Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/12/2009

JIM JARMUSCH : PAR DELA LE BIEN ET LE MAL

par Jean-Paul Gavard-Perret

Depuis « Stranger Than Paradise » qui le fit découvrir Jim Jarmusch a  
toujours fait le même film tout en revisitant le cinéma du Western au  
film sentimental. Son dernier film reste à la fois un road movie, un  
film d?enquête filée plus ou moins policière (mais jamais policée)  et  
surtout un cinéma d?initiation et d?identité. Comme son William Blake  
de « Dead Man » tous ses personnages sont à la recherche de la pureté  
à travers ce qu?on considère comme le mal. D?autant que lorsqu'ils  
veulent s?en dégager, à l'image de Ghost Dog le tueur mystiqur, ils ne  
peuvent que s?y affirmer puisque c?est là le chemin d?accès à leur  
vérité.

Après « Broken Flowers » décevant sous cynisme un peu trop doucereux  
et en retrait par rapport au reste de sa filmographie Jarmusch  
retrouve toute sa force avec « The Limits of Control ». On y retrouve  
un de ses acteurs fétiches Isaach de Bankolé (le marchand de glaces  
inénarrable et incompréhensible de Ghost Dog »). Il incarne un tueur  
solitaire en fuite qui tente par tous les moyens, de mener à bien sa  
funeste mission. Un job qui le conduira à travers l?Espagne et au sein  
de sa propre conscience. Tout Jarmusch est donc dans cette nouvelle  
?uvre où l?on retrouve d?autres habitués des castings du réalisateur  
(Bill Murray, Alex Descas, Tilda Swinton ou encore John Hurt) mais  
aussi des nouveaux venus (Jean-François Stévenin et Gael Garcia Bernal).

« The limits of Control » est avant tout un film ludique. L?auteur le  
définit  « comme un jeu d'enfants que comme un film au scénario  
classique. Je l'ai d'ailleurs construit comme un puzzle. J'avais envie  
de prendre le spectateur par la main et de l'emmener en promenade dans  
mon univers, un peu comme je l'ai fait avec les acteurs qui ont  
accepté facilement les règles que je leur ai fixées ». Mais  
méfions-nous d?une telle affirmation même si elle peut définir tous  
les films de Jarmusch. Toutefois contrairement à d'autres de ces films  
celui-ci s'est construit en plusieurs années selon la technique des  
sketches développée dans « Coffee ans Cigarettes ».  Mais ici  ils  
sont réunis  dans un seul long métrage sous la forme de film  
d'espionnage proche du cinéma expérimental. Une nouvelle fois le  
réalisateur  se démarque des codes de narration habituelle pour offrir  
un divertissement des plus sérieux dans la veine de « Dead Man ». Se  
découvre la même impression de moments pris sur le vif.

En ressort la liberté caractéristique qui reste la marque de fabrique  
de l'auteur. Son cinéma reste par excellence le modèle de  
l'indépendance, du refus de se plier à la loi de producteurs  
comptables qui veulent dicter leur loi. Jarmusch n'en a que faire.  
C'est son luxe et aussi son génie. « Le jour où je serai obligé de me  
plier à la dictature de l'argent, j'arrêterai de faire des films pour  
me consacrer à fond à la musique ! » écrit celui pour lequel cet art  
reste parti prenante de son travail. Chaque bande son de l'auteur le  
prouve depuis Gene Vincent de « Stranger Than Paradise » en passant  
par Elvis Presley de « Mistery Train »,  « Neil Young » pour « Dead  
Man », une pléiade de rappers  (RZA, GZA) pour « Ghost Dog sans parler  
de Tom Waits, d'Iggy Pop et des autres jusqu'à  « Sun O ))) »  
aujourd'hui.  La musique est capitale dans tous ses films. Pour le  
dernier il s'est beaucoup basé sur le travail du groupe Sun O)) pour  
construire la trame : « tout mon boulot est basé sur la musique. Je  
suis venu au cinéma presque par hasard, mais la musique est  
indispensable à mon équilibre. Si je ne pouvais plus en écouter, je  
préférerais être mort. C'est ma principale source d'inspiration ».

Jarmusch éprouve viscéralement le besoin d'échapper au cadre trop  
rigide dans lequel on tente souvent d'enfermer le cinéma et c'est  
pourquoi chacun de ses films est une manière de revisiter le problème  
du mal et du bien sous divers genre. A sa manière ce dernier film est  
une parodie du film épique, c'est un roman de chevalerie de l'ère post  
moderne. Pour y parvenir, sans méthode particulière le créateur veut  
avant tout faire oublier à ses comédiens qu?ils jouent une comédie ? «  
Si j'y parviens, j'estime avoir fait mon boulot » écrit-il. Et c'est  
pour cela qu'il lui arrive de faire jouer des musiciens. Ce qui  
compte, ce sont les rapports de complicité qui se développent entre  
lui et ses acteurs professionnels ou non.

Jarmusch se présente comme l'anti-Michael Bay. Ses films peuvent être  
considérés comme des pauses dans les siens. Il tourne ce qu'il ne  
montre jamais ! « Ce serait drôle de voir sa version de Dead Man ou de  
Ghost Dog : ça se bagarrerait tout le temps ! »  écrit-il. Et il  
ajoute « Je n'ai rien contre Michael Bay. Je comprends sa logique,  
mais j'aimerais que son exemple ne soit pas le seul à paraître viable  
aux maisons de production » . Le cinéma de Jarmusch peut paraître (à  
l'exception peut-être de Broken Flowers et des malentendus qu'il  
génère) de l'anti-cinéma. Pourtant si le réalisateur semble se dérober  
à certaines  attentes des spectateurs ce n?est pas  pour les  
frustrerait mais parce que le cinéma  est suffisamment vaste et ouvert  
 au moment où tout se rétrécit et qu?on peut offrir autre chose que  
de l'attendu. L'auteur résume sa vision ainsi : « Que puis-je donc  
enlever de mon film que les gens aimeraient y trouver ? Ils veulent de  
l'action du drame, des sommets d?émotion. Une fille est nue, ils  
veulent du sexe. J'ai essayé de me débarrasser de tout ça et de  
réaliser quand même un film noir capable de toucher le public, même si  
l?émotion est purement visuelle. Pas par esprit de négation. Au  
contraire. Je suis pour la beauté et la variété de gammes qu'offre le  
cinéma ».  Planant plus que lent le film a été un échec aux USA. Ce  
qui n'enlève rien à sa perfection (au contraire ?).
« Pas de flingue. Pas de sexe. Comment fais-tu pour tenir ? » dit un  
personnage du film et cela peut synthétiser cette ?uvre prenante,  
paradoxale, passionnante et complexe entraînée par Isaac De Bankolé en  
criminel au sang froid, serein, ramassé, concentré. Sorte de parodie  
des séries noires mais selon une autre approche que  « Point Blank »  
deJohn Boorman ou de « Made in ISA », « Detective » ou encore «  
Nouvelle Vague » de Jean-Luc Godard Jarmusch crée un film efficace et  
glacé dont le héros n?est distrait ni par les filles, l'alcool ou  les  
fêtes à l'image du Ghost Dog et contrairement à Dead Made un temps  
trahit par sa sexualité. Jarmusch a d'ailleurs une passion pour le  
genre du film noir. Et s'il tourne celui-ci en Espagne c'est  
simplement pour un immeuble fascinant, les Torres Blancas, que l'on  
aperçoit sur la route de l'aéroport lorsqu'on arrive à Madrid. « Je me  
suis toujours demandé pourquoi personne n'avait eu l'idée d'y réaliser  
un film. » dit l'auteur. Tout est parti de là pour aboutir peut-être à  
son film le plus philosophique.
Le cheminement intérieur proposé par Jarmusch à travers son personnage  
central joue sur un système de répétition pour proposer une vision  
éthique et porteuse de sens qui déjouent une simple vision morale  
orthodoxe qui grince ici. Les séquences se suivent dans une forme  
cyclique. Isaach de Bankolé interprète un personnage au passé non  
défini. Il atterrit dans un récit dénué de toutes explications sur sa  
vie et ses motivations. Il rencontre des personnages énigmatiques  
sortis peut-être des méandres de son esprit, lors de séquences aux  
musiques saturées et au sein de discussions apparemment absurdes. Sur  
la lancée de « Coffee and Cigarettes »  on retrouve une construction  
influencée par une pensée bouddhiste fondée sur l'idée de cycle de vie  
et sur la perdition apparente d?un personnage perdu dans des lieux  
sans attaches au symbolisme à peine caché. Dans son voyage spirituel,  
le tueur semble extérieur à lui-même. Il ne prend conscience de son  
existence qu'en regardant des toiles de maîtres. Peu à peu, il observe  
le monde comme une peinture jusque dans l?observation d'une femme nue  
et diaphane, d'un bar, d'une ruelle ou encore dans la dégustation d'un  
café. Et l'apparition de l'actrice Youki Kudoh au milieu du film nous  
projette ainsi vingt ans en arrière, lorsqu?elle celle-ci nous  
émerveillait dans Mystery Train.

