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09/01/2017

Le travail au-delà de l’emploi : comment rompre avec les politiques traditionnelles de lutte contre le chômage.

 

Source : LE MONDE |

 

Pierre-Yves Gomez signale que l’individu, contrôlé par « ceux qui détiennent le capital et la technologie », a été formaté « à ne considérer comme relevant du travail que le temps contrôlé par les entreprises ou les administrations. Au point de méconnaître le fait que, sur cent heures travaillées, un Français en effectue en moyenne une moitié comme salarié et l’autre sous des formes autonomes ou auto-organisées, domestiques, associatives ou collaboratives ».

La crise de ce modèle et la révolution technologique (et son corollaire uber) aidant, l’économiste imagine deux perspectives en forme d’alternative : la fondation d’une nouvelle société qui se fonderait sur le travail auto-organisé et indépendant ou une société dans laquelle les entreprises récupéreraient ces formes auto-organisées à leur profit, pour favoriser la flexibilité, avec pour conséquence un accroissement de la précarité.

Le philosophe Bernard Stiegler part du même constat, évoquant même ces « entreprises de prédation dont Uber est devenu le symbole » : « l’avènement du Web en 1993 aura eu la même portée économique et politique que l’avènement de la chaîne de montage de la Ford T en 1913. L’une comme l’autre auront bouleversé les économies industrielles », dit-il. Mais avec à la clef très peu d’emplois. Et l’hostilité à leur encontre des populations.

Redistribution

Il faut dès lors « revaloriser le travail » (progressivement éliminé par l’emploi salarié) « dans un contexte de dépérissement de l’emploi, ce qui signifie aussi qu’il faut redistribuer une part significative des gains de productivité issus de l’automatisation en rémunérant le travail hors emploi ».

Cette « économie contributive » « repose sur un revenu contributif conditionnel, comme l’est le régime des intermittents, complémentaire du revenu minimum d’existence, qui lui est en revanche inconditionnel ».

« La combinaison de ces deux nouvelles formes de redistribution, conçues comme deux aspects d’une nouvelle réalité macroéconomique et d’une nouvelle dynamique industrielle, rendra les économies contemporaines durables, désirables et capables de retrouver la rationalité qui leur fait désormais tellement défaut », conclut Bernard Stiegler.

Cette inquiétude liée à l’automation est partagée par l’économiste Roger Sue pour lequel « entre 40 % et 60 % des emplois seraient menacés à échéance d’une vingtaine d’années » et qui met en avant déstructuration et précarisation de l’emploi, sources de tensions sociales et politiques, dont témoignent les récentes élections, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Des raisons d’espérer

Rejoignant l’analyse de M. Gomez sur l’opposition entre salariat et autres formes de travail, auto-organisées, Roger Sue constate que face au service public – santé, services à la personne, culture, environnement, etc. – incapable de répondre à la demande, « les associations et autres ONG sont devenues des acteurs économiques majeurs » où « l’emploi n’a cessé de s’y développer ».

Ce qui lui donne des raisons d’espérer : le travail ne manque pas. M. Sue voit plus une chance dans le succès de l’économie collaborative qui « permet l’extension des échanges de savoirs, savoir-faire, produits ou services ». Or, écrit-il, « une société plus dense et plus relationnelle génère plus de travail au sens large. Le centre de gravité de l’économie se déplace ainsi vers la société civile, où se développe une richesse inédite et méconnue qui s’oppose moins à l’économie marchande qu’elle ne la stimule en lui offrant talents et débouchés ».

Avant de conclure que « la politique de l’emploi devrait amplifier ce cercle vertueux pour ne laisser personne au bord du chemin et inciter à l’engagement et à la citoyenneté, valeurs associées au travail dès son origine » et promouvoir « le volontariat, entre bénévolat et salariat », qui « montre la voie, particulièrement avec le service civique ».
Pierre-Yves Gomez signale que l’individu, contrôlé par « ceux qui détiennent le capital et la technologie », a été formaté « à ne considérer comme relevant du travail que le temps contrôlé par les entreprises ou les administrations. Au point de méconnaître le fait que, sur cent heures travaillées, un Français en effectue en moyenne une moitié comme salarié et l’autre sous des formes autonomes ou auto-organisées, domestiques, associatives ou collaboratives ».

La crise de ce modèle et la révolution technologique (et son corollaire uber) aidant, l’économiste imagine deux perspectives en forme d’alternative : la fondation d’une nouvelle société qui se fonderait sur le travail auto-organisé et indépendant ou une société dans laquelle les entreprises récupéreraient ces formes auto-organisées à leur profit, pour favoriser la flexibilité, avec pour conséquence un accroissement de la précarité.

Le philosophe Bernard Stiegler part du même constat, évoquant même ces « entreprises de prédation dont Uber est devenu le symbole » : « l’avènement du Web en 1993 aura eu la même portée économique et politique que l’avènement de la chaîne de montage de la Ford T en 1913. L’une comme l’autre auront bouleversé les économies industrielles », dit-il. Mais avec à la clef très peu d’emplois. Et l’hostilité à leur encontre des populations.

Redistribution

Il faut dès lors « revaloriser le travail » (progressivement éliminé par l’emploi salarié) « dans un contexte de dépérissement de l’emploi, ce qui signifie aussi qu’il faut redistribuer une part significative des gains de productivité issus de l’automatisation en rémunérant le travail hors emploi ».

Cette « économie contributive » « repose sur un revenu contributif conditionnel, comme l’est le régime des intermittents, complémentaire du revenu minimum d’existence, qui lui est en revanche inconditionnel ».

« La combinaison de ces deux nouvelles formes de redistribution, conçues comme deux aspects d’une nouvelle réalité macroéconomique et d’une nouvelle dynamique industrielle, rendra les économies contemporaines durables, désirables et capables de retrouver la rationalité qui leur fait désormais tellement défaut », conclut Bernard Stiegler.

Cette inquiétude liée à l’automation est partagée par l’économiste Roger Sue pour lequel « entre 40 % et 60 % des emplois seraient menacés à échéance d’une vingtaine d’années » et qui met en avant déstructuration et précarisation de l’emploi, sources de tensions sociales et politiques, dont témoignent les récentes élections, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Des raisons d’espérer

Rejoignant l’analyse de M. Gomez sur l’opposition entre salariat et autres formes de travail, auto-organisées, Roger Sue constate que face au service public – santé, services à la personne, culture, environnement, etc. – incapable de répondre à la demande, « les associations et autres ONG sont devenues des acteurs économiques majeurs » où « l’emploi n’a cessé de s’y développer ».

Ce qui lui donne des raisons d’espérer : le travail ne manque pas. M. Sue voit plus une chance dans le succès de l’économie collaborative qui « permet l’extension des échanges de savoirs, savoir-faire, produits ou services ». Or, écrit-il, « une société plus dense et plus relationnelle génère plus de travail au sens large. Le centre de gravité de l’économie se déplace ainsi vers la société civile, où se développe une richesse inédite et méconnue qui s’oppose moins à l’économie marchande qu’elle ne la stimule en lui offrant talents et débouchés ».

