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15/10/2017

Celui pour qui « l’agriculture est un art révélant la chair du monde »

 

14 octobre 2017 / Juliette Kempf (Reporterre)

 

Fondateur de ProNatura en 1987, réseau pionnier de maraîchers et d’arboriculteurs biologiques, Henri de Pazzis a retrouvé la terre. Il la cultive sans hâte, oeuvrant à la « renaissance du blé », attentif à l’équilibre du monde : l’agriculture est, selon lui, une métaphysique.

  • Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), reportage

Lorsque l’on arrive chez Henri de Pazzis, c’est la joie qui nous accueille, et une sorte de profonde tranquillité, malgré l’activité bien vive tout autour. Dans la canicule de ce début d’été, pénétrer dans le mas provençal aux larges pierres est une consolation, cette vieille bâtisse où il vit avec sa famille, en retrait de quelques kilomètres de la fournaise touristique Saint-Rémy-de-Provence. Nous échangerons, abrités par la fraîcheur du lieu en pleine après-midi, dans la douceur de l’aube et de la nuit tombée, et sous l’ardent zénith au milieu des 40 hectares de terre qu’il cultive pour y faire vivre des variétés de céréales anciennes.

L’homme qui a fondé ProNatura en 1987, réseau pionnier de maraîchers et d’arboriculteurs biologiques, et qui a animé son expansion inattendue jusqu’à ce que l’entreprise devienne l’un des principaux distributeurs de fruits et légumes bio en Europe, l’a quittée en 2014. Elle réalisait un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros, qui n’a pas cessé de croître depuis. Henri de Pazzis y avait fait entrer un fonds d’investissement en 2005, en pensant, « naïvement » convertir des financiers à la bio. Le conflit était devenu ouvert quand il entreprit de renforcer la relation avec des producteurs locaux et de choisir résolument une bio artisanale. C’est donc lui qui est parti, pour revenir à ses amours : la terre, qu’il avait déjà cultivée en tant que maraîcher dans les années 1980 avant de fonder ProNatura, et l’écriture.

« S’il pleut, on laisse pleuvoir » 

Nous rencontrons l’auteur de La Part de la Terre, l’agriculture comme art [*], le jour de la récolte des pois chiches. C’est l’été des premières récoltes, le commencement d’un long projet. « Je peux me permettre de prendre un peu de temps, d’expérimenter, de me tromper. » Sur les 6 hectares de pois chiches qu’il a semés, environ la moitié a été « perdue », envahie par les chardons. « Cela m’a permis de vivre l’un des premiers principes de l’agriculteur : tu es là pour la récolte, mais la récolte ne t’appartient pas », nous dit-il en souriant, et nous racontant avec poésie comment, un matin où il se rend aux champs, il découvre un très bel oiseau qu’il ne connaît pas se délectant des graines de chardon. « J’ai raté mes pois chiches, mais une autre dimension de la nature s’est dévoilée. » Cela lui rappelle la sagesse des paysans ardéchois auprès desquels il avait démarré, il y a plus de 30 ans, qui reconnaissaient la puissance qui les dépasse, et se répétaient en provençal : « S’il pleut, on laisse pleuvoir. »

« Cependant, la question de la technique est évidemment essentielle, et si tu te perfectionnes dans ton art, souvent la récolte sera abondante. » C’est bien comme un art qu’Henri de Pazzis conçoit et vit l’agriculture, au sens propre, « à la façon dont les anciens — les présocratiques — employaient invariablement les termes de tekhnè et de poïèsis. L’art est alors l’action de faire apparaître dans le monde quelque chose qui n’y était pas. À ce moment-là, l’œuvre d’Homère ou celle du menuisier sont équivalentes par nature », explique-t-il en regardant les grains de pois chiches tout frais, lovés dans la paume de sa main. Quand il écrit que « l’agriculture est art de révélation de la chair du monde », c’est à cette poétique qu’il se réfère, qui est transformation de soi-même, du monde, du visible et de l’invisible ; une opération complète.

