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13/11/2016

L'Ensemble Zologique de Libération de la Nature contre Bayer/Monsanto

 

"Plus d'une centaine d'animaux de l'Ensemble zoologique de Libération de la Nature (EZLN) ont envahi, vendredi à 15h30, le siège belge de la multinationale Bayer à Diegem.

#WeAreNatureDefendingItself
#stopTTIP #stopCETA #stopBayer #TTIPGameOver

Outre les activités de Bayer dans l'industrie pharmaceutique et son rachat de Monsanto, l'EZLN veut dénoncer le lobbying intensif que l'entreprise exerce en faveur des traités de libre-échange tels que le Ceta et le TTIP, via le financement de l'Association européenne pour la protection des cultures (ECPA). "Nos actions cherchent à mettre la lumière sur ceux qui réussissent dans l'ombre à convaincre les élites politiques de ne pas suivre l'avis de leurs électeurs et électrices", explique le sous-commandant putois . "Il faut que cesse l'ingérence du secteur privé sur les politiques publiques si nous voulons défendre nos droits sociaux mais aussi lutter efficacement contre le réchauffement climatique."

 

 EZLN ?

"Nous sommes une convergence d’animaux, de légumes, et d’éléments naturels en luttes pour la justice climatique issus des régions du plat pays . Nous revendiquons la mise à l’écart des multinationales de tout espace de négociation portant sur le climat et la création d’un tribunal pénal international pour les crimes climatiques et environnementaux. Nous luttons également pour la fin immédiate et définitive des négociations anti-démocratiques pour l’élaboration du TTIP et CETA .

Nous sommes les descendantes et descendants de toutes celles et ceux, paysannes et paysans, artisanes et artisans, sans-terre, ouvrières et ouvriers, immigrées et immigrés, chômeuses et chômeurs, travailleuses et travailleurs, qui ont lutté contre le capitalisme agraire et ses enclosures, contre le capitalisme marchand, ses banques et ses compagnies, contre le capitalisme industriel, ses manufactures et son salariat. Nous sommes celles et ceux qui, aujourd’hui, luttent contre le capitalisme financier, ses traités de libre-échange, ses multinationales et ses politiques d’austérité. Nous sommes l’Ensemble Zoologique de Libération de la Nature."

https://climatealert.be/

 

 

 

 

 

 

 

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Mémoire : essai nucléaire français à Reggane, Sahara, guerre d'Algérie et cobayes humains

 

Des Algériens ont été utilisés comme cobayes pendant l'essai nucléaire français en Algérie.
Des Algériens ont été utilisés comme cobayes pendant l'essai nucléaire français en Algérie.
 

René Vautier est mort le 4 janvier 2015. 
Résistant à 15 ans, il fut, avec pour seule arme sa caméra, engagé sa vie durant contre le colonialisme et les injustices ; emprisonné dès son premier film à 21 ans ; censuré comme nul autre réalisateur français ne le fut. Lui qui avait des liens si forts avec l’Algérie s’était fait l’écho d’un témoignage terrible. Il était surtout intervenu auprès d'amis algériens

 

Cela se passe au Centre saharien d’expérimentation militaire situé à Reggane, à 700 km au sud de Colomb Bechar. Les tirs sont effectués à Hamoudia, à une cinquantaine de km au sud-ouest de Reggane. Le 1er avril 1960 a lieu le second essai nucléaire français, sous le nom de code “Gerboise blanche”. La bombe dégagea environ 4 kilotonnes.

Le tir a été l’occasion d’étudier la résistance des matériels militaires (avions, véhicules, parties de navires...) à une explosion nucléaire. L’armée française a mené des essais sur des rats, des lapins et des chèvres. Des exercices militaires en ambiance «post-explosion» ont été réalisés. Ils commencèrent vingt minutes après les tirs. Mais, environ 150 hommes vivants furent aussi exposés aux effets de la bombe, ligotés à des poteaux, à environ 1 km de l’épicentre.

Nous sommes en pleine guerre d’Algérie, cette guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes algériennes, militaires et surtout civiles. Beaucoup de victimes meurent torturées. Pour le colonialisme français et son armée, la vie des algériens ne vaut pas cher à l’époque...

René Vautier, avait monté son film “Algérie en flammes”, tourné aux côtés des combattants algériens dans les studios de la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft) en RDA. 
C'est là qu'il a appris que Karl Gass, réalisateur documentariste à la D.E.FA. avait recueilli le témoignage d’un légionnaire français d’origine allemande affecté à la base de Reggane. Le témoin affirmait avoir reçu, juste avant l’explosion, l’ordre de récupérer dans des prisons et des camps de concentration, 150 Algériens qui devaient être utilisés comme cobayes à proximité du point zéro . Il déclarait les avoir fait venir, les avoir remis à ses supérieurs hiérarchiques et ne les avoir jamais revus. Ce légionnaire a été affecté ailleurs en 1961.

M. Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach et M. Chennafi, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler, confirment ce témoignage (voir encadré “Ce que disent les Algériens”). En Algérie, la presse et les médias algériens, la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, des juristes, des médecins évoquent ces questions.

Le 14 février 2007, le quotidien Le Figaro cite une réponse à l’interpellation des Algériens. Elle est faite par le responsable de la communication du ministère de la Défense, Jean-François Bureau : "Il n’y a jamais eu d’exposition délibérée des populations locales". Il s’agit, selon lui, d’une légende entretenue par la photo d’une dépouille irradiée exposée dans un musée d’Alger. "Seuls des cadavres ont été utilisés pour évaluer les effets de la bombe", ajoute-t-il.

Mais alors, quels sont ces cadavres ? D’où venaient-ils ? Quelles étaient les causes des décès ? Où sont les documents tirant les enseignements de leur exposition à la bombe ? Et surtout, peut-on sérieusement croire qu’en pleine guerre d’Algérie, l’armée française pouvait transporter des cadavres sur des centaines de km pour des essais “éthiques” alors qu’elle torturait et tuait quotidiennement civils et combattants algériens ? Qui peut croire aussi, qu’un pouvoir qui se dote à grands frais d’une arme nouvelle, qui fera l’essentiel de ses forces, va s’abstenir d’en faire l’essai jusqu’au bout ? La logique “technique” à défaut d’être humaine, c’est de la tester “en vraie grandeur” c’est à dire sur des êtres humains vivants ... Tous l’ont fait : lisez, pays par pays, l’ encadré à ce sujet.

Pourtant, il n’y a pas eu de scandale d’Etat à la hauteur de ce fait qui relève du crime contre l’humanité. Le fait que le FLN avait accepté, dans le cadre d’"annexes secrètes", que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant quatre années supplémentaires a sans doute créé des conditions propices à ce silence officiel... En effet, ces essais se sont poursuivis dans les conditions de mise en danger des populations locales et des travailleurs algériens sur les sites contaminés, le pouvoir algérien ne souhaitait sans doute pas voir ce dossier sensible resurgir.

Derrière elle, l’armée française a laissé des poubelles nucléaires à peine ensablées, des populations victimes de multiples cancers, des nappes phréatiques radioactives. Mais elle laisse aussi le souvenir, mieux caché pour l’instant, d’une épouvantable expérimentation effectuée sur des êtres humains vivants. Merci à René Vautier pour avoir tenté, durant des années, de lever la chape de plomb sur ce crime. A présent les bouches et les archives doivent s’ouvrir.

Comme la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, exigeons l’ouverture compète des archives militaires sur les essais nucléaires dans le sud du Sahara (algérien) dans les années 1960 à 1966. Demandons aux nombreux militaires et civils français et algériens qui ont servi sur la base de Reggane et ont pu être témoins direct ou recueillir des témoignages de dire ce qu’ils savent. Que la France officielle reconnaisse aujourd’hui le crime. A défaut de pouvoir le réparer, qu’elle prenne ses responsabilités pour atténuer les conséquences de ses essais nucléaires sur les population algériennes :

La réhabilitation des sites d’essais nucléaires, conformément à la législation internationale.