Avant de conclure que « la politique de l’emploi devrait amplifier ce cercle vertueux pour ne laisser personne au bord du chemin et inciter à l’engagement et à la citoyenneté, valeurs associées au travail dès son origine » et promouvoir « le volontariat, entre bénévolat et salariat », qui « montre la voie, particulièrement avec le service civique ».
 

A lire aussi :

France : « Une société de castes, où chaque groupe méprise l’autre et se sent méprisé », par Marion Fontaine, maître de conférences à l’université d’Avignon. Une dynamique d’humiliation et de mépris place les classes populaires en marge du débat politique. La gauche doit répondre à leur quête de reconnaissance et de fierté, estime l’historienne.

« Les querelles du PS sur la question économique sont aussi vieilles que le socialisme lui-même », par Mathieu Fulla, chercheur permanent au Centre d’histoire de Sciences Po. L’économie est pour le PS une arène politique dangereuse où se règlent les luttes intestines. Le sujet est source d’un embarras persistant, que la droite sait exploiter pour lui faire un procès en incompétence.

 

 

Équateur. Des défenseurs des droits des peuples autochtones en danger après l’arrestation de leur chef

 

Publié le 04.01.2017.  Source : Amnesty International

Le 21 décembre, des agents de la police nationale sont entrés de force dans les locaux de la Fédération interprovinciale des centres shuars et achuars, dans la province de Morona Santiago, et ont arrêté le chef de cette organisation, Agustín Wachapá.

Son arrestation s’ajoute à une série d’actes de violence, de harcèlement et de pression subis par des membres de la communauté indigène shuar aux mains des autorités de l’État en raison de leur opposition à un projet de mine de cuivre à Morona Santiago.

Parallèlement à l’arrestation d’Agustín Wachapá, le ministère de l’Intérieur a déposé plainte le 20 décembre contre l’organisation équatorienne Action écologique, qu’il accuse de violences après la publication sur ses réseaux sociaux d’informations évoquant l’impact environnemental que pourraient avoir les activités minières dans cette région et les atteintes aux droits humains que le projet risquerait d’entraîner.

Face à cette procédure administrative, Action écologique risque d’être fermée avant la fin de l’année 2016.

« Les autorités équatoriennes sont tenues de protéger le peuple shuar des attaques qui le visent, et elles ne doivent pas imposer d’états d’urgence ni arrêter des dirigeants autochtones. Ces actes d’intimidation ne font qu’accroître les tensions et menacer les vies d’encore plus de personnes », a déclaré María José Veramendi, chercheuse d’Amnesty International chargée de l’Amérique du Sud.

Amnesty International appelle les autorités de l’Équateur à respecter scrupuleusement les garanties d’une procédure régulière dans le cas d’Agustín Wachapá et à mettre fin à l’état d’urgence et aux actes de harcèlement dans la province de Morona Santiago. L’organisation demande en outre au ministère de l’Intérieur d’abandonner sa demande de dissolution et de fermeture d’Action écologique, de garantir les droits de la défense tout au long de la procédure administrative et d’appliquer les recommandations figurant dans la résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies relative à la protection des défenseurs des droits humains, qu’il s’agisse d’individus, de groupes ou d’institutions, qui interviennent dans le domaine économique, social ou culturel.

 

 

05/01/2017

Mahmoud Salameh (MS Graphic)

 

M. Salameh.jpg

 

 

 

 

 

04/01/2017

Misère de l'espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences - Olivier Barancy

 

couv_3086.jpgIl est enfin admis ouvertement que Le Corbusier était un fasciste bon teint. On tolère ses mensonges et sa mégalomanie. On sourit en le voyant mépriser ses (riches) clients. Un observateur impartial découvrira vite qu’il n’a rien inventé, gommant les auteurs dont il s’est attribué les idées. La seule réelle compétence de Le Corbusier fut la promotion de son image publique au détriment de la qualité de son œuvre construite – catastrophique. Mais de tout cela on ne tire aucune conséquence, la plupart des critiques refusant de voir le monde cauchemardesque qu’il voulait édifier. Ce qui n’aurait aucune importance si Le Corbusier n’était devenu le modèle pour les architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de barres et tours en béton. Et si, aujourd’hui, ses théories ne faisaient les affaires des bureaucrates de Chine et de Russie.

Deux types de villes semblent aujourd’hui se distinguer. La plupart des cités comme Amsterdam, Prague ou Paris sont désormais partiellement préservées et destinées à une population privilégiée, tirant une partie de leurs ressources du tourisme international ; la tendance est à la réduction de la surface des chaussées, à la création de rues piétonnes dédiées au commerce de deuxième nécessité et à la “protection” des quartiers anciens. En contrepartie leurs périphéries sont devenues des non-villes. Ailleurs, en Amérique du Nord ou du Sud et singulièrement en Asie, la priorité est donnée à la voiture, l’habitat vertical proliférant de vingt étages est l’unité minimale de base, tandis qu’on se ravitaille dans des centres commerciaux gigantesques situés en périphérie urbaine. Les bidonvilles, bien loin d’être éradiqués, s’accroissent.
   La responsabilité des professionnels de l’aménagement, évidente, n’est pas récente. Les architectes n’ont jamais ressenti la nécessité d’encadrer l’exercice de leur profession par des principes éthiques. Pour promouvoir leur ego, les architectes organisent entre eux des concours de beauté, se remettent réciproquement des prix et des médailles d’or, révélant ainsi leur absence de sens moral.

Fondé sur l’analyse de la production (bâtie ou théorique) de Le Corbusier, ce livre montre l’imposture du créateur, le caractère totalitaire de ses projets et la misère spatiale qu’il a engendrée, de son vivant jusqu’à aujourd’hui.

 


168 pages (12 x 21) 14€
ISBN : 9782748903041


03/01/2017

Microbe 99

Microbe 99

mic 99_couvn.jpgc'est l'avant dernier numéro (snif) de la célébrissime revue belge Microbe, avec Mireille Disdero aux commandes pour ce numéro où j'ai le plaisir de figurer en très bonne compagnie (illustrations d'Alissa Thor ainsi que les photos ci-dessous) :

 

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31/12/2016

Revue Nouveaux Délits, le NUMÉRO 56 - Janvier 2017

 

 

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janv. fév. mars 2017

 

Voici donc le 13ème édito de bons vœux pour la nouvelle année, ce qui devrait suffire à porter bonheur parce que pour ce qui est du stock de formules, il est depuis belle lurette épuisé…. Et aussitôt une question vient clignoter dans mon cerveau arborescent : mais c’est qui cette lurette ? Il s'agirait en fait, dixit the web, d'un mot inventé, un hybride entre belle et heurette, heurette signifiant « une petite heure », ce qui est pour le moins étrange, si on considère que toute heure est censée avoir la même durée. En temps en tout cas, mais peut-être pas en sensation de temps. On sait bien qu’une heure de plaisir passe bien plus vite qu’une heure de galère, une heure à la plage passe certainement plus vite qu’une heure sous les bombes, pour peu qu’elles tombent à côté. Il en va donc sans doute de même pour les années, aussi pourrions-nous penser que si nous avons l’impression que « ça » passe de plus en plus vite, c’est que tout ne va pas si mal pour nous finalement. Aussi pourrait-on se souhaiter tout pleins de belles lurettes, non ? Pour ma part j’aurais tellement de choses à souhaiter concernant le sort de l’humanité, que je préfère me taire et laisser la parole aux poètes.                       CG

 

 

Il était une chose que seule la terreur pouvait obtenir, c’était que ces centaines d’hommes bouillonnant au fond de la baraque fissent silence. Seule la terreur… et la poésie. Si quelqu’un récitait un poème, tous se taisaient, un à un comme des braises s’éteignent. () Un manteau d’humanité les recouvrait. J’apprenais que la poésie est un acte, une incantation, un baiser de paix, une médecine. J’apprenais que la poésie est une des rares, très rares choses au monde qui puisse l’emporter sur le froid et sur la haine. On ne m’avait pas appris cela.

