28.11.2009
Claude Vercey parle de Nouveaux Délits
A lire sur http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?commentaires=...
I.D n° 222 : Alcools découverts au fond d'un placard
samedi 28 novembre 2009 [10:27:09]
Une revue sous couverture kraft ! Je rêve …? Un peu troublé, je l'admets, de retrouver sur le dos d'une autre l'habillage par lequel la revue Décharge s'est identifiée 99 numéros durant, - jusqu'en septembre 98. Non qu'il y ait quelque raison de supposer une filiation directe avec ces Nouveaux Délits que je découvre en leurs 33ème et 34ème livraisons, mais plus sûrement qu'une solution semblable sous-entend une démarche proche, et qu'il n'est décidément pas mieux qu'une couverture kraft pour se donner mauvais genre, marquer son insoumission, exprimer le défi.
Car, si je ne me trompe, la casaque incolore – « robe des champs », si on veut - a ici la même signification que pour l'ancien Décharge, selon Jacmo : celle d'une pauvreté ostentatoire, imposée par les conditions de production – l'une et l'autre revues étant fabriquées à la maison, – assumée et qui fait la nique aux publications mieux friquées, mieux sapées, marquer sa rage et sa révolte, tout en redoublant le caractère provocateur par un titre à rebrousse-poil.
Si elle instruit avec fougue et dévouement les dossiers de ces Nouveaux délits, Cathy Garcia n'entend pas que le « poète de grande bourrasque », tel qu'elle-même se présente, cède le pas à l'animatrice. Simplement, la revue prolonge l'œuvre, y participe. « J'aime les mots, ces alcools que l'on découvre parfois au fond d'un placard oublié.». En conséquence de quoi, sont donnés à lire des auteurs rares ou méconnus, souvent en marge du centralisme hexagonal : Saint-John Kaus, né en Haïti, écrit depuis le Quebec, Ernest Pépin est Guadeloupéen, Rita Mestokosho une poète innue. Le sommaire s'en tenant à quatre ou cinq noms, chacun a de quoi s'exprimer à l'aise au long de 48 pages bien remplies.
Poésie vive, est-il indiqué en sous-titre, et ses dérivés : ici, proclamations écologiques et revendicatives de Rita Mestokosho défendant la terre innue et les traditions de son peuple (n° 33) ; là, Journal d'un instituteur (d'un Stit, selon l'auteur Jean-Marc Couvé). Au final, tendant volontiers la main à l'expression minoritaire ou à celle de minorités, la revue ouvre sur un champ original de création, duquel se détachent, pour le lecteur que je suis, les poèmes d'Ile Eniger (n° 33) et d'Ernest Pépin (n° 34).
Ile Eniger est une véritable découverte, bien que la bibliographie copieuse de cette poète passionnée souligne surtout mon ignorance à son endroit. Dans des proses courtes, denses et vigoureuses, extraites de trois livres différents, se lisent son appétit, son désir et son impatience, une envie féroce d'étoiles : « Je n'ai pas le temps d'être civilisée » écrit-elle. Et, dans le même poème: « J'écris cet amour dans l'urgence tant sa lenteur étonne. » A suivre. Certainement.
Grandement absente des revues hexagonales, l'œuvre d'Ernest Pépin n'est pourtant pas seulement « importante aux Antilles », comme l'affirme un peu cavalièrement la biographie jointe; l'auteur fut invité d'honneur aux Rencontres de Clermont-Ferrand ; et le simple rappel que le romancier est publié par Gallimard contrarie l'image de marginalité dans laquelle Nouveaux Délits enfermerait volontiers tout auteur présenté. Certes, Ernest Pépin écrit une poésie forte, de dénonciation et de révolte, qu'illustre bien L'odyssée de la ville donnée ici à lire. Mais de même que Césaire fut député et maire de Fort-de-France, Ernest Pépin est en Guadeloupe un notable. En dépit de quoi, c'est son mérite, il demeure à l'écoute des malheurs de son peuple, des exclus et de humiliés, des éconduits et de tous les reconduits :
Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
En un seul bloc de froidure
Dessous le ventre de l'avion
Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
Références : Nouveaux Délits n° 33 et n°34 (4ème trimestre 09). 5€ le numéro. Abonnt : 40€ pour 7 numéros. Chez Cathy Garcia – Létou – 46330 – St Cirq Lapopie.
En contrepoint à cette revue vivace, lire les adieux de Jacmo à Rétroviseur, revue du mois sur notre site.
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18.10.2009
Revue NOUVEAUX DELITS n°34
Revue de poésie vive et dérivés

