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29/04/2010

28 avril 2010 : Photos du blocage de l’Elysée par des antinucléaires

 

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Toutes les photos peuvent être téléchargées ci-dessous :

http://dl.free.fr/q4MjDgAp1

(© Martin LEERS - 2010)

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23/04/2010

Tchernobyl day

24 ans après... Tchernobyl tue toujours !

Plus de 210 actions prévues en France et dans 16 pays, du 24 au 26 avril 2010 : c'est le Chernobyl Day, coordonné par le Réseau « Sortir du nucléaire ».

Voir : http://chernobyl-day.org/


Le réacteur de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986. Chaque année, le Chernobyl Day met en lumière la catastrophe sanitaire toujours actuelle en Biélorussie, et soutient les milliers de  victimes du plus grave accident industriel de l’Histoire. Le Chernobyl Day 2010 se prolongera exceptionnellement, du 27 avril au 7 mai, en particulier à Paris, avec des actions contre le nucléaire militaire.

Autour de Tchernobyl, depuis 24 ans, des millions de personnes vivent dans les zones les plus touchées, et consomment des produits agricoles contaminés, en particulier par le césium-137. Cancers, malformations génétiques... les conséquences sanitaires de la catastrophe s'aggravent d'année en année, chez les adultes et les enfants. En Biélorussie, environ 4 enfants sur 5 sont contaminés. La radioactivité est invisible, mais reste mortelle pendant des millénaires. Depuis 24 ans, les autorités internationales, et en particulier l’OMS, n’apportent aucune véritable réponse aux populations touchées. La catastrophe continue.

Alors qu'un nuage de poussière venu d'Islande vient de paralyser le ciel français, souvenons-nous qu'en 1986, les autorités ont essayé de nous faire croire que nos frontières avaient arrêté le nuage radioactif. Aujourd'hui comme hier, le nucléaire nous est imposé par le mensonge et la manipulation. Tchernobyl tue toujours, et l'industrie nucléaire tente de cacher ses victimes actuelles. AREVA, champion français de la pollution nucléaire, lance actuellement une nouvelle campagne de publicité, et sponsorise honteusement certains sports (athlétisme, voile) pour s'acheter une respectabilité. Au Canada, AREVA organise même des courses pour d'anciens malades du cancer, afin de minimiser la  gravité de ce type de pathologie.

Cette année, le Chernobyl Day soutient l’Institut Belrad
, seul organisme scientifique indépendant de l’industrie nucléaire qui aide les enfants irradiés. Belrad, sans aucune aide publique, mesure la radioactivité du corps humain et prescrit des cures qui permettent, en 3 semaines, une élimination de 30 à 70% des substances contaminantes. Des « bons de pectine » sont vendus pour financer ces cures. Cette action vitale ne solutionne pas tout, et ne remplace pas une véritable prise en charge internationale des conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement, aujourd’hui et demain. Tchernobyl nous rappelle l'urgence de la sortie du nucléaire, civil et militaire.

Site du Chernobyl Day : http://chernobyl-day.org/
Liste des actions prévues : http://chernobyl-day.org/spip.php?rubrique41
L'institut Belrad : http://enfants-tchernobyl-belarus.org

Réseau « Sortir du nucléaire », fédération de 880 associations, agréée
pour la protection de l'environnement - contact@sortirdunucleaire.fr -
http://www.sortirdunucleaire.org/

Contact presse pour Chernobyl Day : Daniel Roussée : 06.61.97.83.28

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20/03/2010

"Déchets, le Cauchemar du Nucléaire"


Projection-Débat

Avec Cyril GIRAUD

Administrateur de la CRIIRAD

Samedi 27 Mars

20H 30 Salle de la Bourse à CAHORS

Mouvement Citoyen Lotois pour la Sortie du Nucléaire 06 09 71 64 03
mcnl@free.fr

Libraithèque Le Droit à la Paresse 05 65 22 01 51 - 06 79 89 13 18

 

 

Inconcevable, époustouflant, inconscience des gouvernements, mensonges, mise en danger d'autrui, prise en otage des citoyens, déficit démocratique, lobbying, risques planètaires, absence de solution, déchets envahissants, radioactivité en augmentation, sentiment d'impuissance, agressivité vis à vis des multinationales du nucléaire, suis-je contaminé ?... etc.

Telles seront peut-être quelques unes de vos pensées lorsque vous aurez vu et entendu le documentaire d'Eric Guéret et Laure Noualhat.

Devons-nous avoir peur des déchets nucléaires?

"L'obligation de subir nous donne le droit de savoir".

Les déchets le point faible du nucléaire, son talon d'Achille, son pire cauchemar. Les populations en ont peur, les scientifiques ne trouvent pas de solution acceptable, les industriels tentent de nous rassurer et les politiques évitent le sujet.

Mais, qu'en connaissons-nous exactement? Comment les populations peuvent-elles avoir une vision claire d'un domaine couvert depuis toujours par le secret?

France, Allemagne, Etats-Unis, Russie: cette enquête scientifique et politique aborde le sujet tabou du nucléaire par sa zone la plus sombre. En partant à la quête de "la vérité sur les déchets", ce film a l'ambition de donner pour la première fois les clefs pour comprendre des choix qui pèsent lourd dans l'avenir de l'humanité.

  --  Jocelyn Peyret  Coordination nationale actions & groupes Reseau Sortir du nucleaire 9 rue de la Birg 68000 Colmar Tel fixe : 03 89 41 80 95 Portable : 06 20 36 57 17 Mail : jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr Web : http://www.sortirdunucleaire.org  

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07/03/2010

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 872 associations

agréée pour la protection de l'environnement
http://sortirdunucleaire.org/

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l'essentiel des arguments en faveur de l'EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s'avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n'ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d'accidents. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l'écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée.
Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d'éviter l'accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :

Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d'accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que nous révélons, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site :
http://www.sortirdunucleaire.org

> Contacts presse :
- Marc Saint-Aroman - 05 61 35 11 06
- Charlotte Mijeon - 06 75 36 20 20
- Monique et Raymond Sené (physiciens nucléaires) - 01 60 10 03 49
- Steven Mitchell (médias anglophone) : 09 52 49 50 22
- Jean-Yvon Landrac (médias germanophone) - 06 87 30 41 10

> Liste des documents :

1 - Synthèse - Une technologie explosive : l’EPR (non daté - non signé)

2 - Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)

3 - EPR - Gestion combustible - Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007

4 - EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)

5 - EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)

6 - Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)

7 - Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)

8- Marges disponibles pour les activités d'exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)


Notes :

i cf. paragraphe 6.1.6 du document n°4

ii cf. tableau 3, document n°4

iii cf. document n°4, document n°5 partie 2, Rapport Préliminaire de Sûreté EPR 15.2.4.e

iv cf. document n°2, note 9

v cf. document n°2, note 8.2.1

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17/02/2010

Non aux substances radioactives dans les biens de consommation !

La CRIIRAD demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009

Source : http://www.criirad.org/

 

- En 2002, deux garanties essentielles pour la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants ont été inscrites dans le CODE DE LA SANTE PUBLIQUE (CSP) :

o L’INTERDICTION D’AJOUTER délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommation et les produits de construction
(cf. article R.1333-2) ;

o L’INTERDICTION D’UTILISER des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire – et qui sont CONTAMINES ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction
(cf. article R.1333-3).

- Le 5 mai 2009, un ARRETE INTERMINISTERIEL a instauré une procédure de DEROGATION à ces interdictions, une procédure particulièrement laxiste. Cet arrêté a été publié en dépit d’un AVIS DEFAVORABLE de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Cinq produits seulement sont exclus des dérogations et protégés des contaminations radioactives :
1/ les aliments ; 2/ les produits cosmétiques ; 3/ les parures ; 4/ les jouets ; 5/ les matériaux en contact avec les aliments et les eaux.

- Le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’Etat un RECOURS pour excès de pouvoir. La demande d’annulation de l’arrêté est basée sur des ARGUMENTS de légalité interne et externe.

- Le 6 novembre 2009, sans attendre le résultat de la procédure contentieuse, la CRIIRAD adressait une LETTRE OUVERTE aux 3 ministres compétents : Mme BACHELOT, ministre en charge de la santé, Mme LAGARDE, ministre en charge de la consommation et M. BORLOO, ministre en charge de la construction, leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009 sans attendre l’issue de la procédure contentieuse.