« La nature est un principe agissant » 

« L’échelon de valeur entre l’art, la poésie et la technique apparaît plus tard, et correspond à un véritable changement de perspective. De l’unité originelle du monde et des choses, l’histoire voit se succéder une série de divisions. C’est le monde de Babel, le monde de la confusion des plans, du sens des mots. » La vision de « la nature » proposée par Henri de Pazzis est très emblématique de sa vision du monde. « La séparation entre la nature et la culture est une invention des sciences sociales en 1860 » quand, selon lui, « la nature est un principe agissant » que l’on retrouve derrière chaque phénomène. Nous contemplons le massif des Alpilles, qui fait face au mas, et notre regard navigue de cet horizon superbe à la bétonnière encore utile aux derniers travaux. Henri poursuit sa réflexion. Ainsi, notre mode de vie, nos constructions (même bétonnées) sont une production de la nature, de la même façon que le nid d’un oiseau.

L’ingéniosité de l’espèce humaine — et qui fait la spécificité de sa nature —, livrée au seul esprit de démesure, conduit aux pires destructions, comme en témoigne l’histoire de l’agriculture. En défrichant les forêts pour se lancer dans de grandes cultures nécessaires à un mode de vie sédentaire, l’homme a créé nombre de déserts. « Pour parler de ce que nous voyons, je parle plutôt de paysage. » Henri de Pazzis ne considère pas sa recherche agricole comme une façon de dominer le monde, ou même de le maîtriser, mais de « l’habiter ». Et de se prendre lui-même en exemple : « Si je ne parviens pas à maîtriser ma propre nature en tant qu’individu, comment puis-je maîtriser quoi que ce soit d’autre ? En faisant de l’agriculture, tu maîtrises ton propre exercice, c’est cela la beauté du métier, et tu t’achemines vers la maîtrise de ta propre nature. En étant menuisier, tu n’atteins pas le bois, tu ne peux que t’atteindre toi-même ; c’est la même chose pour l’agriculteur. »

Tout cela est une métaphysique. Henri de Pazzis ne pense pas que la technique permettra de résoudre l’impasse dans laquelle nous nous trouvons, mais qu’une révolution ne pourra s’accomplir que par « une pensée profonde et vécue liée à l’éprouvé de l’unité indivisible du monde », dont il entend une remarquable expression, entre autres, dans le « mia physis » de Cyrille d’Alexandrie au IVe siècle de l’ère chrétienne.

« En tant qu’agriculteur, je m’incline devant le blé. C’est moi qui le sers et non lui qui me sert » 

Henri n’oublie pas la mission qu’il s’est donnée en revenant ici, au milieu des terres et des machines agricoles avec lesquelles il lui faut composer pour parvenir à la réalisation de ses projets. Contribuer, avec d’autres « chercheurs d’or » avant lui — tels que Jean-François Berthelot, Nicolas Supiot, Jean-Christophe Moyses, et bien d’autres — à la « renaissance du blé ». Il y a peu d’aliments qui aient une histoire aussi extrême que celui-ci. Nourriture de base pour une grande partie de l’humanité depuis des millénaires, le pain est aussi celle qui a été la plus « violentée », jusqu’à devenir parfois un véritable poison. En témoignent les nombreuses intolérances actuelles au « gluten », dues aux variétés de blé moderne, plus productives mais très éloignées du « blé des origines », qui remplissait ses fonctions nourricières et symboliques.

« En tant qu’agriculteur, je m’incline devant le blé. C’est moi qui le sers et non lui qui me sert. » Et, avec lui, nous plongeons les mains avec tendresse dans des sacs emplis de Meunier d’Apt, de Touselle de Nîmes, de Florence Aurore ; nous humons l’odeur délicate des grains dorés et charnus. Il s’agit, avant tout, de recueillir les semences de variétés anciennes et nobles, non commercialisées. Il en a reçu d’amis, de collègues, quelques dizaines de kilos. Les récoltes de cette année serviront à ressemer l’année prochaine, et à procéder, pas à pas, « à la multiplication du pain » !

Henri a décidé d’investir dans un trieur mécanique dans des silos, parce que la problématique que rencontrent souvent les céréaliers bio est de devoir vendre leur production aux coopératives et donc de ne pas pouvoir aller au bout du choix variétal. Avec ces outils, il va pouvoir trier chacune des variétés semées, et révéler leur unicité dans chaque farine, qu’il espère confectionner lui-même avec le moulin à meules de granit qui lui est destiné dans 2 ans. Son idéal serait d’aboutir à la fabrication du pain, pétri à partir de la farine fraîchement moulue ; mais pour cela, fidèle à sa philosophie, il ne veut pas se hâter, ni chercher à raccourcir le temps dont les choses ont besoin pour se réaliser. Ayant bien conscience de l’ambiguïté de l’agriculture, dont il expose l’histoire dans son livre, il reconnaît être « sur le fil du rasoir ». Comment faire pour que l’activité agricole humaine, même biologique, se fasse en harmonie de nature avec le paysage, et non dans une séparation, une forme de destruction ? « Il y a un équilibre à trouver. »