Tout se passe dans « Limits of Control » comme si la fête était finie.  
Mais les archétypes chers à Jarmusch restent fixés. L'auteur se refuse  
à installer la culpabilité au fond de l'être. Elle n'est jamais  
entretenue et joue à contre courant. Elle est pour le réalisateur  
l?inverse de l'espérance et représente la déchirure de toute joie  
puisqu'elle reste liée au socle de douleur et de contradiction. Chez  
Jarmusch elle ne divise pas. Pour lui la coupure entre le bien et le  
mal, de la chair et de l'esprit, de l?éternité supposée et surtout du  
temps gâché n'existe pas. Tout se déroule en parfaite ouverture, en  
toute innocence plus qu'en perversité. Isaach de Bankolé semble vivre  
pour l'autre qu'il contient et qui a mûri dans sa conscience qui n'a  
rien à voir avec celle qu'une quelconque faute. La conscience ne fait  
que donner à partager le silence dans le désert du naître et du  
mourir. La catastrophe a déjà eu lieu. Il n'existe plus de figure d'un  
père archaïque, lumineusement noir. La vie est à l'envers mais ne  
manque pas de sens. Simplement le sens se situe par delà le bien et le  
mal. Sans penser à un dieu. L'amour vient d'ailleurs, du crime envers  
l'autre tant il y a de mal à vivre et assurer un sentiment pacifié.  
Toutefois chez le réalisateur l?homme ne porte pas en lui par sa  
naissance un pouvoir diabolique qui engendre la faute. Du possible  
pouvoir démoniaque de l'homme Jarmusch créé des facteurs  
d?émancipation de l?homme. Un homme mélancolique certes mais un homme  
tout de même et qui n?outrage pas le ciel. Il sait se libérer de  
manière naturelle et amorale des pulsions destructrices en faisant  
sauter la chape de plomb de son Ange noir. Il sort instinctivement de  
l?insupportable désarroi, de la sidérante noirceur de la dépression,  
de la Melancolia même s'il semble y plonger. Et lorsque le réel  
revient il convient de tenter de biffer ses irruptions, ses pointes.

La bande son est créée pour ça. Grâce à son incursion le miroir du  
réel ne reflète rien.  Certes, le héros peine à concevoir le temps du  
fond de sa fatigue plus que de son mal être. Le plafond du ciel est  
bas. Le héros s'y tient voûté. Mais au lieu de s'y dissoudre, de s'y  
sédentariser il avance dans la réalité comme dans un musée. Tout  
demeure pelliculaire. Se faire comprendre et vivre revient à passer,  
par la musique, au silence.  Pas besoin de regarder l?avenir. L'esprit  
est dans le corps comme un ballet dans le cul. Mais c'est par lui que  
la conscience telle une peau envoûtée se vidange. Refusant toute  
régulation le héros tente de sa retrouver "par la bande".  S'il  
détruit c'est sans le savoir pour se devenir tout en restant étranger  
au réel. La pulsion est restée sans cadre, repère, limite et  
privation.  Le personnage central se contente de se sentir intrus dans  
un univers qui lui demeure étranger.  Il le considère comme un  
effacement"jusqu'à plus rien depuis ses tréfonds / qu'à peine à peine  
/ n'importe comment n'importe où". (Beckett). A la fin il y aura le  
tapage du silence par toutes les musiques qui s'entendent encore et  
que bientôt on qu?on n?entendra plus. Mais le spectateur comme le  
héros  n'est libre que par leur blasphème. Sans crédit, sans statut,  
ni pardon. Ce mot d?ailleurs ne veut rien dire dans l'ablation du nom  
et sa perdition voulue. Fantômes que fantômes. Abasourdis, sonnés. A  
la fin il y a  ni victime, ni bourreau. Que ça, le silence. Sa  
dernière attente. Il faut accepter de disparaître dedans.

 

19/11/2009

EUREKA de Shinji Aoyama

3700173219236.jpg
Pays d'origine : Japon
Format : Noir et blanc (Sepiatone) - 2,35:1 - DTS - 35 mm
Genre : Drame
Durée : 217 minutes
Dates de sortie : 18 mai 2000 (festival de Cannes 2000), 29 novembre 2000 (France), 20 janvier 2001 (Japon), 8 août 2001 (Belgique)

Deux ans après la prise en otage d'un bus ayant tourné au massacre, les trois seuls survivants se retrouvent : l'ancien chauffeur, Makoto Sawai, retourne pour la première fois vivre dans la petite ville de campagne, lieu du drame, il y retrouve les deux enfants qui étaient assis au fond du bus, un frère et une sœur, Kozue et Naoki, qui habitent seuls. Il emménage avec eux. Aux enfants comme à lui même, il va tâcher de réapprendre à vivre malgré le traumatisme.
 
 
Quel bonne surprise, un DVD ciné indépendant,acheté 0,90 euro,  et je tombe sur ....................un bijou !
Incroyable, un film qui dure plus de 3 heures, peu de dialogue, et je n'ai pas vu le temps passer. Je n'en dirai pas plus, il faut le voir. C'est beau, étonnant, bousculant, pas loin d'être bouleversant, un bijou, rare et précieux et inclassable ce qui ne gâte rien. Décidément le cinéma asiatique n'a pas fini de m'émerveiller !

19/10/2009

Torture made in Usa de Marie-Monique Robin

une enquête exclusive

A Guantanamo comme en Irak ou en Afghanistan, l'administration Bush a institutionnalisé la torture. Ses juristes ont tout fait pour s'exonérer des conventions de Genève et du droit de la guerre. Du 19 octobre au 19 décembre, Mediapart diffuse, en partenariat avec ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch, l'enquête exclusive de la journaliste Marie-Monique Robin. Un documentaire de 85 minutes que vous n'avez pas pu voir à la télévision.