Jacques Lusseyran in Le monde commence aujourd’hui

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AU SOMMAIRE

 

 Délit de poésie non formatée :

 

µ Anna de Sandre

µ Samaël Steiner

µ Myriam Ould-Hamouda

µ Saïd Mohamed

µ Quelques prensées de Matthias Richard

µ Le tremble au cœur autour (extraits) de Jacques Allemand

 

Résonance :

 

Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard 2016

Les Palsou – Un conte de Noël d’André Bouchard, Seuil jeunesse 2016

 

 

Les délits d’(in)citations réfugiés dans les coins ont des choses à dire. Quant au bulletin de complicité, il tapine toujours au fond en sortant.

 

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Illustrateur : Patrick le Divenah

 

De sang breton, de naissance angevine, d’habitat parisien. Bigame, car aime autant le mot que l’image. D’où les associations parfois, dans des textes ou des collages. Aspiré par le souffle, inspiré par la spirale, l’absurde, la poésie des sciences, et bien d’autres choses encore, avec passion. Publié dans une trentaine de revues littéraires et d’autres en ligne. Édité chez Passage d’encres, L’Échappée belle, Gros Textes, p.i.sage intérieur, La Tête à l’envers, La Lucarne des écrivains ; et dans des ouvrages collectifs (Henry, Lilo, L’Atelier du Gué, classiques Garnier prochainement…). Rubriques dans inks-passagedencres (cf. Les mots la langue : Par ici la bonne soupe ; cf. Critique : Chefs-d’œuvre derechef). Collagiste dessinateur (illustration de couvertures et de diverses revues). Son site : http://prosesie.free.fr

 

 

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Les efforts de dizaines d’années étaient annulés en quelques semaines, l’État, déjà instable depuis toujours, s’était effondré en quelques semaines, la stupidité, la cupidité, l’hypocrisie régnaient tout à coup comme aux pires époques du pire régime, et les hommes au pouvoir œuvraient à nouveau sans scrupules à l’extirpation de l’esprit. Une hostilité générale à l’esprit, que j’avais observée depuis des années déjà, avait atteint un nouveau paroxysme répugnant, le peuple, ou plutôt les masses populaires étaient poussées par les gouvernants à assassiner l’esprit et excitées à se livrer à la chasse aux têtes et aux esprits. Du jour au lendemain, tout était à nouveau dictatorial, et, depuis des semaines et des mois, j’avais déjà éprouvé dans ma chair à quel point on exige la tête de celui qui pense. Le sens civique des braves bourgeois, bien décidé à se débarrasser de tout ce qui ne lui convient pas, c’est-à-dire avant tout de ce qui est tête et esprit, avait pris le dessus, et tout à coup, était à nouveau exploité par le gouvernement, et pas seulement par ce gouvernement d’Europe. Les masses, esclaves de leur ventre et des biens matériels, s’étaient mises en mouvement contre l’esprit. Il faut se méfier de celui qui pense et le persécuter, telle est la devise ancienne selon laquelle on se remettait à agir de la manière la plus atroce. Les journaux parlaient un langage répugnant, ce langage répugnant qu’ils ont toujours parlé, mais qu’au cours des dernières décennies ils n’avaient au moins plus parlé qu’à mi-voix, ce à quoi ils ne se croyaient tout à coup plus tenus : presque sans exception, ils jouaient les assassins de l’esprit, comme le peuple et pour plaire au peuple. Pendant ces semaines-là, les rêves d’un monde voué à l’esprit avaient été trahis, livrés à la populace et jetés au rebut. Les voix de l’esprit s’étaient tues. Les têtes étaient rentrées dans les épaules. La brutalité, la bassesse et la vulgarité régnaient désormais sans partage. Ce fait, s’ajoutant à la stagnation de mon travail, n’avait pu qu’entraîner une profonde dépression de tout mon être et m’affaiblir d’une manière qui, pour finir, avait provoqué la pire crise de ma maladie.

 

Thomas Bernhard

in Vomissons

 

 

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Temps modernes

Cette année je ne sortirai pas de sa boîte la petite maison de bois
Sa mousse ses décors son étoile
Ma joie d’enfant de la dresser
Les Rois Mages ont été retenus à la frontière
Pour trafics divers
Et renvoyés dans leur pays on ne savait pas trop lesquels
Alors on a choisi à pile ou face la Syrie ou le Yémen
L’Âne est parti à l’abattoir pour faire des hamburgers
Le Bœuf tire des chariots de cuir au Bangladesh
À Joseph on a dit
Qu’on n’était plus pour le rapprochement familial
Et Marie a fait une fausse couche dans la jungle de Calais
Le Berger s’est pendu à cause de ses dettes c’était
Un berger grec
Il restait le Ravi mais il gênait la bonne société
Il ne gênera plus ils l’ont interné bien attaché
Il rit maintenant dans du capitonné
Cette année
Je ne sortirai pas de sa boîte la crèche
Je la laisse avec l’illusion du printemps qui renaît
Avec l’hospitalité avec la tendresse,
Rangée dans le grenier, pour les dents des rats.

