Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/06/2008

Ressources humaines

aff_ressources.jpg

Film de Laurent cantet - 1999 - 1 h 30 mn

Écrit et tourné avec des amateurs (chômeurs, cadres et syndicalistes), filmé dans unez usine en activité, Ressources humaines pose une question centrale : comment trouver sa place dans un monde du travail en pleine recomposition ?
Tout frais émoulu d'une grande école de commerce, un fils d'ouvrier revient effectuer son stage de fin d'études dans le service des Ressources Humaines de l'usine où travaille son père. Il y est chargé de réfléchir à l'application de la réduction du temps de travail à trente-cinq heures hebdomadaires. Mettant à profit ses connaissances, il s'attelle à la tâche avec le plus grand soin de l'intérêt général. Jusqu'au jour où il apprend que son père pourrait être une des victimes d'un nouveau plan social.

Le Bien Commun

aff_biencommun.jpg

L'assaut final
Documentaire de Caroline Poliquin - 2002 - 52 mn

Dieu a créé le monde en sept jours. Aujourd’hui, l’homme d’affaires tout-puissant veut le vendre en sept jours afin de proclamer le Marché Total.
Ce documentaire est une enquête rigoureuse sur l’érosion de la notion de bien commun dans un contexte économique qui voit l’augmentation des privatisations et la généralisation des brevets et droits d’exploitation. Que ce soit au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, en France, au Brésil ou en Inde, les biens les plus essentiels à la vie sont devenus de simples marchandises : L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles, plus rien aujourd’hui ne semble pouvoir échapper au destin de marchandise, et demain, ces biens communs ne seront-ils donc accessibles qu’aux plus offrants ?

Zoos humains

aff_zoos.jpg

Documentaire de Pascal Blanchard et Éric Deroo - 2004 - 52 mn

Les zoos humains, symboles inavouables de l'époque coloniale et du passage du XIXe au XXe siècle, ont été totalement refoulés de notre histoire et de la mémoire collective. Ils ont pourtant existé, et c'est par dizaines de millions (400 millions selon les estimations les plus basses) que les Européens et les Américains sont venus découvrir, pour la première fois, le "sauvage"... dans des zoos, des foires, des expositions officielles, des exhibitions ethnographiques et coloniales ou sur la scène des cabarets.
L'Occident a inventé le sauvage. Beaucoup plus, l'Europe et l'Amérique l'ont exhibé, l'ont montré, dans des zoos, des expositions ou des scènes de music-hall pour convaincre les populations blanches de leur évidente et définitive supériorité sur le monde. Telle est l'histoire des zoos Humains. la télé réalité aujourd'hui n'est pas autre chose. Et, le succès est au rendez-vous. Sachant jouer de cette demande voyeuriste, les impresarios d'hier et les producteurs d'aujourd'hui livrent en pâture des corps. Hier pour fabriquer de la race, aujourd'hui des modèles.
Une histoire inavouable ? Le documentaire se présente comme un voyage, comme une enquête autour des derniers vestiges d'une histoire que l'on a préféré oublier. Comme si, en rendant le corps, les restes de la Vénus Hottentote à l'Afrique du Sud en 2002, la France avait tourné définitivement cette page honteuse. Les pressions, interdictions de tournage et autres événements tout au long de la réalisation du film montrent bien la difficulté à regarder en face cette histoire.

La loi de la jungle

aff_jungle.jpg

Chronique d'une zone de non droit : la Guyane française
Documentaire de Philippe lafaix - 2003 - 52 mn

Prix du documentaire Festival international du film de l'environnement - Paris. Prix du meilleur film pour les droits de l'homme CinéEco - Portugal, alors pourquoi cet excellent documentaire n'a été retenu par aucune grande chaîne ? sans doute parce qu'il a été mis "sur liste noire" comme le dit L'Humanité, sans doute qu'il dérange.
Des frontières passoires dans une forêt équatoriale incontrôlable.
Une ruée vers l'or qui dégénère en Far-west tropical.
Des ressortissants brésiliens réduits en esclavage sur des sites d'orpaillage clandestins.
Les témoignages exclusifs de quatre survivants atrocement torturés.
Le premier procès en France depuis la guerre 39-45 pour tortures et actes de barbarie attribué à une organisation.
Des forêts et fleuves partout éventrés. Une contamination massive par le mercure (12 tonnes par an!) de toute la région (le pays des mille fleuves!) qui décime les guyanais dont les derniers amérindiens français.
Et tout cela se passe dans le plus grand département Français : la Guyane française!
Un documentaire d'une force exceptionnelle, un constat lucide et un véritable pavé dans la mare.

