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15/09/2016

Lu par Jacmo - revue Décharge n°167 - septembre 2015

Jacmo ds décharge 167.jpg

 

 

14/09/2016

Le blanchiment des troupes coloniales

 

 

 

La guerre et l'exil

 

Camp de Frakaport, près de Thessalonique
 

...

Nous sommes ici
depuis trois mois. –
Avant nous étions à Idomeni,
sous des tentes en plein vent. –
Les tentes ici sont installées
dans un ancien entrepôt. –
Nous regrettons Idomeni. –
Ici nous sommes totalement isolés,
sans contact avec le monde extérieur. –
Les Grecs sont aussi pauvres que nous. –
Il n’y a pas de travail, rien à faire. –
En face il y a une usine d’épuration d’eau
et l’air est irrespirable. –
Quand ils nous ont évacués d’Idomeni,
ils nous ont dit qu’on serait mieux dans ce camp. –
Pourquoi nous ont-ils menti ? –
Nous vivons au milieu des déchets. –
Les enfants ont la fièvre. –
Certaines personnes souffrent du paludisme. –
Nous sommes 550 réfugiés entassés sous ces tentes
où nous crevons de chaud jour et nuit. –
Qui pouvons-nous alerter ? –
Nous voudrions partir d’ici. –
Rejoindre des proches en Allemagne. –
Nous errons sur la route à l’entrée du camp. –
Sans jamais croiser personne. –
Nous sommes en Europe
et nous vivons comme des bêtes. –
Quand les camions-citernes arrivent,
tout le monde court
pour aller à la douche ou aux toilettes. –
Il n’y a de l’eau que quelques heures par jour. –
Pourquoi nous ont-ils menti ? –
Pourquoi nous ont-ils évacués
pour nous emmener dans ce camp loin de tout ? –
Nous regrettons Idomeni
et ses tentes en plein vent. –
Là-bas il y avait quelques commerces. –
Nos enfants ne vont pas à l’école,
nos enfants ont la fièvre. –
Nous vivons dans un ghetto. –
Nous avons rêvé de l’Europe,
et maintenant nous y sommes. –
L’hiver approche
et nous devrons rester ici,
dans la puanteur et la saleté. –


Mise en ligne le 4 septembre 2016

 

pour en lire et en savoir plus, allez sur le site de Laurent Margantin, Oeuvres ouvertes :

http://oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique182...

 

 

10/09/2016

Pascal Ulrich (1964-2009)

 

pascal ulrich les yeux rouges 2004.jpg

 

Pascal Ulrich est né le 23 février 1964 à Strasbourg dans le quartier Finkwiller. Sa sœur décède à l’âge de un an. Enfant, c’est un bon élève et c’est sa grand-mère qui l’élève jusqu’à son décès. Pascal a alors 9 ans. Vers 14 ans, il commence à rompre avec ses parents et quitte l’école. Deux ans plus tard, il fait une fugue avec une riche hollandaise de 21 ans. Ensemble, ils font le tour de l’Europe et avec elle, Pascal découvre sauvagement ses premiers ébats amoureux, la drogue, l’alcool, la poésie et écrit ses premiers poèmes. A 17 ans, il fait un coma éthylique et est interné durant 3 semaines. Il entre ensuite dans le monde du travail mais ne le supporte pas. A 23 ans, en 1987, il crée une petite revue de poésie « Dada 64 » et publie plusieurs recueils. A 25 ans, il fait une tentative de suicide et reste 6 mois en hôpital psychiatrique. A sa sortie, il obtient une pension d’invalidité et ne travaillera plus. 
 
Pascal se consacre alors exclusivement à l’écriture, au dessin, à la lecture et à la musique qu’il écoute jour et nuit. Ses œuvres sont régulièrement publiées dans de nombreuses revues de poésie. Certaines lui demandent même d’écrire des chroniques et des critiques. Sur France culture, dans plusieurs émissions, on peut entendre ses poèmes. Il participe à plusieurs expositions à Schiltigheim mais aussi au Mexique, au Brésil ou à Cuba même s’il n’est pas présent. Pascal entretient également une importante correspondance avec des écrivains et éditeurs en France, en Belgique mais également en Inde. A partir des années 1990, il commence à décorer ses enveloppes avec des feutres de couleur. Ainsi, l’Art postal deviendra chez Pascal une de ses principales occupations. 
 
       En janvier 1996, il devient micro éditeur en créant « Absurde crépuscule » et publie des recueils de poésie ainsi qu’une revue du même nom. En 1997, il fait une pancréatite aigue et après son hospitalisation, ne boira plus une goutte d’alcool pendant des années. Au cours de l’été 1998, il monte un atelier avec un sculpteur, dans le port de Khel, en Allemagne, avec de nombreux autres artistes, inspirés par Andy Warhol et la Factory de New York. Pascal prend alors le pseudonyme de « Bakou » et découvre la peinture acrylique. Durant les années 2000, Pascal dessine et peint énormément et son style va évoluer d’une manière spectaculaire. Il voyage à Marseille, Toulouse, Paris, Lyon ainsi qu’en Belgique. En 2004, il recommence à boire. Les années suivantes, il va enchaîner dépression, séjours en hôpital psychiatrique, délirium tremens, cure de sevrage alcoolique et nouvelle pancréatite. En janvier 2008, il publie « Epitaphes » un recueil de 105 aphorismes.
 
       Le 1er mars 2009, Pascal saute depuis la fenêtre de son appartement qui se trouve au 5ème étage. L’urne contenant ses cendres est déposée dans le caveau familial à Strasbourg.  
 
     Dans son testament, Pascal Ulrich lègue ses dessins, peintures et sculptures à la ville de Strasbourg et toute sa correspondance à la Bibliothèque Jacques Doucet à Paris.
       
        Après plusieurs mois de démarches auprès de la mairie et de la bibliothèque, personne ne semble désireux d'acquérir ce fond.
 
Ses textes ont été publiés et sont encore publiés ainsi qu'une conséquente bibliographie par son ami Robert Roman, Ed. du Contentieux, Toulouse

voir : http://pascalulrich.blogspot.fr/

 

 

pascal ulrich LE SALUT AU DESSIN 26 07 2008.jpg

 

 

 

06/09/2016

Migrants, mi-hommes #DATAGUEULE 52

 

 

03/09/2016

Asli Erdogan, écrivaine turque, actuelement en prison...