La création d’une structure de santé spécialisée dans le traitement des maladies cancéreuses causées par la radioactivité. La mise en place d’un registre du cancer dans les régions d’Adrar, Tamanrasset et Béchar. La prise en charge totale des malades.

La création d’un pôle d’observation des différents sites ayant servi aux essais nucléaires comme ce fut le cas pour l’Angleterre et ses sites en Australie.Et enfin, que la mise au jour de ce crime soit une occasion de plus d'exiger de supprimer PARTOUT ces armes, qui avant même leur emploi dans un conflit, ont de pareilles conséquences.

Ce que disent les Algériens

Du côté algérien, des recherches ont été faites dans les années 2000 et résumées ainsi par l’avocate Me Fatima Ben Braham : «L’étude iconographique, de certaines de ces photos, nous a permis de constater que la position des soi-disant mannequins ressemblait étrangement à des corps humains enveloppés de vêtements. A côté de cela, nombre d’Algériens détenus dans l’ouest du pays et condamnés à mort par les tribunaux spéciaux des forces armées [français] nous ont apporté des témoignages édifiants. Certains condamnés à mort n’ont pas été exécutés dans les prisons, mais ils avaient été transférés pour ne plus réapparaître. Ils avaient, selon eux, été livrés à l’armée. Après consultation des registres des exécutions judiciaires, il n’apparaît aucune trace de leur exécution et encore moins de leur libération. Le même sort a été réservé à d’autres personnes ayant été internées dans des camps de concentration.»

Après des recherches, l’avocate a retrouvé une séquence des informations télévisées montrant un combattant mort sur une civière entièrement brûlé, ainsi commentée : «Et voilà le résultat de la bombe atomique sur un rebelle.» 
De plus, une étude minutieuse des photos de mannequins, et particulièrement une, où plusieurs corps (5 environ) étaient exposés, indique que les mannequins auraient une forte ressemblance à des corps humains.

Elle a alors réuni un groupe de médecins et de médecins légistes à l’effet de faire le rapprochement des corps exposés avec de véritables corps humains dans la même position (tête, bras, jambes, bassin, buste, etc.)
Les résultats ont été concluants : il s’agit bien de corps humains (même le poids a été déterminé) et leur mort était certaine.
En 2005, la question a été posée aux autorités françaises qui ont d’abord répondu qu’il s’agissait uniquement de mannequins et de rien d’autre, pour tester les habillements face aux essais.

Après insistance des Algériens, les autorités françaises ont rétorqué que «s’il y avait des corps à la place des mannequins, il faut se rassurer que les corps étaient sans vie».

Source : http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/france/cobaye...

Lors d’un documentaire, réalisé par Saïd Eulmi et diffusé à l’ouverture du colloque, il a été rapporté que des prisonniers de guerre avaient été utilisés comme cobayes lors des essais. Des images de corps humains calcinés accrochés à des poteaux ont été montrées. "Les corps de ces martyrs (...) ont été retrouvés durcis comme du plastique», a souligné Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach. «Les conventions de Genève ont été violées. Il s’agit de crimes de guerre", a estimé Abdelmadjid Chikhi, directeur des archives nationales.

Source : Metaoui Fayçal, El Watan

Le témoignage de M. Chennafi, "un sexagénaire, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler jour et nuit et préparer l’installation de la bombe nucléaire : "Après l’explosion de cette bombe, les victimes étaient parties en fumée. Même les ossements ont disparu». Plusieurs militaires et médecins Français ont confirmé l’utilisation par l’armée française d’habitants de la région ou de Ghardaia afin de "tester l’effet des radiations" sur eux. Ces derniers ont été placés dans les lieux servant de théâtre des opérations sans protection aucune. Les survivants n’ont bénéficié d’aucun traitement contre les radiations nucléaires par la suite.

Source : Planète non violence (webzine)

La LADDH pense que l’exposition directe, par la France de prisonniers dans l’expérience nucléaires constitue “une flagrante violation de la convention de Genève relative aux prisonniers de guerre et à leur traitement.

Le FLN a accepté, dans le cadre d’"annexes secrètes", que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant cinq années supplémentaires. Onze essais se sont ainsi déroulés après l’Indépendance du 5 Juillet 1962 et ce, jusqu’en février 1966.

La LADDH est porteuse d’exigences vis à vis de la France (voir article principal).
Source : http://ekopol.over-blog.com/2014/08/les-essais-nuclaires-...

Radiations imposées : même les militaires n’étaient pas protégés

Si l’on compare avec ce qui a été fait en Polynésie pour la protection des populations – des blockhaus pour Tureia qui se trouve à 110 km de Mururoa et des «abris de prévoyance» sommaires pour les Gambier, Reao et Pukarua, dans le Sahara algérien, les précautions prises pour la protection des personnels militaires et des habitants des palmeraies voisines ont été très sommaires, voire inexistantes. 
Quelques documents estampillés «secret» permettent d’avoir une idée du mépris des autorités militaires à l’égard de leurs hommes. on peut constater que pour les populations sahariennes de Reggane (environ 40 km d’Hammoudia) et quelques palmeraies encore plus proches des points zéro, la protection était nulle. Aucun abri ou autre bâtiment n’a été construit pour ces populations, tout aussi bien que pour les personnels militaires de la base de Reggane Plateau ou les quelques dizaines de militaires et civils qui restaient sur la base d’Hammoudia pendant les tirs.

A Reggane au Sahara, à moins de 5 km de l’explosion, on donnait des lunettes noires aux soldats pour se protéger les yeux. Mais ils étaient en short et chemisette. Des retombées à plus 3 000 km, des conséquences sanitaires terribles.
Outre dans tout le Sahara algérien, les retombées radioactives ont été enregistrées jusqu’à plus de 3000 km du site (Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, Khartoum, etc.). 24 000 civils et militaires ont été utilisés dans ces explosions, sans compter l’exposition aux radiations de toute la population de la région.

Le film "Vent de sable" de Larbi Benchiha montre clairement que si des dosimètres ont été remis à la population , puis des examens effectués pour mesurer les expositions aux radiations, c'était à des fins d'études et non pas de soins.

A Reggane où les essais ont été atmosphériques et ont couvert une vaste zone non protégée, selon les médecins l’exposition aux radiations ionisantes provoque plus 20 types de cancer (cancers du sein, de la tyroïde, du poumon, du foie, du côlon, des os, etc.). 
Les leucémies dépassent de manière sensible la moyenne dans la région. Des malformations touchent aussi bien les adultes que les enfants, les nouveaux nés et les les fœtus. On constate également une baisse de fertilité des adultes. Des cas de cécité sont dus à l’observation des explosions. A Reggane le nombre de malades mentaux est très important. Des familles entières sont affectées, sans parler des lésions de la peau, des stigmates physiques et des paralysies partielles, ainsi que d’autres phénomènes sur lesquels les médecins n’arrivent pas à mettre de mots.

Le bilan des décès causés par les maladies radio-induites ne cesse de s’alourdir à Tamanrasset. Au total 20 cancéreux, entre femmes, hommes et enfants, sont morts en juillet dernier, s’alarme Ibba Boubakeur en 201447, secrétaire général de l’Association des victimes des essais nucléaires à In Eker (Aven), Taourirt. "Nous avons assisté à l’enterrement d’enfants amputés de leurs membres inférieurs et de femmes à la fleur de l’âge. Le pire, c’est qu’aucune de ces victimes ne possède un dossier médical, hormis les quelques certificats délivrés par les médecins exerçant dans la région", se plaint-il. 52 ans après cette tragédie que la France ne veut toujours pas réparer.

"On ne peut pas avoir le nombre exact de victimes. En 2010, un recensement partiel faisant état d’un peu plus de 500 victimes a été réalisé dans les localités relevant uniquement de la commune de Tamanrasset, à savoir Inzaouen, Ifak, Toufdet, Tahifet, Indalak, Izarnen, Outoul et Tit. Nous y avons constaté beaucoup de maladies, des avortements, des malformations et toutes les formes de cancer".

