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29/07/2014

The Annie Besant Story

 

 

 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Besant

 

 

22/07/2014

Mon fils porte des robes, et ça ne me dérange pas

par   Auteur, acteur, père de famille                                        

 

Tous les matins ma fille de quatre ans, Sydney, met une chaise devant son placard et choisit une robe. J'essaie de lui faire prendre d'autres directions -- "Pourquoi tu ne porterais pas un short aujourd'hui?"--mais Sydney est têtue. Et je pense qu'elle a droit à la liberté de choisir ce qu'elle veut porter.

Mon fils, Asher, a 2 ans. J'attrape un short et un t-shirt dans le placard et l'habille, parce qu'il a toujours du mal à le faire lui-même. Mais il a compris comment se déshabiller -- et souvent cela signifie qu'il se débarrasse de ses vêtements et crie "robe" encore et encore. Il monte sur la chaise et attrape l'une des robes de Sydney --"celle-ci".

Donc la plupart du temps mon fils est habillé comme Princesse Sofia, ou autre princesse Disney. Et en oubliant tous les préjudices sociaux, je dois dire que ça lui va bien. Et lors d'un été à 40 degrés à LA, c'est sûrement le meilleur choix.

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J'ai d'abord été gêné de le voir porter des robes en public. Et ce n'est pas parce que je me souciais de l'avis des gens qui pensaient que c'était bizarre. J'avais juste peur qu'ils pensent que je l'avais forcé à porter cette robe.

C'était la fête d'anniversaire de la fille d'un ami. Avant de quitter la maison, j'avais essayé de convaincre Asher de porter des "vêtements de garçon". Je savais que ce serait une série de questions et jugements, et je n'avais pas envie d'y faire face.

Mais Asher a fait une énorme crise lorsque j'ai essayé de lui mettre son short de force. Il pleurait et protestait, le nez coulant, et j'ai soudain réalisé que je combattais pour quelque chose en quoi je ne croyais pas. Je lui ai donné un câlin et me suis excusé. Et je lui ai remis sa robe de princesse et les chaussures de sa sœur.

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Nous sommes allés à la fête et, comme je me l'imaginais, certaines personnes ont ri et fait des commentaires. L'une m'a dit: "Vous trouvez ça drôle? Il y a des enfants ici. Vous voulez qu'ils voient ça?" Une autre: "Vous voulez qu'il devienne gay?"

Et j'ai gardé mon calme. Et je leur ai expliqué qu'il n'y avait aucun lien entre porter une robe et être gay. Et si effectivement il est gay, ce n'est pas moi qui l'aurai provoqué.

De nombreuses personnes nous soutiennent. Quand je leur dis que mon fils est un garçon, ils sourient et me répondent: "J'adore."

Un ami gay m'a vu au festival Jazz at LACMA vendredi soir, et m'a dit: "Je ne portais pas de robe quand j'étais petit". Comme pour me rassurer sur le fait que mon fils n'est pas gay.

Ce qu'il y a de plus triste dans cette histoire, c'est le sentiment de mon ami par-rapport à son homosexualité. Comme si c'était une malédiction.

Il y a quelques jours, à la demande de ma fille, j'ai enfilé une robe de ma femme pour aller promener le chien. Elle nous a rencontrés dans la rue et, après avoir éclaté de rire et pris une photo, elle m'a juste dit: "Si tu la déchires, je te tue."

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Source : http://www.huffingtonpost.fr/seth-menachem/garcon-porte-r...

 

 

02/07/2014

RIP Albert Jacquard

"Le 11 septembre 2013, un grand homme nous a quitté, nous avons essayé de regrouper différentes vidéos d’Albert Jacquard afin que son message et ses idées puissent lui survivre sur la toile."

 

 

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à voir ici :

http://4emesinge.com/rip-albert-jacquard/

 

« La morale collective actuelle nous fait croire que l’important c’est de l’emporter sur les autres, de lutter, de gagner. Nous sommes dans une société de compétition mais un gagnant est un fabricant de perdants. Il faut rebâtir une société humaine où la compétition sera éliminée. Je n’ai pas à être plus fort que l’autre, je dois être plus fort que moi… grâce à l’autre. »

 

 

23/06/2014

Découverte d’un gigantesque océan à 640 km sous terre

L’équipe du minéralogiste Steven Jacobsen vient de faire une découverte époustouflante : notre planète contiendrait une immense réserve d’eau à 640 km sous la surface de la Terre, d’une taille équivalente à 3 fois tous nos océans réunis.

 

Cette mine aquifère est dissimulée dans un minéral appelé la ringwoodite bleue qui se situe à 700 kilomètres de profondeur dans le manteau terrestre, au sein d’une couche de roches chaudes entre la surface de la Terre et son noyau. Cette impressionnante taille du réservoir jette un nouvel éclairage sur l’origine de l’eau sur Terre. Certains géologues pensent que l’eau est arrivée grâce à des comètes qui ont frappé la planète, mais cette nouvelle découverte soutient une autre idée : les océans auraient progressivement suinté de l’intérieur de la Terre primitive. « C’est une bonne preuve que l’eau de la Terre venait de l’intérieur », a dit Steven Jacobsen de l’Université Northwestern à Evanston dans l’Illinois. L’eau cachée pourrait aussi agir comme tampon pour les océans de surface, ce qui expliquerait pourquoi ils ont conservé une dimension identique durant des millions d’années.

 

en savoir plus sur (en anglais) : http://www.newscientist.com/article/dn25723-massive-ocean...

 

 

 

 

05/06/2014

Cyril C. Sarot - L’AD XVI / Ces traces laissées dans le sable

 

Une suite d’informations, d’observations ou de faits glanés au fil de mes lectures, de la vie et de ses hasards. Je les propose de manière brute, sans commentaires, car les choses me semblent parfois parler d’elles-mêmes, ou par les résonances et les échos provenant de leur simple mise en miroir.

Selon une étude de l’ONG Oxfam, les 67 personnes les plus riches de la planète détiendraient autant que les 3,5 milliards les plus pauvres.

Aux États-Unis, depuis le début de la crise, 95 % du peu de croissance créée a été accaparé par les 1 % les plus riches.

Lorsqu’ils collent un mot sur le rideau de fer du magasin afin d’expliquer une fermeture exceptionnelle, les propriétaires du petit bazar en bas de chez moi, qui ne sont que deux (mari et femme) prennent toujours le soin de signer « La direction ».

Vue à la télé, une adolescente expliquant que son seul rêve dans la vie serait de pouvoir dépenser sans compter.

Le traité de libre-échange transatlantique, en cours de discussion dans le plus grand secret entre les États-Unis et l’Union Européenne, prévoit la possibilité pour les investisseurs d’attaquer en justice les États qui prendraient des décisions nuisibles à leurs intérêts et à leurs profits (normes sanitaires trop lourdes, droit du travail trop contraignant, nouvelle législation environnementale, instauration d’un salaire minimum…).

Une enquête interne menée au début des années 2000 au sein de la Commission européenne aurait permis de déceler des traces de cocaïne dans 59 des 61 toilettes examinées.

Des logiciels malveillants introduits par la NSA dans des millions d’ordinateurs lui auraient permis d’en contrôler les caméras et les micros, sans que rien n’en témoigne, afin d’écouter les conversations et de prendre des photos dans la pièce où ils se trouvent.

Dès l’après-guerre, certains constructeurs automobiles américains ont travaillé le bruit de fermeture des portières afin qu’il soit « rassurant ».

Aux États-Unis, il existe des plages réservées à la pêche, surveillées par la police de la pêche, où le seul fait de s’asseoir sans pêcher constitue un délit.

Depuis 2011, en Allemagne, une loi protège le droit des enfants à faire du bruit, des crèches ayant dû fermer suite à la plainte de citoyens pour lesquels les cris des enfants créaient une souffrance, qui avait pour conséquence de déprécier leur bien immobilier.

En Belgique, une centaine de prisonniers volontaires (n’ayant commis aucun délit) a accepté de passer un week-end derrière les barreaux pour tester la nouvelle prison de Beveren.

Dans la rue, croisé un punk fumant une cigarette électronique.

*

Cette brève pensée d’Eric Chevillard : « Misérable, éphémère, de passage, bien peu de chose certainement ; je constate néanmoins qu’il faut tout un océan pour effacer la trace de mon pied sur le sable. »

*

Tout un océan, oui. Encore faut-il qu’il y ait la possibilité d’une trace. Encore faut-il qu’on puisse se projeter dans le monde pour y laisser son empreinte. Tant de gens semblent coupés d’eux-mêmes qu’elle paraît incertaine. Impossible, interdite, comme effacée d’avance. Il ne peut y avoir de projection dans le monde sans appartenance à soi : aucun moyen d’échapper à ce préalable. Rien ne peut être envisagé hors de ce regain d’être. Pour pouvoir être au monde, il faut d’abord être à soi.

*

Je relis rarement L’Autrement Dit. Non seulement parce que l’expérience m’est généralement peu agréable, mais surtout pour éviter de tomber dans certains pièges ; comme celui de vouloir sembler à tout prix cohérent. Si je me relisais trop souvent, je m’appuierais certainement sur les idées déjà formulées, m’en servant comme de jalons, incité à rester dans leurs sillons, privilégiant celles susceptibles de rester dans la ligne (il m’est déjà arrivé plusieurs fois de me censurer moi-même, sur le mode du « je ne peux tout de même pas dire ça après avoir écrit ça »), alors qu’il faut savoir lâcher la bride à la pensée et à ses éventuelles contradictions. Elles sont les reflets fidèles du tumulte intérieur dont elles sont aussi l’expression. L’écriture permet (entre bien d’autres choses) d’organiser la pensée, d’essayer, par la recherche du mot juste, d’être au plus près de ce que l’on pense. Mais la consistance qu’on cherche à lui donner ne doit pas masquer la part d’hésitations et de doutes dont elle est également constituée (il me faut passer par tant d’échecs et de tâtonnements avant de pouvoir accoucher d’une idée qui tienne un tant soit peu la route !). Ce que l’on pense n’est jamais absolument et définitivement ce que l’on pense ; la tentation d’une parfaite cohérence peut écarter de la discontinuité naturelle de la pensée, et de l’instabilité intérieure dont elle témoigne.

*

Ne pas se relire peut donc mener à se contredire, mais également à son contraire : se répéter. Cette redondance n’est d’ailleurs pas forcément un défaut : il peut m’arriver de me répéter volontairement, de manière à préciser ou à approfondir les choses ; sans compter les clous que l’envie me vient d’enfoncer. Ainsi l’ai-je déjà dit : l’emploi disparaît. Toujours sous l’effet des gains de productivité, des délocalisations et de la recherche de profits, de plus en plus en raison de la robotisation et du développement de l’économie de l’immatériel (une étude réalisée par deux chercheurs de l’université d’Oxford aboutit à la conclusion que lors des vingt prochaines années, 47 % des emplois actuels seront remplacés par des ordinateurs). On peut soit le regretter – voire s’en effrayer, réaction jusqu’à présent la plus commune – soit en profiter pour voir les choses autrement, se décidant enfin à prendre en compte les mutations en cours et les perspectives nouvelles que celles-ci pourraient offrir (nouveaux modes d’existence, plus grande appartenance à soi, revenus découplés du travail, temps libéré, esprit libéré, vie libérée…). Quoi qu’il en soit et en vertu de ce contexte, exiger des demandeurs d’emploi qu’ils trouvent à tout prix un travail semble garder peu de sens ; tout comme d’ailleurs exiger des entreprises qu’elles en créent.