«Inculpée pour incitation au désordre», La romancière Asli Erdogan a été emprisonnée par la Sécurité turque. Suliane Brahim de la Comédie-Française lit ce texte autobiographique. A retrouver en début d'émission La Compagnie des Auteurs http://bit.ly/2bAYXmE

 

 

02/09/2016

À Gourdon, dans le Lot, nous avions un C.A.O, un Centre d'Accueil et d'Orientation

Il avait pour mission d'accueillir des personnes réfugiées et leur permettre de prendre un temps de repos pour faire un choix sur leur devenir. En complément des conditions d'accueil mises en place par l'État et la municipalité, un collectif s'était organisé pour faire le lien entre les personnes réfugiées et la population locale.

Le doc date de quelques mois, mais savoir recevoir et accueillir dignement est plus que jamais d'actualité.

 

 

 

31/08/2016

Revue LICHEN, numéro 6

Le n° 6 de la revue Lichen (septembre 2016) est en ligne :

http://lichen-poesie.blogspot.fr.

Au sommaire, pas moins de 34 poètes et le plaisir encore d'en être.

Un très beau poème entre autre dans l'éditorial, poème à deux voix qui s'est tissé suite au carnage du 14 juillet à Nice

 

Cendres d’anges

Poème à deux voix dédié à Romain, 10 ans,
par Sabine Venaruzzo et Colette Daviles-Estinès

Il est beau, le ciel, maman
Avec ses fleurs qui éclatent
Dans le bleu blanc et rouge
Je vois le rose de tes joues
J’entends l’écho ivre d’un tonnerre
C’est la fête qui se propage ?

Je n’entends pas la mer, maman
Une clameur, une seule, bruit
Comme une vague d’angoisse
Ne cesse d’aller et venir

La nuit chavire, maman
Un ciel feu réveille la ville
Tandis que les roues sauvages
Propulsent les poussettes folles

La nuit chavire, maman
Les pas se désunissent
Et zigzaguent les corps
Sur un drapeau flottant

La nuit chavire, maman
Le cri s’est engorgé dans l’aiguille du temps
La baie rouge s’essouffle
Au silence multiplié de la mer
Et dans ses mains
De la cendre d’anges

16 juillet 2016

 

 

 

27/08/2016

Aube dorée une affaire personnelle, d'Angélique Kourounis

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Comment un parti raciste qui obtient des années durant moins de 0,2% des votes peut se retrouver au parlement avec 18 députés ?
Comment un parti qui prône, la violence, la haine, le sexisme et le meurtre peut augmenter son score à chaque pogrom ?
Comment, alors qu’il n’aurait jamais pu exister en l’état en France, Aube Dorée peut rester en Grèce la troisième force politique du pays depuis quatre ans ?
Que se passe t-il dans la tête d’un membre d’Aube Dorée ?
La réalisatrice approche la question d’Aube Dorée via ses propres obsessions, ses inquiétudes et ses peurs. Elle a dédié plusieurs années de travail à ses recherches autour du parti néo nazi grec qui occupe toujours la troisième place sur l’échiquier politique grec après des décennies d’actions meurtrières. C’est son troisième film sur la question, et le premier documentaire d’auteure.

Angélique Kourounis est journaliste, correspondante en Grèce, notamment pour Radio France.

 

 

 

 

Alep : l'histoire du marchand de fleurs

L'humanité.....il y en aura toujours un pour nous sauver des autres, de là l'espoir ténu, fragile mais puissant aussi comme le parfum des roses, ça finit mal mais l'essentiel ne meurt pas, prix nobel de la paix pour la mémoire de cet homme !

 

 

 

 

 

 

03/08/2016

Le ciel déposé là, Jean Baptiste Pedini

 

Édition L’Arrière-Pays, juin 2016

 

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54 pages, 9 €.

 

 

 

Jean-Baptiste Pedini écrit comme un peintre, à petite touches, de bleu, de noir, d’aube et de lumière, avec des cristaux de sel et des étoiles qui traversent la nuit « à toute allure, suspendues à la tyrolienne du ciel », le ciel déposé là non sans quelques éraflures, angoisses, diffuses toujours, mais d’autant plus tenaces.

 

« Les mots comme des entailles sur les nuages. On les dit à voix basse. On y tient. Le matin sort les griffes. »

 

On retrouve ici la mer, dont le ressac donne le rythme, vide, plein, vide, plein. Dans l’écriture de Jean-Baptiste Pedini, il y a comme des trous sous la trame où quelque chose est tapi, quelque chose attend et cette sensation contraste avec la douceur apparente du peintre à petites touches. Le calme semble toujours sur le point d’accoucher.

 

Il y a la musique des mots, enfilés les uns après les autres, les uns aux autres, des perles sur un collier aux reflets changeants, toutes aussi précieuses les unes que les autres et pas une de trop. C’est beau, comme des bulles qui « vont dans le ciel, reliées en un chapelet d’ombres ». Tellement beau qu’on se laisse bercer et que le sens qui demeure toujours un peu comme caché, voilé, nous importe moins que cette berceuse qui va chercher nos douleurs, nos malaises, tout ce qu’on ne sait pas trop dire alors on ne le dit pas, et la musique nous berce sans pour autant effacer totalement l’inquiétude.

 

Il y a de la solitude dans l’écriture de Jean-Baptiste Pedini, une distance qui permet au regard de voir, de sentir, un pas de côté qui parle aussi à notre propre solitude, celle inhérente à la condition humaine, seule et reliée, comme ces perles sur le fil du collier. Le fil, l’âme qui respire sous l’eau du poème.

 

Dans Le ciel déposé là, Jean-Baptiste prend la lumière au bout de ses pinceaux, « une lumière monocouche qui en recouvre tous les recoins » ou qui « entre goutte à goutte pour surprendre l’enfance » et l’ombre jaillit alors aussi de toute part car « la lumière est friable, l’obscurité la réconforte ».

 

Un antidote au quotidien, cette lumière ocre que l’on prélève tel un sérum.

 

Pour échapper à l’ennui peut-être, chaque instant est comme sacralisé, happé dans une transcendance alors que rien pourtant ne demeure figé, car il faut « vider le jour cul-sec. En sentir les dépôts tandis que la mort presse ».

