Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/09/2014

A nous le temps des sorcières

safe_image.jpg

par Naïké Desquesnes, septembre 2014

Une vieille dame, laide et pauvre, affairée devant un chaudron. Personnage aussi fascinant que repoussant, la sorcière des contes de fées semble avoir toujours existé, au fond de sa forêt, prête à se glisser dans nos imaginaires. Or cette figure a une histoire, faite de femmes en chair et en os, ostracisées et persécutées entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Et, sans cette histoire, on ne peut comprendre les origines du capitalisme. C’est ce que nous dit Silvia Federici, universitaire américaine, marxiste et féministe, dans une analyse menée avec une limpidité réjouissante. Dévoré à l’étranger, Caliban et la Sorcière paraît enfin en français, dix ans après sa première publication en anglais (1).

L’auteure commence par revisiter un concept fondamental de la pensée marxiste pour situer la sortie du système féodal : l’« accumulation primitive », soit l’expropriation terrienne de la paysannerie et la création du travailleur « libre » et indépendant. Seulement voilà : du sort de la travailleuse, Karl Marx ne dit mot. Un constat déjà posé par des féministes depuis les années 1970, qui trouve ici une profondeur historique indispensable pour saisir les liens entre capitalisme et instauration du patriarcat salarié : la femme est petit à petit forcée à faire du travail de reproduction et des tâches domestiques son activité « naturelle », non rémunérée.

Selon Federici, trois éléments fondent le nouvel ordre économique : la privatisation des terres villageoises autrefois collectives, la colonisation du Nouveau Monde et... la chasse aux sorcières. Les clôtures éliminent l’accès universel à des biens de base : le bois, le pâturage, les herbes thérapeutiques. Davantage dépendantes de ces biens communs pour leur subsistance, leur autonomie et leur sociabilité, les femmes sont les premières à pâtir de leur disparition. Si les hommes pauvres partent travailler à la ville, elles restent seules. Elles rejoignent les rangs des vagabonds, empruntent ou chapardent. Accusées de pacte avec le diable, de vols nocturnes ou encore de meurtres d’enfants, deux cent mille d’entre elles sont victimes de procès en sorcellerie sur une durée de trois siècles, selon l’historienne Anne L. Barstow (2).

En étudiant la répression et la discipline des corps féminins dans l’Europe du Moyen Age, Federici éclaire la condition de toutes les femmes à ce moment de basculement. Car la sorcière, c’est la femme en marge ; et, en attaquant les marges, l’Etat et l’Eglise construisent la norme. Sous l’étiquette de « sorcière », on pourchasse toutes celles qui ne rentrent pas dans le moule : célibataires, libertines, vagabondes, connaisseuses des remèdes traditionnels voués à disparaître au moment où la médecine moderne se met en place et devient l’apanage des hommes de science.

La militante altermondialiste et sorcière néopaïenne Starhawk parle d’ailleurs de cette période comme celle de « l’expropriation de la connaissance (3) ». Le soin devient un domaine nécessitant un diplôme. Aux pratiques des sages-femmes traditionnelles et des sorcières qui développaient une médecine douce, à base d’herbes, on oppose une médecine de style héroïque, avec l’arrivée des saignées et des purges. A une époque de plus en plus rationnelle, on combat sévèrement l’immanence. Starhawk défend aujourd’hui cette conception selon laquelle la valeur sacrée réside dans chaque élément du monde, et non dans un Dieu extérieur, dans l’espoir de renouer avec le monde qui nous entoure et de résister à une société capitaliste, industrielle et mécaniste.

Victime des logiques marchandes et autoritaires, mais aussi symbole de subversion et d’émancipation : d’hier à aujourd’hui, la sorcière représente la figure par excellence de la femme insoumise. Des mouvements écologistes aux groupes queer, elle donne du souffle aux luttes et aux questionnements intimes. D’une belle manière, les deux ouvrages dirigés par Anna Colin déploient en images et en textes cette symbolique, prolongeant un cycle d’expositions et de performances présentées notamment à Montreuil et à Quimper (4). Acclamons donc « l’heure des sorcières », ce moment du retournement du stigmate où des femmes pourchassées retrouvent la confiance et reprennent du pouvoir sur leurs vies.

Naïké Desquesnes

Rédactrice spécialiste de l’Asie du Sud à Courrier international
 
 
 
 
 

15/09/2014

Hubert Reeves - Du cosmos à la nature - Conférence

 

 

 

 

 

 

 

13/09/2014

Coluche, il manque...

 

 

08/09/2014

Georges Orwell, dernier avertissement

 

 

18/08/2014

La voie de l'amour, documentaire de Branko Stanković (Serbie) -2009

L’histoire du moine Ambroise devenu ami de la louve Alfa et d’autres animaux sauvages.

 

 

16/08/2014

L’éjaculation féminine ou le nectar sacré

 

Peu d’études sur le sujet, des avis divergents de la part des chercheurs et des médecins, des tabous, de fausses croyances encore trop présentes et pesantes, en somme l’éjaculation féminine et toutes les émissions de fluides diverses associées est un sujet très controversé.

Dans beaucoup de cultures, l’éjaculation féminine était considérée comme l’un des aspects essentiels au plaisir féminin. Parmi elles, je citerai par exemple les celtes, les romains et grecs de l’antiquité, les tantrikas… Les taoïstes considéraient que cet élixir avait le pouvoir légendaire d’inverser le processus de vieillissement. Au japon au XVIème siècle, on récoltait ce flot dans des bols conçus à cet effet. Ils le considéraient comme un aphrodisiaque et ceux qui le consommaient étaient plus heureux et comme régénérés. Pas si absurde lorsque l’on sait que dans ces émissions féminines on retrouve des traces de sérotonine qui est un neurotransmetteur. (Cette molécule est utilisée dans certains médicaments ayant une action sur la quantité de sérotonine et ont des effets bénéfiques sur la dépression.)

Dans notre culture en revanche, des tabous et des fausses croyances existent et persistent :

Certains médecins ont avancé le fait que l’éjaculation féminine avait une fonction anti-bactérienne et que l’organe qui en était responsable c’était atrophié au fil du temps avec l’accession à l’hygiène des femmes modernes. L’éjaculation servirait donc d’autonettoyant, hum…

Du fait que les chercheurs et médecins eux-mêmes s’obstinent à nier cette partie de la réponse sexuelle féminine, certaines femmes ont même cherché à faire réparer cette « incontinence coïtale » par la chirurgie.

En fait, il y a encore peu de temps, on pensait que l’éjaculation féminine était un phénomène très rare, d’où le terme femme fontaine (après la femme à barbe), mais des études récentes, faites par des scientifiques qui en avaient marre de se voiler la face, ont démontré que toutes les femmes avaient la capacité d’éjaculer, que ce phénomène n’était pas si différent de l’éjaculation masculine… et qu’il n’avait d’ailleurs rien à voir avec de l’incontinence urinaire.

Bon mais dans la pratique c’est quoi, comment, où, pourquoi ? Autant de questions qui ne resteront pas sans réponse puisque je vais tout vous raconter :

Les études ont prouvé l’existence de la prostate féminine et certains composants biochimiques sécrétés au cours d’une excitation intense, dans la prostate sont comparables à ceux du sperme, dont l’antigène prostatique spécifique (APS) qui est produit par une seule glande du corps humain, il s’agit de la prostate masculine, enfin c’est ce qu’on pensait jusque là… Eh oui !

Il existe deux types d’émissions féminines : il y a le fluide prostatique éjaculatoire (qui a la consistance du sperme) et la giclée (appelée squirt par les chercheurs américains qui est incolore et inodore). Ces fluides sont expulsés par le canal urétral (ho dis donc c’est encore comme les hommes). Et même si la sensation est proche de l’envie de pipi, pas de panique il n’en est rien…

La sécrétion de fluide prostatique est une réponse à l’excitation sexuelle.  Les canaux et les glandes composant la prostate féminine (dont les glandes de Skene qui sont les plus importantes) ne peuvent s’empêcher de produire ces émissions involontaires avant, pendant ou après l’orgasme ou même sans orgasme.

Mais les tabous et les fausses croyances ont réprimé cette réponse purement physiologique au point que la plupart des femmes ne savent plus éjaculer. Elles émettent des quantités infimes et imperceptibles de fluide prostatique. Quant à celles qui savent encore éjaculer, celles-ci sont susceptibles de « gicler » et peuvent expulser des quantités allant de 25 à 100ml. C’est à ce moment là que l’on parle de « femme fontaine ».

Encore un point où les avis divergent; il s’agit du point de départ de cette éjaculation. Certains diront que la stimulation du point G est le déclencheur, d’autres la stimulation du clitoris : eh bien je peux vous dire avec une certitude absolue après avoir fait quelques recherches et expériences que ces zones érogènes sont toutes les deux des déclencheurs !

Une éjaculation féminine peut survenir plusieurs fois durant la stimulation ou l’acte sexuel et n’impose aucune période réfractaire (la voilà la différence avec l’homme !). Sachez aussi qu’avec l’expérience  il est possible de contrôler cette éjaculation.

Si vous souhaitez découvrir l’éjaculation féminine mais que vous n’êtes pas sûre de vous, exercez-vous en solo afin de comprendre et d’apprendre. Mettez de côté les croyances et les tabous. Détendez-vous, prenez le temps et appréciez les sensations de l’éjaculation.

Si vous avez un ou une partenaire de jeu, ne le/la prenez pas par surprise, c’est toujours mieux de parler de cela avant tous les deux afin de savoir si votre partenaire est prêt(e) à vivre l’expérience avec vous. Aidez-le/la à mettre  de côté le tabou qui entoure l’éjaculation féminine en le/la préparant à l’avance. Les partenaires qui apprécient, diront que c’est un fabuleux cadeau que vous leur offrez, un remerciement profond au plaisir qu’il/elle vous aura donné.

Mais votre partenaire n’est pas forcé d’aimer ne l’oubliez pas, soyez indulgente, avec le temps peut-être qu’il ou elle changera d’avis.

En quelques mots, la ressemblance avec l’homme encore une fois en terme de sexualité est flagrante, nous sommes bien égaux et n’avons rien à leur envier… Et je terminerai sur une chose essentielle, même si l’éjaculation est une expérience intéressante et plaisante, elle n’est pas nécessaire au plaisir… on peut avoir une sexualité très épanouie sans cela donc ne vous mettez pas la pression.

A savoir : Uriner immédiatement après les rapports sexuels (afin d’évacuer les bactéries qui sont entrées dans l’urètre) permet d’éviter les infections urinaires. 

 

Source : http://cabinetsdecuriosites.fr/au-fond-des-choses/chroniq...

 

 

 

 

15/08/2014

Ashérah-Ishtar, déesse-mère des hébreux, épouse de Baal-Yahvé, et Saint-Esprit du Ménorah

A travers les éléments qui suivent, il semble que l’on soit  passé d’une déesse-mère unique (Ashérah), à un couple divin marié (Ashérah et Baal), puis pour finir, à un dieu-père unique (Yahvé). On découvrira que les sacrifices d’enfant furent une pratique courante pour les divinités associées à Baal.

Ishtar, la déesse-mère de Pâques

Ishtar-Easter déesse-mère de Pâques, équinoxe du printemps, retour de la vie

Pâques est la fête de l’équinoxe du printemps, le retour de la vie de la déesse-mère Ishtar (Easter) :

  • les cloches réveillent la nature,
  • les œufs représentent la source de la vie, et de la naissance du monde,
  • les lapins représentent la sexualité féconde et débordante.

Ishtar fut une déesse primordiale mésopotamienne, qui avec l’arrivée du patriarcat, fut affublée d’un mari, Baal. Avec le temps, Baal devint Yahvé, et Ishtar devint Asherah. Puis elle fut effacée sous le nom de Shekinah, l’esprit saint féminin du ménorah, l’arbre sacré de vie.

Lire Philippe Annaba – Les dieux usurpateurs de la mythologie sumérienne spolient la déesse primordiale

La première religion sans déesse

L’Ancien Testament est le premier livre sacré à ne faire intervenir aucune divinité féminine et ose ce que les patriarcats précédents n’avaient pas fait : éradiquer toute trace de culte féminin. Lorsque la Grande Déesse était considérée comme immortelle, immuable, toute-puissante, le concept de filiation par le père n’était pas encore connu. Si la Déesse a longtemps régné seule dans les mythes de Sumer, un frère-époux apparaît à ses côtés au premier temps patriarcal, puis suivent des dieux Pères alors que la déesse devient fille-épouse avant d’être bibliquement éliminée. Yahvé est le premier Dieu sans concurrence féminine qui vient clore la mise en place progressive des patriarcats dans cette région du monde avant-gardiste pour avoir vu débuter le néolithique, son agriculture et l’élevage.