Pour un affichage plein écran, cliquez sur le carré en bas à droite du lecteur.
http://www.mediapart.fr/contenu/torture-made-usa-une-enquete-exclusive

 

21/04/2009

Les enfants de Babel

affiche.jpg

http://www.lesenfantsdebabel.info/presentation-1.htm

 

Genre: Cinéma documentaire - Durée: 81,30 mn - Format: 16/9 ème. Couleur.
DVCAM – Sortie officielle : Mai 2008

23/03/2009

Gerboise bleue à Cahors

Gerboise_bleue.jpg

Date de sortie : 11 Février 2009

1h30. Film documentaire réalisé par Djamel Ouahab (France 2008)

Distribué par Shellac

 

le dimanche 29 mars à 18H à Cahors,

Soirée ciné-débat au Cinéma Le Quercy autour du film Gerboise Bleue

La projection sera suivie d'un débat tenu par des représentants d'AVEN

Gerboise Bleue raconte l'histoire des vétérans français et des Touaregs algériens victimes des premiers essais atomiques français dans le Sahara de 1960 à 1966. Pour la première fois, les derniers survivants témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies, et révèlent dans quelles conditions les tirs se sont véritablement déroulés.

Rappel historique

Gerboise Bleue, premier essai atomique français effectué le 13 février 1960 dans le Sahara à Reggane en Algérie, est le point de départ de la puissance nucléaire de la France. Il s'agit de tirs aériens radioactifs puissants effectués dans des zones appartenant à l'armée française, l'Algérie étant à l'époque un territoire français. Suivront des essais souterrains, et ce même après l'indépendance de l'Algérie. De 1960 à 1978, 30000 personnes auraient été exposées dans le Sahara. L'armée française a reconnu officiellement neuf irradiations. Aucune plainte contre l'armée ou le Commissariat à l'Energie Atomique n'a abouti. Trois demandes de commission d'enquête ont été rejetées par la commission de la défense nationale.

 

Genèse du projet

L'idée de ce documentaire est née en 2006 au détour d'une conversation familiale, lorsque Djamel Ouahab a appris que l'armée française avait fait des essais atomiques dans le Sahara algérien dès 1960. Quelques temps plus tard, en effectuant des recherches sur Internet, le réalisateur découvrit l'Aven, une association regroupant près de 3 000 vétérans français qui ont participé à ces essais atomiques dans le désert algérien entre 1960 et 1966. Aujourd'hui, ces derniers sont tous atteints de pathologies diverses (cancers, leucémie, problèmes cardiaques) liées à la radioactivité.
A la suite de cette découverte,
Djamel Ouahab décida de rencontrer certains vétérans de l'Aven. "Leur histoire était bouleversante, confie le cinéaste. Ils me racontaient dans quelles conditions ils avaient participé à ces essais, les problèmes de santé qu'ils rencontraient aujourd'hui, et le combat juridique qu'ils menaient pour être reconnus comme victimes et indemnisés pour les dommages subis. Certains vétérans me parlaient des populations des Oasis, les PELOS (Populations Laborieuses des Oasis) comme on les appelait, qui travaillaient sur les sites et qui devaient être autant malades, sinon plus, du fait qu'ils n'avaient aucune protection et qu'ils étaient restés sur place sans aucun contrôle ni suivi médical."
En juillet 2006,
Djamel Ouahab s'est rendu à Reggane, dans le Sahara, et rencontra les populations des Oasis : des gens simples, dignes et très fiers. "Ils me racontaient ce qu'ils avaient vu ce jour du 13 février 1960 à 7h04, se souvient-il. Un éclair dans un ciel immaculé qui avait scellé leur destin à jamais. De retour en France, je me sentis un devoir de mémoire à l'égard de mes deux pays que sont la France et l'Algérie, à l'égard des vétérans français, du peuple des Oasis, et de toutes ces petites gens qui souffrent dans la plus grande indifférence."

 

Djamel Ouahab explique ses intentions à travers ce film : "A l'heure actuelle, je souffre cruellement d'un manque d'informations sur l'Histoire qui a opposé la France à mon pays d'origine. Je vis sur des fantasmes et des non-dits. C'est peut-être aussi ce passé, pesant sur la conscience de l'Etat français, qui me prive de cette reconnaissance et qui joue, inconsciemment, un rôle sur mes relations avec la société française en général. Précisément, à travers ce film, je veux également témoigner de cette relation. Cette rencontre entre ces victimes françaises et algériennes me paraît indispensable pour créer une passerelle entre ces deux pays, et éclairer certains des non-dits de l'histoire coloniale. Gaston, Gérard, Lucien, Salah, Mohamed et Ali sont des hommes unis dans l'adversité, des hommes frappés par l'histoire, qui nous parlent pourtant de paix, de solidarité et de pardon. Je veux suivre ces hommes dans leur lutte quotidienne. Gaston, Gérard et Lucien qui demandent reconnaissance et réparation à l'Etat français, Ali et Mohamed qui sensibilisent les populations des oasis sur le danger de la radioactivité et interpellent les autorités algériennes pour décontaminer les sites, et Salah qui demande la construction d'un hôpital pour soigner les cancers liées à la radioactivité. Par ailleurs, ce refus de la France de faire toute la lumière sur cette période de l'Histoire ajoute chez les vétérans français le sentiment d'avoir été trahis par leur patrie, pour laquelle ils étaient prêts à sacrifier leur vie. Ce sentiment d'abandon est très mal vécu par tous ces vétérans qui ressentent une profonde injustice qui a engendré des troubles psychologiques chez certains d'entre eux."
"Ce film voudrait représenter ce conflit intérieur, mais aussi un autre qui va bien au-delà des vétérans, poursuit le réalisateur. En effet, si l'Etat français veut oublier et maintenir secret cette partie de l'Histoire coloniale, comment reconnaître la population qui incarne cette histoire que ce soit les vétérans français ou les français issus de l'immigration ? A l'heure où l'on parle d'intégration, de discrimination positive, encore faudrait-il d'abord que l'Etat montre l'exemple et fasse preuve de transparence à l'égard de ses populations. Qu'il ait le courage d'affronter et de reconnaître son passé qui appartient à l'Histoire à présent. Ce passé refoulé de l'histoire coloniale doit être mis à jour et assumé dans l'intérêt de tout le monde."

 

Le réalisateur Djamel Ouahab

Scénariste et cinéaste, Djamel Ouahab a été trésorier et membre actif de l'ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) de 2000 à 2006. Il est intervenant réalisateur aux ateliers de la FEMIS en 2001 et au cours Florent de 2002 à 2003. Il a débuté derrière la caméra avec Cour interdite en 1999. Gerboise Bleue, réalisé en 2008, est son premier documentaire.

29/01/2009

Solutions locales pour désordre global

http://www.dailymotion.com/video/x7q8sj_la-terre-vue-de-l...

Extrait de La terre vue de la terre, de Coline Serreau

27/01/2009

Document-terre: le plein s’il vous plaît!

De nombreux documentaires dont la sortie est prévue prochainement traitent de problèmes agricoles, du retour à la terre, des changements de mode de vie… Voilà donc un petit aperçu des choses à venir avec topo et bandes annonces à l’appui!

http://ecoloinfo.com/2009/01/20/document-terre-le-plein-s...

 

SOUS LES PAVÉS… LA TERRE

Documentaire environnementaliste de 90 minutes, “Sous les pavés … la Terre” survient, dans un contexte devenu très déprimé, comme une bouffée d’esprit rebelle, mais sans caricature ni vaine orientation.

Naviguant entre constats alarmants et propositions concrètes dans les domaines de l’agriculture, du transport et de l’habitat, ce film incite à la réflexion de chacun d’entre nous et, plus encore, à une profonde refondation de nos modes de vie.

Paysans, artisans, ingénieurs, scientifiques, philosophes et politiques.

