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05/10/2016

Brésil : un coup d’État néolibéral sur fond de crise globale

mardi 4 octobre 2016, par Attac France

Les Jeux olympiques (JO) qui se sont déroulés au Brésil n’ont pu masquer la grave crise économique, écologique, sociale, politique et institutionnelle que traverse le pays. Dans la continuité des mobilisations de 2013, de fortes critiques ont émergé concernant l’organisation des JO : dépenses titanesques au détriment des services publics et déplacements forcés d’habitants pour faciliter les travaux. Mais l’essentiel des mobilisations a eu lieu pour contrer l’offensive de la bourgeoisie, de la droite et de son gouvernement par intérim, de démettre Dilma Rousseff et de s’accaparer le pouvoir illégitimement.

Pour la droite, étouffer les affaires de corruption

Cinq mois après l’ouverture de la procédure d’impeachment, la destitution de Dilma Rousseff a été votée le 31 août par une très large majorité de sénateurs. Le clientélisme aura fini de convaincre les quelques indécis. Dilma Rousseff était accusée de transferts budgétaires réalisés sans l’aval du Congrès. Pratique courante de certains gouvernements antérieurs, de maires et de gouverneurs d’État, cette accusation n’était qu’un prétexte : deux jours à peine après le vote du Sénat, le nouveau gouvernement de droite a promulgué une loi qui autorise à procéder à ces manipulations comptables sans consulter le Congrès.

Avec l’aide du pouvoir judiciaire et des médias, l’oligarchie et la droite voulaient endiguer l’hémorragie provoquée par l’enquête « Lava jato » (« lavage express »), opération qui a révélé un énorme scandale de corruption triangulaire orchestrée entre le groupe public Petrobras, des sociétés du bâtiment et de nombreux dirigeants politiques de tous les partis, de droite comme de gauche. Une course de vitesse s’est engagée pour empêcher que les investigations anti-corruption n’arrivent à leur terme. Une loi scandaleuse, faite sur mesure, est actuellement en train d’être élaborée afin de justifier et normaliser les sources illégales de revenus. L’organe créé pour enquêter sur les cas de corruption au sein du gouvernement a été annexé à un nouveau « Ministère de la transparence, de la surveillance et du contrôle ». Les investigations sur les membres du gouvernement dépendront donc... du gouvernement !

Un coup d’État institutionnel pour amplifier l’offensive néolibérale

Le contexte est marqué par une profonde polarisation de la lutte des classes et une fragilité des gauches dans le continent sud-américain. La bourgeoisie brésilienne veut reprendre les rênes du pouvoir et mettre fin à la gouvernance et aux alliances avec le Parti des travailleurs (PT), en destituant Dilma Rousseff et en empêchant Lula de se présenter une nouvelle fois à la présidence de la République. Elle veut accélérer ses contre-réformes libérales et conservatrices. La procédure de destitution de Dilma Rousseff a compté sur l’appui des puissantes Églises évangéliques et sur le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), principal parti d’opposition au PT.

À peine réélue et pour faire vivre le sentiment anti-Dilma et anti-PT, des protestations de rue et des meetings en faveur de l’impeachment ont été orchestrés par la droite avant même la procédure de destitution. Le président par intérim Michel Temer, leader du PMDB, n’a pas attendu la fin de cette procédure pour appliquer un programme néolibéral d’urgence. Il a immédiatement reçu de la part du syndicat patronal une liste de « 36 mesures indispensables », dont l’objectif est de vider les caisses publiques et de transférer leur contenu à l’oligarchie en détruisant au passage les droits sociaux.

La dérèglementation et la libéralisation sont les piliers du programme du gouvernement actuel. Un projet d’amendement constitutionnel appelé « Mesure provisoire » est défendu par l’actuel ministre des Finances, Henrique Meirelles (Président de la Banque de Boston à la fin des années 90, puis Président de la Banque centrale du Brésil à l’époque de Lula). Cette mesure vise à geler des dépenses fédérales pendant 20 ans ! Elle officialisera la réduction du budget de l’État et donc des dépenses publiques. Le système des retraites en fera les frais : une mesure prévoit le recul de l’âge de départ à la retraite à 70 ans afin de réduire de 30 % les dépenses de ce secteur. Les budgets de la santé et de l’éducation – investissements pourtant garantis par la Constitution – seront aussi réduits, avec entre autre une coupe de 45 % des dépenses universitaires et une remise en cause du système unique de santé (équivalent de la Sécurité sociale). En contrepartie, le gouvernement augmente les investissements militaires, aéroportuaires et nucléaires. Il organise la privatisation du secteur pétrolier. Il favorise les négociations entre salariés et patrons, qui auront alors plus de poids que dans l’actuelle législation. La sous-traitance sera libéralisée.