L’épouse de Dieu

Yahvé (El, le dieu) eut une compagne, Asherah (de l’hébreu אשרה), qui est le prénom d’Elat (la déesse). Elle était vénérée avant -600. Asherah est souvent vue comme la version cananéenne de la déesse Athirat (ou ʼAṯirat), une importante déesse-mère au culte répandu au Moyen-Orient. Asherah est connu dans la Bible comme la "Reine du Ciel" (Jérémie 7.18, 44.17) et est appelée "Artémis" par les Ephésiens dans le livre des Actes (chapitre 19). Le mot "Asherah" est trouvé au moins 40 fois dans l’Ancien Testament. Il fait référence à un objet en bois utilisés dans le culte de la parèdre de Baal, c’est-à-dire Asherah.

La compagne du Léviathan

Anat, déesse sémitique de Palestine, sera recyclée en épouse de Baal qui s’accapare de son pouvoir de fertilité, et se fait appeler à sa place, « le Seigneur des sillons des champs », après avoir vaincu un serpent monstrueux nommé Léviathan, encore un symbole de la déesse Mère (épisode révélé par les fouilles de Ras-Shamra, ancienne Ugarit). C’est un comportement  récurrent dans l’histoire du patriarcat, de diaboliser son ennemi, afin de justifier les pires exactions à son encontre. À noter une fois de plus que les rédacteurs de la Bible s’inspireront de ces récits mythiques antérieurs :

« … Yahvé châtiera avec son épée dure, grande et forte, Léviathan, le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux, il tuera le dragon qui habite la mer. » Isaïe 27,1.

« Réveille-toi, Seigneur, réveille-toi vite et agis avec vigueur. Réveille-toi comme autrefois, dans le lointain passé. N’est-ce pas toi qui abattis le monstre Rahab, le dragon des mers ? » Isaïe 51, 9.

En effet, Léviathan, symbole de la grande Mère, ressurgit sans cesse dans la mémoire et le cœur du peuple hébreu.

Une déesse combattue par les premiers monothéistes

Les autels, les piliers et les idoles, condamnés par Yahvé, étaient placés dans les bosquets d’arbres. Le nom de la déesse Cananéenne Asteroth signifie “arbre sacré” mais cette traduction est redondante dans la mesure où tous les arbres étaient sacrés pour les peuples antiques de l’Europe et du Proche Orient. Les arbres étaient révérés comme divins avant que des images sculptées d’arbres fussent érigées pour être vénérées.

La représentation d’Asherah est un arbre, le palmier-dattier, utilisé dans son culte par les canaanites et les phéniciens. Leurs dattiers sont appelés asherim. Son nom phénicien vient du grec dattier. Ils habitaient les cités-états phéniciennes de Sidon et de Tyr (Liban). La phénicienne Jézabel épousa Ashab, roi samaritain d’Israël, et amena avec elle l’adoration de ces arbres. Cette pratique passe en Israël et sera combattue par le prophète Élie, et dénoncée par Jérémie. Les tribus d’Israël emmèneront cette pratique avec eux à Babylone.

Et dans la Bible il est expliqué que c’est seulement lors des réformes de Josias et d’Ezéchias que fut enlevé du temple de Jérusalem l’emblème d’ASHERAH (un poteau sacré appelé "ASHERE"). Le Pentateuque en parle quatre fois comme des idoles à détruire :

  • "Ezéchias fit ce qui est agréable à Yahvé, imitant tout ce qu’avait fait David, son ancêtre. C’est lui qui supprima les hauts lieux, brisa les statues, coupa les Ashérah et mit en pièces le serpent d’airain …" (Rois II 18, 3-4)
  • "Et il fit emporter Ashérah hors de la maison de l’Éternel (Yahweh), hors de Jérusalem, dans la vallée du Cédron, et il la brûla dans la vallée du Cédron, et la réduisit en poussière, et en jeta la poussière sur les sépulcres des fils du peuple." (Rois II 23, 6)
  • "Et il brisa les statues, et coupa les poteaux symbolisant Ashérah et remplit d’ossements d’hommes les lieux où ils étaient." (Rois II 23,14)
  • Deutéronome, chapitre 16 : "Tu ne te planteras point d’emblème d’Ashéra, aucun arbre, auprès de l’autel que tu dresseras à l’Éternel ton Dieu."
  • Et le roi Josias, vers -630, « ordonna [...] de retirer du sanctuaire de Yahvé tous les objets de culte qui avaient été faits pour Baal, pour Ashera et pour toute l’armée du ciel [...]. Il supprima les faux prêtres que les rois de Juda avaient installés et qui sacrifiaient [...] à Baal, au soleil, à la lune, aux constellations et à toute l’armée du ciel. [...] Il démolit la demeure des prostituées sacrées, qui était dans le temple de Yahvé[...] ».

La destruction des temples de la Déesse

Présente dans les récits précédents connus de cette région, Lilith disparaît du travail de copier/coller et de réécriture biblique sélective. Si le culte de la déesse existe toujours en Palestine au moment où émerge Yahvé, ce sont les empereurs chrétiens de Rome et de Byzance qui firent fermer les derniers temples de la Déesse vers l’an 500 de notre ère.

Lire Lilith, première épouse d’Adam, démone de la luxure voleuse d’enfants, et ancienne déesse-mère

« Vous détruirez tous les lieux où les nations que vous allez chasser servent leurs Dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines et sous tout arbre vert. Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous brûlerez au feu leurs idoles, vous abattrez les images taillées de leurs Dieux et vous ferez disparaître leurs noms de ces lieux-là » [Deutéronome 12, 2-3].

Dans les faits, ce sont bien les cultes du féminin qui sont visés : Montagne, Arbre, Serpent honni, pierres levées et pieux sacrés,
figurines représentant une femme debout soutenant ses seins avec ses mains, déesses nues de la fertilité consacrée à l’ancienne déesse Asherah épouse de YHWH. Vers la fin du VIIIe s. av. J.C., on se mit à proclamer que seul YHWH devait être honoré, en y incluant une revendication territoriale, et c’est au VIIe s. av. J.C., pendant le règne du roi Josias, que les dirigeants de Jérusalem ont jeté l’anathème sur la moindre trace de vénération des déités étrangères, extirpant les rituels propitiatoires pour la fertilité de la terre et la bénédiction des ancêtres avec la destruction de tous les sanctuaires locaux, le Temple de Jérusalem devant être reconnu comme « l’unique » lieu de culte, avec aussi la purification de l’idolâtrie initiée par Salomon avec son harem de femmes et dont le « cœur ne fut plus tout entier à Yahvé », qui suivit même Astarté, « reine du ciel », à laquelle des Juives offraient encore des gâteaux peu avant la destruction du royaume de Judée par Nabuchodonosor en 586 avant J.-C.

Revenir à la Reine du Ciel, du bonheur et de la prospérité

Les lamentations de Jérémie (jérémiades), chapitre 44

Même la Bible recèle le souvenir de ces temps de paix sous l’égide de la déesse Mère. Le prophète biblique raconte comment il vint à Pathros en Egypte après la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor. Il y rencontra un groupe de réfugiés israélites en colère. Ceux-ci reprochaient au prophète sa loyauté envers celui qu’eux-mêmes regardaient comme un dieu mâle usurpateur du ciel, Jéhovah, auquel ils attribuaient tous leurs malheurs. Jérémie interpelle les Judéens résidant en Égypte parce qu’ils rendent hommage à Astarté, la reine du Ciel, alors qu’Yahvé a interdit de rendre un culte à d’autres dieux que Lui. Défiant le saint homme, ces gens lui annoncèrent qu’ils allaient retourner aux coutumes de jadis et brûler l’encens devant la Reine du Ciel, lui adresser des offrandes et des libations :

« Ce que tu as dit au nom du seigneur, nous ne l’acceptons pas. De toute façon nous allons remplir nos promesses de brûler de l’encens à la Reine du Ciel et de lui verser des libations, comme nous le faisions, nous et nos pères, nos rois et nos chefs dans les villes de Juda et de Jérusalem. Nous avions alors du pain à satiété, nous étions dans l’abondance et nous ne savions pas ce que c’était que le malheur. Or depuis que  nous avons cessé d’offrir l’encens à la Reine du Ciel et de lui verser des libations, tout nous manque, et nous périssons par le glaive et la famine. » Jérémie, 44, 16 à 18.

Un vaste panthéon mondial de déesses-arbres

On retrouve plus de quarante fois le mot Hébraïque asherah dans les cinq premiers livres de la Bible, parfois pour indiquer “la présence cultique puissante de la divinité féminine appelée Asherah”, parfois pour indiquer les idoles en bois sculpté utilisées pour la représenter. Asteroth-Asherah-Astarte était originaire de la Palestine et du Proche-Orient mais elle appartenait à un vaste panthéon de divinités d’arbres que l’on trouve sur toute la planète: les tendres hamadryades de la mythologie Grecque, telle que Daphné le laurier; l’Isis Egyptienne qui est souvent représentée comme un tronc d’arbre bourgeonnant d’une abondance de rameaux feuillés; et les apsaras sensuelles aux yeux de biche de la mythologie Hindoue, dont la Reine Maya, la mère du Bouddha. Lorsque les cultes de la Déesse furent supprimés, lorsque ses idoles furent mises à bas, lorsque ses bosquets feuillés furent dévastés, les Juifs inventèrent la menorah pour remplacer ce qu’ils avaient détruit. Le chandelier aux sept branches est une abstraction schématique émanant de la nature, une imitation spectrale d’une asherah, un arbre-sacré.

Ménorah et Saint Esprit, l’arbre de vie de la déesse Ashérah ?

La ménorah (hébreu : מְּנוֹרָה IPA [mnoː'ɾaː]) est le chandelier (ou candélabre) à sept branches des Hébreux, dont la construction fut prescrite en Exode 31 à 40 pour devenir un des outils du Tabernacle et plus tard du Temple de Jérusalem. Ce mot « Menorah » provient du préfixe « Mé » indiquant la provenance d’une chose, associé à la racine hébraïque NorahNourah, de Nour,Nor (flamme) au féminin. MéNoRah signifie donc « de la Flamme », « qui provient de la Flamme » ; cette flamme, selon la Kabbale, n’est autre que la Schékhinah ou présence féminine de Dieu.

Les vieilles gravures du Néguev montrent que, à l’époque où ils étaient encore polythéistes, les Hébreux adoraient le dieu YAH (YAHWE) et sa parèdre la déesse ASHERAT ou ASHERAH. Sur ces gravures, le nom de YAH est souvent associé à un bélier ou un taureau alors que celui d’ASHERAH est associé à une MENORAH. ASHERAH était également connue par les Cananéens d’Ougarit (Syrie) sous le nom d’ATHIRAT. Elle semble avoir été représentée par un poteau de bois car son nom pouvait être traduit par "Bosquet", "Jardin", "Arbre" ou "Lieu sacré". En fait, il est possible que ce poteau n’ait pas été un mat lisse mais ait porté sept branches. Un tel poteau d’ASHERAH muni de sept branches pouvait donc avoir la forme d’un chandelier MENORAH. Un "ARBRE DE LUMIERE" comme disent certains.

D’ailleurs la description de la MENORAH, dans Exode 25, 31-40, montre qu’elle a un aspect trés végétal.

"Et tu feras un chandelier d’or pur : le chandelier sera fait d’or battu ; son pied, et sa tige, ses calices, ses pommes, et ses fleurs, seront tirés de lui.
Et six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier d’un côté, et trois branches du chandelier de l’autre côté.
Il y aura, sur une branche, trois calices en forme de fleur d’amandier, une pomme et une fleur ; et, sur une autre branche, trois calices en forme de fleur d’amandier, une pomme et une fleur ; ainsi pour les six branches sortant du chandelier.
Et il y aura au chandelier quatre calices en forme de fleur d’amandier, ses pommes et ses fleurs ;
et une pomme sous deux branches sortant de lui, et une pomme sous deux branches sortant de lui, et une pomme sous deux branches sortant de lui, pour les six branches sortant du chandelier ;
leurs pommes et leurs branches seront tirées de lui, le tout battu, d’une pièce, d’or pur.
Et tu feras ses sept lampes; et on allumera ses lampes, afin qu’elles éclairent vis-à-vis de lui.
Et ses mouchettes et ses vases à cendre seront d’or pur.
On le fera, avec tous ces ustensiles, d’un talent d’or pur.
Regarde, et fais selon le modèle qui t’en est montré sur la montagne."