Oct. Nov. décembre 2009
Un automne de plus, un numéro de plus, un édito de plus. Et voilà la panne ! D’inspiration comme on dit, inspirez, expirez, inspirez, expirez… On meurt donc entre chaque inspiration ? Ce n’est pas la petite mort, celle-là est déjà prise, mais alors quel genre de mort ? Peut-être bien celle qui s’annonce en automne, la mort cyclique, celle qui permet la renaissance. Tout est affaire de cycle, et c’est donc à nous de pédaler. Inspirez, expirez, inspirez, expirez. Certes, vous me direz que je n’ai rien à dire et je vous répondrai «et pourquoi pas ?». Parfois on n’a rien à dire, et c’est là que vient le meilleur, l’inattendu, la phrase clé, l’illumination comme on dit. Et qu’est-ce que l’automne sinon une sorte d’illumination avant l’extinction des feux ? Une dernière danse, et le vin est prêt. Le vin de table et le vin de l’âme. A boire en bonne compagnie ou avec la solitude, quand on a appris à l’aimer. Tout est affaire d’équilibre, le vin, la compagnie, la solitude. Cycle, équilibre et nous voilà au cirque, grand cirque de la vie.
Nous revoilà dans le cercle. Inspirez, expirez, inspirez, expirez, inspirez….
Rompre le cercle comme on rompt le pain, tenter l’apnée, explorer les états intermédiaires, l’intervalle… Tout est possible. La paix, l’os et la cible.
Écrire un édito quand on n’a rien à dire.
CG
Ne me demandez plus mon programme ;
respirer, n'en est-ce pas un ?
Emil Michel Cioran
in Syllogismes de l'amertume
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
AU SOMMAIRE
Délit de vagabondage : Ernest Pépin (Guadeloupe) nous embarque dans L’Odyssée de la ville
Délit de poésie : Isabelle Grosse (Deux-Sèvres) ; Cathy Garcia (Lot)
Délit nombriliste : Marc Bureau (Tarn) s’interroge sur L’ombilic du lombric
Délit d’(in)citations d’automne, comme feuilles qui volent, fera t-il bon humus ? N’oubliez pas le bulletin de complicité au fond en sortant.

Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr
« a atterri à Paris, dans le Marais d'avant les bobos, en 1946. Scientifique de formation, curieux compulsif, il enchaîne et tresse ses passions. Très influencé par les pensées orientales, il est récemment entré en peinture et en écriture. Il anime deux sites http://www.zen-evasion.com site personnel et http://www.evazine.com site collectif » L’illustration ci-dessus et celles qui accompagnent les textes d’Ernest Pépin sont de véritables pétroglyphes arawak gravés sur des pierres en Guadeloupe, que Jean-Louis Millet a recopiés lors d’un séjour sur place.
Nous n'avons rien à déclarer sinon la faim
la faim n'a pas de passeport
Nous n'avons rien à déclarer sinon la vie
la vie n'est pas une marchandise
Nous n'avons rien à déclarer sinon l'humanité
L'humanité n'est pas une nationalité
Ernest Pépin
in A tous les reconduits
Le choix des textes, entièrement sous la responsabilité de l’éditeur, est complètement subjectif. Toutefois, les auteurs restent seuls responsables de leurs écrits. Tous droits d’auteurs réservés. Sauf autorisation, la reproduction sexuelle des œuvres autre que privée est interdite. Le bulletin de complicité et les textes de l’éditrice sont photocopillables à volonté. Merci de citer simplement le nom et la source.
(extrait)
La misère ne passe pas
Passager clandestin
Elle retourne au pays
Nos sandales ont usé les nuits
Nos pieds nus ont écorché les dunes
La rosée pleurait une terre inhumaine
Et nos mains mendiaient une autre main
Les drapeaux ont peur de leurs promesses
Ils se sont enroulés comme des scolopendres
Notre soif est retournée au feu de notre gorge
Et la vie nous a tourné son dos
Tout homme qui s'en va défie l'entour
Dessouche une nation
Et lézarde une étoile
Et dans ses yeux grésillent une autre vie
Son feuillage est d'outre-mer
Quand tout au loin luit son désastre
Il fait troupeau vers les quatre saisons
Il fait tombeau aux bornages
O nègres marrons !
Ce sont forêts de béton et d'arbres chauves
Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
En un seul bloc de froidure
Dessous le ventre de l'avion
Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
Souviens-toi
Et toi reconduit
Econduit
Déviré
Jeté par-dessus bord
Taureau d'herbe sèche
Regarde toi passer sur ta terre
Les yeux baissés
Et sur la joue le crachat des nations
Ernest Pépin, Lamentin le 29 octobre 2006