 

Alexo Xenidis

 

 

Nouveaux Délits - Janvier 2017 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits Coupable responsable de tout : Cathy Garcia Illustrateur : Patrick Le Divenah Correcteur : Élisée Bec  

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 

Lichen n° 10 (janvier 2017) est en ligne

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Publication à périodicité (éventuellement) mensuelle * ISSN 2494-1360

prix : 1 mot (nous demandons que chaque personne qui consulte et apprécie ce blog nous envoie, en échange, un mot)

Au sommaire de ce numéro :

Éditorial

Sindie Barns : six haïkus

Hussein Bin Hamza : deux poèmes traduits de l’arabe par Embarek Ouassat

Marianne Bon : un poème sans titre

Gabrielle Burel : « Hiver »

Aude Courtiel : trois poèmes sans titre

Éric Cuissard : « Creux d’encre » et « Derniers soupirs »

Colette Daviles-Estinès : deux poèmes du Vietnam

Carine-Laure Desguin : deux textes

Claude Donnay : « Phone river »

Marine Dussarrat : deux poèmes extraits de Masques

Véronique Elfakir : « Ligne de vie » et « Corps et graphie »

Alain Emery : trois poèmes extraits de Pays intérieur

Cathy Garcia : onze « bonzaïs hallucinogènes »

Hoda Hili : six« Nasses » (aphorismes poétiques)

Nicolas Jaen : deux poèmes extraits de Chansons du petit sang

François Jégou : deux senryüs et des fragments poétiques

Fabrice Lacroix : « Nouvelle joie, traces et défi d’amour dressé »

Cédric Landri : deux poèmes-dialogues

Robert Latxague : « C’est où ? C’est haut Séoul ? »

Hubert Le Boisselier : « Méandres »

Le Golvan : huit extraits de Jours (inédits)

Julia Lepère : cinq autres extraits du recueil inédit Nous

Pierre Morens : « En attendant »

Charles Orlac : six Miniatures

Frédéric Perrot : « Des fontaines jaillissantes » et « Le départ en beauté »

Joëlle Pétillot : « Fille-saule »

Paul Polaire : « Mongolie intérieure »

Florentine Rey : « Petite vie » et « Technicolor »

Marjorie Tixier : « Matin solitaire »

Guillemet de Parantez : le don de mots

 

Un grand merci à Elisée Bec pour 'avoir encore une fois accueillie dans cette belle revue  !

 

 

 

 

   

30/12/2016

Honor the Treaties, un documentaire d'Eric Becker (2012)

 

 

 

Aaron Huey - la vraie histoire des prisonniers de guerre indigènes des Etats-Unis

L'effort d'Aaron Huey pour photographier la pauvreté en Amérique l'a conduit dans la réserve indienne de Pine Ridge, où la lutte du peuple indigène Lakota — ignorée malgré la situation effroyable — l'a forcé à ré-orienter son travail. Dix ans plus tard, ses photos obsédantes s'entremêlent avec une leçon d'histoire choquante (la vraie histoire) dans cette allocution à TEDxDU.

 

 

 

 

 

 

Revue TRACTION-BRABANT 71

 

 

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dixit Laurent Bouisset : Le numéro 71 de Traction-brabant, le poézine de Patrice Maltaverne, s'ouvre sur ces mots forts de Cathy Garcia (Chipunta Shilombish) de la revue Nouveaux Délits :

"Le poète c'est un humain raté. Pollué de sensiblerie. Pas bon pour la course. Bon pour la casse. Drôle à casser."

Drôle à casser... Pas étonnant que Patrice Maltaverne revienne quelques pages plus loin sur la figure de Buster Keaton, "l'homme qui ne riait jamais" mais faisait tellement rire pourtant...

On pourra lire aussi cette association frappante de Marc Tison : "Une odeur de liberté et de pisse de chien mélangées",

cette strophe forte de Chloé Landriot : "L'un pour l'autre nous sommes / Merveille / Cette étrange présence / qui ne s'habitue pas",

le flot d'images rythmées de Samaël Steiner ("il a rêvé d'un homme mort / dans la montagne / sous le ciel rectangulaire / bleu / et des tambours qu'on aurait fait avec sa peau"),

ainsi que le futur simple (et ouvert) de Karim Cornali : "Puis, heureux, / Nous regarderons l'immensité, / Comme toujours / Sans comprendre.",

et plein d'autres "choses" pour seulement deux euros, rendez-vous compte, c'est carrément donné, c'est même offert ! A pas rater.

(Publicitaire, le serai-je un jour ?)

 

le blog de la revue : http://traction-brabant.blogspot.fr/

 

 

 

27/12/2016

Trop intelligent pour être heureux, Jeanne Siaud-Facchin

 Comment définir cette population, au delà de ce que les médias montrent, de l’impression trompeuse d’un simple effet de mode et des débats de terminologie, et pourquoi s’en préoccuper? Le mythe d’un surdoué « hyper-performant » et « sur-avantagé » domine dans les esprits (y compris chez certains thérapeutes), avec en fond les confusions régnant autour de la notion d’intelligence, alors même que les psychologues reçoivent de plus en plus de patients, enfants et adultes en souffrance, présentant ce profil singulier, vulnérables psychiquement, car leur mode de fonctionnement est atypique. L’intellect et l’émotionnel se mêlant en eux de manière permanente, leur personnalité se construit singulièrement avec ces ressources-là, puissantes mais avec des bases inhabituelles, qui doivent être reconnues, intégrées et exploitées pour devenir une force et non source de trouble. La terminologie utilisée est souvent discutable en raison des confusions que les différents termes impliquent, le terme « zèbre » que [je] leur préfère et ai choisi a l’avantage de les affranchir de ces a priori : le zèbre, difficilement apprivoisable, se fond dans le décor tout en s’y distinguant par des caractères (leurs rayures) propres à chaque individu… ça colle.

Les recherches en neurosciences menées sur cette population tendent à démontrer des particularités neurobiologiques, et viennent en appui des observations des thérapeutes sur la singularité de cette pensée. Mais elles ne disent pas comment vivre avec les difficultés qu’elle pose au niveau du « ressentir », du « dire », du « faire ». Et c’est pourtant tout l’enjeu, dont la reconnaissance constitue le point de départ, y compris chez l’adulte, car ce mode de fonctionnement ne disparaît pas avec les années et, bien souvent, le surdoué vit avec un image erronée de qui il est, presque étranger parmi les autres, en recherche, en souffrance.

Si l’on reprend les éléments du développement d’une personne surdouée, on note que dès la naissance, il existe des singularités (langage, motricité, comportement). Les premières réactions de l’entourage poseront les premières bases de l’estime de soi. Durant l’enfance viennent s’ajouter les problématiques d’adaptation de ces particularités avec la scolarité, c’est alors que naissent les premières désillusions, l’ennui, les difficultés de socialisation qui vont entamer cette estime et une certaine confiance en l’autre. C’est là aussi que les relations avec les adultes et notamment les parents vont se complexifier. A l’adolescence, les problématiques identitaires, les choix de vie nécessaires et une lucidité affinée viendront encore renforcer angoisses, sentiments de vacuité et écorner un peu plus l’image de soi. Des pathologies spécifiques pourront alors apparaître, nécessitant des prises en charges psychologiques adaptées à ce fonctionnement singulier. Arrivée enfin à l’âge adulte, la personne surdouée demeure avec ce sentiment de différence, l’impression de ne pas vraiment être un « adulte » tel qu’elle l’imaginait.