Une autre descriptions se trouve dans Zacharie 1,2-3 et 7 :
"Et il me dit : Que vois-tu ? Et je dis : Je vois, et voici un chandelier tout d’or, et une coupe à son sommet ; et ses sept lampes sur lui ; sept lampes et sept conduits pour les lampes qui sont à son sommet ; et deux oliviers auprès de lui, l’un à la droite de la coupe, et l’autre à sa gauche… (Ces sept lampes) ce sont là les yeux de l’Éternel qui parcourent toute la terre.

Arbre de lumière, buisson ardent, la matrone de Dieu

Il est même possible que le buisson ardent, par lequel YAHWE a prix contact avec Moïse dans le désert, soit la même chose que cet ARBRE DE LUMIERE. En effet, il manifestait la présence de Dieu… hors, dans le temple de Jérusalem, le chandelier MENORAH était également le symbole de la présence de Dieu. Cette "présence de Dieu" portera plus tard le nom de SHEKINAH, et on en parlera parfois comme si elle était une entité à part entière. On ira même jusqu’à en faire une sorte de parèdre de YAHWE sous le nom de MATRONIT (Matrone). Certains rabbins assimilaient aussi la SHEKINAH à l’ESPRIT SAINT de Dieu, celui-ci étant un nom féminin dans les langues sémitiques.

Shekinah, le féminin divin dans le temple de Salomon

File:The Shekinah Glory Enters the Tabernacle.jpg

Shekinah, Shechinah, Shechina, ou Schechinah (hébreu: שכינה), est l’orthographe anglaise d’un nom hébreu grammaticalement féminin de Dieu dans le judaïsme. Le mot signifie originale «demeure» ou «présence», et désigne la demeure de la Présence Divine de Dieu, en particulier dans le Temple de Jérusalem.

Le Saint Esprit, mère du Christ

Quand aux Judéo-Chrétiens Nazaréens, ils faisaient de cet ESPRIT SAINT féminin la mère de Jésus. Saint Jérôme a écrit à ce sujet :

“Dans cet évangile écrit ‘selon les Hébreux’, qui est lu par les Nazaréens, le Seigneur dit : ‘Il y a un instant, ma mère, le Saint-Esprit, m’éleva’ (…) Selon l’évangile écrit en langue hébraïque que les Nazaréens lisent (…..) nous trouvons ceci : ‘Il arriva que, tandis que le Seigneur remontait de l’eau, toute la source du Saint-Esprit descendit et reposa sur lui et lui dit : Mon Fils, parmi tous les prophètes, je t’attendais pour que tu viennes et que je puisse reposer en toi. Car tu es mon repos, tu es mon fils premier-né qui règnes pour toujours’."

Et Origène en concluait ceci (dans In Jer. 15,4) :

“C’est une preuve dans leur croyance (aux Nazaréens) que l’Esprit-Saint est la mère du Christ."

La vraie Trinité

De là, il n’y aurait plus qu’un pas à faire pour dire que la trinité chrétienne du Pere, du Fils et du Saint-Esprit correspond en fait à une famille divine composée d’un Dieu-père, d’un Dieu-fils et d’une Déesse-mère. Étrange manière utilisée par la déesse ASHERAH pour réapparaitre auprés de YAHWE ! Et c’est d’autant plus paradoxal que les Hébreux avaient essayé de se débarasser de cette déesse en en faisant le démon ASHTAROTH.

Un avatar d’Hathor et son Sycomore ?

Chez les anciens Egyptiens, ce qui se raproche le plus de l’Arbre de Vie de la déesse ASHERAH c’est le SYCOMORE (ficus sycomorus) de la déesse HATHOR (déesse de l’amour et de la fertilité). Cet arbre poussait dans le monde des morts et servait à nourrir et désaltérer les BA (âmes) afin de leurs rendre la vie.

Lire aussi Tanit, déesse-mère berbère de Carthage (phéniciens de la Tunisie antique), et épouse sacrificielle de Baal-Moloch (prototype de Yahvé)

 

 

 

http://matricien.org/matriarcat-religion/judaisme/asherah/

 

 

 

Origines de l’islam : ses racines païennes matriarcales – les 3 déesses de la Kaaba

 

Aujourd’hui encore, les fouilles archéologiques sont quasi-interdites en Arabie Saoudite, à croire que cela en dérangerait certains.

L’arrivée du patriarcat en Arabie

Le patriarcat s’est installé progressivement par la guerre à partir du IVème millénaire avant Jésus-Christ, et semble commencer à Sumer en Mésopotamie. Les anciennes déesses-mères ont été conquises, assimilées, puis remplacées, par les nouveaux dieux-pères (Olympiens, Aesirs nordiques…). Il en est de même avec les divinités matriarcales arabes (Allat, Uzza, Manat), désormais dominées par les nouveaux dieux conquérants venus de Babylone (Hu-Baal).

Paganisme matriarcal : les 3 déesses-mères de l’Arabie pré-islamique, Al-Uzza, Allat et Manat

L’évolution des différents types de mariages arabes pré-islamiques témoigne de la patriarcalisation progressive de la péninsule arabique. L’islam n’en est que la dernière étape.

Matriarcat bédouin : statut élevé et liberté sexuelle de la femme arabe avant l’islam

Le croissant lunaire, symbole de la déesse primordiale

L’étoile et le croissant, aujourd’hui vus comme des symboles de l’Islam, ont longtemps été utilisés en Asie Mineure et par certains peuples turcs, avant l’arrivée de l’Islam. L’origine du croissant et de l’étoile comme symboles date des temps de Babylone et de l’Égypte ancienne. Il a été suggéré que les tribus turques, durant leurs migrations d’Asie centrale vers la Turquie aux alentours de 800 après JC, ont adopté ce symbole des tribus et états locaux dans la zone du Moyen-Orient actuel, qui a adopté à son tour ces symboles. On retrouve aussi trace de ce symbole dans les cultes pré-islamiques du proche-orient aux côtés d’autres symboles et rituels païens adoptés par l’islam. Il est à noter que le symbole lunaire accompagné de l’étoile a également été adopté par d’autres divinités, pour Artémis chez les Grecs, Diane chez les Romains. L’adoption des rites païens au sein de l’église catholique romaine explique aussi le rapport étroit entre la lune et la Marie virginale. Le croissant de lune est en rapport avec les cycles menstruels, symbole du pouvoir de procréation des femmes.

Drapeau de guerre Ottoman (1453-1798), orné de Zulfikar, le sabre trouvé par Mahomet

L’origine du drapeau est sujette à de nombreuses légendes en Turquie, et certaines contredisent l’histoire du drapeau ottoman. Parmi les légendes les plus répandues, on trouve :

  • Le croissant de lune et l’étoile étaient des symboles saints pour les tribus turques pré-islamiques, tandis que le rouge est la couleur cardinale pour le sud.
  • Le rêve du premier empereur ottoman dans lequel un croissant et une étoile apparaissaient sur sa poitrine, présageant de la future prise de Constantinople par sa dynastie.
  • Un croissant et une étoile sont apparus à Mehmed II la nuit de la chute de Constantinople en 1453.
  • Une autre théorie date de l’empire byzantin, mettant en lumière le fait que le croissant et l’étoile ont été utilisés comme symboles de Byzance durant des siècles. Lorsque des Ottomans prirent Constantinople, ils adoptèrent ces symboles pour l’Empire Ottoman (la lune représente la déesse grecque Artémis, et les étoiles la Vierge Marie). L’étoile et le croissant de lune étaient cependant symboles de la déesse égyptienne Isis plus tôt.

Jérusalem, première direction de la prière islamique

La Mecque était le sanctuaire pré-islamique le plus important de toute la péninsule arabique. A l’origine, la ville n’était pas au centre de la religion musulmane, les croyants se tournant vers Jérusalem. La direction de la prière (la kiblah) répond à des règles très strictes énoncées par Mohammed dans le Coran. Au début, la kiblah correspond à la direction de Jérusalem (s.2, v.36), pour satisfaire les convertis d’origine juive ou chrétienne. Puis, afin d’asseoir définitivement son autorité tout en contentant la masse des nouveaux fidèles d’origine païenne, la kiblah se tourne vers la Mecque, haut lieu millénaire païen. La vénération de la pierre fut une occasion pour Mohammed de ramener vers lui les païens.

Les 3 déesses de La Mecque

A la Mecque (مكة), avant l’Islam, la tribu des Quraïch (قريش) adoraient une triade de trois divinités féminines, il s’agit d’Allat (اللآت), al-‘Uzza (العُزة) et Manat (مناة), ils citaient leurs noms au cours de leurs tournées (الطواف) autour du Ka’ba (الكعبة). Selon Ibn al-Kalbi, les Quraysh avaient coutume de faire le tour de la Ka’aba en disant : "Au nom d’Allat, d’ʿUzza, et de Manat la troisième idole. Elles sont réellement les "al-gharānīq" (femmes de condition supérieure ) Dont il faut demander l’intercession." Comme aujourd’hui, les pèlerins se rasaient la tête.

Hubal, le nouveau dieu-père des déesses

Alors que pour les Nabatéens (Pétra en Jordanie), Allat était la mère de tous les dieux, pour les autres Arabes, Allat, al-‘Uzza et Manat étaient les filles d’Allah (الله جل جلاله), et étaient les intermédiaires entre Dieu et les hommes pour obtenir ses bénédictions. Allah (le-dieu) est le titre du dieu lunaire Sîn-Hubal (Baal), pièce rapportée tardivement de Mésopotamie dans le panthéon arabe, qu’il domina par la suite à La Mecque. De ce dieu, très peu de temples, de représentations, et de traces écrites nous sont parvenues jusqu’à aujourd’hui. Le terme Allah est antérieur à l’islam puisque le père de Mahomet s’appelle lui-même Abd’Allah, c’est à dire, "le serviteur du dieu".

La Kaaba, temple de la déesse Allat

Ka’aba signifierait cube en arabe, mais la Ka’aba elle-même serait l’ancienne "Kaabou", du mot grec qui signifie ‘jeune fille’, et désigne la déesse Astarté, c’est-à-dire Aphrodite dans la mythologie grecque qui correspond à la Vénus Romaine et l’al-‘Uzza (العزى) des Arabes considérée comme la déesse de la fertilité. Les anciens chroniqueurs rapportent qu’avant l’avènement de l’islam (jahilya, l’ère de l’ignorance), il y avait 24 ka’bas dans la péninsule arabique, mais celle de La Mecque était vénérée par toutes les tribus. Selon des recherches saoudiennes, il existait dans la région de nombreuses Ka’bas (tawaghit) consacrées chacune à une divinité, auxquelles les fidèles se rendaient certains jours déterminés pour procéder à des rites comprenant entre autres une déambulation circulaire et des sacrifices. Les plus importants semblent avoir été les ka’abas des déesses Allat à Taif, d’Uzza à Nakhlah et de Manat près de Qudayd.

Les prêtresses d’Allat

Elle fut célébrée par sept prêtresses nues qui gravitaient sept fois autour de cette pierre, une fois pour chaque planète (soleil / lune / mars / mercure/ vénus/ Jupiter / saturne). A ce jour, les hommes qui gardent la Kaaba sont encore appelés "fils de l’Ancienne Femme","fils de Saba", en arabe "Beni Shaybah". La déesse Allat avait un surnom, ou un titre supplémentaire, Saba prononcé Shaybah, signifiant sage-femme, ou, "Celle de l’ancienne sagesse". Avant l’Islam, les gardiens du Sanctuaire étaient des prêtresses appelées "Bathi-Sheba","filles de l’Ancienne Sage Femme". Bethsabée, "fille de Saba" signifie, ‘‘prêtresse de la maison de Saba". Les musulmans ont gardé ce sanctuaire cubique, et marchent encore autour, tout comme on le faisait à l’époque où on vénérait la Déesse.