 

Les Glaneurs et la Glaneuse

aff_glaneurs.jpg

Documentaire d'Agnès Varda - 1999 - 1 h 22 mn
Grand Prix du Festival international du film sur les droits de l'Homme Oneworld 2001, Prix du public au Festival international du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal - 2000, Prix du Meilleur documentaire européen aux European Film Awards

« J'ai passé un an à le faire un documentaire sur ceux qui dans notre société vivent de nos déchets et de nos restes. Puisqu'on est dans une société de gâchis, il y a des gens qui vivent de ce qu'ils trouvent dans les poubelles. Parmi ceux-là, j'ai rencontré des gens formidables, qui ont une vision de la société. Ils ne sont pas misérabilistes, mais simplement miséreux. Ils ont compris que devant un tel gaspillage, il faut en profiter en quelque sorte, tout en dénonçant ce que cela veut dire. Je peux vous dire que ce film " les glaneurs " a circulé un peu partout en France et dans le monde entier. Il pose partout le même problème. Ce n'est pas celui de l'économie durable, du commerce équitable, c'est celui d'une société organisée autour du fric, " du plus gagné " une surproduction, une surconsommation, sur-déchets donc gâchis. Les combats sont à tous les niveaux. On peut essayer de freiner " l'esquintage " systématique des ressources naturelles. On peut faire un document sur les archis-pauvres d'Afrique du Sud, d'Inde ou d'Amérique du Sud. Ce qui m'a intéressée c'est dire " voilà, je vis en France, c'est un pays civilisé, "culturé", riche et il y a des gens qui vivent de nos poubelles ! " Cela a secoué plus d'un Français de voir ça. On ne recycle pas les exclus. Il y a une sorte d'allégorie dans le fait qu'ils deviennent " ceux que l'on met à la poubelle. " Ils n'ont pas besoin seulement de nourriture et d'argent, ils ont besoin de s'exprimer. Certains ont pu le faire dans mon film. Je me rendais compte à quel point la misère de partage existe. Chacun doit savoir qu'il est responsable de son voisin. Je crois beaucoup en l'engagement personnel. Par mon travail de cinéaste, je m'engage personnellement. Je suis une résistante ! » - Agnès Varda

22/08/2007

KIM KI-DUK

Je voudrais vous parler ici d'un de mes cinéastes fétiches : Kim Ki-duk
6c8031e28993460e42dade8a04146abe.jpg
Radical, esthétique, perturbant, percutant, viscéral, souvent torturé, voire violent, le cinéma de Kim ki-duk est toujours pourtant d'une grande beauté. Il explore les relations humaines à travers le prisme de la société coréenne. Kim Ki-duk s'est formé seul au cinéma. Je l'ai découvert avec Printemps, Automne, Eté, Hiver et Printemps, une oeuvre un peu plus paisible que ses autres films, une véritable perle cinématographique, magnifique !
 