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Ce slogan relevé sur le site d’Yves Pagès : « Work in regress / Dream in progress », en écho à ce propos d’André Gorz : « Une perspective nouvelle s’ouvre ainsi à nous : la construction d’une civilisation du temps libéré. Mais, au lieu d’y voir une tâche exaltante, nos sociétés tournent le dos à cette perspective et présentent la libération du temps comme une calamité. Au lieu de se demander comment faire pour qu’à l’avenir tout le monde puisse travailler beaucoup moins, beaucoup mieux, tout en recevant sa part des richesses socialement produites, les dirigeants, dans leur immense majorité, se demandent comment faire pour que le système consomme davantage de travail – comment faire pour que les immenses quantités de travail économisées dans la production puissent être gaspillées dans des petits boulots dont la principale fonction est d’occuper les gens. »

*

Les occuper pourquoi ? Pour les distraire de quoi ? Les contraindre au néant qui les entoure ? Les contenir dans les filets du grand bizness globalisé ? Les conserver laborieux dans leur formol ? Je crois moins à une vaste opération de contrôle planifiée qu’à un enfermement de l’esprit généralisé, chez les dirigeants comme chez les dirigés. Tout le monde trempe dans le même bain. Chacun se noie dans un océan qui recouvre tout : plus d’ailleurs, plus d’issue, plus de rêve ; plus de sable, plus de plage, plus de grève. Ce ne sont plus les traces laissées sur le sable que cet océan-là efface, mais la possibilité même d’y laisser une trace. Le non-être plonge ses racines dans les eaux troublées du non-sens. Au point où l’on en est, penser, rêver, vivre, aimer paraît un engagement.

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De Flaubert : « Mais ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non, lisez pour vivre. »

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Il suffit d’un beau vers, d’une belle phrase, d’une belle image pour que les larmes me viennent. Parfois d’un élément de pensée, saisissant et lumineux. J’ai alors l’impression que c’est le monde entier qui m’est offert. J’ai le sentiment aigu de ce qui m’est donné et j’en suis bouleversé. Mais ce sentiment dépasse de loin la simple volupté : il naît de la rencontre entre ce que je viens de lire ou d’entendre et quelque chose qui le dépasse. Comme si la beauté reçue était un écho à l’harmonie du monde. Comme si sa perception m’élevait à mon tour à sa hauteur. Tout à coup le présent s’élargit et je me sens transporté au cœur des choses. L’émotion est la conséquence et le moyen de ce transport ; je la sens qui se diffuse en moi, elle se déploie, s’écoule et se répand comme le jus d’un fruit dans lequel on vient de mordre. Je suis touché au plus profond et au plus précieux de ma sensibilité. Une multitude de choses entrent alors en résonance. Mes yeux s’embuent et l’émotion me serre la gorge. J’ai le cœur léger et lourd à la fois. Il m’arrive d’éclater en sanglots, sans plus savoir si c’est de tristesse ou de joie.

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Ces lignes d’Andreï Tarkovshi, extraites de son livre Le temps scellé : « Je ne parviens pas à croire qu’un artiste puisse créer uniquement pour « l’expression de soi ». Cette idée d’une expression qui ne tienne pas compte de l’autre est absurde. Chercher un rapport spirituel avec les autres est un acte éprouvant, non rentable, qui exige le sacrifice. Et tant d’efforts en vaudraient-ils la peine si ce n’était que pour entendre son propre écho ? »

*

Pour la première fois depuis bien longtemps, cette année, j’ai apprécié les décorations de Noël. Non qu’elles aient été fondamentalement différentes des années précédentes, mais cette fois, au moins, je me suis autorisé à les apprécier. C’est que, jusqu’ici, au nom de ce que représente cette période de fièvre mercantile, je refusais les sensations que me procuraient ces jeux de lumières et leurs couleurs. En vertu d’une lucidité glaciale et vaniteuse, je m’interdisais de retrouver un peu de l’émerveillement qui était le mien lorsque j’étais enfant. Quelle connerie de se mutiler ainsi ! Quelle plaie d’être à ce point dogmatique vis-à-vis de soi-même !

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Faire preuve de lucidité : ok. Sonder les choses et ne pas se satisfaire des apparences : bien sûr. Mais le faire sans négliger son intériorité, sans la censurer, sans repousser l’équivoque au profit d’une conscience trop sûre d’elle et placée au-dessus de tout. Désolant de faire de sa raison la gardienne policière de ses émotions. En soi aussi, se méfier des instances supérieures.

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Le portrait type du parfait progressiste : prôner la tolérance, manger bio, être pour le mariage pour tous, ne pas croire en Dieu, détester Zemmour.

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Si je vous dis « j’ai compris votre douleur » et que je continue de vous appliquer les sévices qui sont à l’origine de cette douleur : je suis un menteur, un imbécile ou un pervers. Si je vous dis « j’ai compris votre message » et que je continue d’appliquer les programmes qui sont à l’origine de ce message : je suis un homme politique.

*

Une lectrice m’écrit pour me dire que mes textes, trop longs, lui parlent peu, qu’elle aimerait plus de concision, qu’elle s’y sent souvent perdue, qu’elle a du mal à voir où je veux en venir, qu’elle peine à me suivre dans la succession des thèmes qui y sont abordés, bref, que tout cela ne lui convient guère (point de vue oh combien respectable !), même si, m’écrit-elle, « politiquement nous sommes du même bord ». Elle semble par là me signifier qu’elle et moi sommes de gauche, ce qui pourrait compenser, du moins en partie, l’ennui qu’elle ressent à me lire et l’obscurité de mes textes. Mais est-elle si sûre de ce qu’elle avance ? Mes convictions politiques apparaissent-elles si nettement entre ces lignes incertaines et absconses ? S’il y a une chose dont je me fiche ici de témoigner, c’est bien de mon « bord » politique ! Qu’importe si vous et moi penchons du même côté, puisqu’il s’agit ici de nous rencontrer et non de piloter un side-car ? J’admets volontiers apprécier la plume d’auteurs estampillés de droite, comme Léon Bloy ou Bernanos, leur langue à vif, la tension de leurs textes, leur verve pamphlétaire née de leur détestation des valeurs établies, du conformisme, de la bien-pensance consensuelle et de la tiédeur des débats qui en découle. Ces lectures suspectes suffisent-elles à me faire changer de bord ? Remettent-elles en question mes tropismes de gauche ? D’ailleurs, de quelle gauche s’agit-il ? Celle du pacte de responsabilité ? Du maintient du cap ? Du gouvernement de combat ? Être de gauche, après tout pourquoi pas. Mais s’il me faut être de gauche, alors c’est d’une autre gauche, informelle et bien à moi. Parce que moi, ma gauche, c’est celle de mon pote Laurent, paysan, qui pratique une agriculture naturelle et dont la façon de travailler semble en adéquation totale avec la façon de penser ; celle de mon pote Nico, qui un jour a quitté son boulot et vendu sa voiture pour s’acheter un appareil photo et nous délivrer sa vision talentueuse et singulière du monde ; celle de Juliette, riche de son attention aux autres et des amitiés nombreuses qu’elle sait faire vivre et perdurer ; celle de Christelle, vibrante de sa faculté à mettre du jeu entre le monde et elle et toujours prête à lâcher la bride à son imaginaire ; celle de Virlo, dont la présence et la parole sont si pleines d’images et de poésie ; celle de Nicole, dont les difficultés de la vie n’ont en rien altéré la fraîcheur ; celle de Camille, à la finesse d’esprit si pétillante ; celle de Luc, dont la conversation vous rend plus riche de son amour de la littérature et de la langue ; celle de Max, à l’intelligence contagieuse, qui ose la pensée et le partage de son questionnement du sens ; celle de tous les autres, que je ne cite pas ici, mais qui par leur présence et leur façon d’être au monde me le rendent plus beau et plus vivable. La voilà ma gauche ! Une gauche sans parti, libre et sauvage. Une gauche « vécue », qui évolue et se construit d’elle-même. Une gauche faite de rencontres, d’amitié et de confiance, à côté de laquelle l’autre, l’officielle, l’institutionnelle, n’est rien.

*

Ce genre de gauche, chacun porte la sienne. Elle est unique et intime. Qu’on l’appelle gauche ou non a d’ailleurs peu d’importance. Ce qui importe, c’est qu’on s’y reconnaît par l’intensité des liens qui la composent, et non par son appartenance au clan. Ce qui compte, c’est la force de ses liens et la densité de ses échanges. Des communautés se forment dans le cœur de chacun, qui le plus souvent s’ignorent. Elles se croisent et se rencontrent, mais sans avoir conscience d’elles-mêmes. Pourtant elles sont là, fertiles, changeantes, vivantes, faites d’expériences sensibles et de présences au monde. C’est là qu’il se passe réellement quelque chose, sans qu’on puisse définir exactement quoi. Et c’est dans cet indéfinissable, dans cet impalpable, dans ce qui s’échange en dehors de toute organisation ou structure – tout cela qui n’est pas directement évaluable et observable – que réside leur plus grande force.

*

De Georges Picard, extrait de son Journal ironique d’une rivalité amoureuse : « Je pense parfois à tout ce qui se trame ici et ailleurs, aux innombrables histoires qui se nouent – d’amour, de haine, d’intérêt – et même aux combinaisons aléatoires de la vie. Cela doit former un complexe infini de relations, désirées ou subies, dans l’hyper-réseau du monde. Pourtant, je suis prêt à croire que chaque événement influence mystérieusement l’équilibre général comme entrent en résonance les échos des galaxies les plus éloignées. Si c’est le cas, chacun assume avec sa propre histoire un peu de la finalité globale : personne ne peut se prétendre entièrement détaché des autres. Drôle de pensée qui me rend attentif autant à moi-même qu’à ce qui m’entoure. »

*

États d’être et résonances dans l’écheveau des relations. Cela compte et cela pèse. Précieuses sont les traces ainsi laissées dans le sable. Il y a dans l’informel bien plus de potentialités qu’on croit.

 

Allez en découvrir plus dans l'Autrement dit, le blog de Cyril C. Sarot qui se présente ainsi :

« Je ne me considère pas écrivain. Ni poète ni penseur ni artiste. Ce serait futile et arrogant. Comme l’a écrit Van Gogh dans une lettre à son frère Théo : « Je ne suis pas un artiste, comme c’est grossier – même de le penser de soi-même. » Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une activité de création, d’écrire et de le faire avec exigence. D’exprimer des éléments de pensée par l’écriture, versifiée ou non. Sans, je le répète, jamais me prendre pour un poète, un penseur ou un écrivain.

Donc ni penseur ni écrivain ni poète ni artiste. Ce qui ne m’empêche ni de penser ni d’écrire. Résolument et dans la conscience de mes limites. Lexicales, culturelles, intellectuelles.

Je fais avec mes pauvres moyens. Mais avec mes pauvres moyens, je fais. »

 

Ici : https://lautrementdit.wordpress.com/

 

 

26/05/2014

l'oeil & la plume : complainte des mendiants de la Casbah & de la petite Yasmina tuée par son père ( fragment VI )

à lire sur : http://jlmi22.hautetfort.com/

casbah ismail-ait-djaferneg VII.jpg
texte de ismaël ait djafer  1951                                                                  collage jlmi  2014

 

Je vous insulte

Hyènes et chacals

Avec toutes les injures de mon

Alphabet

Et je vous jette au crâne

toutes les potiches de mon

impuissance

Car

Hyènes et chacals

Vous meublez le long tunnel de votre ennui

Des dimanches et des jours creux

Avec le casse-croûte des faibles

Et vous en tapissez les murs avec la chair

De poule des gens qui dorment dans les

 

Igloos des nuits d'octobre

Parlez-moi

De plaisirs quand les gens criant famine et

Désolation

Mettent en marche le phonographe de leurs plaintes

Et battent

Les tambours de leur misère

Sur une place publique

Personne

Ne s'arrête

Rien ne compte plus

Que ce vide des ventres

A combler qui résonne comme une orgue

Dans les crânes des abrutis satisfaits

Comment pouvez-vous vivre, gens de l'argent et de caviar avec ces poux

Que vous ne grattez pas?

Comment pouvez-vous avaler la pâtée

Gens de cravates et parfums que les cravates

N'étranglent

Pas et que le parfum

N'étouffe

Pas?