 

Cathy Garcia

 

 

201607201223-full.jpgJean-Baptiste Pedini est né en 1984 à Rodez. Vit et travaille en région toulousaine. Publications dans de nombreuses revues dont Décharge, Voix d'encre, Arpa, N4728. Des livrets publiés chez Encres Vives, Clapàs, – 36° édition et La Porte. Bibliographie : Prendre part à la nuit (Polder, 2012), Passant l'été (Cheyne éditeur, Prix de la vocation, 2012), Pistes noires (éditions Henry, 2014), Plein phare, Éditions La Porte, 2015.

 

 

 

 

 

01/08/2016

Les initiatives citoyennes face aux attentats : la riposte de la société civile

par Sarah Roubato
 
Après les attentats de Nice, pendant que les politiciens nous disent qu’il va falloir vivre avec les attentats, de en plus de Français se demandent comment ré-agir autrement. J’interviens en fin de première partie de l’émission Une semaine en France diffusée sur France Culture samedi, à réécouter ci-dessous :
 
Que faire ? Dans un premier temps éteindre le poste d’information continue, pour avoir d’autres yeux que ceux qui se gargarisent du spectacle de l’horreur. Ne pas se contenter de l’image que les médias projettent de notre société.
 
Notre système politique ne nous permet pas d’infléchir la politique extérieure de notre pays et sa participation à des guerres, puisque nous remettons ce pouvoir entre les mains d’un seul homme qui n’a pas à nous consulter. Mais on peut agir sur l’autre versant des causes de ce qui nous arrive : les causes sociales qui font que la France est un terreau fertile pour que pousse le djihadisme. Car ces “monstres”, ces “barbares” sont bien les produits de notre société.
 
C’est dans le quotidien, là où chacun se trouve, que de petites initiatives voient le jour. Comment faire qu’un jeune va trouver un autre idéal auquel s’accrocher que celui que propose Daesh ? Ce basculement peut se faire en une une heure, une rencontre. Si on fait l’effort de sortir de son petit monde, de faire quelques stations de métro pour aller voir ces exclus dont les médias nous parlent – et tous ceux dont ils ne nous parlent pas. Leur partager ce qu’on sait faire – la cuisine, la randonnée, la pêche, la création de sites internet, le sort. Offrir ne serait-ce qu’à un seul jeune la possibilité d’exprimer sa frustration dans un art, lui faire rencontrer d’autres exclus sociaux aussi, des vieux qui vivent tout seuls, des jeunes qui vivent dans des villages complètement désertés, des gens avec des handicaps, des maladies, leur donner la possibilité à eux aussi d’aider et donc de retrouver une puissance et un sentiment d’appartenance à la société.
 
L’indifférence fait dégâts considérables. La société est comme la peau d’un tambour, chaque geste que l’on fait – et qu’on ne fait pas – résonne à l’autre bout.
 
 
 
 
 

un commentaire à l'article de Sarah, que je recopie ici, sans citer le nom de l'auteur par respect pour la vie privée :

Il faut donner quelque chose à perdre aux gens qui pourraient basculer par désespoir personnel dans la fabrique de l'horreur pour les autres.
Comment ?
Je parle en tant qu'ancien policier de la BAC mais aussi (encore plus loin dans le temps) ancien policier auxiliaire qui faisait de l'ilotage.
Ilotage : rôle moins répressif que les autres policiers, ce qui permettait d'aller discuter avec des jeunes, certains délinquants mais, qui auraient voulu choisir une autre voie.
La solution tient, je pense, dans l'idée d'utiliser la culture des cités, ses codes, l'identité que les jeunes se sont créée pour en faire une force d'avenir. De par la lâcheté des politiques qui prétendent hypocritement vouloir la liberté, la fraternité, et l'égalité pour tous n'ont fait que donner le sentiment inverse. Conséquence, ces jeunes de cités sensibles sont à ce jour les seuls à pouvoir cloisonner un endroit et en faire une zone de non droit. Tout le monde y perd. Eux entretiennent la ghettoïsation, la population a peur d'eux et les rejette à l'emploi. Les politiques d'aujourd'hui, faut-il encore le rappeler, n'ont aucune vision de terrain, ne voyant la société qu'à travers des graphiques et des camemberts et n'ont que leur carrière à la bouche, et ils sont entourés de conseillers qui par ambitions personnelles (aussi) leur font croire au monde des bisounours où ça n'irait pas encore si mal...
Si ! La société va mal ! Super mal même !
On a de la matière grise ghettoïsée dont on ne fait pas acquisition, vu que la corruption d'en haut de la pyramide ronge les fondations de notre vivre ensemble.
Les jeunes des cités sensibles, il faut leur donner les moyens d'avoir des choses à perdre.
Les voitures electriques high tech doivent être conçues dans les cités où rien ne se passe hormis le traffic de stups. Ils sont capables de faire une entreprise illegale et d'employer du monde ? Pourquoi ne seraient-ils pas capables de faire la même chose pour une entreprise licite ? Pas besoin de diplôme de l'energie et des idées et que ces jeunes collaborent avec les ingenieurs de bonne volonté qui souhaitent les aider. Des ingénieurs que des corrompus ont empêché des réaliser leur rêve, il y en a plein en France. Il suffit que les jeunes des cités sensibles intouchables leur offrent protection au coeur de leur zone de non droit. Là, des miracles vont apparaître !!!
Ces gens (des cités sensibles) doivent pouvoir exprimer leur style, mettre au défi cette société qui a peur d'eux ! La mettre au defi de faire mieux qu'eux en terme de vision d'avenir. Ce sont des cités sensibles françaises que doivent sortir la technologie verte, celle de l'avenir.
La police n'a pas le droit d'entrer ? Consigne venue de très haut ? Ok donc, elle n'aura pas non plus le droit d'entrer quand ces jeunes feront la promotion des générateurs à hydrogène individuels. Ces générateurs vont faire faire la tronche à certains gros groupes industriels français ! Ceux qui ne les embauchent pas !!! La police ne peut pas rentrer dans les cités ? Très bien elle ne rentrera pas non plus quand les jeunes feront la demonstration que leur hypercar électrique dessinée et construite sur place abat le 0 à 100 km/h plus vite qu'une ferrari sur le parking de supermarché du franprix du coin.
Notre cohésion nationale, nous devons maintenant refuser qu'elle vienne d'en haut, nous devons la construire de manière autonome, entre nous. Il suffit d'écouter les derniers titres de Kerry James pour comprendre que certains jeunes ont fait le bon constat. Entre force de l'ordre intelligentes et jeunes de la cité acceptant de franchir le pas, la reprise en main de la société par les forces vives de la Nation est désormais envisageable."