Ce film expose leurs combats, face aux sarcasmes de leurs pairs, aux pesanteurs des administrations, à la frilosité des banques et des assurances, aux lobbies ne voulant renoncer à leurs confortables avantages…

Sortie prévue en février 2009

 

LA TERRE VUE DE LA TERRE

Coline Serreau réalise actuellement un documentaire qui sortira au premier semestre 2009. Comme le dit la réalisatrice:

“Il faut aujourd’hui montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. Le film que nous réalisons se voudrait un objet ludique et poétique qui mette les idées à l’envers, c’est-à-dire à l’endroit, dans une époque où beaucoup s’accordent à penser que «nous marchons sur la tête. Mettre la tête à «l’envers-endroit», c’est repenser le fonctionnement de nos rapports sociaux et économiques et questionner nos certitudes sur la normalité”

Le film est produit par CinemaO et en partenariat avec Colibris. Il sortira au premier semestre 2009.

 

HERBE

Au cœur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier d’éleveur laitier se confrontent.

Alors que des Hommes se sont engagés depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, le courant majoritaire de la profession reste inscrit dans un modèle de production industriel, fortement dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires…

Je pense qu’il peut ouvrir les esprits de ceux qui le verront sur la diversité des approches du métier de paysan. Le film est une invitation à échanger : quelle alimentation, quelle agriculture, quelles campagnes voulons nous ? Au moment où s’engage la mise en chantier d’une nouvelle réforme de la PAC, ce film est le bienvenu, surtout s’il est suivi d’un débat. “

Cyril Dion, Directeur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme:

“Si vous voulez savoir pourquoi des paysans préfèrent travailler plus, s’endetter plus, gagner moins, pour élever des bêtes qui mangent du maïs et du soja OGM acheminé sur des milliers de kilomètres, plutôt que de simplement les laisser brouter l’herbe, regardez ce film ! Un film d’une grande simplicité, simple comme l’herbe…”

Jean Lhéritier, Président de Slow Food France:

“Le système alimentaire que nous connaissons est inadapté. Il faut réapprendre à mieux produire, à mieux manger. Slow Food, dans ce sens, prône une alimentation et une agriculture bonnes, propres et justes.
Le bon , parce qu’aujourd’hui le paysan est devenu un producteur de saveurs.
Le propre, car les agricultures asservies à des logiques industrielles ont trop souvent contribué, et contribuent encore à la détérioration des écosystèmes.
Le juste, parce que pour produire bon et propre, il faut des paysans et que ces derniers ne continueront à exister, à être une force vive dans la société, que s’ils obtiennent une digne rémunération de leur travail.
On mesure très vite, en visionnant HERBE, à quel point le film est au cœur de cette réflexion. Les deux systèmes présentés pour nourrir le bétail s’opposent ou se différencient tant sur les revenus qu’ils procurent à l’éleveur (le juste), que sur leurs effets sur l’environnement (le propre). Et le bon ? On imagine mal que le lait issu du système fourrager, à base d’herbe, ne se décline pas en un plaisir du goût supérieur, si on le compare au lait d’animaux nourris avec des granulés ! C’est déjà probable du seul fait des différences de rendements : avec moins de productivité par vache, le lait, moins dilué, préserve mieux ses vertus nutritives et ses saveurs.
Mais le plus important est probablement le modèle humain et social sous-tendu par les deux modes d’élevage : le film, par des témoignages simples, rassure. Le retour à la pâture crée un lien plus fort du paysan avec la nature, les terres, les animaux sauvages, la biodiversité des herbes, qu’il entretient et connaît mieux. Il crée du lien social, par une nouvelle solidarité et une capacité d’action collective de ces hommes qui ont fait un choix à contre-pied du modèle dominant. Enfin, il génère des revenus et fait preuve d’une plus grande efficacité économique.
HERBE, sans dogmatisme, simplement, montre la voie du progrès, qui n’est pas là où on l’attend (modernité des installations, taille des exploitations, intrants, technologies…) mais dans la sagesse et la recherche d’une approche humaniste des pratiques agricoles. Comment pourrions-nous, consommateurs, ne pas soutenir ce mode d’élevage ? D’ailleurs, nous ne sommes pas des consommateurs, mais, chacun d’entre nous , les co-producteurs du modèle alimentaire de demain.”

La date de sortie nationale du film est le 18 février prochain, à 3 jours de l’ouverture du Salon International de l’Agriculture de Paris.

Jean Yves Griot, Président fondateur du Réseau Agriculture Durable et secrétaire général de Cohérence

Le DVD “Sans Terres et sans reproches”

Documentaire qui est déjà sorti en DVD, quelques questions à la réalisatrice, Stéphanie Muzard Le Moing :

 

A l’origine du film, il y a donc Stéphanie. Informée, elle fait du lobby citoyen auprès de ses proches en informant par mails/dessins, etc… Elle s’est dit un jour qu’il y avait urgence, que les enjeux étaient beaucoup plus importants que la “malbouffe”… Puis il y a eu une rencontre, “avec Eric, et d’autres (Steve, Jean-Louis Gueydon)” - qu’elle appelle ses “pays’âmes”, “un curieux cocktail, un chemin qui s’est tracé un peu comme ça, un chemin de traverse!!!! Tellement passionnant à crapahuter…

 

Elle a ensuite voulu vérifier chez ses voisins ce qu’il en était de l’industrialisation de l’agriculture dans un terroir de qualité et d’exception, où se situent parc naturel, des sites classés et protégés,  et où l’environnement est préservé…

Elle a aussi voulu mettre en lumière “des gens qui font autrement, même sans le système, car il y en a plus qu’on ne le croit”. Histoire aussi de “motiver et fédérer les gens de plus en plus nombreux qui ne se sentent pas bien en phase avec les décisions soient disant démocratiques qui échappent de plus en plus aux citoyens… D’informer aussi les personnes lambdas en faisant un film simple, avec de vrais gens, pas mis en scène.”

Lors de la réalisation du film, Stéphanie a surtout était marquée par l’espoir: “le monde est moche et abîmé, mais il y a des voyages initiatiques proche de chez soi à faire! La rencontre humaine et l’écoute de l’autre sont primordiales.”

Elle a aussi réalisé qu’un jeune qui veut faire de l’agriculture respectueuse de l’environnement - et donc des consommateurs - n’est pas pris au sérieux: “on se fout de lui ouvertement et on l’empêche de s’installer”.

Elle est malgré tout heureuse de vivre là où elle est, “même si comme ailleurs, les problèmes de pollution existent…” Enfin précise-t-elle, “il ne faut pas se fier aux apparences!  j’ai écrit un carnet de voyage, “confidences pays’âmes” sur le making off du film et par manque de moyens, on a d’abord sorti le film. on aurait dû sortir un livre dvd, qui va se transformer grâce à une aide de midi pyrénées en une expo itinérante sur toute la matière première du livre: dessins, écrits, photos, documents trouvés, etc…”

Aujourd’hui, elle a le sentiment que le pouvoir est entre nos mains, dans nos choix de consommation: car “rien ne viendra d’en haut!”. “Il faut se bouger très vite face aux enjeux énormes de la production alimentaire, du brevetage du vivant, de la disparition des paysans, des abeilles, des semences paysannes et de l’agriculture vivrière, de la stérilisation des terres, etc…: tout est réversible, il suffit de le vouloir et d’agir. d’informer aussi le plus grand nombre.”

Elle pense que “le progrès est de faire une pause dans cette rocambolesque aventure vers l’autodestruction de cette civilisation du paraître et de l’avoir. Le progrès c’est le respect des autres, de soi, de  tout ce qui nous entoure. La contre-nature est une voie sans issue, l’homme se perdra, sans humilité, dans les méandres de sa propre…m….? Allez, j’ose. Je préfère parler d’évolution plutôt que de révolution”.