Selon une étude réalisée par des experts, 21,28% des femmes de cette région sont atteintes de cancer du sein et 10,13% du cancer de la thyroïde

La France n’est pas la seule à utiliser des humains comme cobayes

USA
Le secrétaire d’Etat à l’Energie américain, Hazel O’Leary, a révélé que son pays a mené des expériences sur quelque 700 "cobayes humains". C’était dans les années quarante, on administra à plus de 700 femmes enceintes, venues dans un service de soins gratuits de l’université Vanderbilt (Tennessee), des pilules radioactives exposant les foetus à des radiations trente fois supérieures à la normale. On leur faisait croire qu’il s’agissait d’un cocktail de vitamines. ..
En 1963 (là, on était pourtant édifié sur les effets de la radioactivité !), 131 détenus de prisons d’Etat de l’Oregon et de Washington se portèrent "volontaires", en échange d’un dédommagement de 200 dollars chacun, pour recevoir de fortes doses de rayons X (jusqu’à 600 röntgens) aux testicules.
Mais l’expérimentation humaine principale avait été menée lors des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945 et après eux.
le Japon avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier, avant les bombardements nucléaires.
Les USA choisissent Hiroshima et Nagasaki pour leurs configurations différentes et y expérimentent deux bombes de types différents : plutonium pour Nagasaki ; uranium 235 pour Hiroshima . Plus de 2 00 000 victimes immédiates, sans compter celles des décennies suivantes.
Les archives américaines ont révélé que quatre des plus grandes villes japonaises avaient été retenues comme cibles potentielles et interdites de tout bombardement, afin de pouvoir attribuer à la seule bombe atomique les dégâts observables. Par ordre de "préférence», il s’agissait de Hiroshima, Niigata, Kokura et Nagasaki.
Après les bombardements les USA construisent tout un hôpital, implantent un camp de scientifiques pour examiner les survivants et mener des expériences sur eux, quelques semaines seulement après le bombardement. Mais ne soigneront personne.

URSS
En septembre 1954, l’armée soviétique exposa sciemment des civils et des militaires aux retombées d’une bombe atomique de 20 kilotonnes, explosée à 350 m au-dessus de la ville de Totskoye, dans l’Oural. outre les 45 000 soldats qui furent exposés - quand les généraux décidèrent de leur imposer des exercices militaires sur les terrains encore brûlants de radioactivité -, il y avait aussi des civils : un million de personnes environ, réparties dans un rayon de 160 km autour du site de l’expérience. En effet, Kouibichtchev (aujourd’hui Samara), alors peuplée de 800 000 habitants, se trouve à 130 km à l’ouest du site et Orenbourg, 265 000 habitants, à 160 km à l’est.
Au Kazakhstan un quart du territoire kazakh est occupé par les terrains d’essais et des usines militaires. On y a fait exploser 466 bombes atomiques : 26 au sol, 90 en altitude et 350 sous terre. Lors de l’essai, en 1953, de la première bombe à hydrogène 14 000 personnes furent exposées aux retombées. Une vaste région de ce pays est contaminée. Elle a subi une irradiation d’un niveau comparable à celui de Tchernobyl pendant quarante ans.
Source : http://atomicsarchives.chez.com/cobaye_humains.html

Chine
. Le site d’essais nucléaires chinois de Lob Nor, dans le Xinjiang, est le plus vaste du monde : 100 000 km2, dans le désert du Turkestan oriental, dont environ un cinquième a été irradié. 
Les populations locales se sont plaintes à de nombreuses reprises de maladies inhabituelles : cancers de la thyroïde ou malformations à la naissance. Les estimations du nombre de victimes vont de "quelques décès" selon les autorités, à 200 000 selon les sympathisants de la cause ouïghoure (ethnie majoritaire au Xinjiang). Des tests indépendants, conduits dans quelques villages, ont montré des taux de radioactivité très supérieurs à la limite d’alerte, et 85 000 personnes au moins vivent encore à proximité immédiate des anciennes zones d’essais. Au début des tests, ces riverains n’étaient même pas déplacés. Dans les années 70, on les faisait évacuer quelques jours avant de les faire revenir.
Source : Denis Delbecq et Abel Segretin.

Royaume Uni :
le gouvernement britannique a eu recours à des soldats australiens, anglais et néo zélandais pour les utiliser comme cobayes lors d’essais nucléaires.
Des centaines d’aborigènes ont probablement été contaminés à proximité du site d’essais de Maralinga.

Nicolas Pluet

Ami de René Vautier.

Sources :

http://www.reperes-antiracistes.org/article-dossier-alger...

Ligue Algérienne des Droits de l’Homme. http://www.lematindz.net/news/15070-essais-nucleaires-en-...

http://lavoixdesidibelabbes.info/laven-salarme-des-deces-...

http://ekopol.over-blog.com/2014/08/les-essais-nuclaires-...

http://www.djazairess.com/fr/elwatan/60683

Le jour d’Algérie du 13 février 2007

 

 

12:55 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

12/11/2016

Shadow world, un documentaire de Johan Grimonprez (2016)

 

Le Syndrome des Micro-ondes : dossier scientifique

un article qui ne date pas de maintenant mais justement............

 

L'interaction des CEM (champs électromagnétiques) des HyperFréquences (micro-ondes) avec le métabolisme bioélectromagnétique humain génère le syndrome dit des micro-ondes ou syndrome des HyperFréquences.

 

- Voir la vidéo du Pr Le Ruz en bas de page -

Le syndrome des micro-ondes est caractérisé par des mécanismes et des effets en phase d'alarme et de résistance :

1er cas, la phase d’alarme : Le cerveau soumis à une stimulation ponctuelle de rayonnements électromagnétiques artificiels de type micro-ondes déclenche des réactions spécifiques de l’organisme impliquant des réponses neuronales, neuroendocrines, métaboliques et comportementales.

A - Ces réponses se classent dans le schéma général d’adaptation au stress d’un individu, ceci de manière plus ou moins adaptée.

B - La prise en charge de l’élément stresseur (l’irradiation) se réalise par :

- le Système Nerveux Central (SNC),
- le Système Nerveux Périphérique (SNP),
- le Système Endocrinien (SE).

Ces réponses se divisent en 3 stades :
1 – Réception du stresseur par les organes sensoriels et leurs innervations afférentes.
2 - Programmation de la réaction au stress au niveau du cortex et du Système Limbique (SL) (amygdale, bulbe olfactif, hippocampe, septum, corps mamillaire...). le couple Cortex/SL est un système d'analyse comparative utilisant comme banque de données des "souvenirs" issus d'expériences. Ainsi, le cerveau compare la situation nouvelle à des expériences passées afin d'élaborer une réponse adaptée.
3 - Déclenchement de la réponse de l'organisme via l'amygdale et l'hippocampe qui agissent sur l'hypothalamus et la formation réticulée du tronc cérébral afin d'activer le Système Nerveux Végétatif (SNV) et le SE (glandes surrénales). L’amplitude de l’alarme est régulée par le Système Limbique (SL).

2ème cas, la phase de résistance : Suite à la phase d’alarme, si l’exposition à l’élément stresseur persiste même à faibles doses (ex : irradiation par les antennes relais) ou devient chronique (ex : irradiation d'un utilisateurs en addiction au téléphone mobile qui ne respecte pas l’autorégulation du corps par rapport à l’indice DAS de son mobile), il résulte que l’hypothalamus, etc ... vont analyser ces stress constants et activer la sécrétion des diverses hormones, ...

Malheureusement, en règle générale l’humain soumis exposé à ce type de rayonnements artificiels ne possède pas dans son "répertoire cognitif" de stratégie préétablie pour se défendre efficacement contre ce type d’agression, donc la stimulation hypothalamique entraîne une réponse générale stéréotypée inappropriée à ce type d’agression, ... ce qui souvent en accroît l'impact négatif, ( affaire du collège de Chabeuil, France).