Se découvrir surdoué implique un dépassement de l’image de soi, souvent négative, et une prise en compte de toutes les composantes de la personnalité des surdoués, au delà de la sur-efficience. A l’âge adulte cela débute souvent par l’intermédiaire de diagnostics posés dans l’entourage ou à travers des rencontres, des lectures, qui font office de miroirs. Sauter le pas vers le bilan psychologique est difficile et courageux, et ce sera le seul moyen pour valider ses hypothèses. Le diagnostic se fait à partir d’une évaluation intellectuelle (en général, il s’envisage à partir d’un score de QI de 130) associée à une exploration de la personnalité par un psychologue expérimenté. La démarche diagnostique est toujours une démarche globale, d’autres éléments (hors QI) devront impérativement être considérés, et seul le psychologue peut effectuer ce travail. Quel que soit le résultat, le bilan permet à la personne de mieux se comprendre. Plusieurs étapes se distinguent dans le cheminement post-bilan : soulagement, puis doutes (tests, compétence du psychologue… tout est bon lorsque l’on se trouve avec cette difficulté de se reconstruire une image différente de soi), puis colère (sentiment de gâchis, peur de ne pas se montrer à la hauteur, maintenant que l’on sait). Le diagnostic est un choc qui fait parfois perdre le nord, et après lequel l’objectif « faire » (en faire quelque chose) masque celui bien plus essentiel d’ « être », d’être enfin soi. Se faire accompagner pourra alors être d’une aide précieuse. On pourra choisir de le dire à certaines personnes de son entourage pour être enfin compris ou pas, ce qui importe surtout c’est ce que le diagnostic va changer dans le regard que l’on porte sur soi, car c’est ce regard-là qui modifiera celui des autres. On pourra choisir encore de rencontrer d’autres personnes concernées par la douance et parfois cela fera avancer très vite si l’on sait en contourner les écueils (ghettoïsation notamment).

Si chaque personnalité est unique, on relève plusieurs facettes communes. On peut tout d’abord noter qu’une certaine typologie se dessine chez les surdoués : ceux qui acceptent le cadre (qu’ils s’étouffent dans une vie banale, au risque de développer des dépressions ou qu’ils utilisent toute leur énergie à réussir engoncés dans ce cadre, à ne montrer aucune faiblesse au risque de développer une angoisse chronique), ceux qui s’affrontent au cadre (créatifs, mais frustrés, en colère, souvent découragés), ceux qui évoluent sans cadre (vivant leur vie mais errants dans le flou, désabusés). Bien entendu, ces groupes ne sont pas figés et l’on peut passer de l’un à l’autre au cours de la vie. Quel que soit son fonctionnement, accéder au sentiment de réussite est vital mais souvent utopique pour un surdoué, or l’idée traditionnelle de ce qu’est la « réussite » ne convient généralement pas à l’image qu’il s’en fait lui. Le bonheur semble un idéal lointain pour cet adulte dont l’âme d’enfant demeure vivace, accolée au sentiment contradictoire d’être « sans âge » (hypermaturité), et de n’être pas indépendant d’un contexte global (dans l’espace et dans le temps). Il est perpétuellement tiraillé entre ce qu’il pense et ce qu’il peut mettre en application, en décalage aussi, et souvent en difficulté lorsqu’il s’agit de vivre le moment présent.

Être un adulte surdoué n’est pas simple, et cela tient autant à la manière dont la personnalité s’est construite qu’au fonctionnement spécifique qui perdure, avec des facettes qui peuvent se retrouver chez d’autres types de personnalités, mais dont l’intensité n’a pas d’égales : lucidité acérée, sentiment de peur omniprésent, sentiment de culpabilité, sensation d’incomplétude, ennui permanent, envie, empathie, hypersensibilité et hyperconscience, sentiment de solitude, amitiés ambivalentes entre engagement indéfectible et repli lié à la peur de la déception, incompréhension réciproque entre soi et le monde, idéalisme, hypercontrôle, absences… chacune de ces caractéristiques colore la personnalité d’une teinte unique. Chacune de ses caractéristiques recèle en elle de nouvelles sources de douleur psychique potentielle.

Pour le cas de la femme surdouée, d’autres éléments encore sont à prendre en compte. Elle adoptera plus fréquemment une stratégie d’hyperadaptation qui pourra finir par devenir très lourde à porter (douleurs cristallisée plutôt qu’extériorisées), d’autant qu’elle trouvera rarement une aide extérieure (elles intimident). Si elle est mère, il lui faudra également gérer les relations avec son enfant (souvent surdoué également) et avec le monde scolaire, ce qui la replacera face à ses propres démons, notamment face à cette peur de ne pas être à la hauteur. Quant à construire un couple… il lui faudra pouvoir réussir à être elle-même sans faire peur ou être vécue comme « castratrice »…

Si l’on considère ce couple, on notera que, fréquemment, les deux personnes qui le composent sont surdouées, leurs failles et leurs forces répondant positivement à celles de l’autre. Le diagnostic lorsqu’il n’est pas posé avant la formation du couple va apporter un élément nouveau, le couple sera nécessairement repensé et réajusté à la lumière de cette nouvelle information. Parfois une thérapie sera nécessaire. Un couple de surdoués n’est pas nécessairement un couple heureux, de nombreux paramètres entrent en ligne de compte…

Pour finir, il paraît important de parler des surdoués qui vont bien, car ils existent, même si les psychologues les connaissent moins (ils ne consultent pas). On peut cependant appréhender, à travers les enfants et adolescents qui grandissent sereinement, les composantes probables de l’accès à l’épanouissement pour un surdoué avec principalement une estime de soi solide, et un développement mesuré entre adaptation et affirmation de soi. A l’âge adulte, la résilience, la plasticité cérébrale, la capacité à saisir les petits bonheurs de la vie et à utiliser ses ressources particulières (intelligence, hypersensibilité, créativité, capacité à rebondir, empathie, énergie notamment) seront les clés du mieux-être, rien n’est donc perdu. Un surdoué devra simplement garder en tête les mécanismes qui peuvent laisser place à des pathologies et peuvent faire sombrer. Les thérapeutes, eux, devront retenir que si la douance n’est pas une pathologie, elle peut induire une souffrance qui se manifestera d’une manière toute particulière. Connaître et reconnaître ce fonctionnement sera indispensable à un diagnostic correct et une prise en charge adaptée.

« Rien n’est jamais joué tant que l’on est en vie »!

 

 

 

26/12/2016

Les Palsou – Un conte de Noël - André Bouchard

texte et illustrations d'André Bouchard, Seuil Jeunesse, 6 octobre 2016.

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40 pages, 13,50 €.

 

C’est un vrai conte de Noël que nous propose ici l’auteur/dessinateur André Bouchard, vrai parce qu’on y parle de joie, de générosité, de partage, d’entraide et d’ouverture à l’autre. Vrai parce que le Père Noël s’il existait, pourrait bien être un vieux monsieur à barbe blanche qui vit et apprend aux enfants au cœur d’un bidonville « le bricolage, le jardinage, la politique, la mécanique, l’infirmerie, la littérature, la couture, la soudure et l’arithmétique ». Un bidonville où « pour les langues étrangères on se débrouille entre nous. Dans le quartier, on parle couramment chinois, espagnol, arabe, polonais, grec, bambara, portugais, français et verlan. »

 

Avec de belles illustrations qui prennent leurs aises sur toute la page, mélange de gris hachurés et de couleurs pétantes, André Bouchard nous présente la famille Palsou et ses quatre enfants. Comme toutes les familles, elle fait ses courses au marché et au supermarché et les enfants prennent le goûter au parc, comme tout le monde quoi. Enfin presque...

