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29/08/2007

WEBSEX (recyclage) par Fishturn

lundi 25 septembre 2006

Ce jour je vais mieux, alors, je bois, du vin d’abord, du whisky, un peu de vodka (pas trop), du champagne (beaucoup). J’ajoute à cela une pilule d’Imovane et deux paquets de cigarettes. Une petite promenade chancelante entre les ruelles tortueuses de mon esprit engourdi. Une connexion Internet. Pourquoi pas. Je me connecte aux chats. Plutôt sexe. J’ai l’alcool un peu salace et j’aime à voir l’imagination de mes contemporains en la matière. Journée découverte, sorte de dépucelage violent, et à haut débit de surcroît. Commençons fort. Ici pas de maître du jeu, pas d’arbitre, personne pour surveiller, monstre stupide autant qu’on veux, jusqu'à plus soif, bien mariole. Jeux de rôle. Je suis d’abord Mina, blonde, 1m66, belle poitrine, jambes de rêve et petit cul bombé, un certain goût pour le cuir. Tu suces ? Trois paquets par jour mais j’essaie d’arrêter. Tu viens ? Compte la dessus, laisse moi l’adresse je note. Je suis Marc, 1m85, brun latino. Quoi plutôt chez toi ? Sur ton terrain c’est ça ? Ok no problemo. Ouais ouais je peux venir en bagnole. Quoi ? Ah, une Audi TT gris métallisée pourquoi ? Oui oui je suis clean, pour qui tu me prends ? T’as déjà fais ça a quatre avec des toys ? René, 63 ans, j’ai un chien ça te gène ? Non non, uro seulement, ma femme regarde. Je suis Cathy 35 ans, j’aime dans les hôtels classe mais pipe avec capote only. Je suis Ziggy, 19 ans, gay, je n’ai pas froids aux yeux tu sais. T’es ok sans capotes ? Oui bien sûr, dans les caves, plugs, colliers, fouets, martinets si possible, lubrifiant en option. Quoi ? oui oui imberbe évidement. Je suis Martine, 51 ans, divorcée, trois enfants. Tu suces ? Ok sans capotes ? (c’est une manie ma parole, non une épidémie ! la vraie !). Volontiers, plutôt dans les parkings, mais avant 16H je dois aller chercher le petit à l’école, non non pas de claques sur les fesses. J’ai la peau sensible.
Internet, immense jeu du sexe en réseau, sans limites d’age, de pratiques, de profils. Des millions de souris glissantes, frémissantes, en rut à l’assaut du vagin tentaculaire et planétaire. Des millions d’écrans ruisselant d’une immonde soupe de solitude affective, et gaillardement aspergés des plus vivaces névroses du monde par-dessus le marché. Des claviers dégoulinants d’une ragouillasse âpre de libidos en compote. Une armée de James Dean avalant des kilomètres de sodomies verbales sur des Marilyn ligotées à genoux dans les câbles RJ-45. Pénétrez à sec dans la plus grande orgie du monde pour seulement 29€95 par mois. Mouchoirs non inclus. “Do you want your dick to be in million of women’s screensavers? Try Penis Enlarge Patch. Sexual Dynamo ! Viagra online ! VlAGRA 1OOmg - 1.55/PlLL Completely secure and c0nfidential.
Du sexe, du sexe plein la bouche, les yeux, les tympans, l’estomac, tellement, énormément, tout de suite, que j’ai cru devenir une érection démentielle et invincible moi-même. Frétillant d’abord, écoeuré soudain.
Le bonheur ? quoi le bonheur ? Va donner à manger aux canards si tu cherches le bonheur merde. Tu veux du collyre? T’as les yeux rouges là.

Lieu du larcin : http://fishturn.blogspot.com/

22/08/2007

KIM KI-DUK

Je voudrais vous parler ici d'un de mes cinéastes fétiches : Kim Ki-duk
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Radical, esthétique, perturbant, percutant, viscéral, souvent torturé, voire violent, le cinéma de Kim ki-duk est toujours pourtant d'une grande beauté. Il explore les relations humaines à travers le prisme de la société coréenne. Kim Ki-duk s'est formé seul au cinéma. Je l'ai découvert avec Printemps, Automne, Eté, Hiver et Printemps, une oeuvre un peu plus paisible que ses autres films, une véritable perle cinématographique, magnifique !
 