Les leviers d’action priori-terre, pour Stéphanie, se situent dans l’acquisition d’une “conscience universelle que l’homme fait partie intégrante de son environnement: chacun doit se prendre en charge dès aujourd’hui dans son quotidien: boycotter ce qu’il ne souhaite plus cautionner - encore faut-il qu’il s’informe et qu’il le veuille!-, agir, réapprendre à fabriquer son alimentation, un peu comme un animal élevé en batterie qui reprendrait peu à peu son autonomie à l’état naturel!! Il faut fédérer les énergies positives, redonner espoir. de nombreuses guerres sur cette planète malade et agonisante sont dues au pouvoir exclusif sur les ressources naturelles… Remplaçons les bénéfices à prix sacrifiés par la simplicité des rapports humains, l’échange, l’enrichissement culturel….vaste programme de déprogrammation!”…

18/12/2008

Cyberacteurs : les vidéos

http://www.cyberacteurs.org/video/

11/11/2008

Brennilis : la centrale qui ne voulait pas s'éteindre

Foule et indignation après le film sur Brennilis

Le documentaire de Brigitte Chevet sur « la centrale qui ne voulait pas s'éteindre » soulève questions et indignation à Pont-de-Buis.

« Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s'éteindre », le film de la réalisatrice Brigitte Chevet, a été projeté, vendredi soir, à la médiathèque de Pont-de-Buis dans le cadre du mois du Documentaire. Il a secoué le nombreux public de cette soirée très instructive. Le long-métrage, excellent et passionnant, met deux acteurs face à face, sans prendre partie : EDF, l'exploitant et démanteleur de la centrale, et le collectif Sortir du nucléaire.

Il pointe aussi du doigt de gros points noirs, comme la pollution et la sécurité du personnel. Posant au final cette question stupéfiante : qui de l'Ankou ou de l'Atome va gagner la partie à Brennilis ? L'épineux sujet a été évoqué en présence de la réalisatrice et d'un témoin privilégié en la personne de Michel Marzin, ancien adjoint du directeur du site.

Son témoignage, direct et sincère, évoque le solide mensonge qui a entouré cette immersion dans l'univers du nucléaire. « À l'époque, avoue-t-il avec émotion, nous étions fiers d'avoir participé à cette construction de la centrale. Avec le recul, je témoigne mais je ne pourrais pas revenir en arrière. Les moyens de sécurité n'ont pas été à la hauteur, le risque sous évalué...  Depuis 1982, 50 % des gens ayant travaillé au contact de l'eau lourde sont décédés à moins de 65 ans. C'est terrible, mais pas reconnu. Les employés contaminés des centrales étaient de la viande à neutron. »

Au long du débat, terrible mais lucide, plane le danger, opaque et invisible, de l'atome. Tout comme « l'énorme mensonge » et la « loi du silence ». Sans oublier les fuites, radioactives ou financières.

Un débat qui en appelle d'autres...

Au fil de cette soirée très animée, de nombreuses interventions ont concerné les dangers encore trop méconnus de l'énergie nucléaire, l'incapacité à maîtriser les rejets et le déficit cruel d'informations, notamment de la part des autorités exploitantes.

Brigitte Chevet, réalisatrice du film, reconnaît cependant avoir obtenu facilement l'autorisation de tourner et ne pas avoir subi de pression a posteriori. Michel Marzin, ancien directeur adjoint pense qu'il est plus sage d'attendre un siècle avant de déconstruire le réacteur, le cobalt, noyau de Brennilis, mettant trente ans à se désactiver de moitié.

« Par ailleurs, martèle-t-il, l'enquête publique, suite à l'arrêt de la déconstruction après de nombreuses négligences, sera un bon tremplin pour demander des vérités. Comme sur la pollution du lac au tritium, lors des rejets d'eau de refroidissement, qui ont contaminé les brochets. De plus, tout le bassin versant est touché, ainsi que des nappes phréatiques. C'est terrible, poursuit-il, mais j'ai vu une femme tripoter ces algues à mains nues, lors de prélèvements. Voire même mon responsable prendre des charges par imprudence. ».

Cet autre témoin, ancien militaire présent à Mururoa, témoigne : « C'est épouvantable, nous n'étions pas protégés, ni informés. Nous allions en short ramasser les déchets. Une dose, même très infime, ingérée suffit à condamner l'homme. Effrayant ! »

Le rapport de force, la confiance en la recherche qu'il faut financer, les énergies plus propres, l'omerta sur les mesures effectuées et le financement des laboratoires ont également été évoqués lors du débat qui en appelle d'autres.

Prochaines séances. Elliant, vendredi 14 novembre à la salle polyvalente (02 98 95 88 12) ; Moëlan-sur-Mer, mardi 18 novembre, Le Kerfany, tarif : 4 € (02 98 39 65 88) ; Châteaulin, jeudi 20 novembre, au Run ar Puns (gratuit).



30/10/2008

Nos enfants nous accuseront

Vous trouverez les salles qui, à ce jour diffuseront le film "Nos enfants nous accuseront" à partir du 5 novembre prochain,

Pour qu'un film existe, il faut qu'un maximum de personnes le regarde le plus tôt possible, premières heures, premiers jours...
Alors nous vous invitons si vous le souhaitez à faire suivre cette liste à tous vos contacts.

28/10/2008

Marcos Ana, Quichotte vivant

Par Cristina Castello

 

Dites-moi ce qu'est un arbre/Dites-moi le chant d'une rivière/

quand il se couvre d'oiseaux

Marcos Ana                                     

                                  

Almodóvar filmera la vie de l'homme qui a passé le plus de temps dans les geôles du franquisme. Sans rêves de vengeance, Marcos Ana continue de lutter contre le fascisme. Son histoire est témoignage des oiseaux sans ailes de cette barbarie ; c'est aussi une fête de tendresse qui hisse la Bonté  au-delà de toute horreur.

         Marcos Ana, poète et Quichotte. Un emblème universel de la lutte pour la liberté —88 ans, aujourd'hui— lui qui a été incarcéré dans les prisons du franquisme entre 1939 et 1961. Il a connu la frayeur dans sa peau, dans son cœur, et au travers des yeux de ses compagnons ; il a découvert l'opprobre aux mains des tortionnaires : des mains étrangères à la vie qui seulement le dimanche cessaient de massacrer, parce qu'alors les bourreaux priaient dans l'Église, avec le chapelain. Mais il a aussi connu des ravissements : dans les cachots du fascisme espagnol, Marcos Ana a « adopté » —comme l'on adopte un bébé— une fleur innocente, née dans la fêlure ténébreuse de la paroi la plus cruelle.

         Juché aux barreaux et châtié durement pour cette raison, il s'extasiait sur chaque pleine lune dont —grâce à son obstination— il pouvait jouir. Tel qu'un contrebandier, grille à grille, il distillait la poésie de Neruda et ses propres vers, comme une litanie qui invoquait la liberté. Il avait seulement 19 ans quand il a chu dans cet enfer du Régime, et vingt-trois de plus quand —comme une salve d'oiseaux heureux— il a pu quitter la cage pour embrasser la clarté de la lumière.

         Lumière aveuglante pour lui, qui ne connaissait que les ténèbres. Mais la vie, qui ne lui avait accordé que sa main mesquine, lui arrivait enfin mains offertes. Entre tous ses dons, elle l'a doté de voyages, de reconnaissance mondiale —l'accolade de l'humanité— de la possibilité de lutter et lui a révélé la poésie. Elle lui a dévoilé l'amour et le sexe… à 42 ans. Elle était jeune et brune, mince, belle et subtile. Elle s'appelait Isabel Peñalba et avait le regard bleu.