Le culte des pierres

Vénérer une pierre est typiquement païen. On appelle ces pierres divines béthyle (de l’hébreu béthel "pierre sacrée"), et est une pratique polythéiste classique de l’antiquité. La pierre de la Kaaba n’échappe pas à cette règle. Cette pierre faisait en effet l’objet de vénération pré-islamique. Le culte pré-islamique des pierres peut être rapproché à des cultes lithiques des bétyles qui furent répandus dans tout le Proche Orient dès la plus haute antiquité. En effet ce culte rendu à une pierre n’est pas isolé dans l’Antiquité : on peut citer la pierre noire d’Émèse dont Héliogabale fut le grand-prêtre avant de devenir empereur romain, la pierre noire de Dusares à Petra, et c’est sous la forme d’un bétyle qu’en 204 avant J-C que Cybèle, la déesse-mère phrygienne de Pessinonte, fait son entrée à Rome. Dans de nombreuses cités orientales, des pierres sacrées sont l’objet de la vénération des fidèles, telles l’Artémis de Sardes ou l’Astarté de Paphos. En Arabie ce n’était pas une exception car le culte des pierres était omniprésent dans la société pré-islamiques. Par exemple la "pierre rouge" était la divinité de la ville arabe au sud de Ghaiman, ou la "pierre blanche" dans la Kaaba d’al-Abalat (près de la ville de Tabala, au sud de La Mecque).

La pierre noire, vulve d’Allat ?

Beaucoup d’occidentaux, surtout des sages-femmes, ont observé que l’écrin de la pierre noire, à l’angle de la Kaaba, a une forme de vulve, avec une tête de bébé qui en sort. Le mot Hajj (pèlerinage islamique à La Mecque) est dérivé de «Hack» qui veut dire friction en langue Arabe car il y avait un rituel païen dans lequel les femmes frictionnaient leur partie génitale sur la pierre noire espérant ainsi augmenter leur fertilité.(Dr.Jawad Ali dans son livre «L’histoire des arabes avant l’Islam» partie 5,page 223). Elle enduisaient la pierre avec le sang des menstrues et tournaient nues tout autour.

Une survivance de culte phallique à La Mecque ?

La Lapidation de Satan (arabe : رمي الجمرات, Ramy al-Jamarat signifiant « lancer [de pierre] sur les cibles [piliers] ») est une cérémonie pratiquée par les musulmans lors de leur pèlerinage ( Hajj ), au cours de laquelle ils jettent des pierres, qu’ils auront collectées durant une phase antérieure du pèlerinage, sur trois rochers qui symbolisent le diable.

Des pèlerins de Shiva ?

Lingams et yonis sur les ghâts, à Varanasi.

Ce rite s’effectue le 3e jour du pèlerinage à Mina en Arabie saoudite, à 5 km à l’est de La Mecque. Les trois piliers de pierre (un petit, un moyen et un grand) furent remplacés par les autorités saoudiennes en 2006 par trois murs de pierre, pour prévenir les accidents. Si l’écrin de la Pierre Noire de la Kaaba fait irrémédiablement penser à un vagin, les 3 piliers semblent représenter des phallus, ce qui confirmerait que La Mecque ait été un sanctuaire païen dédié à des cultes de fertilité. Sur la photo ci-dessus, le pilier phallique est entouré d’un muret circulaire, qui pourrait indiquer un vestige de culte de Shiva, ce qui semble confirmé par la tenue des pèlerins, vêtus de blancs et rasés comme des brahmanes hindouistes.

 

Source : http://matricien.org/matriarcat-religion/islam/origines-i...

 

 

Marija Gimbutas, archéologue et préhistorienne de l’ère matristique

 

 

Marija Birutė Alseikaitė ou Marija Gimbutienė, généralement connue comme Marija Gimbutas est née le 23 janvier 1921 à Vilnius et morte le 2 février 1994 à Los Angeles, Californie, USA. Elle est une archéologue et préhistorienne américaine d’origine lituanienne.

La culture préhistorique de la déesse

Durant quinze ans, Marija Gimbutas effectue des fouilles archéologiques dans le sud–est de l’Europe méditerranéenne, révélant au monde l’existence d’une civilisation pré-indo-européenne dénommée « culture préhistorique de la déesse », ayant existé à partir du Paléolithique et perduré plus de 25 000 ans. Le langage de la déesse (titre original : The language of the Goddess, 1989), La civilisation de la déesse (1991), Déesses et dieux de la vieille Europe (1974) comptent parmi ses œuvres majeures, qui lui valent une renommée posthume mondiale. Le langage de la déesse est également le titre d’une exposition qui lui fut consacrée en Allemagne au musée Frauen à Wiesbaden en juin 1993.

L’hypothèse kourgane : l’avènement du patriarcat

En 1956, M. Gimbutas publia son hypothèse kourgane, fondée sur le rapprochement de la linguistique comparative et des données archéologiques recueillies lors des fouilles des tumulus de la culture kourgane d’Asie centrale, et destinée à lever un certain nombre d’énigmes relatives aux peuples locuteurs du proto-indo-européen (PIE), qu’elle proposa d’appeler « kourganes » (c’est-à-dire peuple des tumulus des steppes) ; il s’agissait de proposer une origine et une route de migration des proto-indo-européens vers l’Europe. Cette hypothèse, par le rapprochement entre plusieurs disciplines, exerça un impact considérable sur la science préhistorique.

Des cavaliers conquérants

Marija Gimbutas identifie la culture des kourganes à l’habitat originel des Indo-Européens. Cette culture du Mésolithique située entre la Volga et les fleuves de l’Oural se distingue par la domestication précoce du cheval. La mobilité ainsi gagnée aurait créé des groupes de cavaliers combattants, et aurait conduit à des formes de société dites patriarcales. Entre -4500 et -3000, les Indo-européens, ce « peuple de cavaliers », auraient pénétré en plusieurs vagues successives dans la région du Dniepr, l’Ouest de l’Ukraine et la Moldavie. Ils auraient transformé la culture de type agricole existante, et se seraient établis en tant qu’aristocratie dirigeante, imposant leur langue. Cette conquête de l’Europe par la culture des kourganes serait caractérisée en archéologie par la culture rubanée et par la Culture des vases à entonnoir.

Succès bibliographiques

De façon inattendue, Gimbutas connut la faveur du grand public grâce à ses trois derniers livres : Dieux et déesses de l’Europe préhistorique (The Goddesses and Gods of Old Europe, 1974); Le langage de la déesse (1989, thème d’une exposition au musée de Wiesbaden), et La Civilisation de la déesse (The Civilisation of the Goddess, 1991), qui passe en revue ses recherches sur les cultures néolithiques d’Europe : l’habitat, les structures sociales, l’art, la religion et la nature des savoirs.

Du collectivisme égalitaire et pacifique à la société hiérarchique et guerrière de castes

Dans La Civilisation de la déesse, Gimbutas formalise son analyse des différences entre la société européenne primitive, selon elle de type matriarcal et articulée autour du culte d’une déesse mère, et la culture patriarcale (ou « androcratique », pour reprendre l’hellénisme de l’auteur) de l’Âge du bronze qui finit par la supplanter. Selon son interprétation, les sociétés matricarcales (« gynocentrique », « gylanique » pour reprendre les mots de Gimbutas) étaient pacifiques, révéraient les homosexuels et favorisaient la mise en commun des biens. Les tribus patriarcales des kourganes auraient, en migrant vers l’Europe, imposé aux populations matriarcales indigènes un système hiérarchique guerrier.

Articles connexes :

Le Langage de la déesse (1988)

Les « Vénus » de la préhistoire, les figures féminines peintes sur les céramiques, les signes abstraits gravés sur des vases, tous ces vestiges représentaient, selon Marija Gimbutas, une grande déesse – symbole de la vie – dont le culte fut constant au cours de la préhistoire et du néolithique européens.

L’histoire ancienne de l’Europe

Une « déesse » hantait l’esprit des chasseurs de la préhistoire. Une déesse à la féminité marquée et dont la silhouette ou les traits caractéristiques – seins, fesses, pubis, grands yeux – se retrouvent partout en Europe, peints ou gravés sur les parois des cavernes, sculptés sur la pierre, l’os ou le bois. Des milliers d’années plus tard, elle subjuguait encore les paysans du néolithique. Partout en Europe, on la découvre peinte sur des céramiques ou gravée sur les objets quotidiens. Pendant près de 25 000 ans, les premiers Européens auraient ainsi voué un culte à cette déesse, symbole de nature et source de vie, qui fait naître les enfants et pousser les plantes. Puis, vers le Ve millénaire av. J.-C., des peuples indo-européens, farouches guerriers, éleveurs de chevaux, auraient pris le pouvoir sur les sociétés agraires et imposé leur langue, leur pouvoir, leurs mythes : des dieux masculins, autoritaires et violents, auraient alors refoulé dans un lointain passé les charmantes déesses préhistoriques. Voilà, à grands traits, l’histoire ancienne de l’Europe, telle que l’a reconstruite Marija Gimbutas à partir de ses nombreuses recherches archéologiques.

Une Lituanienne à Harvard

Née en 1921, M. Gimbutas a quitté son pays natal pour se réfugier, pendant la guerre, en Autriche, où elle débuta ses études d’archéologie et de linguistique, poursuivies en Allemagne où elle obtint son doctorat en 1946. Après la guerre, on la retrouve aux États-Unis, à l’université de Harvard, où elle est recrutée comme chercheuse, spécialiste de l’archéologie d’Europe de l’Est, domaine alors largement méconnu. C’est dans les années 1960 qu’elle se fait connaître pour sa fameuse théorie de la « culture des kourganes » qui va susciter un premier grand débat dans la communauté scientifique. Kourgane est le nom turc pour désigner les tumulus, ces sépultures monumentales collectives, apparues dans la région de la Volga, entre mer Noire et mer Caspienne, qui se sont répandues ensuite dans toute l’Europe. Les kourganes seraient, selon M. Gimbutas, les symboles les plus marquants du premier peuple indo-européen : un peuple d’éleveurs et de guerriers qui aurait envahi l’Europe et l’Inde du Nord. Par vagues successives, il aurait imposé partout sa langue et ses mythes. Avec cette théorie des kourganes, M. Gimbutas a donné une consistance archéologique à ce mythique peuple indo-européen qui, selon linguistes et mythologues, aurait constitué la souche culturelle commune de l’Europe et de l’Inde du Nord.

En 1963, M. Gimbutas entre à l’UCLA. Dans les années suivantes débute une campagne de fouilles en Europe du Sud-Est (Yougoslavie, Grèce, Italie), fouilles qui vont se prolonger une quinzaine d’années et l’orienter vers une nouvelle direction de recherche. Parmi les vestiges sortis de terre, M. Gimbutas remarque que de nombreuses poteries ont des formes féminines. Certaines arborent des signes géométriques – formes en V, en M, zigzags. On retrouve d’ailleurs ces signes sur des céramiques en forme d’oiseau.

Des symboles négligés par l’archéologie officielle

Plus elle fouille, plus s’accumulent des traces, des traces trop fréquentes pour être négligées, ce que font pourtant la plupart de ses collègues : « L’ensemble des matériaux disponibles pour l’étude des symboles de la vieille Europe est aussi vaste que la négligence dont cette étude a fait l’objet ». Une nouvelle hypothèse émerge. Et si les figures féminines étaient des déesses ? Et les signes et figures géométriques qui les accompagnent des représentations symboliques de ces déesses (comme la croix remplace Jésus dans la symbolique chrétienne) ? Dans cette hypothèse, l’abondance des vestiges attesterait bien de la présence d’une forte présence féminine aux côtés des dieux masculins.

La trinité féminine

En 1974, M. Gimbutas publie un premier livre titré Déesses et dieux de la vieille Europe. Dans ce premier livre, elle soutient qu’un culte de trois déesses féminines était présent dans le Sud-Est de l’Europe. Par la suite, elle étendra son hypothèse à toute l’Europe et fusionnera les figures féminines en une seule et même déesse. Dans les années qui suivent, et jusqu’à sa mort en 1994, M. Gimbutas ne cessera de poursuivre cette piste. Le Langage de la déesse est en quelque sorte l’aboutissement et la synthèse de ses recherches sur la déesse de la préhistoire.

