01.12.2009

Lettre de Michel Onfray au président

 
Monsieur le Président, devenez camusien !, par Michel Onfray

LE MONDE | 24.11.09 | 14h05

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le
temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au
Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent
inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous
donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre
et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de
l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans
modèles.
De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs
: il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux :
désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de
santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses
compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la
liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes
soviétiques ou avec le maoïsme.
Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les
assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les
guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien
un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.
Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet
homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur
qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant,
par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour
du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du
Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre
le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé." Dès lors, c'est à La
Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible.
De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation,
que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus
ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New
York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très
prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président
aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment
celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son
Amérique.
Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme
un antimarxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un
antiaméricain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent
dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la
religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à
la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le
Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande "une vraie démocratie
populaire et ouvrière", la "destruction impitoyable des trusts", le "bonheur des plus
humbles d'entre nous" (OEuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome
II, p. 517) ?
Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer
souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a
une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir
honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie
colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L'Homme
révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme
en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient
collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises,
italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer
pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p.
317).
Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire (t. III, p. 322) que
vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la "forme
de la propriété" dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n'est
pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant
à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui
le détient" (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des
syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme
en Caligula quiconque le détient ?
De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande
pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse,
l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction
physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat,
annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment
pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien
de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de
principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.
Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un
"individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant
que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le
triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la
liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la
liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral
sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du
socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société,
Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour
les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de
liberté.
Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom
aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sanslogis
et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il
n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs,
descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du
Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés,
défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous
demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement
individualiste ?
Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de
réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine
serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un
article intitulé "La condition ouvrière" qu'il fallait faire "participer directement le
travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t. III, p. 1059) ? Il faut la
paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire
du philosophe un social-démocrate...
Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle
(Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les
partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était
par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme
en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a
toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.
Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l'idée de
révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé
de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle
"réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions
et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la
liberté" (t. III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition
entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le
souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas
la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous
silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute
à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.
Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite
le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu'il aurait
probablement échangée contre celle de Lourmarin... Mais si vous voulez que nous
puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de
son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra
commencer par vous.
Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le
Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que,
comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme
Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au
contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que,
comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et
de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des
conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des
sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la
logique du socialisme libertaire...
A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec
cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos
conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du
philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets
dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez
camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous
trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter
une autre.
Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et
néanmoins libertaires.
 
 

Michel Onfray
est philosophe.

Article paru dans l'édition du 25.11.09

Tes ailes clouées en l’Hôtel des marchands

Tes ailes clouées en l’Hôtel des marchands


        A Charles Baudelaire, mort miséreux le 31 août 1867 sans avoir fait de testament, dont les derniersvestiges (lettres, livres…) seront dispersés en l’Hôtel Drouot, ce 1er décembre 2009, sans un geste de     l’état pour sauvegarder le souvenir du poète…

.
Il a les ailes clouées au sol
Du goudron plein les plumes
Un hoquet odieux lui prête encore un souffle
Mais il agonise en silence
*
Nul ne viendra à son secours
Son vol s’est achevé
En un train de misère
Rien ne restait de ses rêves
*
Tant de fois il aurait voulu mourir
Tant de fois ses ailes en un dernier effort
Le poussaient à décoller
Toujours plus loin
Toujours plus précis
En ses mots de délivrance
*
Mais voilà que la tombe s’est refroidie
La pierre scellée
Sur ses paroles de prophète
Il ne fut qu’une mère pour recueillir
Pieusement
Les pièces d’un jeu
Dont le fils est sorti
Les pieds devant
Les ailes brisées
*
Il ne fut qu’une mère
Puis un ami
Lettres et photographies
Ouvrages et archives
Tout fut pieusement conservé
Jusqu’au jour où
*
Jusqu’au jour où la mort te rattrape
Charles
La voici qui scelle encore un peu
La pierre
Cloue tes ailes au pilori des marchands
De ta misère
Charles
Ils feront fortune
Sans un état d’âme
*
Que triste est le bruit que fait
Un poète qu’on tue pour la deuxième fois
Que triste est le pays
D’où nulle âme ne s’élève
Pour empêcher le crime
.
        Xavier Lainé
        Manosque, 1er décembre 2009

 

Source : http://poesiedanger.blogspot.com/2009/12/les-ailes-clouee... Merci André, toujours attentif ! 