 

en savoir plus sur Sarah Roubato, voir : http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2016/02/08/le...

 

 

 

 

 

 

 

27 juillet 1982 : L’homosexualité n’est plus un délit en France (c'était hier)

 

Sur une proposition de ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée Nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité en France (D’après une proposition du candidat à la présidentielle François Mitterrand).

L’homosexualité sera retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS. (Organisation Mondiale de la Santé) neuf ans plus tard (1991).

 

Lesbian & Gay Pride (144) - 28Jun08, Paris (France)

[Lesbian & Gay Pride – Paris, juin 2008]

 


Source : Que s’est-il passé aujourd’hui ?

http://www.1-jour.fr/

 

 

 

 

 

 

29/07/2016

Les crânes oubliés de la conquête de l’Algérie Abonnés

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LE TERRORISME A UNE HISTOIRE [REPORTAGE RADIO 40’41]

 

Le

 

« … Un plein baril d’oreilles… Les oreilles indigènes valurent longtemps dix francs la paire et leurs femmes, demeurèrent comme eux d’ailleurs, un gibier parfait… »  [1]

C’est en ces termes choisis qu’un général français racontait les exploits de ses troupes pendant la guerre de conquête de l’Algérie.

 

« … Tout ce qui vivait fut voué à la mort… On ne fit aucune distinction d’âge, ni de sexe… En revenant de cette funeste expédition plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances… »

REPORTAGE : Les crânes oubliés de la conquête d’Algérie (EXTRAIT)

 

Vous êtes sans doute déjà allé visiter le musée de l’Homme, place du Trocadéro à Paris… Mais les souterrains, avez-vous déjà pensé aux souterrains ? Dans les caves du musée de l’Homme, il y a des crânes, des murs de crânes !

18 000 crânes entreposés les uns à côté des autres, conservés, classés, répertoriés. Sur les étiquettes, on lit :

« Bou Amar Ben Kedida, crâne n°5 943. Boubaghla, crâne n°5 940. Mokhtar Al Titraoui, crâne n°5 944. Cheikh Bouziane, crâne n°5 941. Si Moussa Al Darkaoui, crâne n°5 942. Aïssa Al Hamadi, lieutenant de Boubaghla, tête momifiée n°5 939… »

Ils sont trente-sept Algériens au total.

Les crânes de ces Algériens décapités pendant la conquête coloniale furent longtemps exhibés comme des trophées de guerre. Ils témoignent de la résistance tenace opposée, dès 1830, à la colonisation. Comme à Zaatcha, une oasis du sud-est algérien, théâtre, en 1849, d’un massacre colonial d’une rare barbarie…

Remisés dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle, jamais réclamés par l’Algérie, ces restes mortuaires sont tombés dans l’oubli. L’historien et anthropologue Ali Belkadi en a retrouvé la trace en 2011 et depuis, une pétition réclame leur retour au pays natal… Retour sur une histoire peu transmise et mal connue…

« Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir à extirper une seule valeur humaine. » Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme

Les différentes séquences du reportage :


Programmation musicale :
- Souad Massi : Raoui
- Serge Reggiani : Le Zouave Du Pont De L’Alma
- Gesky : Abd El-Kader
- Tramel : Qu’est-ce que t’attends pour aller aux colonies ?

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

reportage : Anaëlle VERZAUX et Rosa MOUSSAOUI
réalisation : Sylvain RICHARD

(


En savoir plus :

« Les crânes de résistants algériens » n’ont rien à faire au Musée de l’homme

LE MONDE | 09.07.2016 à 13h30 | Par collectif

En mai 2011, l’archéologue et historien algérien Ali Farid Belkadi lançait une pétition « pour le rapatriement des restes mortuaires algériens conservés dans les musées français », en particulier les crânes de résistants algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850, qu’il venait de retrouver dans les réserves du Musée de l’homme à Paris.
Alors que cet appel était lancé un an après le vote, par le Parlement français, d’une loi exigeant la « restitution [à la Nouvelle-Zélande] de toutes les têtes maories détenues en France », il n’a eu malheureusement que très peu d’écho. En mai dernier, l’universitaire et écrivain algérien Brahim Senouci a lancé un nouvel appel pour que soient restituées les « têtes des résistants algériens détenues par le Musée de l’homme », afin que leur pays les honore, avec cette fois un écho nettement plus large.
Il nous a paru important de le relayer en rappelant la raison de la présence dans un musée parisien de ces restes mortuaires, à partir de l’histoire de l’un d’entre eux : le crâne du cheikh Bouziane, chef de la révolte de Zaâtcha en 1849, écrasée par une terrible répression, emblématique de la violence coloniale.

Un siège de quatre mois
En 1847, après la reddition d’Abd-el- Kader, les militaires français croient que c’en est fini des combats en Algérie après plus de dix ans d’une guerre de conquête d’une sauvagerie inouïe. Mais, alors que le danger était surtout à l’ouest, il réapparaît à l’est début 1849, dans le Sud-Constantinois, près de Biskra, où le cheikh Bouziane reprend le flambeau de la résistance. Après des affrontements, il se retranche dans l’« oasis » de Zaâtcha, une véritable cité fortifiée où, outre des combattants retranchés, vivent des centaines d’habitants, toutes générations confondues.

