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27/09/2007

amnésie

Les simili-tyrans que les voix justifient
Sont moins à craindre que nos capacités à
La somnolence génératrice d'amnésie

Pascal Perrot in Médiocres au pouvoir

21/09/2007

sifflote

Je ne rêve pas de lendemains qui chantent
Car mon présent sifflote

Marie-Paule Blein
Lieu du larcin : Tissages mouvants, Les Adex 2007, coll. Tempoèmes

la lune et les poètes

Parce qu’au commencement de je ne sais quoi
De je ne sais quand, de je ne sais où
Quelques quarks se sont mis à enfanter les hommes
De moins que la matière à plus que l’esprit
En passant par les lacs, la lune et les poètes

 
Aglaé Vadet In Petit Jésus, prière du soir

Lieu du larcin : le recueil aglaèmes, Ed. Bouquinstinct, 2007

17/09/2007

la VOLUPTÉ ?

Tu marches, tu démarches, t’as toujours quelque chose à fourguer, des anges ou des huiles de vidanges, tu grattes la terre, tu gâtes la mer, tu tâtes du fer.
(…) Tu boirais le monde si tu pouvais, tu aurais des planètes en saladier avec des graines de sésame au mitant, si tu pouvais.
Parfois, tu es touchant, ô homme à la mie de pain, rognure de tribu, fils, fille, exténué(e) de quotidien trop plat (…)
Tes mémoires tu les as d’outre-ciel et tu ne sais pas si elles te viennent d’avant ou d’après ton destin.


Philippe Gicquel in Mémoires d’outre-ciel

Oncle Sam, jour après jour, met le monde en cage, les arcs-en-ciel, les gratte-ciel, les enfants sans chaussure. C’est sa petite croisade, son hobby.
(…)
Qui a rayé de la carte du monde la VOLUPTÉ ?


Philippe Gicquel in Schéhérazade porte des lunettes noires

Lieu du larcin : Traction Brabant n°19

chevauchant l'infini

J’en ai assez qu’on trace des graffitis avec des corps vivants sur les champs de bataille, qu’on nous couse les lèvres avec du fil barbelé, qu’on nous casse les couilles sous les électrochocs et les agios bancaires, qu’on blanchisse les crimes sous la raison d’État. Je préfère la beauté avec son sexe mal caché, ses cheveux en désordre, ses fesses rondes comme la lune, ses grandes jambes d’azur chevauchant l’infini.

Jean-Marc La Frenière

Lieu du larcinParce que (Ed Chemins de Plume 2007)