- En complément de ces démarches, la CRIIRAD appelle les consommateurs et les associations à se mobiliser et à demander aux autorités le maintien des interdictions et l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009. Des MODELES DE LETTRES sont à la disposition de tous ceux qui souhaitent participer à la campagne. Le recyclage des matériaux radioactifs doit rester confiné dans les filières nucléaires (CENTRACO et D’HUART INDUSTRIE), sans possibilité de diffusion dans le domaine public.

20:07 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

30/12/2009

Déchets nucléaires : on risque de les avoir (encore plus) chez soi

Source : Que choisir janvier 2010 p4
" C'est un arrêté qui était passé inaperçu, remercions la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) de l'avoir dénoncé et attaqué devant le Conseil d'Etat, car il pourrait entraîner une augmentation sensible de notre exposition à la radioactivité. En mai dernier, le gouvernement a publié un arrêté autorisant l'ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction. Depuis les craintes exprimées par Que Choisir sur la question en 2000, lorsque la directive Euratom était en cours de transposition (QC n° 371), on croyait pourtant le risque d'introduction de déchets nucléaires dans les produits grand public écarté. En 2002, en effet, le code de la santé publique a réaffirmé l'interdiction d'ajouter des substances radioactives ou des déchets provenant d'une activité nucléaire dans les aliments, biens de consommation et produits de construction. Mais l'arrêté de mai 2009 autorise des dérogations pouvant conduire à une dissémination de déchets radioactifs. Consultée sur ce texte, l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a d'ailleurs émis un avis défavorable, rappelant que la loi du 28 juin 2006 sur la gestion des matières et déchets radioactifs "confirme l'absence de seuils de libération des radionucléides et interdit la dilution comme mécanisme d'élimination". Le gouvernement est passé outre.

 

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12/10/2009

Déchets, le cauchemar du nucléaire.

A voir absolument : ce mardi 13 octobre à 20 h 40 sur ARTE.

Rediffusion le jeudi 15 octobre 2009 à 9 h 55 sur ARTE

Déchets, le cauchemar du nucléaire.


Un film évènement, une enquête coup de poing de 98 mn.

Voir des extraits vidéos et plus d'infos sur ce reportage en cliquant sur :

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Dechets--le-cau...

La face cachée du nucléaire et son déficit démocratique à travers son point faible : les déchets radioactifs.

En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ».

Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dit ?

16:09 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

04/10/2009

Manifestation antinucléaire à Colmar

Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 840 associations
Communiqué du 3 octobre 2009 - Contact : 06.64.100.333
Belle réussite avec plus
de 10 000 manifestants
mais la police perturbe gravement le rassemblement

- Beaucoup de manifestants sont bloqués hors de la ville
- Avec plus de 10 000 manifestants, la mobilisation antinucléaire est néanmoins très réussie
- Une fois de plus, les autorités françaises bafouent la démocratie
- La question de la prolongation ou de l'arrêt des réacteurs nucléaires est posée


Le Réseau "Sortir du nucléaire" se félicite de la réussite de la mobilisation aninucléaire à Colmar, avec plus de 10 000 manifestants pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille et une des plus dangereuses de France. Des débats ont lieu ce samedi soir et demain dimanche à propos des différents problèmes causés par l'industrie nucléaire : accidents, déchets radioactifs, fuites d'uranium, prolifération, etc…
Par contre, le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce avec force les manoeuvres injustifiables des autorités : à 15h30, le rassemblement est scindé en plusieurs tronçons et, pire, de très nombreux manifestants ont été bloqués à l'extérieur de la ville et en particulier aux frontières pour les manifestants allemands et suisses.

Les autorités (mairie, préfecture) n'ont pas réussi à démobiliser les citoyens qui se sont donc exprimés de façon parfaitement démocratique et pacifique : une fois de plus, ce sont les antinucléaires qui ont fait preuve de responsabilité et les tenants du nucléaire qui tenté de porter tort à la démocratie.

Pourtant, les raisons de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim sont nombreuses (cf annexe A) et le risque nucléaire est plus élevé que jamais (cf annexe B). Qui plus est, alors que la construction du parc nucléaire français a coûté des sommes gigantesques (que EDF n'a pas encore fini de payer !), des dizaines de milliards d'euros sont à nouveau en jeu.

Prolongation des réacteurs : 20 milliards d'euros… et pas de débat public !

Il est intolérable que EDF et l'Etat aient décidé sans le moindre débat public d'investir 400 millions d'euros dans chaque réacteur nucléaire français pour lui permettre de continuer à fonctionner… tant bien que mal. Cette somme, multipliée par 58 réacteurs, amène à un total de plus de 20 milliards d'euros.

Alors qu'un débat public est désormais exigé par la loi pour des investissements coûtant parfois moins d'un milliard, aucun débat public n'est prévu pour cet investissement gigantesque. Une fois de plus, le lobby nucléaire tente de passer en force… et sans que les citoyens ne soient avertis des enjeux.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" pose la question : quelles que soient leurs positions sur le nucléaire, les citoyens sont-ils vraiment d'accord pour que cet investissement gigantesque soit une fois de plus attribué à l'atome ? Ces 20 milliards d'euros seraient assurément plus utiles dans les plans d'économie d'énergie et le développement des énergies renouvelables.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" va saisir la Commission nationale du débat public pour demander que la question de ces 20 milliards d'euros soit mise en débat avec les citoyens.

ANNEXE A :

Pourquoi il faut fermer la

centrale nucléaire de Fessenheim

Une centrale nucléaire est toujours dangereuse, même lorsqu'elle est toute neuve. Mais les risques augmentent avec le temps. A plusieurs reprises, une catastrophe nucléaire a été frôlée en France. Au lieu de continuer à compter sur la chance, il faut profiter de ce que les centrales nucléaires arrivent à 30 ans de fonctionnement pour les fermer au fur et à mesure.

Les centrales nucléaires subissent tous les dix ans des inspections approfondies (dites "visites décennales") qui sont censées permettre aux inspecteurs de la sûreté nucléaire de décréter si chaque réacteur est apte ou non à continuer à fonctionner.

Mais le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce des décisions favorables imposées à l'avance par EDF et par les autorités françaises. Ainsi :

- Depuis septembre 2003, EDF publie des comptes d'entreprise basés sur une durée de vie de ses réacteurs nucléaires de 40 ans.

- Le 13 novembre 2008, le directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), M André-Claude Lacoste, a déclaré : "On peut imaginer que Fessenheim ne puisse plus continuer à fonctionner. Ça me paraît très improbable." (L'Alsace, 15 novembre 2008)

Il est clair que les dés sont pipés et que l'autorisation de continuer à fonctionner sera accordée malgré l'accumulation des incidents à Fessenheim et malgré de graves défauts déjà détectés (Voir en annexe B).

C'est donc aux citoyens de se mobiliser pour assurer leur sécurité, en imposant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim puis de toutes celles qui arriveront à 30 ans de fonctionnement.

EDF ayant prévu d'investir 400 millions d'euros par réacteur prolongé, il est donc possible d'économiser ces sommes très importantes et de les investir dans les économies d'énergie et le développement des énergies renouvelables.


Annexe B - Risque nucléaire :

- Le vieillissement des installations nucléaires

- De graves situations accidentelles en France

- Le risque sismique : les falsifications d'EDF

- Le vieillissement des installations nucléaires

Le quotidien Les Echos du 8 avril 2009 précise que "lors des dernières visites décennales, vers 1999, les cuves de réacteurs situés au Tricastin et à Fessenheim avaient présenté des défauts de revêtement." On a vraiment du mal à imaginer que, 10 ans plus tard, les cuves des réacteurs de Fessenheim se portent mieux.