« La seule chose importante est le combat, le cheminement, dont peu importe l’issue » 

Concernant la crise écologique que traverse l’humanité, Henri de Pazzis ne s’inquiète pas pour la Terre. Si l’homme doit être expulsé, il le sera, mais « la nature nous survivra largement, elle changera de forme ». D’ailleurs, animé par une joie subtile et un profond amour de la beauté, il pense que « l’homme mourra de tristesse bien avant de mourir de faim » s’il ne restaure pas ce lien qui le fonde avec l’ensemble du monde, et qu’il continue à le profaner — « le rendre profane autant que le violer ». Toute la technique moderne ne parviendra pas à remplacer « la complexité, la vitesse de transformation de ce qui est là ». « Comment veux-tu vivre sans entendre le chant des oiseaux ? »

Un silence nous accorde d’y goûter, et la méditation se poursuit autour du complexe épisode biblique de Caïn et Abel qui reste une énigme pour lui : la ville et l’agriculture ont été conçues en même temps, n’ont jamais existé l’une sans l’autre, et nous nous rappelons qu’il fut un temps où « l’on était capable de dormir sous la voûte du ciel ». Et cela, sans pour autant idéaliser le nomadisme et l’élevage, puisque le végétal lui-même, lié à l’homme qui cultive, l’est aussi au symbolisme du « Paradis terrestre ». Il est d’ailleurs le seul règne capable de se nourrir directement de lumière, note Henri de Pazzis, pour qui « le véritable adversaire n’est pas l’agriculteur conventionnel », dont il parierait facilement de la conversion si lui-même fait bien son travail — pour ses voisins de terre par exemple — mais « l’anti-métaphysique ».

« Finalement, comme on le retrouve dans l’idéal chevaleresque, la seule chose importante est le combat, le cheminement, dont peu importe l’issue. Il faut être debout, en marche, en guerre, bien que ce soient des termes compliqués à utiliser aujourd’hui. » Peut-être est-il possible, grâce à de telles réflexions, de les réentendre dans la profondeur de leur sens symbolique ; et que l’action écologique soit une œuvre plénière de retrouvailles avec l’unité du vivant.


 

13/10/2017

Hôtel International de Rachel Vanier

 

 

éd. Intervalles,13 février 2015

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256 pages, 11.99 €

 

 

Rachel Vannier a sorti en juin dernier aux éd. Intervalles son deuxième roman, Écosystème. J’avais reçu son premier, gentiment dédicacé par l’auteur, lors de sa sortie en 2015, mais n’avais pas eu le temps de le lire jusqu’à aujourd’hui. Voilà qui est fait !

 

Hôtel International évoque sur fond d’un drame personnel, le petit monde des expatriés avec un regard vif et sans concession, une plume acerbe et le genre d’humour noir qui permet de survivre au désespoir.

 

« La vraie vie, c’est ce décalage aberrant entre le drame d’une situation et la banalité du quotidien qui continue son chemin, impassible, autour de nous. Le contrôleur contrôle, le mendiant mendie, le Parisien parisie. Alors qu’on souhaiterait flotter au-dessus du monde qui s’anime, et que la réalité nous ramène brutalement sur la terre ferme, l’atterrissage donne le vertige. »

 

L’héroïne d’Hôtel International s’enfuit subitement au Cambodge suite au suicide de son père, sans même un visa et sans prévenir ses proches et ses amis, elle débarque là-bas sans connaître grand chose de ce pays sinon un peu de sa tragique histoire et cherche avant tout à mettre un mur entre elle et tout ce qu’elle a laissé derrière. Sa façon de faire le deuil ou peut-être d’en refuser la réalité.

