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30/05/2014

Ateliers au Centre d'accueil des demandeurs d'asile par Brigitte Giraud (2011)

 

"Ce film retrace plusieurs séquences de rencontres de parole et d'écriture que j'ai menées en 2011 au CADA. On arrive ici, "poète" de rien. Juste humble. Juste humble !

Il me semble qu'aujourd'hui, je peux montrer ce documentaire. Puisque, s'agissant d'images du réel, d'un réel qui parle, c'est un documentaire. 


J'ai filmé des fragments de ces ateliers pour les résidents du Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile, des êtres en détresse et en espoir, en exil, le plus souvent broyés par leur histoire.

Ce film, je l'ai fait pour ces hommes et ces femmes, mes frères de cœur, une trace  d'existence, durant ce moment de précarité de leur vie. Ils écrivent, apportent avec eux leurs poètes, font résonner leur musique, disent l'angoisse qui les tient sans cesse, et oublient un peu, pour un moment, un moment seulement, la désespérance de leur vie de guingois. Parfois, leurs lèvres s'étonnent d'un sourire.


Ces rencontres ont fait liens, ont été très importantes pour moi. De l'émotion brute et vive. Des tendresses aussi. Pour tous ceux qui également sont entourants, et bénévoles, totalement engagés pour la cause humaine et la vie libre.


On écoute, on est présent, on apporte sa petite pierre à un édifice incertain,  son cœur ouvert. On voudrait édifier des Tours Eiffel pour chacun.
Mais il y a les lois, ...et sa colère. On se dit qu'on écoutera sa justesse. On se dit aussi qu'on est si peu, mais que peut-être, quelquefois, on pourra beaucoup.


Ainsi, à présent que quelques années ont passé, et sous le choc du score du FN de dimanche soir dernier, je crois que ce film témoignage peut être destiné à tous. "

 

Brigitte Giraud

http://paradisbancale.over-blog.com/

 

 

 

 

24/05/2014

Anaïs, 24 ans : un rêve, un combat.... (TV Rennes)

 

Anaïs a 24 ans. Elle vit seule dans une petite maison au milieu d’un champ en Bretagne. Rien ne l’arrête. Ni l’administration, ni les professeurs misogynes, ni le tracteur en panne, ni les caprices du temps, ni demain ne lui font peur. En accord avec ses convictions profondes, portée par son rêve de toujours : celui de devenir agricultrice et de faire pousser des plantes aromatiques et médicinales.

Le film accompagne cette jusqu’au-boutiste. Seule contre tous. Peu lui importe. Elle sait qu’elle gagnera.

 

 

19/05/2014

Green, destruction of World

Son nom est Green, une femelle orang-outan, seule dans un monde qui ne lui appartient plus. C'est un voyage bouleversant à travers les yeux et les sentiments de l'un des derniers grands singes de Bornéo. Un témoignage puissant, une œuvre rare qui modifie pour longtemps le regard que nous portons sur la Nature et notre société. Green est le résultat du travail et de la volonté d'un seul homme : Patrick Rouxel, parti pendant plusieurs mois sans financement, seul avec une caméra dans la jungle de Bornéo. Un documentaire exceptionnel récompensé par 22 prix décernées aux quatre coins du globe. Une chose est sûre : impossible d'oublier les yeux de Green...

 

 

 

06/05/2014

Les Aryens, un documentaire de Mo Asumang

En Allemagne, certaines localités, rebaptisées « zones nationales libérées », sont désormais sous le contrôle du NPD (Parti national-démocrate), qui a fait fuir les étrangers et imposé un climat de terreur. Aux États-Unis, les groupuscules d’extrême droite prolifèrent dans le sillage du Ku Klux Klan ou de suprématistes blancs tels que le fondateur de la White Aryan Resistance, qui affirme sans détours : « Notre religion, c’est notre race. » Si leurs dénominations et leurs méthodes diffèrent, ces mouvements reposent sur une idéologie commune : la croyance en la supériorité de l’homme blanc, et plus particulièrement de l’Aryen, qui fut glorifié par les nazis pour mieux rayer de la communauté nationale les juifs, les étrangers et tous les individus jugés inférieurs. Mais que signifie être aryen ?

 

Descendant de grands-parents enrôlés dans la SS d’un côté, d’aïeuls ghanéens de l’autre, la réalisatrice, présentatrice et actrice Mo Asumang (The ghost writer) est confrontée depuis l’enfance à la haine raciale. De manifestations publiques en entretiens en tête-à-tête, bravant les intimidations et les silences obstinés, elle part à la rencontre des néonazis pour décrypter leurs motivations et les confronter à leurs incohérences. Au fil de son enquête, elle interroge le sens du mot « Aryen », popularisé au XIXe siècle par Joseph Arthur de Gobineau. Elle met ainsi en lumière l’instrumentalisation du terme, qui désigne en réalité une peuplade de bergers du IIIe millénaire avant J.-C., installée sur les hauts plateaux de l’Iran actuel. Une vérité anthropologique irréfutable qui ébranle les postulats nazis toujours en vogue aujourd’hui, qualifiés de « sinistre plaisanterie » par un archéologue persan.