Le ton conservateur et répressif est donné. Le Ministère des Femmes, de l’égalité raciale, des droits humains et de la jeunesse a été supprimé, ainsi que le Ministère du développement agraire, censé mettre en place la réforme agraire. Le chef de la police militaire de São Paulo a été nommé ministre de la Justice et de la citoyenneté. Il est connu pour la violence de ses moyens employés à l’encontre des mouvements sociaux. La répression bat son plein actuellement avec un pouvoir judiciaire complice.

L’offensive a aussi lieu sur le plan de la politique extérieure. Tout en cherchant une reconnaissance internationale en participant au G20, Temer et son ministre des Affaires étrangères, José Serra, font du Venezuela leur principale cible. En effet, une crise s’est ouverte au sein du Mercosur entre le Brésil et l’Uruguay. Ce dernier a occupé la présidence tournante de l’institution jusqu’en juillet dernier et devait être remplacé par le Venezuela. Le chancelier uruguayen accuse Serra d’avoir voulu « acheter le vote de l’Uruguay » afin d’empêcher le Venezuela d’accéder à la présidence. Les gouvernements de droite de Temer au Brésil, de Macri en Argentine, de Horácio Cartes au Paraguay font en effet pression sur les pays du Mercosur afin de réviser le protocole d’adhésion au détriment du Venezuela, offensive internationale pour déstabiliser un peu plus le successeur de Chávez. Ces montages de projets se déroulent bien entendu en bonne collaboration avec les États-Unis.

Des difficultés qui viennent de loin

Les classes dominantes brésiliennes n’admettent plus de mesures à caractère social, elles veulent prendre leur revanche comme dans le reste du continent. La pratique du coup d’État institutionnel semble être la nouvelle stratégie des oligarchies latino-américaines. Après le Honduras et le Paraguay, c’est au tour du Brésil.
Cependant la crise vient de loin, car l’insatisfaction de la population dépasse largement les rangs traditionnels de la droite. La société brésilienne traverse une crise globale inédite depuis la fin de la dictature. Malgré des mesures sociales au début de la présidence Lula, comme l’augmentation du SMIC et dans une moindre mesure la Bolsa familia, la politique pétiste du gouvernement s’est rapidement convertie à l’extractivisme, à la mise en œuvre de méga-projets inutiles dans le cadre du programme d’accélération du développement (PAC), au développement de l’agro-business et à la libéralisation des transgéniques aux dépens de la réforme agraire et de l’agriculture paysanne. Elle n’a jamais remis en cause le paiement des intérêts de la dette extérieure.

Ces dernières années, la présidente Dilma Rousseff et son gouvernement de coalition ont sacrifié les investissements sociaux et publics, en diminuant au passage la fiscalisation des plus riches. La flexibilité et la précarité au travail n’ont cessé d’augmenter. Pendant les douze années de gouvernement pétiste, la moitié des emplois existants est restée informelle et 95 % des emplois créés l’ont été avec des niveaux de salaire très bas. Le PT a été pris dans une spirale d’alliances de plus en plus ouvertes à la droite, acceptant au gouvernement des représentants du grand capital. Les ambitions sociales et idéologiques prévues à sa création en 1980 ont disparu au fur et à mesure que les ambitions électorales ont augmenté. Malgré le discours pétiste de justice sociale, la politique menée a été « un réformisme presque sans réformes » selon Valério Arcary [1].

Dilma est ainsi la victime de cette situation. Son impopularité s’est approfondie au fur et à mesure qu’elle a appliqué des mesures anti-sociales, approuvées par les alliés de la droite, qui à leur tour ont contribué à ternir sa réputation. Gel des salaires dans les services publics, suspension d’une grande quantité de concours publics, coupes budgétaires dans le secteur de la santé et de l’éducation, multiplication des privatisations, augmentation de la sous-traitance dans les services publics, et adoption d’une « loi anti-terroriste » dont le but a été de criminaliser les luttes de résistance.

Perspectives des mouvements

Les mouvements sociaux, les syndicats et toutes les forces progressistes du Brésil caractérisent la destitution de Dilma Rousseff de coup d’État institutionnel. Le retour de la droite au pouvoir signifie une grande régression démocratique, une offensive contre les acquis sociaux et une intensification de la criminalisation de la résistance et de la mobilisation. Les mouvements populaires réunis au sein du Front Brésil Populaire, du Front peuple sans peur et de l’Espace unité d’action se sont mobilisés contre le coup d’État. Les manifestations appelées par ces fronts, soutenant le PT ou critiques vis-à-vis de lui, ont rempli les artères des grandes villes du pays. En septembre, des milliers de personnes sont descendus dans les rues de São Paulo et des principales villes du pays sous le mot d’ordre « Fora Temer ! » (Temer dégage !) et réclamant des élections anticipées, des « Diretas ja ! » (élections directes immédiatement !) reprise d’un mot d’ordre employé à la fin de la dictature militaire. Ces manifestations ont été particulièrement réprimées.