« Le cheikh Bouziane reprend le flambeau de la résistance. Après des affrontements, il se retranche dans l’« oasis » de Zaâtcha, une véritable cité fortifiée où, outre des combattants retranchés, vivent des centaines d’habitants, toutes générations confondues ».
Le 17 juillet 1849, les troupes françaises envoyées en hâte entament un siège, qui durera quatre mois. Après un premier assaut infructueux, l’état-major prend la mesure de la résistance et envoie une colonne de renfort de plus de 5 000 hommes, commandée par le général Émile Herbillon (1794-1866), commandant de la province de Constantine, suivie d’une autre, des zouaves dirigés par le colonel François Canrobert (1809-1895). Deux officiers supérieurs, plusieurs milliers d’hommes contre une localité du grand sud algérien, deux décennies après la prise d’Alger : la résistance algérienne était d’une ampleur et d’une efficacité exceptionnelles.
Le 26 novembre, les assiégeants, exaspérés par la longueur du siège, voyant beaucoup de leurs camarades mourir (des combats et du choléra), informés du sort que les quelques Français prisonniers avaient subi (tortures, décapitations, émasculations…), s’élancent à l’assaut de la ville. Chaque maison devient un fortin, chaque terrasse un lieu d’embuscade contre les assaillants. Après d’âpres combats, au cours desquels les Français subissent de lourdes pertes, le drapeau tricolore flotte sur le point culminant de l’oasis.
Deux ans plus tard, Charles Bourseul, un « ancien officier de l’armée d’Afrique » ayant participé à l’assaut, publiera son témoignage : « Les maisons, les terrasses sont partout envahies. Des feux de peloton couchent sur le sol tous les groupes d’Arabes que l’on rencontre. Tout ce qui reste debout dans ces groupes tombe immédiatement sous la baïonnette. Ce qui n’est pas atteint par le feu périt par le fer. Pas un seul des défenseurs de Zaâtcha ne cherche son salut dans la fuite, pas un seul n’implore la pitié du vainqueur, tous succombent les armes à la main, en vendant chèrement leur vie, et leurs bras ne cessent de combattre que lorsque la mort les a rendus immobiles. ». Il s’agissait là des combattants.

Destruction méthodique
Or, l’oasis abritait aussi des femmes, des vieillards, des enfants, des adolescents. La destruction de la ville fut totale, méthodique. Les maisons encore debout furent minées, toute la végétation arrachée. Les « indigènes » qui n’étaient pas ensevelis furent passés au fil de la baïonnette.
Dans son livre La Guerre et le gouvernement de l’Algérie, le journaliste Louis de Baudicour racontera en 1853 avoir vu les zouaves « se précipiter avec fureur sur les malheureuses créatures qui n’avaient pu fuir », puis s’acharner : « Ici un soldat amputait, en plaisantant, le sein d’une pauvre femme qui demandait comme une grâce d’être achevée, et expirait quelques instants après dans les souffrances ; là, un autre soldat prenait par les jambes un petit enfant et lui brisait la cervelle contre une muraille ; ailleurs, c’étaient d’autres scènes qu’un être dégradé peut seul comprendre et qu’une bouche honnête ne peut raconter. Des procédés aussi barbares n’étaient pas nécessaires, et il est très fâcheux que nos officiers ne soient pas plus maîtres en expédition de leurs troupes d’élite, qu’un chasseur ne l’est d’une meute de chiens courants quand elle arrive avant lui sur sa proie. »
D’après les estimations les plus basses, il y eut ce jour-là huit cents Algériens massacrés. Tous les habitants tués ? Non. Le général Herbillon se crut obligé de fournir cette précision : « Un aveugle et quelques femmes furent seuls épargnés ». Le pire est que la presse française d’alors reprit ce rapport cynique.

Fusillés puis décapités
Il y eut trois autres « épargnés »… provisoirement. Les Français voulurent capturer vivant – dans le but de faire un exemple – le chef de la résistance, le cheikh Bouziane. Au terme des combats, il fut fait prisonnier. Son fils, âgé de quinze ans, l’accompagna, ainsi que Si-Moussa, présenté comme un marabout. Que faire d’eux ? Ces « sauvages » n’eurent pas droit aux honneurs dus aux combattants.
Le général Herbillon ordonna qu’ils soient fusillés sur place, puis décapités. Leurs têtes, au bout de piques, furent emmenées jusqu’à Biskra et exposées sur la place du marché, afin d’augmenter l’effroi de la population. Un observateur, le docteur Ferdinand Quesnoy, qui accompagnait la colonne, dessina cette macabre mise en scène qu’il publia en 1888 dans un livre, témoignage promis à un certain avenir…
Que devinrent les têtes détachées des corps des combattants algériens ? Qui a eu l’idée de les conserver, pratique alors courante ? Où le furent-elles et dans quelles conditions ? Quand a eu lieu leur sordide transfert en « métropole » ? Cela reste à établir, même si certaines sources indiquent la date de 1874, d’autres la décennie 1880. Il semble certaines d’elles aient été d’abord exposées à la Société d’anthropologie de Paris, puis transférées au Musée de l’homme. Elles y sont encore aujourd’hui.
Soutenir les appels de citoyens algériens à rapatrier ces dépouilles dans leur pays, pour leur donner une sépulture digne comme cela fut fait pour les rebelles maori ou les résistants kanak Ataï et ses compagnons (en 2014), ne revient aucunement pour nous à céder à un quelconque tropisme de « repentance » ou d’une supposée « guerre des mémoires », ce qui n’aurait strictement aucun sens. Il s’agit seulement de contribuer à sortir de l’oubli l’une des pages sombres de l’histoire de France, celles dont l’effacement participe aujourd’hui aux dérives xénophobes qui gangrènent la société française.

Les signataires : Pascal Blanchard historien ; Raphaëlle Branche, historienne ; Christiane Chaulet Achour, universitaire ; Didier Daeninckx, écrivain ; René Gallissot, historien ; François Gèze, éditeur ; Mohammed Harbi, historien ; Aïssa Kadri, sociologue ; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire ; Gilles Manceron, historien ; Gilbert Meynier, historien ; François Nadiras, Ligue des droits de l’homme ; Tramor Quemeneur, historien ; Malika Rahal, historienne ; Alain Ruscio, historien ; Benjamin Stora, historien ; Mohamed Tayeb Achour, universitaire.

 

 

 

24/07/2016

Les Deschiens - le bénévole

 

 

 

21/07/2016

Seul le bleu reste de Samaël Steiner

 

avec des estampes de Judith Bordas, éditions le Citron Gare, juin 2016

CouvertureSeullebleureste2.jpg

88 pages, 10 euros.