26.11.2009

Gaëlle Josse écrit sur ma voix

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"En écoutant la voix de Cathy Garcia" une évasion de Gaëlle Josse à l'audition d'une improvisation vocale de  cg avec accompagnement  de sitar électro, aquarelles de Jean-Louis Millet        

A lire & à écouter ici : http://evazine.com/Musique/musiques.htm

 

 

20.10.2009

Cassandre/Horschamp « Contre la machine à décerveler » et "Un rêve d'Afrique"


Pour marquer l'emménagement de la rédaction de Cassandre/Horschamp
dans le 18e arrondissement de Paris et la sortie du numéro d'automne,
nous vous invitons chez un voisin :


Mercredi 21 octobre 2009 de 19h à 22h
au Lavoir Moderne Parisien

35, rue Léon - Paris18e, métro Marcadet ou Château rouge

entrée libre

Avec l'équipe de la revue Cassandre/Horsch
amp, et Madeleine Abassade, chargée de l'action culturelle à l'Institut psychiatrique Marcel-Rivière - Gaspard Delanoë, aftersquatter 59Rivoli  - Jean-Jacques Hocquard, La Maison de l'arbre à Montreuil


Chronique des désastres en cours, dans la culture (entre autres) : partout, le soutien public aux équipes artistiques se réduit comme peau de chagrin, en particulier là où l'art «ne va pas de soi»: banlieues, hôpitaux, prisons...

Garder la flamme, grâce à la parole de maquisards de l'esprit tels que le poète Armand Gatti, ou Emmanuel Genvrin, porteur de l'aventure du Théâtre Vollard à la Réunion, Marcel Gauchet, philosophe, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme ou Jean-Louis Hourdin, metteur en scène. Tous nous invitent, chacun à sa manière, à nous armer en pensée.

Dans ce paysage inquiet, nous saluons la vivacité d'artistes exigeants, généreux, concernés, Jean-Charles Massera, United Emmerdements of New Order (écritures contemporaines) - Breyten Breytenbach (poésie, peinture et dissidence sud-africaine) -  Zébrock (musiques actuelles et transmission en Seine-Saint-Denis) - 59 Rivoli (after squat, essaims d'art) - Aurillac, Gindou, Douarnenez, Minsk, Bussang, voyage en Berlusconie (scènes, cinéma, danse, art de rue, festivals)

Et nous rendons hommage à quelques-une des figures qui ont marqué le monde des arts et de la culture au sens le plus large : Francis Jeanson, André Benedetto, Pina Bausch, Merce Cunningham…

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Cassandre/Horschamp n° 79 - Automne 2009 - Contre la machine à décerveler, 100 p., 9 euros.

Parution novembre 2009 :

Un rêve d'Afrique

Cet ouvrage inaugure une nouvelle série consacrée à l’exploration par Cassandre/Horschamp de ce que nous appelons «les armes de l’art».  Cette revue culturelle qui se consacre à l'art en tant qu'outil de société, c'est-à-dire non seulement d'un point de vue esthétique, mais en prenant en compte ses implications anthropologiques, sociales et politiques — s'attarde sur quelques actions passionnantes menées aujourd'hui dans ce domaine.

 

Cette série portera, au plan mondial, sur les équipes et les artistes qui considèrent leur art comme un moyen de réfléchir et d'agir sur l'état du monde contemporain. Dans la période que nous traversons, il est important de faire entendre au plus grand nombre, et en particulier aux responsables politiques, l’importance des outils immatériels que sont la culture et les pratiques de l’art dans le combat aujourd'hui vital pour une réhumanisation de nos sociétés.

Ce premier ouvrage est aussi un chemin personnel suivi par Nicolas Roméas sur les traces de Michel Leiris, poète et auteur qui participa avec Marcel Griaule à l'expédition Dakar-Djibouti de 1931, et dont la vie et l'œuvre ont fortement contribué à notre connaissance de nous-mêmes et des autres.

Sur ce chemin, l'auteur a rencontré les travaux du grand africaniste Georges Balandier. L'œuvre majeure de ce chercheur a conforté et nourri une démarche qui s'inscrit dans une volonté de revalorisation des cultures d'Afrique noire par l'approfondissement des connaissances que nous en avons.
Nicolas Roméas a rapporté d'Afrique plusieurs témoignages et y a rencontré, au Mali, des expériences décisives de rencontre entre l’art et le soin qui sont une confirmation en acte de la quête d’un art de la relation menée depuis 15 ans par Cassandre/Horschamp. Il s'est aussi nourri de la remarquable thèse de l’écrivain et homme de théâtre Koulsy Lamko sur le théâtre de participation en Afrique.