et de la Poéthèque de la Cave Littéraire de Villefontaine (69) http://caveli.free.fr/lacave/scripts/POETHEQ_A_Z.htm.
Deux associations qui travaillent à faire connaître et reconnaître la poésie et qui ont fondé chacune une bibliothèque spécialisée de revues poétiques, présentées également sur leur site internet.

Celui qui déplace la montagne,
c'est celui qui commence à enlever les petites pierres.
Kong tseu (Confucius)
22:24 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.07.2009
NOUVEAUX DELITS N°33
Juillet - Août - Septembre 2009

Dites 33, dit le docteur. Et pourquoi donc ? Le fait de prononcer des "t" et des "r" renseigne sur l'état de notre gorge. La poésie a-t-elle parfois mal à la gorge ? Le poète certainement, à déclamer dans les déserts ou à tenter, pauvre fou, de couvrir le vacarme permanent du monde. Mais si la voix s’épuise, la poésie est son miel, un miel intarissable. La poésie survivra à l’homme. Elle était là bien avant lui.
La poésie ne craint pas le silence. Parfois même elle le préfère. CG
Au fond, la poésie est une sorte de magie opérative. Ce n'est pas une science, mais un art, un faire initiatique, un pouvoir d'autotransformation sans que l'on puisse en identifier la source. Le poète n'en est pas le maître ou le démiurge. Il n'est que l'instrument ou le porte-parole du silence qui le hante. Il est habité par ce qui le traverse et le dépasse. Le poète, disait Jean Carteret, est l'homme le plus troué du monde.
Michel Camus
in Transpoétique. La main cachée entre poésie et science

AU SOMMAIRE
Délit de sauvegarde : Rita Mestokosho (Ekuanitshit, Québec), poétesse Innue, sa voix, son combat pour la protection du territoire et de la culture Innus.
Délit de poésie : Ile Eniger (Alpes Maritimes), Saint-John Kauss (Québec)
Délit récidiviste : Cathy Garcia (Lot) présente Trans(e)création, nouveau recueil à paraître aux ed. Dlc
Délit d’éducation : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), livre le Journal d’un stit.
Délits d’(in)citations, tout petits cristaux scintillants dans l’obscurité.
En fin de revue, un bulletin de complicité ne demande qu’à s’envoler.

Illustrateur invité :
Valéry Jamin (Lot)
valery.jamin@wanadoo.fr
Né le 4 avril 1970 « Plasticien sans matières plastiques, sculpteur sans statues et artiste sans formation -et sans statut-, j'aime travailler les matériaux naturels et vivants, terre, pierre, bois, et les mots des humains. Pour composer les illustrations de ce numéro 33, je me suis assis au bord de la Dordogne à côté de laquelle j'habite et j'ai utilisé des galets, coquillages et végétaux se trouvant à portée de ma main. »

Pour nous qui vivons de plus en plus entourés de masques et de schémas intellectuels, et qui étouffons dans la prison qu’ils élèvent autour de nous, le regard du poète est le bélier qui renverse ces murs et nous rend, ne serait-ce qu’un instant, le réel ; et avec le réel, une chance de vie.
Philippe Jaccottet