Le rapport de force sera-t-il à la hauteur ? La solidarité internationale s’amplifiera-t-elle à l’exemple de la pétition « Contre le coup d’État constitutionnel au Brésil » lancée pour soutenir les mouvements sociaux brésiliens ? La campagne municipale a commencé et la gauche brésilienne doit se repositionner là où ces dernières années les alliances entre partis de centre-droit et de gauche étaient devenues monnaie courante. Avec la fin du gouvernement du PT, des bilans doivent être tirés. Doit émerger une nouvelle gauche, radicale et rassemblée, mobilisant massivement, portant un nouveau projet de rupture, écologiste et féministe, défendant le droit du travail, l’agriculture paysanne, intégrant les revendications des populations indigènes, noires et LGBT. L’enjeu est vital pour les forces progressistes.

Article de Flavia Verri et Beatrice Whitaker.

P.-S.

Photo : Fernando Frazão/ABr, CC 3.0.

Notes

[1Arcary,Valério, « Um reformismo quase sem reformas », éd. Sundermann, São Paulo, 2014

 

 

Hommage à Miguel Hernàndez dans l'émission de Christian Saint-Paul

"Trouver pour 3 € un livre de sélection des poèmes de Miguel Hernàndez dans la gare routière de Grenade m'avait réjoui. 

J'avais alors décidé de lire des poèmes de Miguel Hernàndez dans une prochaine émission.
 
 J'ai tenu à reprendre la publication des éditions hegipe qu'animait alors notre ami le jeune poète espagnol Pedro Heras
 
Je revois sa venue dans les studios de Radio Occitania, notre amitié immédiate, notre promenade sur les rives de l'étang de Bouzigues avec Claude Bretin, Michel Eckhard-Elial ; Pedro Heras était serein, splendide d'intelligence. Nous avons connu ce jour là, un arrêt sur la marche inexorable du temps et son lot de misère qui allait l'emporter très vite.
 
Ensuite, Claude et moi étions présents lors de la  Cérémonie hommage au poète Pedro HERAS le 18 février 2008 à Cazevielle Pic Saint-Loup.
Vous pouvez toujours consulter sur notre site un souvenir de ce jour en cliquant sur :  http://les-poetes.fr/pedro/Untitled-2.htm
 
Des douleurs, depuis 1981 où nous parlons des poètes, depuis 1983 à Radio Occitanie, nous en avons connues, fatalement.
 
 Gil Pressnitzer, avant lui Charles Dobzynski, pour les plus récents. Mais ceux qui sont foudroyés dans leur jeunesse, comme Pedro  Heras, comme Matiah Eckhard  auteur du prodigieux livre posthume "Lointains chants sacrés d'où je suis né", laissent une plaie inguérissable. Alors il est de de notre devoir de les faire vivre en puisant dans leurs écrits comme des traces indélébiles.
 
Miguel Hernàndez a été fauché par la tuberculose dans une sordide prison du régime franquiste en 1942. Pablo Neruda était parvenu à lui éviter le peloton d'exécution. Mais les terribles conditions de détention ont fait ce travail de mort, plus lentement, plus douloureusement. Il est mort, Miguel Hernàndez, comme Cadou, à l'âge de 31 ans. Et pourtant quelle oeuvre ! "
 
Christian Saint-Paul
 
 
Vous pouvez écouter l'émission qui lui a été consacrée en cliquant sur :

http://les-poetes.fr/son/2016/160929.wma

 

 

 
 
 
 

04/10/2016

Le Messie du Darfour, entretien avec Abdelaziz Baraka Sakin

 

« Sans l’humour, je ne pourrais pas écrire sur le conflit du Darfour »

 
Juillet 2016, retrouvailles après l’exil. Des femmes revienennt dans leur village de Sehjanna après en avoir été chassées par la guerre au Darfour.

« Il est plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un janjawid au royaume de Dieu. » La mise en exergue de la célèbre maxime de Jésus qu’Abdelaziz Baraka Sakin emprunte aux Evangiles et détourne avec malice donne le ton du Messie du Darfour, septième roman de l’écrivain soudanais et son premier traduit en français.

Ce roman épique, à la fois drôle et violent, nous plonge au cœur du conflit du Darfour, qui, depuis 2003, a fait plus de 300 000 morts ainsi que des millions de réfugiés et de déplacés dans cette région de l’ouest du Soudan. D’un bout à l’autre de ce chaos sanglant, une figure sombre, Abderahman, une femme au nom d’homme qui veut se venger des miliciens, les janjawid, en en tuant au moins dix, et une figure lumineuse, un messie d’un genre nouveau qui veut aider les hommes à croire en leur pouvoir. Né au Soudan en 1963, Abdelaziz Baraka Sakin, dont les racines sont au Darfour et au Tchad, est l’écrivain le plus lu dans son pays.

Lire aussi :   Amnesty International accuse le Soudan d’attaques chimiques au Darfour

Ecrits en langue arabe, ses livres abordent la dictature et la guerre civile au Soudan. Ils ont suscité la colère de Khartoum qui les a fait détruire et interdire en 2009 quand l’auteur a reçu le prix Tayeb Salih. Depuis, l’écrivain vit en Autriche, où il a obtenu l’asile politique.