- Concernant le métabolisme de certaines personnes cela va bien "se passer " temporairement pendant une période pouvant atteindre quelques jours à plusieurs décennies, néanmoins leurs capital santé est tout de même rapidement hypothéqué. Des pathologies "habituelles" apparaissants vers le troisième âge, risquent d’apparaître précocement telle que la maladie d ’Alzheimer.
- Concernant le métabolisme de toutes les personnes en états de faiblesses (malades, âgées), foetus, bébés, etc ..., il se produit un épuisement rapide et une dérégulation de tous les systèmes nerveux et endocrinien, donc de l’ensemble du système immunitaire. L’organisme étant "dépassé", l'épuisement est atteint, de plus cet état est un terrain favorable à des sécrétions élevées en glucocorticoïdes qui ont un effet suppresseur sur l'immunité, ...
Ceci va favoriser (être co-promoteur) et déclencher l’apparition d’un certains nombres de pathologies connues, c’est l’aboutissement de ce mécanisme que l’on appelle le syndrome des micro-ondes.

Pathologies courantes résultantes du syndrome des micro-ondes (liste non exhaustive) :

- Syndrome dystonique cardiovasculaire :bradycardie, tachycardie, hyper/hypotension, athérosclérose ...

- Syndrome diencéphalique chronique : somnolence, insomnie, difficultés de concentration, vertiges, troubles sensoriels, pertes de concentration, fatigue chronique.

- Syndrome asthénique chronique : fatigabilité, nausées, céphalées, anorexie, irritabilité, stress, dépression, suicide.

- Pathologies cancéreuses : leucémies, glutathion et mélanome, cancers du sein, ... (dossier InVS)

- Pathologies dermatologiques : irruptions cutanées diverses, dermatites, dermatoses, eczéma, psoriasis ...

- Pathologies dopaminergiques : parkinson, les jambes sans repos, perte de sensibilité des 4 membres, bras serrés au réveil, crampes dans les membres, ...

- Pathologies immunitaires: modification de la formule sanguine (taux élevé de lymphocytes), etc ...

- Symptôme d'hypersensibilité : préalablement attribué à une perturbation psychologique !

- Pathologie pré et post-natale : forte prématurité (souvent avant ou vers l’âge gestationnel), foetopathies "toxiques", fausses couches, retard de croissance, biométriques, modification du génotype, puis modification pubertaires (dont baisse QI associé à l'ouverture de la BHE).

- Pathologie procréative : Diminution drastique du sperme (infertilité)...

- Pathologie hypogonadisme : Hormone testostérone, Diminution drastique de la libido.

- Pathologie cerveau : Tumeurs, Ouverture de la BHE (Barrière Hémato Encéphalique), perturbation de l’électroencéphalogramme, ...

- Pathologies courantes : perturbations auditives, visuelles, saignements de nez, commissures des lèvres blessées, saignements de gencives, fibromyalgie, allergies, asthme, névralgies dentaires, etc ...

- Pathologies psychiques : indifférence, introversion, passivité, résignation, dépression et anorexie mentale, ... suicide, ... et activité cérébrale (contrôle comportemental).

- Troubles du comportement (socio-professionnel) : irritabilité, inconfort, et ... risque d'accident accru, stress, dépression, suicide.

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Explication du Dr Pierre Le Ruz (*) des effets cumulatifs des champs électromagnétiques (CEM) pulsés et des pathologies associées.

 
 

Extrait du reportage - France 3 sur les dangers de la téléphonie mobile : 'Enquête Ouest' du 11/04/2006

(*) Pierre Le Ruz, docteur en physique et en physiologie animale, directeur scientifique du CRIIREM (Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements électromagnétiques), expert accrédité par le Parlement Européen et Consultant du Conseil de l'Europe.

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Article de Next-Up sur les irradiations des ondes électromagnétiques

> Dossier intégral :
http://next-up.org/pdf/LeSyndromedesMicroOndesVersion012007Fr.pdf
 

Schéma réalisé par Next-up (www.next-up.org)
 
 

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Voir également :

- Conférence du Professeur Pierre Le Ruz : Téléphonie mobile et Santé - 24/06/2006 donnée lors de l'assemblé générale de l'Association Belge Teslabel du 24/06/2006.

- Syndrome des Micro-Ondes : Nouveaux aspects d'une Etude espagnole - Oberfeld G. et al. 2004

- Le Syndrome des Micro-ondes : une étude préliminaire en Espagne - Navarro EA et al. 2003
 

Telephonie_mobile_et_Sante.pdf Telephonie mobile et Sante.pdf  (117.1 Ko)

 

Source : Robin des Toits
 
 

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10/11/2016

Rejoignez notre appel pour un nouveau modèle de protection de la nature

 

 

© Survival International

Les peuples autochtones sont illégalement expulsés de leurs terres ancestrales au nom de la protection de la nature. Ils sont souvent arrêtés et brutalisés parce qu’ils pratiquent la chasse de subsistance. Adhérez à ces principes afin que soit adoptée une nouvelle conception de la protection de la nature qui réponde aux exigences des peuples autochtones dans le respect de leurs droits au profit de toute l’humanité.

De nombreuses personnalités et organisations ont déjà apporté leur soutien à notre campagne, dont le philosophe Noam Chomsky, le journaliste Georges Monbiot, l’écrivain Tony Juniper, l’ONG Greenpeace ainsi que de nombreux leaders autochtones dont le chamane et porte-parole yanomami Davi Kopenawa.

Vous aussi, ajoutez votre voix en signant cette déclaration pour une nouvelle approche de la protection de la nature dont les peuples autochtones seraient les principaux acteurs.

Signatures: Aidez-nous à obtenir 20.000 signatures !

Manifestez votre soutien à ces quelques principes en signant cette déclaration:

  • Les peuples autochtones sont généralement les meilleurs défenseurs de l’environnement; ils ont su gérer durablement leurs terres depuis de nombreuses générations.

  • Expulser de force les peuples autochtones de leurs territoires se traduit dans la plupart des cas par de graves dommages écologiques.

  • Ces expulsions constituent de flagrantes violations des droits de l’homme auxquelles les défenseurs de l’environnement devraient s’opposer.

  • Le moyen le plus efficace de conserver les zones riches en biodiversité est de respecter les droits des peuples autochtones.

  • L’humanité ne peut plus se permettre de privilégier un modèle de protection de la nature qui exclut les peuples autochtones car une telle approche porte aussi bien atteinte à la diversité humaine qu’à l’environnement.

 
 
 

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Les safaris-chasse de Benjamin de Rothschild impliqués dans des abus contre les « Pygmées »

 

"Peter Flack, un administrateur du WWF, pose avec un éléphant de forêt mort."
"Peter Flack, un administrateur du WWF, pose avec un éléphant de forêt mort."

© Peter Flack

Survival International a découvert qu’une opération de safaris de chasse à l’éléphant, conjointement détenue par le milliardaire français Benjamin de Rothschild, a été impliquée dans la violation des droits de « Pygmées » baka locaux et de leurs voisins. Parmi ces violations figurent des expulsions illégales et des tortures.

L’opération est basée au Cameroun, dans deux « aires protégées » louées par Benjamin de Rothschild. Elle offre aux touristes la possibilité d’abattre, contre la somme de 55.000 euros, un éléphant de forêt.

Afin de créer cette opération de chasse aux trophées, les Baka ont été expulsés de leur territoire ancestral — ce qui est contraire au droit international. Des soldats, policiers et gardes armés patrouillent le territoire; les Baka ont maintenant été informés que les patrouilleurs tireraient à vue si les Baka pénétraient sur le territoire pour chasser afin de nourrir leurs familles, ramasser des plantes ou se rendre sur des sites sacrés.