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Puis j'ai vu un autre film de lui, et un autre et encore un autre jusqu'à vouloir TOUS les voir et me voilà totalement envoûtée par son univers, car ses films  bien que différents les uns des autres, conservent une marque, une griffe même, très très particulière.
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Kim Ki Duk est un conteur social. Ses histoires sont toujours une description précise d’un malaise de la société coréenne, qu’il soit militaire comme dans Address Unknow, ou bien sexuelle, inégalitaire comme dans Bad Guy, ou bien un peu plus conceptuel dans L’île ou Printemps, Eté, Automne, Hiver et Printemps. Ensuite le réalisateur aime les personnages en marge de la société : clochard, prostituée, militaire à la dérive, moine monastique. Il affectionne particulièrement sa condition sociale avant même ses traits de caractères. C’est dans des conditions difficiles, sensibles, que Kim Ki Duk nous dévoile une partie de sa vie en récitant des œuvres quasi autobiographiques qui expie ses malheurs telle un remède, une thérapie à ses souvenirs. Son expérience militaire, religieuse, artistique et ouvrière lui a donné une inspiration et des aspirations singulières.
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Kim Ki-duk est né le 1er janvier 1960 dans la province de Kyongsan à Bongwa en Corée du Sud. Il passe son enfance dans un village perdu dans les montagnes qu’il quitte en 1969 pour Séoul où il fait ses études. À 17ans, il est obligé de quitter le lycée agricole pour travailler comme ouvrier. Trois ans plus tard, il s’engage dans la marine pendant cinq ans. Il en ressort profondément transformé et passe alors deux ans dans un monastère pour devenir prêtre. Il se passionne alors pour la peinture et part étudier dans une école d’arts plastiques de Paris. Sans le moindre argent, il vit en vendant quelques toiles. Il entre pour la première fois dans un cinéma où il est notamment marqué par Le Silence des agneaux et Les Amants du Pont-Neuf. De retour de Corée en 1993 et désormais passionné par le cinéma, il s’intéresse à l’écriture de scénario. A Painter and a Criminal Condemned to Death est remarqué et lui vaut le prix de la création attribué par l’Association des Scénaristes. Il reçoit enfin en 1994 pour Double Exposure puis en 1995 pour Jaywalking des prix du scénario délivrés par la très puissante Commission du Film coréen. Il se lance alors dans la réalisation et achève en 1996 Crocodile son premier film inspiré de sa vie.A partir de là, Kim tourne au rythme d’un film par an des films à petit budgets. Après Wild Animals qu’il tourne à Paris, il sort en 1998 son troisième film Birdcage Inn. L'Île, réalisé en 2000 est son premier grand succès. Celui-ci est sélectionné au Festival de Venise ce qui lui permet de faire parler de lui en Europe alors que les critiques coréennes rejettent violemment son film. La même année, il réalise avec peu de moyens et en temps record Real Fiction qui prouve son grand talent pour l’improvisation. Il sort les années suivante deux autres films Address Unknow et Bad Guy son plus grand succès en Corée. Ses films sont invités aux Festivals de Venise et de Berlin. En 2002, il sort The Coast Guard appuyé par une grosse promotion due notamment à la présence de la star Jang Dong-gun. Cependant les recettes commerciales sont décevantes. Personellement j'ai beaucoup moins aimé celui là que les autres. Dans Printemps, été, automne, hiver… et printemps, Kim tout en s’intéressant toujours au marginaux apporte une touche spirituelle et aborde des thèmes comme la rédemption et le pardon. Il gagne le prix de meilleur réalisateur au Festival de Berlin pour Samaritan Girl et au Festival de Venise pour Locataires (3-Iron) qui sort en 2004. Les films et Kim Ki-duk sont marqués par leur caractère déconnecté dus à ses origines modestes et à son ignorance des règles formelles. Ses personnages principaux sont souvent des marginaux, à l’écart de la société coréenne. Il est un des rares réalisateurs coréen à avoir réussi à percer à l’étranger sans pourtant plaire aux critiques et au public de Corée. Il a dit après le tournage de "Samaria" : "J’ai une idée obsessionnelle, obstinée du cinéma en tant que mélange de tension, de crise, de paix, d’ironie et de destruction. Pour moi le cinéma, c’est tout ça à la fois."