Ces chercheurs d’or ont été des compagnons de route précieux dans cette première incursion en ces terres.  Avec eux, et également avec l'aide des travaux d'Adame Ba Komaré, ce livre veut porter ce message : nous avons besoin de l’Afrique noire. Nous, occidentaux modernes qui ne nous résignons pas à subir un monde marchandisé, nous devons non seulement respecter ses valeurs, mais il faut, en ces temps de destruction programmée de l’humain, prendre la pleine mesure de leur force civilisationnelle.


Les armes de l'art 1
Un Rêve d'Afrique
116 pages avec illustrations
Prix en librairie : 20 euros.


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Culture(s), Politique(s), Société(s)…
Retrouvons-nous dans les hors-champs de l'art, p
our des
 échanges «libres» et des paroles en recherche
!

/// //////////

Cassandre/Horschamp porte depuis 1995 les valeurs d'un art en prise avec la société dans la lignée des combats de l'après-guerre, fait avancer les idées et lutte contre l'endogamie. Notre travail est celui d'une «nouvelle critique» qui ne se contente pas de juger l'«objet», mais appréhende le geste de l'art en prenant en compte la relation à l'histoire, aux populations et aux lieux. Mettez vos informations en ligne sur www.passeurs.org, consultez, contribuez au blog microCassandre et abonnez-vous à Cassandre/Horschamp, la revue art/culture/société !

Cassandre/Horschamp, 16, rue Girardon, 75018 Paris-France.
Tél.: 01 40 35 00 98 www.horschamp.org

 


22.09.2009

Le jour où...

Le jour où les Arabes se mobiliseront autant pour le Honduras que pour Gaza...
Le jour où les Latinos se mobiliseront autant pour Gaza que pour le Honduras....
Le jour où tous se mobiliseront pour les Africains oubliés...
Le jour où les Européens cesseront de croire leur télé pour se mettre enfin à l'écoute des peuples colonisés...

Ce jour-là, la solidarité internationale sera si forte qu'elle empêchera les guerres et les coups d'Etat.

MICHEL COLLON

http://www.michelcollon.info

- Investig'Action travaille à briser les murs afin de favoriser la solidarité internationale.

02.09.2009

Cat Shadow par Jean-Marc Couvé, poème de Gabrielle Josse

Cats_shadow_-_Red_-_Black_with_yellow_points_-[1].jpg

violente oh violente elle te regarde

or et argile mêlés à ses cheveux

 

elle te regarde

dans ses yeux mille ans de désirs

de désirs très anciens aux yeux de loup

 

elle te regarde

& t’attend dans l’ombre sauvage

de sa nuit

 

elle t’attend

ses mains cherchent

les tiennes pour d’incandescentes

célébrations veines battantes au temps

suspendu au temps infini

des gestes dépliés

 

elle t’attend

pour te réapprendre à prier en quelque

abbaye disparue puis t’emporter dans ses galops

 

elle t’attend

pour te parler dans ses brumes

infinies et leurs couleurs blessées

 

elle t’attend

pour te brûler dans ses soleils

ses hanches des roues de feu

& ses cheveux comme des haubans

 

elle t’attend

pour te murmurer qu’elle pleure

le jour et rit aux soleils descendus

 

elle t’attend

pour te dire qu’elle est folle &

qu’elle est libre et

devant toi sans mémoire

 

Gaëlle Josse

 

30.05.2009

Excusez-moi de vous déranger...

par Eduardo Galeano   

 


Qui est le terroriste? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé? N'est-il pas coupable de terrorisme le tueur en série qui, en mentant, a inventé la guerre en Irak, assassiné une multitude, légalisé la torture et ordonné de l'appliquer? Sont-ils coupables les paysans d'Atenco au Mexique, ou les indigènes mapuches du Chili, ou les Kelchies du Guatemala, ou les paysans sans terre du Brésil, tous accusés de terrorisme pour défendre leur droit à la terre? Si la terre est sacrée - même si la loi ne le dit pas - , ceux qui la défendent ne sont-ils pas sacrés aussi?

Selon la revue Foreign Policy, la Somalie est le lieu le plus dangereux de tous. Mais, qui sont les pirates ? Les crève-la-faim qui attaquent des bateaux, ou les spéculateurs de Wall Street qui attaquent le monde depuis des années et reçoivent à présent des récompenses multimillionaires pour leurs efforts ? Pourquoi le monde récompense-t-il ceux qui le dévalisent ?