Nouveaux Délits - Juillet 2009 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Auto-impression sur papier recyclé- Autodiffusion - Coupable responsable : Cathy Garcia Illustrateur : Valéry Jamin – Correcteur : Michel Host
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com
14:20 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.06.2009
Quelques mots à propos de la revue Nouveaux Délits
Nouveaux délits est une revue PAPIER, et son blog http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/ou l'ancien site http://monsite.wanadoo.fr/nouveauxdelits/ n'en sont qu'un pâle reflet. En effet, cette revue, il faut la voir (l'avoir) en vrai, c'est important. Il faut la toucher, l'ouvrir, la refermer, la plier, l'écorner, la garder près de soi, la prêter, la perdre, la mettre à disposition dans les toilettes pour un vrai moment d'intimité, bref, il faut qu'elle vive comme objet car elle ne peut s'épanouir dans la virtualité. C'est une petite revue qui se veut grande sentimentale, elle aime être caressée, n'a pas peur de passer de mains en mains.
Je m'occupe peu de publicité pour cette revue, je préfère passer du temps à la concevoir, l'imprimer, la plier, l'agrapher, écrire votre adresse et l'envoyer par la poste, ce bon vieux service public.
Je pourrais passer du temps à faire un site approprié, vendeur, une page myspace spécialement pour elle, je pourrais, je pourrais... Non cette revue pour moi doit rester palpable, aussi je passerai plus de temps dans le réel avec elle qu'ici ou ailleurs sur la toile.
Je tenais à le dire, car c'est important. Moi qui me sers du net depuis de nombreuses années, j'ai de plus en plus de mal à supporter que tout tienne sur un petit espace plat et carré. Le net est un outil, rien de plus. Un outil très perfectionné, très performant et qui permet de se rencontrer vous et moi alors que dans la vraie vie peut-être ne nous serions nous jamais rencontrés, mais dans la vraie vie, quand on se rencontre, on ne peut pas aussi facilement se cliquer dessus, s'ignorer, se supprimer, se rendre invisible, s'éteindre, fermer la page.
Ceci n'est pas un message destiné à encourager les abonnements, je suis bien-sûr ravie d'avoir des abonnés, mais comme je fais tout moi-même, si j'en avais trop des abonnés, ça deviendrait véritablement pénible... Aussi je vous encourage plutôt à faire vous aussi des choses dans la vraie vie, des objets que l'on peut toucher, regarder, aimer. Je vous encourage à aller vers les autres, car oui, ,cela devient de plus en plus difficile et la facilité de la communication virtuelle est trompeuse. En vérité, regardez, vous êtes seuls devant un écran... Et je ne vous vois pas, et je ne peux donc pas vous sourire et encore moins vous toucher.
Alors on touche avec des mots, et si je vous touche, alors c'est que les mots ont des mains. Et ça c'est plutôt une bonne chose.
Un grand merci à tous ceux qui me lisent et donnent la main à mes mots.
Cathy Garcia, 12 juin 2009
10:48 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2009
Erreur dans le numéro 32
Pour les abonnés et autres lecteurs de ce numéro de la revue Nouveaux délits, la citation suivante
On oubliait surtout
Que le rêve est patience
Et noyaute le temps
Attribuée à Zohra el-Manssouri in Psalmodies
Est de Jean Gédéon in Crispations
Je vous prie d’excuser cette coquille.
16:55 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.04.2009
Nouveaux délits sur Radio Occitania
Chaque nouveau numéro de la revue est présenté par Christian Saint-Paul dans l'émission Les poètes sur Radio Occitania.
Dans l'émission du 22/01/2009 "Saint-Paul signale ensuite la parution du n° 31 de la revue de poésie vive et dérivés « Nouveaux Délits » (...). Un numéro impressionnant par sa diversité et sa puissance d’évocation d’une poésie jamais éthérée et ornementale mais en prise directe avec les forces vives et souterraines de la vie qui se veut accessible à l’Autre. Une fraternité à fleur de peau à chaque page. Il faut remonter aux années soixante, au tout début, pour retrouver ce souffle vital d’une poésie à hauteur d’homme et de femme. Saint-Paul lit un poème de Ludovic Kaspar."
15:15 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.04.2009
Revue Nouveaux Délits, numéro 32

Je n’aime
Pas les gens
Mais je vous aime
Mal et pleine d’exigences
Je fais une revue de poésie
Je fais une revue de
Je fais une revue
Je fais une
Je fais
Je
De poésie
Revue de poésie
Une revue de poésie
Nous faisons
Nous
Cg