 

A voir en ce moment sur Arte :

25/02/2014

The Mask You Live In - Trailer

 

 

26/01/2014

Une contre-histoire de l'internet de Sylvain Bergère

Lutter... Ici et maintenant ! / Philippe Roizès 2013

13/01/2014

Un documentaire d’Hitchcock sur l’holocauste nazi sorti d’un long silence …

 

Le Musée impérial de la guerre de Londres a restauré numériquement le documentaire, réalisé en 1945 par le futur maître du suspense, Memory of the camps sur le génocide hitlérien. Il sera présenté en 2015, à l’occasion du 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Entre l’horreur des camps nazis et le cinéaste britannique Alfred Hitchcock, il n’existait jusqu’à présent aucun lien connu. Pourtant, l’auteur de La Main au collet et de La Mort aux trousses, bouleversé par les événements qu’il découvre en même temps que le monde entier, a réalisé un documentaire sur les camps, intitulé Memory of the camps. Jamais diffusées publiquement, les bobines, qui ont été exhumées des archives puis restaurées numériquement, montrent sans aucun artifice la cruauté du système concentrationnaire nazi.

Début 1945, les troupes alliées entrent enfin en Allemagne, après cinq ans d’une lutte incessante contre les forces du IIIe Reich. Au fur et à mesure de leur progression, elles découvrent l’horreur des camps nazis. À l’Est, les troupes de Staline libèrent Auschwitz, en Pologne, le 26 janvier 1945. Sur le Front ouest, les Américains et les Anglais piétinent un peu. Ils ouvrent les portes de Buchenwald, le 11 avril. Le 15 avril, ils pénètrent dans Bergen-Belsen. Quelque 60.000 personnes peuplent encore le camp. La plupart sont atteintes du typhus. Faute de moyens sanitaires suffisants, dépassées par l’horreur, les troupes britanniques ne pourront sauver tous les survivants. Le service cinéma de l’armée anglaise filment l’insoutenable pour témoigner de la folie génocidaire nazi. Anne Frank y passera ses derniers jours.

Hitchcock est bouleversé par la cruauté des images

Quelques mois plus tard, encouragé par son ami producteur Sydney Bernstein, Alfred Hitchcock décide de réaliser un documentaire sur la libération des camps. Il décide d’utiliser les rushes de l’armée britannique et, plus particulièrement, les images tournées à Bergen-Belsen. Dans un premier temps, il est bouleversé par la violence du reportage militaire. Son effroi est compréhensible. Les conditions de vie dans Bergen-Belsen étaient effroyables. Les soldats ont découvert des survivants affamés, certains mourant littéralement de faim: ils n’avaient pas mangé depuis 6 jours. Des soldats ont mis au jour un charnier. D’autres ont dû déplacé une montagne de cadavres. Les archives militaires montrent la vérité de la façon la plus crue possible.

Malgré son écœurement, avec tout ce matériel brut, Hitchcock monte son documentaire. Il a, dans un premier temps, pour objectif de servir de témoignage à charge contre les Allemands pro-nazis qui ont laissé faire cela. Fin 1945, les autorités alliés se ravisent. Pour accéler la reconciliation européenne, il n’est plus opportun de diviser en publiant ce documentaire dénonciateur. Le film d’Hitchcock finit bientôt dans les oubliettes du Musée impérial de la guerre. Archivé, il est presque bientôt complètement oublié. En 2015, sera commémoré le 70e anniversaire de la libération des camps. Le musée anglais, dédié aux conflits du XXe siècle, a décidé de projeter, Memory of the camps, la version intégrale et restaurée du film d’Alfred Hitchcock. Un nouveau documentaire Night will Fall realisé conjointement par André Singer et Stephen Frears sera diffusé simultanément.

 

 

 

 

 

 

 

07/01/2014

Genre : - indéfini ?



Phoebe est atteinte du syndrome de l’insensibilité aux androgènes, un trouble de la différenciation sexuelle. Elle est née avec des chromosomes mâles et des testicules, mais son corps ne produit pas de testostérone. Après une enfance "normale" de fille, elle a appris à la puberté qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfants et qu’il faudrait procéder à l’ablation de ses testicules, car elle risquait un cancer. L’heure est venue de demander quelques explications à sa mère – ses deux sœurs étant atteintes du même syndrome. Un jour, elle décide de partir à la rencontre d’autres personnes qui partagent cette identité "intersexuelle". Résultat : un road-movie émouvant et drôle à travers l'Australie, émaillé d'images d’archives des années 1980 et 1990.


Documentaire de Phoebe Hart, Australie, 2012

06/01/2014

“J'ai été très gâté, j'ai pu accomplir tout ce que je voulais”, Hayao Miyazaki… libre comme l’air

Entretien | “Le vent se lève…” sera son dernier long métrage. Le cinéaste japonais, que nous avons rencontré à Tokyo, nous explique pourquoi. 

Le 04/01/2014 à 00h00
Propos recueillis par Stéphane Jarno - Télérama n° 3338

 Jeremie Souteyrat pour  Télérama .

Jeremie Souteyrat pour Télérama.

Cette fois c'est bien fini. Juré, craché, Hayao Miyazaki ne fera plus de longs métrages d'animation. Le vent se lève, il faut tenter de vivre, qui sortira le 22 janvier 2014 en France, est son ultime grande œuvre. A 72 ans, le pape de l'animation japonaise prend sa retraite. Lors d'une conférence de presse à Tokyo le 6 septembre 2013, Miyazaki a argué qu'il lui fallait de plus en plus de temps pour mener à bien ses films. Handicapé par des problèmes de main et de vue, le père de Totoro et de Princesse Mononoké dit avoir du mal à suivre le rythme. Pour dessiner, il doit désormais pencher la tête à quelques centimètres du papier comme il l'a montré aux six cents journalistes médusés. Séquence émotion.