29/08/2007

WEBSEX (recyclage) par Fishturn

lundi 25 septembre 2006

Ce jour je vais mieux, alors, je bois, du vin d’abord, du whisky, un peu de vodka (pas trop), du champagne (beaucoup). J’ajoute à cela une pilule d’Imovane et deux paquets de cigarettes. Une petite promenade chancelante entre les ruelles tortueuses de mon esprit engourdi. Une connexion Internet. Pourquoi pas. Je me connecte aux chats. Plutôt sexe. J’ai l’alcool un peu salace et j’aime à voir l’imagination de mes contemporains en la matière. Journée découverte, sorte de dépucelage violent, et à haut débit de surcroît. Commençons fort. Ici pas de maître du jeu, pas d’arbitre, personne pour surveiller, monstre stupide autant qu’on veux, jusqu'à plus soif, bien mariole. Jeux de rôle. Je suis d’abord Mina, blonde, 1m66, belle poitrine, jambes de rêve et petit cul bombé, un certain goût pour le cuir. Tu suces ? Trois paquets par jour mais j’essaie d’arrêter. Tu viens ? Compte la dessus, laisse moi l’adresse je note. Je suis Marc, 1m85, brun latino. Quoi plutôt chez toi ? Sur ton terrain c’est ça ? Ok no problemo. Ouais ouais je peux venir en bagnole. Quoi ? Ah, une Audi TT gris métallisée pourquoi ? Oui oui je suis clean, pour qui tu me prends ? T’as déjà fais ça a quatre avec des toys ? René, 63 ans, j’ai un chien ça te gène ? Non non, uro seulement, ma femme regarde. Je suis Cathy 35 ans, j’aime dans les hôtels classe mais pipe avec capote only. Je suis Ziggy, 19 ans, gay, je n’ai pas froids aux yeux tu sais. T’es ok sans capotes ? Oui bien sûr, dans les caves, plugs, colliers, fouets, martinets si possible, lubrifiant en option. Quoi ? oui oui imberbe évidement. Je suis Martine, 51 ans, divorcée, trois enfants. Tu suces ? Ok sans capotes ? (c’est une manie ma parole, non une épidémie ! la vraie !). Volontiers, plutôt dans les parkings, mais avant 16H je dois aller chercher le petit à l’école, non non pas de claques sur les fesses. J’ai la peau sensible.
Internet, immense jeu du sexe en réseau, sans limites d’age, de pratiques, de profils. Des millions de souris glissantes, frémissantes, en rut à l’assaut du vagin tentaculaire et planétaire. Des millions d’écrans ruisselant d’une immonde soupe de solitude affective, et gaillardement aspergés des plus vivaces névroses du monde par-dessus le marché. Des claviers dégoulinants d’une ragouillasse âpre de libidos en compote. Une armée de James Dean avalant des kilomètres de sodomies verbales sur des Marilyn ligotées à genoux dans les câbles RJ-45. Pénétrez à sec dans la plus grande orgie du monde pour seulement 29€95 par mois. Mouchoirs non inclus. “Do you want your dick to be in million of women’s screensavers? Try Penis Enlarge Patch. Sexual Dynamo ! Viagra online ! VlAGRA 1OOmg - 1.55/PlLL Completely secure and c0nfidential.
Du sexe, du sexe plein la bouche, les yeux, les tympans, l’estomac, tellement, énormément, tout de suite, que j’ai cru devenir une érection démentielle et invincible moi-même. Frétillant d’abord, écoeuré soudain.
Le bonheur ? quoi le bonheur ? Va donner à manger aux canards si tu cherches le bonheur merde. Tu veux du collyre? T’as les yeux rouges là.

Lieu du larcin : http://fishturn.blogspot.com/

22/08/2007

Tout opère en tout

Il faut sans cesse en passer par le chaos
puis tout prend comme une rondeur spatiale.
 
Tout opère en Tout.

 
Emmanuelle K

Lieu du larcin : un superbe recueil en attente de publication au Cherche-Midi dont elle m'a gentiment transmis une copie zippée

24/07/2007

vos propres déchets

Continuer à souiller votre propre lit, et une nuit vous suffoquerez dans vos propres déchets.
Chief Seattle Suqwamish et Duwamish
Lieu du larcin : Quelques heures, quelques hivers... Ed. Alternatives, 1998

Le Tour vu par Andy Verol

En ce mois de juillet, et pour quelques jours encore, il y a un sujet de conversation très imposant. Le Tour de France. Il y a beaucoup de mecs qui parlent du Tour, rarement des femmes (elles sont généralement toutes exténuées des soldes et se goinfrent des magazines consacrés aux régimes et aux lectures de l'été, non je ne caricature presque pas). Les mecs, quand ils parlent du Tour, c'est du sérieux. Ils se prennent l'équipe pour connaître les classements, la situation de tel et tel coureur. Tu en as d'autres qui ne lisent que les pages consacrées au dopage. D'autres se tapent des branlettes (j'en suis sûr) dans les chiottes de l'entreprise, en matant les nibards des salopes qui remettent le maillot jaune, le maillot à pois, le maillot vert, le maillot blanc (putain j'en connais un rayon). Si les mecs ne lisent pas les journaux, qu'ils ne s'inquiètent pas, ils auront droit au résumé à la radio, à la télé, sur toutes les chaînes.