Les Baka signalent que, rien que l’an dernier, trois de leurs campements en forêt ont été incendiés par des gardes forestiers et des employés du safari. Des hommes baka qui chassaient dans la forêt ont été frappés par la police locale, des soldats et des gardes forestiers.

 

Un Baka a raconté : « Ils m’ont dit de porter mon père sur le dos. J’ai commencé à marcher, [le garde] m’a frappé, il a frappé mon père. Pendant trois heures, on m’a frappé à chaque fois que je criais, jusqu’à ce que je tombe évanoui avec mon père. »

Un autre Baka a déclaré : « Quand le safari nous trouve ici, ils brûlent les campements, même les habits aussi, ils nous tapent, ils nous cherchent, ils mettent les chiens derrière toi, les armes derrière toi. »

Un troisième Baka a dit : « Le safari a dit que s’ils voyaient qui que ce soit [dans la forêt], les balles siffleraient. Maintenant, ceux qui ont de la famille là-bas sont allés les chercher. Comment on va vivre à présent? »

Survival a contacté M. de Rothschild pour l’informer que de graves violations des droits de l’homme commises pour le maintien de l’opération de chasse aux trophées avaient été signalées. Aucune réponse n’a été reçue à ce jour.

"Les Baka utilisent la forêt tropicale camerounaise pour leur nourriture, leurs remèdes et leurs rites religieux. Désormais, on les en exclue par la force."
"Les Baka utilisent la forêt tropicale camerounaise pour leur nourriture, leurs remèdes et leurs rites religieux. Désormais, on les en exclue par la force."

© Selcen Kucukustel/Atlas

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) est très actif au Cameroun où les « aires protégées » permettant la chasse aux trophées font partie de l’un de ses « paysages écologiques » clefs. Le WWF doit encore commenter ces allégations ou annoncer s’il compte prendre des mesures.

Un agent de réservation a déclaré à Survival : « Tous nos somptueux campements en forêt sont des constructions solides entièrement équipées — des chalets privatifs climatisés, avec salle de bain complète et dressing. De délicieux repas gastronomiques sont servis accompagnés de grands crus et d’autres boissons européennes de grande qualité. (…) Notre campement le plus récent possède une grande piscine protégée. »

A travers la région, les « Pygmées » baka et leurs voisins sont expulsés de leurs terres ancestrales et risquent d’être arrêtés, battus, torturés, et même tués, tandis que la chasse aux trophées est encouragée. L’administrateur du WWF Peter Flack a également chassé l’éléphant dans la région.

Violations des droits de l’homme et chasse aux trophées au CamerounUne opération de safaris de chasse à l’éléphant, conjointement détenue par le milliardaire français Benjamin de Rothschild, a été impliquée dans des violations des droits de « Pygmées » baka locaux et de leurs voisins. Parmi ces violations figurent des expulsions illégales et des tortures.

Cliquez ici pour en savoir plus et agir

Il ne s’agit pas d’un incident isolé. A travers le continent africain, les peuples autochtones sont accusés de « braconnage » parce qu’ils chassent pour nourrir leurs familles. Ils risquent d’être arrêtés, battus, torturés, et même tués, tandis que les amateurs de trophées de chasse sont encouragés. Survival mène la lutte contre ces abus.

 

Le directeur de Survival, Stephen Corry, a déclaré : « A travers l’Afrique, de riches amateurs de trophées de chasse sont accueillis dans les zones mêmes où des chasseurs autochtones sont illégalement expulsés de leurs terres ancestrales et brutalisés lorsqu’ils chassent pour nourrir leurs familles. Cela doit prendre fin. La protection de la nature dans le bassin du Congo est une spoliation des terres et une poursuite du colonialisme. Elle provoque de fréquentes et atroces violations des droits de l’homme, y compris des exécutions sommaires. Pourquoi si peu de personnes s’expriment sur le sujet? Survival mène la lutte contre ces abus. Les défenseurs de l’environnement doivent, comme n’importe qui est censé le faire, respecter les droits de l’homme.

Note aux rédactions : « Pygmées » est un terme couramment employé pour faire référence aux peuples chasseurs-cueilleurs du bassin du Congo et d’Afrique centrale. Ce terme a acquis une connotation péjorative et certains peuples autochtones évitent de l’utiliser. Cependant il est considéré par certains groupes comme un facteur d’identité. En savoir plus

 

Source :  http://www.survivalfrance.org/actu/11491

 

 

 

 

 

09/11/2016

Mike Luckovich - décembre 2014

Mike Luckovich décembre 2014.jpg

C'est lequel qui gagne ?

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05/11/2016

L'urgence de ralentir, un documezntaire de Philippe Borrel (2014)

 

Actuellement visible sur Arte +7

http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000-A/l-urgence-de-ral...

 

à voir absolument !

 

 

 

 

04/11/2016

Love is All You Need

 

Merci à Voix Dissonantes pour la découverte :

http://jlmi.hautetfort.com/

 

 

Festival Permanent des Mots

 

b0188f_76b37d0898374fd19bb7f979877e2b30.jpgMerci à Jean-Claude Goiri et au FPM d'accueillir deux de mes poèmes extraits Des volcans sur la lune (à paraître un jour), à découvrir ici :

 

http://www.fepemos.com/cathygarcia

 

 

 

4.1 miles, un documentaire sur le passage des migrants à l’île de Lesvos

 

 

 

31/10/2016

Lichen, le numéro 8

 

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Éditorial

Philippe Azar : « Skin diamond »

Sindie Barns : cinq haïkus

Patrick Boutin : « Ombre au tableau » et « #gray »

Caroline Cranskens :« La dépouille »

Éric Cuissard : « Innocence »,« Signe » et « Complicité »

Colette Daviles-Estinès : cinq poèmes

Carine-Laure Desguin : trois textes

Michel Diaz : trois poèmes en prose

MokhtarEl Amraoui : trois poèmes

Cathy Garcia : « Bon anniversaire, Papa ! »

Hoda Hili : « Nasses » (six poèmes très courts)

François Jégou : deux haïkus et des fragments poétiques

Fabrice Lacroix : deux poèmes

Géry Lamarre : « Jardin » (cinq haïkus)

Cédric Landri : deux poèmes

Marceline-Julienne : trois autres extraits de L’Odyssée des Conques

Stève Michelin : trois poèmes extraits de « Sur les chemins d’Emmaüs »

Ana Minski : « Le sillage des grues », un poème et un dessin

Marie Natanson : « Ruines »

Lukaz Nedeleg : deux poèmes

Charles Orlac : cinq poèmes sans titre

Éric Pouyet : « Juste la lumière » (photographie) Fereshteh Sari (poétesse iranienne) : « La solitude » (poème traduit par Babak Sadeq Khandjani)

SCZ : deux poëmes-collages extraits de la suite inédite « Minuit »

Clément G. Second : un poème sans titre

Florence Vandercoilden : trois poèmes extraits de Dans mon érographie (inédit)

Sabine Venaruzzo : « Et maintenant j’attends »

Choses vues : Le festival du livre de Mouans-Sartoux ; les éditions Tipaza ; lecture de Colette Daviles-Estinès à La Briqueterie à Nice.

Note de lecture : Cahiers de la Kolymaet autres poèmes de Varlam Chalamov

Guillemet de Parantez : le don de mots

 

 

 

Le fils de mille hommes de Valter Hugo Māe

 

trad. portugais Danielle Schramm

éd. Métailié, septembre 2016

 

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192 p. 18 €

 

Déjà remarqué pour L’Apocalypse des travailleurs, son premier roman pour lequel il avait reçu le prix Saramago, Valter Hugo Māe revient ici avec un roman prenant, qui nous plonge sans ménagement dans les noirceurs de l’âme humaine ; mais pas les spectaculaires, non, plutôt les noirceurs banales, quotidiennes, les petites et grandes lâchetés, la bêtise commune, qui peuvent provoquer tout autant de malheur et de désespoir autour d’elles. Ce qui surprend, c’est que s’il nous conduit là où meurt tout espoir, c’est pour nous hisser jusqu’à la lumière, nous montrant ce que l’humain peut aussi avoir de plus beau et qui est d’une telle simplicité qu’on se demande vraiment pourquoi cela reste tellement hors de notre portée.