Extrait de Mon voisin Totoro (1988).

L'homme, qui nous accueille trois mois plus tard dans son grand chalet de bois à un jet de pierre des studios Ghibli, n'a pourtant rien d'un vieillard chenu usé par le labeur. Alerte, un rien goguenard, affublé du sempiternel tablier blanc qu'il revêt pour accueillir les journalistes (son bleu de travail ?), le septuagénaire semble surtout préoccupé par sa chaudière à bois. Pendant l'entretien, il se lèvera plusieurs fois pour tisonner le foyer et régler l'appel d'air. Fichues bûches trop humides… A l'évidence, ce pois sauteur n'est pas mûr pour les thés dansants, les sorties en car ou de longues parties de Scrabble.

Sorti en juillet dernier au Japon, Le vent se lève… y a rencontré un énorme succès (plus de six millions d'entrées, 85 millions de dollars de recettes), un peu moins cependant que son film précédent, Ponyo sur la falaise. Surtout, fait très inhabituel, cette production Ghibli a créé la polémique. Le vent se lève… relate en effet une partie de la vie de Jiro Horikoshi, brillant ingénieur aéronautique, célèbre pour avoir conçu les plans du Zéro, redoutable avion de combat qui s'est illustré pendant la guerre du Pacifique, de Pearl Harbor aux kamikazes. Un sujet sensible et pas franchement destiné aux enfants, qui a valu à Miyazaki un tir croisé de critiques. Traité de « traître » et d'« anti-japonais » par la droite nationaliste nippone qui ne lui pardonne pas sa peinture au vitriol de l'armée impériale, le cinéaste a également subi l'ire des médias sud-coréens.

Au pays du Matin calme, le portrait avantageux du concepteur du Zéro, que certains considèrent comme un criminel de guerre, n'a pas fait recette. Difficile pourtant de soupçonner ce pacifiste de longue date d'avoir fait un film militariste. Tout son propos tient plutôt dans une question lancinante : artiste ou ingénieur, un créateur doit-il renoncer à son œuvre au gré des circonstances ou vivre sa passion, sans se préoccuper des conséquences ? Pour le cinéaste aux grosses lunettes d'écaille qui allume une énième cigarette, la réponse ne fait aucun doute. Et le vers de Paul Valéry qui donne son nom au film et qu'il déclame soudain en français, « Le vent se lève ! … Il faut tenter de vivre », prend alors tout son sens. Tenter d'être, d'avancer, d'accomplir, malgré un sort contraire.


Bande annonce du Vent se lève, il faut tenter de vivre, en salles en France le 22 janvier 2014.

Survenus pendant la genèse du film, le séisme de mars 2011 et la catastrophe de Fukushima y ont aussi laissé une empreinte profonde. Coincés dans cette banlieue au sud-ouest de Tokyo, sans électricité, transports ni moyens de communiquer, beaucoup d'employés des studios Ghibli ont campé plusieurs jours dans les locaux, sans rien pouvoir faire, choqués. Après s'être demandé si réaliser ce film avait encore un sens, Miyazaki a trouvé des raisons supplémentaires de le mener à terme. A l'écouter, le monde court à sa perte et il est urgent de vivre intensément ou bien de prendre la tangente, de s'évader dans l'imaginaire. On rêve beaucoup dans son film, mais la réalité a toujours le dernier mot.

Depuis Fukushima, Ghibli a rompu son contrat avec Tepco, la compagnie nationale qui gère les centrales. « Pas d'électricité nucléaire chez nous », clament des affiches ainsi qu'un drapeau sur le toit des studios. Miyazaki a pris sa plus belle plume pour dire dans Neppu, le magazine gratuit de Ghibli, tout le mal qu'il pense de la politique du gouvernement de droite actuel et particulièrement du Premier ministre, Shinzo Abe, dissimulateur et va-t-en-guerre. Une contestation certes marginale mais gênante pour les autorités nippones qui auraient pré­féré que le « trésor national vivant » reste dans son rôle de bon papa de la nation et continue à faire de jolis films pour les enfants. Pas de chance, Papy fait de la résistance.

Avant de tirer le rideau et de partir pour de longues randonnées en montagne, l'ours des studios Ghibli nous a accordé un entretien au long cours où il s'explique, tempête, sourit et baisse (un peu) la garde. Une première.

Pourquoi évoquer la vie de Jiro Horikoshi dans votre nouveau film ?
Parce que c'était un ingénieur aéronautique particulièrement brillant dans le Japon des années 30, qui a réalisé le rêve de milliers de gamins : concevoir un avion exceptionnel.

Vous brossez de lui un portrait idéalisé…
Comme beaucoup d'ingénieurs, Horikoshi parlait peu et n'a pas laissé beaucoup d'écrits, ni de livres de souvenirs. Pour étoffer son personnage, je me suis inspiré d'un roman de la même période, Le vent se lève. Son auteur, Tatsuo Hori, a écrit beaucoup de poèmes et de livres qui expliquent la mentalité et la façon de penser des Japonais des années 20-30. J'ai senti que l'ingénieur et le romancier venaient du même terreau, et ils se sont mêlés naturellement en moi.