« Le Messie du Darfour » a une forme très particulière. A partir d’une intrigue principale, vous déroulez plusieurs récits : l’enfance d’Abderahman, victime de la violence des « janjawid », tante Kharifiyya qui l’a recueillie enfant, les origines d’Ibrahim Khidir, soldat enrôlé de force dans l’armée soudanaise… Pourquoi avoir choisi cette construction ?

Abdelaziz Baraka Sakin Je m’intéresse beaucoup à la forme, car je considère que le roman n’est pas l’art de l’histoire, mais l’art de construire une histoire. Je suis très influencé par les contes populaires soudanais. Au Soudan, dans les familles, les femmes racontent des histoires avant d’aller dormir. Et donc, dans mes livres, je pars toujours d’un fil conducteur auquel j’accroche progressivement d’autres histoires. Je m’inspire aussi beaucoup du cinéma, car j’essaie d’exposer des scènes plutôt que d’écrire sur des thèmes.

Il y a un contraste dans votre roman entre scènes de guerre et scènes de la vie quotidienne au Darfour.

Pour moi, la violence au Darfour est un élément nouveau. Le Darfour que j’ai connu est le pays de l’hospitalité et de la gentillesse. Je voulais souligner le contraste entre deux mondes très différents. En premier plan, la guerre et, en arrière-plan, ce qui est là depuis toujours : la beauté des paysages et cette montagne, le djebel Marra.

Dans Le Messie du Darfour, les femmes sont les premières à se battre…

Enfant, j’étais très attaché à ma mère. Pour moi, elle constituait le monde entier. Mon père est mort quand j’étais jeune et j’ai vu ma mère accomplir des tâches que même les pères ne faisaient pas seuls. Avant que les islamistes ne prennent le pouvoir au Soudan, les femmes étaient libres dans leur manière de vivre, de penser, de s’habiller. A cause de la guerre civile, les femmes ont toujours été chefs de famille parce que les maris étaient au front. Aujourd’hui, alors qu’il y a toute une série de lois édictées par les islamistes au pouvoir qui vont à l’encontre de leur liberté, les femmes continuent à se battre contre le gouvernement. Bien plus que les hommes.

Votre roman peut se lire comme une histoire de la violence au Darfour dans laquelle les « janjawid » ont le premier rôle…

Si un jour, vous rencontrez un janjawid, vous comprendrez pourquoi je les décris ainsi. Ce ne sont pas des êtres humains. Ce sont des professionnels du crime. Ils sont analphabètes, n’ont pas de religion et ne savent pas apprécier la poésie. Ils ont été conçus pour tuer. Les janjawid sont des mercenaires qui viennent essentiellement des pays voisins. Ils ont été chassés de leur propre terre. Le gouvernement soudanais les a acceptés au Darfour, à condition qu’ils prennent par la force la terre qu’ils souhaitaient occuper. Bien sûr, d’autres personnes y vivaient. Ils ont poussé 90 % des peuples du Darfour à fuir vers les villes ou vers des camps au Soudan ou au Tchad. C’est une épuration ethnique.

Vous n’hésitez pas à vous moquer des « janjawid » dans votre livre…

Quand un sujet est triste, je préfère en parler de manière détournée. Sans l’humour, je ne pourrais pas écrire sur le conflit du Darfour.

Qui est le messie du Darfour ?

Il est la combinaison entre Jésus – selon la tradition musulmane et chrétienne – et Bouddha. Ainsi, il porte le message d’amour et le message du retour vers soi-même. Le bouddhisme m’intéresse parce que c’est une spiritualité : Bouddha n’est pas un prophète mais un professeur. Le messie est une première étape, mais ce n’est pas la solution. La seule solution est politique. Il faut chasser les islamistes du pouvoir. Les Frères musulmans sont arrivés par un coup d’Etat. Il faut les faire partir par des élections démocratiques. Ensuite, il faudra la liberté pour tous. Les Soudanais doivent pouvoir être musulmans, chrétiens… ou bouddhistes.

Vous avez toujours été très critique à l’égard du régime soudanais. Vous ne craignez pas les représailles ?

Je ne suis pas un héros et je ne cherche pas à mourir en martyr. Je suis très pacifique, mais ce pacifisme est l’arme dont le gouvernement a le plus peur. C’est mon arme. Je ne demande à personne de faire comme moi. Je n’ai jamais cherché à être en conflit direct avec Khartoum. J’ai toujours vécu à la campagne, très loin des autorités. C’était ma manière à moi de leur échapper.

Pensez-vous retourner un jour au Soudan ?

Le problème, c’est la censure. On peut continuer à écrire au Soudan à condition de ne pas écrire sur ce qui se passe vraiment. Soit on écrit des histoires d’amour, soit on écrit de manière symbolique, ou mieux, on écrit pour le gouvernement. Le pire, c’est que la censure est exercée par des écrivains qui travaillent pour le régime. Il y a chez eux un mélange d’opinions politiques et d’amertume d’auteurs ratés qui vont se venger en attaquant d’autres écrivains. Etre écrivain au Soudan, c’est se taire ou bien travailler pour le gouvernement.