Comment pouvez-vous caresser vos femmes, lisser votre moustache,

Hausser les épaules, acheter un timbre, applaudir le Cid au théâtre

Des vies, distiller l'anis de vos satisfactions dans l'alambic de vos

Gosiers de pierre, marcher les pieds au sec et la tête dans un chapeau

Curer les ongles de vos chiens, avoir des enfants, tambouriner

Des doigts sans honte, aller la tête haute et le coeur lourd, rire du rire

Faux

Des gens sans conscience, mâcher le chewing-gum des ânes désabusés,

Décortiquer la croûte

D'un poème

Ou la coque d'une chanson pour en avaler sinistrement le fruit

Se dire comblé

Se dire ravi

Se dire heureux

Se dire bon

Se dire humain

Quand les saltimbanques de la misère

Chantent

Et dansent

Le ballet des petits pains devant des banquettes vides

Quand les clowns

poussifs

Epoumonés

Tuberculeux

De la charité

Soufflent dans le tube de leur intestin grêle

Pour bien vous montrer qu'il est

Vide

 

 

(d'après, Editions Bouchène, Alger, 1987. N° d'édition 001/87. Dépôt légal 1er trimestre 1987. Re-publié  par le n°10 de la revue Albatroz, Paris, janvier 1994).

 

Source   http://albatroz.blog4ever.com/ismaal-aat-djafer-complaint...

05/05/2014

Jeff - Unhappily Ever After - Dysney série

disneyunhappilyeverafter.jpg

 

http://disneyunhappilyeverafter.tumblr.com/

 

 

23/04/2014

Pierre Desproges - L'artiste dégagé

 

 

21/04/2014

Canular : "Vivons comme des esclaves !"

 

l'Eglise de la Très Sainte Consommation" : http://amentonpeze.org
L'autre site, celui du film, avec toutes les dates, infos... c'est :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net

 

 

 

31/03/2014

Le street-artiste français Bilal Berreni (Zoo Project) retrouvé mort à Detroit

       

 Disparu depuis l'été dernier, le corps du street-artiste français Zoo Project a été identifié ce mois-ci à Detroit (Etats-Unis). Capture écran video «C'est assez bien d'être fou»/ site Antoine Page

Les Parisiens se souviennent peut-être de ses immenses fresques en noir et blanc sur des murs d'immeubles. Le street-artiste français Zoo Project est mort il y a déjà plusieurs mois à Detroit (Etats-Unis) mais son corps n'a semble-t-il été identifié que tout récemment.

Selon le Detroit Free Press, le jeune homme a été atteint d'une balle dans la tête et a été retrouvé dans la rue en juillet dernier. La piste d'un assassinat est privilégiée par les autorités mais la police se pose encore beaucoup de questions, notamment quant à la présence de ce Français de 23 ans dans la ville américaine.

De son vrai nom Bilal Berreni, l'artiste s'était fait remarquer par ses oeuvres engagées. Lors de la révolution tunisienne, il avait notamment peint les victimes des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Il avait également séjourné pendant un mois dans le camp de réfugiés de Choucha, à la frontière libyenne, en prenant de nombreuses photos. Le Monde Magazine avait consacré en juin 2011 un reportage à ses dessins représentant «les visages de la révolution».

Les enquêteurs ont mis plusieurs mois à l'identifier. Les vêtements qu'il portait, «si uniques», précise le Detroit Free Press, ont intrigué la police qui a fini par en trouver l'origine dans un magasin de l'Armée du Salut. Mais toujours pas de quoi identifier le jeune homme. Un détective a toutefois fini par remarquer le style «européen» de ses bottes et ses empreintes ont pu être trouvées dans une base de données plus étendue.

Sa famille sait enfin ce qu'est devenu leur proche, disparu depuis l'été dernier. «Il était un être éveillé, pur, qui n'a fait aucune concession avec la société», a déclaré le père du défunt, Mourad Berreni. Selon lui, son fils était un intellectuel non conformiste qui «sentait qu'il fallait dire ce qu'il pensait».

«C'est avec une immense tristesse que je vous fais part de la mort de Bilal Berreni, dessinateur et co-auteur du film "C’est assez bien d‘être fou". Mais surtout partenaire et ami», a quant à lui écrit l'artiste Antoine Page sur son blog où il partage des oeuvres réalisées avec Zoo Project.

VIDEO. «C'est assez bien d'être fou», le documentaire

 
 
 
 
 
 
 
 

15/03/2014

Pourquoi chaque Homme doit s’éveiller au « Masculin Sacré »

Par Laura Marie
 
Ce sont des hommes qui font les guerres. Ce sont des hommes qui violent et tuent des femmes et des enfants. Ce sont des hommes qui sont responsables du trafic sexuel et de la prostitution. Ce sont des hommes qui sont à la tête des plus grandes institutions financières qui n’ont que l’argent et le pouvoir en tête, au détriment de toute une population qui en subit les conséquences. Ce sont des hommes qui massacrent les animaux par milliards chaque année dans le monde, que ce soit dans l’industrie alimentaire, pour la chasse plaisir, la corrida, ou pour le trafic illégal d’animaux sauvages. Ce sont des hommes qui construisent les armes, qui sont sur le terrain pour détruire la terre, raser les forêts, détruire les mers. Ce sont des hommes qui battent une femme sur 4.

 

Tous ces actes ne peuvent être perpétués que par des hommes qui ne sont pas dans leur dimension « sacrée » (spirituelle). Bien sûr, il existe également des femmes (elles non plus dans leur « féminin sacré ») qui ont pu faire ou font et encouragent également toutes ces choses, mais à l’échelle planétaire, c’est malheureusement à « l’homme » et donc à ce qui est associé à la « masculinité » que reviennent tous ces actes destructeurs.
Il n’est pas question là de pointer du doigt un « genre » et de le condamner, mais, vous le verrez tout au long de l’article, au contraire de tenter de comprendre pourquoi l’homme en est arrivé à cela, alors que de l’autre côté il est capable de si magnifiques choses (constructions, avancées dans la science, secourisme, médecine, automobile, aviation, protection etc….) et comment peut-il évoluer en se reconnectant à son « Masculin Sacré » (la partie « divine » en lui).
 

 

Le côté sombre de la masculinité

 

dieu homme
 
Tout a commencé à partir du moment où les hommes ont décidé de dire que « Dieu » était un homme. A partir de là, les femmes ont immédiatement été dressées au rang inférieur (par les hommes, qui n’étaient pas dans leur masculin sacré). De toute l’histoire, et jusqu’à encore aujourd’hui, rares ont été les hommes qui ont montré les qualités du masculin sacré, par conséquent ce modèle de masculinité basé sur le pouvoir, la violence et le contrôle est un des seuls que nous avons eu (qui n’est pas la « vraie » masculinité, mais son utilisation détournée).
 

Quels sont les côtés sombres de la masculinité ?

  • La recherche de pouvoir et de contrôle (quitte à tuer, écraser, dominer, utiliser, blesser autrui).
  • Gouverné par son égo
  • La course après l’argent (qui n’est en fait que le résultat du premier point, la recherche de pouvoir)
  • La recherche de « statut » dans la société (accéder à un poste « élevé » pour plus de contrôle)
  • Façon de penser « verticale » (se comparer aux autres et penser que l’on est mieux ou plus important que quelqu’un d’autre)
  • Refouler ses peurs et les masquer
  • Ne pas montrer ses émotions car considérées comme un signe de faiblesse
  • Machisme et misogynie
  • Contrôlé par sa sexualité
  • Déconnecté de son coeur
  • Ne se préoccupe pas des futures générations, de son impact sur le monde
  • Considère que tout ce qu’il peut dominer est à sa disposition sur Terre (femmes, animaux, autres hommes, ressources…)

 

 

Dès sa naissance, avec le modèle du père, le garçon sera déjà conditionné à avoir une certaine attitude vis à vis des femmes (selon la façon dont son père traitera sa mère), vis-à-vis des autres hommes (recherche de supériorité / domination, ou au contraire victime), et vis-à-vis du monde (intérêt pour le monde et pour les autres, ou égoïsme). Il aura également le modèle de sa mère, à savoir comment se comporte-t-elle en tant que femme dans ce monde. Arriveront ensuite les modèles des autres garçons à l’école, et des autres hommes à la télévision et dans les médias en général, qui, eux aussi, ne mettent souvent en avant que les côtés sombres de la masculinité et encouragent les hommes à cultiver ces côtés basés uniquement sur l’égo et donc destructeurs, pour eux-mêmes, pour les femmes, les enfants, et pour le Monde.
Bon nombre d’hommes, à l’inverse, rejettent totalement ces côtés sombres de la masculinité, ayant conscience de leurs méfaits, mais rejettent également par la même occasion toute forme de masculinité sans parfois s’en rendre compte. Ils deviennent « résistants » à la masculinité (qui les dégoûte justement à cause de toutes ces actes perpétués par les hommes). Ils se sentent plus proches des femmes (souvent plus sensibles et spirituelles), qui correspondent mieux à leurs valeurs et façon de voir la vie, et souvent ils deviennent ce que l’on appelle des hommes « trop gentils », que les femmes qui ne sont pas dans leur féminin sacré abusent ou moquent bien souvent. Ils ont du mal à trouver leur place en tant qu’ »homme éveillé » / homme spirituel / homme sensible.
 

 

 

Peut-être avez-vous compris alors pourquoi bon nombre de femmes sont attirées par les « bad boys » (mauvais garçons ?), par les hommes qui les maltraitent, qui ne les respectent pas, qui sont stupides, mais qui, d’un point de vue extérieur, affichent et dégagent une certaine « masculinité » ? Nous sommes prévus pour nous compléter, l’énergie féminine est prévue pour être attirée par l’énergie masculine (quel que soit le sexe de la personne, il en va de même chez les couples homosexuels), et vice versa. Alors, une femme, instinctivement, sera plus attirée par un homme « viril », « masculin », même s’il a tous les défauts précédemment cités, qu’un homme qui est trop « féminin », même s’il a les qualités dont elle a pourtant besoin.

 

Le problème actuel est que c’est tout l’un ou tout l’autre. Les femmes n’ont pas vraiment le choix. Alors par défaut elles prennent celui qui s’apparente plus aux qualités masculines qu’une femme recherche instinctivement (la force, la virilité, l’assurance). Et puis ensuite elles souffrent. Ces femmes non plus ne sont pas dans leur féminin sacré et s’abaissent à quelque chose qui ne les honorent pas, « par défaut ».
Parallèlement, pour lutter contre ce désir de domination de l’homme sur la femme et ce rapport de force permanent, la femme a décidé d’elle-même à son tour cultiver ces traits (du côté sombre de la masculinité). La femme est devenue plus vénale, plus violente, moins sensible, plus égocentrique, et en même temps elle tente de « démasculiniser » les hommes qu’elle rencontre, elle aussi dans le but de dominer, et de « reprendre son pouvoir ». C’est la lutte des sexes qui ne sont pas dans leur dimension « sacrée » et leur véritable essence.  (Lire ici mon article « Pourquoi chaque femme doit s’éveiller au féminin sacré« ).

 

Mais la femme a elle aussi un énorme rôle à jouer dans ce changement des hommes et leur retour au masculin sacré. C’est à elle de les encourager également à le devenir. C’est à elle d’honorer son essence masculine et d’honorer le masculin sacré en lui.

 

Le Masculin Sacré

 

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Alors, qu’est ce que le « Masculin Sacré » ? ou le « Masculin Divin » (« Divine Masculine » et « Sacred Masculine » en anglais). On appelle le masculin sacré l’essence masculine même, la vraie, celle de l’être né du sexe masculin (mais nous avons tous en nous les deux énergies, « polarités », y compris donc chez les homosexuels) son énergie innée, telle qu’elle serait naturellement sans aucun conditionnement et modèles de société qui interviennent ensuite au cours de la vie de l’homme.
 Le Masculin Sacré, c’est l’homme qui refuse tous ces conditionnements et qui a le courage d’être lui-même, et d’incarner les « vraies » qualités propres au Masculin, telles que :  la responsabilité, la force alliée à la douceur quand il le faut, l’action, le pouvoir de concentration, la paternité, la générosité, l’encouragement, l’abondance matérielle, la clarté, l’intellect, l’autorité, la recherche d’évolution, la protection des plus faibles que lui physiquement (femmes, enfants, animaux et autres hommes en difficulté), l’utilisation de sa force pour faire le bien et pour protéger, et non pour dominer et détruire.
Mais voici en détail, comme pour l’article sur le Féminin Sacré, une comparaison claire de l’homme qui est dans son Masculin Sacré versus l’homme qui ne l’est pas.