f77802da11a2d53bad7d8b9faf584f98.jpg
52b5ad200a249754a49498fd9f169b8e.jpg
8155e5edb370360c03e18f0a72cc26cf.jpg
Puis j'ai vu un autre film de lui, et un autre et encore un autre jusqu'à vouloir TOUS les voir et me voilà totalement envoûtée par son univers, car ses films  bien que différents les uns des autres, conservent une marque, une griffe même, très très particulière.
cabf13ffcdf3e92b8b5b739a375177a6.jpg
Kim Ki Duk est un conteur social. Ses histoires sont toujours une description précise d’un malaise de la société coréenne, qu’il soit militaire comme dans Address Unknow, ou bien sexuelle, inégalitaire comme dans Bad Guy, ou bien un peu plus conceptuel dans L’île ou Printemps, Eté, Automne, Hiver et Printemps. Ensuite le réalisateur aime les personnages en marge de la société : clochard, prostituée, militaire à la dérive, moine monastique. Il affectionne particulièrement sa condition sociale avant même ses traits de caractères. C’est dans des conditions difficiles, sensibles, que Kim Ki Duk nous dévoile une partie de sa vie en récitant des œuvres quasi autobiographiques qui expie ses malheurs telle un remède, une thérapie à ses souvenirs. Son expérience militaire, religieuse, artistique et ouvrière lui a donné une inspiration et des aspirations singulières.
5f62b0cd6aaadc3af0933493c30d86e2.jpg
Kim Ki-duk est né le 1er janvier 1960 dans la province de Kyongsan à Bongwa en Corée du Sud. Il passe son enfance dans un village perdu dans les montagnes qu’il quitte en 1969 pour Séoul où il fait ses études. À 17ans, il est obligé de quitter le lycée agricole pour travailler comme ouvrier. Trois ans plus tard, il s’engage dans la marine pendant cinq ans. Il en ressort profondément transformé et passe alors deux ans dans un monastère pour devenir prêtre. Il se passionne alors pour la peinture et part étudier dans une école d’arts plastiques de Paris. Sans le moindre argent, il vit en vendant quelques toiles. Il entre pour la première fois dans un cinéma où il est notamment marqué par Le Silence des agneaux et Les Amants du Pont-Neuf. De retour de Corée en 1993 et désormais passionné par le cinéma, il s’intéresse à l’écriture de scénario. A Painter and a Criminal Condemned to Death est remarqué et lui vaut le prix de la création attribué par l’Association des Scénaristes. Il reçoit enfin en 1994 pour Double Exposure puis en 1995 pour Jaywalking des prix du scénario délivrés par la très puissante Commission du Film coréen. Il se lance alors dans la réalisation et achève en 1996 Crocodile son premier film inspiré de sa vie.A partir de là, Kim tourne au rythme d’un film par an des films à petit budgets. Après Wild Animals qu’il tourne à Paris, il sort en 1998 son troisième film Birdcage Inn. L'Île, réalisé en 2000 est son premier grand succès. Celui-ci est sélectionné au Festival de Venise ce qui lui permet de faire parler de lui en Europe alors que les critiques coréennes rejettent violemment son film. La même année, il réalise avec peu de moyens et en temps record Real Fiction qui prouve son grand talent pour l’improvisation. Il sort les années suivante deux autres films Address Unknow et Bad Guy son plus grand succès en Corée. Ses films sont invités aux Festivals de Venise et de Berlin. En 2002, il sort The Coast Guard appuyé par une grosse promotion due notamment à la présence de la star Jang Dong-gun. Cependant les recettes commerciales sont décevantes. Personellement j'ai beaucoup moins aimé celui là que les autres. Dans Printemps, été, automne, hiver… et printemps, Kim tout en s’intéressant toujours au marginaux apporte une touche spirituelle et aborde des thèmes comme la rédemption et le pardon. Il gagne le prix de meilleur réalisateur au Festival de Berlin pour Samaritan Girl et au Festival de Venise pour Locataires (3-Iron) qui sort en 2004. Les films et Kim Ki-duk sont marqués par leur caractère déconnecté dus à ses origines modestes et à son ignorance des règles formelles. Ses personnages principaux sont souvent des marginaux, à l’écart de la société coréenne. Il est un des rares réalisateurs coréen à avoir réussi à percer à l’étranger sans pourtant plaire aux critiques et au public de Corée. Il a dit après le tournage de "Samaria" : "J’ai une idée obsessionnelle, obstinée du cinéma en tant que mélange de tension, de crise, de paix, d’ironie et de destruction. Pour moi le cinéma, c’est tout ça à la fois."

