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10/09/2014

La Porte du Messie de Philip le Roy

Cherche Midi, 7 mai 2014.

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384 pages, 19,50 €

 

Captivant, haletant, passionnant, il n’est pas difficile de trouver des qualificatifs pour encenser ce thriller théologique, encore plus enthousiasmant quand on sait que cette fiction est basée sur des recherches historiques, linguistiques, archéologiques, littéraires et théologiques donc, tout à fait sérieuses, encore peu diffusées, sur les origines du Coran et que certains de ces chercheurs ont mis pour elles, leur carrière, mais même parfois leur vie, en danger. D’ailleurs une des protagonistes de ce roman va elle-même transmettre toutes ces informations à son auteur, pour qu’il en fasse bon usage, lors d’un salon du livre à Porto-Vecchio en juillet 2013, ce qui laisse habilement le lecteur à cheval sur un fil fragile entre fiction et réalité.

 

Simon Lange, diplômé en théologie, apprend à Beyrouth, le jour des funérailles de ses parents, un couple franco-libanais mort dans un accident de voiture à Paris, qu’il a été adopté et que son père adoptif donc, lui a laissé des documents concernant son origine dans le coffre d’un hôtel à Jérusalem. Quand il s’y rend en compagnie d’un ami de la famille rencontré lors des funérailles, un certain Markus, le coffre est vide. Simon Lange, grand amateur très peu raisonnable de Talisker, le "rocher escarpé" en langue nordique, un whisky de l'île de Skye, noiera son dépit dans les bars de Jérusalem en compagnie de ce Markus. Leur odyssée les conduira devant la célèbre Porte du Messie ou porte Dorée, une des huit qui percent les remparts de la ville et qui donnait sur l’esplanade du Temple ou esplanade des Mosquées. Soliman le Magnifique la fit murer en 1541. En effet, selon une croyance chrétienne, Jésus serait entré dans Jérusalem par cette porte et selon la tradition juive, le prochain Messie rentrera par là également. D’où le mur et la construction d’un cimetière musulman juste devant, sachant qu’un grand prêtre ne pourrait le traverser. Il est dit aussi que cette porte se rouvrira à la fin des temps. Or, complètement ivre, Simon Lange mit au défi par Markus qui filmera la scène, se jette contre le mur et disparaît.

 

Simon se réveille dans une cellule de dégrisement, incapable d’expliquer comment il a pu se retrouver de l’autre côté de la porte, Markus dont l’appartement a été cambriolé reste introuvable et cela marque le début d’une course-poursuite effrénée entre Jérusalem, Paris, Berlin, le Liban et la Syrie.

 

« Tout commence en Syrie » est la phrase clé qui guidera Simon tout au long d’une enquête fiévreuse qui mêle à ses propres origines de plus en plus énigmatiques, une mystérieuse branche chrétienne qui semble avoir survécu dans l’ombre depuis l’époque de Jésus, en changeant sans cesse de nom au cours des siècles et ce qui seraient les véritables origines du Coran. Simon dont la tête semble être mise à prix par de nombreux groupes d’individus, trouvera aussi sur sa route, des personnes qui lui indiqueront sans en avoir l’air la direction à suivre, dont Sabbah une très séduisante syrienne vivant à Paris et travaillant pour l’Unesco.

 

Simon se rendra compte peu à peu que tout son vécu antérieur semble avoir eu pour seul but de le préparer à affronter toutes ses incroyables aventures et que plus il avance et moins le hasard a son mot à dire. Cette enquête semée d’embûches le mènera du Corpus Coranicum, un projet de recherche de l'Académie des sciences humaines de Berlin-Brandebourg au village montagneux syrien Maaloula, à majorité chrétienne qui parle encore l'araméen.

 

Qu’est-ce qui relie les énigmatiques Nazôréens, Jérusalem, les Bouddhas géants des falaises de la vallée de Bamiyan en Afghanistan, la bibliothèque secrète d’Ivan le Terrible, Waraqa ibn Nawfal, le cousin de Khadija, première épouse de Mahomet qui fut, selon certaines sources, un prêtre converti au christianisme nestorien, Bachar el Assad, Saddam Hussein, les Frères Musulmans, Hitler et le troisième Reich, le Hezbollah, l’Arabie Saoudite, la CIA et les évangélistes américains ?

 

Pour découvrir la vérité sur ses propres origines, Simon Lange va devoir démêler tout ça, en usant de toutes ses remarquables capacités physiques et intellectuelles et un certain don pour les tours de magie. Nous le suivons sans nous ennuyer une seule seconde et dans ce roman explosif car il touche à un sujet tabou en lien direct avec le monde actuel, il se pourrait que la fiction puisse éclairer de nombreux évènements en cours et aussi soutenir celles et ceux, majoritaires, pour qui l’Islam est une spiritualité intérieure face à ceux pour qui c’est une idéologie politique asservissante, au service d’une quête fanatique du pouvoir.

 

Une mine de pistes à suivre pour tenter d’en comprendre un peu mieux les enjeux, énormes. Après avoir lu ce livre, le lecteur peut tout à fait se transformer en enquêteur à son tour.

 

Cathy Garcia

 

PLeRoy.jpgPhilip Le Roy est un auteur français de polars, né en 1962 à Toulouse. Autodidacte doublé d'un globe trotteur. Touche-à-tout, il est à la fois adepte des arts martiaux (viet vo dao), bassiste rock à ses heures, ancien publicitaire et auteur de romans (très) noirs depuis 1997.Après Pour adultes seulement, lauréat du Prix du polar de Toulouse et Couverture dangereuse, deux premiers romans noirs, il est révélé en 2005 par le Grand Prix de littérature policière pour Le Dernier Testament, où apparaît pour la première fois Nathan Love. En 2007 paraît La Dernière Arme, deuxième enquête du profiler zen. Ses livres sont publiés dans la collection Points Thriller et sont traduits en Italie, Espagne, Russie, Allemagne, Corée…

 

 

Cet article est en ligne sur le site de la Cause Littéraire.

http://www.lacauselitteraire.fr/la-porte-du-messie-philip...

 

et pour en savoir plus sur le contexte : http://salon-litteraire.com/fr/philip-le-roy/review/1878850-la-porte-du-messie-il-s-agit-d-aborder-un-sujet-tabou-et-de-remettre-en-question-1400-ans-de-formata

 

 

 

 

 

 

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