 

 

Une traversée, voici ce qu’évoque ce recueil de Samaël Steiner. Ombre et lumière tissées par une langue dense et sensuelle. Traverser et être traversé et Seul le bleu reste. Des villes, des lieux, traversés par des corps, des corps qui marchent, des corps qui glissent,

 

« Nous allons ensemble,

la rue n’est plus bordée de portes

mais de larges entailles, par lesquelles

on peut se glisser

et apparaître ailleurs et autrement »

 

des corps qui se touchent, des corps et des êtres que seul un voile de peau sépare, des corps qui se désirent, des êtres qui s’aiment, des corps ouverts souvent comme des fruits ou des poissons, des corps qui tombent, des corps comme des morceaux de pays traversés de guerre. « les corps sont là/la tête traversée » comme celle du danseur de la place Maïdan :

 

« Il danse,

il a un trou rouge à l’arrière de la tête. »

 

Ces corps « dont ne reste plus que cet amas de nerfs, noués

et cette peau qui sans ton être n’est même

pas le début d’un tambour »

 

car voilà, le corps ne se suffit pas, il doit être habité, comme est habité ce recueil, habité d’âme et d’un cœur qui bat, pas seulement pour lui-même mais aussi et surtout pour l’autre.

 

« Ton bras est ouvert tout le long de la rue,

les passants longent tes veines pour rejoindre le fleuve. »

 

Et la parole elle-même est traversée, transpercée, poésie vêtue de jour et de nuit, de vie et de mort, qui puise à même les peaux et les os, en elle toutes frontières, limites, se dissolvent et le cœur de ce recueil tissé de routes et de passerelles, c’est bien ça, un chemin allant de l’unicité à l’union, l’universel « simplement un homme pour traverser la nuit » et qui dit union, dit aussi perte et séparation, le corps de l’autre et la maladie et la mort dans le corps de l’autre, et toujours l’amour, l’amour qui éblouit et bouleverse le lecteur, tout particulièrement dans les derniers poèmes du recueil.

 

« Je t’aime avec tendresse,

je t’aime à retourner une ville »

 

Et seul le bleu reste, magnifique, sombre et lumineux à la fois, comme le sont les estampes de Judith Bordas qui l’accompagnent.

 

Cathy Garcia

 

 

arton414-9cb40.jpgSamaël Steiner est auteur à la fois pour le théâtre, la poésie et des enregistrements radiophoniques et éclairagiste (formé à l'ENSATT de Lyon pour le théâtre également, la danse et le cirque) deux pratiques qui se nourrissent l’une l’autre. Sa rencontre avec l'auteur, acteur et metteur en scène André Benedetto à qui est dédié ce recueil, fut décisive, autant pour le théâtre que pour la poésie. Ses précédents recueils ont été publiés dans de nombreuses revues, en France et à l'étranger. Vie imaginaire de Maria Moline de Fuente Vaqueros, récit poétique, est paru aux éditions de l'Aigrette en mars dernier. Seul le bleu reste est son deuxième livre.

Judith Bordas est plasticienne ainsi qu'auteure pour le théâtre et la radio. Auteure d'images imprimées (linogravures, eaux-fortes, monotypes), auteure de partitions pour corps et voix sur une scène ou à la radio, son travail de plasticienne est multiple.

 

 

Pour commander :

http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/2016/06/seul-le-b...

 

 

 

 

20/07/2016

Cartes postales de propagande prévenant les hommes des dangers des droits des femmes - 1900-1914

Source :  http://dangerousminds.net/comments/absurd_propaganda_post...

 

 

 


  


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
via Vintage Everyday

 

 

 

 

 

12/07/2016

La carte mondiale des accaparements de terres : plus de 30 millions d’hectares concernés

Concentration

 

par Sophie Chapelle

Le mouvement d’accaparement de terres se poursuit et s’aggrave. C’est le constat tiré par un nouveau rapport de l’ONG Grain, basée à Barcelone, qui recense près de 500 cas d’accaparement de terres dans le monde dans 78 pays [1]. Plus de 30 millions d’hectares sont concernés, une superficie à peu près équivalente à celle de la Finlande ! La carte ci-dessous, réalisée par Grain, recense les transactions foncières qui ont débuté à partir de 2006 et sont menées par des investisseurs étrangers au pays (la carte recense les superficies supérieures à 500 hectares et destinées à la production de cultures alimentaires) [2] :

L’Afrique, l’Europe de l’Est et le Pacifique demeurent des régions très convoitées. Selon Grain, ce sont « des pays dans lesquels l’agro-industrie est déjà implantée et dans lesquels l’environnement juridique favorise les investisseurs étrangers et les exportations ». Parmi les cas recensés, celui de l’Australie où la Consolidated Pastoral Company (CPC), appartenant à 90 % à la société britannique de capital-investissement Terra Firma Capital, détient un portefeuille foncier de 20 ranchs couvrant une superficie de 5,7 millions d’hectares. L’équivalent de la Croatie ! « Ces élevages de bétail australiens sont intégrés verticalement avec, en Indonésie, deux parcs d’engraissement en joint-venture, qui contiennent plus de 375 000 bêtes », précise Grain.

Les autres pays faisant l’objet d’accaparement de terre sont ceux « dans lesquels les infrastructures d’exportation sont déjà construites et où l’on peut obtenir pour un prix modique des superficies importantes ». Au Mozambique par exemple, des demandes de permis couvrant 607 236 ha sont en cours d’examen. Le principal soutien de ce « projet agricole » est la National Holding, une société des Émirats arabes unis, holding de la famille royale d’Abu Dhabi. Selon une ONG mozambicaine, ce projet pourrait provoquer le déplacement forcé de plus de 500 000 familles.

« Méga-transactions foncières »

Quelques-unes des « méga-transactions foncières », qui ont suivi la crise alimentaire et financière de 2008, se sont depuis retournées contre leurs protagonistes ou ont échoué. En 2009, l’indignation publique à propos du projet de Daewoo sur 1,3 million d’hectares à Madagascar a aidé au renversement du gouvernement, ce qui a conduit à la suspension de la transaction. « En 2011, l’assassinat du leader libyen Mouammar Kadhafi a mis fin au projet de riziculture du régime sur 100 000 hectares au Mali », illustre Grain.