“Il y a dans le Japon d’aujourd'hui
le même genre d’atmosphère délétère
que dans les années 20-30.”

Jiro Horikoshi a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. En faire un personnage de fiction, c'est prendre des libertés avec l'Histoire…
Beaucoup d'ouvrages savants ont été écrits à son propos, mon film ne changera pas cette réalité historique. J'ai surtout voulu dépeindre le sentiment commun qu'avaient tous les jeunes à l'époque, qui voyaient leur pays se diriger tout droit vers la destruction. Il y a le même genre d'atmosphère délétère dans le Japon d'aujourd'hui, les ressemblances entre les deux périodes sont frappantes. En 1923, il y a eu le grand tremblement de terre du Kanto, quatre-vingt mille victimes, surtout dans les incendies qui ont suivi. Puis les bombardements américains pendant la guerre, deux cent mille morts. Ce genre de situation peut se reproduire au Japon d'ici quelques années.

Sur quoi vous appuyez-vous pour faire de telles prédictions ?
Tout est déjà en place. Pendant cinquante ans, la population du Japon a augmenté et l'économie s'est développée en parallèle. Récemment la situation s'est brutalement inversée, nous ne savons pas où nous allons, la population vieil­lit, diminue et le gouvernement fait n'importe quoi pour relancer la croissance économique. Le pressentiment de cette chute fait naître un nationalisme de pacotille et toutes sortes d'idées négatives.

Dessin préparatoire de Hayao Miyazaki pour Le vent se

Dessin préparatoire de Hayao Miyazaki pour Le vent se lève.

Malheureusement cette tendance concerne peu ou prou tous les pays d'Asie orientale et porte en germe les conflits futurs. Sans parler de la dégradation alarmante de l'environnement, non seulement à cause de Fukushima, mais aussi de la pollution atmosphérique en Chine, dans beaucoup de grandes villes où l'air est irrespirable. Pour résoudre ce problème de pollution atmosphérique, la Chine se tourne vers le nucléaire, quelle ironie ! Tout ce que nous avons vécu dernièrement n'était qu'une sorte de prologue.

 

Comprenez-vous les polémiques qui ont suivi la sortie du Vent se lève… au Japon et en Corée du Sud ?
Je savais que ce film ne passerait pas auprès des personnes qui ne raisonnent qu'en termes d'idéologie. On ne peut pas comprendre ce qui se passe dans le monde en étant manichéen, « pour » ou « contre ». Comme le disait Saint-Exupéry, « on ne voit bien qu'avec le cœur ».

Horikoshi ne mérite pas d'être condamné. Lorsque les autorités militaires lui ont demandé de créer un avion puissant, il a résisté à sa façon, en faisant traîner, en changeant les plans. Ce n'était pas un militaire, ni un homme d'affaires, il voulait juste, disait-il, « faire quelque chose de beau » et n'imaginait pas des conséquences aussi dévastatrices. Les avions sont avant tout de beaux rêves auxquels les ingénieurs donnent une forme. Jiro Horikoshi a fait de son mieux dans une période extrêmement difficile.

“Les gens qui pensent être très purs
et vivre de manière innocente
dans le monde actuel sont
des sots ou des hypocrites.”

Vous êtes pacifiste, pourtant la guerre est très présente dans vos films…
Sans doute ne suis-je pas aussi pacifiste que cela [rires]. L'humain est pétri de contradictions, les gens qui pensent être très purs et vivre de manière innocente dans le monde actuel sont des sots ou des hypocrites. La mécanique militaire, l'armement, les machines me fascinent depuis l'enfance. Mon regard a changé avec l'âge, mais j'aime toujours les étudier, les démonter pièce par pièce, comprendre leur mécanisme. Et je ne me lasse pas de les dessiner.

Auriez-vous aimé être pilote ?
Quand on est myope comme moi ou Jiro Horikoshi dans le film, c'est « niet » dès le départ, on ne peut même pas en rêver. Le plus frustrant n'est pas tant de ne pouvoir voler que d'être bloqué tout jeune, de voir des routes qu'on ne pourra jamais prendre.

Dessin préparatoire pour Le vent se lève.

Dessin préparatoire pour Le vent se lève.

Vous êtes né en 1941. Gardez-vous un souvenir de la guerre ?
J'étais très petit. Nous habitions alors une maison à Utsunomiya, à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo. Un soir la ville a été bombardée. Je me souviens très bien de notre fuite. Nous avions entassé des affaires dans une carriole et mon père me portait sur son dos. Je me rappelle surtout les lumières, pas la peur. J'étais fasciné par le ciel nocturne illuminé, j'en garde de fortes impressions visuelles. Par chance, notre maison n'a pas été détruite, mais nous n'y sommes pas retournés. Quand mon père est allé récupérer quelques affaires le lendemain, il est tombé sur un gamin effrayé qui s'y était réfugié.

 

Il y a peu, j'ai reçu une lettre de ce « jeune » rescapé qui me raconte comment mon père l'a rassuré, lui a dit de rester autant de temps qu'il le voulait et lui a même donné une barre de chocolat ! Une ra­reté inouïe à l'époque : moi, je n'en avais jamais mangé ! Je me demande bien où il l'avait trouvée, sans doute se la réservait-il [rires]. L'enfant, lui, a pensé que c'était un dieu descendu sur Terre… Cette anecdote m'a fait un immense plaisir, comme une bulle venue du passé où j'ai pu entrevoir les jeunes années de mon père, un homme que je n'imaginais pas, bon et ouvert.