Pour une archéomythologie

Comment décrypter la mythologie d’une société sans écriture dont les vestiges se résument à des céramiques, des outils, des objets gravés de motifs géométriques ? En règle générale, les archéologues se gardent bien de se lancer dans des interprétations symboliques, leur tâche principale se bornant à dater et à classer les matériaux retrouvés pour reconstituer des emprunts, tracer les aires culturelles et leurs contacts possibles. M. Gimbutas, elle, a osé transgresser cet interdit. Elle s’est attachée à reconstituer l’univers mental des sociétés de la préhistoire grâce à une démarche nouvelle : l’« archéomythologie ».

Les symboles de la déesse

Voilà comment elle procède. Dans nombre de sociétés sans écriture, les artistes représentent les femmes non seulement par une silhouette féminine, mais parfois par une simple partie du corps : seins, fesses, yeux… Le triangle pubien est aussi souvent présent. La façon la plus simple, la plus géométrique et la plus universelle de le représenter consiste à tracer un V. Si le V est donc le symbole de la femme, M. Gimbutas pense que les nombreux motifs en chevron (deux V superposés) désignent aussi le sexe féminin. De même, comme on retrouve souvent associés la figure du V et des chevrons gravés sur des céramiques en forme d’oiseau, M. Gimbutas en déduit que la figure de l’oiseau est également un symbole féminin. En admettant cette convention (V, chevrons simples, doubles ou triples, figures d’oiseaux, seins…), il est alors apparu que le signe de la femme est omniprésent dans toute l’Europe du Sud-Est. Par glissements progressifs et juxtapositions de motifs, M. Gimbutas pense alors repérer toute une gamme de figures censées représenter la déesse. Elle peut apparaître sous la forme d’une déesse-oiseau et, par extension, d’un bec d’oiseau ou d’un œuf. L’eau est également associée à la divinité féminine. Elle peut être désignée par un filet qui coule (quelques traits verticaux) ou un M représentant l’onde. Par extension, tous les motifs en M sont supposés représenter l’eau, donc la déesse.

Toute la symbolique de la déesse serait en lien avec le cycle de la vie, « le mystère de la naissance et de la mort, celui aussi du renouveau de la vie – pas seulement de la vie humaine, mais de toute forme de vie sur la Terre comme dans l’ensemble du cosmos ».

La déesse est d’abord « celle qui donne la vie »

La déesse est donc présente dans les rituels de naissance et de fertilité. Voilà pourquoi elle est associée à l’eau, source de toute vie, et par extension à l’oiseau d’eau, mais aussi à la grenouille et au poisson. La déesse est également liée au renouvellement des saisons et donc à la terre nourricière, à la mort et à la régénération. Au fond, toute la symbolique de la déesse renvoie aux « croyances de peuples agricoles concernant la stérilité et la fertilité. La fragilité de la vie, la menace constante de la destruction ainsi que le renouvellement périodique des processus générateurs de la nature sont parmi les plus tenaces ».

De nouvelles clés d’interprétations

Si la démarche archéomythologique prônée par M. Gimbutas est pertinente, l’avancée scientifique est de taille. Elle donne les clés pour interpréter des signes, gravures, motifs abstraits présents dans toute la préhistoire, qui étaient jusque-là traités comme de purs motifs décoratifs ou d’énigmatiques signes que l’on s’interdisait de décrypter. Du coup, les céramiques ornées dévoilent une histoire cachée, et tous ces signes qu’on avait pris pour de simples fioritures se révèlent être un riche langage symbolique associé au culte de la déesse.

Des risques de surinterprétation

Evidemment cette entreprise de décryptage comporte bien des risques. Le premier est celui de la « surinterprétation » des signes. Mais comme le note justement Jean Guilaine en préface, « on portera au crédit de Marija Gimbutas d’avoir ouvert la voie à une archéologie symbolique. (…) Mais justement orienter une discipline foncièrement attachée à l’étude de données matérielles vers le champ de l’imaginaire impliquait déjà un certain courage intellectuel et une forme aiguë de non-conformisme ».

 

Source : http://matricien.org/essais/marija-gimbutas/

 

 

04/08/2014

Le système de l'assurance-chômage veut-il remettre "les conteurs à zéro"? Entretien.

Yvon Le Men, le 8 juin dernier, au Festival «Étonnants voyageurs» de Saint-Malo. (c) Chantal Parent Yvon Le Men, le 8 juin dernier, au Festival «Étonnants voyageurs» de Saint-Malo. (c) Chantal Parent

« Toute une histoire à cause d’un mot.» Il y a un an, le poète Yvon Le Men, intermittent du spectacle âgé de 60 ans, est accusé par Pôle Emploi Service d’avoir triché. «Vous n’êtes pas ce que vous dites, un artiste du spectacle vivant.» Son statut de poète interprète est remis en cause, il est radié et condamné à rembourser rétroactivement (sur trois ans) la somme de 29 796 euros.

Pour lui, « c’est une insulte ». Car depuis plus de quarante ans, Yvon Le Men raconte le monde au monde, partout dans le monde. Le monde des songes, sûrement pas des mensonges. Depuis toujours, Yvon Le Men vit par – et pour – la poésie. À l’oral et à l’écrit.

Après son bac, en 1970, il entre à la fac d’histoire de Rennes. Sa mère est à ce moment-là au chômage, il est orphelin de père depuis cinq ans. La vie, déjà, ne lui fait pas de cadeaux. À 18 ans, il commence à écrire, abandonne ses études et, très vite, donne à entendre ses poèmes au public. Ses premiers pas sur scène, il les fait devant des ouvriers en grève. C’est pour lui «une révélation», «un coup de foudre», «une profession de foi». Dès lors, il pratique dans toute la France «la poésie dite», le récital. Dans sa Bretagne natale, pas un village où sa voix n’a résonné, où ses mots n’ont raisonné.

En 1986, Yvon Le Men est enfin affilié au régime des intermittents, «mais ça n’a pas été facile tout de suite». Il ne commence à «gagner correctement sa vie» que vers 1990. Depuis 1984, il est principalement salarié intermittent de l’association «Chant manuel». Dans sa ville de Lannion et en lien avec le théâtre le Carré magique, celle-ci organise, entre autres, des rencontres littéraires et des lectures de textes. Yvon Le Men est notamment chargé de mettre en voix les œuvres de ses invités. Il participe aussi au Festival «Étonnants voyageurs» de Saint-Malo, auquel il a «intégré la poésie, encore une fois, par l’oralité».

Le 8 juin dernier, il y a interprété l’intégralité de son poème «En fin de droits», dans lequel il règle ses comptes avec Pôle Emploi qui veut remettre «les conteurs à zéro». En parallèle, l’association du festival a lancé une pétition de soutien qui a déjà réuni plus de 1000 personnes. Mais «l’administration n’a jamais tort», explique-t-il. Et s’il était préférable de croire, avec Jean Ferrat, que «le poète a toujours raison»? Entretien.

BibliObs Pôle emploi vous a contacté une première fois en juillet 2013, puis vous a envoyé une lettre le 19 novembre 2013. À quel moment avez-vous décidé de prendre la plume et de combattre?

Yvon Le Men Bien sûr, quand j’ai reçu ma lettre de radiation, j’étais totalement abattu. Mille sentiments m’ont traversé: le désespoir, la colère, l’envie de m’enfermer, de hurler. J’ai donc écrit une lettre de recours que j’ai eu beaucoup de mal à rédiger, comme je le dis dans mon poème [«J’ai écrit cinquante livres et je ne sais pas écrire une lettre de recours gracieux»]. La langue administrative, je ne la connais pas – chacun sa langue – et quand on ne la comprend pas, on est vaincu. J’ai donc décidé d’écrire ce poème à la suite d’une coïncidence plutôt étrange. En allant poster ma lettre de recours, j’ai vu deux postières que je connais, et l’une d’elles m’a dit: «Il y a une grève des trains.» À cause de la grève, ma lettre risquait en plus de ne pas arriver à temps!

Je me suis dit : « Ce n’est pas possible, le monde entier est contre moi.» Dans ces situations-là, on devient un peu paranoïaque. Je suis rentré à la maison, je me suis assis devant ma table, et j’ai commencé à écrire. C’est cette anecdote-là, cette goutte d’eau supplémentaire qui a fait déborder le vase. Ce poème, je l’ai écrit très vite, en une semaine. J’écrivais jour et nuit, d’où la tension qui s’en dégage et qui ne finit pas jusqu’à ce que j’ai fini de la dire. Après, je l’ai retravaillé au scalpel. Ça a été une longue expiration, mais l’inspiration est venue de la situation. Inspiration, expiration... et aussi respiration.

Pour qui l’avez-vous écrit ? Pour vous ou pour «les saltimbanques sans banque»?

Quand on écrit, on écrit toujours à partir de soi, mais un soi qui serait les autres. Un soi universel. En creusant au fond de soi, on trouve quelqu’un, un homme, une femme, un enfant, qui a quelque chose à vous dire. Je l’ai écrit pour ceux à qui on enlève leurs droits: au-delà de l’argent, le droit de se défendre, le droit d’être écouté. J’ai été accusé et condamné sans même pouvoir me défendre, alors j’ai parlé pour ceux qui ont du mal à parler. J’étais l’un d’eux. Je l’ai écrit pour mes frères humains, il y a des gens du personnel de Pôle Emploi qui l’ont lu et qui se sont retrouvés dans mon texte. C’est pour ça, il me semble, qu’il a été aussi entendu au festival de Saint-Malo: parce qu’il dépasse la question des intermittents…

La vraie question est : « où en est notre humanité?» C’est facile de sévir quand on ne voit pas les gens, de tirer un trait de crayon sur quelqu’un. C’est un peu le malheur d’aujourd’hui, l’humanité disparaît tout doucement, et avec l’administration c’est encore plus vrai, personne n’est en face, pas de médiation, pas de discussion. Mais dans le comité de soutien, il y a aussi des gens de Pôle Emploi dont certains souffrent dans leur travail.

Votre poème est accompagné de vingt pages dessinées par Pef. Comment s’est passée cette collaboration?

Nous sommes amis depuis plus de vingt ans et il se trouve qu’il était à la maison à ce moment-là. Ses dessins, avec mon texte, ont du sens. Pef, avec ses mots tordus, a inventé quelque chose: c’est la langue des enfants blessés, des dyslexiques, et moi j’étais blessé comme les enfants qui ont du mal à parler et qu’on n’écoute plus. À chaque fois que je parlais, je parlais à côté, «si t’es toi tais-toi sinon tu seras retenu contre toi». Ces dessins sont un vrai contrechamp.

LireLa vraie lisse poire du Prince de Motordu

Dans ce livre, il y a aussi Verlaine, François Villon…

Verlaine, c’est l’homme fragile qui dit : «Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches/Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.» Il parle à une femme mais quand il dit: «Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches», moi je vois un secrétaire très lointain qui déchire ma vie.

Quant à Villon, lui a été gracié plusieurs fois par Louis XI alors qu’il avait tué. Je l’ai cité car il a été le premier poète français à avoir évoqué les «frères humains». Avec lui, l’humanité est entrée dans la poésie. Mais je fais aussi référence aux slogans publicitaires: «Votre argent m’intéresse disait la BNP». Et à Ulysse…

... celui qui disait au cyclope qu’il s’appelle «Personne». En effet: «Personne ne parle personne ne m’a parlé» revient tout au long du texte. C’est ce silence qui vous a le plus blessé?

La cruauté la plus grande, c’est l’absence de discussion. Je peux aller en Chine, en Haïti, à Brazzaville, je peux aller partout, mais pas à Pôle Emploi Bretagne. Alors qu’on est sur la même planète, dans le même pays. Il y a deux moments où j’aurais pu m’expliquer: une femme m’a appelé pour me demander comment je négociais mes contrats, je lui ai répondu et pour une certaine raison, on a dû raccrocher. Elle devait me rappeler le lundi suivant, mais elle ne l’a pas fait.

La deuxième fois, c’était avec une autre femme, celle qui a une jolie voix dans mon poème. Mais elle m’a appelé quand tout était déjà fait et qu’il était trop tard. Elle m’a conseillé de faire ma demande de recours, qui a été refusée. Il y a aussi des médiateurs à Pôle Emploi qui, normalement, doivent vous répondre dans les sept jours, mais je n’ai eu aucun contact. Mon avocat, lui-même, a écrit à un médiateur national qui a répondu au bout d’un mois, mais rien, sinon la langue de bois habituelle.