 

 

7 caractéristiques de l’homme qui est dans son Masculin Sacré (qui a éveillé les qualités du Masculin Divin en lui).

 

1) Il n’est pas gouverné par son égo dominateur

 

L’homme qui n’est pas dans son masculin sacré est contrôlé par son égo, qui le pousse à rechercher en permanence le pouvoir et le contrôle. Il est prêt à tout pour toujours plus d’argent, pour un statut toujours plus élevé, pour toujours plus de pouvoir, oubliant les autres, et en étant même prêt à les écraser, à les abuser (enfants, femmes, etc), à les tuer (guerres, etc), étant entièrement contrôlé par son désir de domination (s’appliquant également au royaume animal et à la Terre). L’homme qui est gouverné par son égo dominateur est prêt à tout détruire pour l’argent ou pour la « gloire ». Il est complètement déconnecté de son âme.

 

L’homme qui est dans son masculin sacré a appris à identifier son égo, et à démasquer sa façon de penser, « verticale » (chercher toujours à être « meilleur » ou « plus fort » que les autres). Il a compris qu’il faisait partie d’un « tout », et il a compris sa place en tant qu’ »être humain » sur cette planète (et non spécialement en tant qu’ »homme », puisqu’il ne fait pas de différence d’importance entre les hommes et les femmes). Il n’a pas besoin d’écraser ou de dominer quiconque pour prouver sa propre force. Il n’a pas besoin d’un « statut » pour s’identifier et savoir « qui il est ». Il a compris qu’à l’échelle de l’univers et qu’à l’échelle de l’âme, un « statut » ne veut rien dire, que tout cela a été créé de toute pièce par nos sociétés occidentales et qu’il ne souhaite pas s’abîmer et s’essouffler dans cette course vaine au pouvoir et à la domination, qui, il le sait, ne peut rendre heureux.

   

2) Il accepte ses émotions et n’a pas peur de les montrer, et est connecté à son coeur

 

L’homme qui n’est pas dans son masculin sacré rejette et n’assume pas ses peurs, ainsi que toute émotion qui le traverse (mis à part la colère, que la société encourage à l’homme d’exprimer). L’homme moderne n’a pas le droit d’être triste, n’a pas le droit de pleurer, n’a pas le droit d’être sensible, n’a pas le droit d’être touché, n’a pas le droit de vouloir faire le bien, n’a pas le droit d’être du côté des femmes sans être considéré comme « gay ». Ainsi, dès son plus jeune âge il est forgé à ne rien montrer, à garder tout pour lui, et à parfois même tout faire pour se rendre insensible (jeux vidéos de guerre ou violents, jeux violents entre amis, abus sur animaux, abus sur femmes, alcool, visionnage de films violents/horreur etc…). Au final il devient presque comme un robot dénué d’émotions, il ne sait même plus les ressentir et parfois il ne sait même plus qui il est… Il s’est forgé une apparence « d’homme », mais avec seulement les côtés néfastes et destructeurs de la masculinité.

  

L’homme qui est dans son masculin sacré est connecté à son coeur. Il a compris qu’avoir du coeur n’était pas une qualité qui doit être réservée uniquement aux femmes mais qu’au contraire seuls les hommes qui ont du coeur pourront véritablement changer le monde et renverser la balance de cette domination par l’égo et la recherche du pouvoir qui détruit les Hommes, les animaux et détruit la planète. Il n’a pas peur de se lever pour dire ce qu’il pense quand quelque chose n’est pas juste, même s’il faut affronter d’autres hommes. Il n’a pas peur de montrer ses sentiments quand il le faut, que ce soit auprès des femmes ou des enfants, et même auprès des autres hommes quand il le faut. Il n’a pas peur de pleurer quand il est sincèrement touché. Il n’a pas peur d’aimer le beau. Il n’a pas peur d’aimer le bien.

  

3) Il utilise sa force pour faire le bien

 

L’homme qui n’est pas dans son masculin sacré utilise sa force physique et mentale pour dominer. Il est dépourvu d’empathie. Il ne se met jamais à la place des autres et au contraire, abuse de leur faiblesse (physique ou mentale) dès qu’il en a l’occasion. Il est content d’être un « homme » car pour lui c’est la race supérieure (supérieure aux femmes et aux animaux). Etant donné qu’il se considère supérieur à toute autre forme de vie, il se donne le droit de les utiliser et de les abuser à sa guise.

  

L’homme qui est dans son masculin sacré utilise sa force physique et mentale pour faire le Bien. Il sait se mettre à la place des autres. Il aime et souhaite aider et protéger tout ce qu’il peut. Il ne fait pas de différence entre le fait d’être homme, femme, ou même animal. Pour lui, toute forme de vie doit être respectée. Il veut être une force du bien, protéger les hommes, les femmes, les enfants, les animaux et la nature.

 

 

4) Il respecte les femmes et honore le féminin sacré en elles

 

L’homme qui n’est pas dans son masculin sacré cherche à dominer les femmes et à les posséder. Il les voit comme des personnes (ou même parfois des « choses ») à sa disposition. Il est en permanence dans une relation de domination et de pouvoir, même dans ses relations intimes. Il n’a pas le souhait de donner, mais de prendre. Il n’hésite pas à utiliser, à faire souffrir, à bafouer, à abuser, pour obtenir ce qu’il désire, aveuglé par son égo. Par son attitude, il encourage les femmes à se prostituer, à se soumettre à la souffrance, à s’oublier, et à ne pas honorer le féminin sacré en elles.

  

L’homme qui est dans son masculin sacré aime la Femme. Il la voit comme son égale, son complément. Pour lui la femme est une créature divine (au même titre que l’homme, et que les animaux), et il n’y aucune différence. Il cherche à l’honorer, et jamais à la rabaisser. Il aime honorer et encourager le féminin sacré en elle. Il traite sa femme comme une « déesse », sans pour autant la laisser le dominer. Il aime quand elle est dans son plein pouvoir et cela ne lui fait pas peur, conscient également de sa propre force. Il n’est pas attiré par les femmes qui ne sont pas dans leur féminin sacré, sait ce qu’il veut et ne souhaite pas se « rabaisser » à moins qu’il ne mérite et ne le souhaite. S’il rencontre une femme qui n’est pas sans féminin sacré, qui a oublié qui elle était, qui croit que seule sa sexualité la définit, il ne va pas en profiter mais au contraire utiliser cette opportunité pour rappeler à cette femme qui elle est vraiment et qu’elle doit se respecter. Il souhaite une femme à son image, ancrée dans sa féminité sacrée. Il a compris le but spirituel des relations amoureuses qui est d’évoluer ensemble pour devenir la meilleure version de nous-même.

  

5) Il n’est pas contrôlé par sa sexualité

 
L’homme qui n’est pas dans son masculin sacré est contrôlé par son énergie sexuelle. Il est déconnecté de son cerveau et de son coeur, et ne laissent le contrôler que ses impulsions sexuelles. Il n’honore pas son énergie sexuelle et la transmet à n’importe qui et dans n’importe quelles circonstances. Il n’a pas conscience de l’impact d’un acte sexuel sans conscience, sur lui et sur l’autre. Il est parfois même prêt, pour assouvir ses envies sexuelles, à abuser quelqu’un d’autre, une femme et même un enfant. Complètement déconnecté de son âme et de ses émotions, il se laisse entièrement gouverner par sa soif de domination, son égo, et par sa sexualité.

  

L’homme qui est dans son masculin sacré a compris la puissance de son énergie sexuelle et ne souhaite pas l’utiliser pour détruire et faire le mal. Il a compris qu’un acte sexuel était quelque chose de très puissant, d’un point de vue invisible ce sont des énormes échanges énergétiques qui se produisent, et utilisé à mauvais escient, le sexe peut être très destructeur. Il aime sa sexualité et ne la rejette pas mais souhaite utiliser son énergie sexuelle avec des partenaires qui lui apporteront également toute une panoplie d’autres sentiments, un cocktail de sensations fortes impossibles à ressentir lors d’un acte sexuel sans conscience. Il pense plus à donner qu’à prendre, même s’il prête attention également à ses propres désirs mais aussi à ceux de sa partenaire. Il est honnête dans ses relations et a compris l’enjeu d’une relation avec une femme et l’importance de la sincérité. Il sait trop à quel point le mensonge peut détruire et ne fait pas aux autres ce qu’il n’aimerait pas qu’on lui fasse.

  

6) Il se soucie de son impact sur les autres, les enfants, les femmes et le monde

 

L’homme qui n’est pas dans son masculin sacré vit au jour le jour, avec comme seul préoccupation, réaliser ses propres désirs, encore une fois contrôlé par son égo. L’argent, le pouvoir, le sexe, le statut, il est même parfois prêt à tout détruire sur son passage pour arriver à ses fins. Il est prêt à utiliser les femmes, les enfants, les animaux, la terre, la mer, la planète, et même les autres hommes, comme s’ils étaient tous à sa disposition. Toutes ses actions sont basées sur la seule et unique promesse de reconnaissance extérieure et de soif de pouvoir. Il ne se soucie pas des futures générations, des autres, et de son impact négatif sur le monde.

  

 
L’homme qui est dans son masculin sacré a bien compris qu’il faisait partie d’un tout et que rien n’était à sa « disposition » sur cette planète. Il a compris que chaque enfant qui croisera son chemin dans sa vie, le regardera et sera impacté par lui. Il a compris qu’il avait le pouvoir de rendre heureuse ou malheureuse chaque femme qu’il rencontrera. Il a compris que ses actes avaient un impact sur le monde. Il a compris qu’il pouvait s’utiliser pour changer le monde et y laisser une trace positive.

 

 

 

7) Il ne rejette pas les qualités physiques masculines qui font de lui « un homme » et exprime sa propre identité

 

Certains hommes qui ne sont pas dans leur masculin sacré rejettent toute forme de masculinité, rejetant ainsi inconsciemment ou consciemment tout ce qu’ils détestent chez les hommes (toutes les choses précédemment citées). Ils ne souhaitent pas être « homme », par résistance au modèle d’homme qui nous est proposé. Mais par conséquent, ils rejettent également leur essence même et cela peut les faire souffrir. Ces hommes ont besoin justement de se reconnecter à leur masculin sacré en cultivant avec fierté au contraire à nouveau les qualités masculines vraies et bénéfiques pour le monde, les qualités du masculin sacré. 

L’énergie masculine est quelque chose de très beau, utilisée à bon escient et ne doit pas être rejetée. L’homme qui s’est reconnecté à son essence masculine est un être fort et puissant, tout en étant profondément bon et pensant avec son coeur.

 

Il n’y a rien de plus attirant pour une femme qui est dans son féminin sacré qu’un homme qui est dans son masculin sacré. C’est quelque chose d’irrésistible, puisque nous sommes programmés pour être attirés par cette complémentarité. La plupart des hommes pensent que pour attirer les femmes il faut de l’argent, un statut, du pouvoir, mais ils ne peuvent pas être plus loin de la vérité. Encore une fois, ce que la femme dans son féminin sacré cherche c’est la force de l’homme, mais mise à l’épreuve du bien.

  

Les femmes dans leur féminin sacré ont besoin de vous, hommes dans votre masculin sacré, et le monde aussi vous attend, afin d’inverser la balance, de proposer un nouveau modèle d’hommes forts, sensibles, soucieux des autres et de leur environnement, qui sont prêts à se lever pour les femmes, pour les autres hommes, pour les enfants, pour les animaux et pour la planète.

 

Cet article a été écrit par Laura Marie, tiré de son site personnel dont voici la source originale :

http://lauramarietv.com/fr/pourquoi-chaque-homme-doit-sev...