Et pourtant les incidents plus ou moins graves se multiplient dans les centrales nucléaires, à tel point qu'il est impossible de les lister. Nous nous contenterons donc d'en rappeler quelques uns des plus récents, qui concernent les réacteurs de 900 MW de Fessenheim ou identiques à ceux de Fessenheim :

- "Le 18 février 2008, un tube d’un générateur de vapeur du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim s’est fissuré à la suite d’une "anomalie de supportage", conduisant à une fuite du circuit primaire vers le circuit secondaire." (Communiqué de l'ASN, Paris, le 21 octobre 2008)

- "Soulagement à EDF : les deux assemblages de combustible nucléaire suspendus depuis un mois et demi au-dessus du coeur du réacteur n° 2 de la centrale du Tricastin (Vaucluse) ont été "sécurisés". Ils ne risquent plus de tomber et d'occasionner des fuites radioactives dans l'enceinte du site, voire au-delà." (Le Monde, 25 octobre 2008)

- "Un incident technique qualifié par la direction de la centrale de Gravelines d' "exceptionnel et de "délicat", est survenu lors du déchargement du combustible situé au coeur du réacteur n°1 (…) Une barre d'uranium de plusieurs centaines de kilos est suspendue dans la piscine avec le risque qu'elle se décroche et retombe sur les 156 barres similaires fixées au fond de la cuve du réacteur. Ce serait le pire des scénarios pour la centrale". (La Voix du Nord, 11 août 2009)

Par ailleurs, vous ne pouvez ignorer la dramatique dégradation des conditions de travail dans les centrales nucléaires EDF, avec en particulier un recours maximal à la sous-traitance, situation qui s'est traduite ces derniers mois par des grèves (pour la première fois dans le nucléaire français), mais aussi des suicides et tentatives de suicides :

- "La production nucléaire reste perturbée depuis six semaines par un conflit sur les salaires et l'embauche de prestataires extérieurs surnommés les "nomades du nucléaire", qui amène EDF à réquisitionner les grévistes, certains syndicats craignant pour la sécurité."' (AFP, 18 juin 2009)

- "Trois salariés du site d'EDF à Chinon (Indre-et-Loire) se sont suicidés depuis août 2006" (Le Monde, 5 avril 2007) ;

- "La fédération CFTC de l'énergie a dénoncé mercredi dans un courrier à EDF un "harcèlement managérial" à l'origine, selon elle, d'une récente tentative de suicide dans la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère) (…) Ce salarié avait alerté à plusieurs reprises les syndicats pour dénoncer "le manque de moyens mis à sa disposition pour assurer la sécurité du site" (AFP, 1er octobre 2008)"


- De graves situations accidentelles en France

EDF ne manque jamais de rappeler que, en 40 ans de nucléaire, aucune catastrophe ne s'est produite en France. Pour notre part, nous n'oublions pas que le pire a été frôlé à plusieurs reprises. Par exemple :

- deux fusions partielles du cœur à la centrale nucléaire de St-Laurent-les-Eaux (Loir-et-Cher) le 17 octobre 1969 et le 13 mars 1980.

- une catastrophe frôlée à St-Laurent (encore !) le 12 janvier 1987 : EDF n'avait pas pensé que la Loire puisse geler et que de fait la centrale soit… impossible à refroidir.

- un autre catastrophe frôlée le 27 décembre 1999 à la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), gravement inondée. Les "responsables" d'EDF avaient calculé que l'eau de la Gironde ne pouvait pas passer par-dessus les digues de la centrale… mais elle est quand même passée.

- Le risque sismique : les falsifications d'EDF

Par ailleurs, le Réseau "Sortir du nucléaire" a révélé que EDF a mis en place des actions de lobbying "au plus haut niveau" pour empêcher la prise en compte de données sismiques qui auraient entraîné de coûteux travaux de remis à niveau des centrales :

- "Ce débat serait sans doute resté confidentiel sans la publication par «Sortir du nucléaire» de courriers internes d'EDF, le 26 mai. Des ingénieurs d'EDF y formulaient clairement le souhait d'appliquer des références moins sévères que l'IRSN. Car les travaux de renforcement de certaines centrales pourraient coûter jusqu'à 1,9 milliard d'euros à l'entreprise." (Le Figaro, 27 juin 2003)

- "Sortir du nucléaire accuse EDF d'avoir "falsifié des données sismiques" (AFP, 24 juin 2003). Nous attendons encore d'être attaqués pour "diffamation"par EDF qui, il est vrai, aurait eu du mal à contester ses propres documents : "Sortir du nucléaire a mis la main sur des courriers électroniques et des notes internes à EDF qui vilipendent les nouvelles normes sismiques de l'autorité de sûreté, jugées trop sévères et trop coûteuses." (Le Point, 11 juillet 2003)


Merci beaucoup pour votre soutien financier : http://www.fermons-fessenheim.org/Soutien-Financier

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18/09/2009

Manifestation européenne à Colmar le samedi 3 octobre : le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle la Préfecture à faire preuve de responsabilité.

Communiqué de presse du 17 septembre 2009

Voir la vidéo du 19/20 de France 3 Alsace sur : http://www.fermons-fessenheim.org/

Pour tenter de perturber le rassemblement européen antinucléaire qui aura le samedi 3 octobre (à 14 h – Place Rapp) à Colmar, le préfet du Haut-Rhin a invoqué hier les "éventuels groupes qui se mêleraient … pour casser et saccager".

Aussi, le Réseau "Sortir du nucléaire" tient à rappeler les points suivants :
- Que ce soit à Colmar en septembre 2002, à Strasbourg en septembre 2005 et en mars 2007, de même qu’à Cherbourg (30 000 manifestants le 15 avril 2006) et à Rennes (40 000 manifestants le 17 mars 2007) les manifestations organisées par le Réseau "Sortir du Nucléaire" n'ont jamais donné lieu au moindre débordement.
- Plus proche de nous, la manifestation internationale anti-nucléaire de Berlin a rassemblé ce 5 septembre 2009 plus de 50 000 européens sans aucun incident.
- La Préfecture du Haut-Rhin a elle-même proposé aux organisateurs du rassemblement de Colmar, par courrier du 18 mai 2009, un itinéraire qui démarre et s'acheve rue Bruat, jouxtant la Place Rapp.

Les autorités qui savent parfaitement que toutes les manifestations organisées par le Réseau "Sortir du nucléaire" sont pacifiques, font preuve d’irresponsabilité en évoquant des casseurs qui sont totalement imaginaires.

A ce sujet, le Réseau "Sortir du nucléaire" s’étonne vivement que le Préfet ait convoqué les médias (L’Alsace, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, France 3…), le mercredi 16 septembre, pour couvrir un entrainement de la police à la « guérilla urbaine » en faisant explicitement référence à la manifestation antinucléaire du 3 octobre. Il s’agit clairement d’une tentative d’instrumentalisation de la presse.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle la Préfecture à faire preuve de responsabilité et renouvelle son appel aux européens à se rassembler pacifiquement Place Rapp à Colmar le 3 octobre à 14h00 pour exiger l'arrêt définitif de la centrale de Fessenheim et la sortie du nucléaire ainsi qu'à participer à l'ensemble des débats, concerts, animations prévus durant le week-end des 3-4 octobre.

=> Toutes les infos sur le rassemblement de Colmar :
http://www.fermons-fessenheim.org/

=> Voir la revue de presse :
http://www.fermons-fessenheim.org/spip.php?rubrique34

Contacts presse :
Rémi Verdet : 06 13 36 71 89
Jean-Marie Brom : 06 08 98 79 40
Stéphane Lhomme : 06 64 100 333

10:02 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

04/09/2009

Fermons la centrale de Fessenheim et sortons du nucléaire !


Partout en France, mobilisons-nous pour le rassemblement européen
à Colmar (Alsace), les 4 et 5 octobre 2009

 

=> Découvrez le programme (concerts, spectacles, conférences...) : CI-JOINT.

=> Organisez un départ groupé dans votre ville.

=> Commandez gratuitement des tracts et affiches.


Cliquez maintenant sur  : http://www.fermons-fessenheim.org/

 

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POUR EN SAVOIR PLUS :


Exigeons la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne centrale nucléaire française en activité.

Les centrales nucléaires françaises ont été prévues à l'origine pour durer 30 ans.
La centrale de Fessenheim fonctionne depuis maintenant 32 ans. En octobre 2009 commencera la 3em visite décennale qui devrait décider du prolongement ou pas de la centrale.
Un réacteur nucléaire qui vieillit, ce sont des matériaux fragilisés et des composants qui tombent plus souvent en panne, donc des risques d’accident démultipliés.
Au mépris de ces risques, l’industrie nucléaire, Areva et EDF en tête, cherche à obtenir l’autorisation d’exploiter les réacteurs pendant 40 voire 60 ans ?

Il est urgent de changer de politique énergétique :
- fermons progressivement les centrales nucléaires, à commencer par les plus vieilles (Fessenheim, Tricastin, etc.)
- développons les énergies renouvelables et les économies d’énergie
- refusons tout projet de nouveau réacteur et réclamons l’arrêt des travaux du réacteur EPR à Flamanville (50)

Samedi 3 et dimanche 4 octobre 2009, des citoyens venus de la France entière,
mais aussi de l'étranger (Allemagne, Suisse, Autriche, etc)
se rassembleront pour agir lors d’une
GRANDE MANIFESTATION
LE SAMEDI 3 OCTOBRE À 14H


La soirée du 3 et la journée du 4 octobre seront consacrées à des conférences, débats, concerts, ateliers etc.