 

« Parler, c’est la dernière chose au monde dont j’avais envie. Je ne souhaitais que m’enterrer bien profondément dans un abri anti-atomique, anti-monde extérieur, anti-gens, anti-tout. »

 

C’est ainsi qu’après avoir débarqué au Cambodge de façon assez surréaliste et avoir logé dans une chambre sans fenêtre d’un hôtel très minable, le fameux Hôtel International, elle se lie avec quelque congénères qui l’accueillent dans le petit cercle des expatriés, des barangs — les blancs — au Cambodge. Installée dans un appartement en collocation, sa vie alors consiste à s’oublier en profitant des avantages de ce milieu de privilégiés et de boire au moins un soir sur quatre et de façon très déraisonnable mojitos sur mojitos dans les endroits fréquentés uniquement ou presque par des étrangers. Entre ceux qui bossent pour des ONG, le Cambodge étant un des pays où en compterait le plus au mètre carré, et ceux qui profitent uniquement des privilèges et de la vie facile qu’offre le statut d’expatrié dans une sorte d’entre-soi dépravé de luxe, elle tente d’oublier la raison de sa fuite dans ce pays.

 

L’auteur connait bien le Cambodge et ça se lit. Ayant eu l’occasion moi-même d’aller à Phnom Penh, même si bien des années plus tôt, peut-être cela a-t-il aidé à ce que j’en apprécie la justesse, même si le portrait du pays n’est pas vraiment flatteur.

 

C’est Arthur, un dandy de la mode, le premier Français qu’elle rencontre là-bas parce-que ami d’amis de facebook, qui va l’introduire dans le cercle des expats :

 

«  Pour les Cambodgiens, nous les blancs, on est des demi-dieux. Tu croyais que c’était fini depuis la décolonisation ? Détrompe-toi. Les bons vieux réflexes n’ont pas disparu. C’est pour ça qu’ils se blanchissent la peau avec des crèmes qui leur brûlent l’épiderme. Ils préfèrent avoir des taches sur la gueule plutôt que d’être bronzés. Si ça n’est pas une preuve ! Quant à l’argent, dans 99% des cas, si tu veux quelque chose tu peux l’acheter. Alors les vieux dégueus viennent surtout pour se payer des femmes mais nous, les gens normaux, on peut s’accorder une vie de plaisirs. Des hôtels de luxe, un service impeccable, de bons restaurants. Avec un salaire normal pour un expatrié, tu peux vivre une vie de pacha, c’est ce sur quoi l’économie du pays repose. »

 

Bien qu’il y soit aussi évoqué et de façon sérieuse la question des Khmers rouges et la situation économique du pays, c’est un portrait tiré à grands traits à travers le prisme du milieu des expats et de sa superficialité, milieu dont le portrait est encore moins flatteur, d’autant plus que tout est perçu à travers le regard plutôt désespéré de la narratrice, qui ne s’épargne pas non plus. Et c’est ce qui rend ce roman drôle, même et peut-être surtout quand c’est pathétique.

 

Rachel Vannier a un vrai talent, elle écrit admirablement bien de façon simple et directe et réussit à rendre intéressante presque la moindre banalité. La fluidité de l’écriture fait qu’on boit son roman comme un mojito, suivi d’un mojito, suivi d’un… etc. L’avantage, c’est que le lecteur, lui, n’a pas la gueule de bois le lendemain. Cela se lit aussi comme un roman d’aventures modernes et désabusées où on crapahute donc plus dans les bars que dans la jungle.

 

Cathy Garcia

 

 

rachel vanier.pngRachel Vanier est née à Budapest en 1988. Après avoir grandi à Lille, fait ses études à Paris, s’être échappée à Boston puis avoir crapahuté au Cambodge, elle travaille dans le monde non moins dépaysant de l’innovation et des start-up. Elle est aujourd'hui en charge de la communication du campus de start-up STATION F. En parallèle, elle écrit sur le voyage, retrace le parcours de personnages souvent anti-héro(ïne)s, et s'intéresse à sa génération. Elle a aussi contribué à plusieurs revues sur l'innovation et tient un blog décalé, dinde.co

 

10/10/2017

Avis de parution : SURSIS - micro-fictions poétiques et collages de Cathy Garcia

 

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Treize micro-fictions poétiques, bizarres, décalées, dérangées… Dérangeantes ?  