Lire"Je suis poète": une journée en Haïti avec Dany Laferrière

Vous écrivez : «C’est la faute au Président que j’ai élu si je suis dans la lie c’est le Président qui me nique mon air de rien de trois fois rien l’air de rien». Vous en voulez à François Hollande?

C est une façon de parler, comme on dit. Avant lui, il y a eu d’autres présidents, et après lui, il y en aura d’autres, même s’il est le chef des «armées», le chef des chefs, pour le moment. En réalité, c’est surtout l’Administration que je dénonce. L’Administration, c’est personne, c’est tout le monde. C’est personne. C’est une entité composée de multiples personnes qui au final n’en font qu’une et dont les individualités ne seraient pas responsables de ce qu’elles font ensemble et des conséquences de leurs actes sur la vie des gens.

J’ai eu des discussions avec des gens qui travaillent à Pôle Emploi et qui me disaient: «C’est pas de notre faute, c’est le système.» D’autres se justifiaient en disant: «Ce n’est pas moi, c’est mon chef et le chef de mon chef», etc., etc. Mais si on leur enlève leur responsabilité, ils n’ont plus d’humanité. Et moi, je refuse cette idée-là. Dans mon texte, je leur en donne de l’humanité. Eux me la refusent en ne me parlant pas, ou seulement quand c’est trop tard. Alors si personne n’est responsable, tout le monde l’est. «Si ce n’est toi, c’est donc ton frère», disait le loup à l’agneau dans la fable de la Fontaine.

Et puisque c’est la faute de «personne», c’est la faute au «Président»?

J’ai voté pour lui, comme beaucoup de gens, mais à la fin du passage que vous citez, j’écris «oui/oui/et non». Il y a deux oui – il est tout de même le chef des chefs des chefs – et un non à la fin... Mais c’est surtout la faute à un système, et à ceux qui ont voulu et veulent toujours de ce système où l’Administration, au plus haut niveau, ne revient pas sur ses décisions, mêmes mauvaises. Elle ne se trompe jamais. L’erreur, pour elle, n’est pas humaine.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

J'ai décidé d’assigner Pôle Emploi en justice, devant le Tribunal de Grande Instance de Saint-Brieuc. Je conteste tout ce qu’ils disent. J’ai pris un avocat pour la première fois de ma vie. Je crois que c’est au moment où j’ai décidé de dire le poème en public que j’ai pris cette décision. Mon combat, c’est David contre Goliath. J’ai mis du temps à comprendre ce qui arrivait, maintenant j’ai compris ce qu’ils me reprochaient et je le conteste. La justice, c’est le retour de l’humanité. Il y aura des gens, du monde en face, on ne sera plus dans le flou de l’internet.

Personne ne m’a parlé, et ça, c’est une catastrophe extrêmement contemporaine, c’est terrible. On ne sait pas par où passer. C’est un monde qui s’est retiré, qui est devenu abstrait. On a enlevé les gens, on les a mis dans des codes, des cases. À Pôle Emploi, quelqu’un m’a dit: «Il y a des métiers qu’on n’arrive pas à cadrer», «il n’y a pas de case pour eux». Il y a des gens qui ne comprennent pas que je veuille rentrer dans une case, mais j’en avais une, celle de «poète interprète», qui me donnait à exister socialement. Le droit à l’intermittence, qui permet d’être indemnisé pendant le travail de préparation des spectacles, je ne l’ai pas volé. Et tout d’un coup, à la fin de la partie, ils changent les règles…

Lire"Combien tu gagnes? Est-ce que tu es connu?"...
Pas facile d'être un poète aujourd'hui
 

Dans cette société qui se déshumanise, à défaut d’avoir une case, les poètes ont-ils encore une place?

Oui, justement. Plus le monde sera dématérialisé, plus la langue sera dénaturée par les éléments de langage, et plus la poésie sera nécessaire. Elle veille au grain de la langue. Le poème résonne au plus profond de nous, il naît à la source de notre humanité, de notre réalité. C’est peut-être notre seule langue commune, même si on ne la comprend pas toujours. La poésie nous aide à ne pas tomber seul dans nos questions. Elle nous parle. Elle nous réunit, à l’inverse de la langue codée de cette Administration que je ne comprends pas.

De plus, à force de vouloir communiquer, on a affadi la langue et on ne dit plus rien. Au contraire – et je ne parle pas que de moi, cela dépasse mon chemin – je pense que le poème a de beaux jours devant lui, grâce à ces mauvais jours qui s’annoncent justement et qui nous menacent d’encore plus de solitude… Où êtes-vous, qui êtes-vous, pourrions-nous nous dire les uns aux autres. Les uns avec les autres.

Propos recueillis par Chloé Thibaud

En fin de droits, par Yvon Le Men, dessins de Pef,
éditions Bruno Doucey, 80 p., 13 euros.
En librairie le 2 octobre 2014, disponible dès maintenant sur commande.

 

Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20140730.OBS5061...

 

 

 

 

01/08/2014

Lettre ouverte aux élus, dirigeants, syndicats, philosophes, économistes et tous les autres.

 Par Diana Filippova, Connector OuiShare.  

          

Voici venu le temps des contradictions. Entre les discours sur le travail que vous - élus, dirigeants, syndicats, prétendants au pouvoir - proférez et les preuves objectives, un gouffre s'est creusé. Les tâches les plus variées nous échappent chaque jour au profit des machines, et pourtant vous érigez encore l'emploi en garant de tous nos droits - santé, vieillesse, citoyenneté - et de notre bonheur.

Vous affirmez que le travail est la voie de conquête de notre liberté et de notre indépendance. Nous constatons que les conditions du travail s'améliorent uniquement pour une mince couche de super héros.

Vous expliquez que notre graal est le CDI garanti à vie, adossé à un salaire décent et à un prêt immobilier. Nous cherchons en vain autour de nous les quelques survivants de ce paradis perdu du siècle dernier.

Vous dites que le travail est la clef de notre épanouissement et du vivre-ensemble. Nous ne parvenons pas à trouver le moindre signe de bonheur dans l'enchaînement des tâches répétitives, la pression hiérarchique et l'insécurité psychologique latente.

Vous dégainez la méritocratie et le niveau de diplôme pour justifier des inégalités sur le marché du travail. Nous nous efforçons à trouver une corrélation dans nos vies et celles des autres : sans succès.

Laissez-moi vous le dire crûment : vous ressemblez de plus en plus à des professeurs de morale, qui espèrent cacher la vacuité de leur pensée par l'invocation quotidienne des grands principes de l'humanisme. Aux citoyens, aux employés, au peuple, vous n'avez d'autre vision à offrir que ce plus petit dénominateur que vous avez en commun : la valeur travail.

Une valeur morale au travail ?

Nous ne sommes ni n'avons jamais été dupes de votre rhétorique supposément éthique. Si le peuple a jamais attribué une quelconque valeur morale au travail, c'est qu'il en tirait un profit pécuniaire et des avantages bien réels.

Durant les deux siècles derniers, l'entreprise individuelle et l'emploi salarié ont été deux modalités plutôt efficaces pour franchir quelques barreaux de l'échelle sociale. Nous étions bien conscients, au fond, qu'en signant ce CDI, nous renoncions à une grande partie des fruits de notre travail, mais la promesse des protections sociales diverses et variées suffisait à dissiper nos quelques doutes.

Les femmes avaient beau se plaindre que leur travail domestique en était un et qu'il n'était toujours pas reconnu comme tel malgré sa pénibilité, la grande majorité d'entre nous en avait plutôt pour son compte et ne l'ouvrait pas trop.

L'assimilation que vous faisiez entre travail, effort et emploi salarié nous semblait bien trop rapide, certes, mais tant qu'il y avait un salaire et des perspectives de devenir soi-même boss, on n'ergotait pas trop sur vos erreurs conceptuelles.

Travailler à tout prix

Aujourd'hui, votre discours a perdu le ton enjoué du siècle dernier et s'est teinté d'intonations culpabilisantes, moralisatrices, prescriptrices. Il faut travailler à tout prix, dites-vous, car l'effort mène au salut psychologique et social tandis que l'inactivité condamne notre société à l'assistanat permanent. Vous avez d'ailleurs pris soin de créer une distinction claire entre le bon élève - celui qui travaille même lorsque sa qualification n'a rien à voir avec le poste - et l'outsider-marginal qui doit pointer à Pôle Emploi tous les mois pour percevoir son maigre pécule.

Votre voix devient rauque lorsque vous nous rappelez publiquement que nous devons purger notre dette à l'égard de la société et de l'État - dette originelle dont nous avons hérité dès notre naissance. Vous vous indignez devant les courbes qui ne fléchissent pas et signez des pactes de responsabilité qui vous fournissent une poignée d'éléments de langage exploitables pendant quelques mois. Au fond, vous vous réjouissez de savoir que faire travailler les autres coûte de moins en moins cher tandis que ces autres produisent de plus en plus.

Votre jeu est vieux comme le monde et il est si simple d'y voir clair : la moralisation du travail est - et a toujours été - le meilleur instrument de contrôle physique, psychologique et social des hommes. Vous vantez l'effort dans la tradition judéo-chrétienne : l'effort soigne la paresse, détourne des tentations et enseigne l'humilité. L'érection du plein emploi en objectif millénaire vous permet de rationaliser le déséquilibre des rapports de force entre employeur et employé, tout en fournissant un formalisme juridique à l'aliénation des moyens de production.

L'emploi à repenser

L'étendue du champ couvert par le concept « travail » est ainsi réduite à son expression la plus simpliste : l'emploi comptabilisé par les statistiques nationales. Tout le reste - de la pratique des artistes aux corvées domestiques - n'en fait pas partie puisqu'il ne rentre pas dans l'une des cases prévues par l'INSEE, Pôle Emploi ou le Bureau International du Travail.

Arrêtez votre cinéma, car nous ne croyons plus à vos discours et vous dénions toute autorité morale. Nous avons la mémoire suffisamment longue pour nous méfier de toute prescription sociale qui érige le travail - arbeit, rabota ("travail" en allemand et en russe) - en norme morale universelle. L'emploi salarié s'en est allé et nous avons tout le loisir de repenser par nous-mêmes ce que le travail signifie réellement pour nous, et comment il s'insère dans les modèles de société que nous souhaitons bâtir.

Peut-être avons-nous un seul conseil à vous donner : laissez donc tomber la morale et préoccupez-vous plutôt de l'économie. À force de lui donner tour à tour les rôles les plus variés - du déterminant culturel à l'instrument de cohésion sociale - vous avez oublié son rôle premier de facteur de production.

Or, la valeur purement économique du travail n'a jamais autant stagné, ravivant des inégalités que les sociétés occidentales n'ont pas connues depuis le début du siècle dernier. Aujourd'hui, nous avons besoin de vous pour définir un système satisfaisant de valorisation de notre production. Car si le travail n'est pas notre seul salut, il est encore notre principal gagne-pain.

_____

Diana Filippova est Connector OuiShare. Cet article est paru dans le numéro 4 de la revue Socialter 

 

 

29/07/2014

The Annie Besant Story

 

 

 

annie_besant.jpg

http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Besant

 

 

22/07/2014

Mon fils porte des robes, et ça ne me dérange pas

par   Auteur, acteur, père de famille                                        

 

Tous les matins ma fille de quatre ans, Sydney, met une chaise devant son placard et choisit une robe. J'essaie de lui faire prendre d'autres directions -- "Pourquoi tu ne porterais pas un short aujourd'hui?"--mais Sydney est têtue. Et je pense qu'elle a droit à la liberté de choisir ce qu'elle veut porter.

Mon fils, Asher, a 2 ans. J'attrape un short et un t-shirt dans le placard et l'habille, parce qu'il a toujours du mal à le faire lui-même. Mais il a compris comment se déshabiller -- et souvent cela signifie qu'il se débarrasse de ses vêtements et crie "robe" encore et encore. Il monte sur la chaise et attrape l'une des robes de Sydney --"celle-ci".

Donc la plupart du temps mon fils est habillé comme Princesse Sofia, ou autre princesse Disney. Et en oubliant tous les préjudices sociaux, je dois dire que ça lui va bien. Et lors d'un été à 40 degrés à LA, c'est sûrement le meilleur choix.