Le groupe indien Siva, qui avait accumulé un portefeuille de près d’un million d’hectares de terres agricoles pour des plantations de palmiers à huile, essuie maintenant des procédures de faillite aux Seychelles. Foras, la branche privée de la Banque islamique de développement, qui était sur le point d’acquérir 700 000 hectares de terres agricoles dans toute l’Afrique pour un énorme projet de riziculture, a disparu. D’autres transactions de grande ampleur ont été révisées à la baisse. Au Cameroun par exemple, après de nombreuses protestations, le projet Herakles visant à raser des milliers d’hectares de forêts pour les convertir en une gigantesque plantation industrielle de palmiers à huile, a été réduit de 73 000 à 19 843 hectares.

Nouvelles formes d’accaparement

Si le rythme de ces « méga-transactions foncières » s’est ralenti depuis 2012, « beaucoup de ces transactions sont de plus en plus souvent reformulées et rebaptisées "investissements responsables" ». L’accession aux terres agricoles s’inscrit désormais dans une stratégie d’entreprise visant à bénéficier des marchés carbone, des ressources minérales et en eau, des semences, des sols et des « services environnementaux ». « Au fur et à mesure des vicissitudes des transactions foncières, les politiciens et les états-majors des sociétés s’emploient à faciliter leur réussite », dénonce Grain.

Mais sur le terrain, ces transactions intensifient les conflits et se traduisent par une violente répression. « Des militants des droits fonciers sont détenus et emprisonnés, des journalistes sont harcelés par des procès en diffamation [c’est le cas de Basta ! avec deux plaintes en diffamation sur ce sujet, ndlr] ». Pire : « Des dirigeants paysans et autochtones sont régulièrement assassinés », déplore l’ONG. « Mais ce travail difficile et courageux est crucial si nous voulons changer le cours de l’accaparement des terres et d’une agriculture dominée par les grands groupes industriels, et créer un puissant mouvement mondial en faveur de la justice et de la souveraineté alimentaire ».

Sophie Chapelle

Pour aller plus loin :
- le rapport de Grain et la base de données 2016 sont disponibles ici et
- tous les articles de Basta ! sur l’accaparement de terres

Notes

[1En octobre 2008, Grain avait publié un premier rapport intitulé « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière ».

[2Cette base de données 2016 s’appuie principalement sur le site web farmlandgrab.org

 

 

 

Soutenu par Macron, Attali et Juppé, un minier russe s’apprête à saccager la forêt guyanaise

 

7 juillet 2016 / Fabrice Nicolino

La Guyane est « menacée par un tsunami affairiste » : le gouvernement entend confier la gestion d’une mine d’or à une transnationale russe, explique Fabrice Nicolino dans cette tribune. Il en appelle à Nicolas Hulot, Allain Bougrain-Dubourg, Pierre Rabhi, et aux lecteurs de Reporterre pour que débute la « grande bagarre de Guyane ».

Journaliste engagé pour l’écologie, Fabrice Nicolino est chroniqueur à La Croix et à Charlie Hebdo, où il a été blessé dans l’attentat du 7 janvier 2015. Il s’exprime aussi sur son blog, Planète sans visa, et a publié Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture.

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Fabrice Nicolino.

APPEL À NICOLAS HULOT, ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG, PIERRE RABHI ET A TOUS LES AUTRES

Je souhaite être solennel. Vous lirez ci-dessous un article que j’ai publié dans Charlie-Hebdo voici quelques semaines. Il n’a rien de banal, car il touche aux profondeurs de notre destin commun. Même s’il s’agit de criminels ordinaires, ordinaires dans notre monde criminel. Un groupe minier russe, qui travaille en Afrique dans des conditions scandaleuses, veut s’en prendre au joyau écologique qu’est la forêt tropicale de la Guyane dite française.

On ne peut laisser faire. À aucun prix. Nous sommes en face d’une modeste mais réelle responsabilité historique. Car la France détient sur le continent américain une fraction de la richesse biologique mondiale. Une mine d’or industrielle là-bas serait le signal que tout, désormais, est possible. Si un pays comme le nôtre accepte de sacrifier cette merveille, quel autre se sentirait tenu de s’arrêter pour réfléchir ? La Chine ? L’Indonésie ? Le Brésil ? Le Rwanda ? La Russie de Poutine ? Voyons, un peu de dignité.

Reculer serait avouer que nous ne sommes pas de taille


Nous crevons sous le poids de discours illusoires et de déclarations qui n’engagent à rien. Du haut des tribunes frelatées, comme il est aisé de crier : « Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ! » Elle brûle, en effet, et en enfer. Elle se tord, elle hurle sa douleur chaque seconde de chaque minute, et nous faisons comme si tout devait se passer entre gens de bonne compagnie. Cela ne peut plus durer. Qu’on le veuille ou qu’on le cache, une frontière sépare ceux qui accélèrent dans la dernière ligne droite discernable, et ceux qui se jettent de désespoir sur le frein.

Le noble combat de Notre-Dame-des-Landes est essentiel pour la France, car il affirme dans la clarté qu’on ne peut plus faire comme avant. Ici, dans ce pays-ci. La grande bagarre de Guyane que j’appelle de mes vœux est d’emblée internationale, mondiale, planétaire. Elle signifie que la défense de la biodiversité — nom savant de la vie — oblige à sortir du bois et à compter ses forces. Reculer, ce serait avouer que nous ne sommes pas de taille. Reculer, ce serait accepter tout, étape après étape. Je vous suggère, amis de l’homme, des bêtes et des plantes, d’organiser un voyage de protestation en Guyane même, dès qu’il sera possible. Le crime qui se prépare, car c’en est un, mérite que nous bandions toutes nos forces, et elles sont grandes, malgré tout.

Levons-nous ensemble, car sinon, autant se taire pour l’éternité.

Ci-dessous, l’article paru dans Charlie :


LA MINE D’OR GUYANAISE D’ATTALI, JUPPÉ ET MACRON

Attention les yeux, on va voir apparaître comme par magie un Attali, un Juppé, un Macron pour le prix de presque rien. Mais dès l’avance, il faut dire deux mots de la Guyane audacieusement appelée française. Il y a là-bas des Noirs marrons, descendants d’esclaves échappés des plantations philanthropiques. Des Indiens installés au profond de la forêt tropicale, le long des rivières et des fleuves. Et puis des Blancs, car il y a partout des Blancs. Autrement, qui tiendrait le nerf à bœuf, dites-moi ?