         Seront-ce les yeux de Penelope Cruz, l'actrice fétiche d'Almodóvar, ceux qui le regarderont depuis ce bleu d'Isabel ? Qui sait ? D'abord, le réalisateur terminera le tournage «Les étreintes brisées » et, peut-être commencera-t-il celui de «La peau que j'habite ». Alors, il se consacrera à « Dites-moi ce qu'est un arbre », le dernier livre de Marcos Ana ; l'œuvre qui parcourt le monde avec ses mémoires de prison et de vie, flamboyantes d'humeur, de la poésie de sa prose et du sens de l'existence comme un fait transcendant.

         Combien de films pourraient être faits au rythme des battements de cœur de ce Quichotte ? Quoi qu'il en soit, Almodóvar a choisi de prendre l'histoire de Marcos, « un survivant », quand il était déjà un oiseau en vol libre qui sillonnait les cieux à la sortie de l'enfer. Ce qui impressionne le cinéaste est qu'après avoir respiré tant de mort, le poète soit empreint de justice et de paix, de fraternité, de semailles, d'imagination, d'espoirs, et non de rancœur. Il se surprend de la passion du poète pour son prochain.  Il s'émeut parce que dans « Dites-moi ce qu'est un arbre », notre auteur raconte  —qu'à cause d'un compagnon qui l'a dénoncé— il a reçu l'une de ses deux condamnations à mort; et, par délicatesse, il ne donne pas son nom pour éviter un préjudice à la famille du traître.  

         Curieuse audace d'Almodóvar, artiste au langage cinématographique baroque, dont les sujets avaient été jusqu'à présent l'amour pour sa mère et pour les femmes, la sexualité, le ménage entre l'amour et la mort, et la transmutation de l'âme. Et bien que quelques faits de l'histoire qu'il filmera justifient à première vue son choix, il y a quelque chose de central, de plus étonnant. « Marcos Ana est à l'identique d'un ange —a expliqué le réalisateur—  je n'ai jamais connu si bonne personne ». À partir de ce tournage, sera-t-il possible de présumer des futurs scénarios almodovariens basés sur la valeur infinie de la bonté ?

 

 

 

Le regard bleu

Dites-moi comment est le baiser / d'une femme. Donnez-moi le nom de l'amour:/ je ne m’en souviens plus

Marcos Ana 

                                                               

         Après 23 années derrière les parois, le plus difficile fut la liberté. Apprendre à être libre. Marcos savait vivre dans la prison, où l'affection envers (et de) ses camarades était son soutien et son moteur. Bien qu'il ait été torturé jusqu'à presque en mourir ; bien qu'il ait vu assassiner tant de vies ainsi que sa jeunesse, il a gravé dans sa peau et son être les rires de ses amis et leur générosité. Avec eux il partageait la faim et le pain, les rêves et les hommages avec lesquels —dans les ombres de l'ombre et avec ingéniosité— ils honoraient les grands poètes. La prison était une « université démocratique », un foyer. Marcos a fondé les cercles littéraires, bien que l'imagination ait été sauvagement persécutée. Les geôliers devaient éviter la fuite physique des prisonniers ; et le chapelain, la fuite spirituelle. Il fallait empêcher la poésie, parce qu'elle était ennemie du système, elle était un être de plus à incarcérer… incarcérer le soleil ?  Allez !

          Dans la décennie des années 50 et à une cellule de châtiment inhumain ses compagnons l'ont approché, ils savaient comment

—oh, quelle grâce l'imagination !—, un stylo et des poèmes de Neruda et Rafael Alberti. Il les a lus plus de mille fois et…. il a commencé à écrire !  Mais... comment garder son mot écrit ? Et ici encore une fois la créativité. Ses « collègues » de prison apprenaient de mémoire ses vers, et ceux qui récupéraient la liberté étaient recueils de poèmes parlants de Marcos Ana, connu encore comme Fernando Macarro Castillo. Un temps après, il a reçu un petit livre publié avec ses poèmes… Homme, quel bonheur ! C'était les deux premières éditions de « Je t'appelle depuis un mur », publié alors au Mexique et au Pérou.

         Comme un jeu interminable de miroirs reflétés en eux-mêmes pour se multiplier, la caméra d'Almodóvar montrera aux esprits assoiffés du monde, la vie de notre personnage et concitoyen… oui ! Ça alors ! Telle succession de hasards ! … Le cinéaste est né dans La Manche, à l’égal de l’une des œuvres suprêmes de la littérature universelle : « L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche »; de même que Don Miguel de Cervantes Saavedra, son auteur, qui avait ouvert les yeux à la vie à Alcala de Henares, dans une ville de la fameuse région, où Marcos demeurait depuis ses neuf ans et subissait son premier emprisonnement… Le hasard existe-t-il ?

         Vierge jusqu'à ses 42 ans, pour Fernando Macarro le monde extérieur était une légende, une fable, une fiction. Il n'y avait pas de murs, mais le ciel ; il y avait du lard ! —ce lard, son rêve d'affamé durant les 9.000 jours et nuits de sa réclusion—;  il y avait des voitures, des affiches lumineuses, des magasins ... des femmes ! Il y avait une vie « normale » qu'il avait oubliée après tant d'années derrière les parois. Habitué à l'horreur et à la nécessité, les lumières l'étourdissaient, il rendait la chère qu'il avait convoitée : il se sentait dans une autre galaxie... jusqu'à ce qu'arrive sa nuit bleue.

         Elle. Elle croyait qu'il était grisé et elle essayait de lui rendre l'argent, qu'il devait payer, car la jeune fille se prostituait. Fernando Macarro ne savait que faire, tout seul avec une femme et dans un hôtel ; il se sentait maladroit, étranger, désorienté, jusqu'à ce qu'il lui raconte la vérité : les 23 ans de prison et son inexpérience sexuelle. Elle s'est alors consacrée à lui avec amour : elle l'a emmené se promener par Gran Vía de Madrid et ils sont allés dîner, tandis qu'il parlait et parlait, comme une graine qui trouve sa terre fertile après la sécheresse.

         Le regard bleu a pleuré. Il a tant pleuré, pendant que Fernando lui contait le seul monde qu’il n’ait jamais connu. Il a pleuré pour toutes les  choses qui méritent des larmes (Jorge Luis Borges). Isabel Peñalba  —c’était elle, oui— l'a ramené  ensuite à l’hôtel et est parvenue à ce que Fernando lui fasse l’amour. Elle voulait qu’il renaisse, elle voulait l’inaugurer. Au petit matin, entre chocolat  et beignets ils étaient unis dans le lit, et quand le poète qui venait de naître  « viril » arriva de retour à sa maison, il  trouva  dans sa poche les cinq cents pesetas du paiement qu'elle n'avait pas voulu. Et un papier,  un appel, une prière d'amour : « pour que tu reviennes cette nuit ».     

         Il pensa à elle toute la journée avec désir et émotion, mais la crainte de l’offenser avec l’argent —qui était avant tout, ressource d’Isabel— se mélangeait à celle de détruire le souvenir de cette nuit de magie et pureté. Il ne savait pas s’il devait y aller, et ce fût une fleur encore, qui le conforta dans sa décision. Il acheta des douzaines de fleurs aussi lumineuses que celle, née dans la paroi la plus cruelle, qu’il avait adoptée comme un bébé. Les 500 pesetas —le prix de la nuit— se transformèrent en un bouquet de boutons d’orchidées et magnolias. Il les laissa à la réception de l’hôtel, avec une carte : « Pour Isabel, mon premier amour ».