On pense ce que l'on veut de la « grande boucle », mais il est évident que c'est assez chiant à regarder, surtout pour tous les mecs qui bossent, qui n'ont pas un accès aisé à la télé et à la radio. Ce qui serait vraiment super, c'est de programmer les étapes le soir, après 20h00. Les coureurs auraient des phares à leurs biclous et feraient les danseuses sous la pleine lune. Ce serait beau, et les casses-gueule promettraient de belles fractures ouvertes, les peaux écorchées et brûlées sur tout le corps, et en quantité suffisante pour happer le spectateur dans le chalumeau de l'action.

C'est sur cette base que j'ai donné mon avis sincère sur le Tour et le dopage. On en était à nos assiettes crudités et œufs mayonnaises (moi je prend toujours un pichet de rosé pour être un peu bourré) quand l'un des trois collègues avec qui je becquetais s'est mis en tête de s'insurger contre ce phénomène qui pourrirait le Tour.

« Ce sont des tricheurs ! Putain ! Mais ça me dégoûte ! Après ce qui s'est passé en 1998, ils ont pas compris la leçon, surtout les coureurs étrangers ! » Je tique un peu, mais ne relève pas encore. J'ai chopé une frite dorée, l'ai plongée dans le petit tas de mayo déposé en coin d'assiette, et j'ai croqué le tout goulûment, en pensant qu'il faudrait bien que je pense à maigrir un de ces jours (On ne sait pas tellement pourquoi on souhaite maigrir. En tout cas, ça a souvent un rapport avec le « plaire », « se plaire », « lui plaire », mais rarement avec ces essoufflements intempestifs dans les escaliers, qui font de nous des grosses vaches en fin de vie). Le gueulard continuait : « ce Michael Rasmussen, c'est un tricheur. Je déteste les tricheur. Il a été exclu dans son pays, mais nous, on fait comme si de rien n'était... » ça m'agaçait. Je mangeai une frite vite fait. Sûr que les autres seraient trop froides lorsque j'achèverais mon laïus sur le Tour.

Il fallait que je me lance :

« Mais le Tour de France, c'est pas du sport mon vieux. C'est de la compétition. Le sport où tu inscris tes gosses pour les mercredis, c'est pas la même chose. Bien sûr, il y a les matchs et les compétitions, mais ça se fait dans un esprit « bon enfant ». Encore que tu as certains pères qui foutent la honte à leurs gosses à force de brailler comme des chefs nazis dans les camps ou comme ces crétins de la légion étrangère qui insultent le mec qui est en train de se noyer dans un marécage de merde... Bref, le Tour de France, c'est comme tous les « sports » de haut niveau : c'est de la compétition qui sert essentiellement à distraire les péquenots que nous sommes, pour remplir les caisses d'autres péquenots, plus mondiaux, ceux-là. Tu regardes cette compétition et tu as l'impression d'être au boulot. Le peloton est bien serré. Les mecs déconnent, discutent, blah blah blah... Pendant ce temps-là, t'as un vieux con en voix off qui te fait chier avec ses descriptions des églises, abbayes, châteaux, centrales nucléaires... Une église romane, c'est une église romane, basta ! y a pas un seul péquenot qui mate le Tour qui apprécient d'aller visiter des monuments quand il est en vacances. Généralement ça le gonfle, au bout de 5 minutes chrono.

Ils te font le catalogue touristique de la France... sur le service public, en hélico et en moto. Donc tout est bien cool. Ça roule tranquille et là, un mec s'échappe seul ou accompagné... On appelle ça, une échappée... Souvent, les mecs qui font ça, ce sont pas forcément les meilleurs, mais il faut qu'ils montrent le maillot, sous-entendu les marques inscrites sur le maillot.

D'ailleurs les commentateurs, ils te parlent pas des mecs en bleu ou en rose, ou en vert. Ils te disent les « Banque Populaire », les « Quick step », les « Castorama ». Moi je pensais que la pub était interdite de cette façon-là, mais apparemment avec le Tour, on a le droit (J'ai remarqué que c'était la même avec les courses de voile).