Aidez nous à mobiliser le plus grand nombre :
- organisez des départs groupés (co-voiturage, car, train, vélo, etc.),
- diffusez des affiches et tracts,
- diffusez le plus largement possible le programme ci-joint,
- etc.

Nous comptons sur vous pour que ce rassemblement soit une réussite et que l’on obtienne la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Je me tiens à votre disposition pour toute question, organisation de départs groupés…

Informations, programme, départs groupés, etc. :
http://www.fermons-fessenheim.org

D’avance merci pour votre mobilisation.

--
Jocelyn Peyret

Coordination nationale actions & groupes
Reseau Sortir du nucleaire
30 rue du Nord
68000 Colmar
Tel fixe : 03 89 41 80 95
Mail : jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr
Web : http://www.sortirdunucleaire.org

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10/04/2009

Les retombées du bombardement de la Serbie tuent toujours

Vesna Peric Zimonjic   
Dix ans après les bombardements de l’OTAN sur la Serbie, l'appréhension monte devant l’accroissement du nombre de cas de cancer signalés.

 6 avril 2009

Quelques 15 tonnes d’uranium appauvri, renforçant plus de 50.000 bombes et missiles, ont été larguées durant les 11 semaines de bombardements de la Serbie en 1999. Les cibles des bombardements de l'Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) consistaient en 116 sites, surtout au sud de la Serbie et dans la région du Kosovo.

L'uranium appauvri est mis au bout des bombes pour percer le blindage des chars et des véhicules militaires lourds. Bien que sa radioactivité soit affaiblie dans le procédé de production, l'uranium demeure hautement toxique.

Les experts sont en désaccord sur les impacts pour la santé de l'uranium appauvri. Quelques-uns disent que les aérosols produits par l'impact et la combustion de l'uranium appauvri des munitions peut provoquer le cancer et affecter les reins, le cerveau, le foie et le cœur. Mais certaines études n’ont trouvé aucune impact significatif sur la santé ou l'environnement.

Le Programme Environnemental des Nations Unies (UNEP) a envoyé une mission seulement en 2000. Elle s’est focalisée sur 11 sites du Kosovo, et a conclu qu'il n'y avait « pas de contamination importante détectable de la surface du sol par de l'uranium appauvri. Un certain nombre de points de contamination ont été identifiés par la mission, mais la plupart d'entre eux n’ont été jugés que légèrement contaminés. »

En 2001, un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) aboutissait à une conclusion similaire. Toutefois, l’expert britannique Keith Bavestock, qui faisait partie de l'équipe de l'OMS, a déclaré au quotidien de Belgrade Politika que « toutes les données dont disposait l'OMS n’avaient pas été incluses dans le rapport. Ça ne signifie pas que le rapport est faux ; il est incomplet. »

Les médecins locaux ont leurs propres données.

Nebojsa Srbljak, un médecin de la ville de Mitrovica au Kosovo, qui a toujours une grande population serbe, a parlé d'une multiplication par dix des cas de leucémie. Il a déclaré aux envoyés des médias : « Le taux des leucémies chez l’enfant au Kosovo était de un pour mille avant 1999. Depuis 1999, il est passé à un pour cent. »

Le Dr. Srbljak, qui aide dans une clinique de cancérologie de Pristina, la capitale du Kosovo, a déclaré que les médecins albanais lui ont dit aussi qu'il y avait « une augmentation importante » du nombre de patients atteints de cancers depuis 1999. Dans l'ensemble du Kosovo, a-t-il dit, le taux de cancer avant 1999 était de 10 pour 300.000, et « aujourd'hui, il s'élève à 20 pour 60.000. »

« C'est désormais une tumeur par jour que nous découvrons, » a dit le radiologue Vlastimir Cvetkovic à Inter Press Service. « Avant 1999, c’était une tous les trois mois. Et ce n'est pas juste dû à l’amélioration des diagnostics, car nos moyens de travail sont restés modestes. En outre, c’est maintenant chez les plus jeunes et les enfants que nous trouvons nos patients. »

Une augmentation alarmante des cas de cancer a aussi été enregistrée en Bosnie-Herzégovine voisine, où, en début 1995, de l’uranium appauvri a été utilisé par l'OTAN contre les forces serbes de Bosnie. Selon les chiffres officiels, plus de 300 personnes de Hadzici et Han Pijesak, dans le voisinage de Sarajevo à l'est de la Bosnie, sont mortes du cancer de 1996 à 2000. Hadzici était habitée et tenue par les Serbes de Bosnie pendant la guerre. Elle est passée plus tard sous la juridiction gouvernementale croato-musulmane centrale de Sarajevo.

« C'est un très grand nombre, » a déclaré à Inter Press Service le médecin local Slavica Jovanovic. « Mais il semble que ce soit un sujet que personne ne veuille aborder. La population de Hadzici devrait être réinstallée ailleurs, et, au niveau de la Bosnie-Herzégovine, il n'y a pas la volonté de s’embarquer là-dedans. »

Des problèmes de santé liés à l’uranium appauvri ont été signalés chez les soldats italiens qui ont servi au maintien de la paix en Bosnie et au Kosovo. Plusieurs sont morts du cancer et leurs familles se démènent aujourd'hui pour prouver que travailler et vivre à côté de zones contaminées par de l’uranium appauvri a été démontré fatal.

Pour les autorités serbes, les problèmes de l’uranium appauvri semblent aussi loin que le Kosovo, malgré le fait que quelque 100.000 Serbes vivent encore là-bas, près de la ville divisée de Mitrovica pour la plupart d'entre eux.

Milan Mišović, chef du Département de la Médecine du Travail de l'Académie de Médecine Militaire, a déclaré à des médias serbes : « Quelque 4.000 anciens combattants font l'objet d'une surveillance constante car ils se sont trouvés à 50 mètres du point d'impact de munitions à l'uranium appauvri. Jusqu'à présent, le cancer ne progresse pas parmi eux. Mais on peut s’attendre à certains changements dans les prochains 10 à 15 ans. »

Traduction: Pétrus Lombard.

Source: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

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26/03/2009

Exigeons un MORATOIRE sur l’enfouissement des déchets nucléaires

Avec le soutien de : Réseau "Sortir du nucléaire", CRIIRAD, Greenpeace, Amis de la Terre, Agir pour l’environnement.

POUR SIGNER LA PETITION : http://www.dechets-nucleaires-ne-pas-enfouir.org/

Considérant

Que les projets d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux, imposés sans débat démocratique ni concertation citoyenne, suscitent depuis 30 ans de multiples inquiétudes et oppositions non-prises en compte,

Que le stockage géologique de ces déchets n’est pas une solution responsable vu l’impasse scientifique et technologique qu’il représente, vu son impact insoutenable pour les populations actuelles (en particulier en région Lorraine/Champagne-Ardenne pressentie pour accueillir l’ensemble des projets d’enfouissement) et pour les générations à venir, sur l’environnement et sur les activités économiques, touristiques, agricoles, immobilières...

Qu’il n’existe aucune solution véritable et exempte de risques au problème des déchets radioactifs, et que cela nécessite une réelle remise en question de la poursuite de leur production,

Que la gestion des déchets radioactifs pose de vraies questions à la société actuelle sur les plans scientifique, technique, moral, éthique et social qui ne doivent plus être reportées, mais soumises impérativement à la collectivité dans son ensemble,

Conformément

Au souhait de nombreux citoyens, exprimé depuis 1978, en France et sur tous les sites pressentis ou retenus pour l’accueil de sites de stockage souterrain de déchets nucléaires,

Au Principe de précaution inscrit dans la Constitution au travers de la Charte de l’Environnement,

À l’article 7 de la Charte de l’Environnement, loi constitutionnelle N° 2005-205, intégré en préambule de la Constitution française et qui stipule : Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement,

Aux objectifs du paquet législatif européen "énergie-climat" (déc. 2008) et des 3 objectifs de 20% : une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, une amélioration de 20% de l’efficacité énergétique et une part de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’UE,

NOUS EXIGEONS :

Que le gouvernement adopte immédiatement un moratoire sur tous les projets d’enfouissement de déchets radioactifs, en cours ou à venir, et ne lance pas les travaux de reconnaissance prévus en 2010 pour l’enfouissement des déchets de graphite et des déchets radifères (dits FAVL), sur les communes candidates et désignées par le gouvernement

Que le gouvernement stoppe le programme de recherche en vue du stockage géologique dans la zone de 250 km² (dite zone de transposition), autour du Laboratoire de BURE,

Que le gouvernement organise un débat national sur la politique énergétique actuelle et future, ses enjeux et sur les choix d’orientations comportant :
- un audit indépendant sur la filière électronucléaire dans son ensemble,
- un programme ambitieux d’économies d’énergie et d’efficacité énergétique
- un programme ambitieux de développement des énergies renouvelables
- l’affectation des fonds de recherches technologiques et scientifiques à ces solutions énergétiques

Ce véritable débat national sur la politique énergétique est un préalable indispensable à ce qu’un programme de gestion des déchets nucléaires déjà produits puisse être élaboré indépendamment de tout intérêt industriel.