 

 

 

 

02/03/2014

Dauphins Stampede et baleines au large de Dana Point et Maui

 

 

 

 

 

 

28/02/2014

François Morel - Notre-Dame des bulhdozers

 

 

19/02/2014

Méditation bouddhiste sur les peurs

Comment transformer les peurs

Quand nous écoutons ensemble la cloche et respirons ensemble comme cela, nous créons une sorte d’énergie collective très forte qui pénètre en chacun de nous et qui facilite la guérison et la transformation. Pratiquer dans une Sangha (une communauté de pratiquants), c’est facile. Chacun de nous a une graine de peur dans la profondeur de sa conscience connaissance ; le Bouddha nous invite à reconnaître cette graine de peur en nous. Les moines, les moniales sont supposés reconnaître cette graine chaque jour : "je dois mourir un jour, je ne peux pas échapper à la mort. Je peux tomber malade un jour, je ne peux échapper à la maladie. Un jour, je devrai me séparer de celui ou celle que j’aime, c’est inéluctable". Tout ce que je peux emporter avec moi, ce sont seulement les fruits de mes actions ; je ne peux rien emporter d’autre avec moi : ma maison, mon compte en banque, mes diplômes... je ne peux pas emporter ces choses-là avec moi. Cette pratique nous aide à nous familiariser avec la vérité.

La pleine conscience

Reconnaître la peur qui est en nous afin de pouvoir la transformer. On a peur de beaucoup de choses ; on a peur de perdre un jour son travail ; on a peur que la personne qui nous aime aujourd’hui nous abandonne demain ; on a peur des accidents ; on a peur des terroristes. Mais qu’est-ce que le Bouddha nous dit pour réduire la peur ? Les causes de l’accident peuvent se trouver hors de nous, mais elles peuvent aussi être en nous. Et il est fréquent que la cause intérieure déclenche la cause extérieure. Il y a beaucoup de choses à faire pour pouvoir se protéger. Je voudrais tout d’abord parler de l’énergie de la pleine conscience comme une énergie de protection. La pleine conscience c’est l’énergie qui nous permet de nous rendre compte de tout ce qui se passe dans le moment présent. Quand je bois une tasse de thé, je peux la boire dans la pleine conscience ; si je sais que je suis en train de boire une tasse de thé, je bois le thé dans la pleine conscience. Quand je fais un pas et que je le sais, je marche dans la pleine conscience. On peut préparer son petit déjeuner dans la pleine conscience ; peut-être avez-vous besoin de quinze minutes ou vingt minutes pour préparer le petit déjeuner, mais c’est une pratique. On peut porter son attention vers ce qui se passe, ce que l’on fait. Quand on fait la vaisselle, on peut apprendre à générer l’énergie de la pleine conscience. Une fois habité par la pleine conscience, on est vraiment là, on sait ce qui se passe et on peut réagir vite pour que le danger soit évité. Avec la pleine conscience qui nous habite, on sait exactement ce que l’on doit faire et surtout ce que l’on ne doit pas faire. C’est pourquoi nous tous nous pouvons pratiquer pour cultiver cette énergie en or qu’on appelle l’énergie de la pleine conscience. La pleine conscience est la matière première avec laquelle on peut fabriquer beaucoup de choses ; avec la pleine conscience, on peut cultiver la compassion, on peut cultiver aussi la compréhension, la sagesse.

La compassion

La compassion est un agent protecteur ; vous savez qu’une personne sans compassion souffre beaucoup, complètement isolée ; sans compassion, on ne peut pas établir de relation avec les autres êtres vivants, et l’on souffre ; c’est pourquoi la compassion nous soulage, nous donne de la liberté, de la paix et du bonheur. Si vous avez de la compassion en vous, vous êtes protégés ; c’est parce que la compassion se révèle, se manifeste dans la manière de regarder, de parler, d’agir. Et l’autre personne se sent en sécurité avec vous, c’est parce que vous êtes habité par l’énergie de la compassion. Elle sait que vous n’allez pas lui faire du mal ; elle peut toucher cette compassion en vous ; alors il faut cultiver la compassion pour sa propre protection, et on peut en même temps protéger les autres si on a de la compassion.

Les Israéliens ont peur et ils combattent pour leur survie ; et nous comprenons. Les Palestiniens ont peur, et ils veulent combattre pour leur survie, et nous les comprenons aussi. Osama Bin Laden a peur ; il a peur que le Judaïsme et le Christianisme détruisent l’Islam comme un mode de vie. Donc les terroristes agissent sur la fondation de leurs peurs ; ils combattent pour leur survie aussi. Et si on a assez de temps pour regarder en profondeur, on voit que tout le monde a peur ; et cette peur va de pair avec la haine, la colère et la violence. Et quand nous sommes victimes de la haine, de la colère et de la violence, nous souffrons et nous faisons souffrir les autres. C’est une chose très claire, très simple à comprendre.

Les perceptions erronées

Donc si vous avez le temps de regarder... vous pouvez obtenir la compréhension : ils ont peur, ils souffrent ; ils sont victimes de leur peur, de leur colère, de leur haine, de leur violence ; et personne ne se trouve dans la situation de les aider. Pour pouvoir les aider, il faut faire en sorte que cette peur soit réduite, soit enlevée, soit transformée. Et nous savons très bien que la peur est née des perceptions erronées ; c’est le Bouddha qui a dit cela : "la peur est née des perceptions erronées". Nous avons peur l’un de l’autre, c’est parce qu’il n’y a pas assez de communication ; il y a des perceptions erronées qui nous séparent ; alors il faut faire en sorte de restaurer la communication. La peur, le terrorisme ne peuvent pas être déracinés par les bombes ; c’est parce que la peur et la terreur sont nés des perceptions erronées ; et on ne peut pas enlever, détruire les perceptions erronées avec les bombes, avec les fusils, mais seulement avec le dialogue, l’écoute profonde, la parole aimante qui permettent seules d’aider l’autre personne à corriger ses perceptions erronées. Quand on écoute avec compassion, quand on pratique l’écoute profonde, on commence à comprendre pourquoi l’autre personne souffre, l’autre personne a peur, a de la haine et du désespoir. Et nous pouvons réaliser que cette personne-là est vraiment victime de ses propres perceptions erronées, et on se dit : "plus tard, j’aurai du temps pour pouvoir offrir des informations qui pourront aider cette personne-là à corriger ses perceptions" ; vous êtes motivés par la compassion ; vous êtes là assis tranquillement pour écouter l’autre personne, et c’est déjà là un acte d’amour. Et quand vous réalisez que cette personne est victime de beaucoup de malentendus, beaucoup de perceptions erronées, vous vous promettez que plus tard vous ferez de votre mieux pour aider cette personne à corriger ses perceptions. Une fois les perceptions corrigées, une vue juste est obtenue et la peur sera alors diminuée en même temps que la souffrance. Cette personne a une conception d’elle-même, et elle a une conception de vous, de nous ; et ces deux sortes de perceptions peuvent être erronées ; et c’est pourquoi cette personne a agi ainsi avec de la colère et de la haine. Quand l’on écoute cette personne-là, on peut identifier ses perceptions erronées ; et puis on peut aussi en même temps réaliser que l’on est soi-même victime de ses propres perceptions erronées ; si l’autre personne est victime de ses perceptions erronées, moi aussi je peux être victime des perceptions erronées. En écoutant en profondeur comme cela, on peut réaliser qu’on a eu des perceptions erronées sur soi-même et sur l’autre personne ; et cela nous aide à corriger les perceptions en nous-mêmes. Le père a des perceptions erronées à propos de son fils, et le fils peut avoir des perceptions erronées sur son papa ; alors tous les deux souffrent, et chacun pense qu’il est victime de l’autre personne ; mais tous les deux sont victimes des perceptions erronées. Si les Palestiniens et les Israélites réalisent cela : les deux partis sont tous les deux victimes des perceptions erronées, et que tous les deux combattent pour leur survie, alors pourquoi ne pas coopérer pour pouvoir avoir une survie collective. Je voudrais vous dire que le bonheur n’est jamais une chose individuelle ; la sécurité aussi, ce n’est jamais une chose individuelle. La survie, la sécurité, ce sont des choses collectives.

Imaginez un mari qui souffre profondément ; est-ce que sa femme peut être heureuse ? Non, pour être heureuse, cette dame-là doit aider son mari à souffrir moins ; donc la souffrance est une chose collective, et le bonheur aussi. Quand le père souffre, le fils ne peut pas être vraiment heureux ; alors il faut faire quelque chose pour que le père souffre moins, de sorte que le fils aura une chance d’être heureux. Donc, ce que je veux dire ici, c’est que la souffrance n’est jamais une chose individuelle. Il faut assurer le bonheur de l’autre pour qu’on puisse être heureux. La sécurité n’est pas une chose individuelle ; si les autres se sentent en danger, alors vous êtes en danger aussi ; il faut donc s’occuper de la sécurité de l’autre personne. Est-ce que la politique américaine est sur cette voie ou non ? Est-ce que la politique française va dans cette direction ou non ? Pour avoir de la sécurité, on doit offrir de la sécurité. Alors, si l’autre personne souffre, ce sera très difficile pour nous d’être heureux ; il faut donc songer à faire quelque chose pour que l’autre personne souffre moins. Si l’autre personne a beaucoup de peurs, alors cette personne-là va devenir une cause de notre peur. C’est pourquoi réduire la peur en l’autre personne c’est réduire la peur en soi-même. Qu’est-ce qu’on a fait pour les arabes, pour les Palestiniens, pour les Israélites, pour Osama Bin Laden...

La méditation c’est l’acte de regarder en profondeur, regarder soi-même, regarder l’autre personne ; et si on peut identifier la cause de la souffrance, de la peur dans l’autre personne, la compassion jaillit de notre cœur ; et avec la compassion on n’accuse plus, on souffre beaucoup moins ; on peut commencer à regarder l’autre personne avec les yeux de la compassion ; on peut lui parler avec une parole aimante, et ça change déjà beaucoup de choses. Il faut donc avoir le temps pour pouvoir regarder, regarder en profondeur. Cette pratique nous procure, nous offre de la compassion. Avec la compassion on ne souffre plus, on peut accepter, on veut faire quelque chose pour aider, on n’a plus cette intention de punir. Et si vous êtes animés par cette compassion, par ce désir d’aider, alors l’autre personne va pouvoir reconnaître cette intention, et elle aura alors moins peur de vous, et vous aurez vous-même moins peur d’elle. Au sein de la famille, on peut pratiquer cela ; au sein de la communauté, on peut pratiquer cela ; et entre les nations, les groupes ethniques, on peut pratiquer cela. On peut toujours commencer avec une inspiration profonde pour se calmer, pour apporter de la détente à notre corps. Et lorsqu’on est détendu physiquement, on peut déjà commencer à calmer nos sensations, nos émotions.

Avec la pratique de l’inspiration, de l’expiration en pleine conscience, on aura assez d’énergie de pleine conscience pour pouvoir reconnaître les émotions comme la peur, la colère, le désespoir afin de pouvoir les embrasser.

"J’inspire, je sais que la peur est en moi. J’expire, je prends soin de ma peur maintenant avec beaucoup de douceur".

Et comme on peut faire cela, on peut continuer et regarder en profondeur pour voir les racines véritables de cette peur. Si vous avez peur de lui, il a peur de vous ; alors vous êtes tous les deux des victimes de la peur. On peut dialoguer pour créer une collaboration qui permette de transformer la peur dans chaque camp.

Malheureusement, nos dirigeants politiques et militaires ne sont pas entraînés dans cette pratique : la pratique de la respiration profonde, la pratique de la pleine conscience, la pratique du regard compatissant. C’est pourquoi ils n’arrivent pas à enlever la peur, corriger les perceptions erronées qui sont à la base de tout conflit, de toute souffrance, de toute peur. Et comme citoyen, on doit pratiquer, on doit soutenir nos dirigeants politiques. La pleine conscience est un agent protecteur, la compassion en est un autre, et la sagesse est un agent protecteur aussi. Qu’est-ce que c’est que la sagesse, et quelle sagesse ?