Le Messie du Darfour, d’Abdelaziz Baraka Sakin, traduit de l’arabe (Soudan) par Xavier Luffin, éd. Zulma, 208 pages, 18 euros.

 

Source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/30/sans-l-humour-je-ne-pourrais-pas-ecrire-sur-le-conflit-du-darfour_5006050_3212.html

 

 

30/09/2016

Parution en ligne de la revue Lichen n° 7 (octobre 2016)

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Au sommaire de ce numéro :

Éditorial

Sindie Barns : « Sang titre »

Daniel Birnbaum : « Les murs » et « Crabe »

Éric Cuissard : « Grande magie »

Colette Daviles-Estinès : trois autres poèmes de l’été

Carine-Laure Desguin : deux poèmes inédits

Annie Deveaux Berthelot : quatre poèmes sans titre

Michel Diaz : trois poèmes sans titre

Didier Du Blé : trois poèmes extraits de la suite À l'écart du temps

Marie Fabre : quatre poèmes sans titre

Cathy Garcia : un poème et quelques extraits du Calepin paisible d’une pâtresse de poules

Rodolphe Gauthier : « De verre et d’os », trois poèmes

Claude Haza : « Par la voix de la poésie »

Hoda Hili : « Sans titre [variation de possibles] »

François Jégou : douze exercices avec Brigitte

Fabrice Lacroix : trois poèmes

Le Golvan : deux poèmes

Marceline-Julienne : trois poèmes extraits de L’Odyssée des Conques

Ana Minski : « Éboulements », un poème et un dessin

Pierre Morens : trois poèmes

Marie Natanson : trois poèmes

Frédéric Perrot : deux poèmes inédits

Joëlle Pétillot : deux poèmes

Lily Plasticienne : deux autres Polaroid de la série « Mémoires »

Florentine Rey : trois textes courts

SCZ : deux poëllages inédits extraits de la suite « M131026 »

Clément G. Second : Dans la suite des jours, trois poèmes (In Porteur Silence)

Florian Tomasini : cinq poèmes

Choses vues : « Un hanneton de vingt ans »

Guillemet de Parantez : le don de mots

 

 

 

 

29/09/2016

Sophie Djigo - Les Migrants de Calais

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http://agone.org/contrefeux/lesmigrantsdecalais/

 

« Calais » est le nom d'une absurdité, produit de la cacophonie des politiques internationales d'immigration : ni le gouvernement français, ni la municipalité ne veulent que s'installent ses hommes et ses femmes qui, coincés dans les « jungles », ne cherchent qu'à poursuivre leur chemin vers l'Angleterre. Ce que les migrants nous donnent la charge de penser, c'est tout à la fois la difficulté de vivre dans un lieu qu'on a pas choisi et notre responsabilité dans cette situation (devenue) invivable. Que signifie une vie en transit ? Quelle alternative peut-on raisonnablement envisager ?

Indissociablement enquête sociologique et philosophique, ce livre explore la condition des migrants, en adoptant leur point de vue, à travers une analyse du vocabulaire où on les enferme, depuis lequel on les regarde et par lequel ils se racontent. Leur traitement révèle la politique d'accueil de l’État français, ses liens contradictoires avec l'idée même de démocratie et la façon dont la France, en dépit de sa longue tradition de défense des libertés et des droits humains, ne représente plus un « bien » pour les êtres en quête d'asile.

À paraître le 21 octobre 2016
216 pages (12 x 21 cm) 16.00 €
ISBN : 9782748902990

 

 

 

27/09/2016

La Supplication de Pol Cruchten (2016)

 

D'après le livre de Svetlana Alexievitch

http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2008/02/05/la...

 

le fil est visible en ce moment sur le site d'Arte

http://www.arte.tv/guide/fr/067132-000-A/la-supplication....

 

 

 

26/09/2016

Deux extraits de Feu de tout bois lus par l'auteur, Murièle Modély

 

 

 

 

 

 

En savoir plus :

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/archive/2016/...

 

 

 

 

24/09/2016

Pie Tshibanda - Un Fou noir au pays des blancs (extrait)

 

 

22/09/2016

Film-documentaire sur les étapes qui mènent "du racisme au génocide"

from Les Nouveaux Médias on Vimeo.

 

 

 

19/09/2016

Parent pervers narcissique et conséquences sur l'enfant

 

 

 

 

 

 

 

 

16/09/2016

10 000 enfants disparus

 

Signez la pétition :

https://10000missingchildren.wordpress.com/

 

 

 

 

 

 

 

14:30 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0)

Stop à la vente de carburants toxiques à l'Afrique par des négociants suisses

Dans les villes africaines, la pollution de l’air représente déjà un problème majeur de santé publique. La qualité de l’air est pire à Dakar ou Lagos qu’à Pékin. Les gaz d’échappement sont l’une des premières causes de la pollution de l’air aux particules fines, qui provoque des maladies respiratoires et cardiovasculaires. Facteur aggravant : le taux de soufre élevé dans les carburants – jusqu’à 378 fois la limite admise en Europe, selon les échantillons que nous avons prélevés à la pompe dans huit pays africains.