C’est vraiment un grand écart qui est réalisé ici, et Le fils de mille hommes devient une sorte de roman-médecine. Après avoir posé les bases, Valter Hugo Māe nous raconte plusieurs histoires où on découvre les origines, le vécu douloureux, difficile et même sordide des différents protagonistes, puis un fil va venir ensuite coudre ensemble toutes ces histoires. Ce fil passe par Crisóstomo, un petit pêcheur de 40 ans, un homme bon mais désespérément seul. Or, c’est cet immense désir de l’autre, soutenu par la générosité qu’il a en lui, qui va permettre de réunir en une grande famille hétéroclite une bonne partie des personnages malmenés et estropiés de ce roman. Il serait dommage de trop en dire, mais l’essentiel tient en un mot : l’amour. L’amour qui surpasse tout, transforme tout, panse les plaies, rend beau ce qui était laid, dissout les préjugés.

Aussi le roman sombre et impitoyablement réaliste, par cette magie de l’amour, va se transformer contre toute attente en conte, non pas de fées, mais d’humanité et ça fait vraiment du bien.

L’humain, on le sait, est capable du pire, et plus la situation est mauvaise, miséreuse, plus on souffre du mépris, de la haine et de ceux qui profitent de notre faiblesse. Le roman prend place quelque part en bord d’océan au Portugal, mais cela pourrait être ailleurs, ce qui est raconté ici a une portée universelle. Les personnages dont il est question ne vivent pas dans le même monde que les surfeurs, c’est une communauté rurale, pas très éduquée, superstitieuse, vivant sous l’ombre d’un Dieu avare en miracles : des paysans, des pêcheurs, des ouvriers, des servantes, des honnêtes gens comme on dit, pas toujours très honnêtes, surtout les hommes, voire capables du pire, fondamentalement intolérants à toute différence. Alors, peu importe le lieu finalement, car les paysages principaux ici sont humains et les paysages humains peuvent être d’une laideur et d’une violence inouïes. Puis, il y a ceux qui, malchanceux, semblent devoir être d’éternelles victimes.

Comme la naine dont on ne saura jamais le nom, la mère de Camilo morte en accouchant. Camilo qui ne saura jamais rien d’elle, ni de ses quinze pères potentiels. Comme Isaura, pauvre fille crédule déshonorée à seize ans et qui demeure avec sa mère qui sombre peu à peu dans la folie, tandis que le père demeure mutique et impuissant, comme il l’a toujours été. Le qu’en-dira-t-on étant la plus haute valeur de référence, bien plus que l’amour et la bienveillance. Antonino, le fils de Matilde qui n’a jamais eu le courage de le tuer, de lui arracher la tête ou de le pendre à une branche avec un bâton dans le cul pour que tout le monde le voie, mais seule contre tous, pas le courage non plus de l’aimer suffisamment pour ne pas être dévorée de honte. Que ces deux-là, la pauvre et laide Isaura et l’ignominieux Antonino, finissent mal mariés et l’apparence est à peu près sauve, la haine retourne couver ses œufs, calmée pour un temps. Même la charité ici cache mal la bêtise des gens, cette banale méchanceté larvée, dont Valter Hugo Mãe trace un portrait sans concession.

Aussi quel bonheur, quand celles et ceux qui en ont tant souffert trouvent enfin sur leur route, qui semblait n’être à jamais qu’une impasse, un havre de paix et d’amour et que les justes gagnent. Des justes, il en suffit d’un parfois, le cœur, les mains et la porte grandes ouvertes, et le monde petit à petit se répare, devient meilleur, et de cette terre bien travaillée, bien nourrie, naissent des graines de bonheur et de justice. Et c’est ainsi qu’une pauvre maison de modeste pêcheur trop seul, devient un palais pour famille nombreuse, et tous les orphelins, grands ou petits, tous les enfants abandonnés, peuvent y prendre racine et devenir à leur tour des justes qui changent le monde.

« Camilo n’était plus seulement un jeune garçon. Il devenait à ce moment-là un homme avec le courage qu’il fallait pour aimer quelqu’un. Son courage s’était développé, il avait appris la beauté, il avait aussi changé le monde ».

C’est donc un roman vraiment salutaire et qui n’a, n’en déplaise aux cyniques, rien de naïf, de simplet, bien au contraire, c’est avec une grande intelligence et dans une langue belle, riche, nourricière, qu’il met à l’honneur la sensibilité, la tolérance, la bienveillance, la simplicité, l’attention à l’autre, le sens de l’accueil et de l’hospitalité, cette faculté de voir la beauté chez l’autre, ce qui est important, essentiel, commun à tous les êtres : le besoin d’amour, le besoin d’aimer et d’être aimé.

Cela semble une évidence ? Valter Hugo Mãe nous invite, l’air de rien, à regarder en nous et autour de nous.

 

Cathy Garcia

 

 

valterhugomae.jpgValter Hugo Mãe est né en Angola en 1971 et vit actuellement au Portugal. Poète, musicien et performer, il écrit également des critiques artistiques et littéraires pour plusieurs magazines portugais. En 2007, il a reçu le prix Saramago pour son premier roman et, en 2012, le prix Portugal Telecom.

 

 

 

 

Note publiée sur le site de La Cause Littéraire

 

28/10/2016

Le petit guide des préjugés sur les migrants et le petit guide pour comprendre les migrations internationales 2016

En des temps où la stupidité le dispute à l'odieux, deux guides à faire circuler, sachant qu'une des plaies de l'humanité c'est l'ignorance satisfaite d'elle-même :

 

La_Cimade_Petit_Guide_Prejuges_2016.pdf

 

La_Cimade_Petit_Guide_Migrations_2016.pdf

 

ou à télécharger sur le site de la Cimade :

 

http://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2016/10/La_Cim...

 

http://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2016/10/La_Cim...

 

il y a celui-là aussi pour mieux comprendre et accompagner les victimes de la traite des humains :  http://www.lacimade.org/.../2016/10/La_Cimade_Traite.pdf

 

 

 

 

 

11:47 Publié dans AGIR | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2016

Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme par Barthélémy Schwartz

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Libertalia

350 pages – 18€

ISBN : 9782918059882

 

Ce volume comprend une anthologie

de poèmes et un cahier iconographique en couleur

 

En librairie depuis le 20 octobre 2016

* * *

« Qu’est-ce que le surréalisme ? C’est la beauté de Benjamin Péret écoutant prononcer les mots de famille, de religion et de patrie. » (André Breton)

De Dada au surréalisme, Benjamin Péret (1899-1959) est l’un des principaux acteurs des mouvements d’avant-garde qui ont secoué la poésie et l’art moderne au XXe siècle. C’est aussi l’un des moins connus du public. Peu de rééditions, de très rares monographies. Le sort s’est acharné contre ce grand poète dont le rôle et l’importance ont généralement été minimisés par les historiens du surréalisme.

Son engagement dans les mouvements révolutionnaires de son temps, notamment pendant la révolution espagnole aux côtés du POUM et des anarchistes, n’est peut-être pas étranger à cette occultation. Sur sa tombe, au cimetière des Batignolles, ses amis ont fait inscrire une épitaphe qui résume sa vie de révolté permanent : « Je ne mange pas de ce pain-là. »

Cette biographie (suivie d’une petite anthologie et d’un cahier iconographiques en couleur) replace la trajectoire de Benjamin Péret dans les enjeux utopiques du surréalisme, un mouvement qui voulait à la fois « transformer le monde » (Marx) et « changer la vie » (Rimbaud).