L’inter-être

Dans le bouddhisme, on parle de l’inter-être ; on ne peut jamais être par soi-même, on doit inter-être avec tout autre chose. Regardez une fleur par exemple. La fleur ne peut pas être par elle-même ; la fleur doit inter être avec le soleil, les nuages, la terre, etc... Imaginez qu’il n’y ait pas de soleil ; aucune fleur ne peut pousser. Donc en regardant profondément dans la fleur, on voit l’élément soleil ; et je peux toucher le soleil quand je touche la fleur ; le soleil est dans la fleur ; fleur et soleil inter sont. Quand je regarde la fleur, je vois un nuage, et je touche un nuage ; je sais très bien que sans nuage il n’y aura pas de pluie, et la fleur ne peut pas pousser ; donc il y a bien l’élément nuage dans la fleur ; la fleur ne peut pas être par elle-même, elle doit inter être avec le nuage.

Donc cette sagesse montrée par le Bouddha est une pratique. Quand on regarde quelque chose, quelqu’un, on doit voir la nature de l’inter être de cette personne-là, on doit voir la nature de l’inter être de soi-même. Si vous regardez en profondeur en vous-même, vous voyez tant de choses ; vous voyez que vous n’êtes pas vraiment vous-même, vous ne pouvez pas être par vous-même, vous devez inter-être avec tous les autres. Je reconnais que mes ancêtres, non seulement mes ancêtres humains, mais encore mes ancêtres animaux, végétaux et minéraux sont en moi. Mon père et ma mère sont encore vivants dans chacune de mes cellules ; et je peux tout à fait parler à mon papa, à ma maman, c’est parce qu’ils sont encore là dans chacune de mes cellules. Essayez une fois de parler à votre papa et votre maman... Mon père, avant sa mort, a essayé de pratiquer le bouddhisme, mais il n’a pas eu autant de chance que moi ; je suis devenu moine à l’âge de seize ans. Et je suis allé très loin dans le chemin de la pratique, et je le fais pour mon papa aussi. Une fois, dans la méditation assise, j’ai dit à mon papa : "Papa, on a réussi !". Donc, quand vous faites une inspiration et vous sentez le bonheur et la paix, vous le faites aussi pour votre papa et votre maman. Quand vous faites un pas en paix, un pas avec solidité, avec liberté, avec joie, alors vous le faites pour votre maman aussi ; peut-être maman n’a pas eu l’occasion de faire des pas comme cela dans la détente pour entrer en contact avec les merveilles de la terre, du ciel, comme on l’a fait ce matin ; et maintenant on marche pour maman, on marche pour papa, on marche pour tous nos ancêtres. Imaginez, visualisez que des milliards de pieds se posent sur le sol en même temps que vous posez votre pied ; vous pouvez très bien visualiser cela. Quand vous touchez la terre avec votre pied dans la Pleine Conscience, dans la joie, tous vos ancêtres font la même chose en même temps ; c’est très gentil de votre part de permettre à vos ancêtres de marcher comme cela. Et quand je marche, je vois que ce n’est pas moi qui marche seul, c’est toute une lignée d’ancêtres qui marchent ; et la transformation, ce n’est pas pour moi seul, la transformation c’est pour tous mes ancêtres. Si vous avez eu le temps de faire des recherches sur vos ancêtres, vous verrez que ce travail-là peut vous aider beaucoup. Des générations d’ancêtres ont travaillé, ont combattu, ont pu franchir beaucoup d’obstacles pour pouvoir s’établir dans cette vie ; ils ont eu beaucoup d’expériences, ils sont déjà passés par beaucoup d’épreuves, beaucoup de souffrance, beaucoup de dureté ; et ces expériences-là, cette détermination-là sont encore en vous dans chaque cellule, dans chaque gène contenu dans votre corps. Alors vous pouvez leurs parler : "Chers ancêtres, je sais que dans le passé vous avez beaucoup souffert, vous avez beaucoup réussi aussi ; et je suis très fier de vous ; à présent votre sagesse est en moi, votre courage est en moi, et je n’ai pas peur". Ainsi, avec vos ancêtres en vous, vous devenez plus forts, vous avez beaucoup plus de confiance en vous. Vous n’êtes pas quelque chose d’isolé, vous êtes toute une lignée d’ancêtres ; vous êtes forts, vous êtes muni de beaucoup d’expérience et de volonté. Alors, il n’y a pas de raison d’avoir peur ; si mes ancêtres sont parvenus à faire cela, moi aussi, au nom de mes ancêtres, je vais pouvoir surmonter les difficultés qui apparaissent sur mon chemin. Alors, l’inter-être c’est aussi le non-soi.

Le non-soi

Le non-soi c’est un enseignement formidable offert par le Bouddha. Le non-soi c’est ça ; le non-soi ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas là ; le non-soi dit que vous n’êtes pas là comme entité séparée, mais vous êtes là comme une merveille dans le sens de l’inter-être. Vous êtes vous-même bien sûr, mais vous êtes aussi vos ancêtres et vos enfants. Alors avec cette confiance, on est plus fort ; on sait qu’en cultivant les vertus de nos ancêtres, on va pouvoir surmonter toutes les difficultés qui se dressent sur notre chemin. Qu’est-ce que c’est que la sagesse ? C’est une vue juste. La vue juste, c’est la vue de l’inter être ; on n’est pas seul, on n’est pas isolé. Et on doit agir en inter-être. On inter est avec les chrétiens, on inter est avec les bouddhistes. Nous sommes une famille, et le bonheur de l’un concerne le bonheur de l’autre ; alors il faut agir dans l’esprit de l’inter être. Inter-être, c’est un mot nouveau ; mais pas tellement nouveau, ça existe dans la littérature bouddhiste ; j’espère que nous aurons bientôt ce mot dans le dictionnaire français. Être, c’est vraiment inter être ; on ne peut jamais être par soi-même ; on ne peut qu’ inter être avec les autres. Et sur cette base, sur cette sagesse, on peut éviter les paroles et les actes qui séparent, qui détruisent, qui causent de la souffrance. L’inter être, c’est la vision profonde ; et avec la pratique de la méditation, la pratique du regard profond, on va pouvoir découvrir l’inter être. Avec l’inter-être, on peut produire des pensées justes. Une pensée juste est une pensée qui va de pair avec l’esprit de l’inter être. Il n’y a pas de séparation ; sa souffrance c’est la mienne, son bonheur c’est le mien. Une pensée juste c’est une pensée qui va de pair avec la compassion, avec la compréhension. Et chacun de nous peut toujours produire une telle pensée, une pensée qui est digne de nous, qui est digne de nos ancêtres, une pensée qui va de pair avec la compréhension et l’amour, la compassion. Et vous savez, chaque fois qu’on produit une pensée juste, une pensée de compassion et de compréhension, cette pensée commence à nous guérir, à nous nourrir ; et ça va avoir un effet positif sur notre santé physique et morale. La juste pensée, la pensée juste, ça guérit et ça nourrit. Et vous savez très bien que vous avez cette capacité de produire une pensée juste, une pensée qui va de pair avec l’amour, le pardon et la compréhension. Et cette pensée va tout d’abord vous donner de la santé physique et mentale. Croyez-moi, j’ai pratiqué : une pensée juste c’est très guérissant, très nourrissant pour vous-même, et ça guérit et nourrit le monde après cela. Et chaque jour on doit avoir l’occasion de produire des pensées comme ça, des pensées justes ; ça ne coûte rien. Si on a le temps de regarder en profondeur, et si on touche la nature, la vérité de l’inter être, alors on peut très facilement produire des pensées justes, des pensées de compassion et de compréhension qui vont nous changer et changer le monde. Et avec la sagesse de l’inter être, on peut produire des paroles justes, des paroles qui vont de pair avec la compassion, le pardon et la compréhension. Une parole juste peut inspirer de l’espérance, de l’espoir, de la joie dans une autre personne ; ça ne coûte rien ; mais il faut du temps, du temps pour pouvoir aimer, pour pouvoir regarder en profondeur. Avec cette capacité d’être concentré, de regarder en profondeur, on va pouvoir comprendre, et on va pouvoir produire naturellement une parole juste, une parole aimante, une parole qui va de pair avec la compassion, le pardon, la réconciliation, la compréhension ; et vous savez très bien, chers amis, que vous êtes capables de produire une telle parole ; n’attendez pas demain pour le faire ; il faut le faire aujourd’hui, directement ou avec votre portable (Rires...).

Avec la sagesse de l’inter-être, on peut produire de l’action juste, l’action qui peut protéger, qui peut aider, qui peut soutenir ; et vous savez que vous êtes aussi capables de faire cela, une action juste recommandée par le Bouddha : la pensée juste, la parole juste et l’action juste. Je vous ai dit déjà que dans la méditation quotidienne, les moines et les moniales récitent cette phrase : " Quand je meurs, je ne peux rien apporter avec moi sauf mon karma, le fruit de mon karma ". Mais qu’est-ce que c’est que le karma ? Le karma, c’est la pensée, c’est la parole, c’est l’action ; une fois produits, cette pensée continue à voyager dans le monde ; une fois produite, cette parole continue à voyager dans le monde, c’est votre propre continuation. Si vous parlez d’une vie prochaine, ce sont des actes, des paroles et des pensées que nous produisons aujourd’hui, mais pas exactement prochaines, c’est parce que ces énergies que nous produisons peuvent déjà avoir un effet sur notre corps, notre esprit et le monde, on n’a pas à attendre la décomposition de ce corps. La vie future est déjà là, le futur est déjà là.

Jean-Paul Sartre a dit ceci (c’est un philosophe français) : "L’homme est la somme de ses actes". C’est une pensée très proche du bouddhisme. Ses actes c’est le karma ; c’est parce que le mot karma, ça veut dire "acte" ; mais l’acte dans le bouddhisme est vu en trois termes : pensée, parole et action. La pensée c’est une action ; la parole c’est une action ; et le geste c’est une action aussi. On veut continuer en beauté, et pour assurer une belle continuation, on doit faire attention à la pensée, à la parole et aux actions que nous produisons chaque jour. Un oranger produit des feuilles, des fleurs d’oranger et des oranges. Nous, êtres humains, nous produisons les pensées, les paroles et les actes ; et la pratique consiste à produire seulement des belles paroles, des paroles justes, des idées, des pensées justes, et des actions justes. Et pour pouvoir assurer une belle continuation, on doit y penser chaque jour : on ne produit que les pensées justes, on ne produit que les paroles justes, et on ne produit que l’action juste.

Le non être

Il y a parmi nous ceux ou celles qui ont peur du non être. Aujourd’hui on est quelqu’un, mais plus tard on ne sera plus personne. On pense à sa propre mort. Si nous avons du temps pour regarder en profondeur, pour faire la méditation, on verra que la naissance et la mort, ce sont des idées, des concepts qui ne s’appliquent pas vraiment à la réalité ; et quand on pratique bien, on a une chance de toucher notre nature propre et on perd cette sorte de peur, la peur du non être. Regardons par exemple un nuage qui flotte dans le ciel... Est-ce qu’un nuage peut mourir ? Est-ce qu’on peut parler de la mort d’un nuage ? La mort... Qu’est-ce que c’est que la mort ? De quelque chose on devient rien, de quelqu’un on ne devient personne ; c’est notre idée de la mort ; mais ça ne s’applique pas à un nuage. Pour ceux ou celles qui pratiquent le regard profond, on sait qu’il est impossible pour un nuage de mourir, de devenir le néant. Un nuage peut se transformer en pluie, en grêle, en neige, mais un nuage ne peut jamais se transformer en néant. "Rien ne se crée, rien ne se perd", c’est un scientifique français qui a dit cela, c’est pas un bouddhiste. Donc, quand on regarde en profondeur le nuage, on voit que la nature véritable du nuage c’est la nature de non naissance et non mort. On se demande quelle est l’origine de ce nuage, et on peut déjà voir avant sa manifestation en forme de nuage que le nuage a été eau, chaleur...