“Ce film est aussi une réconciliation.
J’ai beaucoup pensé à mon père en le préparant.”

Vous semblez avoir mis beaucoup de votre histoire personnelle dans ce film. L'entreprise de votre famille paternelle fabriquait des pièces pour le Zéro…
Oui, l'extrémité des ailes. C'était une petite usine régionale, mon père s'occupait de l'aspect commercial et s'est pas mal enrichi ainsi. Il travaillait pour les militaires, c'est pour cela qu'il avait du chocolat… Enfant, je détestais l'idée que ma famille ait prospéré grâce à la guerre, j'ai eu de longues et houleuses conversations avec mes parents pendant toute mon adolescence. Je trouvais mon père bien léger et assez irresponsable. Longtemps je n'ai pas eu une haute opinion de lui. En préparant Le vent se lève…, j'ai beaucoup pensé à lui ; je me suis aperçu à la lumière de différentes anecdotes que son détachement et sa gaieté cachaient une réflexion en profondeur. Ce film est aussi une réconciliation.

Vous avez minutieusement reconstitué le Japon des années 20-30. Eprouvez-vous de la nostalgie pour cette époque ?
Je ressens un sentiment complexe. C'est le temps d'avant, celui de mes parents, des habits traditionnels, des salutations, de l'étiquette même entre frères et sœurs. Une époque sans bruits agressifs, ni néons criards, encore au contact de la nature, mais où le Japon était un pays pauvre et rural, ballotté par la crise économique. Un passé que nous avons rejeté en bloc lorsque nous étions jeunes. Ces usages, ces formules de politesse, ces cérémonials nous semblaient d'un autre âge ; ma génération a sciemment détruit tout cela. Nous prétendions que c'était à cause de ce genre d'esprit et de traditions que notre pays était entré en guerre… Mais nous ignorions qu'en détruisant tout cela le Japon deviendrait moins beau.

L'un des personnages de votre film affirme qu'une vie de créateur, que l'on soit artiste ou ingénieur, ne dure que dix ans. Qu'avez-vous fait des quarante années restantes ?
J'ai commencé l'animation quand j'avais 22 ans, mais il a fallu quelques années avant qu'elle devienne réellement une extension de moi-même. Cette période de grâce, cette décennie créatrice a commencé lorsque j'avais 28 ans, après j'ai dû devenir réalisateur, c'est alors que les difficultés ont commencé [rires]. J'étais très heureux en tant qu'animateur. J'adorais dessiner et n'avais pas besoin de rester tard au studio. Je dessinais très vite.

Vous êtes désormais officiellement à la retraite, pourtant on a du mal à vous imaginer désœuvré…
Tant que je pourrai conduire ma 2 CV, je viendrai tous les jours aux studios. La différence, c'est que j'arrive un quart d'heure plus tard le matin et que je repars une demi-heure plus tôt. Ce qui me laisse le temps de voir davantage mon épouse et de travailler sur d'autres projets. Maintenant que je suis libéré des contraintes de rentabilité, je dois profiter de cette liberté pour créer…

… un autre film ?
Pas un long métrage en tout cas. Je ne veux pas faire de promesses que je ne pourrai pas tenir. Je travaille sur une bande dessinée, un manga qui raconte une grande bataille dans le Japon du XVIe siècle, mais je crains déjà d'avoir vu trop grand, je n'en vois pas le bout ! J'ai aussi en projet plusieurs petits films d'animation ainsi que des expositions temporaires pour le musée Ghibli. Un lieu qui m'est cher et où je finirai sans doute en vitrine.

Avez-vous des regrets ?
Non, j'ai été très gâté, j'ai pu accomplir tout ce que je voulais. Evidemment sur certaines scènes je trouve encore des choses à améliorer. Mais même s'il y a quelques défauts, j'ai toujours fait de mon mieux.

A voir

Le vent se lève, il faut tenter de vivre, en salles le 22 janvier 2014.

 

03/01/2014

Indiens d’Amazonie – Le Dernier Combat

Mardi 7 janvier 2014 à 21.45 sur France  (Le Monde en face) Documentaire
 
 
 

12/12/2013

LA FABRIQUE DE PAUVRES, un documentaire de Lourdes Picareta

 


11 millions en Allemagne, 9 millions en France : c'est le nombre de personnes, comprenant de nombreux enfants, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté dans ces deux pays, pourtant parmi les plus riches d'Europe. Cette misère n'est ni un choix ni une fatalité. Elle est le produit d'un changement de paradigme économique et politique ayant débouché sur un nouveau système. En Allemagne, des mères de famille jonglent entre des allocations chômage dérisoires et des "minijobs" à 400 euros. Dans les cités françaises, l'ascenseur social est en panne. En Espagne, les services sociaux sont asphyxiés par la baisse des crédits et des familles endettées se retrouvent à la rue alors même que les banques ne parviennent plus à vendre les logements vacants qu'elles ont saisis. Autant de témoignages qui illustrent une pauvreté "héritée" dès l'enfance et le sentiment d'impuissance et de honte de ceux qui en sont victimes. Sociologues et politologues mettent en garde : dans des sociétés européennes "en situation d'urgence", le démantèlement de l'État providence pourrait bien être une bombe à retardement.