Pourquoi la justice ne voit-elle que d'un œil ? Wal Mart, l'entreprise la plus puissante de toutes, interdit les syndicats. McDonald's aussi. Pourquoi ces entreprises violent-elles, avec une impunité coupable, la loi internationale ? Serait-ce parce que, dans le monde actuel, le travail vaut moins que rien, et que valent encore moins les droits des travailleurs ? Où sont les justes, et où sont les injustes? Si la justice internationale existe vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants ?  Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison. Serait-ce parce que ce sont eux qui en détiennent les clés? Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d'origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d'armes ? Sans dédaigner les narcotrafiquants, ceci n'est-il pas aussi un cas de "crime organisé" ? Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Il ne manquerait plus que ça ! Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles. 

Et on se demande : si ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n'exigent-ils pas la peine de mort contre l'injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu'au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ? Contre qui s'arme jusqu'aux dents la soi-disant communauté internationale ? Contre la pauvreté, ou contre les pauvres ? Pourquoi les fervents de la peine capitale n'exigent-ils pas la peine de mort contre les valeurs de la société de consommation qui portent atteinte, chaque jour, à la sécurité publique ? Ou peut-être ne pousse-t-il pas au crime, le bombardement de la publicité qui étourdit des millions et des millions de jeunes au chômage ou mal payés, leur répétant jour et nuit qu'être est avoir, avoir une automobile, avoir des chaussures de marque, avoir, avoir -et que celui qui n'a rien n'est rien ?  

Et pourquoi n'introduit-on pas la peine de mort contre la mort ? Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l'industrie d'armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l'exercent. Et ce monopole de la violence se traduit par un fait inexplicable pour des extraterrestres, et aussi insupportable pour nous autres terriens qui voulons, contre toute évidence, survivre : nous les humains sommes les seuls animaux spécialisés dans l'extermination mutuelle, et nous avons développé une technologie de destruction qui est en train d'anéantir, au passage, la planète et tous ses habitants. Cette technologie se nourrit de la peur. C'est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier. Et que penseriez-vous, tant qu’à appliquer la peine de mort, d'une condamnation à mort de la peur ? Ne serait-il pas sain de mettre un terme à cette dictature universelle des professionnels de la production d’angoisse ? Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l'œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d'enfant dissimule une bombe musulmane; et si cette femme, cette voisine d'aspect inoffensif te regarde, c'est sûr qu'elle te transmet la peste porcine.

Dans ce monde à l'envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur. En entamant la refondation de la Bolivie pour que ce pays de majorité indigène cesse d'avoir honte en se regardant dans le miroir, le Président Evo Morales a provoqué la panique. Ce défi était une catastrophe en regard de l'ordre traditionnel raciste, prétendument le seul possible : Evo était et apportait le chaos et la violence et, par sa faute, l'unité nationale allait exploser, se briser en morceaux. Et quand le président équatorien Correa a annoncé qu'il se refusait à payer les dettes illégitimes, la nouvelle sema la terreur dans le monde financier, et l'Équateur fut menacé de punitions terribles pour avoir donné un si mauvais exemple. Si les dictateurs militaires et politiciens véreux ont toujours été dorlotés par la banque internationale, ne nous sommes-nous pas déjà habitués à accepter comme fatalité du destin le paiement par le peuple du gourdin qui le frappe, de la cupidité qui le pille ?  

Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ?  Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l'un à l'autre ?  Ne relève-t-elle pas du sens commun, mais aussi de la justice, cette devise des féministes qui disent que l'avortement serait libre si nous, les mâles, pouvions tomber enceints [2] ? Pourquoi ne légalise-t-on pas le droit à l'avortement ? Serait-ce parce qu'il cesserait alors d'être le privilège des femmes qui peuvent le payer et des médecins qui peuvent le faire payer ? La même chose se passe avec un autre cas scandaleux de négation de justice et de sens commun : pourquoi ne légalise-t-on pas la drogue ? Peut-être n'est-elle pas, comme l'avortement, un sujet de santé publique ? Et le pays qui contient le plus de toxicomanes, quelle autorité morale a-t-il pour condamner ceux qui approvisionnent leur demande ? Et pourquoi les grands médias, si voués à la guerre contre le fléau de la drogue, ne disent-ils jamais que presque toute l'héroïne consommée dans le monde provient d'Afghanistan ? Qui commande en Afghanistan ? N'est pas un pays militairement occupé par le pays messianique qui s'attribue la mission de nous sauver tous ? Pourquoi ne légalise-t-on pas les drogues une bonne fois pour toutes ? Ne serait-ce pas parce qu'elles fournissent le meilleur prétexte pour les invasions militaires, en plus d'offrir les profits les plus juteux aux grandes banques qui de nuit fonctionnent comme blanchisseries ?