Après trois ans de recherches entre Amsterdam, Genève et Accra, l’enquête exclusive de Public Eye met en lumière le modèle d’affaires scandaleux au cœur du secteur des carburants en Afrique : les négociants en matières premières profitent systématiquement de la faiblesse des standards dans certains pays africains pour y vendre des carburants toxiques, interdits en Europe.

Notre enquête révèle que les négociants suisses – Trafigura en tête – dominent le marché des carburants sales en Afrique. Elles livrent, commercialisent sur place via leur propre réseau de stations-service et produisent ces mélanges toxiques que l’industrie appelle « la qualité africaine ». Si ces pratiques sont légales, elles n’en restent pas moins illégitimes car elles violent le droit à la santé de millions d'êtres humains.
 

Il est temps d'agir – et la solution est connue !


En partenariat avec des organisations de la société civile en Afrique de l’Ouest, et avec le soutien du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), nous nous engageons pour l’adoption de standards plus stricts en matière de carburants. Nous demandons également aux négociants suisses d’assumer leur responsabilité et de cesser d’inonder l’Afrique d’essence et de diesel toxiques. Ces sociétés produisent et vendent déjà des carburants à faible teneur en soufre pour les marchés suisses et européens. Pourquoi pas pour l’Afrique ?

D'une seule voix, nous dénonçons ces pratiques et prévoyons de renvoyer au siège de Trafigura un conteneur rempli d’air pollué du Ghana. La société genevoise s’est donné l’objectif de devenir un « leader reconnu en matière de responsabilité sociale d’entreprise ». Par ce « retour à l’expéditeur » symbolique, nous l’invitons à agir à la hauteur de son discours et de ses ambitions.

Aidez-nous à convaincre Trafigura de cesser de vendre des carburants toxiques. Signez la pétition, diffusez notre appel à vos contacts et suivez la campagne sur Facebook et Twitter via le hashtag #ReturnToSender. Chaque signature compte !
 

 

pour en savoir plus :

https://www.dirtydiesel.ch/fr/campaign/?section=intro...

 

signer la pétition :

https://www.dirtydiesel.ch/fr/campaign/?section=petition...

 

 

 

 

 

14:26 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0)

15/09/2016

Revue Nouveaux Délits, le NUMÉRO 55

 

 

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 Oct. - Nov. - Décembre 2016

 

Nous sommes chacun comme un écran tout sauf blanc, sur lequel les autres viennent projeter leurs propres films. Parfois les superpositions s’harmonisent plutôt bien, peuvent être source d’inspiration, de joies, d’illuminations, mais trop souvent, cela ne créé que confusion, malentendus, cacophonie, indigestions. Dans ce cas, il est parfois préférable et même nécessaire de baisser l’écran, éteindre les projecteurs. Se recentrer sur soi, pas de façon obtuse et égoïste, mais pour aller chercher en soi cette source où se dissout toute image préconçue. Tout simplement parce que nous sommes chacun bien plus qu’une somme de projections et que nous ne pouvons servir de support permanent à tous ceux qui ne se connaissent qu’au travers d’écrans interposés et qui peuvent de ce fait vite paniquer, se montrer intolérants, vindicatifs, quand ils ne reconnaissent pas leur propre film, leur propre scénario sur les écrans des autres. Les couleurs, la luminosité, le son, ne leur conviennent pas, ils voudraient pouvoir tout régler, contrôler. Chacun de nous le voudrait.

 

Après les éblouissements de l’été, l’automne est la saison pour entamer ce lent repli sur soi, pour nettoyer écran et projecteurs, laisser partir ce qui doit partir, laisser sève et énergies redescendre pour mieux se concentrer, se régénérer, puiser à cette source en nous qui n’a rien à voir avec le mental, les désirs, les peurs et les aspirations égotiques. Une source qui, tout comme la poésie en amont du langage, met en résonance l’intérieur et l’extérieur.

 

Un poème naît du frottement des mots entre eux, le poète peut faire naître l’étincelle qui fera prendre feu au langage tout entier. Éclairer, réchauffer, consumer s’il le faut. Si le sens d’un mot est perverti, la poésie peut le réduire en cendres. Sensations, émotions, sentiments, autant d’argiles à modeler et à cuire. Toutes les formes sont possibles, simplement certaines seront plus solides que d’autres et tiendront plus longtemps, mais tout est voué à se briser et retourner à son état originel. La création est recommencement perpétuel et donc destruction perpétuelle. Le cœur en bat le rythme, la respiration harmonise. Un cycle, un cercle, une spirale.

 

Cette source en nous qui sait, saura alors nous faire jaillir en de nouveaux printemps, à chaque fois plus riches, plus fertiles d’un humus qui nourrit nos racines. D’innombrables racines entremêlées, enlacées, qui font de chacun de nous un être à la fois unique et profondément relié aux autres.