          Franz Kafka a écrit que tant qu’on ne cesse de monter, les marches ne cessent pas; sous les pieds qui montent, elles se multiplient à l’infini. Isabelle a été la marche de l’amour.

         Almodóvar se réjouit dans cette courbe d’aurore, d’un tel ravissement de tendresse que les souhaits de sa caméra pourront refléter.

         Avant, bien avant, le phare de Marcos avait été l'affection envers ses parents, à qui il a pensé pour honorer le pseudonyme avec lequel nous le connaissons. Il a choisi Marcos, pour son papa : oh!, cette image d'une casquette solitaire saisie dans la branche d'un arbre brisé, quand un bombardement l'a assassiné; les yeux dévastés du fils avaient 17 ans. Il décida de s’appeler Ana, pour sa maman. Dévouée, sous son foulard noir, elle allait toujours le voir en prison ; et une fois encore, ils ne l’avaient pas laissé entrer. Le poids de son calvaire intérieur à dos, sachant son fils condamné à mort, elle avait commencé à revenir sur ses pas. Elle est tombée au sol, frappée, humiliée par les gardes.

         Maman Ana est morte dans un fossé, en ce Noël de 1943 : « … qu'elle est morte à genoux, ils m'ont raconté /crucifiée dans un rondin de pleurs, /avec mon nom de fils entre ses lèvres/ en demandant à Dieu la fin de mes chaînes »

 

Les Feux de la Rampe

Mon péché est terrible ; /j'ai voulu remplir d'étoiles/ le cœur de l'homme

Marcos Ana

 

         Depuis sa libération en 1961, grâce à la pression internationale, puisqu'il était condamné à soixante années d’emprisonnement—, il a parcouru l'Europe et une grande partie de l'Amérique brune. Il a connu Louis Aragon, Pablo Neruda, finalement Rafael Alberti et María Teresa León, Salvador Allende, Nicolás Guillén, Picasso, Yves Montand, Michel Piccoli, Prévert, Jean-Paul Sartre, Joan Báez, Miguel Ángel Asturias, Pedro Vianna et tant et plus. Il a transformé sa vie en une défense pour la liberté, contre tout autoritarisme. Il a fondé et il a dirigé à Paris, jusqu'à la fin du franquisme, le Centre d'Information et de Solidarité de l'Espagne (CISE) que Picasso a présidé. Et chaque personne qui l'interviewait, et encore aujourd'hui, repose toujours cette question : Miguel Hernández a-t-il vu dans la prison l'énorme poète à l’âme de cristal ? Oui, il l'avait vu. Au « Feu bleu de la poésie » —comme le nommait Neruda—  le franquisme l'avait assassiné à 31 ans, avec une tuberculose empoisonnée, dont ses bourreaux ne s’étaient jamais occupés.

         Pour ses deux ans de liberté, Marcos connut Vida Sender, qui fut sa femme durant de nombreuses années. Aujourd’hui séparés, ils entretiennent une amitié toujours plus profonde et partagent l’amour de « Marquitos » qui vit avec lui. « Marquitos » —actuellement caméraman, photographe et documentaliste— est le fils du couple et la plus grande offrande que notre Quichotte ait reçu de la liberté.

         Mais il y a eu d’autres rencontres. Comme celle,  avec cette musique d’accordéons et violons que, d'un orchestre lointain, il avait écoutée dans la prison de Burgos en Noël ‘60. Il n'a jamais su le nom et, bien qu'il la cherchât avec obsession, sans cette donnée et sans pouvoir la fredonner, il n'était pas possible de la trouver.

          Puis, le vertige des voyages, l’emporta à Copenhague où son lieu de résidence lui était offert dans la maison de… Karen. Haute, belle, fascinante, la déesse nordique ne pouvait communiquer avec lui que par signes. Marcos ne parlait pas un mot d’anglais et pas question du danois. Intimidé —toujours plus chaque minute et sans mot dire— il la regardait à la dérobée depuis un fauteuil ; elle le perçut : l’installa dans le canapé, atténua les lumières jusqu’à créer une atmosphère ténue pour accentuer la détente. Ensuite elle posa une musique choisie sur le tourne-disque et le laissa afin qu’il puisse se délasser.

         Alors, le sourire de la vie. Le miracle. La mélodie que le poète écoutait était celle du film « Des Feux de la rampe »,  la même que ce Noël; celle qu’il avait tant cherchée. La musique a provoqué un sursaut qui fit revenir Karen, inquiète, et s'asseoir avec lui, presque en lui. Le reste fut, l’embrassade silencieuse, la vibration à l’unisson, et le langage de l'amour et de la passion. Durant les cinq jours de sa permanence au Danemark et dans tant d’autres de sa vie d’homme libre, l'enchantement a peuplé d’étoiles le héros qui remplit d’étoiles le cœur de l'homme.

         « Dites-moi ce qu’est un arbre », Marcos Ana clamait au ciel le poème qui a donné le nom à son dernier livre.  Aujourd'hui, déjà tous les bois, tous les oiseaux et tous les fleuves ont conté son histoire. Aujourd'hui il se reconnaît comme un «arbre miraculeux», parce qu'il continue à dignifier la condition humaine. Et il embrasse les mots de son Paul Éluard admiré : « Les barreaux de la cage/Chantent la liberté /Un air qui prend le large/ Sur les routes humaines / Sous un soleil furieux /Un grand soleil d'orage ».

 

http://www.cristinacastello.com

 

16/06/2008

Les Enfants d'Arna

aff_arna.jpg

Documentaire de Juliano Mer Khamis - 2004 - 55 mn

Excellent documentaire. L'un des meilleurs sur la question palestinienne.
C’est l’histoire d’une israélienne (juive) et de son fils (précisément le réalisateur du film Juliano Mer-Khamis, né aussi d’un père palestinien) qui montent un atelier-théatre avec des enfants du camp de réfugiés de Jenine dans les années 90.
Ces enfants sont comme tous les autres, ils aspirent à une vie normale, ils sont pleins de vie et de rêves. Le problème, c’est qu’ils vivent sous l’occupation d’une armée israélienne qui ne fait pas de détails. Ils grandiront et évolueront dans cet environnement jusqu’à devenir des résistants, et presque tous être tués. Le grand mérite du film est de les montrer à différents âges et étapes de leur vie et donc de suivre leur évolution.
Ce film a obtenu plusieurs prix : Meilleur documentaire, Festival de film de Tribeca, New York 2004 Prix Fipresci du meilleur documentaire, Hot Docs, Toronto 2004, Prix du jeune public et Mention spéciale, Visions du Réel, Nyon 2004.

Lumumba

aff_lumumba.jpg

Film de Raoul Peck - 1999 - 1 h 56 mn

C'est un film-hommage au très charismatique Patrice Lumumba, dirigeant du Mouvement National du Congo, héros de son indépendance (1961) et - à trente-six ans à peine - premier chef de gouvernement du nouvel État indépendant.
A partir des années 60, souffle sur le continent africain, le vent de la décolonisation. Sauf que les serments d’indépendance promise par le Roi des Belges, Léopold II, se dissipent rapidement dans un bain de sang. Le rêve s’écroule et les luttes fratricides prennent le pas sur la domination coloniale. Raoul Peck retranscrit dans ce film les déchirements d’un homme amoureux de son peuple et de son pays. Lumumba est écartelé entre ses convictions et la dure réalité du pouvoir ; les alliances belliqueuses, les complots et les manipulations. Les idéaux de ce jeune homme autodidacte se flétrissent à mesure que le Congo s’achemine vers l’indépendance mais “On ne fait pas une révolution à moitié”.
La voix de Lumumba résonne encore comme une prédiction : “L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera, du nord au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité”.