1996 : Crocodile (악어, Ag-o)
1996 : Wild Animals (야생동물 보호구역, Yasaeng dongmul bohoguyeog)
1998 : The Birdcage Inn (파란대문, Baran daemun)
db532a5b76380af36ed4266dfae03d1f.gif

2000 : Real Fiction (실제상황, Shilje sanghwang)
2000 : L'Île (섬, Seom)
ad381b8193b627c32a0393fbf10e9b2f.jpg

2001 : Adresse inconnue (수취인불명, Suchwiin bulmyeong)
1a1bfb26f5f08c817560ede71256180c.jpg

2001 : Bad Guy (나쁜 남자, Nappeun namja)
c18e7ae6747604c119d0a763b14cfb84.jpg

2002 : The Coast Guard (해안선, Hae anseon)
e94f117571a626b870b11d8a873372eb.jpg

2003 : Printemps, été, automne, hiver... et printemps (봄여름가을겨울그리고봄, Bom
yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom)
18eb1c6fbfe60c08821fa13917fbd020.jpg

2004 : Samaria (사마리아, Samaria)
9a0ff7d79aec5d130c7fd5e554317724.jpg

2004 : Locataires (빈집, Bin jip)
9974cb5475479a0c55f9face4fa1785c.jpg

2005 : L'Arc (활, Hwal)
8725b859a275fbbe75349f8c2b87a465.jpg

2006 : Time (타임, Time)
e0403f63cef9db25c774b2da1b6076ed.jpg

2007 : Breath (Soom)
758129841845e637c3d199a2713bddef.jpg

20/04/2007

NOTRE PAIN QUOTIDIEN Unser täglich Brot

Documentaire réalisé par Nikolaus Geyrhalter
Durée : 1h 32
Date de sortie : 14 Mars 2007
medium_notre_pain_quotidien_haut.jpg


Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, l’enjeu alimentaire en Europe est primordial et les mesures qui seront alors prises dans le nouveau cénacle de la jeune communauté européenne vont transformer nos systèmes de production agroalimentaire comme jamais. Ainsi tout en relevant le défi de nourrir ses millions d’habitants à leur faim, le modèle qui sera mis en place aura pour seule priorité d’atteindre ses objectifs et cela au mépris total des moyens à engager.
 
De fait, s’ouvrent alors jusqu’à nos jours six décennies où la crise alimentaire est définitivement bannie de nos existences pour faire place à un marché gigantesque où la profusion et la surproduction règnent. Cela toutefois ne fut pas réalisé sans contraintes ni sacrifices, nous en savons pourtant peu et c’est ce que va s’atteler à éclairer Notre Pain Quotidien, le documentaire qu’a réalisé entre 2003 et 2005, Nikolaus Geyrhalter. Ainsi, le cinéaste autrichien s’est-il demandé comment nous en étions arrivés à cette situation a priori idéale, et s’interrogeant par le seul biais de l’image non commentée à ce qui est et à ce qui se fait maintenant, il questionne son public sur le bien fondé du résultat obtenu. Savoir ce que fait l’homme pour subvenir à ses besoins bien au-delà du raisonnable et de toute préservation de la nature pose effectivement question à l’heure où l’écologie et l’avenir de la biodiversité sont en jeu. Et ce sera sans faux-semblants que Notre Pain Quotidien s’y collettera. Vives impressions garanties !

medium_notre_pain_quotidien_3.jpg



Veaux, vaches, cochons, poulets sont ainsi montrés à tous les niveaux de la chaîne, de l’élevage à l’insoutenable abattoir où tous seront découpés, désossés et démembrés pour notre plus gourmande joie. En filmant comment est produit ce qui parvient dans nos assiettes, Nikolaus Geyralter explore en effet la face dissimulée et rarement montrée de nos industries agroalimentaires. Des immensités paysagères transformées à seule fin de culture en passant par les conditions incroyables réservées aux animaux qui nous nourrissent, c’est donc à une plongée sans retenue dans un monde qui nous est peu connu à laquelle nous convie le cinéaste accoutumé aux projets choc. Nous serons ainsi emmenés vers la froideur chirurgicale des chaînes de dépeçage des usines de découpe industrielle, puis ce sera au tour des immenses élevages industriels hors sol que la PAC a fait prospérer de nous ouvrir leurs portes, avant que les monotones paysages de l’agriculture intensive ne se dévoilent sous leurs toiles de plastiques et leurs tonnes d’engrais et de pesticides. Dans toute son insensible rigueur, c’est ainsi l’ensemble des pans de la production alimentaire occidentale qui nous est donné à voir, au gré des hectolitres de sang versé, des milliers de carcasses déchiquetées et des fruits ramassés en secouant les pruniers à la seule force de machines spécialisées.
 