La vague et l’eau

L’eau dans l’océan, l’eau dans les rivières, dans les lacs, et la chaleur... ainsi dans une vie antérieure, le nuage a été eau et chaleur ; et cette manifestation en forme de nuage, c’est seulement une continuation ; ce n’est pas une naissance, ce n’est pas une création. Tu n’es pas une création, tu es une manifestation ; tu peux cesser ta manifestation pour te manifester autrement, mais tu es libre de la mort, du non être. Donc, quand on regarde un nuage on voit sa nature propre, sa nature de non naissance et non mort. Si vous avez quelqu’un qui vous est cher, qui vient de décéder, il faut regarder cette personne en profondeur pour voir qu’elle n’est pas perdue, elle est encore là dans ses nouvelles manifestations. S’il arrive que vous tombiez amoureux d’un nuage, et si le nuage n’est plus là dans le ciel, ne pleurez pas... C’est parce que le nuage s’est transformé en pluie, et c’est la pluie qui vous appelle : "Chéri, chéri, je suis encore là, tu ne me vois pas ?" Alors il faut un regard profond pour pouvoir reconnaître votre bien-aimée, elle est toujours là dans ses nouvelles transformations.

Dans le bouddhisme, on préfère le terme manifestation au terme naissance, et on utilise aussi le terme continuation. La naissance c’est une continuation, la mort c’est aussi une continuation. Rien ne se perd, rien ne se crée. Quand on vient dans un centre de pratique... La pratique peut nous apporter un soulagement de notre douleur, mais le plus grand soulagement ne peut être obtenue que quand vous êtes capable de toucher votre propre nature de non naissance et de non mort. Dans le bouddhisme on appelle cela l’Ainsité ou le Nirvana. Le Nirvana ce n’est pas un endroit ; le Nirvana c’est l’absence de ces notions comme naissance, mort, commencement, fin, ceci et cela, la même chose ou une chose différente ; c’est l’absence de la venue et du départ.

Être et non être

Il y a des théologiens qui parlent de Dieu comme fondation de l’être ; moi je ne pense pas comme cela en ce qui concerne l’être et le non être ; je me demande : "si Dieu est la fondation de l’être, qui sera la fondation du non être ?" Dieu doit dépasser les deux concepts être et non être. Regardez cette boîte d’allumettes, et essayez de voir la flamme ; la flamme est cachée quelque part dans la boîte. Est-ce que la flamme existe ou n’existe pas ? Chère petite flamme, est-ce que tu es là ? Tu existes ou tu n’existes pas ? C’est la méditation... Et si vous écoutez en profondeur, vous pouvez entendre la voix de la flamme : "Cher Thây, chère Sangha, chers amis, je suis là, vous ne pouvez pas me qualifier comme non être, je suis là cachée dans mes conditions ; toutes les conditions sont favorables à ma manifestation, sauf une ; il faut me procurer cette dernière manifestation, faites quelque chose, et je vais me manifester !" Alors on a l’impression que la flamme se cache dans la boîte, mais ce n’est pas vrai ; l’oxygène hors de la boîte est une condition nécessaire pour la manifestation de la flamme ; donc, les conditions pour cette manifestation sont un peu partout, même dans mes doigts. Alors on ne peut pas qualifier la flamme de non existante ; et quand la flamme se manifeste, on ne peut pas la qualifier comme existante ; la notion d’être et de non être ne peut pas s’appliquer à la réalité, c’est l’enseignement du Bouddha. Être ou ne pas être, c’est pas là le problème (Rires...).

La flamme s’est manifestée, et pendant cette manifestation on ne peut pas la qualifier comme être sinon on doit la détruire comme non être après. Donc, non seulement la nature propre, la nature véritable du nuage est la nature de non naissance et non mort, mais la nature de la flamme également c’est la nature de non naissance et non mort. Alors il n’y a pas de fondation pour la peur.

Quand on perd un être bien-aimé, on pose toujours cette question : "Il est venu de quelque part, il est parti quelque part ; je ne peux pas le trouver." Essayons de poser la question à la petite flamme : "Chère petite flamme, d’où viens-tu ?... D’où viens-tu ?" Et comme on prend le temps d’écouter, on peut entendre ceci : "Cher Thây, chers amis, chère Sangha, je ne viens de nulle part ; quand les conditions sont suffisantes, je me manifeste. Cher Thây, chère Sangha, chers amis, je ne viens de nulle part ; je ne viens pas du sud, du nord, de l’est, de l’ouest ; quand les conditions sont suffisantes, je me manifeste." Et on sait que la flamme a raison, il n’y a pas de venue. Votre bien-aimé également, il est venu de nulle part ; quand les conditions sont suffisantes, il se manifeste auprès de vous, et quand les conditions ne sont plus suffisantes, il cesse sa manifestation pour se manifester autrement. Chère petite flamme, où es-tu allée ? Je ne te vois plus... Où es-tu ? Et on peut entendre ceci : "Cher Thây, chère Sangha, chers amis, je ne suis partie nulle part ; je ne suis pas partie au sud, au nord, à l’est, à l’ouest, non... Quand les conditions ne sont plus suffisantes, je cesse ma manifestation pour pouvoir me manifester autrement. " Alors, cette fois-ci, on sait que la flamme a raison aussi. Alors, la personne qui vous est chère, elle est quelque part là ; il faut un œil de sagesse pour pouvoir la reconnaître. Elle est toujours avec vous, beaucoup plus proche que vous ne pensez. Peut-être est-elle en vous, et vous pouvez très bien respirer pour elle, marcher pour elle, et prendre le petit déjeuner pour elle, pour lui ; c’est une chose possible avec le regard profond. Alors le Bouddha nous offre des pratiques, beaucoup de pratiques qui nous aident à atténuer notre peur, réduire notre peur, et finalement à la transformer totalement. Regardez une vague qui se dresse sur l’océan ; vous voyez, il y a un commencement, une fin, une montée, une descente. Et la vague a peur. La vague peut avoir des complexes de supériorité ou d’infériorité, parce qu’il y a d’autres vagues tout autour ; et la vague souffre à cause de ces complexes-là, de cette peur-là, mais une fois que la vague peut toucher sa propre nature, l’eau, alors elle perdra toute peur. Et il est possible pour la vague de se courber et de reconnaître qu’elle est faite d’eau ; l’eau c’est sa propre nature. On peut parler de la vague en terme de commencement, de fin, de montée et de descente, plus grande, plus petite, plus jolie, moins jolie, mais on ne peut pas parler de l’eau avec les mêmes termes. Alors toucher votre propre nature, c’est le but ultime de la méditation, et ce serait dommage si, dans cette vie, nous n’avions pas le temps de faire cela. Vous regardez en profondeur pour toucher votre nature propre de non naissance et de non mort. Une fois que la vague arrive à toucher l’eau, elle s’amuse en s’élevant, elle s’amuse en tombant ; elle rit tout le temps. Et nous pouvons faire la même chose avec notre soi-disant naissance et notre soi-disant mort. Et c’est pourquoi on a dit que le plus grand soulagement qu’on peut avoir avec la pratique, c’est seulement après avoir touché cette nature de non naissance et de non mort en soi. Et ceci est une invitation à la pratique. Je vais m’arrêter ici et je vais vous offrir la parole. Merci.

 

 

 

12/02/2014

Dans le Bouddhisme....

tout est bien structuré et répertorié.

Correspondant aux 5 directions et aux 5 Sagesses,
il y a les 5 poisons:

1) Désir - attachement ( Ouest - couleur rouge )
Antidote : méditation sur la dépendance

2) Colère - haine ( Est - couleur bleue )
Antidote : méditation sur l'amour-compassion

3) Orgueil ( Sud - couleur jaune )
Antidote : Donner de l'importance aux autres

4) Jalousie ( Nord - couleur verte )
Antidote : Se réjouir du bonheur des autres

5) Ignorance ( Centre - couleur blanche )
Antidote : méditation sur les 12 causes interdépendantes

Ces cinq poisons entrainent une production de karma négatif.
Le but des pratiques de méditation est de s'entrainer à gérer ces émotions perturbatrices.
Un entrainement de l'esprit qui prend du temps, comme tout entrainement.
Il faut cultiver les antidotes afin de neutraliser les poisons au moment où ils apparaissent, et mieux encore avant qu'ils n'apparaissent, car comme dans toute discipline, si l'on est pas entrainé, lorsque les émotions surgissent c'est trop tard.
Ce ne sont pas les émotions en elles-mêmes qui entrainent le karma, mais bien leur emprise sur notre esprit !
 
 

10/02/2014

Cécile Coulon - Laissez-moi tranquille

Laissez les hommes quitter leurs femmes pour d'adorables jeunes filles
Laissez les femmes quitter leurs hommes pour des garçons polis
Les enfants vont grandir les douleurs les fantasmes et les hivers aussi
Laissez les clés à vos voisins laissez les chiens faire leurs besoins et les chiennes leurs petits
Laissez-les se noyer dans l'eau du bain laissez flotter vos chagrins à la surface du whisky
Les poètes sont des boxeurs qui ne savent plus sur quel pied danser laissez-les transpirer
Les romanciers sont des marathoniens qui s'épuisent avant la fin laissez-les s'abreuver
Laissez les blondes avoir d'énormes seins laissez les brunes avoir de longues jambes
Les gens qui se haïssent vous savez souvent s'assemblent
Côte à côte main dans la main pourtant nous n'avons rien à faire ensemble
Laissez les gens baiser comme des lapins laissez les gens faire l'amour comme dans les films
Laissez les gens s'enfermer se salir s'indigner
Ça n'ira pas plus loin qu'une lettre d'adieu sur le frigo dans la cuisine

Laissez l'adolescence faire rugir sa colère déplacer des montagnes et tarir les rivières
Laissez les bons élèves se rêver musiciens laissez les ouvriers se rêver magiciens
Transformer la machine en mannequin libérer la colombe étouffée dans leurs mains
Laissez les médecins tirer sur l'ambulance ouvrez les hôpitaux aux malades du coeur
Fracassés par l'absence la puissance de l'ennui le manque de chaleur
Laissez les femmes lécher d'autres femmes
Laissez les hommes sucer d'autres hommes
Qu'est-ce que ça peut vous faire l'appartement est vide et le désir s'affame
Comme une fille qui n'a plus que la peau sur les os et du sel dans ses larmes
Laissez les animaux pisser sur vos portails laissez vos descendants cracher sur vos portraits
Personne n'est obligé d'aimer la ligne du même sang la haine a ses blasons que la famille ignore
Laissez les amoureux oublier qu'ils ont aimé laissez les malheureux oublier qu'ils ont sombré
La solitude est une eau douce il fait bon s'y baigner laissez vos gosses passer la nuit dehors
Ce sera moins dangereux que le mauvais décor de vos deux corps fermés coquillages silencieux

Laissez vos chaussures dans l'entrée
Laissez vos écharpes sécher
Il pleut dans mon coeur comme sur un toit d'ardoise et le vent souffle fort
Laissez-moi profiter d'un oreiller brûlant le navire ne prend plus de passager à bord
Laissez les écrivains devenir célèbre avant leur mort laissez les écoliers sécher leurs yeux et la classe
Ils ont le droit d'avoir peur vous avez le droit de vous taire le passé est une enclume l'avenir une menace

Laissez-moi penser à vous comme si nous avions toujours eu des mains liées des bouches humides
Laissez-moi vous voir je connais votre visage les lignes de vos pommettes jusqu'à vos premières rides
Laissez-moi prendre du recul du poids de la distance
Laissez-moi prendre de l'élan du pognon de l'espace
Le talent se construit le génie se libère laissez les anonymes écarter en deux murs la surface de la terre
Inscrire à l'encre des paupières les envies de voyage de douceur de promesses mensongères
Laissez-moi tranquille mes histoires me suffisent je n'ai besoin de rien
Il pleut dans mon coeur comme sur un toit d'ardoise et j'entends de ma chambre aboyer les derniers chiens.