Massoud l'Afghan

aff_massoud.jpg

Une vallée contre un empire
Documentaires de Christophe de Ponfilly - 1989 / 1981 - 1 h 30 mn / 52 mn

Ahmad Shah Massoud, portrait d'un résistant que l'Occident n'a pas su écouter, mort pour la liberté.
Alors que les troupes soviétiques sont entrées en Afghanistan en décembre 1979, Christophe de Ponfilly et Jérôme Bony réalisent leur premier reportage clandestin dans la vallée du Panjshir. Une vallée contre un empire témoigne du début de la lutte d'un jeune commandant, Amah Shah Massoud. En 1981, qui aurait pu prévoir que les paysans afghans tiendraient tête à l'armée soviétique? Massoud, jeune chef de la guérilla installée au nord-est de Kaboul, dans la vallée du Panjshir, était sûr de la victoire. On le verra organiser son dispositif pour durer. Ce résistant infatigable croyait en la justice de sa cause. Tourné clandestinement en super 8, ce document a été le premier à témoigner des débuts du combat de Massoud.

Tuez-les Tous !

aff_rwanda.jpg

Rwanda : Histoire d'un génocide "sans importance"
Documentaire de Hazan, Glucksmann et Mezerette - 2003 - 1 h 38 mn

En 1994, pendant trois mois, devant les caméras du monde entier et dans une indifférence quasi générale de la communauté internationale, le Rwanda bascule dans l’horreur. L’armée Hutu, aidée de miliciens et de civils, va massacrer un million de Tutsi en une centaines de jours, soit près de 10.000 personne par jour. Le génocide fut savamment orchestré et organisé et s’est nourri de la passivité de tous.
Trois jeunes réalisateurs français, troublés par le rôle ambigu de la France, ont décidé de mener l’enquête, à la fois au Rwanda et en Europe, pour tenter de comprendre, froidement, les mécanismes qui ont permis la réalisation du dernier génocide du XXe siècle. Investigations, mise en perspective historique, interviews des acteurs et des rescapés de cette tragédie dressent le sombre tableau de l’enchaînement des faits et mettent l’accent sur la passivité de la communauté internationale dans cette affaire.
Les documentaires sur le génocide au Rwanda ne sont pas nombreux, celui-là en plus de marquer dans l'histoire ce drame, ose poser les questions qui dérangent sur la responsabilité occidentale et principalement française et le rôle de ses manigances politiques dans ce sombre épisodes de l'Histoire de l'humanité.

Escadrons de la Mort

aff_escadrons_mort.jpg
l'Ecole Française
Documentaire - 2003 - 60 mn

Pendant les années de plomb en Amérique du Sud (70 - 80), ce continent était ravagé par les massacres et la répression féroces des dictateurs militaires. Ces dictatures installées ou appuyées par les Etats-Unis au nom de la lutte contre le communisme multiplient les exactions, les tortures, et sèment la tyrannie.
Mais les Etats-Unis n'étaient pas seuls à soutenir ces dictatures, des militaires français furent envoyés par le gouvernement français en Amérique du Sud avec une mission : former les tortionnaires sud-américains aux techniques déjà expérimentées par la France en Algérie ou en Indochine.

The revolution will not be televised

aff_chavez.jpg

Coup d'état contre Chavez
Documentaire de Kim Bartley et Donnacha O'Briain - 2004 - 1 h 15 mn

Le documentaire Coup d'état contre Chavez ou The revolution will not be televised ou encore Chavez, the film, réalisé par Kim Bartley et Donnacha O'Briain, a été tourné alors que les deux réalisatrices préparaient un documentaire sur le président Hugo Chávez au Venezuela. Elles se trouvaient à l'intérieur du palais présidentiel quand fut déclenché, le 11 avril 2002, le coup d'état conduit par les propriétaires des chaînes privées, les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi qu'une poignée de dirigeants militaires avec le soutien, entre autres, des États-Unis, de l’Espagne, de la Colombie et du Salvador.
Le film présente la chronologie du putsch et la mobilisation des millions de Vénézuéliens qui entraîna le retour au pouvoir d'Hugo Chavez 48h après le début du coup grâce à la garde présidentielle

Afrique 50

aff_afrique.jpg

Documentaire de René Vautier - 1950 - 17 mn

Résistant maquisard, militant communiste et cinéaste engagé, René Vautier était un précurseur du cinéma militant. En 1950, il filme "Afrique 50", premier film anticolonialiste en France, et le présente en dépit de la censure française qui lui confisque une grande partie des ses bobines. Dans ce court documentaire, Vautier se consacre aux conditions de vie dans les villages des colonies françaises d'Afrique occidentale.
Le film fut - évidemment - saisi et interdit et René Vautier emprisonne.
"Je suis parti pour la Ligue de l'enseignement, où certains avaient senti la nécessité d'apporter des images neuves venant d'Afrique après le discours de De Gaulle: " La France se donne pour tâche d'amener les populations dont elle s'occupe à se gérer elles-mêmes ". On se disait: " Il faut voir." Je suis parti, pas plus anticolonialiste que ça, et c'est là-bas, voyant les choses et discutant avec les gens que, sympathisant à leurs côtés au vieux sens grec " souffrir avec ", je m'apercevais qu'effectivement le gars ne pouvaient pas me donner grand chose, n'ayant eux-mêmes pas de quoi manger. Là, se fait la cassure avec ceux qui vis à vis des autres sont des nantis. Ils vous apparaissent de l'autre côté d'une barrière que vous avez franchie. Et vous êtes avec d'autres, qui s'accrochent aussi à vous pour vous dire " parles en notre nom; fais-nous connaître ". Une confiance à ne pas trahir, qui fait aussi la joie de vivre. Effectivement, autour de tous ces ennuis avec Afrique 50, j'ai vécu dans la joie", raconte Vautier.

Ressources humaines

aff_ressources.jpg

Film de Laurent cantet - 1999 - 1 h 30 mn

Écrit et tourné avec des amateurs (chômeurs, cadres et syndicalistes), filmé dans unez usine en activité, Ressources humaines pose une question centrale : comment trouver sa place dans un monde du travail en pleine recomposition ?
Tout frais émoulu d'une grande école de commerce, un fils d'ouvrier revient effectuer son stage de fin d'études dans le service des Ressources Humaines de l'usine où travaille son père. Il y est chargé de réfléchir à l'application de la réduction du temps de travail à trente-cinq heures hebdomadaires. Mettant à profit ses connaissances, il s'attelle à la tâche avec le plus grand soin de l'intérêt général. Jusqu'au jour où il apprend que son père pourrait être une des victimes d'un nouveau plan social.

Le Bien Commun

aff_biencommun.jpg

L'assaut final
Documentaire de Caroline Poliquin - 2002 - 52 mn

Dieu a créé le monde en sept jours. Aujourd’hui, l’homme d’affaires tout-puissant veut le vendre en sept jours afin de proclamer le Marché Total.
Ce documentaire est une enquête rigoureuse sur l’érosion de la notion de bien commun dans un contexte économique qui voit l’augmentation des privatisations et la généralisation des brevets et droits d’exploitation. Que ce soit au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, en France, au Brésil ou en Inde, les biens les plus essentiels à la vie sont devenus de simples marchandises : L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles, plus rien aujourd’hui ne semble pouvoir échapper au destin de marchandise, et demain, ces biens communs ne seront-ils donc accessibles qu’aux plus offrants ?