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12/11/2016

Shadow world, un documentaire de Johan Grimonprez (2016)

 

Le Syndrome des Micro-ondes : dossier scientifique

un article qui ne date pas de maintenant mais justement............

 

L'interaction des CEM (champs électromagnétiques) des HyperFréquences (micro-ondes) avec le métabolisme bioélectromagnétique humain génère le syndrome dit des micro-ondes ou syndrome des HyperFréquences.

 

- Voir la vidéo du Pr Le Ruz en bas de page -

Le syndrome des micro-ondes est caractérisé par des mécanismes et des effets en phase d'alarme et de résistance :

1er cas, la phase d’alarme : Le cerveau soumis à une stimulation ponctuelle de rayonnements électromagnétiques artificiels de type micro-ondes déclenche des réactions spécifiques de l’organisme impliquant des réponses neuronales, neuroendocrines, métaboliques et comportementales.

A - Ces réponses se classent dans le schéma général d’adaptation au stress d’un individu, ceci de manière plus ou moins adaptée.

B - La prise en charge de l’élément stresseur (l’irradiation) se réalise par :

- le Système Nerveux Central (SNC),
- le Système Nerveux Périphérique (SNP),
- le Système Endocrinien (SE).

Ces réponses se divisent en 3 stades :
1 – Réception du stresseur par les organes sensoriels et leurs innervations afférentes.
2 - Programmation de la réaction au stress au niveau du cortex et du Système Limbique (SL) (amygdale, bulbe olfactif, hippocampe, septum, corps mamillaire...). le couple Cortex/SL est un système d'analyse comparative utilisant comme banque de données des "souvenirs" issus d'expériences. Ainsi, le cerveau compare la situation nouvelle à des expériences passées afin d'élaborer une réponse adaptée.
3 - Déclenchement de la réponse de l'organisme via l'amygdale et l'hippocampe qui agissent sur l'hypothalamus et la formation réticulée du tronc cérébral afin d'activer le Système Nerveux Végétatif (SNV) et le SE (glandes surrénales). L’amplitude de l’alarme est régulée par le Système Limbique (SL).

2ème cas, la phase de résistance : Suite à la phase d’alarme, si l’exposition à l’élément stresseur persiste même à faibles doses (ex : irradiation par les antennes relais) ou devient chronique (ex : irradiation d'un utilisateurs en addiction au téléphone mobile qui ne respecte pas l’autorégulation du corps par rapport à l’indice DAS de son mobile), il résulte que l’hypothalamus, etc ... vont analyser ces stress constants et activer la sécrétion des diverses hormones, ...

Malheureusement, en règle générale l’humain soumis exposé à ce type de rayonnements artificiels ne possède pas dans son "répertoire cognitif" de stratégie préétablie pour se défendre efficacement contre ce type d’agression, donc la stimulation hypothalamique entraîne une réponse générale stéréotypée inappropriée à ce type d’agression, ... ce qui souvent en accroît l'impact négatif, ( affaire du collège de Chabeuil, France).

- Concernant le métabolisme de certaines personnes cela va bien "se passer " temporairement pendant une période pouvant atteindre quelques jours à plusieurs décennies, néanmoins leurs capital santé est tout de même rapidement hypothéqué. Des pathologies "habituelles" apparaissants vers le troisième âge, risquent d’apparaître précocement telle que la maladie d ’Alzheimer.
- Concernant le métabolisme de toutes les personnes en états de faiblesses (malades, âgées), foetus, bébés, etc ..., il se produit un épuisement rapide et une dérégulation de tous les systèmes nerveux et endocrinien, donc de l’ensemble du système immunitaire. L’organisme étant "dépassé", l'épuisement est atteint, de plus cet état est un terrain favorable à des sécrétions élevées en glucocorticoïdes qui ont un effet suppresseur sur l'immunité, ...
Ceci va favoriser (être co-promoteur) et déclencher l’apparition d’un certains nombres de pathologies connues, c’est l’aboutissement de ce mécanisme que l’on appelle le syndrome des micro-ondes.

Pathologies courantes résultantes du syndrome des micro-ondes (liste non exhaustive) :

- Syndrome dystonique cardiovasculaire :bradycardie, tachycardie, hyper/hypotension, athérosclérose ...

- Syndrome diencéphalique chronique : somnolence, insomnie, difficultés de concentration, vertiges, troubles sensoriels, pertes de concentration, fatigue chronique.

- Syndrome asthénique chronique : fatigabilité, nausées, céphalées, anorexie, irritabilité, stress, dépression, suicide.

- Pathologies cancéreuses : leucémies, glutathion et mélanome, cancers du sein, ... (dossier InVS)

- Pathologies dermatologiques : irruptions cutanées diverses, dermatites, dermatoses, eczéma, psoriasis ...

- Pathologies dopaminergiques : parkinson, les jambes sans repos, perte de sensibilité des 4 membres, bras serrés au réveil, crampes dans les membres, ...

- Pathologies immunitaires: modification de la formule sanguine (taux élevé de lymphocytes), etc ...

- Symptôme d'hypersensibilité : préalablement attribué à une perturbation psychologique !

- Pathologie pré et post-natale : forte prématurité (souvent avant ou vers l’âge gestationnel), foetopathies "toxiques", fausses couches, retard de croissance, biométriques, modification du génotype, puis modification pubertaires (dont baisse QI associé à l'ouverture de la BHE).

- Pathologie procréative : Diminution drastique du sperme (infertilité)...

- Pathologie hypogonadisme : Hormone testostérone, Diminution drastique de la libido.

- Pathologie cerveau : Tumeurs, Ouverture de la BHE (Barrière Hémato Encéphalique), perturbation de l’électroencéphalogramme, ...

- Pathologies courantes : perturbations auditives, visuelles, saignements de nez, commissures des lèvres blessées, saignements de gencives, fibromyalgie, allergies, asthme, névralgies dentaires, etc ...

- Pathologies psychiques : indifférence, introversion, passivité, résignation, dépression et anorexie mentale, ... suicide, ... et activité cérébrale (contrôle comportemental).

- Troubles du comportement (socio-professionnel) : irritabilité, inconfort, et ... risque d'accident accru, stress, dépression, suicide.

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Explication du Dr Pierre Le Ruz (*) des effets cumulatifs des champs électromagnétiques (CEM) pulsés et des pathologies associées.

 
 

Extrait du reportage - France 3 sur les dangers de la téléphonie mobile : 'Enquête Ouest' du 11/04/2006

(*) Pierre Le Ruz, docteur en physique et en physiologie animale, directeur scientifique du CRIIREM (Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements électromagnétiques), expert accrédité par le Parlement Européen et Consultant du Conseil de l'Europe.

