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23/07/2015

"Nous allions à Kobanê refleurir les espoirs détruits, construire une bibliothèque, un parc pour les enfants.[...] Je ne suis pas bien, je ne serai pas bien, ne soyez pas bien !"

 

je partage ce message reçu aujourd'hui, n'en connais pas directement l'auteur et le mets tel quel pour que ça se sache, je n'ai pas mis les photos des victimes, qui ne suivent pas au copier-coller :
 
"Le 20 juillet, dans l'Est de la Turquie, une bombe explose. 31 morts. La révolution du Rojava ensanglantée.
La plupart des médias français n'en n'ont même pas parlé, faute de temps entre le reportage sur « les arnaques de l'été » et celui sur Paris plage. Et c'est peut être mieux car ceux qui en ont parlé ont évoqué un attentat « contre Erdogan et la Turquie » (RFI).
Comment expliquer ensuite les manifestations de colère qui ont suivit cet attentat ? Les « Etat islamique assassin, AKP complice » ?  Et la répression qui s'en est suivi ? Expliquer quoi ? Pas le temps

Des journalistes un tant soit peu sérieux auraient parlé non pas d'un attentat contre le gouvernement turc, mais contre l'opposition, la gauche radicale pro-kurde.

Car à Suruç, les 31 victimes n'étaient pas membres du gouvernement. Ni même des passagers d'un bus pris au hasard d'un attentat aveugle .
Il s'agissait de 31 militants, en majorité jeune, qui récoltaient des  vêtements et des jouets pour les enfants dans le cadre de la reconstruction de Kobanê.
Ils s'étaient réunis à  Suruç, dans le sud-est de la Turquie, pas loin de Kobanê, avec 300 autres militants de différentes sensibilités,  à l’appel de la Fédération Sosyalist Gençlik Derneği (Association de la Jeunesse Socialiste) pour aller à Kobanê participer à sa reconstruction.

A midi, à l'heure du repas, une « bombe humaine » s'est fait explosée lors de la conférence de presse de cette initiative.

Merve Kanak écrit, depuis Suruç :
« Ils ont tué les gens avec lesquels on a chanté dans le bus. Ils ont tué les gens avec lesquels on a dansé. Les gens avec lesquels on a papoté, les confrères que nous étions surpris de voir là bas, il les ont tués. Il ont tué les gens avec lesquels on a pris le petit déj à Amara, rigolé, mangé une pastèque. Ils ont tué les gens avec lesquels on a discuté théorie, politique. Les gens qui avaient des idéologies différentes mais qui étaient réunis par la réalité de la Révolution, ils les ont tués.

Nous étions tous des gens bien. Nous allions réaliser un rêve. Nous avions 3 sacs remplis de jouets pour les enfants, vous me comprenez ?
Nous avons marché attentivement pour ne pas marcher sur les cadavres de nos camarades, vous me comprenez ?
J’ai compris pourquoi les “Agits”  (chants funebres) kurdes sont si tristes, vous me comprenez ? »


31 victimes, c'est un peu court comme formule. Ces 31 victimes, ce sont des personnes, des visages, des histoires, des projets.

C'est Hatice Saadet, étudiante, si  heureuse de « participer à une révolution, en tant que femme et féministe »


C'est Süleyman Aksu, 28 ans, qui ne donnera plus de cours d'anglais au lycée de Yüksekova .



C'est Murat Yurtgül, en dernière année de psycho à Istanbul, passionné de théâtre et de lecture. 



C'est Okan Pirinç, lycéen.



C'est Ferdane, sa fille, Sinem ...



... et son fils, Nartan Kılıç.



C'est Mustafa Seker, dont le fils avait été tué lors du siège de Kobanê.



C'est Mücahit Erol, qui n'avait pas encore 18 ans.


C'est Koray Çapoglu, qui avait participé au mouvement de Gezi et à divers mouvements environnementaux . 



C'est Ferdane Dinç, du conseil jeune HDP d'Istanbul.



C'est Erdal Bozkurt, 27 ans. 



C'est le photographe Kasım Deprem.



C'est Cemil Yıldız, ex-candidat du HDP.



C'est Nazlı Akyürek, étudiante à l'Université de Kocaeli.



C'est Çagdas Aydın, militant de la cause des transsexuel(le)s. 



C'est Cebrail Günebakan, 27 ans.



C'est Nazegül Boyraz, militante des droits des alévis,



C'est Alper Sapan, 19 ans, militant anarchiste et étudiant en philo.



C'est Alican Vural 



C'est Aydan Sancı. 



C'est Yunus Sen, étudiant à l'Université de Van .



C'est Büsra Mete, 23 ans. 



C'est Polen Ünlü, membre du HDP, militante des droits des objecteurs de conscience.



C'est Duygu Tuna, vice-présidente de la section HDP de Maltepe.



C'est Emrullah Akhamur



C'est Ugur Özkan, originaire de Cizre. 80 000 personnes ont assisté à ses obsèques, mardi.



Et les autres, dont j'ignore tout.

Loren Elva, militant LGBT, hospitalisé avec de nombreuses brûlures écrit
« Nous allions à Kobanê refleurir les espoirs détruits, construire une bibliothèque, un parc pour les enfants.[...] Je ne suis pas bien, je ne serai pas bien, ne soyez pas bien !" Cette formule («  #iyideğilim, #iyiolmayacagım, #iyiolmayin", devenue hastags, circule largement aujourd'hui. )
 
 

 

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