1996 : Crocodile (악어, Ag-o)
1996 : Wild Animals (야생동물 보호구역, Yasaeng dongmul bohoguyeog)
1998 : The Birdcage Inn (파란대문, Baran daemun)
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2000 : Real Fiction (실제상황, Shilje sanghwang)
2000 : L'Île (섬, Seom)
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2001 : Adresse inconnue (수취인불명, Suchwiin bulmyeong)
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2001 : Bad Guy (나쁜 남자, Nappeun namja)
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2002 : The Coast Guard (해안선, Hae anseon)
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2003 : Printemps, été, automne, hiver... et printemps (봄여름가을겨울그리고봄, Bom
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2004 : Samaria (사마리아, Samaria)
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2004 : Locataires (빈집, Bin jip)
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2005 : L'Arc (활, Hwal)
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2006 : Time (타임, Time)
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2007 : Breath (Soom)
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Revue MORTIBUS, n° 4/5, “Faim du travail”

à paraître en octobre 2007

Revue MORTIBUS, n° 4/5, “Faim du travail”, 384 p., illustré, 25 €

E-mail : fabien.ollier@wanadoo.fr
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Si les modalités du travail font souvent l’objet de critiques, le travail en tant que tel (la chose elle-même) demeure le point aveugle par excellence. On veut bien critiquer la marchandisation du monde et des hommes, mais rares sont ceux qui osent s’attaquer à la racine même de la production de marchandises et de valeurs. Le lien sacré qui unit l’homme au travail est intouchable, et reste quasiment inviolé ; quiconque l’attaque se heurte à l’union sacrée des travaillistes. Aujourd’hui, comme en de plus sinistres époques, l’idéologie la plus néfaste subsiste : arbeit macht frei. L’anachronisme dans lequel nous plongent les gouvernements qui ne se plient qu’au bien-être d’un système économique devenu autonome, nous transforme en spectateur d’un vaste crime organisé. Plus qu’à tout autre moment de l’histoire, il est donc temps de dire que la liberté rend le travail !

sommaire :

MORTIBUS
L’os du travail
Roger DADOUN
De quoi l’homme-il travaille ?
Dietrich HOSS
De la lutte contre le capital à la lutte contre le travail
Ernst LOHOFF
Terreur du travail et critique du travail
Denis COLLIN
Le Moloch a faim
Philippe RIVIALE
Travail salarié, travail aboli
Jacques FRADIN
Travail-mort
Olivier GRAS
Travail mort. Mort du travail ?
Christophe DARGÈRE
Inconcevable critique du travail
Philippe GODARD
Rapport sur les illusions entretenues au sujet du travail
Crisso / Odoteo
Empire, travail et multitude
Didier PAGÈS
Crise du travail
Laurent CORDONNIER
Du capital humain à la nouvelle domesticité
Thierry RIFFIS
Faire sauter la structure
Fabien OLLIER
Que faire ?... Travailler ?
Philippe CAUMIÈRES
Travail et autonomie
Jean-Paul GAVARD-PERRET
Le corps prolétarien
Marie-Claire CALMUS
Si le travail valait la peine en n’en étant plus une
Thierry Riffis et Fabien Ollier
Ça me travaille
Jean-Luc DEBRY
Psychogéographie de l’aliénation désirée
Michel KELLER
Le rabougrissement satisfait des sociétés postmodernes
Katrine DUPÉROU
Ridiculum vitae
Fabrice PAGE
Un aller simple
Gilles BIZIEN
Faim d’exister
Philippe RIVIALE
Les dessous de la chose en soi
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Bon de commande de Mortibus n°4/5
Nom.............................................Prénom...................................................
Adresse......................................................................................................
Vi l l e.............................................Code postal..............................................
Pays............................................
Mail............................................
Je désire recevoir.....exemplaires du numéro 4/5 de Mortibus au prix de 25 euros l’unité.
Veuillez joindre un chèque à l’ordre de “Association Mortibus”. Adresse : 5 place publique, 60420 Dompierre. Frais de port : 3 €.

17:55 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0)

Tout opère en tout

Il faut sans cesse en passer par le chaos
puis tout prend comme une rondeur spatiale.
 
Tout opère en Tout.

 
Emmanuelle K

Lieu du larcin : un superbe recueil en attente de publication au Cherche-Midi dont elle m'a gentiment transmis une copie zippée

14/08/2007

Lettre ouverte à Sarkosy par des écrivains Africains

Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français.
(Souce : Libération, vendredi 10 août 2007)


Antananarivo, le 3 août 2007

Monsieur le Président,

Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler - nous les Africains -, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit... Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu - vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections - connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises - le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.

Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?

Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des « justes ». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances - dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une « renaissance africaine », venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?

Sincèrement et franchement à vous.

Raharimanana et les écrivains Boubacar Boris Diop (Sénégal), Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad), Kangni Alem (université de Lomé), et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).