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Article de Next-Up sur les irradiations des ondes électromagnétiques

> Dossier intégral :
http://next-up.org/pdf/LeSyndromedesMicroOndesVersion012007Fr.pdf
 

Schéma réalisé par Next-up (www.next-up.org)
 
 

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Voir également :

- Conférence du Professeur Pierre Le Ruz : Téléphonie mobile et Santé - 24/06/2006 donnée lors de l'assemblé générale de l'Association Belge Teslabel du 24/06/2006.

- Syndrome des Micro-Ondes : Nouveaux aspects d'une Etude espagnole - Oberfeld G. et al. 2004

- Le Syndrome des Micro-ondes : une étude préliminaire en Espagne - Navarro EA et al. 2003
 

Telephonie_mobile_et_Sante.pdf Telephonie mobile et Sante.pdf  (117.1 Ko)

 

Source : Robin des Toits
 
 

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10/11/2016

Rejoignez notre appel pour un nouveau modèle de protection de la nature

 

 

© Survival International

Les peuples autochtones sont illégalement expulsés de leurs terres ancestrales au nom de la protection de la nature. Ils sont souvent arrêtés et brutalisés parce qu’ils pratiquent la chasse de subsistance. Adhérez à ces principes afin que soit adoptée une nouvelle conception de la protection de la nature qui réponde aux exigences des peuples autochtones dans le respect de leurs droits au profit de toute l’humanité.

De nombreuses personnalités et organisations ont déjà apporté leur soutien à notre campagne, dont le philosophe Noam Chomsky, le journaliste Georges Monbiot, l’écrivain Tony Juniper, l’ONG Greenpeace ainsi que de nombreux leaders autochtones dont le chamane et porte-parole yanomami Davi Kopenawa.

Vous aussi, ajoutez votre voix en signant cette déclaration pour une nouvelle approche de la protection de la nature dont les peuples autochtones seraient les principaux acteurs.

Signatures: Aidez-nous à obtenir 20.000 signatures !

Manifestez votre soutien à ces quelques principes en signant cette déclaration:

  • Les peuples autochtones sont généralement les meilleurs défenseurs de l’environnement; ils ont su gérer durablement leurs terres depuis de nombreuses générations.

  • Expulser de force les peuples autochtones de leurs territoires se traduit dans la plupart des cas par de graves dommages écologiques.

  • Ces expulsions constituent de flagrantes violations des droits de l’homme auxquelles les défenseurs de l’environnement devraient s’opposer.

  • Le moyen le plus efficace de conserver les zones riches en biodiversité est de respecter les droits des peuples autochtones.

  • L’humanité ne peut plus se permettre de privilégier un modèle de protection de la nature qui exclut les peuples autochtones car une telle approche porte aussi bien atteinte à la diversité humaine qu’à l’environnement.

 
 
 

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Les safaris-chasse de Benjamin de Rothschild impliqués dans des abus contre les « Pygmées »

 

"Peter Flack, un administrateur du WWF, pose avec un éléphant de forêt mort."
"Peter Flack, un administrateur du WWF, pose avec un éléphant de forêt mort."

© Peter Flack

Survival International a découvert qu’une opération de safaris de chasse à l’éléphant, conjointement détenue par le milliardaire français Benjamin de Rothschild, a été impliquée dans la violation des droits de « Pygmées » baka locaux et de leurs voisins. Parmi ces violations figurent des expulsions illégales et des tortures.

L’opération est basée au Cameroun, dans deux « aires protégées » louées par Benjamin de Rothschild. Elle offre aux touristes la possibilité d’abattre, contre la somme de 55.000 euros, un éléphant de forêt.

Afin de créer cette opération de chasse aux trophées, les Baka ont été expulsés de leur territoire ancestral — ce qui est contraire au droit international. Des soldats, policiers et gardes armés patrouillent le territoire; les Baka ont maintenant été informés que les patrouilleurs tireraient à vue si les Baka pénétraient sur le territoire pour chasser afin de nourrir leurs familles, ramasser des plantes ou se rendre sur des sites sacrés.

Les Baka signalent que, rien que l’an dernier, trois de leurs campements en forêt ont été incendiés par des gardes forestiers et des employés du safari. Des hommes baka qui chassaient dans la forêt ont été frappés par la police locale, des soldats et des gardes forestiers.

 

Un Baka a raconté : « Ils m’ont dit de porter mon père sur le dos. J’ai commencé à marcher, [le garde] m’a frappé, il a frappé mon père. Pendant trois heures, on m’a frappé à chaque fois que je criais, jusqu’à ce que je tombe évanoui avec mon père. »

Un autre Baka a déclaré : « Quand le safari nous trouve ici, ils brûlent les campements, même les habits aussi, ils nous tapent, ils nous cherchent, ils mettent les chiens derrière toi, les armes derrière toi. »

Un troisième Baka a dit : « Le safari a dit que s’ils voyaient qui que ce soit [dans la forêt], les balles siffleraient. Maintenant, ceux qui ont de la famille là-bas sont allés les chercher. Comment on va vivre à présent? »

Survival a contacté M. de Rothschild pour l’informer que de graves violations des droits de l’homme commises pour le maintien de l’opération de chasse aux trophées avaient été signalées. Aucune réponse n’a été reçue à ce jour.

"Les Baka utilisent la forêt tropicale camerounaise pour leur nourriture, leurs remèdes et leurs rites religieux. Désormais, on les en exclue par la force."
"Les Baka utilisent la forêt tropicale camerounaise pour leur nourriture, leurs remèdes et leurs rites religieux. Désormais, on les en exclue par la force."

© Selcen Kucukustel/Atlas

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) est très actif au Cameroun où les « aires protégées » permettant la chasse aux trophées font partie de l’un de ses « paysages écologiques » clefs. Le WWF doit encore commenter ces allégations ou annoncer s’il compte prendre des mesures.

Un agent de réservation a déclaré à Survival : « Tous nos somptueux campements en forêt sont des constructions solides entièrement équipées — des chalets privatifs climatisés, avec salle de bain complète et dressing. De délicieux repas gastronomiques sont servis accompagnés de grands crus et d’autres boissons européennes de grande qualité. (…) Notre campement le plus récent possède une grande piscine protégée. »

A travers la région, les « Pygmées » baka et leurs voisins sont expulsés de leurs terres ancestrales et risquent d’être arrêtés, battus, torturés, et même tués, tandis que la chasse aux trophées est encouragée. L’administrateur du WWF Peter Flack a également chassé l’éléphant dans la région.

Violations des droits de l’homme et chasse aux trophées au CamerounUne opération de safaris de chasse à l’éléphant, conjointement détenue par le milliardaire français Benjamin de Rothschild, a été impliquée dans des violations des droits de « Pygmées » baka locaux et de leurs voisins. Parmi ces violations figurent des expulsions illégales et des tortures.