 

« Je l'observe avec étonnement et soudain, je vois ses lèvres venir s'écraser contre le rempart de verre et son regard virer au gris. Je la vois se retourner sur elle-même, cette crispation soudaine qui ne trompe pas. Je me demande l’espace d’un instant, si elle pourra obtenir rapidement son sursis, puis je m'éloigne, je voudrais profiter du mien. »

 

Le rire de l'attardé small.jpg

 

Tirage numéroté édité et imprimé par l’auteur avec neuf collages papiers originaux réalisés par l'auteur

 

de cet ouvrage,

a été réalisé un tirage de tête

limité à 13 exemplaires, numéroté et signé

avec illustrations en couleur

(épuisé)

 

illustrations que l'on peut voir ici

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...

et qui sont maintenant en vente au pris de 50chacun

 

Dédale small.jpg

 

le tirage sinon est en beau noir et blanc


 

28 pages

sur papier 90g calcaire

couverture 250g calcaire

100 % recyclé

dépôt légal : octobre 2017

 

SURSIS COUV nb small.jpg

 

10 €

 

port offert jusqu'à fin octobre

 

 

 

à me commander directement

 

 

 

 

 

 

Appel à souscription pour La peinture et la poésie aux éd. Héliotropismes

les éditions Héliotropismes lancent une souscription / prévente pour un ouvrage hybride intitulé "La peinture et la poésie" dans lequel se croisent : peintures photographiques de Nicolas Guyot (Nicolas Guyot • Peinture Photographique) et poésie.
 
 
La peinture et la poésie
Nicolas Guyot a recueilli une série de poèmes de Laurent Bouisset et des poètes guatémaltèques Rosa Chávez, Regina José Galindo et Luis Carlos Pineda et de les mêler anonymement pour former un ensemble littéraire nouveau.

Il s’est ensuite penché sur la création des images que les textes traçaient en lui.
Chaque illustration est une œuvre unique, une peinture photographique au bromure d’argent révélée et travaillée sur différents types de supports. Cette approche plastique s'est confondue aux textes qui sont à leur tour devenus des tirages photographiques.
Au final l’image est visible dans le texte autant que le texte l’est dans l’image.
Poèmes de Rosa Chávez, Luis Carlos Pineda, Laurent Bouisset et Régina José Galindo accompagnés de 29 peintures photographiques de Nicolas Guyot.
Bilingue, traduction de l'espagnol et en espagnol de Laurent Bouisset.
Format broché 20 x 20 cm
68 pages, images plein format.
Prix de vente : 22 € 
Prix en prévente : 20 €

 

 
Plus d'infos ici :
 
 
 
 
 

11:00 Publié dans COPINAGE | Lien permanent | Commentaires (0)

09/10/2017

Hannah Arendt Du devoir de la désobéissance civile par Ada Ushpiz (2015)

 

 

 

07/10/2017

Des clics de conscience par Alexandre Lumbroso et Jonathan Attias - sortie en salle le 4 octobre 2017

 

Des pétitions, nous en signons de plus en plus sur internet. Mais que deviennent réellement ces clics une fois nos signatures récoltées ? En lançant #YesWeGraine, pétition destinée à préserver les semences traditionnelles, Alexandre et Jonathan ont mis en lumière la puissance du pouvoir citoyen. D’espoirs en désillusions, des potagers à la COP21, du Mexique au Sénat, Des Clics de Conscience fait germer le désir d’une reconquête démocratique.

Page Facebook : http://www.facebook.com/desclicsdecon...
Toutes les séances : http://desclicsdeconscience.fr/ou-voi...
Organiser une projection : http://desclicsdeconscience.fr/organi...
Pour signer la pétition sur le #DroitAmendementCitoyen : http://desclicsdeconscience.fr/dac/

 

ALEXANDRE LUMBROSO

Après une formation de recherche en économie de l’environnement, spécialisée sur le fonctionnement des institutions, Alexandre rejoint Comunidée pour réaliser des web-documentaires sur l’écologie politique.

Préférant l’humour au catastrophisme, c’est dorénavant à travers le travail cinématographique qu’il s’implique pour voir éclore un monde nouveau.

 

JONATHAN ATTIAS

Las du monde du divertissement alors que sa formation l’y prédestinait (Marketing en école de commerce, puis production audiovisuelle à la Sorbonne), Jonathan se lance en 2012 dans le journalisme engagé avec la création d’un blog vidéo Comunidée, dans lequel il part à la rencontre des initiatives citoyennes.

Son ambition est de présenter des alternatives, qu’elles soient agricoles, économiques ou politiques, pour libérer l’individu des pressions sociales.