Maintenant le monde est triste parce que moins de voitures se vendent. Une des conséquences de la crise mondiale est la chute de l'industrie prospère de l'automobile. Si nous avions quelque reste de sens commun, et un petit quelque chose de sens de la justice, ne devrions-nous pas fêter cette bonne nouvelle ? Ou peut-être la diminution des automobiles n'est-elle pas une bonne nouvelle pour la nature -qui sera un peu moins empoisonnée-, et pour les piétons -qui mourront un peu moins ?  

La Reine a expliqué à Alice -celle de Lewis Carroll- comment fonctionnait la justice au Pays des  Merveilles :

 -Voilà !- dit la Reine -. Il est en prison, à purger sa peine ; mais le jugement ne commencera pas avant mercredi prochain. Et évidemment, à la fin, le crime sera bien commis.  

Au Salvador, l'Archevêque Oscar Arnulfo Romero a prouvé que la justice, comme le serpent, mordait seulement les va-nu-pieds. Il est mort par balles pour avoir dénoncé que, dans leur pays, les va-nu-pieds naissaient condamnés d'avance, par délit de naissance. Le résultat des élections récentes au Salvador n'est-il pas, d'une certaine manière, un hommage ? Un hommage à l'archevêque Romero et aux milliers comme lui qui sont morts en luttant pour une justice juste dans le royaume de l'injustice ? Parfois les histoires de l'Histoire terminent mal; mais l'Histoire, elle, ne termine pas. Quand elle dit adieu, ce n'est qu'un au revoir.

Traduit par Thierry Pignolet.

Source: Tlaxcala

Notes 

 [1]  NdT : par l'utilisation du terme zapatista, Eduardo Galeano réalise en espagnol un jeu de mots intraduisible en français. Par là, l'auteur adresse un clin d'œil à la filiation en espagnol du mot zapatista avec zapato, en français chaussure -le lancer de chaussures sur Bush-, tout se référant à l'Armée Zapatiste de Libération Nationale -en espagnol Ejército Zapatista de Liberación National ou EZLN-, groupe révolutionnaire symbole de la lutte altermondialiste basé au Chiapas, Etat du Mexique.

[2]  L'adjectif « enceint » semble ne pas exister en français. Serait-ce que la langue française est plus machiste que l'espagnole ?  

Je voudrais partager quelques questions qui me trottent dans la tête. Elle est juste, la justice? Elle tient debout, cette justice du monde à l'envers? Le zapatista [1] d'Irak, celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration?

25.05.2009

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07.05.2009

Les 7 péchés d'Hugo Chavez

L'équipe Investig'Action est heureuse
de vous annoncer la sortie du livre


Les 7 péchés d'Hugo Chavez

de Michel Collon

Un livre au carrefour des grands problèmes du monde actuel.

C'est l'Histoire inconnue du pétrole. Comment il a déterminé notre Histoire. Comment il déterminera les grands conflits des années à venir.

C'est la face cachée de l'Amérique du Sud. Révélant les mécanismes de pillage du tiers monde, qu'occultent les manuels et les médias officiels.

C'est une analyse globale de la stratégie des Etats-Unis pour dominer le monde. Exposant les mécanismes et les lieux de pouvoir des multinationales. Que préparent-elles ?

Mais c'est aussi le récit, par un observateur privilégié, de la formidable aventure du Venezuela. Un homme dit qu'on peut résister aux multinationales et vaincre la pauvreté. Populisme ou réelle alternative ? Quels sont les vrais péchés d'Hugo Chavez ?

Un livre fondamental, mais simple et passionnant. Des clés pour comprendre où va le monde...

Les 7 péchés d’Hugo Chavez (Table des matières)




Premier péché : il leur apprend à lire

 

Chapitre 1. Ce merveilleux sourire sur la figure de Carmen…

 

Deuxième péché : chacun a droit à la santé

 

Chapitre 2. Avant Chavez, deux Vénézuéliens sur trois n’avaient jamais vu un médecin

 

Troisième péché : chacun peut manger à sa faim

 

Chapitre 3. La pauvreté n’est pas une fatalité

 

Comprendre l’Amérique latine

 

Chapitre 4. Comment sont-ils devenus si pauvres ?