Cliquez ici pour en savoir plus et agir

Il ne s’agit pas d’un incident isolé. A travers le continent africain, les peuples autochtones sont accusés de « braconnage » parce qu’ils chassent pour nourrir leurs familles. Ils risquent d’être arrêtés, battus, torturés, et même tués, tandis que les amateurs de trophées de chasse sont encouragés. Survival mène la lutte contre ces abus.

 

Le directeur de Survival, Stephen Corry, a déclaré : « A travers l’Afrique, de riches amateurs de trophées de chasse sont accueillis dans les zones mêmes où des chasseurs autochtones sont illégalement expulsés de leurs terres ancestrales et brutalisés lorsqu’ils chassent pour nourrir leurs familles. Cela doit prendre fin. La protection de la nature dans le bassin du Congo est une spoliation des terres et une poursuite du colonialisme. Elle provoque de fréquentes et atroces violations des droits de l’homme, y compris des exécutions sommaires. Pourquoi si peu de personnes s’expriment sur le sujet? Survival mène la lutte contre ces abus. Les défenseurs de l’environnement doivent, comme n’importe qui est censé le faire, respecter les droits de l’homme.

Note aux rédactions : « Pygmées » est un terme couramment employé pour faire référence aux peuples chasseurs-cueilleurs du bassin du Congo et d’Afrique centrale. Ce terme a acquis une connotation péjorative et certains peuples autochtones évitent de l’utiliser. Cependant il est considéré par certains groupes comme un facteur d’identité. En savoir plus

 

Source :  http://www.survivalfrance.org/actu/11491

 

 

 

 

 

09/11/2016

Mike Luckovich - décembre 2014

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C'est lequel qui gagne ?

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05/11/2016

L'urgence de ralentir, un documezntaire de Philippe Borrel (2014)

 

Actuellement visible sur Arte +7

http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000-A/l-urgence-de-ral...

 

à voir absolument !

 

 

 

 

04/11/2016

Love is All You Need

 

Merci à Voix Dissonantes pour la découverte :

http://jlmi.hautetfort.com/

 

 

Festival Permanent des Mots

 

b0188f_76b37d0898374fd19bb7f979877e2b30.jpgMerci à Jean-Claude Goiri et au FPM d'accueillir deux de mes poèmes extraits Des volcans sur la lune (à paraître un jour), à découvrir ici :

 

http://www.fepemos.com/cathygarcia

 

 

 

4.1 miles, un documentaire sur le passage des migrants à l’île de Lesvos

 

 

 

31/10/2016

Lichen, le numéro 8

 

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Éditorial

Philippe Azar : « Skin diamond »

Sindie Barns : cinq haïkus

Patrick Boutin : « Ombre au tableau » et « #gray »

Caroline Cranskens :« La dépouille »

Éric Cuissard : « Innocence »,« Signe » et « Complicité »

Colette Daviles-Estinès : cinq poèmes

Carine-Laure Desguin : trois textes

Michel Diaz : trois poèmes en prose

MokhtarEl Amraoui : trois poèmes

Cathy Garcia : « Bon anniversaire, Papa ! »

Hoda Hili : « Nasses » (six poèmes très courts)

François Jégou : deux haïkus et des fragments poétiques

Fabrice Lacroix : deux poèmes

Géry Lamarre : « Jardin » (cinq haïkus)

Cédric Landri : deux poèmes

Marceline-Julienne : trois autres extraits de L’Odyssée des Conques

Stève Michelin : trois poèmes extraits de « Sur les chemins d’Emmaüs »

Ana Minski : « Le sillage des grues », un poème et un dessin

Marie Natanson : « Ruines »

Lukaz Nedeleg : deux poèmes

Charles Orlac : cinq poèmes sans titre

Éric Pouyet : « Juste la lumière » (photographie) Fereshteh Sari (poétesse iranienne) : « La solitude » (poème traduit par Babak Sadeq Khandjani)

SCZ : deux poëmes-collages extraits de la suite inédite « Minuit »

Clément G. Second : un poème sans titre

Florence Vandercoilden : trois poèmes extraits de Dans mon érographie (inédit)

Sabine Venaruzzo : « Et maintenant j’attends »

Choses vues : Le festival du livre de Mouans-Sartoux ; les éditions Tipaza ; lecture de Colette Daviles-Estinès à La Briqueterie à Nice.

Note de lecture : Cahiers de la Kolymaet autres poèmes de Varlam Chalamov

Guillemet de Parantez : le don de mots

 

 

 

Le fils de mille hommes de Valter Hugo Māe

 

trad. portugais Danielle Schramm

éd. Métailié, septembre 2016

 

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192 p. 18 €

 

Déjà remarqué pour L’Apocalypse des travailleurs, son premier roman pour lequel il avait reçu le prix Saramago, Valter Hugo Māe revient ici avec un roman prenant, qui nous plonge sans ménagement dans les noirceurs de l’âme humaine ; mais pas les spectaculaires, non, plutôt les noirceurs banales, quotidiennes, les petites et grandes lâchetés, la bêtise commune, qui peuvent provoquer tout autant de malheur et de désespoir autour d’elles. Ce qui surprend, c’est que s’il nous conduit là où meurt tout espoir, c’est pour nous hisser jusqu’à la lumière, nous montrant ce que l’humain peut aussi avoir de plus beau et qui est d’une telle simplicité qu’on se demande vraiment pourquoi cela reste tellement hors de notre portée.

C’est vraiment un grand écart qui est réalisé ici, et Le fils de mille hommes devient une sorte de roman-médecine. Après avoir posé les bases, Valter Hugo Māe nous raconte plusieurs histoires où on découvre les origines, le vécu douloureux, difficile et même sordide des différents protagonistes, puis un fil va venir ensuite coudre ensemble toutes ces histoires. Ce fil passe par Crisóstomo, un petit pêcheur de 40 ans, un homme bon mais désespérément seul. Or, c’est cet immense désir de l’autre, soutenu par la générosité qu’il a en lui, qui va permettre de réunir en une grande famille hétéroclite une bonne partie des personnages malmenés et estropiés de ce roman. Il serait dommage de trop en dire, mais l’essentiel tient en un mot : l’amour. L’amour qui surpasse tout, transforme tout, panse les plaies, rend beau ce qui était laid, dissout les préjugés.

Aussi le roman sombre et impitoyablement réaliste, par cette magie de l’amour, va se transformer contre toute attente en conte, non pas de fées, mais d’humanité et ça fait vraiment du bien.