Bref, d'un côté on sent bien qu'on cherche à vendre la France à tout un tas de futurs touristes et qu'on te vend sans vergogne les marques de sociétés qui n'ont pas hésité, pour nombre d'entre elles, à délocaliser, foutre des gens au chômage et refiler un max de dividendes à des connards plutôt que d'investir dans l'appareil de production et dans le travail des salariés. Et puis soudain, c'est parti, fini la visite de la France, terminée l'esprit « bon enfant » de la course, tu les vois tous se ruer comme des bêtes vers la ligne d'arrivée... Depuis peu, tu as des oreillettes dans les oreilles des coureurs, et les directeurs sportifs, qui sont aussi les garants du spectacle, ordonnent à leurs trimeurs de coureurs d'y aller fort. Tout est organisé pour qu'un seul bouffe tous les autres. Il n'y a aucune nuance là-dessus. Et pour agrémenter le tout, on te bousille le moral avec les « records » de vitesse de l'étape.

Ils veulent du record, c'est tout. C'est une course, une compétition. Le langage utilisé est celui de la guerre (une « attaque de... », « l'offensive de l'équipe machin », « c'est un combat pour obtenir la première place », etc. Passons. Ça paraît évident tout ce que je dis. Et ça l'est...

Mais la suite, là, je ne comprend plus. Dans ce contexte-là, pourquoi parle-t-on de tricherie, de mensonge ou de malhonnêteté ? L'honnêteté, c'est simplement de dire qu'il faut, impérativement se doper lorsqu'on est dans une « guerre » comme celle-là. La guerre pour gagner un maximum de prix, de frics, de pouvoir, de notoriété, de prestige, de courses... Gagner. Etre le meilleur. Coûte que coûte. C'est pour ça qu'on regarde le Tour ! C'est pour voir des records, voir des gagnants, des grandes victoires, des mecs qui en chient et qui éliminent les concurrents ! Pour être des chauvins, des nationalistes conscients ou inconscients ! Les tricheurs ! C'est vous les mecs ! Vous gueulez sur des mecs qui ne pourraient dignement pas accomplir les exploits dont vous êtes friands sans la moindre substance ! Triches ? Mais parlons de la triche...

Même la caféine est interdite alors même que tu nous chies un cake tous les matins pour parvenir à commencer à bosser, c'est quand même pas monter un col que de taper sur un clavier d'ordi ! Ben tu as pourtant besoin d'un dopant toi aussi ! Et la clope aussi ! Besoin de cet excitant qu'on appelle Nicotine, « pour tenir , surtout après le repas... » Et moi c'est le pinard. L'alcool. Pour pas sombrer dans la dépression quand je vois vos gueules ! Voilà ! C'est ça se doper ! Se doper, c'est pas tricher, c'est se motiver merde ! C'est tenter de ne pas sombrer ! Pense aussi à ces mecs qui finissent l'étape avec le bras bandé, les autres qui ont une chiasse affreuse sur leurs selles, etc. Ils abandonnent souvent quand toi tu serais déjà mort, limite en état de décomposition avancée.

Il y a des reportages sur des journalistes de RTL ou de Ouest France qui se disent outrés par « ces tricheurs de coureurs ». Mais sans cette « triche », ces cons-là n'auraient pas de boulot. Il n'y aurait plus de 5 ou 6 coureurs qui rouleraient à 10 à l'heure sur les Champs Elysées après trois semaines de course.