 

 

06/10/2017

Les ombres de l’Araguaia de Guiomar de Grammont

 

traduit du brésilien par Danielle Schramm 

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Métailié, 14 septembre 2017. 232 pages, 18 €.

 

 

Ce roman dédié « aux familles de tous les disparus politiques du Brésil, surtout à leur mères et leurs sœurs », aborde un passage obscur de la lutte contre la dictature dans les années 70, quand des jeunes étudiants épris de justice sociale avaient dans l’idée de libérer leur pays. Quelques-uns d’entre eux sont même allaient se former à Cuba aux techniques de guérillas, et les chefs de la guérilla jusqu’en Chine maoïste.

 

Dehors les bate-paus et les grileiros !

Morts aux généraux fascistes !

A bas la dictature militaire !

Vive la terre libérée pour que le peuple vive et travaille !

Vive les Forces guérilleras de l’Araguaia !

Vive le Brésil libre et indépendant !

 

Traqués par les agents du gouvernement et les bate-paus, les collabos, les mouchards, c’est en Amazonie, dans la région de l’Araguaia qu’ils tentèrent de mettre en pratique leurs utopies. Ils étaient une soixantaine et le gouvernement envoya dix mille soldats pour les combattre, très peu de ces jeunes survécurent, tous les autres ont été « disparus ».

 

Dans Les ombres de l’Araguaia, c’est la jeune sœur d’un de ces guérilleros, qui via un journal arrivé un peu mystérieusement entre ses mains, part sur les traces de son frère, espérant le retrouver — peut-être était-il exilé quelque part, ou tout au moins de découvrir la vérité sur son sort. Sofia vit au quotidien depuis des années la douleur de ses parents, elle n’était qu’une petite fille quand Leonardo est parti. Leur père ne s’en est jamais remis et il est mort malheureux, emportant avec lui cette souffrance et son sentiment de culpabilité, et Luisa, la mère, ne peut s’empêcher de garder la chambre du fils prête au cas où, les habits lavés, repassés, il lui semble qu’il est toujours sur le point d’arriver.

 

Le roman se découpe en deux parties qui s’entremêlent : l’une, c’est celle que raconte le journal, lequel a été écrit, semble t-il, par deux personnes différentes et pas au même moment, une femme et un homme. Journal qui nous plonge directement dans l’enfer vert de l’Araguaia, où ces jeunes révolutionnaires, souvent issus de la ville, se heurtent à l’hostilité de l’environnement avec l’angoisse permanente d’une attaque de l’armée, d’une dénonciation, mais aussi à l’extrémisme de leur propre camp, la discipline impitoyable de la guérilla et ils travaillent sans compter pour survivre et apporter aide, savoir, soins et soutien aux paysans locaux, souvent des autochtones aux conditions de vie très difficiles aussi. Une population locale qui se retrouve prise en étau entre ces jeunes idéalistes et l’armée, ils subissent la violence de cette dernière, mais aussi parfois celle des guérilleros eux-mêmes quand ils sont soupçonnés de collaboration avec l’armée. C’est toute l’ambigüité et les limites de cette forme de lutte pour la justice sociale de ces années là — et dont le Che fut et demeurera sans doute pour toujours le symbole, qui transparait dans ce journal.

 

Sofia, la petite sœur en quête de son grand frère adoré et idéalisé aussi, remonte la piste jusque l’Araguaia en passant par Brasilia et un détour par Cuba. Elle mène une enquête que sa formation de journaliste lui permet de faire passer pour non personnelle, elle rencontre des personnes qui peu à peu lui permettent de rassembler le puzzle, et plus elle avance dans le journal et plus elle a la certitude que les auteurs ne sont autres que son frère lui-même et sa compagne qui l’avait suivi là-bas.

 

C’est un morceau de l’histoire du Brésil, un morceau de sale histoire et ce qui sous-tend ce roman, c’est cette douleur effroyable éprouvée par toutes les familles de disparus, les proches, au Brésil mais aussi à travers toute l’Amérique latine, qui ne cessent encore aujourd’hui, de réclamer la vérité, quelque chose à quoi se raccrocher afin d’avoir quelque chose à enterrer et pouvoir enfin entamer le deuil. Et puis, il fait aussi référence à tous ces enfants enlevés à leurs parents assassinés, pour être élevés dans les familles des assassins eux-mêmes. Est-ce que cela fut pour certaines, une façon de réparer ?