L’humain, on le sait, est capable du pire, et plus la situation est mauvaise, miséreuse, plus on souffre du mépris, de la haine et de ceux qui profitent de notre faiblesse. Le roman prend place quelque part en bord d’océan au Portugal, mais cela pourrait être ailleurs, ce qui est raconté ici a une portée universelle. Les personnages dont il est question ne vivent pas dans le même monde que les surfeurs, c’est une communauté rurale, pas très éduquée, superstitieuse, vivant sous l’ombre d’un Dieu avare en miracles : des paysans, des pêcheurs, des ouvriers, des servantes, des honnêtes gens comme on dit, pas toujours très honnêtes, surtout les hommes, voire capables du pire, fondamentalement intolérants à toute différence. Alors, peu importe le lieu finalement, car les paysages principaux ici sont humains et les paysages humains peuvent être d’une laideur et d’une violence inouïes. Puis, il y a ceux qui, malchanceux, semblent devoir être d’éternelles victimes.

Comme la naine dont on ne saura jamais le nom, la mère de Camilo morte en accouchant. Camilo qui ne saura jamais rien d’elle, ni de ses quinze pères potentiels. Comme Isaura, pauvre fille crédule déshonorée à seize ans et qui demeure avec sa mère qui sombre peu à peu dans la folie, tandis que le père demeure mutique et impuissant, comme il l’a toujours été. Le qu’en-dira-t-on étant la plus haute valeur de référence, bien plus que l’amour et la bienveillance. Antonino, le fils de Matilde qui n’a jamais eu le courage de le tuer, de lui arracher la tête ou de le pendre à une branche avec un bâton dans le cul pour que tout le monde le voie, mais seule contre tous, pas le courage non plus de l’aimer suffisamment pour ne pas être dévorée de honte. Que ces deux-là, la pauvre et laide Isaura et l’ignominieux Antonino, finissent mal mariés et l’apparence est à peu près sauve, la haine retourne couver ses œufs, calmée pour un temps. Même la charité ici cache mal la bêtise des gens, cette banale méchanceté larvée, dont Valter Hugo Mãe trace un portrait sans concession.

Aussi quel bonheur, quand celles et ceux qui en ont tant souffert trouvent enfin sur leur route, qui semblait n’être à jamais qu’une impasse, un havre de paix et d’amour et que les justes gagnent. Des justes, il en suffit d’un parfois, le cœur, les mains et la porte grandes ouvertes, et le monde petit à petit se répare, devient meilleur, et de cette terre bien travaillée, bien nourrie, naissent des graines de bonheur et de justice. Et c’est ainsi qu’une pauvre maison de modeste pêcheur trop seul, devient un palais pour famille nombreuse, et tous les orphelins, grands ou petits, tous les enfants abandonnés, peuvent y prendre racine et devenir à leur tour des justes qui changent le monde.

« Camilo n’était plus seulement un jeune garçon. Il devenait à ce moment-là un homme avec le courage qu’il fallait pour aimer quelqu’un. Son courage s’était développé, il avait appris la beauté, il avait aussi changé le monde ».

C’est donc un roman vraiment salutaire et qui n’a, n’en déplaise aux cyniques, rien de naïf, de simplet, bien au contraire, c’est avec une grande intelligence et dans une langue belle, riche, nourricière, qu’il met à l’honneur la sensibilité, la tolérance, la bienveillance, la simplicité, l’attention à l’autre, le sens de l’accueil et de l’hospitalité, cette faculté de voir la beauté chez l’autre, ce qui est important, essentiel, commun à tous les êtres : le besoin d’amour, le besoin d’aimer et d’être aimé.

Cela semble une évidence ? Valter Hugo Mãe nous invite, l’air de rien, à regarder en nous et autour de nous.

 

Cathy Garcia

 

 

valterhugomae.jpgValter Hugo Mãe est né en Angola en 1971 et vit actuellement au Portugal. Poète, musicien et performer, il écrit également des critiques artistiques et littéraires pour plusieurs magazines portugais. En 2007, il a reçu le prix Saramago pour son premier roman et, en 2012, le prix Portugal Telecom.

 

 

 

 

Note publiée sur le site de La Cause Littéraire

 

28/10/2016

Le petit guide des préjugés sur les migrants et le petit guide pour comprendre les migrations internationales 2016

En des temps où la stupidité le dispute à l'odieux, deux guides à faire circuler, sachant qu'une des plaies de l'humanité c'est l'ignorance satisfaite d'elle-même :

 

La_Cimade_Petit_Guide_Prejuges_2016.pdf

 

La_Cimade_Petit_Guide_Migrations_2016.pdf

 

ou à télécharger sur le site de la Cimade :

 

http://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2016/10/La_Cim...

 

http://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2016/10/La_Cim...

 

il y a celui-là aussi pour mieux comprendre et accompagner les victimes de la traite des humains :  http://www.lacimade.org/.../2016/10/La_Cimade_Traite.pdf

 

 

 

 

 

11:47 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2016

Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme par Barthélémy Schwartz

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Libertalia

350 pages – 18€

ISBN : 9782918059882

 

Ce volume comprend une anthologie

de poèmes et un cahier iconographique en couleur

 

En librairie depuis le 20 octobre 2016

* * *

« Qu’est-ce que le surréalisme ? C’est la beauté de Benjamin Péret écoutant prononcer les mots de famille, de religion et de patrie. » (André Breton)

De Dada au surréalisme, Benjamin Péret (1899-1959) est l’un des principaux acteurs des mouvements d’avant-garde qui ont secoué la poésie et l’art moderne au XXe siècle. C’est aussi l’un des moins connus du public. Peu de rééditions, de très rares monographies. Le sort s’est acharné contre ce grand poète dont le rôle et l’importance ont généralement été minimisés par les historiens du surréalisme.

Son engagement dans les mouvements révolutionnaires de son temps, notamment pendant la révolution espagnole aux côtés du POUM et des anarchistes, n’est peut-être pas étranger à cette occultation. Sur sa tombe, au cimetière des Batignolles, ses amis ont fait inscrire une épitaphe qui résume sa vie de révolté permanent : « Je ne mange pas de ce pain-là. »

Cette biographie (suivie d’une petite anthologie et d’un cahier iconographiques en couleur) replace la trajectoire de Benjamin Péret dans les enjeux utopiques du surréalisme, un mouvement qui voulait à la fois « transformer le monde » (Marx) et « changer la vie » (Rimbaud).

 

L’auteur :

Barthélémy Schwartz est né à Paris en 1963. Coanimateur de la revue de bande dessinée Dorénavant (1986-1989), du collectif Ab irato (en 1992), puis de la revue de critique sociale Oiseau-tempête (1997-2006), il a publié Le Rêveur captif (L’Apocalypse en 2012).