Il faut rêver à haute voix, il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres, chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur l'épi rouge de la résurrection, l'eau de la femme, la source pour boire et se voir et se reconnaître et se reprendre, la source pour se savoir homme, l'eau qui se parle à elle même dans la nuit et nous nomme de notre nom... la vie et la mort ne sont pas des mondes contraires, nous sommes une seule tige avec des fleurs jumelles, il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur vers l'extérieur, déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux, lui arracher son masque, se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit, épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve, écouter ce que disent le sang et la marée,
la terre et le corps, revenir au point de départ...
Octavio Paz
in "La jarre cassée" dans "Liberté sur Parole"
AU SOMMAIRE
Délit du pied dans la porte : Renaud Marhic (Finistère), L’enfer un pied dans la porte.
Délit de poésie : Manuel Galaret (Lot), Frédéric Ohlen (Nouvelle- Calédonie)
Délit de racolage : Cathy Garcia (Lot), un nouveau recueil, Mystica perdita
Délit dedans les murs : Nathalie Riera, La parole derrière les verrous.
Délits d’(in)citations, boutures à disséminer.
Vous trouverez, c’est lassant, le bulletin de complicité au fond en sortant.
Illustratrice de ce numéro* :
Cathy Garcia

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...
(*sauf pour les illustrations présentées avec Mystica Perdita : JL Millet)

Passez entre les fleurs et regardez :
Au bout du pré c’est le charnier.
Pas plus de cent, mais bien en tas,
Ventre d’insecte un peu géant
Avec des pieds à travers tout.
Le sexe est dit par les souliers,
Les regards ont coulé sans doute.
— Eux aussi
Préféraient des fleurs.
(…)
On va, autant qu’on peut,
Les séparer,
Mettre chacun d’eux
Dans un trou à lui,
Parce qu’ensemble
Ils font trop de silence contre le bruit.
(…)
Lequel de nous voudrait
Se coucher parmi eux
Une heure, une heure ou deux,
Simplement pour l’hommage.
(…)
Ici
Ne repose pas,
Ici ou là, jamais
Ne reposera
Ce qui reste,
Ce qui restera
De ces corps-là.
Eugène Guillevic
in Les charniers
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
18:08 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2009
POUR L'AN NEUF, LA REVUE NOUVEAUX DELITS SE MET SUR SON 31
NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 31
Janv/Fev/Mars 2009
Nouveaux Délits en panne de vœux
Vous souhaite d’Excellents Délits
Que l’an neuf (ou rien) après deux mille
Vous inspire de nombreux et vifs dérivés
Pour l’occasion ce numéro s’est mis sur son 31
Nous attendrons le prochain pour compter nos dents
CG
Rester assis, c'est se mettre à genoux
Yanniss Youlountas
AU SOMMAIRE
Délit de poésie : Marcos Ana (Espagne) suivi d'une présentation par Cristina Castello (Argentine)
Délit cut : Rémi Froger (Lot)
Délit de filiation : La Toilette du Mort (extrait) de Werner Lambersy (Paris)
Délit de poésie non déclarée : Parcours poético-précaire et con/séquences de Cathy Garcia (Lot)
Délits d’(in)citations, cuvée de l’an nu comme un neuf.
Vous photocopierez le bulletin de complicité autant de fois que vous le voudrez
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr
Je ne pense pas qu’il faille vivre très longtemps pour s’apercevoir
qu’il n’y a d’issue à notre condition que poétique.
Georges Perros
in Papiers collés II (1973)
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29.09.2008
REVUE NOUVEAUX DÉLITS Numéro 30