Dans la lignée visuelle et intellectuelle de la trilogie de Godfrey Reggio regroupant Naqoyqatsi, Koyaanisqatsi et Powaqqatsi, documentaires cinglants qui montrent sans afféterie la vérité du monde, Notre pain quotidien révèle ainsi simplement et sans fausse pudibonderie ce qui est, en le filmant entièrement, sans enjoliver ou atténuer la force du réel. L’ensemble de fait est marquant et éprouve d’autant plus son spectateur que son traitement est volontairement radical.
 
C’est en effet par l’usage de plans séquence en cadrage presque continûment fixe, tous dépourvus de commentaires off que Nicolas Geyrhalter va fonder le filmage de son documentaire. Recherchant à impressionner, il entreprendra ainsi de tout montrer frontalement et dans la durée, au risque de vouloir consciemment incommoder, parfois jusqu’à la nausée et au mal être. Mais l’appel à l’éveil de notre conscience de consommateur citoyen passe peut-être par ce que certains qualifieront de surenchère artificielle. En tous cas, le cinéaste a le mérite de laisser à la seule appréciation du destinataire et à son unique sagacité, le soin de se faire sa propre opinion sur le sujet, tout en installant un dispositif habile de scansion basé sur l’alternance de moments antagonistes. Ainsi, entre séquences quasi insoutenables et instants de paix où sont filmés les hommes et les femmes qui oeuvrent pour nous nourrir, Notre pain quotidien alterne ses effets. Dans ses séquences les plus dures, il va de fait nécessairement brusquer, déranger par la violence techniciste qu’il montre et laisser à penser plus paisiblement dans ses moments de tranquillité, au gré de séquences où l’on verra l’ouvrier, l’employé ou le cueilleur en train de déjeuner et incarner le spectateur – consommateur lui-même, dans un contre champ astucieux.

medium_notre_pain_quotidien_4.jpg


 
C’est donc pour cela que Notre Pain quotidien s‘avère une expérience cinématographique déroutante puisqu’il livre l’envers d’un décor que l’on refuserait objectivement d’accepter dans sa cruelle totalité malgré la nécessité., tout en nous tendant un miroir bien dérangeant En effet, dans un premier temps, ce métrage ne peut laisser indifférent par ce qu’il nous montre. Mais s’il saisit autant, c’est surtout parce dans un temps second, il fait ressortir dans un froid souci de réalisme le seul critère qui préside à la naissance, à la réussite de ces stratégies alimentaires et à leur inepte fondement : une rationalité mécaniste, tayloriste dépourvue d’âme, de compassion et très éloignée des critères écologiques de tout développement humainement durable. De fait donc, le plus déstabilisant dans ce métrage réside dans l’inconfort de penser que ce que l’on fait subir aux animaux et à la nature puisse révéler le traitement réservé en général aux plus faibles avec tant d’insensibilité et de cynisme. Cela sidère à dire vrai et même si cela exprime un bien regrettable péché de candeur, une interrogation se pose qui n’est pas le moindre mérite du film : doit-on l’accepter ?

medium_notre_pain_quotidien_2.jpg



Instrumentaliser ainsi le vivant, le mépriser pareillement augure en effet de conceptions bien éloignées de celles qui visent à considérer ce dernier - sous toutes ses formes - comme une richesse à préserver et à entretenir. Dès lors, avec Notre Pain Quotidien comme avec Une Vérité qui dérange, il est raisonnable de se demander si le risque premier de telles structures agroalimentaires, de telle pratiques consuméristes et de mauvaises habitudes, n’est pas en dépit de leur impérieuse nécessité, de nous amener à perdre de vue nos racines mêmes et donc en définitive de nous détruire nous-mêmes en niant nos devoirs vis-à-vis de ce qui vit et de ce que l’on détruit chaque jour davantage.
 
Parce que Notre Pain Quotidien est une expérience hélas trop rare à vivre en salles, ce métrage de Nicolas Geyrhalter par ses fondements citoyens et ce qu’il propose, est indispensable à voir, surtout en cette période où la conscience environnementale s’impose comme une donnée fondamentale de nos existences.
 