Alors si se doper, c'est tricher dans le but de gagner, alors alléger les vélos aussi avec du carbone, se faire masser, avoir un médecin par équipe, être ravitaillé... Mais oui, c'est ça l'exploit. C'est crever en vrai. N'utiliser aucun dopant, aucun masseur, aucun médecin (ou un seul pour tout le monde), plus de ravitaillement (on leur refile un sac à dos avec des victuailles dedans), plus de chaussures et de casques profilés (des godillots, des bons et un chapeau de paille !), fini aussi les routes goudronnées, faut passer par les chemins de boue, de caillasse et de terre (on te fait tellement chier avec les pavés du Paris-Roubaix)... Là y aurait plus de triche. On serait dans la vraie compétition. Ce serait génial ! On verrait s'ils font les malins les dopés ! On verrait ! Et pendant ce temps, les journalistes qui eux, passent leurs journées dans des bagnoles ou sur des terrasses de café à se bourrer la gueule, à se prendre des putes à chaque étape (« je suis l'envoyé spécial de RTL sur le Tour, ça te dit de boire un petit verre ? »). Le dopage, c'est rien. Ils marchaient aux amphétamines, et à la caféine avant. Tu en avais même qui picolaient. Ils font ce qu'ils peuvent pour faire le spectacle, pour avoir une bonne place dans la COMPETITION.

On leur demande des « exploits », alors faisons ce que je viens de dire, et là, ce sera un exploit, mais il faudra accepter de voir des mecs crever sur le bord de la route... Ce qui est navrant là-dedans, c'est que cette compétition n'est que la représentation exacte de celle qui nous oblige à souffrir perpétuellement dans nos âmes. Elle se doit d'avoir les apparences de pureté et de propreté. On se bat dur pour donner une belle image de la compétition. Tout comme on s'acharne à essayer de nous montrer des guerres propres. Voilà ce qu'on essaie de faire. Pour vos âmes de tricheurs, de pauvres mecs de classe moyenne en mal de sensation, en mal de compétition, on vous vend des compétitions « propres », des guerres « propres », etc. Tout doit être clean pour vous. L'exploit doit être pur... Mais l'exploit aujourd'hui, c'est de dire que vous n'êtes tous qu'une bande de gros cons. »

Silence à table. Je m'en doutais. Ils n'auraient sans doute pas apprécié ça. Mais bon. C'était fait. Voilà, j'en ai fini avec le Tour de France, avec les collègues et « leur compétition sans tricherie », et leur « concurrence saine » qui me fait doucement gerber.

Andy Verol

Lieu du larcin : http://andy-verol.blogg.org



 

22/07/2007

ressentir la beauté

Le monde était une bibliothèque et les pierres, les feuilles, l’herbe, les ruisseaux, les oiseaux et les animaux en étaient les livres qui partageaient, pareils à nous, les bienfaits et les tourments de la terre. Nous apprîmes ce que seul apprend celui qui étudie la nature : à ressentir la beauté.
Chief Luther Standing Bear, Teton Sioux
Lieu du larcin : Quelques heures, quelques hivers... Ed. Alternatives, 1998

19/07/2007

mot de la fin

et
je baise
mes mots

Louis Savary in Mots de passe

Lieu du larcin : à la fin du recueil

14/07/2007

les chiennes égarées

J’habite un pays égaré. L’ivraie juste sous mes fenêtres. Il n’y a pas de corde à mon arc. Les cordes sont si tendues pour qui veut s’y pendre. Et juste entre mes doigts se plisse un paysage. Esquisse d’hymen-fourragère. Temps blafard. L’effroi seul altère mes déserts, ne garantit pas l’insolence des lianes. Le ciel, à tenir les étoiles, s’est fourvoyé dans les roseaux.
(…)
L’accordéon se charge de mes désirs nomades.
Et les loups fécondent les chiennes égarées.
Sylviane Werner in Scènes intérieures
Lieu du larcin : Revue Soleils & Cendre n°81

13/07/2007

plus besoin d'eux

Ce n'est pas par manque de mots
Mais par vanité de les dire
Que nous n'avons plus besoin d'eux
Pascal Perrot in Le don précieux de ton silence

Lieu du larcin : http://insurrectionpoetique.mabulle.com/

08/06/2007

la mémoire pleine d'éléphants !