 

 

Mais les enfants, malgré la fricassée d’épluchures, s’amusent bien, comme tous les enfants et ils l’aiment leur quartier plein de cachettes et d’aventures, comme ils aiment leur école avec le vieux Monsieur Nicolas. Leur seul vrai problème, ce sont tous les autres adultes qui ne rigolent pas, mais alors pas du tout ! Alors, ils vont tenter de leur apprendre, en ouvrant l’école du rire, mais ça ne marche pas très bien, les élèves sont des cancres. C’est l’arrivée d’une cocotte magique qui va changer les choses. « C’est là que nous avons compris un truc archi-important ! On peut rire de n’importe quoi avec n’importe qui à condition d’avoir le ventre plein ! ». Ainsi avec « Cocotte Magique », Noël pourrait bien finalement être « une énorme rigolade ». À moins que la Guenille ne vienne jouer sa carabosse… Pour le savoir, lisez les Palsou.

 

Un très chouette album, tendre et impertinent, dédié à Charles Dickens, Karl Marx et François Ruffin. Le ton est donné.                                                            CG

 

 

AVT_Andre-Bouchard_873.pjpeg.jpgAndré Bouchard a été publicitaire. Il vit à Paris et travaille aujourd'hui pour la presse et l'édition en qualité d'auteur et illustrateur. Ses livres se caractérisent par des dessins malicieux et un humour caustique. Il a notamment illustré de nombreux livres de Vincent Malone. Il est également l'auteur de : Beurk ! (Seuil jeunesse), Les lions ne mangent pas de croquettes (Seuil jeunesse), Quand papa était petit y avait des dinosaures (Seuil jeunesse), La Mensongite galopante (Gallimard)... « La principale caractéristique commune à la plupart de mes ouvrages, c'est une prédilection pour "le merveilleux ou le fantastique quotidien". Je puise mon inspiration dans la réalité vécue de l'enfant : son rapport aux parents, à la nourriture, à l'égoïsme, au mensonge, etc.»

 

 

 

20/12/2016

Alexo Xenidis - Fin de partie

 

  

Alors
C’est fini il n’y a plus rien plus rien à voir à dire à tuer
Il n’y a même plus de décor des cartons éventrés des choses
Non identifiables qui s’enchevêtrent au sol
On peut éteindre les lumières
Fermer le grand rideau
Sur Alep
Le troupeau peut se lever de ses fauteuils rouge sang
Quitter le théâtre des événements
Chercher pour la prochaine fois un spectacle nouveau
Une comédie ce serait une bonne idée
Commenter Après tout cela nous dépasse ces intérêts supérieurs
Nous ne savons plus qui est le méchant l’indien le shérif le policier
Et où sont les héros qui sont les traîtres
Ils s’en vont et ils cachent leurs mains dans leurs poches
Le théâtre est vide, obscur, on n’entend plus rien,
La poussière tombe son odeur sèche
Quelques bruits à peine au loin comme des sacs
Que l’on trainerait parmi les pierres.
Si quelqu’un vous dit un jour que je suis désespérée
Répondez lui
que c’est de vous
Que je désespère

 

 

 

19/12/2016

La face cachée du sexe féminin par Maïa Mazaurette

 

Cachez ce sexe qu’on ne saurait voir – depuis la feuille de vigne, nous avons bien compris le message. Quand on cache le sexe, on cache la sexualité… Mais si un sexe est « naturellement » caché, la sexualité devrait-elle l’être aussi ? Peut-on être censurée de naissance ?

 

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l'origine du monde  Gustave Courbet  musée d'Orsay

 

Vous connaissez la chanson : le sexe féminin serait contrariant parce que invisible, au contraire de celui des hommes, qui ont un pénis bien en évidence, aux excitations spectaculaires, contenues entre l’érection et l’éjaculation.


Les femmes seraient non seulement affublées d’un orifice, mais elles en seraient un tout entier. Leur désir serait impalpable. On ne sait ni quand une femme mouille, ni quand elle ovule, ni quand elle jouit, et ça commence à faire beaucoup. D’où, d’ailleurs, notre condamnation de la simulation – si on pouvait passer les femmes au détecteur de mensonge, on le ferait (on n’aimerait pas les résultats).


Tout cela est charmant (pas vraiment) et peut sembler pratique (pas non plus). Pourrait-on maintenant faire une pause dans la malhonnêteté intellectuelle ? Déjà, le pénis des hommes n’est pas si évident que ça – même les chanceux affublés ici-bas d’une andouillette king-size 5A ont une fâcheuse tendance à porter des vêtements (ah, les prudes).


Un set génital impressionnant


Même dans l’intimité, la majorité se couvrira de pyjamas ou de boxers – un coup de froid est vite arrivé. Dans l’espace public, le pénis n’est pas plus visible qu’un vagin, et si certains hommes le voient partout, tout le temps, ça s’appelle de l’obsession (personnellement, je parviens à regarder même Rocco Siffredi dans les yeux).


Ensuite, réduire le sexe féminin à un orifice, expliquer que les femmes se construisent dans l’absence, c’est 1) amusant, 2) condescendant, mais il faudrait peut-être leur demander leur avis. Les petites filles ayant reçu une éducation féministe n’ont pas grandi dans l’amputation.


Non seulement nous avons un sexe visible, merci bien, ça s’appelle une vulve, mais quid de cette histoire de trou ? Je suis désolée d’enfoncer des portes ouvertes, mais quelle est cette absence qu’on peut toucher, qui se contracte, qui pulse, qui a des demandes, et ce, dès les premières années ? Dans quel monde vivent les personnes qui parlent d’orifice – s’imagine-t-on que les filles mettent leurs mains dans leur culotte pour n’y trouver qu’un vide, une matière noire ? Que, même sans curiosité graphique, elles ne connaîtraient jamais ni leur goût ni leur odeur ? Qu’elles seraient prises de cécité systématique devant leurs sécrétions ?


On nous renvoie au trou comme si les parois vaginales restaient écartées, propices aux courants d’air. Comme si nos pauvres cerveaux femelles n’allaient jamais vraiment intégrer qu’une fente remonte à l’utérus – un set génital impressionnant, complet, plaisant et reproduisant. C’est exactement comme si on disait que les hommes sont un trou parce qu’ils ont un urètre. Exactement comme si on leur assénait que leur sexe était invisible, parce qu’ils ne peuvent pas voir l’intérieur de leurs testicules. Misère.


Hypocrisies


Cette conception toute politique du corps humain implique une curiosité sans borne pour le désir féminin, toujours à décrypter, contrairement au désir masculin qui serait aussi solide et constant qu’une batte de base-ball (ne vous flattez pas). Comme s’il fallait choisir entre subtilité et bourrinage. Comme si l’excitation sexuelle féminine restait nébuleuse, désincarnée (car comment incarner un trou ?), avec des pâquerettes pour la déco.