 
Jean-Baptiste Guégan

 

medium_notre_pain_quotidien_1.jpg

"We feed the world" ("Le marché de la faim"), d’Erwin Wagenhofer

Sortie le 25 avril.
medium_visuel-accueil.jpg

Pour aller plus loin :
  L’article de Cinéma Education : http://www.zerodeconduite.net/wefee...
  Lire aussi de Nicolas Bauche : De l’assiette au grand écran http://www.cafe-geo.net/article.php...
  Sur le film culte de J. Furtado, L’île aux fleurs, 1989 : http://www.filmdeculte.com/culte/cu...

A Lire : 

* Erwin Wagenhofer, Max Annas, Le marché de la faim, Editions Actes Sud, 2007

Extrait du livre : "Le chef de Deutsche Telekom annonce fièrement lors d’une conférence de presse que l’entreprise a fait des milliards d’euros de bénéfices, puis ajoute qu’on va licencier 30 000 employés - dont ceux qui ont contribué à engranger ces bénéfices. Voilà pour la question du chômage au temps du libre-échange. Nous devons réapprendre à prendre nos responsabilités, d’abord pour nous, puis pour nos actes. C’est ce qui est contenu dans ce "we" [...]. Et la bonne nouvelle, c’est que nous en sommes capables. Nous devons manger, nous devons faire les courses, et nous pouvons donc décider de ce que nous voulons. Ce système n’a ni été créé par la nature, ni par Dieu, ce sont les hommes qui l’ont fait et nous pouvons donc le changer. Voilà pourquoi le film et ce livre s’intitulent We feed the world et non They feed the world." E. Wagenhofer
* Jean Ziegler, "L’Empire de la Honte" (Fayard, 2006)
"Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficulté. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné." Jean Ziegler

Rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler fait figure d’ovni au sein de cette très respectable institution. Depuis trente ans, cet éternel révolté ne cesse de dénoncer l’injustice du système libéral et le cynisme des maîtres du capital qui font crever de faim une partie du monde pour nourrir l’autre.
A travers ses nombreux ouvrages, cet intellectuel hors norme s’est archané à démontrer que les méfaits du système capitaliste mondialisé ne sont pas les conséquences inéluctables de la ’main invisible’ qui guide les aléas du marché, mais bien l’oeuvre du cynisme de ces "nouveaux féodaux"...

11/12/2006

10 canoës, 150 lances et 3 épouses, avant-première au profit de Survival International

Survival est heureux d'accompagner la sortie dans les salles françaises du film "10 canoës, 150 lances et 3 épouses"

medium_18653835.jpg


Une avant-première est organisée au profit de Survival France
le mardi 19 décembre 2006
à 20h
au cinéma les 7 Parnassiens (Paris)

En des temps reculés, dans le nord de l'Australie. Le jeune Dayindi convoite l'une des trois femmes de son frère aîné, Ridjimaril, menaçant ainsi la loi tribale. Afin de ramener Dayindi dans le droit chemin, le vieux Minygululu lui raconte une légende ancestrale d'amours interdits, d'enlèvement, de sorcellerie et de vengeance qui tourne mal.

Le film de Rolf De Heer, l'un des cinéastes australiens les plus respectés, a été entièrement tourné en langue aborigène. Il constitue une plongée dans la culture traditionnelle et l'histoire du peuple aborigène, 'une histoire qui, comme le dit l'acteur aborigène David Gulpilil, n'est pas terminée. Elle se poursuit encore et encore car c'est celle de notre peuple et de notre terre...'

Cinéma les 7 Parnassiens
98 BD du Montparnasse
75014 Paris
M° Vavin

Renseignements et réservations possibles au 01 43 35 13 89

Tarif : 8,50 Tarif réduit : 6,70

Cliquez ici pour en savoir plus sur l'avant-première de "10 canoës, 150 lances et 3 épouses" :
http://survivalfrance.org/events.php?event_id=224

Le film sera le 20 décembre à l'affiche dans les villes suivantes :
Paris, Strasbourg, Lyon, Montreuil, St Ouen l'Aumone, Marseille, Aix en Provence, Dijon, Nîmes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Tours, Grenoble, Nantes et Lille.
Cliquez ici pour connaître le détail des salles :
http://survivalfrance.org/events.php?event_id=228


------------------------------------------------------------------------------------------
Survival aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir.
Survival n'accepte aucune subvention gouvernementale et dépend exclusivement de ses membres et donateurs pour financer ses campagnes.