 CG

 

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AU SOMMAIRE

 

 

Délit de poésie :

 

Luminitza C. Tigirlas, faiseuse de vagues

Lionel Mazari, des extraits de l'impossible séjour

Stéphane Casenobe

Sandra Lillo

Laurent Bouisset

 

Résonance :

 

Seul le bleu reste de Samaël Steiner, Citron gare éd. 2016

Le ciel déposé là, Jean Baptiste Pedini. Éd. L’Arrière-Pays 2016

Ça va aller, tu vas voir, Christos Ikonòmou, Quidam éd. 2016

 

 

 

Délits d’(in)citations épinglés au coin des pages.

Vous trouverez le bulletin de complicité dont le fantasme le moins secret est de se voir rempli, à la sortie.

 

 

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 Illustratrice : Doina Vieru

doinadoina2000@yahoo.com

 

Artiste roumaine-francophone perchée sur une montagne à Quito qui préfère pas/pas/passionnément l’image à la parole et tout cela malgré des crises de bartlebysme. Entre « I would prefer not to », crayons, papiers, pvc ou métal et d’autres instruments pointus, le jeu reste l’éternel préféré. Curriculum vitae sérieux et œuvres sur : www.doinavieru.com

 

 

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Correcteur de ce numéro : Elisée Bec 

 

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En évoquant le miel le plus secret de la poésie, nous touchons ici un domaine où il n'y a rien à comprendre rationnellement, mais tout à vivre intuitivement. Le sentiment de l'Absolu ne se définira jamais. Il est vécu ou il n'est pas vécu. Tout rationaliste ne verra là qu'illusion ou absurdité. Il n'est pire sourd, dit-on, que celui qui ne veut pas entendre. Mais la question est plus radicale : N'entend pas celui qui n'a pas le pouvoir d'entendre. Trop d'êtres humains sont hélas des huîtres scellées : jamais la lumière ne pénètre à l'intérieur.

Michel Camus

in Transpoétique. La main cachée entre poésie et science

 

 

 

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Les délits buissonniers sont nés en juillet dernier,

une collection de tirés à part inaugurée par

 

Feu de tout bois

 

de Murièle Modély

 

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illustrations de Sophie Vissière

 

 

 "ils lancent leurs yeux sur moi

comme une lame

 

je sens leur rayon laser

leur récit fulgurant

jaillir

 

sous le derme

 je sens remonter les picotements

l'emballement lyrique qui peine

 

à restituer d'un poème le scintillement

des étoiles du trou noir de leur cornée"

 

 

  52 pages agrafées

tirage limité et numéroté sur papier recyclé 

 

10 €

 

à commander à

Association Nouveaux Délits

 

 

 

Nouveaux Délits - Octobre 2016 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits Coupable responsable : Cathy Garcia Illustratrice : Dona Vieru Correcteur : Élisée Bec  

 

 

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 

 

Lu par Jacmo - revue Décharge n°167 - septembre 2015

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14/09/2016

Le blanchiment des troupes coloniales

 

 

 

La guerre et l'exil

 

Camp de Frakaport, près de Thessalonique
 

...

Nous sommes ici
depuis trois mois. –
Avant nous étions à Idomeni,
sous des tentes en plein vent. –
Les tentes ici sont installées
dans un ancien entrepôt. –
Nous regrettons Idomeni. –
Ici nous sommes totalement isolés,
sans contact avec le monde extérieur. –
Les Grecs sont aussi pauvres que nous. –
Il n’y a pas de travail, rien à faire. –
En face il y a une usine d’épuration d’eau
et l’air est irrespirable. –
Quand ils nous ont évacués d’Idomeni,
ils nous ont dit qu’on serait mieux dans ce camp. –
Pourquoi nous ont-ils menti ? –
Nous vivons au milieu des déchets. –
Les enfants ont la fièvre. –
Certaines personnes souffrent du paludisme. –
Nous sommes 550 réfugiés entassés sous ces tentes
où nous crevons de chaud jour et nuit. –
Qui pouvons-nous alerter ? –
Nous voudrions partir d’ici. –
Rejoindre des proches en Allemagne. –
Nous errons sur la route à l’entrée du camp. –
Sans jamais croiser personne. –
Nous sommes en Europe
et nous vivons comme des bêtes. –
Quand les camions-citernes arrivent,
tout le monde court
pour aller à la douche ou aux toilettes. –
Il n’y a de l’eau que quelques heures par jour. –
Pourquoi nous ont-ils menti ? –
Pourquoi nous ont-ils évacués
pour nous emmener dans ce camp loin de tout ? –
Nous regrettons Idomeni
et ses tentes en plein vent. –
Là-bas il y avait quelques commerces. –
Nos enfants ne vont pas à l’école,
nos enfants ont la fièvre. –
Nous vivons dans un ghetto. –
Nous avons rêvé de l’Europe,
et maintenant nous y sommes. –
L’hiver approche
et nous devrons rester ici,
dans la puanteur et la saleté. –


Mise en ligne le 4 septembre 2016

 

pour en lire et en savoir plus, allez sur le site de Laurent Margantin, Oeuvres ouvertes :

http://oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique182...