(Allemagne, 2012, 52mn)

 

 

09/12/2013

La musique comme instrument de torture de Tristan Chytroschek

 

Merci à Arte ainsi qu'à Voix Dissonantes pour le relai   http://jlmi.hautetfort.com/

 

04/12/2013

Indiens d’Amazonie : le dernier combat

A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme des Nations-Unies, Survival International (France) vous invite à la projection en avant-première du film de Laurent Richard : Indiens d’Amazonie : le dernier combat le 10 décembre 2013 à 21h à l’auditorium de la Maison d’Amérique latine 217 boulevard Saint-Germain 75007 Paris M° Rue du Bac ou Solferino

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

Ce film raconte le dernier combat mené par les Awá, une tribu amazonienne que Survival considère comme la plus menacée au monde. Les Awá sont l’un des derniers groupes de chasseurs-cueilleurs nomades du Brésil. Une centaine d’entre eux n’a toujours aucun contact avec le monde extérieur. Bien que la plupart des Awá vivent dans des territoires officiellement reconnus par le gouvernement brésilien, ils sont refoulés dans des zones de plus en plus restreintes en raison de l’invasion violente de bûcherons, d’éleveurs de bétail et de colons qui détruisent massivement leurs forêts. Sans leur forêt, les Awá n’ont aucun espoir de survie en tant que peuple. Mais leur forêt, c’est aussi notre histoire. Car ce bois coupé illégalement finit souvent chez nous, dans nos magasins ou dans nos appartements en lames de parquet… Un trafic qui rapporterait plus de 15 milliards par an dans le monde entier.

 

Le film sera diffusé le 7 janvier à 21h35 sur France 5.

 

Source : http://www.survivalfrance.org/

05/11/2013

Ulzhan de Volker Schlöndorff (2007)

30/10/2013

Messagers de la vie

 

 

À quelques mois des commémorations marquant le vingtième anniversaire du génocide des Tutsis rwandais, Théophile Kagabo et Norbert Nsabimana ont suivi trois rescapés, Déo Mazina, Marie Niyonteze et Révérien Rumangwa. À travers leur film, « Messagers de la vie », réalisé pour l’association Ibuka mémoire et Justice, tous trois non seulement se sont relevés mais font preuve d’une force et d’un rayonnement extraordinaires, nous offrant un message de foi en l’avenir.
 

 

Marie Niyonteze est l’auteur du livre remarquable « Retour à Muganza, récit d’un avant-génocide », paru aux éditions M.E.O. Voir : NIYONTEZE-MUGANZA.pdf

 

29/10/2013

Sâdhu – seeker of truth de Gaël Métroz (2013)

 

Comment vivre une ascèse du cœur sans que l’écho de l’humanité ne rebondisse constamment contre nos murs ? Comment contourner la dictature du mental, sortir du fonctionnariat de notre ego ? Sommes-nous capables de rester dans ce monde sans être emportés par lui, de vivre cette société qui s’attache davantage à la cohérence d’un parcours qu’à la vérité d’un être ? Comment passer de la méditation à la médit-action ?
« Sadhu – seeker of truth », dernier long-métrage du réalisateur Suisse, Gaël Métroz, est avant tout la rencontre entre deux hommes en quête intérieure, le réalisateur et son protagoniste. Fidèle à sa démarche de cinéaste pratiquant l’immersion solitaire, généreux, jamais intrusif, le Valaisan a marché pendant 18 mois sur les pas de Suraj Baba, un ermite indien en rupture, au terme de huit années d’isolement consacrées à la méditation, dans une grotte aux sources du Gange. Caméra à l’épaule, épousant tous les détours du chemin, perdu dans l’immensité minérale, dans un décor ample jamais montré à l’écran (cols de l’Himalaya, Kumbh Mela à Haridwar, vallée du Mustang, les lacs sacrés du Tibet …), ce film s’annonce déjà comme un formidable rendez-vous céleste avec soi-même. C’est l’histoire d’un silence que l’on cultive comme une plante, à l’abris du vent, au plus près de la lumière … et des images en parfaite harmonie avec le sujet. Alors que le monde bouge à une vitesse vertigineuse, ici la nature, majestueuse, s’impose comme le béton de la vie et le voyage se poursuit à l’intérieur, à l’écoute d’une voix immatérielle, dans un dialogue juste et réfléchissant où l’on ressent une filiation avec tout ce qui vit.