Octobre, le retour des saisons, et chaque année le besoin toujours plus pressant d’en suivre les rythmes, de les épouser même. L’automne est avec le printemps, la saison qui a certainement inspiré le plus de poèmes… Poèmes de mélancolie, de tristesse non dénuée pourtant de flamme.
J’ai appris à aimer l’automne, comme j’ai appris à aimer la pluie, le froid, et tout ce qui nous fait aimer son contraire. L’observation de la nature, mieux sa contemplation et surtout le fait d’être en son sein et non à sa périphérie est sans aucun doute à mes yeux une des meilleures écoles de la vie. Et tout ce qui nous sépare d’elle, nous sépare de nous. La terre, les ruisseaux, les rivières, les fleuves, les montagnes, les plantes, les pierres, les minerais, le sel, les étoiles, l’univers, les galaxies, nous les portons en nous. Les sages de tout temps, en tous lieux, l’ont toujours su.
Nous, peuple du progrès, faisons un très long et coûteux détour, pour revenir à des évidences connues depuis des millénaires. Avec une arrogance parfaitement puérile nous croyons découvrir ce que nous ne faisons que retrouver…
Aujourd’hui nous jouons dangereusement avec ce qui nous dépasse et négligeons ce qui nous permettrait d’accéder à un véritable entendement. Sans rien détruire, ni corrompre mais au contraire en participant avec intelligence et conscience à un tout dont nous ne sommes qu’une toute infime et vibrante partie.
Alors ouvrons bien les yeux, les oreilles, déployons nos innombrables antennes naturelles, car nous en aurons bien besoin dans les temps qui viennent.
Je veux parler d’un désert monstrueux, le désert parfaitement planétaire, parfaitement mondialisé. Le désert de l’Homme par l’Homme, celui qu’il édifie dans son cœur, lui l’orgueilleux qui marche sans mémoire.
Jean-Yves Vallat
in Itinéraires vers le silence
AU SOMMAIRE
Délit de poésie :
Julie Quéré (Paris), en Corset et crinoline, extrait d’Élancements de l’Archée
Jean-Louis Millet (Val de Marne) présente Crimes & Culture, sirventès des relations entre les cultures
Alex Jacquin-Ng (Île Maurice) balance Neufs pets capiteux (extraits) et sa Rage en décembre
Délit de mémoire : Tombeau pour Kalakoa, le touareg inconnu, hommage de Jean-Marc Couvé
Délit suspendu : Extrait de Chroniques du hamac, nouveau recueil de Cathy Garcia (Lot)
Délit nucléaire : Hommage au Professeur Vassili Nesterenko avec un extrait de La Supplication de Svetlana Alexievitch
Et les Délits d’(in)citations éparpillées comme feuilles d’automne, faites-en bon humus.
Le Bulletin de complicité est disponible en toute saison.
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr

On ne peut pas dire la vérité à la télé,
il y a trop de gens qui regardent !
Coluche
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

Proverbe thaï
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28.06.2008
NUMÉRO 29
NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Juillet 2008
Comment ne pas s'essouffler en faisant une revue de poésie ?
Entre les bons sentiments de départ : lire tous les textes, répondre rapidement à toutes et à tous, entretenir de vraies relations avec les auteurs, publiés ou pas, les lecteurs, les abonnés et aussi les autres revues, les innombrables sites de poésie et ce qui est faisable en vérité, il y a ce fossé nommé désillusion ou expérience, selon qu'on l'envisage.
Il faudrait y passer TOUT son temps. Un temps non salarié, bien entendu, puisque il s'agit de passion et non d'un emploi.
Et même en y passant tout son temps, la technologie informatique fait que x auteurs peuvent envoyer x poèmes en même temps, sans compter ceux qui les envoient par courrier. Moi pour suivre, c'est-à-dire lire attentivement et répondre, mais aussi entretenir des relations avec tout le monde, n'étant pas une machine, ça me prend beaucoup plus de temps. Et voilà que x nouveaux auteurs ont envoyé x nouveaux textes et les premiers auteurs m'écrivent pour savoir ce qu'il advient des x textes qu'ils m'ont envoyé il y a x temps. Certains, rares heureusement, s'impatientent un peu trop, en deviennent désagréables, évidemment ce sont eux qui passent à la trappe les premiers. Et voilà comment une passion, un plaisir peuvent se transformer en corvée parce qu'ils provoquent de la frustration, la machine n'ayant aucun état d'âme et beaucoup d'auteurs s'imaginant être uniques, ne pensent finalement qu'à eux-mêmes et à leur but : être publiés. Ils oublient trop souvent qu'ils
sont un parmi x autres. Que certains ne donnent plus de nouvelles une fois qu'ils ont reçu leur exemplaire, que la plupart ne s'abonnent pas à la revue etc.. ça je ne m'en plaindrais pas, après tout personne ne m'oblige à faire une revue. Non, mon problème c'est plutôt de réaliser combien cela devient envahissant, au point que moi qui me voudrais aussi poète, je n'ai plus le temps de m'occuper de mon propre travail d'écriture, sans parler du reste. Alors comment faire ? Finalement c'est comme dans la vie, vient un moment où l'on doit faire un tri, et surtout où l'on fait ce qu'on peut et tant pis pour ceux qui ne sont pas contents car après tout personne ne les oblige à contacter une revue.
Ce qui compte à mes yeux, c'est de ne pas renoncer par épuisement, et j'assume donc d'être injuste par nécessité. Répondre à certains, plus qu'à d'autres, selon des affinités réelles qui se créent, lire certains plus que d'autres, faire passer machin avant bidule, continuer la revue en y passant moins de temps mais toujours avec autant de plaisir, alors pardonnez-moi si je réponds moins souvent ou moins longuement, ou même si je ne réponds pas du tout à vos diverses sollicitations et puis. n'oubliez pas que moi aussi je suis une poète qui voudrait bien être publiée, et si tous les poètes faisaient leur revue, ce ne serait pas si mal, chacun connaitrait les deux côtés du miroir.
Sur ce, j'espère que vous apprécierez ce numéro. J'y ai mis des amis et des causes qui me sont chères.
CG