 

Mots-clés

Altérité – amitié – amour – anthropophagie – automatisme – Dada – Brésil – Colère – Communisme – conte – dèche – dissidence – Espagne – exil – expérience – expulsion – groupe – guerre – hasard – héritage – humour – inculpation – indien – insolence – Internationale – invectives – marge – marginalité – marxisme – maudit – Mexique – mythe – Poésie – Politique – populaire – prison – rage – rêve – révolte – révolution – rire – scandale – sommeil – subversion – surréalisme – utopie

 

 

 

www.editionslibertalia.com/

L'extraordinaire au quotidien par Sarah Roubato

Qu’est-ce que « L’extraordinaire au quotidien? »

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Au coin de la rue, il y a des gens qui cultivent l’extraordinaire au quotidien. Hors système, hors norme, ils mènent leur révolution. La nôtre aussi. Celle de demain. Ils ont accepté de me donner quelques heures, quelques jours de leur vie, dans un lieu qui leur parle. Pour ces gens démesurés, il fallait autre chose que des questions réponses et un récit biographie. Un portrait avec des ruptures, des diagonales, et des changements de perspective. 


Encore des portraits ? 

Et si le principal mal de la France était la représentation que les Français ont de leur société ? Quand on bourlingue hors des grands axes et hors des grands médias, on rencontre des gens extraordinaires et on se demande pourquoi personne n’en parle. Il était temps de poser un autre regard sur une France que l’on dit trop vite condamnée et pessimiste, en donnant la parole à des gens qui ont décidé de pratiquer autrement leur métier, ou tout simplement leur vie, là où ils sont et à leur échelle.

Un paysan qui travaille sans tracteur, uniquement par traction animale, un ancien champion du monde de boxe qui allie boxe et soutien scolaire pour les enfants de banlieue, une sculpteure qui part trois mois sur un paquebot pour sculpter des marins, des détenus en prison, des enfants en instituts psychiatriques, des religieuses dans un couvent. Un auteur compositeur interprète qui chante dans des lavomatics, dans des stations service, et qui écrit des chansons sur mesure pour les gens. Un boulanger qui fut chimiste et marin, et ne travaille qu’avec des blés anciens. Un homme qui travaille au Samu Social et fabrique des automates valant des milliers d’euros, refuse de travailler avec JP Gauthier, efface les œuvres qu’il peint sur les murs de son appartement chauffé au pétrole en plein Paris.

Ces inspirateurs impriment un geste à leur vie qui  résonne en chacun de nous. Avec eux, on parle de transmission, de la féminité, d’éducation, du regard qu’on pose sur soi, de résistance. Finalement, peu importe qu’on s’intéresse ou non à la boxe, à la sculpture ou aux chevaux. Ces personnes, essaimées dans toute la France, de toutes générations, exerçant dans des milieux très différents, nous montrent qu’il est toujours possible de faire un pas de côté pour s’inventer une autre manière de vivre.

Comment ça se passe ? 

De bouche à oreille, des errances de la route à celles d’internet, j’atterris un beau matin chez quelqu’un que je ne connais pas. J’y reste quelque jours, le temps d’installer une confiance, un véritable échange, pour tirer autre chose que des récits de vie ou des informations. Je vis à son rythme. Je la laisse me parler de ce qu’elle veut, où elle veut. Pas d’interviews, seulement des conversations informelles où, finalement, c’est l’essentiel qui ressort.

Ça donne quoi ? 

Des portraits d’une vingtaine de minutes croisant la voix de la personne interrogée pendant ses activités, ma narration, et son choix de musiques. C’est le récit d’une rencontre, d’un véritable échange. Je déplie ce que ses paroles m’inspirent.

Comment les écouter ? 

Ces portraits sont réalisés et produits de façon totalement indépendante, sans aucune source de financement. Les dépenses incluent le matériel audio (1000 euros), les déplacements, et le temps de montage (3 semaines à temps plein par épisode). Dans un contexte où les médias se réinventent, les créateurs ne peuvent que faire appel aux auditeurs.

C’est pourquoi ces portraits sont en vente. Oui je sais, il n’est pas commun de payer pour écouter un podcast. Mais nous payons bien pour acheter une musique ou un film, pour ouvrir notre fichier à l’imprimerie, pour nous sécher les cheveux chez le coiffeur ou pour un sac plastique à l’épicerie. Le monde change. Ce qu’on ne payait pas hier, nous le payons aujourd’hui. D’autres choses qu’on payait hier sont accès gratuit aujourd’hui. À vous de décider ce que vous voulez payer pour ces créations sonores, car la bonne nouvelle, c’est que c’est vous qui fixez le prix, en sélectionnant un montant dans le bouton Paypal. Pour chaque portrait, un extrait est en écoute libre.

Les soirées d’écoute collective

Aujourd’hui, on se réunit pour regarder un film ou aller voir un concert. L’expérience de l’écoute, du podcast ou de la musique, reste individuelle. Il est loin le temps où on se réunissait chez le voisin autour du poste de radio.

Pourtant beaucoup d’entre nous souhaitent retrouver du collectif et du partage, s’éloigner du matraquage de l’image et de l’information. Alors pourquoi ne pas se réunir, dans votre salon, dans une cave, dans un café, pour écouter collectivement ces portraits et en parler ? Si vous souhaitez organiser une soirée, rendez-vous sur la page contact.

 

Sarah Roubato

 

voir aussi :  http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2016/02/08/le...

 

 

 

18/10/2016

Dans le Lot, les clowns cultivent le bonheur communal brut

 

13 octobre 2016 / Lorène Lavocat (Reporterre)



Fabriquer du lien, voilà l’essence de ce projet bien drôle : des clowns sont employés « municipô » pour le bien-être des habitants et la croissance du bonheur communal brut. Ces fonctionnaires très particuliers préparent leur relève, il y a tant de territoires à satisfaire !

- Castelnau-Montratier (Lot), reportage

Uniforme orange fluo, képi assorti et balai vert, Gernard a tout d’un employé municipal. À première vue seulement. Car il y a un hic, comme le nez au milieu de la figure. Ce nez, justement, il est rouge. Gernard est clown « municipô ». « Je suis au service de la population, j’assure les missions que l’on me confie », explique-t-il sérieusement. Ce vendredi matin, il participe avec sa collègue Pétale à la collecte des ordures ménagères de Castelnau-Montratier. Les éboueurs accueillent avec amusement ces nouveaux venus turbulents qui balaient les poubelles avant de les vider, s’accrochent en chantant au camion-benne, jouent au basket avec les ordures.