 

Les ombres de l’Araguaia malgré tout est un roman presque tranquille, non moralisateur, sans rage, sans colère, sans parti pris, il est juste humain et expose avec sensibilité des faits qui jalonnent la piste que Sofia tente de remonter pour guérir l’inguérissable, recoudre les plaies de sa famille qui sont aussi les plaies de l’Histoire, cette spirale qui finit par prendre bourreaux, victimes et familles des uns et des autres, dans un même nœud qui ne peut que se resserrer sur tous.

 

 

Cathy Garcia

 

 

editions-metailie_com-guiomar-de-grammont-carol-reis-300x460.jpgGuiomar de Grammont est née à Ouro Preto où elle enseigne à l’université. Elle y a créé le Forum des Lettres. Elle est l’auteur d’un essai sur le sculpteur baroque Aleijadinho. Elle a reçu le prix Casa de las Américas pour un de ses recueils de nouvelles et le prix Pen Club du Brésil 2017 pour Les ombres de l’Araguaia. Elle est traduite en français pour la première fois.

 

 

 

 

 

 

 

Démocratie à la hongroise, un documentaire de Laszló Bihari (2017)

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Visible en moment sur ARTE+7

https://www.arte.tv/fr/videos/069036.../democratie-a-la-h...

Plongée dans une Hongrie où la marginalisation de la détresse sociale et de la pauvreté est à son paroxysme.

En Hongrie, la précarité atteint des niveaux inquiétants : près d’un tiers de ses habitants sont considérés comme pauvres ou menacés de pauvreté. Ceux qui perdent leur emploi et leur logement risquent d’être pris dans un engrenage infernal : le gouvernement ultraconservateur de Viktor Orbán a en effet drastiquement réduit le montant des aides sociales, et dormir dans la rue est désormais passible d’une amende, voire d’une peine d’emprisonnement en cas de récidive. Alors que la réaction de l’Union européenne s'avère pour le moins frileuse, un groupe de citoyens hongrois – AVM ("A Város Mindenkié", "La ville est à tous") – monte au front pour exiger davantage de démocratie et de justice sociale. Faisant le lien avec la situation politique et sociale préoccupante de la Hongrie, ce documentaire témoigne de cette lutte pour les libertés qui se tient au cœur de l’Europe.

 

 

Et le bal continue, documentaire écrit et réalisé par Gueorgui Balabanov (Bulgarie,

 

En ce moment visible sur ARTE+7

 

Elena Atsarova, jeune ingénieure bulgare surdiplômée, gagne sa vie depuis six ans en interrogeant ses concitoyens sur toutes sortes de sujets, de leurs conditions économiques à leurs opinions politiques... La chronique édifiante et drôle d'une Bulgarie postcommuniste désabusée face à la démocratie et à l'UE. Un regard documentaire aiguisé et sans concession.

Elena Atsarova, jeune ingénieure bulgare surdiplômée, gagne sa vie depuis six ans en interrogeant ses concitoyens sur toutes sortes de sujets, de leurs conditions économiques à leurs opinions politiques. Mangez-vous à votre faim ? Croyez-vous en la démocratie ? En l'Union européenne ? Regrettez-vous le communisme ? Pensez-vous, comme beaucoup de gens, que votre personnel politique truque les élections ? De l'étudiant en droit au fossoyeur tsigane, tous affichent le même dépit envers leur société. Ils ne croient plus en rien, et surtout pas en un avenir heureux. Florilège : "On a changé les marionnettes mais ce sont toujours les mêmes qui tirent les ficelles." "Ce qui compte ici, ce n'est pas qui vote, mais qui compte les votes." "Je flippe. Y a rien à bouffer. Les enfants n'ont rien à bouffer." "C'est triste d'être bulgare en Bulgarie." "Depuis des années, nous avons découvert notre incapacité à exister en tant que société démocratique."