 

L’auteur :

Barthélémy Schwartz est né à Paris en 1963. Coanimateur de la revue de bande dessinée Dorénavant (1986-1989), du collectif Ab irato (en 1992), puis de la revue de critique sociale Oiseau-tempête (1997-2006), il a publié Le Rêveur captif (L’Apocalypse en 2012).

 

Mots-clés

Altérité – amitié – amour – anthropophagie – automatisme – Dada – Brésil – Colère – Communisme – conte – dèche – dissidence – Espagne – exil – expérience – expulsion – groupe – guerre – hasard – héritage – humour – inculpation – indien – insolence – Internationale – invectives – marge – marginalité – marxisme – maudit – Mexique – mythe – Poésie – Politique – populaire – prison – rage – rêve – révolte – révolution – rire – scandale – sommeil – subversion – surréalisme – utopie

 

 

 

www.editionslibertalia.com/

L'extraordinaire au quotidien par Sarah Roubato

Qu’est-ce que « L’extraordinaire au quotidien? »

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Au coin de la rue, il y a des gens qui cultivent l’extraordinaire au quotidien. Hors système, hors norme, ils mènent leur révolution. La nôtre aussi. Celle de demain. Ils ont accepté de me donner quelques heures, quelques jours de leur vie, dans un lieu qui leur parle. Pour ces gens démesurés, il fallait autre chose que des questions réponses et un récit biographie. Un portrait avec des ruptures, des diagonales, et des changements de perspective. 


Encore des portraits ? 

Et si le principal mal de la France était la représentation que les Français ont de leur société ? Quand on bourlingue hors des grands axes et hors des grands médias, on rencontre des gens extraordinaires et on se demande pourquoi personne n’en parle. Il était temps de poser un autre regard sur une France que l’on dit trop vite condamnée et pessimiste, en donnant la parole à des gens qui ont décidé de pratiquer autrement leur métier, ou tout simplement leur vie, là où ils sont et à leur échelle.

Un paysan qui travaille sans tracteur, uniquement par traction animale, un ancien champion du monde de boxe qui allie boxe et soutien scolaire pour les enfants de banlieue, une sculpteure qui part trois mois sur un paquebot pour sculpter des marins, des détenus en prison, des enfants en instituts psychiatriques, des religieuses dans un couvent. Un auteur compositeur interprète qui chante dans des lavomatics, dans des stations service, et qui écrit des chansons sur mesure pour les gens. Un boulanger qui fut chimiste et marin, et ne travaille qu’avec des blés anciens. Un homme qui travaille au Samu Social et fabrique des automates valant des milliers d’euros, refuse de travailler avec JP Gauthier, efface les œuvres qu’il peint sur les murs de son appartement chauffé au pétrole en plein Paris.

Ces inspirateurs impriment un geste à leur vie qui  résonne en chacun de nous. Avec eux, on parle de transmission, de la féminité, d’éducation, du regard qu’on pose sur soi, de résistance. Finalement, peu importe qu’on s’intéresse ou non à la boxe, à la sculpture ou aux chevaux. Ces personnes, essaimées dans toute la France, de toutes générations, exerçant dans des milieux très différents, nous montrent qu’il est toujours possible de faire un pas de côté pour s’inventer une autre manière de vivre.

Comment ça se passe ? 

De bouche à oreille, des errances de la route à celles d’internet, j’atterris un beau matin chez quelqu’un que je ne connais pas. J’y reste quelque jours, le temps d’installer une confiance, un véritable échange, pour tirer autre chose que des récits de vie ou des informations. Je vis à son rythme. Je la laisse me parler de ce qu’elle veut, où elle veut. Pas d’interviews, seulement des conversations informelles où, finalement, c’est l’essentiel qui ressort.

Ça donne quoi ? 

Des portraits d’une vingtaine de minutes croisant la voix de la personne interrogée pendant ses activités, ma narration, et son choix de musiques. C’est le récit d’une rencontre, d’un véritable échange. Je déplie ce que ses paroles m’inspirent.

Comment les écouter ? 

Ces portraits sont réalisés et produits de façon totalement indépendante, sans aucune source de financement. Les dépenses incluent le matériel audio (1000 euros), les déplacements, et le temps de montage (3 semaines à temps plein par épisode). Dans un contexte où les médias se réinventent, les créateurs ne peuvent que faire appel aux auditeurs.

C’est pourquoi ces portraits sont en vente. Oui je sais, il n’est pas commun de payer pour écouter un podcast. Mais nous payons bien pour acheter une musique ou un film, pour ouvrir notre fichier à l’imprimerie, pour nous sécher les cheveux chez le coiffeur ou pour un sac plastique à l’épicerie. Le monde change. Ce qu’on ne payait pas hier, nous le payons aujourd’hui. D’autres choses qu’on payait hier sont accès gratuit aujourd’hui. À vous de décider ce que vous voulez payer pour ces créations sonores, car la bonne nouvelle, c’est que c’est vous qui fixez le prix, en sélectionnant un montant dans le bouton Paypal. Pour chaque portrait, un extrait est en écoute libre.

Les soirées d’écoute collective

Aujourd’hui, on se réunit pour regarder un film ou aller voir un concert. L’expérience de l’écoute, du podcast ou de la musique, reste individuelle. Il est loin le temps où on se réunissait chez le voisin autour du poste de radio.

Pourtant beaucoup d’entre nous souhaitent retrouver du collectif et du partage, s’éloigner du matraquage de l’image et de l’information. Alors pourquoi ne pas se réunir, dans votre salon, dans une cave, dans un café, pour écouter collectivement ces portraits et en parler ? Si vous souhaitez organiser une soirée, rendez-vous sur la page contact.

 

Sarah Roubato

 

voir aussi :  http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2016/02/08/le...

 

 

 

18/10/2016

Dans le Lot, les clowns cultivent le bonheur communal brut

 

13 octobre 2016 / Lorène Lavocat (Reporterre)



Fabriquer du lien, voilà l’essence de ce projet bien drôle : des clowns sont employés « municipô » pour le bien-être des habitants et la croissance du bonheur communal brut. Ces fonctionnaires très particuliers préparent leur relève, il y a tant de territoires à satisfaire !

- Castelnau-Montratier (Lot), reportage

Uniforme orange fluo, képi assorti et balai vert, Gernard a tout d’un employé municipal. À première vue seulement. Car il y a un hic, comme le nez au milieu de la figure. Ce nez, justement, il est rouge. Gernard est clown « municipô ». « Je suis au service de la population, j’assure les missions que l’on me confie », explique-t-il sérieusement. Ce vendredi matin, il participe avec sa collègue Pétale à la collecte des ordures ménagères de Castelnau-Montratier. Les éboueurs accueillent avec amusement ces nouveaux venus turbulents qui balaient les poubelles avant de les vider, s’accrochent en chantant au camion-benne, jouent au basket avec les ordures.

Puis, direction l’hôtel de ville, où nos deux compères se jettent aux pieds du maire. « Qu’est-ce qu’on doit faire aujourd’hui chef ? », interroge Pétale. Tout sourire, l’édile ne semble pas étonné par tant de déférence : « Ils viennent me voir tous les jours, il paraît que je suis leur chef suprême ! » Nouvelle mission donc : nettoyer la statue de la Vierge, haute de plus de six mètres, sur la place du village. « C’est pas parce qu’elle est immaculée qu’elle n’est pas sale », commente Gernard, en se hissant tant bien que mal sur le socle.

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Gernard et Pétale en train de nettoyer la statue de la Vierge.

Depuis l’Office du tourisme, Amélie les observe, les yeux rieurs : « Ça fait plaisir de les voir tous les jours, ça met de la bonne humeur. » À ses côtés, Amédée, nez rouge assorti à son maquillage, prépare une visite guidée « décalée » du village : « Je vais être druide touristique pour la journée de Patrick Moine », précise-t-elle.