2014-07-11-Asherilgufodress.jpg

J'ai d'abord été gêné de le voir porter des robes en public. Et ce n'est pas parce que je me souciais de l'avis des gens qui pensaient que c'était bizarre. J'avais juste peur qu'ils pensent que je l'avais forcé à porter cette robe.

C'était la fête d'anniversaire de la fille d'un ami. Avant de quitter la maison, j'avais essayé de convaincre Asher de porter des "vêtements de garçon". Je savais que ce serait une série de questions et jugements, et je n'avais pas envie d'y faire face.

Mais Asher a fait une énorme crise lorsque j'ai essayé de lui mettre son short de force. Il pleurait et protestait, le nez coulant, et j'ai soudain réalisé que je combattais pour quelque chose en quoi je ne croyais pas. Je lui ai donné un câlin et me suis excusé. Et je lui ai remis sa robe de princesse et les chaussures de sa sœur.

2014-07-11-AsherandSydneypurpledresses.jpg

Nous sommes allés à la fête et, comme je me l'imaginais, certaines personnes ont ri et fait des commentaires. L'une m'a dit: "Vous trouvez ça drôle? Il y a des enfants ici. Vous voulez qu'ils voient ça?" Une autre: "Vous voulez qu'il devienne gay?"

Et j'ai gardé mon calme. Et je leur ai expliqué qu'il n'y avait aucun lien entre porter une robe et être gay. Et si effectivement il est gay, ce n'est pas moi qui l'aurai provoqué.

De nombreuses personnes nous soutiennent. Quand je leur dis que mon fils est un garçon, ils sourient et me répondent: "J'adore."

Un ami gay m'a vu au festival Jazz at LACMA vendredi soir, et m'a dit: "Je ne portais pas de robe quand j'étais petit". Comme pour me rassurer sur le fait que mon fils n'est pas gay.

Ce qu'il y a de plus triste dans cette histoire, c'est le sentiment de mon ami par-rapport à son homosexualité. Comme si c'était une malédiction.

Il y a quelques jours, à la demande de ma fille, j'ai enfilé une robe de ma femme pour aller promener le chien. Elle nous a rencontrés dans la rue et, après avoir éclaté de rire et pris une photo, elle m'a juste dit: "Si tu la déchires, je te tue."

2014-07-11-Menachemsindresses.jpg

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/seth-menachem/garcon-porte-r...

 

 

02/07/2014

RIP Albert Jacquard

"Le 11 septembre 2013, un grand homme nous a quitté, nous avons essayé de regrouper différentes vidéos d’Albert Jacquard afin que son message et ses idées puissent lui survivre sur la toile."

 

 

800px-Albert_Jacquard_-_May_2009.jpg

 

 

à voir ici :

http://4emesinge.com/rip-albert-jacquard/

 

« La morale collective actuelle nous fait croire que l’important c’est de l’emporter sur les autres, de lutter, de gagner. Nous sommes dans une société de compétition mais un gagnant est un fabricant de perdants. Il faut rebâtir une société humaine où la compétition sera éliminée. Je n’ai pas à être plus fort que l’autre, je dois être plus fort que moi… grâce à l’autre. »

 

 

23/06/2014

Découverte d’un gigantesque océan à 640 km sous terre

L’équipe du minéralogiste Steven Jacobsen vient de faire une découverte époustouflante : notre planète contiendrait une immense réserve d’eau à 640 km sous la surface de la Terre, d’une taille équivalente à 3 fois tous nos océans réunis.

 

Cette mine aquifère est dissimulée dans un minéral appelé la ringwoodite bleue qui se situe à 700 kilomètres de profondeur dans le manteau terrestre, au sein d’une couche de roches chaudes entre la surface de la Terre et son noyau. Cette impressionnante taille du réservoir jette un nouvel éclairage sur l’origine de l’eau sur Terre. Certains géologues pensent que l’eau est arrivée grâce à des comètes qui ont frappé la planète, mais cette nouvelle découverte soutient une autre idée : les océans auraient progressivement suinté de l’intérieur de la Terre primitive. « C’est une bonne preuve que l’eau de la Terre venait de l’intérieur », a dit Steven Jacobsen de l’Université Northwestern à Evanston dans l’Illinois. L’eau cachée pourrait aussi agir comme tampon pour les océans de surface, ce qui expliquerait pourquoi ils ont conservé une dimension identique durant des millions d’années.

 

en savoir plus sur (en anglais) : http://www.newscientist.com/article/dn25723-massive-ocean...

 

 

 

 

05/06/2014

Cyril C. Sarot - L’AD XVI / Ces traces laissées dans le sable

 

Une suite d’informations, d’observations ou de faits glanés au fil de mes lectures, de la vie et de ses hasards. Je les propose de manière brute, sans commentaires, car les choses me semblent parfois parler d’elles-mêmes, ou par les résonances et les échos provenant de leur simple mise en miroir.

Selon une étude de l’ONG Oxfam, les 67 personnes les plus riches de la planète détiendraient autant que les 3,5 milliards les plus pauvres.

Aux États-Unis, depuis le début de la crise, 95 % du peu de croissance créée a été accaparé par les 1 % les plus riches.

Lorsqu’ils collent un mot sur le rideau de fer du magasin afin d’expliquer une fermeture exceptionnelle, les propriétaires du petit bazar en bas de chez moi, qui ne sont que deux (mari et femme) prennent toujours le soin de signer « La direction ».

Vue à la télé, une adolescente expliquant que son seul rêve dans la vie serait de pouvoir dépenser sans compter.

Le traité de libre-échange transatlantique, en cours de discussion dans le plus grand secret entre les États-Unis et l’Union Européenne, prévoit la possibilité pour les investisseurs d’attaquer en justice les États qui prendraient des décisions nuisibles à leurs intérêts et à leurs profits (normes sanitaires trop lourdes, droit du travail trop contraignant, nouvelle législation environnementale, instauration d’un salaire minimum…).

Une enquête interne menée au début des années 2000 au sein de la Commission européenne aurait permis de déceler des traces de cocaïne dans 59 des 61 toilettes examinées.

Des logiciels malveillants introduits par la NSA dans des millions d’ordinateurs lui auraient permis d’en contrôler les caméras et les micros, sans que rien n’en témoigne, afin d’écouter les conversations et de prendre des photos dans la pièce où ils se trouvent.

Dès l’après-guerre, certains constructeurs automobiles américains ont travaillé le bruit de fermeture des portières afin qu’il soit « rassurant ».

Aux États-Unis, il existe des plages réservées à la pêche, surveillées par la police de la pêche, où le seul fait de s’asseoir sans pêcher constitue un délit.

Depuis 2011, en Allemagne, une loi protège le droit des enfants à faire du bruit, des crèches ayant dû fermer suite à la plainte de citoyens pour lesquels les cris des enfants créaient une souffrance, qui avait pour conséquence de déprécier leur bien immobilier.

En Belgique, une centaine de prisonniers volontaires (n’ayant commis aucun délit) a accepté de passer un week-end derrière les barreaux pour tester la nouvelle prison de Beveren.

Dans la rue, croisé un punk fumant une cigarette électronique.

*

Cette brève pensée d’Eric Chevillard : « Misérable, éphémère, de passage, bien peu de chose certainement ; je constate néanmoins qu’il faut tout un océan pour effacer la trace de mon pied sur le sable. »

*

Tout un océan, oui. Encore faut-il qu’il y ait la possibilité d’une trace. Encore faut-il qu’on puisse se projeter dans le monde pour y laisser son empreinte. Tant de gens semblent coupés d’eux-mêmes qu’elle paraît incertaine. Impossible, interdite, comme effacée d’avance. Il ne peut y avoir de projection dans le monde sans appartenance à soi : aucun moyen d’échapper à ce préalable. Rien ne peut être envisagé hors de ce regain d’être. Pour pouvoir être au monde, il faut d’abord être à soi.

*

Je relis rarement L’Autrement Dit. Non seulement parce que l’expérience m’est généralement peu agréable, mais surtout pour éviter de tomber dans certains pièges ; comme celui de vouloir sembler à tout prix cohérent. Si je me relisais trop souvent, je m’appuierais certainement sur les idées déjà formulées, m’en servant comme de jalons, incité à rester dans leurs sillons, privilégiant celles susceptibles de rester dans la ligne (il m’est déjà arrivé plusieurs fois de me censurer moi-même, sur le mode du « je ne peux tout de même pas dire ça après avoir écrit ça »), alors qu’il faut savoir lâcher la bride à la pensée et à ses éventuelles contradictions. Elles sont les reflets fidèles du tumulte intérieur dont elles sont aussi l’expression. L’écriture permet (entre bien d’autres choses) d’organiser la pensée, d’essayer, par la recherche du mot juste, d’être au plus près de ce que l’on pense. Mais la consistance qu’on cherche à lui donner ne doit pas masquer la part d’hésitations et de doutes dont elle est également constituée (il me faut passer par tant d’échecs et de tâtonnements avant de pouvoir accoucher d’une idée qui tienne un tant soit peu la route !). Ce que l’on pense n’est jamais absolument et définitivement ce que l’on pense ; la tentation d’une parfaite cohérence peut écarter de la discontinuité naturelle de la pensée, et de l’instabilité intérieure dont elle témoigne.

*

Ne pas se relire peut donc mener à se contredire, mais également à son contraire : se répéter. Cette redondance n’est d’ailleurs pas forcément un défaut : il peut m’arriver de me répéter volontairement, de manière à préciser ou à approfondir les choses ; sans compter les clous que l’envie me vient d’enfoncer. Ainsi l’ai-je déjà dit : l’emploi disparaît. Toujours sous l’effet des gains de productivité, des délocalisations et de la recherche de profits, de plus en plus en raison de la robotisation et du développement de l’économie de l’immatériel (une étude réalisée par deux chercheurs de l’université d’Oxford aboutit à la conclusion que lors des vingt prochaines années, 47 % des emplois actuels seront remplacés par des ordinateurs). On peut soit le regretter – voire s’en effrayer, réaction jusqu’à présent la plus commune – soit en profiter pour voir les choses autrement, se décidant enfin à prendre en compte les mutations en cours et les perspectives nouvelles que celles-ci pourraient offrir (nouveaux modes d’existence, plus grande appartenance à soi, revenus découplés du travail, temps libéré, esprit libéré, vie libérée…). Quoi qu’il en soit et en vertu de ce contexte, exiger des demandeurs d’emploi qu’ils trouvent à tout prix un travail semble garder peu de sens ; tout comme d’ailleurs exiger des entreprises qu’elles en créent.

*

Ce slogan relevé sur le site d’Yves Pagès : « Work in regress / Dream in progress », en écho à ce propos d’André Gorz : « Une perspective nouvelle s’ouvre ainsi à nous : la construction d’une civilisation du temps libéré. Mais, au lieu d’y voir une tâche exaltante, nos sociétés tournent le dos à cette perspective et présentent la libération du temps comme une calamité. Au lieu de se demander comment faire pour qu’à l’avenir tout le monde puisse travailler beaucoup moins, beaucoup mieux, tout en recevant sa part des richesses socialement produites, les dirigeants, dans leur immense majorité, se demandent comment faire pour que le système consomme davantage de travail – comment faire pour que les immenses quantités de travail économisées dans la production puissent être gaspillées dans des petits boulots dont la principale fonction est d’occuper les gens. »

*

Les occuper pourquoi ? Pour les distraire de quoi ? Les contraindre au néant qui les entoure ? Les contenir dans les filets du grand bizness globalisé ? Les conserver laborieux dans leur formol ? Je crois moins à une vaste opération de contrôle planifiée qu’à un enfermement de l’esprit généralisé, chez les dirigeants comme chez les dirigés. Tout le monde trempe dans le même bain. Chacun se noie dans un océan qui recouvre tout : plus d’ailleurs, plus d’issue, plus de rêve ; plus de sable, plus de plage, plus de grève. Ce ne sont plus les traces laissées sur le sable que cet océan-là efface, mais la possibilité même d’y laisser une trace. Le non-être plonge ses racines dans les eaux troublées du non-sens. Au point où l’on en est, penser, rêver, vivre, aimer paraît un engagement.