Né à Darjeeling, en Inde, Suraj Baba est issu d’une famille bourgeoise. Il a tout quitté, pour mener la vie dépouillée de renonçant. Cela faisait huit ans qu’il s’isolait dans une grotte, vivant de méditation et d’offrandes à 3200 mètres dans l’Himalaya lorsqu’il a rencontré Gaël. « La première fois que je l’ai vu, il réparait le chemin qui menait de sa grotte au Gange (…) On a roulé des pierres ensemble, on s’est apprivoisé pendant un mois. Au fil des semaines, je me suis installé dans sa grotte voisine. J’ai compris qu’il se sentait piégé par son érémitisme et n’osait plus revenir au monde après tant d’isolement ». Les premiers jours il parlait si peu que Gaël ignorait même qu’il connaissait l’anglais. Le temps passant, il a eu la chance de devenir lentement son confident, la caméra aussi …
Véritable éloge du rien, une fois de plus, c’est le déshérité qui nous comble. La force du personnage tient aussi dans son grand tourment : un homme divisé entre la marche pieds-nus et ses baskets, entre l’eau des glaciers et l’alcool des bars de Katmandou, à la recherche d’un équilibre entre occident et orient, entre société de consommation et dépouillement, entre vie familiale aisée et solitude austère, entre réussir dans la vie et réussir sa vie.
Depuis six ans, Gaël Métroz a rencontré bon nombre de sâdhus sur les routes d’ Inde et du Népal, il a effectué plusieurs pèlerinages à leurs côtés tant cette philosophie du dépouillement le captivait. Durant les trois mois qu’il a effectué à la recherche du personnage principal de son film, sa fascination pour ces ascètes est devenue affection. A la poursuite du sâdhu trop idéal, il a finalement croisé le chemin de Suraj Baba qui détruisait en lui-même le mythe du sâdhu. « En doutant même de son statut de saint homme, il est devenu pour moi le vrai sage. Un homme en quête », confie le Suisse. Un être d’une candeur curative, qui s’exprime ici les paumes ouvertes, devenant malgré lui un maître à penser à l’endroit, à panser en soi …

 

Durant ces longs mois de tournage, ils dorment tous deux au bord des rivières, se nourrissant d’offrandes des pèlerins, Suraj voyageant avec sa petite besace, sa guitare et ses sachets de thé, Gaël le suivant avec ses 30 kg de matériel à travers les plaines gangétiques. Leur rencontre, renforcée par l’occasion unique de se rendre à la Kumbh Mela, l’un des plus grands maelström religieux de la planète (70 millions de pèlerins) a finalement décidé Suraj à réaliser son vieux rêve et à faire face définitivement à tous ses démons. Un pélerinage qui allait devenir le plus long de leurs vies. « Le scénario de mes documentaires, c’est la vie. Et la vie est beaucoup plus avare de scénari que nos esprits, il faut donc attendre que les nœuds se fassent, se défassent, cela prend du temps. Là, il a fallu 18 mois, s’il en avait fallu 18 de plus et bien je les aurais passés ». – G.M.
Arrivés à la Kumbh Mela, dans une promiscuité étouffante, les images tentent de capter cette effervescence floutée par les fumées de chillum et d’encens. Les sâdhus, réunis par chapelles, ont de la peine à comprendre ce duo excentrique, formé d’un jeune occidental et d’un sâdhu qui refuse tout attachement à une quelconque école. Et c’est à ce moment aussi que le film bascule : … l’ouverture aux larmes du chemin, lorsque tout ce que l’on savait sur le monde éclate en morceaux. La désillusion n’en est que plus violente et ouvre de nouveaux questionnements. Véritable crise de foi. Comment préserver cet embryon de « zénitude » ? Comment accueillir l’autre en soi, tout en étant conscient des frontières que sont nos propres épidermes et l’air qui les séparent. « C’est le voyage personnel qui m’intéresse, plus que l’Inde mythique – je voulais faire un film moins instructif, qu’affectif » – G.M. Et ce n’est pas le moindre avantage de ce film, servit par une bande originale sublime, une élévation superbe où cithare et guitare bluesy fusionnent sans s’observer. Un glissement progressif qui donne la réplique à un gracieux silence qui en dit long. Des moments de mutisme souvent plus éloquents qu’un flot de paroles.

Un film qui ramasse dans ses filets tous les tourments spirituels de notre condition, mesurant au passage le pouls de notre propre humanité et relançant enfin ce cœur dilaté, tendre, vulnérable et neuf qui, à lui seul, peut transformer le monde. On en ressort chargé de cette précieuse confiance en la texture du monde et dopé par un sens nouveau du pèlerinage : offrir une sépulture à son passé et voyager, le coeur à tout, la tête à rien … sans maux inutiles.
Avec cette perle, Gaël Métroz plane loin au-dessus du lot.
Sortie en salle, le 6 novembre prochain.

 

 

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 « L’esprit créé le gouffre, le cœur le franchit » – Sri Nasargadatta

 

 


Gaël Métroz en quelques mots
Né le 28 novembre 1978 à Liddes (Suisse), Gaël Métroz obtient une licence en littérature française, philosophie et histoire de l’Art à l’Université de Lausanne, en 2004 avant d’être récompensé par plusieurs prix littéraires, dont le Prix de la Sorge en 2004 et le premier Prix Nicolas Bouvier en 2008. Après avoir écrit et mis en scène la pièce L’Enfant Déchu, il décide de se focaliser sur les métiers d’auteur-réalisateur et de journaliste.

Il tournera autour du monde afin de donner le temps au voyage de s’exprimer en parcourant plusieurs pays, comme l’Ethiopie, le Soudan, l’Egypte, la Birmanie, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, la Chine, l’Inde, le Népal… En qualité de journaliste, il publie ses carnets de route autant à la télévision (Passe-Moi les Jumelles, TSR), à la radio (Un Dromadaire sur l’Epaule, RSR), que dans la presse écrite (Le Nouvelliste, La Liberté, L’Express, L’Impartial, Le Journal du Jura, Le Courrier, L’Illustré…). En 2008, il réalise son premier long métrage cinéma « NOMAD’S LANDsur les traces de Nicolas Bouvier », primé entre autres par le prestigieux Golden Gate Award pour le meilleur documentaire au Festival international du film de San Francisco. Aujourd’hui, il présente son deuxième long métrage intitulé « SADHU – SEEKER OF TRUTH », portrait d’un saint homme hindou qu’il a suivi pendant 18 mois dans l’Himalaya. 