Consultez la lettre de demande de moratoire adressée au président Nicolas Sarkozy, au premier ministre François Fillon, et aux ministres concernés.

14:10 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

14/03/2009

Kazakhstan / Essais nucléaires - Une « population mutante »

Berick, la trentaine, veut vivre et pouvoir un jour voir le visage de sa mère. Aveugle et difforme depuis sa naissance, il dépend totalement d'elle pour manger, se déplacer, s'habiller ou se laver. Il a du mal à parler. Il communique grâce à la musique et quant il nous a accueilli chez lui, à Semipalatinsk dans le nord-est du Kazakhstan, il a voulu jouer de la Dombura, l'instrument national.


Berick est le seul des dix enfants de la famille avec cette malformation. Quant elle était enceinte, sa mère travaillait dans une ferme à quelque 30 kilomètres du champ de tir du Polygone. Un espace de 18 500 m², plus grand que l'Ile-de-France ou Israël, où pendant quarante ans les Soviétiques on fait exploser une bombe atomique par mois à titre expérimental : 116 à ciel ouvert, les 340 autres sous terre.

Un passeport d'irradié et une pension de 120 euros par mois.
Elle n'a pas vu le champignon atomique, mais elle a vu une lumière s'élever dans le ciel. « Les docteurs m'ont dit que c'est pour cela qu'il est malade », dit-elle d'une voix basse, « mais je voudrais qu'il se fasse opérer pour qu'il puisse au moins voir ».  Comme toutes les victimes de l'atome au Kazakhstan, Berick a un passeport d'irradié qui lui donne accès à des soins gratuits et à 120 euros de pension par mois, mais cela ne lui permet pas d'être opéré. « On doit trouver nous-mêmes un financement », soupire sa mère. « Quand il était petit, à l'âge de treize ans, des médecins italiens l'ont opéré, maintenant il faudrait recommencer, mais je ne sais pas à qui demander ».

Ils étaient 1 600 000 à vivre et à servir de cobayes humains dans des villages éparpillés autour du Polygone. Quatre générations plus tard, tous sont encore malades sous différentes formes. Il y a par rapport au reste du pays 40 % d'augmentation des taux de cancers, quinze années d'espérance de vie perdues, des suicides deux fois plus nombreux dans cette région qu'ailleurs, de! s naissances prématurées de plus en plus fréquentes à cinq mois, et des bébés monstrueux comme Berick.
Berick, difforme depuis sa naissance, communique grace à la musique.jpg

Il n'empêche, pour Zhanbolat Gilmanov, haut fonctionnaire du ministère kazakh de l'énergie, le lien entre ces maladies et les explosions atomiques reste à démontrer. « Même si humainement c'est une tragédie », souligne-t-il, « il était nécessaire pour la science de connaître les effets de l'atome. Ce n'était pas qu'une question de guerre froide, l'humanité se devait de passer par là ».

« Les gènes sont touchés et c'est irrémédiable »

Le docteur Nailya Chaijunova n'est pas d'accord. C'est elle qui a découvert Berick lorsqu'elle a commencé à faire, une fois le Polygone fermé avec le départ des Soviétiques, une étude systématique des villageois aux alentours du champ de tir. Son constat est terrible : « Les gènes sont touchés et c'est irrémédiable. Cette population est génétiquement modifiée, elle est mutante ».

Les autorités kazakhs sont prévenues, mais n'agissent pas. « Il faudrait clôturer le Polygone qui reste libre d'accès », martèle le docteur, « fermer les fermes d'élevages qui sont à proximité et qui affectent la chaîne alimentaire, et informer la population des dangers de la radiation ». Pour l'instant, la seule préoccupation du gouvernement kazakh est de rendre dans environ deux ans 95 % des terres du Polygone à l'agriculture bien qu'encore radioactives.

Un non-sens absolu selon Toleukhan Normagambetov, chef de la maternité de Semipalatinsk, lui-même gravement touché par la radiation : « Nous avons muté en même temps que ces terres, on peut donc manger de ses produits, le mal est fait, mais pourquoi contaminer les autres ? »  Bonne question. Courant 2009, le Kazakhstan doit rejoindre l'Organisation mondiale du commerce et inonder le monde de ses produits agricoles.
Source : Dernières Nouvelles d'Alsace - 1.2.2009 - Angélique Kourounis 

10:10 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (3)

18/02/2009

Carte et liste des anciens sites d'extractions d'uranium en France

http://www.irsn.fr/index.php?position=mines_uranium_mimau...

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07/02/2009

le scandale de la France contaminée

La CRIIRAD a apporté son appui scientifique à la réalisation de reportages pour un numéro de « Pièces à conviction » consacré aux déchets et pollutions laissées par l’exploitation des mines d’uranium.

Sous le titre « le scandale de la France contaminée », il doit être diffusé mercredi 11 février à 20h35 sur France 3.

Nous espérons que vous pourrez le regarder car il s’annonce passionnant. Vous y retrouverez plusieurs des études réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD : à Saint-Priest-La-Prugne dans la Loire, La Crouzille en Haute-Vienne, Gueugnon en Saône-et-Loire, Saint-Pierre dans le Cantal….

Encore faut-il que l’émission soit diffusée !

Areva vient en effet de saisir le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (cf. ci-dessous) et fera son possible pour empêcher la diffusion d’informations susceptibles d’écorner son image de marque.

Réponse le 11 février prochain.

N’hésitez pas à faire circuler cette info et à avertir vos parents et amis.

Plus d’info sur le dossier des mines d’uranium : www.criirad.org

1. Site internet d’Europe 1

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Economie-et-Societe/Environnement/Controverse-autour-de-l-emission-Le-scandale-de-la-France-contaminee-sur-France-3/(gid)/198578

Controverse autour de l'émission "Le scandale de la France contaminée" sur France 3

Créé le 29/01/09 - Dernière mise à jour à 12h35

Le 11 février, le nouveau numéro du magazine "Pièces à conviction" sur France 3 évoquera "le scandale de la France contaminée". Pour défendre la thèse que des millions de tonnes d’uranium sont dispersées dans toute la France. Ce sujet fait polémique, le groupe Areva a fait appel au CSA car il juge que l'enquête est "contraire à la déontologie".

Le groupe Areva a annoncé jeudi son intention de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel à propos de l'émission de France 3, "Picèes à conviction". Dans un communiqué, Areva, qui a eu connaissance par la presse de la teneur des reportages proposés, estime "pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu'il ne se soit exprimé". Les producteurs de l'émission ont cependant prévu un entretien avec le porte-parole du groupe, qui doit être enregistré vendredi et inséré dans l'émission. Se référant aux informations de presse, Areva exprime "le sentiment que le magazine est d'ores et déjà bouclé, à charge contre le groupe Areva". Lionel de Coninck, rédacteur en chef de "Pièces à conviction", a assuré qu'il ne s'agissait "en aucun cas de présupposer ce qui va être dit dans l'émission". Selon lui, ce qui a été dit dans le reportage de la position d'Areva est "basé sur ce que dit Areva depuis des dizaines d'années sur le sujet".

Le sujet de la controverse : l'émission qui défend l'idée selon laquelle, en toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité des villages ou des villes, des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines d'années. Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants, sans aucune mise en garde sur les risques encourus. C'est cette situation que France 3 évoquera dans son magazine "Pièces à conviction" le 11 février prochain. Avec une édition intitulée "Le scandale de la France contaminée".