*

De Flaubert : « Mais ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non, lisez pour vivre. »

*

Il suffit d’un beau vers, d’une belle phrase, d’une belle image pour que les larmes me viennent. Parfois d’un élément de pensée, saisissant et lumineux. J’ai alors l’impression que c’est le monde entier qui m’est offert. J’ai le sentiment aigu de ce qui m’est donné et j’en suis bouleversé. Mais ce sentiment dépasse de loin la simple volupté : il naît de la rencontre entre ce que je viens de lire ou d’entendre et quelque chose qui le dépasse. Comme si la beauté reçue était un écho à l’harmonie du monde. Comme si sa perception m’élevait à mon tour à sa hauteur. Tout à coup le présent s’élargit et je me sens transporté au cœur des choses. L’émotion est la conséquence et le moyen de ce transport ; je la sens qui se diffuse en moi, elle se déploie, s’écoule et se répand comme le jus d’un fruit dans lequel on vient de mordre. Je suis touché au plus profond et au plus précieux de ma sensibilité. Une multitude de choses entrent alors en résonance. Mes yeux s’embuent et l’émotion me serre la gorge. J’ai le cœur léger et lourd à la fois. Il m’arrive d’éclater en sanglots, sans plus savoir si c’est de tristesse ou de joie.

*

Ces lignes d’Andreï Tarkovshi, extraites de son livre Le temps scellé : « Je ne parviens pas à croire qu’un artiste puisse créer uniquement pour « l’expression de soi ». Cette idée d’une expression qui ne tienne pas compte de l’autre est absurde. Chercher un rapport spirituel avec les autres est un acte éprouvant, non rentable, qui exige le sacrifice. Et tant d’efforts en vaudraient-ils la peine si ce n’était que pour entendre son propre écho ? »

*

Pour la première fois depuis bien longtemps, cette année, j’ai apprécié les décorations de Noël. Non qu’elles aient été fondamentalement différentes des années précédentes, mais cette fois, au moins, je me suis autorisé à les apprécier. C’est que, jusqu’ici, au nom de ce que représente cette période de fièvre mercantile, je refusais les sensations que me procuraient ces jeux de lumières et leurs couleurs. En vertu d’une lucidité glaciale et vaniteuse, je m’interdisais de retrouver un peu de l’émerveillement qui était le mien lorsque j’étais enfant. Quelle connerie de se mutiler ainsi ! Quelle plaie d’être à ce point dogmatique vis-à-vis de soi-même !

*

Faire preuve de lucidité : ok. Sonder les choses et ne pas se satisfaire des apparences : bien sûr. Mais le faire sans négliger son intériorité, sans la censurer, sans repousser l’équivoque au profit d’une conscience trop sûre d’elle et placée au-dessus de tout. Désolant de faire de sa raison la gardienne policière de ses émotions. En soi aussi, se méfier des instances supérieures.

*

Le portrait type du parfait progressiste : prôner la tolérance, manger bio, être pour le mariage pour tous, ne pas croire en Dieu, détester Zemmour.

*

Si je vous dis « j’ai compris votre douleur » et que je continue de vous appliquer les sévices qui sont à l’origine de cette douleur : je suis un menteur, un imbécile ou un pervers. Si je vous dis « j’ai compris votre message » et que je continue d’appliquer les programmes qui sont à l’origine de ce message : je suis un homme politique.

*

Une lectrice m’écrit pour me dire que mes textes, trop longs, lui parlent peu, qu’elle aimerait plus de concision, qu’elle s’y sent souvent perdue, qu’elle a du mal à voir où je veux en venir, qu’elle peine à me suivre dans la succession des thèmes qui y sont abordés, bref, que tout cela ne lui convient guère (point de vue oh combien respectable !), même si, m’écrit-elle, « politiquement nous sommes du même bord ». Elle semble par là me signifier qu’elle et moi sommes de gauche, ce qui pourrait compenser, du moins en partie, l’ennui qu’elle ressent à me lire et l’obscurité de mes textes. Mais est-elle si sûre de ce qu’elle avance ? Mes convictions politiques apparaissent-elles si nettement entre ces lignes incertaines et absconses ? S’il y a une chose dont je me fiche ici de témoigner, c’est bien de mon « bord » politique ! Qu’importe si vous et moi penchons du même côté, puisqu’il s’agit ici de nous rencontrer et non de piloter un side-car ? J’admets volontiers apprécier la plume d’auteurs estampillés de droite, comme Léon Bloy ou Bernanos, leur langue à vif, la tension de leurs textes, leur verve pamphlétaire née de leur détestation des valeurs établies, du conformisme, de la bien-pensance consensuelle et de la tiédeur des débats qui en découle. Ces lectures suspectes suffisent-elles à me faire changer de bord ? Remettent-elles en question mes tropismes de gauche ? D’ailleurs, de quelle gauche s’agit-il ? Celle du pacte de responsabilité ? Du maintient du cap ? Du gouvernement de combat ? Être de gauche, après tout pourquoi pas. Mais s’il me faut être de gauche, alors c’est d’une autre gauche, informelle et bien à moi. Parce que moi, ma gauche, c’est celle de mon pote Laurent, paysan, qui pratique une agriculture naturelle et dont la façon de travailler semble en adéquation totale avec la façon de penser ; celle de mon pote Nico, qui un jour a quitté son boulot et vendu sa voiture pour s’acheter un appareil photo et nous délivrer sa vision talentueuse et singulière du monde ; celle de Juliette, riche de son attention aux autres et des amitiés nombreuses qu’elle sait faire vivre et perdurer ; celle de Christelle, vibrante de sa faculté à mettre du jeu entre le monde et elle et toujours prête à lâcher la bride à son imaginaire ; celle de Virlo, dont la présence et la parole sont si pleines d’images et de poésie ; celle de Nicole, dont les difficultés de la vie n’ont en rien altéré la fraîcheur ; celle de Camille, à la finesse d’esprit si pétillante ; celle de Luc, dont la conversation vous rend plus riche de son amour de la littérature et de la langue ; celle de Max, à l’intelligence contagieuse, qui ose la pensée et le partage de son questionnement du sens ; celle de tous les autres, que je ne cite pas ici, mais qui par leur présence et leur façon d’être au monde me le rendent plus beau et plus vivable. La voilà ma gauche ! Une gauche sans parti, libre et sauvage. Une gauche « vécue », qui évolue et se construit d’elle-même. Une gauche faite de rencontres, d’amitié et de confiance, à côté de laquelle l’autre, l’officielle, l’institutionnelle, n’est rien.

*

Ce genre de gauche, chacun porte la sienne. Elle est unique et intime. Qu’on l’appelle gauche ou non a d’ailleurs peu d’importance. Ce qui importe, c’est qu’on s’y reconnaît par l’intensité des liens qui la composent, et non par son appartenance au clan. Ce qui compte, c’est la force de ses liens et la densité de ses échanges. Des communautés se forment dans le cœur de chacun, qui le plus souvent s’ignorent. Elles se croisent et se rencontrent, mais sans avoir conscience d’elles-mêmes. Pourtant elles sont là, fertiles, changeantes, vivantes, faites d’expériences sensibles et de présences au monde. C’est là qu’il se passe réellement quelque chose, sans qu’on puisse définir exactement quoi. Et c’est dans cet indéfinissable, dans cet impalpable, dans ce qui s’échange en dehors de toute organisation ou structure – tout cela qui n’est pas directement évaluable et observable – que réside leur plus grande force.

*

De Georges Picard, extrait de son Journal ironique d’une rivalité amoureuse : « Je pense parfois à tout ce qui se trame ici et ailleurs, aux innombrables histoires qui se nouent – d’amour, de haine, d’intérêt – et même aux combinaisons aléatoires de la vie. Cela doit former un complexe infini de relations, désirées ou subies, dans l’hyper-réseau du monde. Pourtant, je suis prêt à croire que chaque événement influence mystérieusement l’équilibre général comme entrent en résonance les échos des galaxies les plus éloignées. Si c’est le cas, chacun assume avec sa propre histoire un peu de la finalité globale : personne ne peut se prétendre entièrement détaché des autres. Drôle de pensée qui me rend attentif autant à moi-même qu’à ce qui m’entoure. »

*

États d’être et résonances dans l’écheveau des relations. Cela compte et cela pèse. Précieuses sont les traces ainsi laissées dans le sable. Il y a dans l’informel bien plus de potentialités qu’on croit.

 

Allez en découvrir plus dans l'Autrement dit, le blog de Cyril C. Sarot qui se présente ainsi :

« Je ne me considère pas écrivain. Ni poète ni penseur ni artiste. Ce serait futile et arrogant. Comme l’a écrit Van Gogh dans une lettre à son frère Théo : « Je ne suis pas un artiste, comme c’est grossier – même de le penser de soi-même. » Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une activité de création, d’écrire et de le faire avec exigence. D’exprimer des éléments de pensée par l’écriture, versifiée ou non. Sans, je le répète, jamais me prendre pour un poète, un penseur ou un écrivain.

Donc ni penseur ni écrivain ni poète ni artiste. Ce qui ne m’empêche ni de penser ni d’écrire. Résolument et dans la conscience de mes limites. Lexicales, culturelles, intellectuelles.

Je fais avec mes pauvres moyens. Mais avec mes pauvres moyens, je fais. »

 

Ici : https://lautrementdit.wordpress.com/

 

 

26/05/2014

l'oeil & la plume : complainte des mendiants de la Casbah & de la petite Yasmina tuée par son père ( fragment VI )

à lire sur : http://jlmi22.hautetfort.com/

casbah ismail-ait-djaferneg VII.jpg
texte de ismaël ait djafer  1951                                                                  collage jlmi  2014

 

Je vous insulte

Hyènes et chacals

Avec toutes les injures de mon

Alphabet

Et je vous jette au crâne

toutes les potiches de mon

impuissance

Car

Hyènes et chacals

Vous meublez le long tunnel de votre ennui

Des dimanches et des jours creux

Avec le casse-croûte des faibles

Et vous en tapissez les murs avec la chair

De poule des gens qui dorment dans les

 

Igloos des nuits d'octobre

Parlez-moi

De plaisirs quand les gens criant famine et

Désolation

Mettent en marche le phonographe de leurs plaintes

Et battent

Les tambours de leur misère

Sur une place publique

Personne

Ne s'arrête

Rien ne compte plus

Que ce vide des ventres

A combler qui résonne comme une orgue

Dans les crânes des abrutis satisfaits

Comment pouvez-vous vivre, gens de l'argent et de caviar avec ces poux

Que vous ne grattez pas?

Comment pouvez-vous avaler la pâtée

Gens de cravates et parfums que les cravates

N'étranglent

Pas et que le parfum

N'étouffe

Pas?

Comment pouvez-vous caresser vos femmes, lisser votre moustache,

Hausser les épaules, acheter un timbre, applaudir le Cid au théâtre

Des vies, distiller l'anis de vos satisfactions dans l'alambic de vos

Gosiers de pierre, marcher les pieds au sec et la tête dans un chapeau

Curer les ongles de vos chiens, avoir des enfants, tambouriner

Des doigts sans honte, aller la tête haute et le coeur lourd, rire du rire

Faux

Des gens sans conscience, mâcher le chewing-gum des ânes désabusés,

Décortiquer la croûte

D'un poème

Ou la coque d'une chanson pour en avaler sinistrement le fruit

Se dire comblé

Se dire ravi

Se dire heureux

Se dire bon

Se dire humain

Quand les saltimbanques de la misère

Chantent

Et dansent

Le ballet des petits pains devant des banquettes vides

Quand les clowns

poussifs

Epoumonés

Tuberculeux

De la charité

Soufflent dans le tube de leur intestin grêle

Pour bien vous montrer qu'il est

Vide

 

 

(d'après, Editions Bouchène, Alger, 1987. N° d'édition 001/87. Dépôt légal 1er trimestre 1987. Re-publié  par le n°10 de la revue Albatroz, Paris, janvier 1994).

 

Source   http://albatroz.blog4ever.com/ismaal-aat-djafer-complaint...

05/05/2014

Jeff - Unhappily Ever After - Dysney série

disneyunhappilyeverafter.jpg

 

http://disneyunhappilyeverafter.tumblr.com/

 

 

23/04/2014

Pierre Desproges - L'artiste dégagé

 

 

21/04/2014

Canular : "Vivons comme des esclaves !"

 

l'Eglise de la Très Sainte Consommation" : http://amentonpeze.org
L'autre site, celui du film, avec toutes les dates, infos... c'est :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net