Résignation

Dans les pas d'Elena, le regard aiguisé du réalisateur Gueorgui Balabanov explore son pays marqué par un fossé croissant entre la pauvreté des uns et la corruption florissante des autres, laissant libre cours à une "vox populi" à la fois désabusée et pleine de verve. Face à la résignation générale, les tentatives d'un éternel dissident pour réveiller les consciences – à coups de tomates jetées contre les sièges de différents pouvoirs – semblent bien dérisoires. Sans commentaire ni concession, "Et le bal continue" esquisse le tableau d'un pays qui a perdu ses repères, volontiers homophobe et raciste mais capable d'aduler un travesti tsigane chanteur de pop. Le film fait aussi le portrait haut en couleur de la "dolce vita" bulgare, à travers une nébuleuse de hauts fonctionnaires, d'anciens apparatchiks et d'élus à la réputation douteuse, tous entourés de jolies filles, de courtisans et d'escrocs en tout genre.

 

 

Marc Arazi, le lanceur d’alerte du phonegate

 

Le Dr Marc Arazi se méfie des ondes du téléphone mobile depuis longtemps. Ancien élu et négociateur pendant 3 ans au Grenelle des Ondes, il s’est  de nouveau mobilisé à la lecture du rapport de l’Anses qui concluait sur les effets possibles des radiofréquences chez l’enfant sur les fonctions cognitives. Un rapport basé sur une étude réalisée par l’ANFR toujours indisponible pour les citoyens.

ARTICLE :

Sur le site Passeurs d’alerte, le portrait de #MarcArazi siège désormais aux côtés de ceux de Julian Assange (Wikileaks) et d’Irène Frachon (Médiator). Son dossier: le #phonegate.

Les ondes du téléphone mobile, Marc Arazi s’en méfie depuis longtemps. A Nogent-sur-Marne où il a élu domicile après avoir revendu au groupe BNP une startup de financement des professionnels de santé fondée alors qu’il était encore tout jeune docteur en médecine, il surveille chaque nouvelle implantation d’antenne relais et monte au créneau dès qu’elle s’approche un peu trop près d’une école ou d’une crèche. Un combat démarré comme riverain d’une antenne, qui s’est poursuivi dans une association locale de protection de l’environnement puis au #Priartem (qui milite sur la réglementation des antennes relais), et l’a conduit à participer au Grenelle des ondes en 2010.

Le rapport de l’Anses qui révèle l’étude de l’ANFR

Un temps maire-adjoint de la ville avant de passer dans l’opposition, l’ancien élu municipal a donc immédiatement vu rouge lorsqu’au début de l’été 2016, il a parcouru le rapport de l’ #Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’environnement), basée à Maisons-Alfort, qui concluait sur les effets possibles des radiofréquences chez l’enfant sur les fonctions cognitives. Au détour de cette somme de 298 pages, un passage faisait référence à une étude menée par l’ANFR (Agence nationale des fréquences radioélectriques), également basée à Maisons-Alfort, sur le Das des téléphones mobiles en vente. Pour précision le Das (Débit d’absorption spécifique calculé en watt par kilogramme) correspond à la quantité d’énergie absorbée par le corps au contact d’un appareil radio-électrique. Le rapport de l’Anses pointait que les mesures réalisées en 2015 par l’ #ANFR révélait que 89 % des téléphones mesurés au contact présentaient un Das supérieur à 2 W/kg (norme européenne en vigueur au niveau du tronc et de la tête). Un dépassement qui s’explique car les conditions d’utilisation initialement prévues par le fabricant pour calculer le Das n’étaient pas le #portable collé à l’oreille ou dans la poche, mais une distance avec le corps d’au moins 15 mm. Un contexte qui a changé au printemps 2016, date à laquelle la norme européenne a été assortie d’une mise en garde pour prendre en considération l’utilisation au contact, suite à une intervention de la France, tout en conservant un léger flou artistique sur la distance, préférant parler de “quelques millimètres” plutôt que de contact direct avec le corps.

Das supérieur à 2 W/kg pour 89% des téléphones mesurés au contact

89% des téléphones avec un Das supérieur à 2 W/kg au contact ? Voilà une information importante pour les consommateurs. Quels téléphones sont-ils concernés? S’agit-il de Das tête ou tronc? s’ interroge Marc Arazi, à la lecture de ce rapport.

  

Source : passeurdalertes.org

 

 Lire aussi : https://passeurdalertes.org/2017/09/13/danger-portables-faudrait-interdire-telephone-jusqua-14-ans/

 

 

 

 

 

 

03/10/2017

Bruno Parmeniert - Nourrir l'humanité ?

Interview de Bruno Parmentier en direct le 29/09/2017 à 17h.
Economiste, ancien directeur de l'école supérieure d'agriculture d'Angers.