1990 (...) Je suis resté cent ans entre des caves et des greniers de musées. Durant cent ans, j'ai vu par l'invisible des yeux de mes yeux l'homme blanc, l'homme jaune, l'homme noir travailler, jouer, mourir, naître devant moi. Je les ai vus tirer des cartes et toujours le roi de Pique fasciste et la dame de Coeur démcrate sortir ensemble du jeu pour rafler la mise de l'or malade et de l'argent mort. J'ai compris le chagrin de l'émeraude, la souffrance du diamant, la peine du rubis.

(...) En 1899, un moine belge aidé d'un autre français m'ont empaillé pour m'exposer aux yeux du monde entier, témoin coupable et muet, dans un village africain reconstitué sous la pluie et la neige d'Europe. Cent ans de vraie solitude. Moi qui ne me savais plus de territoire fixe, j'ai marché cent ans tout debout sur mes racines jusqu'à aujourd'hui, en l'an 2000 après l'Empaillé je rentre chez moi la mémoire pleine d'éléphants!

in L'homme de paille, nouvelle extraite de : Les poteaux de torture - Abdel Hafed Benotman - 2006 - Rivages/Noir 

 

26/05/2007

Merde alors !

Dans le dernier Charlie hebdo, l'article "Sarkozy fait se marrer les Hongrois", les journalistes de l'hebdo sont allés voir les ressortissants hongrois vivant dans notre beau pays afin de trouver la réponse à cette épineuse question : que signifie "Sarkozy", notre héros étant, comme chacun sait, d'origine magyare.

 On apprend d'abord que son nom se prononce "char-köz-y" en hongrois et signifie littéralement "un lieu entouré de boue". Il proviendrait de la ville hongroise de Sarköze, bâtie effectivement sur des marécages, le "y" final indiquant une origine noble (son nom complet est en fait Sarkozy (de) Nagy-Bocsa). Mais ce qui fait le plus marrer les Hongrois interrogés, c'est la prononciation de son nom à la française : "Sar-koz-y". En effet, le phonème "Sar" signifie "merde" en hongrois (qui s'écrit en fait "szar"). Et l'on apprend que "Sarkozy", prononcé à la française, signifie littéralement "dans la merde" en hongrois... Véridique ! Depuis le 6 mai nous sommes donc, chers Citoyens de France "Szarközy", jusqu'au cou...

25/05/2007

à ma porte

Ils ont enterré Mozart
Dans la fosse commune
Je les entend maintenant
Qui frappent à ma porte

 
Régis Belloeil in Société

Lieu du larcin : Traction Brabant 16, février 2007

12/05/2007

ses chevilles

Imbécile

Tu l’as voulu

Tu as voté pour ce voleur

De vies

Misère !

Tes jambes sont enflées

Lui : ses chevilles.

 

René Bourdet,

in Politique mars 06.

 

Lieu du larcin : Erection n°19

09/05/2007

Et nous serons dangereux

Défaite, ma défaite, ma compagne audacieuse,
Tu entendras mon chant, mes cris et mes silences,
Et nul, à part toi, ne me parleras du battement d'ailes,
Et de l'agitation des mers
Et des montagnes qui brûlent dans la nuit.
Et toi, seule, grimperas les chemins escarpés et rocheux de mon âme.

Défaite, ma défaite, mon courage immortel,
Toi et moi rirons ensemble avec la tempête.
Et ensemble nous creuserons des tombes pour tout ce qui meurt en nous.
Et nous nous tiendrons face au soleil avec obstination
Et nous serons dangereux.

Lieu du larcin : Le Fou de Kahil Gibran


16/04/2007

"Arbeit macht frei"...

Slogan principal du clip de campagne de Sarkozy :
LE  TRAVAIL C'EST  LA  LIBERTE.
 Son inculture politique dépasse l’entendement ou son cynisme est démesuré.
Car c'est la phrase qui était inscrite sur le portail d'Auschwitz.
"Arbeit macht frei".
Lieu du larcin : le mail Propos de campagne de Benoist Magnat

30/03/2007

dans son hamac

Nous n’agissons pas, nous sommes agités, affirme le fou dans son hamac.

Lieu du larcin : Fou trop poli de Eugène Savitzkaya