Pour en savoir plus ou apporter votre soutien :
http://www.survivalfrance.org

info@survivalfrance.org

20/10/2006

THE FUTURE OF FOOD

medium_80_58367.jpg

 Deborah Koons Garcia / 2005



Future of food est une enquête choc réalisée, après trois ans de travail, par Deborah Koons Garcia. Au départ, la réalisatrice avait conçu un film sur l’utilisation de pesticides dans l’agriculture américaine. Ses recherches l’ont conduite à des questions plus angoissantes ayant trait aux OGMs (organismes génétiquement modifiés), leurs effets inconnus et potentiellement catastrophiques sur la santé humaine et sur l’environnement. Le documentaire soulève également les questions éthiques que posent les brevets génétiques, le contrôle de l’alimentation par des sociétés comme Monsanto, multinationale de biotechnologie agricole, porte drapeau du génie génétique.
Future of food est le premier film d’importance sur l’histoire et la technologie du génie génétique. Il traite des conséquences multiples causées par des semences génétiquement modifiées sur l’environnement, et du danger pour les consommateurs.

Le documentaire raconte l’histoire personnelle de Percy Schmeiser, agriculteur dans la province du Saskatchewan, au Canada, poursuivi par le géant de l’agroalimentaire Monsanto, parce qu’avaient été retrouvés dans ses champs des plants de colza résistant au Round-up. Percy cultivait ses terres depuis 50 ans quand une lettre de menace lui a été adressée par la multinationale : celle-ci exigeait le paiement de graines qu’il n’avait jamais semées. Le film montre le harcèlement dont Percy et sa femme Louise ont été victimes. Nous rendons aussi visite à des fermiers d’Oaxaca au Mexique, qui ont découvert que leur maïs local avait été envahi par du maïs transgénique alors même que sa culture est interdite chez eux. Au récit des agriculteurs viennent s’ajouter des entretiens avec des défenseurs de l’environnement, des universitaires, et des spécialistes reconnus des questions alimentaires.

Deborah Koons Garcia dispose brillamment toutes les pièces du puzzle et nous montre ainsi avec quelle rapidité notre système alimentaire se transforme. Brevetage du vivant, faillite des instances de régulation et de chercheurs dépendants financièrement de l’industrie agro-alimentaire, va et vient dérangeant entre le gouvernement américain et les conseils d’administration des grandes firmes d’agro-chimie, le film dresse un portrait inquiétant de l’agriculture en Amérique du Nord.

Deborah Koons Garcia a également réalisé All About Babies, Poco Loco et Grateful Dawg, un documentaire sur son mari, Jerry garcia, des Grateful Dead, aujourd’hui disparu.

16/10/2006

THE YES MEN

medium_38271_Yes-Men.jpg

Réalisé par Chris Smith, Dan Ollman, Sarah Price
Documentaire américain / 2004
Distribué par Rezo Films

Les "Yes Men", un petit groupe d'activistes, après avoir créé un faux site de Bush, créent un faux site internet affilié à l'Organisation Mondiale du Commerce. Leur ruse fonctionnant au-delà de leurs espérances, ils parviennent à intégrer les rangs de l'OMC, alors qu'ils sont politiquement opposés à la dite organisation. Les voilà invités à de conférences internationales en conférences internationales, ils profitent alors de leur nouveau statut pour défendre leurs "points de vue" et égratigner les manières du libre-commerce mondial, en attendant une réaction...

A voir pour y croire, édifiant, grotesque, terrifiant...

le site des Yes men : http://www.theyesmen.org/

MEMOIRE D'UN SACCAGE

medium_18390148.jpg
 
Réalisé par Fernando E. Solanas   Documentaire argentin, français, suisse / 2003
Titre original : Memoria del saqueo
Distribué par Ad Vitam
Durant ces 25 dernières années, de la dictature militaire à aujourd'hui, l'Argentine a subi l'un des effondrements économique et social les plus brutaux qu'un pays ait pu connaître en temps de paix. Ce pays riche et sa population ont vécu l'ensemble des traumatismes dénoncés par les altermondialistes. Tout cela avec l'aide et la connivence de multinationales occidentales et sous le regard complice des institutions internationales.
Cette politique de la terre brûlée a abouti à un véritable génocide social, un cataclysme inouï fait de famine, de maladies et de vies humaines sacrifiées. 
ce film dénoue un à un les mécanismes qui ont conduit à cette catastrophe. Il est dédié à tous ceux qui résistent avec dignité et courage.