Le magazine s’ouvrira sur un reportage à Gueugnon, en Saône-et-Loire. Sur le parking d'un stade, le détecteur de radiation d'un spécialiste de la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) crépite à tout va. Là, sur une superficie de 12 hectares, près de 225.000 tonnes de déchets radioactifs ont été dispersés sur un terrain ouvert à tout venant. Ironie du sort, ce terrain a même accueilli un "parcours de santé". Gueugnon est "la toute dernière ville ayant découvert qu'elle était concernée par ce problème des déchets radioactifs", selon Elise Lucet, présentatrice du magazine.

Au total, selon les enquêteurs du magazine, entre 1945 et 2001 plus de 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, résidus des 210 mines exploitées en France, ont été abandonnées sans mesure de protection ou de surveillance particulière. L'enquête fait également état de liens étroits entre ceux qui sont officiellement chargés de mesurer la radioactivité dans la nature et les anciens pollueurs. Négligence ou véritable "omerta" des pouvoirs publics ? Une pierre radioactive à la main en guise d'argument, Elise Lucet se propose de demander des explications à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, qui sera interrogé séparément.

Malgré le fait que les mines d'uranium françaises ne soient plus en activité depuis plusieurs années, cette pollution qu'il s'agisse de minerais "stériles" (trop pauvre en uranium pour devenir du combustible nucléaire) ou d'autres résidus de l'activité minière, peut s'avérer dangereuse à long terme, assurent les enquêteurs du magazine. Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente, Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le plateau. Anne Lauvergeon, d'autre part, sera récompensée par le trophée des "Créateurs sans frontières" pour son action en faveur du rayonnement de la France à l'étranger. Ironique pour quelqu'un qui participe à l'irradiation intérieure de la France.

2. Dépêche AFP

Déchets d'uranium : le cri d'alarme de "Pièces à conviction"

PARIS - Par centaines de millions de tonnes dispersées dans toute la France, les déchets d'uranium contaminent le territoire dans l'indifférence et la négligence générales : c'est la thèse défendue par le magazine télévisé "Pièces à conviction".

Pour son numéro du 11 février, le magazine d'information de France 3 évoque "le scandale de la France contaminée" par les déchets radioactifs, résidus des mines d'uranium.

Un reportage à Gueugnon, localité tranquille de Saône-et-Loire, ouvre le magazine. Sur le parking d'un stade, le détecteur de radiation d'un spécialiste de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) crépite à tout va. Là, sur une superficie de 12 hectares, près de 225.000 tonnes de déchets radioactifs ont été dispersés sur un terrain ouvert à tout venant, qui a même accueilli un temps un "parcours de santé".

Gueugnon est "la toute dernière ville ayant découvert qu'elle était concernée par ce problème des déchets radioactifs", selon Elise Lucet, présentatrice de ce magazine que France 3 a réalisé en coopération avec la société de production Ligne de Mire. La ville, qui avait abrité une usine de traitement d'uranium, n'a découvert qu'en mars 2007 qu'elle était victime de cette contamination.

Les mines d'uranium françaises ne sont plus en activité depuis plusieurs années. Mais cette pollution, qu'il s'agisse de "stériles" (minerai trop pauvre en uranium pour devenir du combustible nucléaire) ou d'autres résidus de l'activité minière, peut s'avérer dangereuse à long terme, assurent les enquêteurs de "Pièces à conviction".

Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente, Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le plateau.

Au total, selon les enquêteurs du magazine, plus de 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, résidus des 210 mines exploitées en France, ont été abandonnées sans mesure de protection ou de surveillance particulière.

L'enquête fait également état de liens étroits entre ceux qui sont officiellement chargés de mesurer la radioactivité dans la nature et les anciens pollueurs.

Négligence ou véritable "omerta" des pouvoirs publics ?

Une pierre radioactive à la main en guise d'argument, Elise Lucet se propose de demander des explications à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, qui sera interrogé séparément.

(©AFP / 29 janvier 2009 08h23)

13:33 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

30/01/2009

Déchets nucléaires

France 3 :
Controverse autour de l'émission
Pièces à conviction d’Elise LUCET,
"Le scandale de la France contaminée"


Le 11 février, le nouveau numéro du magazine "Pièces à conviction" sur France 3 évoquera "le scandale de la France contaminée". Pour défendre la thèse que des millions de tonnes d’uranium sont dispersées dans toute la France. Ce sujet fait polémique, le groupe Areva a fait appel au CSA car il juge que l'enquête est "contraire à la déontologie".

Le groupe Areva a annoncé jeudi son intention de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel à propos de l'émission de France 3, "Picèes à conviction". Dans un communiqué, Areva, qui a eu connaissance par la presse de la teneur des reportages proposés, estime "pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu'il ne se soit exprimé". Les producteurs de l'émission ont cependant prévu un entretien avec le porte-parole du groupe, qui doit être enregistré vendredi et inséré dans l'émission. Se référant aux informations de presse, Areva exprime "le sentiment que le magazine est d'ores et déjà bouclé, à charge contre le groupe Areva". Lionel de Coninck, rédacteur en chef de "Pièces à conviction", a assuré qu'il ne s'agissait "en aucun cas de présupposer ce qui va être dit dans l'émission". Selon lui, ce qui a été dit dans le reportage de la position d'Areva est "basé sur ce que dit Areva depuis des dizaines d'années sur le sujet".

Le sujet de la controverse : l'émission qui défend l'idée selon laquelle, en toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité des villages ou des villes, des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines d'années. Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants, sans aucune mise en garde sur les risques encourus. C'est cette situation que France 3 évoquera dans son magazine "Pièces à conviction" le 11 février prochain. Avec une édition intitulée "Le scandale de la France contaminée".

Le magazine s’ouvrira sur un reportage à Gueugnon, en Saône-et-Loire. Sur le parking d'un stade, le détecteur de radiation d'un spécialiste de la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) crépite à tout va. Là, sur une superficie de 12 hectares, près de 225.000 tonnes de déchets radioactifs ont été dispersés sur un terrain ouvert à tout venant. Ironie du sort, ce terrain a même accueilli un "parcours de santé". Gueugnon est "la toute dernière ville ayant découvert qu'elle était concernée par ce problème des déchets radioactifs", selon Elise Lucet, présentatrice du magazine.

Au total, selon les enquêteurs du magazine, entre 1945 et 2001 plus de 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, résidus des 210 mines exploitées en France, ont été abandonnées sans mesure de protection ou de surveillance particulière. L'enquête fait également état de liens étroits entre ceux qui sont officiellement chargés de mesurer la radioactivité dans la nature et les anciens pollueurs. Négligence ou véritable "omerta" des pouvoirs publics ? Une pierre radioactive à la main en guise d'argument, Elise Lucet se propose de demander des explications à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, qui sera interrogé séparément.

Malgré le fait que les mines d'uranium françaises ne soient plus en activité depuis plusieurs années, cette pollution qu'il s'agisse de minerais "stériles" (trop pauvre en uranium pour devenir du combustible nucléaire) ou d'autres résidus de l'activité minière, peut s'avérer dangereuse à long terme, assurent les enquêteurs du magazine. Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente, Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le plateau. Anne Lauvergeon, d'autre part, sera récompensée par le trophée des "Créateurs sans frontières" pour son action en faveur du rayonnement de la France à l'étranger. Ironique pour quelqu'un qui participe à l'irradiation intérieure de la France.

10:44 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2009

URGENT - Scandale de très grande ampleur dans le nucléaire français

- Défaillance généralisée des mesures de rejets radioactifs dans l'environnement :
les laboratoires de toutes les centrales nucléaires EDF ont perdu leurs agréments !

- Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande à M Borloo des explications immédiates


Le Réseau "Sortir du nucléaire" rend publique aujourd'hui une information de la plus grande importance et qui doit interpeller la totalité des citoyens français, menacés de façon chronique par les rejets radioactifs liquides et gazeux opérés dans l'environnement par les installations nucléaires.

Les laboratoires de toutes les centrales nucléaires françaises, censés faire en continu des mesures autour des installations en question, sont défaillants : leurs agréments sont actuellement suspendus ou refusés par le biais de quatre Décisions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), datées du 16 décembre 2008. (Voir liens ci-dessous)

On ne peut d'ailleurs qu'être stupéfait du silence total de l'ASN à propos de ses propres décisions qui, de par leur importance, méritent au contraire la plus grande publicité. Et ce d'autant que des questions graves se posent. Les autorités françaises doivent y répondre de toute urgence et le Réseau "Sortir du nucléaire" interpelle aujourd'hui même par courrier à M Borloo (voir ci-dessous), ministre en charge de l'énergie :
- alors que les laboratoires des centrales nucléaires EDF ne sont plus agréés, qui réalise actuellement les mesures exigées par les arrêtés autorisant EDF à exploiter ces centrales ? Si ces mesures ne sont pas faites, les centrales doivent être immédiatement arrêtées.