En bonnes chérubines dénuées de sexe, éternelles enfants, nous pourrions ignorer le sang qui s’accumule dans les zones érogènes, nous zapperions la lubrification, nous passerions à côté des contractions musculaires. Bienheureuses les femmes, purs esprits flottant au-dessus des réalités matérielles, jamais distraites, dérangées par rien, plus productives au boulot !


Alors d’accord : le désir féminin est plus compliqué à remarquer que le masculin. Tout serait affaire de contraste. Le premier problème, c’est que cette conception binaire invisibilise et disqualifie la moitié de la libido humaine. Le deuxième problème est qu’on ne puisse, en 2016, envisager le corps féminin qu’en relation avec le corps masculin, ou du moins à travers un regard masculin forcément neutre (un intéressant retournement du concept de norme, puisqu’il faudrait moins de la moitié de la population pour créer cette norme).


Outre la pauvreté de cette conception du sexe façon saint Thomas (« Si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point »), on se lasse de telles hypocrisies. Demander à voir, c’est dénier à l’autre une part d’intimité. C’est vouloir tout comprendre pour mieux contrôler. C’est affirmer son désir contre celui de l’autre.


On castre les femmes


De toute façon, s’il fallait voir le désir féminin, pourquoi s’acharner à le couvrir ? Pourquoi ce double standard qui veut qu’un homme puisse montrer ses seins, mais pas une femme, alors même que cette tolérance permettrait de rendre visibles au moins certaines manifestations d’envie ? Pourquoi nous priver de parole sexuelle, de mots cochons, de la liberté de faire des avances (« Dans la bouche d’une femme c’est vulgaire ») ?


Pourquoi célébrer le mystère féminin, alors qu’on se plaint de cette opacité ? Pourquoi cette constante censure – les seins allaitants, les corps trop déshabillés sur les panneaux d’affichage, les corps trop politiques sur la plage ?


Plutôt que de s’interroger sur un désir intrinsèquement invisible, il faudrait se demander pourquoi nous refusons de voir. Pourquoi nous détournons, non pas notre regard, mais des corps en entier. On peut avancer des raisons morales ou religieuses, du double standard, une pudeur sélective. Mais aussi de la méchanceté : on castre les femmes. On les réduit à des orifices, on les réduit au vide. On tente de les anéantir. Ce n’est pas très sympa.


Même si le désir féminin était réellement invisible, on pourrait toujours le rendre dicible. Il suffirait de nous poser la question. Il suffirait de nous demander si nous avons envie. Une fois encore, si l’ordre social s’en abstient, c’est dans l’intérêt des hommes : ne pas savoir, c’est pouvoir outrepasser.


Si les femmes ne peuvent pas exprimer leur désir, il est quasiment justifiable de se raconter soit qu’elles sont toujours consentantes (c’est dans leur nature animale) soit qu’on s’est mal compris (ah, le viol par erreur de communication ! Presque aussi crédible que le crime par passion ou la violence domestique par amour).


Le sexe féminin n’est pas invisible : nous refusons de le voir. Il n’est pas impensable, seulement ignoré, par paresse intellectuelle et par pur égoïsme. Et pourtant. Le désir des femmes est là, présent, complexe, tissé de chair, de neurones et de terminaisons nerveuses. Il est mesurable. Malgré notre culture du déni, il parvient à exister, il commence même à s’exprimer : le sexe parle, tendons l’oreille – ça nous changera.

 

 

Source   le Monde

 

Merci à Voix Dissonantes qui a relayé cet article : http://jlmi.hautetfort.com/

 

 

 

 

 

Des nouvelles de la Grèce, par Yannis Youlountas

 
 
Dans le silence des mass-médias occidentaux, la révolte gronde en Grèce et la résistance s'amplifie. Après un mois de novembre très agité (cf. mes messages précédents) et des craintes de troubles qu'auraient fait remonter les services de renseignements grecs fin novembre, les manifestations et affrontements se poursuivent en ce mois de décembre 2016, avec en points d'orgue, des émeutes dans plusieurs villes ce 6 décembre(1), plusieurs actions de sabotage et une nouvelle grève générale ce 8 décembre amplifiée par plus d'une semaine de grève totale du trafic maritime provoquant rapidement un début de blocage de l'économie ces derniers jours.
 
Autre désinformation : les dirigeants européens racontent partout que la Grèce va mieux, ce qui sous-entend que l'austérité est un remède efficace contre la crise économique et sociale. Ils évoquent à la fois une baisse du chômage et une hausse de la croissance, parmi les grandes nouvelles saluées par des éditocrates.
 
Baisse du chômage en Grèce ? La bonne blague ! Au contraire : le chômage de longue durée (plus d'un an), celui qui n'est pas indemnisé ni pris en compte, poursuit sa hausse vertigineuse et continue de faire d'innombrables victimes. En plus, des centaines de milliers de Grecs se sont exilés, dont une majorité de jeunes qui, par conséquent, ne pointent plus en Grèce. Pour finir, ceux qui parviennent à trouver du boulot sont payés encore plus mal qu'avant. Les salaires sont en chute libre et les contrats (quand il y en a) sont précaires. On se rapproche petit à petit des emplois journaliers d'autrefois, à une époque où les ouvriers ne savaient pas si on leur donnerait du travail le lendemain. C'est beau le libéralisme.
 
D'où la même remarque sur la croissance : oui, c'est vrai, sur le papier, La croissance revient en Grèce, mais à quel prix ? La destruction des conquis sociaux, une précarité violente, toujours plus de drames et de situations épouvantables, des anciennes maladies qui réapparaissent, des enfants en état de malnutrition, des retraités qui ont cotisé toute leur vie et qui peinent à se loger et à se nourrir. Une croissance au prix de nombreuses expulsions et saisies de maisons particulières contre lesquelles des collectifs résistent et vont jusqu'à bloquer les tribunaux(2). Une croissance dopée par la grande braderie du bien commun, puisque tout est à vendre en Grèce, et par les grands travaux inutiles et nuisibles : extractivisme, plages bétonnées, complexes hôteliers insensés(3), mutation agricole chimique et dévastatrice… Une croissance des grands portefeuilles, puisque les plus riches sont encore plus riches au détriment de tous les autres : humains, animaux, territoires. Une croissance ? Non, un pillage et une calamité.
 
Ces mensonges (sur les résultats de l'austérité) et ce silence (sur nos résistances) conduisent à faire croire que telle est la voie à suivre, en cas d'épreuve. Les dirigeants politiques qui, en France, ont cassé le code du travail et se préparent à faire pire, notamment contre la sécurité sociale(4), pourraient un jour se targuer : « L'austérité, il n'en faut pas trop, bien sûr, mais en remède de cheval, même dans une situation désespérée comme en Grèce, vous voyez bien que ça marche ! » 
 
Faux. L'austérité, ça ne marche pas. Les experts qui nous administrent des saignées depuis des années, comme les médecins de Molière au XVIIe siècle, ne font que déplacer la richesse vers les mêmes mains, au détriment de toutes les autres.
 