THE CONSTANT GARDENER

 

medium_arton9292.jpg

The Constant Gardener,

sorti en 2005, de Fernando Meirelles

Inspiré du roman de John Le Carré, ce film raconte l'histoire tirée de faits réels d'une firme pharmaceutique qui a testé sur des Kenyans un médicament contre la tuberculose. Un médicament qu'elle savait mortel, parce que pas encore au point. Une tragédie que le réalisateur brésilien retranscrit parfaitement dans un film qui révolte, attriste, écoeure, mais qu'il faut absolument voir.

 Au départ, « La Constance du Jardinier », était un livre : celui de John Le Carré, publié en 2001. L'écrivain voulait dénoncer les activités criminelles d'une société pharmaceutique qui, au Kenya, testait un médicament contre la tuberculose sur des gens pauvres. Rien de mal a priori, si ce n'est que, pour éviter trop de dépenses, les tests ont été effectués alors que la molécule n'était pas au point. Et des gens sont morts. C'est ce drame qu'a adapté avec brio Fernando Meirelles, qui a tourné au Kenya, pays où le livre a été interdit apparemment par crainte de débordements.


« Ces gens seraient morts de toute façon »

Le réalisateur brésilien Fernando Meirelles avait tout pour faire un bon film : une histoire poignante, des acteurs convaincants et une bande son qui n'a rien à envier à la beauté du reste. Restait à ouvrer pour captiver le spectateur et mettre en place une intrigue dynamique sans court-circuiter la force du message. L'auteur de l'excellent Cité de Dieu a réussi, en misant sur les flash-back, à tenir le spectateur en haleine et à laisser monter la révolte, la tristesse et l'écourement. Surtout lorsque Sandy, un « ami » de Justin Quayle, explique que ces meurtres n'ont pas d'importance puisque, vu « le taux de mortalité », ces gens seraient morts de toute façon...

Encore plus révoltant quand on sait que cette histoire est vraie et qu'elle n'est sans doute pas la seule du genre. On en entend peu parler, mais les cobayes africains existent. Pas qu'Africains d'ailleurs. Les plus pauvres font les frais des pratiques criminelles de firmes qui veulent se faire de l'argent en mettant en danger la vie de ceux qui n'ont pas grand-chose. The Constant Gardener est donc un film excellent pour montrer jusqu'où ceux qui sont sensés sauver des vies sont prêts à aller parce qu'ils estiment que toutes les vies n'ont pas le même prix.


NO MAN'S LAND

 
medium_18445330.jpg
Réalisé par Danis Tanovic / 2001  
Avec Branko Djuric, Rene Bitorajac, Filip Sovagovic
Film français, britannique, italien, belge.
Durant la guerre de Bosnie, en 1993, Ciki et Nino, deux soldats ennemis, l'un Bosniaque et l'autre Serbe, échouent dans une tranchée en plein no man's land spérant les deux fronts. Nino et Ciki s'efforcent tant bien que mal de négocier le prix de leur vie au coeur des atrocités de la guerre.
Excellent jeu d'acteurs, un zoom efficace redoutablement sur les absurdités de la guerre, en Bosnie comme partout ailleurs, avec cet humour qui permet une certaine distanciation et qui ne donne que plus de force au fond qui reste sans issue possible...

LE CHEMIN DE LA LIBERTE

 

medium_afte.jpg

Rabbit Proof Fence = Le chemin de la liberté
Australie / 2003 / Réalisation : Phillip Noyce

En Australie dans les années 1930, les autorités politiques confisquent les enfants aborigènes pour les placer en institut. ce qu'on appelera plus tard the stolen generation. Trois petites filles refusent de se soumettre à ce diktat. Elles parcourent plus de 2000 Km à pied en suivant la clôture à lapins, pour retrouver leurs mères. La traque engagée par le gouvernement pour récupérer les enfants sera sans merci...

Ce film splendide et bouleversant, est tiré d'une histoire vraie, le reportage sur le tournage est à voir aussi absolument.