- quelles sont précisément les défaillances des laboratoires des centrales nucléaires EDF, et depuis quand ces défaillances existent-elles ?

- quelle peut être l'ampleur des rejets effectués depuis des années par les centrales nucléaires au-delà des limites légales (qui, pourtant, sont déjà fort laxistes) ?

- comment les citoyens peuvent-ils faire confiance aux "responsables" d'une industrie aussi dangereuses et qui s'avèrent incapables de mesurer leurs rejets radioactifs opérés l'environnement ?
Il est déjà choquant que, en France, ce soient les exploitants, en l'occurrence EDF, qui effectuent eux-mêmes la surveillance de l'environnement autour de leurs installations nucléaires : il est légitime de se méfier de l'industrie nucléaire qui est habituée à cacher ou travestir la vérité. Mais la situation est en réalité encore plus intolérable puisque les contrôles opérés par EDF sont défaillants et permettent très probablement des rejets radioactifs supérieurs aux limites légales, pourtant déjà fort laxistes.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que, fin 2007, une étude de l'université de Mayence (Allemagne) a montré que, parmi les enfants de moins de cinq ans grandissant à moins de cinq kilomètres d'une centrale nucléaire, les cas de leucémie sont deux fois plus fréquents que dans d'autres régions.

Une fois de plus, l'industrie nucléaire montre qu'elle est très loin d'être irréprochable alors que les conséquences et les risques qu'elle fait peser sur l'environnement et la santé des populations sont incommensurables et incomparables à tous les autres. Il est plus que temps de sortir du nucléaire.


LISTE DES REFUS ET SUSPENSIONS D'AGREMENTS :


Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 840 associations
Communiqué du lundi 12 janvier 2009 Contact : 06.64.100.333


Liste des suspensions et refus d'agréments des
laboratoires des centrales nucléaires françaises



1) Refus d'agrément pour les mesures de l'indice d'activité bêta global des eaux

Toutes les centrales nucléaires françaises (!), y compris l'ex-surgénérateur Superphénix (toujours en cours de démantèlement à Creys-Malville) :

Belleville (Cher), Blayais (Gironde), Cattenom (Moselle), Bugey (Ain), Civaux (Vienne), Chinon (Indre-et Loire), Chooz (Ardennes), Cruas (Ardèche), Dampierre en Burly (Loiret), Fessenheim (Haut-Rhin), Flamanville (Manche), Golfech (Tarn-et-Garonne), Gravelines (Nord), Nogent-sur-Seine (Aube), Paluel (Seine-Maritime), Penly (Seine-Maritime), Saint Alban (Isère), Saint Laurent (Loir-et-Cher), Tricastin (Drôme), ainsi que Creys-Malville (Isère)


2) Refus d'agrément pour les mesures de l'activité du tritium dans les eaux

Toutes les centrales nucléaires françaises (!), y compris l'ex-surgénérateur Superphénix :

Belleville (Cher), Blayais (Gironde), Cattenom (Moselle), Bugey (Ain), Civaux (Vienne), Chinon (Indre-et Loire), Chooz (Ardennes), Cruas (Ardèche), Dampierre en Burly (Loiret), Fessenheim (Haut-Rhin), Flamanville (Manche), Golfech (Tarn-et-Garonne), Gravelines (Nord), Nogent-sur-Seine (Aube), Paluel (Seine-Maritime), Penly (Seine-Maritime), Saint Alban (Isère), Saint Laurent (Loir-et-Cher), Tricastin (Drôme), ainsi que Creys-Malville (Isère)


3) Refus d'agrément pour les mesures de l'activité du tritium dans l'air

Belleville (Cher), Blayais (Gironde), Cattenom (Moselle), Civaux (Vienne), Chinon (Indre-et Loire), Cruas (Ardèche), Flamanville (Manche), Golfech (Tarn-et-Garonne), Gravelines (Nord), Nogent-sur-Seine (Aube), Paluel (Seine-Maritime), Penly (Seine-Maritime), Saint Alban (Isère), Saint Laurent (Loir-et-Cher), Tricastin (Drôme), ainsi que Creys-Malville (Isère).

Seules les centrales de Bugey (Ain), Chooz (Ardennes), Dampierre en Burly (Loiret) et Fessenheim (Haut-Rhin) échappent à la sanction sur ce critère.


4) Suspension et refus d'agrément pour les mesures de l'indice d’activité bêta global des aérosols sur filtre

Toutes les centrales nucléaires sont concernées :

- Suspension d'agrément :  Belleville (Cher), Blayais (Gironde), Cattenom (Moselle), Chinon (Indre-et Loire), Chooz (Ardennes), Cruas (Ardèche), Dampierre en Burly (Loiret), Fessenheim (Haut-Rhin), Flamanville (Manche), Golfech (Tarn-et-Garonne), Gravelines (Nord), Nogent-sur-Seine (Aube), Paluel (Seine-Maritime), Penly (Seine-Maritime), Saint Alban (Isère), Saint Laurent (Loir-et-Cher), Tricastin (Drôme).
- Refus d'agrément : Bugey (Ain), Civaux (Vienne) et Creys-Malville (Isère).

Liens vers les quatre décisions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) :
Attention : par une recherche appropriée, on peut trouver ces Décisions sur le site web de l'ASN. Mais... encore faut-il être au courant de leur existence. Or, aucune annonce ne figure sur la page d'accueil du site web, et aucune information n'a été faite par l'ASN qui semble vouloir garder confidentielles ces informations pourtant si sensibles. C'est une forme de "transparence invisible" : les informations sont disponibles... mais personne n'en a connaissance. Heureusement, le Réseau "Sortir du nucléaire veille...


Lundi 12 janvier 2009
Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 840 associations
9 rue Dumenge 69004 Lyon cedex
à M Borloo, ministre de l’Ecologie, de
l’Energie, du Développement durable
et de l’Aménagement du territoire

Objet : Défaillance généralisée des mesures de rejets radioactifs par les centrales nucléaires EDF

Monsieur le Ministre,

Nous attirons votre attention sur une situation absolument injustifiable qui concerne une nouvelle fois l'industrie nucléaire française qui, plus que jamais, met en danger les citoyens.

En effet, nous rendons publique une information qui est à ce jour restée cachée aux citoyens malgré sa gravité : les laboratoires de toutes les centrales nucléaires françaises, censés faire en continu des mesures autour des installations en question, sont défaillants, et leurs agréments sont actuellement suspendus ou refusés par le biais de quatre Décisions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), datées du 16 décembre 2008.

On ne peut d'ailleurs qu'être stupéfait du silence total de l'ASN à propos de ses propres décisions qui, du fait de leur importance, méritent au contraire la plus grande publicité. Et ce d'autant que des questions graves se posent, auxquelles nous vous demandons de répondre au plus vite et publiquement.

- alors que les laboratoires des centrales nucléaires EDF ne sont plus agréés, qui réalise actuellement les mesures exigées par les arrêtés autorisant EDF à exploiter ces centrales ? Si ces mesures ne sont pas faites, les centrales doivent être immédiatement arrêtées.

- quelles sont précisément les défaillances des laboratoires des centrales nucléaires EDF, et depuis quand ces défaillances existent-elles ?

- quelle peut être l'ampleur des rejets effectués depuis des années par les centrales nucléaires au-delà des limites légales (qui, pourtant, sont déjà fort laxistes) ?

- comment les citoyens peuvent-ils faire confiance aux "responsables" d'une industrie aussi dangereuses, qui montrent leur incompétence et leur incapacité à mesurer les rejets radioactifs opérés dans l'environnement ?

Il est déjà choquant que, en France, ce soient les exploitants, en l'occurrence EDF, qui effectuent eux-mêmes la surveillance de l'environnement autour de leurs propres installations nucléaires : il est légitime de ne pas faire confiance à une industrie nucléaire habituée à cacher ou travestir la vérité. Mais la situation est en réalité encore plus intolérable puisque les contrôles opérés par EDF sont défaillants et permettent très probablement des rejets supérieurs aux limites légales, pourtant déjà fort laxistes.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" vous rappelle que, fin 2007, une étude de l'université de Mayence (Allemagne) a montré que, parmi les enfants de moins de cinq ans grandissant à moins de cinq kilomètres d'une centrale nucléaire, les cas de leucémie sont deux fois plus fréquents que dans d'autres régions. Les mêmes conséquences sont très probables autour des centrales nucléaires françaises, et ce d'autant plus du fait des défaillances de mesure par EDF des rejets radioactifs.