 

 

10/09/2016

Pascal Ulrich (1964-2009)

 

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Pascal Ulrich est né le 23 février 1964 à Strasbourg dans le quartier Finkwiller. Sa sœur décède à l’âge de un an. Enfant, c’est un bon élève et c’est sa grand-mère qui l’élève jusqu’à son décès. Pascal a alors 9 ans. Vers 14 ans, il commence à rompre avec ses parents et quitte l’école. Deux ans plus tard, il fait une fugue avec une riche hollandaise de 21 ans. Ensemble, ils font le tour de l’Europe et avec elle, Pascal découvre sauvagement ses premiers ébats amoureux, la drogue, l’alcool, la poésie et écrit ses premiers poèmes. A 17 ans, il fait un coma éthylique et est interné durant 3 semaines. Il entre ensuite dans le monde du travail mais ne le supporte pas. A 23 ans, en 1987, il crée une petite revue de poésie « Dada 64 » et publie plusieurs recueils. A 25 ans, il fait une tentative de suicide et reste 6 mois en hôpital psychiatrique. A sa sortie, il obtient une pension d’invalidité et ne travaillera plus. 
 
Pascal se consacre alors exclusivement à l’écriture, au dessin, à la lecture et à la musique qu’il écoute jour et nuit. Ses œuvres sont régulièrement publiées dans de nombreuses revues de poésie. Certaines lui demandent même d’écrire des chroniques et des critiques. Sur France culture, dans plusieurs émissions, on peut entendre ses poèmes. Il participe à plusieurs expositions à Schiltigheim mais aussi au Mexique, au Brésil ou à Cuba même s’il n’est pas présent. Pascal entretient également une importante correspondance avec des écrivains et éditeurs en France, en Belgique mais également en Inde. A partir des années 1990, il commence à décorer ses enveloppes avec des feutres de couleur. Ainsi, l’Art postal deviendra chez Pascal une de ses principales occupations. 
 
       En janvier 1996, il devient micro éditeur en créant « Absurde crépuscule » et publie des recueils de poésie ainsi qu’une revue du même nom. En 1997, il fait une pancréatite aigue et après son hospitalisation, ne boira plus une goutte d’alcool pendant des années. Au cours de l’été 1998, il monte un atelier avec un sculpteur, dans le port de Khel, en Allemagne, avec de nombreux autres artistes, inspirés par Andy Warhol et la Factory de New York. Pascal prend alors le pseudonyme de « Bakou » et découvre la peinture acrylique. Durant les années 2000, Pascal dessine et peint énormément et son style va évoluer d’une manière spectaculaire. Il voyage à Marseille, Toulouse, Paris, Lyon ainsi qu’en Belgique. En 2004, il recommence à boire. Les années suivantes, il va enchaîner dépression, séjours en hôpital psychiatrique, délirium tremens, cure de sevrage alcoolique et nouvelle pancréatite. En janvier 2008, il publie « Epitaphes » un recueil de 105 aphorismes.
 
       Le 1er mars 2009, Pascal saute depuis la fenêtre de son appartement qui se trouve au 5ème étage. L’urne contenant ses cendres est déposée dans le caveau familial à Strasbourg.  
 
     Dans son testament, Pascal Ulrich lègue ses dessins, peintures et sculptures à la ville de Strasbourg et toute sa correspondance à la Bibliothèque Jacques Doucet à Paris.
       
        Après plusieurs mois de démarches auprès de la mairie et de la bibliothèque, personne ne semble désireux d'acquérir ce fond.
 
Ses textes ont été publiés et sont encore publiés ainsi qu'une conséquente bibliographie par son ami Robert Roman, Ed. du Contentieux, Toulouse

voir : http://pascalulrich.blogspot.fr/

 

 

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06/09/2016

Migrants, mi-hommes #DATAGUEULE 52

 

 

03/09/2016

Asli Erdogan, écrivaine turque, actuelement en prison...

«Inculpée pour incitation au désordre», La romancière Asli Erdogan a été emprisonnée par la Sécurité turque. Suliane Brahim de la Comédie-Française lit ce texte autobiographique. A retrouver en début d'émission La Compagnie des Auteurs http://bit.ly/2bAYXmE

 

 

02/09/2016

À Gourdon, dans le Lot, nous avions un C.A.O, un Centre d'Accueil et d'Orientation

Il avait pour mission d'accueillir des personnes réfugiées et leur permettre de prendre un temps de repos pour faire un choix sur leur devenir. En complément des conditions d'accueil mises en place par l'État et la municipalité, un collectif s'était organisé pour faire le lien entre les personnes réfugiées et la population locale.

Le doc date de quelques mois, mais savoir recevoir et accueillir dignement est plus que jamais d'actualité.