 

Chapitre 5. L’aspirateur des richesses

 

Chapitre 6. Un pays dévalisé en une nuit, est-ce possible ?

 

Chapitre 7. Les 7 fléaux de l’Amérique Latine

 

La bataille pour l’or noir

 

Chapitre 8. L’Histoire sanglante du pétrole

 

Chapitre 9. La bataille du pétrole au Venezuela

 

Chapitre 10. Les multinationales pétrolières sont-elles compatibles avec l’avenir de l’humanité ?

 

Quatrième péché : il change les règles entre les riches et les pauvres

 

Chapitre 11. Le Venezuela pourra-t-il créer une nouvelle économie ?

 

Chapitre 12. La Solution Chavez fonctionne-t-elle ?

 

Chapitre 13. Chavez trop lent et trop conciliant ?

 

Cinquième péché : la démocratie, c’est plus qu’un bulletin de vote

 

Chapitre 14. Bureaucratie et corruption : la démocratie participative est-elle la solution ?

 

Chapitre 15. Chavez est-il un populiste ? Les faiblesses du chavisme.

 

Chapitre 16. Une armée qui fait la révolution ?

 

Sixième péché : il ne se soumet pas au pouvoir des médias

 

Chapitre 17. D’où provient et que vaut notre info sur Chavez ?

 

Chapitre 18. Le Monde est petit

 

Chapitre 19. Est-il possible de réaliser une révolution sociale sans et contre les médias ?

 

Septième péché : l’homme qui tient tête aux Etats-Unis

 

Chapitre 20. Unir l’Amérique Latine et les résistances internationales

 

Conclusion : Chavez et nous, le droit à l’alternative

 

Pour commander : http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&c...

27.03.2009

Les poèmes de Guantánamo, Ed. Biliki

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Kaki Jaune - 12 titres
2009
ISBN : 978-2-930438-45-0
74 pages - 8 EUR
Format : 10 x 17 cm


Les poèmes et les textes que nous vous présentons dans ce recueil sont la traduction exacte du livre Poems from Guantánamo publié par les Presses de l’Université de l’Iowa (Etats-Unis) en 2007. Pour la première fois, grâce au travail d’avocats engagés, un ouvrage regroupe des textes écrits par des détenus de cette tristement célèbre prison américaine. Nous avons souhaité offrir aux lecteurs francophones une traduction de ce document historique.

Les vingt-deux poèmes de ce volume ont été écrits par des hommes détenus dans le centre de détention militaire américain de la baie de Guantánamo à Cuba. Comme tous les prisonniers de Guantánamo, ces poètes sont musulmans. Depuis la publication, certains d’entre eux ont été relâchés et renvoyés dans leurs pays d’origine mais la plupart endurent leur sixième année de captivité dans des conditions d’isolement quasi total, emprisonnés sans chefs d’accusation, procès ou protections les plus élémentaires garanties par les Conventions de Genève.

Leurs poèmes, tous écrits derrière les barreaux, furent composés avec peu d’espoir d’être présentés à un public plus large que le petit cercle de leurs codétenus. Mais maintenant que les poèmes ont été autorisés à la publication et réunis dans un volume, ils fournissent aux citoyens du monde, une opportunité unique d’entendre directement les détenus décrire leur vie dans ce centre de détention américain tristement célèbre.
 
Traduit de l'anglais par Keyvan Sayar et Pierre Guéry
 
Guantánamo est un trou noir. Grâce à la mobilisation, en particulier d’un collectif d’avocats, la parole des détenus devient audible, et l’expérience de la collecte de ces poèmes représente un travail réellement inédit. On lira avec intérêt la préface de Flagg Miller, linguiste et anthropologue, et la postface d’Ariel Dorfman, poète et essayiste américano-chilien, pour prendre la mesure des enjeux de cette mobilisation. Et l’on découvrira avec émotion et colère les profils des dix-sept détenus qui ont écrit ces vingt-deux poèmes et les ont fait sortir de manière clandestine dans des tubes de dentifrice ou grâce à de petits billets cachés. Le parti pris de l’édition est de présenter chaque détenu, puis son poème. Rappelons qu’ils étaient quelque sept cent soixante-quinze en 2002, arrêtés dans le monde et retenus, pour la plus grande partie d’entre eux, en toute illégitimité dans la baie cubaine.


Marina Silva - Le Monde Diplomatique

Voir : http://www.biliki.com/index.php?biliki=les-poemes-de-guan...

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