La forêt tropicale, qui couvre 95 % du pays, est à peu près intacte, ce qui se fait rarissime dans un monde qui crame tout. Et en théorie, les envolées permanentes des nobles politiques sur la biodiversité devraient pouvoir protéger les singes hurleurs, les aras et les jaguars pour l’éternité.

La puissance de feu des transnationales


Mais il y a l’or. Des milliers d’orpailleurs clandestins pourrissent les eaux de Guyane depuis des décennies en balançant à tout va de charmants produits comme le mercure — idéal pour extraire l’or de son substrat rocheux — dans les rivières. C’est pas bon, c’est pas beau, et c’est artisanal. Tout autre est la puissance de feu des transnationales, qui peuvent mobiliser des concasseurs de la taille d’un avion et pulvériser des millions de tonnes de roches sans coup férir.

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Une barge d’orpaillage artisanal sur la rive surinamaise du fleuve Maroni.

Jusqu’ici, les projets les plus crapoteux ont échoué, mais celui dont on va parler a plus que ses chances. En 2011, la Columbus Gold, boîte canadienne junior — on va expliquer, c’est très malin —, achète huit concessions minières en Guyane. L’une des huit se trouve à 80 km au sud de Saint-Laurent-du-Maroni, au-dedans d’un lieu appelé la Montagne d’Or. Il y aurait 155 tonnes d’or planquées, peut-être le double. Miam.

Pour récupérer la mornifle, il faudra creuser une fosse d’au moins 2,5 km de long, de 600 à 800 mètres de largeur, de 200 à 250 mètres de profondeur. Compter 460 millions de tonnes de roches à broyer, au bas mot, car on récupère au mieux qu’1,5 gramme d’or par tonne. Prévoir également de gros besoins d’énergie et d’électricité. Disons l’équivalent de ce que consomme la capitale, Cayenne, en un an.

« On ne veut pas que des lobbies écologistes viennent contrecarrer un projet qui serait créateur d’emplois »


Mais une telle apothéose, ami technophile, ne peut être déployée par une petite junior, qui apparaît en la circonstance comme le paravent d’une grosse mère, que les spécialistes nomment une major. La Columbus Gold ne fait qu’explorer, avant de refiler le bébé au vrai bénéficiaire, la Nordgold, sise à Moscou. Nordgold est seule capable d’exploiter et d’ouvrir les entrailles de Guyane. Et elle est, en plus, entre des mains charmantes. Une ONG suisse et catho, Action de carême, a publié en février 2016 un rapport sur les mines d’or au Burkina Faso, où l’on peut lire : « Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation aurifère détruit les bases de l’existence de populations, porte atteinte aux droits humains. » Avant de préciser : « Les sociétés minières présentes au Burkina Faso, en l’occurrence Iamgold, Nordgold et Amara Mining, ont une grande responsabilité dans les violations des droits humains exposés. »

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Depuis l’avion reliant Cayenne à Maripasoula.

Si cette mine ouvre, et tous les feux sont au vert, adieu à la forêt tropicale que l’on connaît. En toute certitude, ce sera la ruée vers l’Eldorado, car on trouve de l’or un peu partout. Il y aura des routes, des autoroutes, des barrages, des pylônes à haute tension. Et si tout est désormais sur les rails, c’est que la mine est soutenue par des autorités morales considérables. Jacques Attali, le preux lobbyiste international, siège au comité consultatif de la Columbus Gold. Alain Juppé, fervent écologiste, en meeting à Cayenne ces dernières semaines : « On ne veut pas que des lobbies écologistes viennent contrecarrer un projet qui serait créateur d’emplois. » Quant à l’immense Emmanuel Macron, il s’est carrément rendu sur le futur chantier, vantant l’excellence du projet, précisant : « Cet industriel [la Columbus Gold] est l’un des fers de lance de la mine responsable. »

C’est maintenant que tout se joue, nazes que nous sommes. Ou la mine ou la forêt. Si les écolos de France et de Navarre arrêtent de se branlotter une seconde, il y a peut-être une chance.


AMIS LECTEURS, NE REMETTEZ PAS À DEMAIN 

Amis lecteurs de Reporterre, je vous demande de faire un effort personnel. Si vous êtes d’accord avec ce qui précède, diffusez, aussi massivement qu’il vous sera possible. Auprès de vos proches et de vos amis, auprès de vos élus — qui ne risque rien n’a rien —, auprès de tous les groupes possibles, auprès des personnes auxquelles s’adresse cette lettre ouverte, qui est évidemment destinée à tous. Je vous en prie : une heure de votre temps doit être consacrée à cette nouvelle bagarre, que j’espère nationale, internationale, planétaire. Ne remettez pas à demain. S’il vous plaît, commencez aujourd’hui même. Et merci.

 

Source :

https://reporterre.net/Soutenu-par-Macron-Attali-et-Juppe...

 

 

 

04/07/2016

L'oeuvre plastique de Cathy Garcia par Jean-Paul Gavard Perret

 

 

 
 Lorsqu’elle ne peut plus écrire Cathy Garcia reprend ses « griboulglyphes » pour respirer. C’est pourquoi elle ne se considère pas comme une artiste « professionnelle ».Néanmoins par ses gris brouillages elle embue de couleurs et de taches les figures du dehors pour en consumer le vernis jusqu’à la transparence. Ils créent des no man’s land qui ne laissent rien perdre de l’absence qu’ils retiennent. L’artiste nie la neige et  retourne aux  terres noires.

 

Dans la nudité de la blancheur la créatrice fait sourdre ses angoisses avec les nôtres mais pour créer ce que Ponge nommait l’ « Objoie » à savoir le lieu où le plaisir de gribouiller devient orgasme. Cathy Garcia devient la voyante par intermittence de l’art. Lorsque la poétesse devient taiseuse elle est l’intruse qui sait que les mots parfois ne résolvent rien. Le dessin scanne leur pénombre et auscultent les lieux retirés de l’être.  Les « griboulglyphes » brusquent le regard. Cela répond à une nécessité intérieure. De telles images ressemblent à ces linges de famille qui jadis se transmettaient sur plusieurs générations. Chez elle ce linge invente un univers dont la noirceur éclairait l’intérieur de nos armoires secrètes par soulèvement des vagues et surgissement du vivant.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Source : http://salon-litteraire.com/fr/arts/content/1906082-l-oeu...