Puis, direction l’hôtel de ville, où nos deux compères se jettent aux pieds du maire. « Qu’est-ce qu’on doit faire aujourd’hui chef ? », interroge Pétale. Tout sourire, l’édile ne semble pas étonné par tant de déférence : « Ils viennent me voir tous les jours, il paraît que je suis leur chef suprême ! » Nouvelle mission donc : nettoyer la statue de la Vierge, haute de plus de six mètres, sur la place du village. « C’est pas parce qu’elle est immaculée qu’elle n’est pas sale », commente Gernard, en se hissant tant bien que mal sur le socle.

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Gernard et Pétale en train de nettoyer la statue de la Vierge.

Depuis l’Office du tourisme, Amélie les observe, les yeux rieurs : « Ça fait plaisir de les voir tous les jours, ça met de la bonne humeur. » À ses côtés, Amédée, nez rouge assorti à son maquillage, prépare une visite guidée « décalée » du village : « Je vais être druide touristique pour la journée de Patrick Moine », précise-t-elle.

« Notre but n’est pas de bien faire la mission, mais d’apporter de la joie, de la bonne humeur » 

Depuis deux semaines, Amédée, Pétale, Gernard, Rhoe et Striknine sillonnent le territoire tout d’orange vêtus. Encadrés par deux « chefs clowns », Crestin et Haspyrine, ils vont à la rencontre des habitants à travers des « missions de service de proximité ». Certaines de ces tâches sont totalement absurdes : promener un poisson rouge, remplir les corbeilles du collège avec des papiers. D’autres pourraient être utiles… si elles n’étaient pas faites par des clowns ! Ainsi, quand Pétale et Gernard nettoient les panneaux de signalisation armés d’un plumeau et d’une éponge, ils passent plus de temps à effectuer des acrobaties extravagantes qu’à astiquer les saletés.

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Le nettoyage de panneaux occasionne des portés acrobatiques inédits.

« On n’est pas complètement inutile, estime Gernard. Par contre, notre but n’est pas de bien faire la mission, mais d’apporter de la joie, de la bonne humeur. C’est un service public décalé, pour le bien-être mental des habitants. » Amélie acquiesce : « Les clowns nous disent de belles choses. L’autre jour, une personne se plaignait d’avoir des idées noires, Amédée lui a répondu d’y ajouter des idées blanches ! Ils ont toujours réponse à tout, mais de manière poétique. »

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Amédée et Crestin répètent « l’hymne du clown municipô ».

« Notre rôle comme clown, c’est de participer à la croissance du bonheur communal brut », résume Francis Farizon, alias Crestin Frigo. De retour à la « caserne », un gîte rural en vieilles pierres à quelques kilomètres de Castelnau, chacun quitte son costume, et goûte un peu de repos. Nos « employés municipaux » sont en effet de service de 9 h à 17 h, et restent joignables tous les jours de la semaine sur leur « portatif » . Le soir et le week-end, ils participent en tant qu’habitants aux différentes activités. Après des cours de country, Striknine vient ainsi de disputer un match de tennis épique contre le champion du village. « Nous sommes des caméléons, observe Myriam Petiot, alias Haspyrine Potin. Quand je joue, j’observe, j’écoute, je fais l’éponge. En connaissant l’histoire des gens, je peux créer du lien, comme une toile d’araignée entre eux. »

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Pétale et Gernard sont allés prêter main-forte aux éboueurs.

Francis Farizon convoque quant à lui l’image de l’idiot du village, celui à qui tout le monde parle, et qui parle à tout le monde. « Autrefois, il était un vecteur de lien social. Aujourd’hui que les fous sont enfermés, les clowns peuvent jouer ce rôle de relais, de maillon. » Par sa simple présence, le clown municipô crée la conversation, alimente les commérages, tisse des relations. « En une semaine, ils connaissent plus de monde dans la commune que nous qui habitons ici depuis toujours ! » m’a ainsi avoué une habitante.

 « Leur présence apporte une nouvelle énergie, un autre regard »

Fabriquer du lien, c’est l’essence même du projet lancé en 2008 par Francis Farizon et Myriam Petiot, de la Compagnie La manivelle. À l’origine, une provocation sous forme de question : un clown peut-il être municipal ? Autrement dit, peut-on considérer l’art, le spectacle, comme un service public ? « Pour moi, le clown a une fonction sociale, au-delà de l’œuvre. Ou plutôt, notre œuvre est au service de la communauté et de la fabrique du lien social. » Afin de revendiquer l’apparente inutilité de leur travail, les deux comédiens ont choisi d’être municipÔ (et non pas municipal), et proposent leur idée aux collectivités locales. Le département de l’Aveyron a été séduit par le concept et a soutenu une première résidence d’artiste à Réquista.

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Le groupe des clowns subalternes.

Depuis, Crestin et Haspyrine ont sévi dans des communes ou des quartiers au cours de quatre résidences de trois semaines à un mois. Pendant leur séjour, ils officient auprès des habitants, mais créent aussi un spectacle, nommé « rapport de mission », et réalisent des films avec l’aide de Joshua Imeson et Pascal Messaoudi, réalisateur et preneur de sons.

« Dans nos restitutions, nous racontons la vie des gens, du village, mais seulement ce qu’il y a de beau, insiste Francis Farizon. Aujourd’hui, l’accent est énormément mis sur le drame, le négatif. Nous, on souhaite pointer ce qu’il y a de positif, à encourager : notre fonction est de véhiculer de l’amour. » Un avis partagé par Amélie, rencontrée plus tôt à l’Office du tourisme de Castelnau-Montratier : « Leur présence apporte une nouvelle énergie, un autre regard. Elle permet d’éveiller les consciences dans un petit village en milieu rural, de voir des choses dont on n’a pas l’habitude. »

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L’une des missions principales du clown, c’est de baliser avec des rubans les déjections canines.

Car le clown surgit dans le quotidien des habitants tel un étranger : il est l’incarnation de l’altérité et questionne la peur de l’inconnu. « Mais malgré cette différence, chacun peut l’aimer, communique avec lui », observe Francis Farizon. Il se rappelle ces néoruraux venus les remercier de leur travail « qui permet d’éduquer la population à accueillir des nouveaux ». À la campagne ou en ville, le clown touche tout le monde, au-delà des générations ou de la classe sociale. En 2015, après trois semaines dans la cité de la Fontaine-du-Bac, à Clermont-Ferrand, Crestin et Haspyrine faisaient partie de la communauté.