Oui, je sais, Tsipras a osé déclaré le 15 décembre à Berlin : « La crise grecque appartient définitivement au passé »(5). Mais, allez vous encore le croire, un an et demi après sa capitulation ? Non, bien sûr, car vous savez ce qui s'est passé depuis le 13 juillet 2015 : une politique de collaboration insupportable. Tous ceux qui, en France, ont choisi de ne plus soutenir sa stratégie depuis lors et de prendre leurs distances ont bien fait. Le théâtre n'a que trop duré. Et nous le savons plus que jamais : en face, nos tyrans ne lâcheront rien, sinon quelques miettes de circonstances pour manipuler l'opinion, à grand renfort de mise en scène. Parallèlement, ils continueront à montrer du doigt des boucs-émissaires (insurgés, réfugiés, militants syndicaux, fonctionnaires…) pour essayer de détourner les regards de leurs agissements en faveur d'un pouvoir toujours plus autoritaire et d'un capitalisme encore plus violent.
 
Dans ce contexte de mobilisation et de convergence de luttes, nous faisons appel à vous, car l'année qui s'annonce va être cruciale.
 
Premièrement, nous organisons une nouvelle collecte de fournitures à destination des initiatives solidaires autogérées en Grèce qui en ont besoin (celles que nous vous avons présentées dans nos films, pour la plupart). Autrement dit, il ne s'agit pas d'actions « pour » mais « avec » la population grecque en souffrance et « avec » les réfugiés, dont la majorité fuient la guerre en Syrie. La liste des besoins, fixée avec nos camarades sur place, est ici.
 
Deuxièmement, après Ne vivons plus comme des esclaves (6) et Je lutte donc je suis (7), nous commençons à préparer un troisième film (toujours en creative commons, gratuit sur internet et à but non lucratif) qui sera également en soutien aux initiatives solidaires autogérées. Si vous voulez en savoir plus et, éventuellement, nous aider, c'est là.
 
 
 
 
 
(1) Des affrontements ont eu lieu ces derniers jours dans une dizaine de villes, notamment à Thessalonique et surtout à Athènes le 6 décembre :

(2) Lire à ce sujet, l'interview de Filippos Filippides du comité « Vente aux enchères STOP » par Eva Betavatzi du CADTM.

(3) Par exemple, le site d'Hellinikon à Athènes (où de nombreuses initiatives autogérées sont implantées) : bientôt transformé en mini Quatar pour la haute bourgeoisie sur un immense terrain acheté pour moins du dixième de sa valeur. Voir la vidéo

(4) Voir à ce sujet l'excellent film de Gilles Perret : La Sociale.

(5) Sources en langue française : Reuters, Rfi... Déclaration qui a évidemment provoqué un tollé en Grèce !

(6) Film Ne vivons plus comme des esclaves (2013) : gratuit en intégralité ici (n'hésitez pas à partager ou même profiter des fêtes pour le visionner en groupe et susciter la discussion).

(7) Film Je lutte donc je suis (2015, nouvelle version novembre 2016) : gratuit en version longue ici (n'hésitez pas à partager ou même profiter des fêtes pour le visionner en groupe et susciter la discussion.
 
 
 
 
 
 
 
 

17/12/2016

Les roses noires (Adolescentes, langage et banlieue) - documentaire de Hélène Milano (2011)

 

Notre révolution intérieure d'Alex Ferrini (2016)

 

 

 

 

Miami bitch

Deux documentaires qui se font écho :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/12/2016

Les Sentinelles, un documentaire de Pierre PEZERAT (sortie en salles, octobre 2017)

 

Site : http://les-sentinelles.jimdo.com/
Le réalisateur montre comment une alliance entre scientifiques et agriculteurs a permis à Paul François, agriculteur du Nord Charente intoxiqué par le pesticide « Lasso » de gagner un  procès contre Monsanto. Même si l'affaire est maintenant portée devant la cour de cassation, elle illustre à merveille la victoire du pot de terre contre le pot de fer.


Josette Roudaire, employée de l'usine Amisol (filature d'amiante) à Clermont-Ferrand et Jean-Marie Birbès, ouvrier de l'usine Eternit dans le Tarn, étaient en contact avec l’amiante. Ils ont rencontré le père du réalisateur, Henri Pézerat, militant, chercheur, directeur au CNRS et toxicologue, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis. Il était avant tout un lanceur d'alerte qui a étudié  l'amiante et les causes de son caractère cancérigène.


Les ouvriers de l'usine Nutréa Triskalia en Bretagne, intoxiqués par des insecticides
souffrent aujourd'hui du syndrome MCS, une hypersensibilité aux produits chimiques.
Qu’ils soient ouvriers ou paysans, les sentinelles partagent le même combat: la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides.


En creux, au travers du témoignage de ces hommes et femmes, le film est devenu aussi un hommage à Henri Pézerat pour qui « les travailleurs sont les sentinelles du risque toxicologique, professionnel ou environnemental. »

« Merci aux lanceurs d’alerte pour leur courage et leur détermination à aller au combat. Nous  sommes tous des sentinelles, mais nous n’osons pas tous aller au bout de la démarche ! Ce film doit faire prendre conscience à tout un chacun des scandales sanitaires d’hier, d’aujourd’hui et de demain. »


Une victoire de plus et une première en France concernant la polyexposition : il y a trois mois, le tribunal administratif de Rennes ordonnait à l'État d'indemniser les ouvriers exposés à la fois à l'amiante et aux irradiations. Il est utile de préciser que ni le Président de la République, chef des armées, ni le ministre de la Défense n’ont conscience de la souffrance des victimes, car ce ministre a fait appel de cette décision devant la cour d’appel de Nantes en date du 16 août 2016 !!!
Ce qui est sidérant dans ce film, ce sont les similitudes des combats et l'écrasement du système. On constate que l'histoire se répète en permanence : ce sont des mécanismes mis en place par les grands groupes pour faire du profit en broyant des vies humaines. À cela s'ajoutent des méthodes similaires, comme le chantage au chômage par exemple. Mais ce documentaire montre également tous les combats gagnés, et, surtout, il met en avant l'importance de la solidarité entre les personnes, d'où quelles viennent.


Pierre Pézerat fut pendant 30 ans monteur et responsable technique à la télévision. Les Sentinelles est son premier film documentaire. « Les personnages du film ont quasi tous rencontré Henri et avec lui ont entamé des luttes qui les ont profondément changés dans le sens même qu'ils donnaient à leur vie... Ces hommes et ces femmes retrouvent leur dignité dans le combat pour de mander des comptes à ceux qui les ont empoisonnés. Et ce besoin de justice s'affranchit totalement du cadre socio-culturel de ceux qui sont victimes, il va même casser le clivage qui peut exister entre les milieux aussi éloignés que le monde ouvrier et le monde paysan. »


Henri Pézerat : c'est, entre autres, par lui et sa compagne Annie Thébaud-Mony, sociologue et spécialiste des cancers professionnels, que l'amiante fut interdit en France en 1997, grâce à son animation du Comité anti-amiante de Jussieu.

 

 

 

 

11/12/2016

Guillaume Meurice, "Que demande le peuple ?" - Allez le voir, c'est excellent !

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