« Notre but n’est pas de bien faire la mission, mais d’apporter de la joie, de la bonne humeur » 

Depuis deux semaines, Amédée, Pétale, Gernard, Rhoe et Striknine sillonnent le territoire tout d’orange vêtus. Encadrés par deux « chefs clowns », Crestin et Haspyrine, ils vont à la rencontre des habitants à travers des « missions de service de proximité ». Certaines de ces tâches sont totalement absurdes : promener un poisson rouge, remplir les corbeilles du collège avec des papiers. D’autres pourraient être utiles… si elles n’étaient pas faites par des clowns ! Ainsi, quand Pétale et Gernard nettoient les panneaux de signalisation armés d’un plumeau et d’une éponge, ils passent plus de temps à effectuer des acrobaties extravagantes qu’à astiquer les saletés.

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Le nettoyage de panneaux occasionne des portés acrobatiques inédits.

« On n’est pas complètement inutile, estime Gernard. Par contre, notre but n’est pas de bien faire la mission, mais d’apporter de la joie, de la bonne humeur. C’est un service public décalé, pour le bien-être mental des habitants. » Amélie acquiesce : « Les clowns nous disent de belles choses. L’autre jour, une personne se plaignait d’avoir des idées noires, Amédée lui a répondu d’y ajouter des idées blanches ! Ils ont toujours réponse à tout, mais de manière poétique. »

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Amédée et Crestin répètent « l’hymne du clown municipô ».

« Notre rôle comme clown, c’est de participer à la croissance du bonheur communal brut », résume Francis Farizon, alias Crestin Frigo. De retour à la « caserne », un gîte rural en vieilles pierres à quelques kilomètres de Castelnau, chacun quitte son costume, et goûte un peu de repos. Nos « employés municipaux » sont en effet de service de 9 h à 17 h, et restent joignables tous les jours de la semaine sur leur « portatif » . Le soir et le week-end, ils participent en tant qu’habitants aux différentes activités. Après des cours de country, Striknine vient ainsi de disputer un match de tennis épique contre le champion du village. « Nous sommes des caméléons, observe Myriam Petiot, alias Haspyrine Potin. Quand je joue, j’observe, j’écoute, je fais l’éponge. En connaissant l’histoire des gens, je peux créer du lien, comme une toile d’araignée entre eux. »

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Pétale et Gernard sont allés prêter main-forte aux éboueurs.

Francis Farizon convoque quant à lui l’image de l’idiot du village, celui à qui tout le monde parle, et qui parle à tout le monde. « Autrefois, il était un vecteur de lien social. Aujourd’hui que les fous sont enfermés, les clowns peuvent jouer ce rôle de relais, de maillon. » Par sa simple présence, le clown municipô crée la conversation, alimente les commérages, tisse des relations. « En une semaine, ils connaissent plus de monde dans la commune que nous qui habitons ici depuis toujours ! » m’a ainsi avoué une habitante.

 « Leur présence apporte une nouvelle énergie, un autre regard »

Fabriquer du lien, c’est l’essence même du projet lancé en 2008 par Francis Farizon et Myriam Petiot, de la Compagnie La manivelle. À l’origine, une provocation sous forme de question : un clown peut-il être municipal ? Autrement dit, peut-on considérer l’art, le spectacle, comme un service public ? « Pour moi, le clown a une fonction sociale, au-delà de l’œuvre. Ou plutôt, notre œuvre est au service de la communauté et de la fabrique du lien social. » Afin de revendiquer l’apparente inutilité de leur travail, les deux comédiens ont choisi d’être municipÔ (et non pas municipal), et proposent leur idée aux collectivités locales. Le département de l’Aveyron a été séduit par le concept et a soutenu une première résidence d’artiste à Réquista.

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Le groupe des clowns subalternes.

Depuis, Crestin et Haspyrine ont sévi dans des communes ou des quartiers au cours de quatre résidences de trois semaines à un mois. Pendant leur séjour, ils officient auprès des habitants, mais créent aussi un spectacle, nommé « rapport de mission », et réalisent des films avec l’aide de Joshua Imeson et Pascal Messaoudi, réalisateur et preneur de sons.

« Dans nos restitutions, nous racontons la vie des gens, du village, mais seulement ce qu’il y a de beau, insiste Francis Farizon. Aujourd’hui, l’accent est énormément mis sur le drame, le négatif. Nous, on souhaite pointer ce qu’il y a de positif, à encourager : notre fonction est de véhiculer de l’amour. » Un avis partagé par Amélie, rencontrée plus tôt à l’Office du tourisme de Castelnau-Montratier : « Leur présence apporte une nouvelle énergie, un autre regard. Elle permet d’éveiller les consciences dans un petit village en milieu rural, de voir des choses dont on n’a pas l’habitude. »

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L’une des missions principales du clown, c’est de baliser avec des rubans les déjections canines.

Car le clown surgit dans le quotidien des habitants tel un étranger : il est l’incarnation de l’altérité et questionne la peur de l’inconnu. « Mais malgré cette différence, chacun peut l’aimer, communique avec lui », observe Francis Farizon. Il se rappelle ces néoruraux venus les remercier de leur travail « qui permet d’éduquer la population à accueillir des nouveaux ». À la campagne ou en ville, le clown touche tout le monde, au-delà des générations ou de la classe sociale. En 2015, après trois semaines dans la cité de la Fontaine-du-Bac, à Clermont-Ferrand, Crestin et Haspyrine faisaient partie de la communauté.

« Ici, hors de la saison estivale, il ne se passe quasiment rien » 

Bien sûr, l’arrivée d’énergumènes à nez rouge se revendiquant fonctionnaires ne passe pas toujours bien auprès de la population. « Gaspillage d’argent public », « dépense inutile »… ces réflexions, Frédéric Plicque les a souvent entendues. Coordinateur de l’association Lézards de la rue, il a organisé le séjour des clowns municipôs sur la communauté de communes du Quercy blanc (Lot), en 2014, puis en 2016. « Beaucoup d’élus et d’habitants ne comprenaient pas l’intérêt, se rappelle-t-il. Pour eux, l’urgence est de construire des routes et de maintenir des écoles. »

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Gernard pique un somme en attendant les visiteurs à l’Office du tourisme.

Pourtant, les comédiens ne coûtent rien aux contribuables locaux : leur venue est financée à hauteur de 15.000 € par la direction régionale de l’action culturelle (Drac) de Midi-Pyrénées (désormais Occitanie), via un dispositif original : la résidence de territoire. « Pendant deux mois, des artistes sont payés pour aller vivre sur un territoire, créer du lien, apporter de l’animation dans des zones rurales où il y a très peu de structures culturelles. Ici, hors de la saison estivale, il ne se passe quasiment rien », explique Frédéric Plicque.

Avec leurs messages poétiques et leurs missions décalées, les clowns municipôs sont donc une sorte de spectacle vivant et quotidien pendant plusieurs semaines. À Castelnau-Montartier, où ils sont déjà venus en 2014, tout le monde semble les apprécier, jusqu’à Mme Sanchez, grand-mère nonagénaire qui sort très peu de chez elle : « Ça fait de l’animation », sourit-elle sur le pas de sa porte.

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Pétale et Gernard sont allés rendre visite à Mme Sanchez, pour nettoyer les mégots devant chez elle. Le nettoyage vire à la chasse au trésor.

Mais le travail de clown municipô est usant. Aujourd’hui, Francis Farizon et Myriam Petiot se sentent un peu fatigués. Alors, pour assurer la transmission et essaimer leur « bébé », nos deux comédiens se sont lancés dans la formation. Amédée, Pétale, Gernard, Rhoe et Striknine constituent leur première promotion. Après trois semaines dans les communes du Quercy blanc, ils sont prêts à prendre l’uniforme à leur tour. « La relève est assurée, et ça, ça rassure ! » conclut Myriam Petiot.

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Les clowns en formation doivent aussi maîtriser l’art du clown : ici, le lancer de tarte à la crème.

 

 

11/10/2016

Aux bitterois et bitteroises

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