 

 

 

15/10/2013

Les derniers herboristes - (document INA, 1977)

 

Cette émission est la dernière de la série consacrée aux médecines sauvages. Interviewes d'herboristes dans leurs boutiques, qui parlent de leur métier en voie de disparition, de leur difficultés pour se faire reconnaître (création d'un diplôme d'herboriste supprimé sous Vichy en 1942). Ils expliquent les vertus curatives des plantes médicinales.

 

19/09/2013

"Mouton 2.0 - La Puce à l'oreille" un film réalisé par Antoine Costa & Florian Pourchi -

 

Produit par Synaps Collectif Audiovisuel - Sortie Juin 2012 - Infos : mouton-lefilm.fr

SYNOPSIS__________________________________________________________________

La modernisation de l’agriculture d’après guerre portée au nom de la science et du progrès ne s’est pas imposée sans résistances. L’élevage ovin, jusque là épargné commence à ressentir les premiers soubresauts d’une volonté d’industrialisation.

Depuis peu une nouvelle obligation oblige les éleveurs ovins à puçer électroniquement leurs bêtes. Ils doivent désormais mettre une puce RFID, véritable petit mouchard électronique, pour identifier leurs animaux à la place de l’habituel boucle d’oreille ou du tatouage. Derrière la puce RFID, ses ordinateurs et ses machines il y a tout un monde qui se meurt, celui de la paysannerie.

Dans le monde machine, l’animal n’est plus qu’une usine à viande et l’éleveur un simple exécutant au service de l’industrie. Pourtant certains d’entre eux s’opposent à tout cela …

 

 

La lutte des éleveurs contre le puçage RFID des moutons peut apparaître comme un combat de plus. Pour certains c’est un combat comme un autre, un combat contre les obligations (la dernière en date étant celle de l’obligation de vacciner contre la FCO[1].) Cependant comme nous l’avons constaté dans nos entretiens avec les éleveurs il ne s’agit pas d’une obligation supplémentaire. C’est une volonté à moitié camouflée d’industrialiser l’élevage ovin et caprin, une volonté de contrôle total afin d’amener l’élevage vers d’autres aménagements futurs, sur le terrain de la génétique notamment. (Voir à ce propos la loi sur les reproducteurs certifiés[2].) Camouflée, car selon ceux qui imposent la puce ( État, autorités sanitaires et vétérinaires ), la puce serait un outil de traçabilité, donc de sécurité pour le consommateur et diminuerait la pénibilité du travail pour l’éleveur.

Pour aborder cette problématique nous avons choisi le secteur ovin, les moutons, l’élevage des agneaux, des brebis… Là où l’imaginaire commun n’arrive pas à se représenter le métier de berger derrière un ordinateur équipé d’un lecteur de données pour contrôler ses bêtes, c’est pourtant cette réalité qui domine l’élevage moderne. C’est probablement ces hommes, éleveurs, bergers, qui historiquement ont le plus résisté contre l’industrialisation du secteur agricole et ce n’est pas anodin si ce sont eux qui se retrouvent moteurs de la lutte contre ces nouvelles obligations qui apparaissent.

Les RFID sont le point de départ du projet de ce film documentaire. Le puçage se généralise autour de nous, les informations se recoupent, la carte d’identité biométrique s’impose. À chaque fois avec de bon prétextes, de bonnes raisons, de bons arguments. Avec la directive européenne concernant le puçage obligatoire des cheptels ovins et caprins, nous assistons à la première obligation d’envergure de puçage du vivant. Une expérimentation grandeur nature dont les industriels se flattent.

C’est dans ce contexte que s’inscrit ce film, mais nous avons volontairement choisi de le laisser en toile de fond. Nous consacrerons la majeure partie du documentaire aux paroles d’éleveurs sans commentaires. Un peu à la manière des tribunes libres dans la presse nous écouterons les récits de ceux qui vivent ces transformations et luttent contre les obligations.

Nous revenons avec chaque éleveur sur les raisons qui les ont amenés à ce métier, à cette passion. Nous partageons avec eux leurs inquiétudes mais aussi leurs espoirs. A l’écoute des bergers, des éleveurs nous tentons de comprendre ce métier ; et à travers leurs regards, nous ouvrons les yeux sur le danger d’une société industrielle et frénétique.


[1] Fièvre Catarrhale Ovine – Le gouvernement français impose la vaccination contre la FCO en 2009/2010 puis retire l’obligation suite à de nombreux effets secondaires sur les bêtes et une forte mobilisation des éleveurs.

[2] Une loi prévoit pour 2015 l’obligation pour les éleveurs de faire certifier ( homologuer ) leurs béliers.

09/08/2013

La Parade de Srdjan Dragojevic (2013)

Ce film serbe drôle et terrible à la fois raconte l'histoire d'un groupe d'activistes homosexuels de Belgrade qui veut organiser une Gay Pride, malgré les menaces de groupes skinheads. Cette comédie se base sur des faits réels et a connu un grand succès dans les pays de l'ex-Yougoslavie. Il a reçu trois prix au festival de Berlin en 2012.