 

 

07/02/2014

Quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes

Et comment le stéréotype s’est inversé. Traduction d’un article publié par la sociologue américaine Alyssa Goldstein sur le site Alternet.org.

quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes (ref. photo (c) sapphic erotica)

quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes (ref. photo (c) sapphic erotica)

J’inaugure aujourd’hui la catégorie traduction. Il y a concernant les histoires de couple, de sexe et de genre, une réelle richesse à aller voir ce qui se dit en dehors de notre cocon culturel francophone et néanmoins un peu autiste.

Je vous traduis donc cet article remarquable, publié le 19 mars 2013 sous le titre original When Women Wanted Sex Much More Than Men – And how the stereotype flipped, et qui me parle énormément puisque j’aime bien tout ce qui bouscule les idées reçues et remet un peu les pendules à l’heure en matière de sexe et de stéréotypes sexuels.

Partie I : l’ère des salopes

Au début du XVIIe siècle, un homme du nom de James Mattlock fut expulsé de sa paroisse à Boston. Son crime ? Il n’avait ni blasphémé ni souri le jour du Seigneur, ni enfreint d’autres interdits qu’on associe généralement à la morale puritaine. Non, le crime de James Mattlock avait été de se refuser à sa femme pendant deux ans. Même s’il est possible que les coreligionnaires de Mattlock aient considéré sa propre abstinence comme critiquable, il est probable que ce soit plutôt la souffrance de sa femme qui les ait convaincus d’ostraciser le mari. Les puritains étaient persuadés que le désir sexuel était une composante normale et naturelle de la vie, autant pour les hommes que pour les femmes (pourvu qu’il s’exprime dans le cadre d’un mariage hétérosexuel), mais aussi qu’en la matière les femmes avaient davantage de désirs et de besoins que les hommes. On pensait qu’un homme pouvait s’abstenir sans grande peine, mais qu’il était bien plus difficile pour une femme d’être privée de sexe.

Pourtant de nos jours, l’idée que les hommes s’intéressent au sexe davantage que les femmes est tellement répandue qu’on n’y prête même plus attention. Qu’on invoque les hormones ou la "nature humaine", il semble évident que les hommes ont beaucoup besoin de faire l’amour, de se masturber ou de regarder des films érotiques, et évident aussi que c’est nettement moins nécessaire pour les femmes (et si une femme ressent de tels besoins, c’est sûrement qu’il y a quelque chose qui cloche chez elle). Les femmes, il faut les courtiser, les persuader, voire les forcer à "se laisser faire" parce que la perspective du sexe ne les attire pas plus que ça — selon le stéréotype en vigueur. Pour les femmes, l’acte sexuel serait cette chose moyennement plaisante mais néanmoins nécessaire afin de gagner une approbation, s’assurer d’un soutien, ou préserver son couple. Et puisque les femmes ne sont pas — au contraire des hommes– esclaves de leurs désirs, elles sont responsables et doivent s’assurer que personne ne puisse "profiter d’elles".

L’idée que les hommes sont naturellement plus portés sur la chose est tellement incorporée dans notre culture qu’on a du mal à imaginer que des gens aient pu croire le contraire par le passé. Et pourtant, durant l’essentiel de l’Histoire occidentale, de la Grèce antique jusqu’au début du XIXe siècle, on supposait que c’était les femmes les obsédées de sexe et les adeptes de porno de leur époque. Dans la mythologie grecque, Zeus et Héra se disputent pour savoir qui des hommes ou des femmes ont le plus de plaisir au lit. Ils demandent à Tirésias, qu’Héra avait un temps transformé en femme, d’arbitrer la question. Il répond : "si l’on divise le plaisir sexuel en dix parties, une seule échoirait à l’homme, et les neuf autres à la femme." Plus tard, les femmes furent assimilées à des tentatrices à qui Ève avait légué son âme traîtresse. Leur passion sexuelle était vue comme le signe de leur infériorité morale et intellectuelle, laquelle justifiait un contrôle sévère par les maris et les pères. C’était donc aux hommes, moins enflammés de luxure et plus maîtres de leurs passions, qu’il convenait naturellement d’occuper les rôles de pouvoir et d’influence.

Au début du XXe siècle, le médecin et psychologue Havelock Ellis semble avoir été le premier à documenter le changement idéologique en cours. Dans son ouvrage de 1903 intitulé "Etudes de psychologie sexuelle", il dresse une longue liste de sources historiques antiques et modernes, de l’Europe à la Grèce, du Moyen-Orient à la Chine, quasi toutes unanimes pour dire que le désir féminin était le plus fort. Au début du XVIIe siècle, par exemple, Francesco Plazzoni concluait que la perspective de l’accouchement serait dissuasive pour les femmes si le plaisir qu’elles tiraient de l’acte sexuel n’était pas nettement supérieur à celui des hommes. Ellis note que Montaigne considérait les femmes comme "incomparablement plus sûres et plus ardentes en amour que les hommes, et elles en savent toujours bien davantage que ce que peuvent leur enseigner les hommes car ‘C’est une discipline qui naist dans leurs veines’." L’idée que les femmes sont insensibles à la passion sexuelle était encore marginale à l’époque d’Ellis. Son contemporain le gynécologue autrichien Enoch Heinrich Kisch allait jusqu’à affirmer que "la pulsion sexuelle est si forte chez les femmes qu’à certaines période de la vie, sa force primitive domine entièrement leur nature."

Mais le changement était clairement en route. En 1891, H. Fehling tenta de déboulonner la sagesse populaire : "c’est une idée totalement fausse que de prétendre qu’une jeune femme éprouve pour le sexe opposé un désir aussi fort qu’un jeune homme… Quand l’amour chez une jeune fille s’accompagne de manifestations sexuelles, il faut considérer le cas comme pathologique." En 1896, Bernhard Windscheid postulait : "Chez la femme normale, particulièrement dans les classes sociales supérieures, l’instinct sexuel est acquis et non pas inné ; c’est quand il semble inné ou bien qu’il se manifeste spontanément que c’est anormal. Ne connaissant pas cet instinct avant le mariage, les femmes n’éprouvent pas de manque puisque la vie ne leur offre aucune occasion de l’acquérir."

L’article est en trois parties. Pour continuer la lecture, c’est ici :

 

Source : http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/

 

 

Néandertal, on se rapproche de plus en plus !


Peau, fertilité, diabète… Comment notre patrimoine génétique commun avec Néandertal peut avoir un impact ? Deux études confirment simultanément que nous partageons globalement plus que 3% de gènes en commun...


20% de l'ADN de Néandertal dans Homo sapiensDepuis la découverte en 2010 que les Néandertaliens se sont génétiquement rencontrés avec nos ancêtres, des scientifiques tentent de mesurer comment cette part d’ADN commun peut avoir un effet sur nous, aujourd'hui. Deux nouvelles études sont publiées qui retracent l'histoire génétique de Néandertal et donc un peu la nôtre… Ces études mettent en évidence un certain nombre de gènes qui pourraient avoir une importance médicale aujourd'hui.


Retour sur 15 000 ans de vie commune !

Les derniers Néandertaliens se sont éteints il y a 30 000 ans. En Europe, on estime que Néandertal et Homo sapiens ont donc cohabité pendant 15 000 ans. En 2010 une étude génétique (menée par Svante Pääbo, Institut Max Planck) a démontré que les deux espèces avaient eu plus que des contacts de voisinage. Des rencontres très « humaines » avaient permis une certaine mixité qui se retrouvait dans notre ADN. Le génome d’Homo sapiens est donc commun avec celui de Néandertal à hauteur de 1 à 3 %. Plus exactement ce partage se retrouve dans toutes les populations actuelles, à l’exception notable de celles originaires d’Afrique.
Image : reconstitution de Néandertal au Pôle International de Préhistoire (Elisabeth Daynes).


Collectivement nous partageons 20% d’ADN commun avec Néandertal mais moins de 3% à titre individuel…  
La première étude a été réalisée par des généticiens du Département des sciences du génome (Université de Washington),  Benjamin Vernot et Joshua M. Akey. Les résultats ont été publiés dans Science Express, sous le titre Resurrecting Surviving Neandertal Lineages from Modern Human Genomes.
Les chercheurs ont comparé les données de séquençage du génome de 665 individus en provenance d'Europe et d'Asie de l'Est. Ils ont pu démontrer que plus de 20% du génome de Néandertal survit dans l'ADN de nos contemporains (hors Afrique). Ce qui n’est pas incompatible avec le fait qu’un seul individu ne partage que 1 à 3% avec Néandertal.
Leurs résultats montrent que d'importantes quantités de séquences d'ADN néandertalien (ou d’autres hominidés disparus) pourraient être identifiées en se basant sur l’ADN des Homo sapiens actuels. En effet, sur notre population, des données presque infinies pourraient être répertoriées en tenant compte des particularités individuelles, les « parties communes » d’ADN avec Néandertal n'étant pas les mêmes pour tous les individus.
Pour Benjamin Vernot, "dans l'avenir, je pense que les scientifiques seront en mesure d'identifier l'ADN des autres hominidés éteints, tout en analysant les génomes humains modernes».


AdnADN de Néandertal comme source de diversité et de résistance 
Un équipe internationale de scientifiques (Harvard Medical School et l'Institut Max Planck) a comparé le génome de Néandertal avec les génomes de 1 004 individus. Elle a ainsi pu identifier des segments spécifiques de l'ADN de Néandertal dans le génome de chaque individu. Ils ont publié leurs résultats dans la revue Nature.
Ils ont reconnu certains gènes néandertaliens que l’on retrouve souvent dans la population actuelle et d’autres beaucoup moins fréquents. Tous ces gènes communs sont, il faut le rappeler, uniquement retrouvés dans les populations actuelles hors Afrique. Ceci indique que les gènes encore présents ont été conservés parce qu’ils apportaient un avantage. Pour le Dr Reich, co-auteur de l’étude, « cela prouve que ces gènes ont été utiles pour les non-africains dans l'adaptation à l'environnement» quand ils ont conquis le continent européen et asiatique.

Un autre membre de l’équipe, le Dr Akey, ajoute que les gènes qui ont permis à Néandertal de s’adapter au climat moins ensoleillé et plus froid de l’Eurasie ont pu apporter un réel avantage aux Homo sapiens.

De la même manière, certains des gènes néandertaliens qui ont résisté jusqu'à aujourd'hui peuvent avoir une influence sur la santé des gens. Le Dr Reich et ses collègues ont ainsi identifié neuf gènes néandertaliens chez l’homme actuel qui sont connus pour augmenter ou réduire le risque de diverses maladies, dont le diabète et le lupus.

Plus le génome de Néandertal est décortiqué et étudié, plus il se rapproche de nous.

C.R.

Sources
Science  
ScienceDaily

 

 

31/01/2014

Pierre Desproges

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d’août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur l’étendard nazi et sur le drapeau rouge
Sur la rosette au coin du vieillard officiel
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur le cul blanc des féministes
Sur le mandrin des misogynes
Sur le béret obtus des chauvins aveuglés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l’espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite
Sur la couenne des connes aplaties sur les plages
Sur l’asphalte encombré de cercueils à roulettes
Sur les flancs blanc d’acier des bombes à neutron
Que tu t’offres à prix d’or sur tes impôts forcés
Sur la sébile humiliante et dérisoire
Qu’il faut tendre pourtant à tous les carrefours
Pour aider à freiner l’ardeur des métastases
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu’ils ont eux-même empli
Sur le petit écran qui bave encore plus blanc
Sur l’encéphalogramme éternellement plat
Des Musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur l’étendard vainqueur de la médiocrité
Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées
Aux moins méritants des handicapés mentaux
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d’Afrique écartelés de faim
Savent que tu t’empiffres à mourir éclaté
Sur le nuage
Sur la lune
Sur le soleil atomique
Sur le cahier d’écolier de mes enfants irradiés
J’écris ton nom


HOMME

 

 

25/01/2014

Pablo Neruda - La poésie

 

Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où
elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence:
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.


Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.


Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.


(Mémorial de l'île Noire, 1964)