« Ici, hors de la saison estivale, il ne se passe quasiment rien » 

Bien sûr, l’arrivée d’énergumènes à nez rouge se revendiquant fonctionnaires ne passe pas toujours bien auprès de la population. « Gaspillage d’argent public », « dépense inutile »… ces réflexions, Frédéric Plicque les a souvent entendues. Coordinateur de l’association Lézards de la rue, il a organisé le séjour des clowns municipôs sur la communauté de communes du Quercy blanc (Lot), en 2014, puis en 2016. « Beaucoup d’élus et d’habitants ne comprenaient pas l’intérêt, se rappelle-t-il. Pour eux, l’urgence est de construire des routes et de maintenir des écoles. »

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Gernard pique un somme en attendant les visiteurs à l’Office du tourisme.

Pourtant, les comédiens ne coûtent rien aux contribuables locaux : leur venue est financée à hauteur de 15.000 € par la direction régionale de l’action culturelle (Drac) de Midi-Pyrénées (désormais Occitanie), via un dispositif original : la résidence de territoire. « Pendant deux mois, des artistes sont payés pour aller vivre sur un territoire, créer du lien, apporter de l’animation dans des zones rurales où il y a très peu de structures culturelles. Ici, hors de la saison estivale, il ne se passe quasiment rien », explique Frédéric Plicque.

Avec leurs messages poétiques et leurs missions décalées, les clowns municipôs sont donc une sorte de spectacle vivant et quotidien pendant plusieurs semaines. À Castelnau-Montartier, où ils sont déjà venus en 2014, tout le monde semble les apprécier, jusqu’à Mme Sanchez, grand-mère nonagénaire qui sort très peu de chez elle : « Ça fait de l’animation », sourit-elle sur le pas de sa porte.

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Pétale et Gernard sont allés rendre visite à Mme Sanchez, pour nettoyer les mégots devant chez elle. Le nettoyage vire à la chasse au trésor.

Mais le travail de clown municipô est usant. Aujourd’hui, Francis Farizon et Myriam Petiot se sentent un peu fatigués. Alors, pour assurer la transmission et essaimer leur « bébé », nos deux comédiens se sont lancés dans la formation. Amédée, Pétale, Gernard, Rhoe et Striknine constituent leur première promotion. Après trois semaines dans les communes du Quercy blanc, ils sont prêts à prendre l’uniforme à leur tour. « La relève est assurée, et ça, ça rassure ! » conclut Myriam Petiot.

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Les clowns en formation doivent aussi maîtriser l’art du clown : ici, le lancer de tarte à la crème.

 

 

11/10/2016

Aux bitterois et bitteroises

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Please

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10/10/2016

Allant vers et autres escales, Colette Daviles-Estinès

 

illustration en couverture de Diane Saint-Honoré

 

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éd. de l’Aigrette, septembre 2016.

45 pages, 16 €.

 

 

 

Voici des poèmes qui ne tiennent pas en place, comme l’indiquent la diversité des lieux mentionnés au-dessous avec les dates d’écriture et il semblerait que la raison d’être de cette sorte d’instabilité, soit à chercher dans un lointain ailleurs dont l’auteur aurait pu être arrachée, quelque part sur les vastes continents d’Afrique ou d’Asie, où seraient restés dispersés des morceaux d’elle-même. La bougeotte, parce que difficile de trouver sa place quand on vit une forme d’exil, de déracinement.

 

Un poème vient confirmer ce ressenti, bref et clair :

 

Mon pays

 

Je sais d’où je viens

Je suis d’Expatrie

 

C’est cette « mémoire métisse » qui donne peut-être sa particularité à la langue de Colette Daviles-Estinès, une langue mouvante, chantante, teintée de lumière, de vent, de poussière, une langue du voyage, qui a dû mal avec les rives qui enserrent, un besoin d’espace et de large.

 

Je dévide les rives dont je m’éloigne

Pour mieux leur donner sens

Le devoir d’aller

Le droit de me tenir au large

 

Quand on n’est pas de quelque part, alors on n’est de nulle part et donc de partout, et il y a ce besoin de bouger vissé au corps en même temps que de s’enraciner, une envie d’ailleurs et le besoin d’un ici, solide sous les pieds.

 

C’est le choix que l’on fait de ne pas savoir où poser le bonheur.

 

Partir, revenir, quitter, retrouver, les poèmes de Colette sont des poèmes de transhumance et sous la limpidité et le chatoiement de la langue on devine une certaine détresse, un sentiment de perte. Mais il y a aussi dans la bouche, des soleils juteux comme des mangues, une force sous-jacente, sans doute puisée dans la nature dont Colette Daviles-Estinès sait capter et transcrire la beauté, qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs et ce souffle qui la traverse, la transcende.

 

Un vent liquide houle

Feuillette les champs de cannes

Et quel que soit l’hiver

C’est de la même eau d’ambre

Que la lumière des blés aux torrents de tes ciels

 

L’enfance, nourrie de ce qu’ici on nommerait exotisme, mais qui pour Colette est racines multiples et métissées d’une humanité sans doute plus proche de sa source, a gardé toute sa puissance évocatrice, sa faculté de s’émerveiller, de rêver.

 

C’est une chose heureuse

 

Habiter le seuil d’une porte ouverte

adossée à la lumière

 

Et on ne peut que l’aimer cette petite fille aux allumettes qui craque la flambée des horizons.

 

Cathy Garcia

 

 

14611033_2134495340108416_7075519955427617011_n.jpgColette Daviles-Estinès Naissance au Vietnam en 1960, enfance en Afrique, paysanne durant 30 ans dans les Alpes de Haute-Provence. Les aléas de la vie l'ont amenée à être aujourd'hui citadine. Quelques-uns de ses textes ont été publiés dans diverses revues de poésie comme la Barbacane, Le Journal des Poètes, Écrit(s) du Nord, La Cause Littéraire, Le Capital des Mots, Incertain Regard, Ce Qui Reste , la Revue 17 secondes, Paysages Écrits, Nouveaux Délits. Allant vers et autres esacles est sont premier recueil édité. Son blog : http://voletsouvers.ovh/

 

 

 

 

Le procès citoyen de Monsanto à La Haye

Nous y sommes presque!

Le procès citoyen de Monsanto commencera très bientôt. 30 témoins et expert-e-s venant de cinq continents se présenteront à La Haye devant cinq juges internationaux. Ces témoins expliqueront aux juges et par là même au monde comment Monsanto a détruit leur santé, leurs communautés, leurs moyens de subsistance. Cette année, nous ferons des dommages causés à la santé et à la nature par l'agriculture industrielle et chimique le thème de la Journée Mondiale de l'Alimentation (16 octobre).

Les tribunaux citoyens ont depuis longtemps réussi à attirer l'attention sur la corruption des entreprises et ont conduit dans bien des cas à l'ouverture de procès criminels. Tout comme vous, nous voulons que le Tribunal Monsanto permette aux Cours de justice du monde entier de juger Monsanto pour ses crimes.


