillons
se frottent en chœur
les cloches dix coups
le ciel est clair
à l’ouest
il fait encore jour
Vénus y resplendit
deux chauve-souris
en chasse
passent rasant le sol
me frôlent presque
d’un avion
me fait lever la tête
toujours
cela me rappelle
avant
l’autre vie
celle où je ne touchais pas terre
n’en reste t-il
qu’une araignée
gonflable
crevée
dont les pattes pendent
piteusement
hors d’une bassine
orange ?
tant de douceur
une invitation
à l’amour
ce souvenir nommé
nostalgie
plénitude printanière
juste la chance
inouïe
d’être là
vivante
fin d’après-midi
roulements de tonnerre
grosses perles de pluie
sur les carreaux
brassées d’éclairs
qu’il fait bon être
à l’intérieur
l’enfant à la sieste
le chat à sa toilette
bien-être
au goût d’enfance
une certaine enfance
rêvée peut-être
ciel gris
luminescence
électrique
la maison
ses vieux murs
en pierre
tic tac de la pendule
la langue râpeuse
que le chat passe
repasse
sur son pelage gris
fauve pantouflard
chasseur de gamelle
derniers semis
carottes radis
la pluie
de ses caresses
fait jouir
le potager
ciel doux couvert
mes mains
calleuses
noires
ampoulées
satisfaction
du travail accompli
savoureuse fatigue
tomates concombres
aubergines courgettes
potimarrons et autres
cucurbitacées
à chaque plant
sa place
au potager
à chacun sa pelletée
de compost maison
sa lampée
de purin d’ortie
les cloches six coups
l’enfant marche
court trébuche
se relève heureuse
de maîtriser son corps
et l’espace
ramasse des fleurs
inspire à plein nez
haaaaaaa ! dit-elle
rayonnante
armée d’un bambou
elle adoube sa mère
petite pèlerine
en son royaume de lutin
la géante mère
gronde
le bambou fait mal
dans la figure
rayons de soleil
l’enfant s’échappe
vers la serre
l’endroit interdit
ô combien attirant
du coin de l’œil
la mère surveille
sourire posé
sur les lèvres
l’enfant revient
se nicher sur elle
le chat fait toilette
il fait bon vivre
dans un jardin
du causse
ou d’ailleurs
où l’enfant aime
prendre le sein
de sa mère
aux yeux bateaux
arrimés aux nuages
toutes deux bercées
par la houle musicienne
gazouillis
chuintements
frottements
stridulations
parfum de sauge
l’enfant plonge
la tête dans le buisson
puis vient offrir
inestimable trésor
un caillou à sa mère
un autre encore
puis une feuille de sauge
et une autre encore
rituel d’enfant
rituel vivant
hier soir l’orage
a pleuré
de joie
fait danser le jardin
au rythme
des percussions
célestes
de ces larmes
est née une rose
ancienne
d’un rouge presque
fluorescent
je peux la voir
de la fenêtre
splendide
je sais
son parfum
enchanteur
derniers repiquages
tout est en place
les derniers plants
de basilic
rejoindront
les tomates cerise
les jaunes
qui mettent l’or
à la bouche
vu quelques cerises
rougissantes
pas beaucoup
quant aux fraises
elles disparaissent
dans la bouche
d’une lutine
et sa mère
à peine ont-elles
le temps
de mûrir
les mouches sont là
pas la peine d’espérer
un été
sans elles
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23.10.2006
Jardin du causse - AVRIL
I
jardin du causse
assise sur le seuil
une bière à la main
biologique la bière
les derniers feux
du couchant
illuminent le jardin
de l’intérieur
chaque brin d’herbe
un brin d’émeraude
têtes rondes
des pissenlits
anges auréolés
mûrs pour l’envol
les jeunes feuilles
du bouleau blanc
passées à l’or fin
le même en liquide
dans mon verre
jardin du causse
vol plané
d’une tourterelle
et au-dessus
vol rectiligne
de l’oiseau kérosène
sur un ciel
de bord de mer
jardin du causse
père et fille
jouent avec Giboulée
ce drôle de chat
gris aux yeux verts
pelote de ficelle
souris de sisal
jardin du causse
les oiseaux commentent
les potins du soir
bavardages enchanteurs
une mouche en retard
fuse en vrombissant
tranquille là-haut
un avion encore
fend le ciel
ici c’est un couloir
pour oiseaux d’acier
jardin du causse
sur la terre
nonchalance du tigre
fauve de jardin
toise l’enfant
d’un air
condescendant.
II
jardin du causse
soleil de midi
s’étale
prodigue
la minette
trèfle des sols pauvres
gambade joyeusement
cinq minuscules fleurs
jaunes
fusionnent
pour n’en faire qu’une
jardin du causse
dégager délicatement
les fraisiers
archéologie gourmande
quelques fleurs déjà
augurent d’un plaisir
proche
jardin du causse
le lilas a fleuri
discrètement
III
jardin du causse
fin de journée
salades semées
merveille des quatre saisons
cressonnette marocaine
puis épinards
à la volée
au hasard
achillée millefeuille
jardin du causse
l’homme de la maison
a fauché le terrain
taches blanches
sur le chemin
peinture anti-rouille
l’homme
a peint son camion
quelques gouttes de trop
j’ai mal
à mon environnement
j’irais nettoyer
ôter herbe terre souillées
parce que ce sont
les petites choses
qui comptent
une planète viable
pour sept générations
c’est un minimum
ce sont
les petites choses
qui comptent
jardin du causse
l’enfant joue
avec les herbes fauchées
feuilles fleurs
persil sauvage
au parfum entêtant
passe une hirondelle
solitaire
déjà là ?
à l’aplomb de ma tête
croissant de lune
couleur nuage
nuages
volutes légères
draperies de fumées
pendues
au plafond du ciel
jardin du causse
passe l’homme
sans un regard
portable à l’oreille
parle fort
trouble la sérénité
de cette fin de journée
passe un papillon
blanc
pressé
comme un lapin d’Alice…
21:49 Publié dans RECUEIL JARDIN DU CAUSSE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