AU SOMMAIRE
Délit de cour à cour : un extrait de Dialogue au bout des vagues de Gérald
Bloncourt (Haïti/Paris)
Délit mapuche : poèmes de Salvador Mariman (Chili/Usa)
Délit d'un voleur de feu : poèmes extraits de L'amour à l'heure bleue suivi
de N'invitez pas un poète à vos fêtes de Yann Orveillon (Finistère)
Délit du fond des tripes : un extrait d'A défaut de martyrs, nouveau recueil
de Marc Sastre (Hte-Garonne)
Délits d'(in)citations pour ceux qui ne lisent que dans les coins.
Vous trouverez encore le bulletin de complicité au fond en sortant.
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr
« Né en 1946 à Paris dans le quartier chargé d'histoire populaire de la Bastille où j'ai ensuite vécu 20 ans. Au sortir de la guerre, ce coin alors pauvre de la capitale, au passé révolté, était un melting pot des races, des ethnies et des religions et vivait un peu comme un village rendu cohérent et solidaire par sa précarité même. Là, j'ai été ''perfusé'' à l'humanisme de la tolérance cosmopolite. Ceci était tout à fait en phase avec la pensée camusienne à laquelle je souscrivais : lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain. Plus tard, j'ai spiritualisé l'ensemble avec des éléments de la pensée mahayana d'un zen soto occidentalisé. Autodidacte curieux, j'ai été chimiste puis marketeur et enfin directeur de la communication. Durant ce parcours, je suis allé aux USA, en Israël, au Japon, à Taïwan. Dans les relations sociales, j'ai développé une activité associative multiple en science et en sports. Côté détente, j'enchaîne depuis toujours les bouffées de passion : Préhistoire, Basket (joueur), Folk song (guitariste), Chine, Minéraux et Fossiles (chercheur/collectionneur), photographie, Protohistoire/ les Celtes, Japon, Bonsaï (collectionneur), Bouddhisme(s), Art asiatique, Religions, Ecriture (nouvelles), Poésie (haïkaï et vers libres), Art contemporain (peinture, sculpture, vidéo), avec au milieu de tout çà, des voyages : Italie, Allemagne, Belgique, Pays Bas, Espagne, UK, Antilles, Thaïlande, Afrique du Sud. et toujours en filigrane, la lecture, toutes les lectures. Tout n'est-il pas dans les livres.Ces passions sont aujourd'hui rassemblées dans un site sur Internet : http://www.zen-evasion.com »
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
Nous sommes restés peu nombreux à refuser de croire qu'il faille être fourbe pour avoir raison,
Cesare Battisti
SUTURElunes de cire
écho des frontières
tracées au khôl
nuit émaciée
aux éclats
de soufre
la langue des anges
dérange les nerfs
prend la douleur
trois fois nouée
mots souillés
paupières éparpillées
aux portes
langues humaines
langue de la soif
première
obstinée
rapprocher les lèvres
recoudre le mot
la plaie
le meurtre
par un baiser
ou le silence
Cathy Garcia - 2007
14:53 Publié dans REVUE NOUVEAUX DELITS poésie vive et dérivés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