 
   
Merci à vous

Cet événement unique n'est possible que grâce à votre soutien et nous vous en sommes reconnaissant-e-s! Merci de continuer à nous aider à transmettre les informations relatives au Tribunal, en particulier juste avant, pendant et après l'événement. Envoyez ce bulletin d'information à vos proches, demandez-leur de signer leur soutien en ligne, écrivez aux journalistes de votre connaissance, partagez nos posts sur Facebook sur vos pages et groupes, retweetez nos messages si vous utilisez Twitter, composez vos propres messages sur les médias sociaux. Sachez que vous pourrez suivre les audiences en direct, les liens seront publiés sur notre site internet dans les jours qui viennent. Nous diffuserons également des vidéos sur notre site et page Facebook durant l'événement. Merci de partager!


 
   
La fusion de Bayer et Monsanto

Beaucoup d'entre vous nous ont interrogés sur le rachat imminent de Monsanto par Bayer et sur ses conséquences pour le Tribunal Monsanto.

Nous vous apportons de bonnes nouvelles: le rachat proposé de Monsanto par Bayer n'aura aucun impact négatif sur le Tribunal Monsanto. Voici pourquoi: tout d'abord, le rachat sera contesté. Même en cas d'autorisation, celui-ci ne sera pas définitif avant 2017. Ensuite et surtout, les opinions juridiques finales livrées par les juges du Tribunal (prévues le 10 décembre) s'appliqueront non seulement à Monsanto, mais à toutes les entreprises d'agrobusiness, y compris Bayer. De plus, la fusion de géants n'est pas un signe de solidité. Les analystes ont déjà pointé les signes d'une industrie en difficulté. Les conséquences possibles d'un tel rachat sur la population et l'environnement rendent le Tribunal Monsanto et son message encore plus importants.


 
   
La CPI franchit une étape: vers la poursuite pour écocide

Dans un futur proche, la destruction de l'environnement pourrait motiver la poursuite des gouvernements et des individus pour crimes contre l'humanité par la Cour Pénale Internationale. Depuis ses débuts en 2002 et jusqu'à maintenant, la Cour de La Haye soutenue par les Nations Unies a principalement jugé des cas de génocides et de crimes de guerre. Elle n'a pas encore examiné de crimes environnementaux majeurs. Récemment, la CPI a annoncé qu'elle évaluerait les crimes résultant dans "la destruction de l'environnement", "l'exploitation des ressources naturelles", et la "dépossession illégale" des terres. Il s'agit d'un développement intéressant, et le Tribunal Monsanto pourrait être une excellente préparation pour un cas d'envergure à la CPI.


 
   
Un soutien croissant

Ces dernières semaines nous avons enregistré une hausse spectaculaire des soutiens. Près de 70 000 personnes ont maintenant signé leur soutien en ligne, tout comme un millier d'organisations et d'entreprises parmi lesquelles des initiatives locales sur l'alimentation, des communautés affectées, l'énorme réseau La Via Campesina qui regroupe des millions de paysannes et de paysans, de petits et de moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du monde rural, d'indigènes, de migrants et de travailleurs agricoles... Le Tribunal Monsanto reçoit également l'appui d'organisations telles que Slow Food International, Les Amis de la Terre, Greenpeace, Organic Consumers, Navdanya mais aussi d'un grand nombre de groupes militants, d'ONG et de petites entreprises du monde entier. Regardez les nouvelles vidéos de soutien sur notre page Facebook (page non réservée aux membres).


 
   
Faites connaissance avec les témoins et expert-e-s

Regardez le programme pour découvrir les 30 témoins et expert-e-s des cinq continents qui se rendront à La Haye pour se présenter devant la Cour. Certains des noms vous sont peut-être familiers, comme l'agriculteur français Paul François, la seule personne ayant jamais remporté un procès contre Monsanto après avoir été empoisonné par l'herbicide Lasso. Gilles-Eric Séralini, le scientifique qui a exposé au grand jour la possible carcinogénicité du maïs OGM et du Roundup et qui en conséquence a subi de lourdes attaques de la part de Monsanto et ses alliés. L'agriculteur Canadien Percy Schmeiser, poursuivi par Monsanto pour violation de brevet. Damian Verzeñassi et Marcelo Firpo, experts de la santé venus du Brésil et d'Argentine. L'apicultrice mexicaine Angelica El Canche. Farida Ahkter du Bangladesh (ci-dessous), qui témoignera sur les dangers de l'aubergine OGM.

La liste des témoins et expert-e-s comprend:

- des expert-e-s en santé publique, des victimes et des représentant-e-s de communautés affectées par la pulvérisation de pesticides au Brésil, Paraguay, Sri Lanka, Argentine, Colombie, France et Inde;
- des agriculteurs, agricultrices et spécialistes des semences venant d'Australie, du Bangladesh, du Burkina Faso, du Canada, de France;
- des apiculteurs et apicultrices du Yucatán, Mexique;
- des scientifiques du Brésil, d'Allemagne, de France, du Royaume Uni et des États-Unis.

Consultez ici le programme des audiences et des plaidoiries du Tribunal.


 
   
Assemblée des Peuples: intervenant-e-s et ateliers

L'Assemblée des Peuples constitue un événement remarquable. En parallèle des audiences du Tribunal, il s'agit d'un espace dédié aux mouvements du monde entier pour partager et réseauter. L'Assemblée des Peuples accueillera également d'éminents intervenants et intervenantes comme Vandana Shiva, Ronnie Cummins, André Leu, Hans Herren, Corinne Lepage, François Veillerette et bien d'autres encore.

Trois sessions d'ateliers sur les thèmes des semences, des OGM, des pesticides, de la responsabilité des entreprises multinationales et de l'agroécologie comme solution du futur permettront aux participant-e-s des cinq continents d'échanger largement. Ci-dessous, Charito Medina (MASIPAG, Philippines) and Nivia Silva (MST, Brésil).

Consultez le programme pour plus de détails.


 
   
Rejoignez-nous depuis chez vous ou via un événement local

Nous ne pouvons pas tous nous rendre à La Haye. Cependant, vous pouvez nous accompagner en regardant la retransmission en direct du Tribunal, ou en participant à l'un des nombreux événements liés à la Journée Mondiale de l'Alimentation. Nous mettrons également en ligne des vidés de l'Assemblée des Peuples sur notre site et notre page Facebook durant le weekend.

Nous avons hâte que cet événement historique commence dans quelques jours et avons toujours besoin de votre aide pour en faire un succès! Aidez-nous à faire circuler l'information sur le Tribunal, et si vous ne l'avez pas fait récemment, merci de considérer un don.

 

pour signer et soutenir :

http://en.monsantotribunal.org/sign

 

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