Avec les évènements graves survenus cet été au Tricastin, cette nouvelle affaire confirme que l'interdiction de parler du nucléaire lors du Grenelle de l'environnement, décision ubuesque que nous avons condamnée, était irresponsable. Nous vous proposons à nouveau de vous rencontrer pour vous présenter divers scénarios de sortie du nucléaire, option incontournable et urgente pour protéger l'environnement et les êtres vivants.

Le Conseil d'administration du Réseau "Sortir du nucléaire"

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05/12/2008

L’Institut BELRAD a besoin de vous !

"Nous vous en avions déjà parlé : Vassili Nesterenko, directeur et fondateur de l’institut BELRAD, est décédé l’été dernier, après avoir consacré son temps depuis 1990 a mesurer le taux de radioactivité interne et à distribuer de quoi traiter les populations, notamment les enfants, vivant dans les territoires contaminés par les retombées de la catastrophe de Tchernobyl au Belarus. Ce malgré d’innombrables tracasseries administratives visant à entraver son action, que Vassili Nesterenko a toujours pu surmonter mais qui ont fini par avoir raison de sa santé déjà fortement affectée depuis son survol du réacteur au lendemain de l’explosion du 26 avril 1986.
Son fils Alexeï a fort heureusement repris le flambeau.
Mais l’avenir de BELRAD reste précaire, son financement n’étant assuré qu’à très court terme. Ses travaux sont pourtant fondamentaux et les résultats très concrets : des actions de prévention et d’information auprès des populations, des milliers d’enfants traités, des centaines de milliers de données ayant abouti à la réalisation d’un atlas de la contamination du vivant, qui constitue une première dans ce domaine. Ce travail ne peut se poursuivre sans l’aide des ONG européennes. L’arrêt des travaux de l’Institut BELRAD constituerait la négation des conséquences de l’accident de Tchernobyl, notamment l’effet des faibles doses de radiations internes qui affectent le santé de plusieurs millions de personnes dans les territoires contaminés, par le biais de l’alimentation. Des enfants âgés seulement de
quelques années meurent ainsi des suites de pathologies habituellement observés chez les adultes (maladies cardio-vasculaires, entre autres). Le lobby nucléaire, Agence internationale de l’énergie atomique en tête, ainsi que l’Organisation mondiale de la Santé, entièrement soumise à l’AIEA dans cette affaire, continuent à nier ces effets afin de préserver leurs intérêts, interdisant ainsi l’accès aux soins à de nombreuses personnes. Vous pouvez aider l’Institut BELRAD en envoyant vos dons à « Enfants de Tchernobyl Belarus » (dont Alexeï Nesterenko est vice-président) qui est le principal soutien en France de l’Institut. Une cure de trois semaines de pectine de pomme, chélateur naturel, sans effet secondaire et peu coûteux, permet d’éliminer jusqu’à 70% du Césium radioactif incorporé. Trois cures par an reviennent à 120 euros. Par avance merci !"


Enfants de Tchernobyl Belarus
20 rue principale - 68 480 BIEDERTHAL
http://enfantsdetchernobylbelarus.doubleclic.asso.fr/

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28/11/2008

Déchets nucléaires : "Il y a suffisamment de communes candidates"

Enviro2b - 27/11/08 - interview de Bruno Cahen, directeur sûreté, qualité et environnement de l’Andra

Bruno Cahen, directeur sûreté, qualité et environnement de l’Andra, l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. L'Andra vient de clore la première étape d'un long processus qui permettra d'ouvrir, à horizon 2019, le premier centre français de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FAVL).

Quelle est tout d'abord la nature des déchets concernés par cet appel à candidatures ?

A l’origine, il y a la loi du 28 juin 2006, relative aux déchets radioactifs, qui impose à l’Andra de rechercher un site pour implanter un stockage des déchets de faible activité (graphique, radifères), c’est-à-dire qui ne sont pas très radioactifs, mais qui sont en revanche à vie longue, car il faut très longtemps pour que la radioactivité diminue.

Il existe 4 catégories de déchets radioactifs : très faible activité, faible activité, moyenne activité et haute activité. Par ailleurs, nous distinguons les déchets à vie courte, dont la radioactivité est divisée par deux en moins de trente ans, et ceux à vie longue, dont une partie de la radioactivité met plus de trente ans à être divisée par deux, comme par exemple l’uranium naturel, dont la durée de vie se compte en milliards d’années.

Vous avez pré-sélectionné  3.115 communes sur 36.000 en France. Comment avez-vous fait votre choix ?

Nous ne les avons pas choisi au hasard. L’Andra a demandé au BRGM (NDLR : Bureau de recherches géologiques et minières) de nous indiquer quelles étaient les communes qui disposaient d’un sol contenant une couche d’argile, épaisse de plus de 50 m, loin de zones sismiques ou fracturées. C’est la raison de ce premier ciblage.

Quelles sont parmi ces communes, celles qui ont répondu favorablement à votre appel à candidatures ?

Je n’ai pas le droit de vous donner de chiffres car c’est le ministère qui choisira et non l’Andra. Nous fournissons donc les informations au cabinet de Jean-Louis Borloo qui les communiquera. La seule chose que je peux dire c’est qu’il y a suffisamment de communes candidates, de plusieurs départements, pour qu’on ait le choix et qu’on puisse proposer plusieurs variantes.

Que répondez-vous aux écologistes qui vous accusent d’avoir déjà choisi le site ?

Si on avait déjà choisi le site, croyez-vous qu’on se serait amusé à lancer un appel à candidatures ? Tout cela coûte du temps et de l’argent. Nous n’avons pas envie de faire perdre du temps aux maires, et nous n’avons pas envie d’en perdre nous-même.

Pourquoi le processus de lancement de ce site FAVL est aussi long ?

Il faut savoir que la plupart des déchets concernés existent déjà et sont déjà entreposés dans leur site de fabrication historique. Mais, il y a deux raisons pour expliquer cette durée difficilement compressible.

Tout d’abord, nous avons décidé de ne pas y aller en force. La procédure d’appel à candidatures prend du temps, environ 6 mois. Ensuite, l’Andra se donne jusqu’en 2010 pour faire les prospections sur site, et laisser le temps du débat public. A la fin de cette phase de prospections, nous rendons les résultats de notre travail qui confirmera si la couche géologique est bonne. Si c’est le cas, le conseil municipal décidera s’il souhaite accueillir véritablement le site FAVL.

Le site définitif ne sera pas connu avant 2011. A cette date, nous nous donnons deux ans pour déposer un dossier de demande d’autorisation de création du stockage. C’est le temps nécessaire pour continuer nos études d’ingénierie, nos travaux sur la caractérisation des déchets. Car un stockage de ce type, c’est plus qu’un simple trou, c’est un peu plus compliqué que ça.

Il y a ensuite des délais incompressibles. Ce type de stockage est considéré comme une installation nucléaire de base, avec des procédures assez longues. D’autre part, s’agissant d’un site assez technologique, il faut prendre en compte un temps de construction, et également un temps de test avant de démarrer, qui lui aussi est long. C’est à peu près comme une centrale nucléaire, même si cela paraît moins compliqué.

Nous travaillons sur des échelles de temps très longues. L’Andra souhaite assurer la durée du stockage sur 10.000 ans, comme demandé par l’Autorité de sûreté nucléaire. Nous ne pouvons donc pas de nous rater sur l’ingénierie et la compréhension scientifique avant de démarrer.

En quoi ce site FAVL est-il une installation technologique ?

Trois raisons à cela. Tout d’abord, le colis de déchets lui-même. Il faut bien le connaître et savoir la manière dont il va évoluer dans le temps. Cela veut dire qu’il faut optimiser son design. Ce sont les producteurs du déchet comme EDF, Areva, ou le CEA qui travaillent avec nous, en considérant que nous avons certaines exigences: qu’il résiste aux chutes, etc…

Ce sont les producteurs des déchets qui se chargeront du conditionnement ?

A priori oui. Il y a encore quelques points en discussion mais le plus simple et le plus efficace, c’est que le producteur du déchet qui l’a encore en vrac chez lui, le conditionne et nous l’envoie. Pour les déchets à vie courte que nous réceptionnons sur notre site, la plupart arrivent conditionnés, mais nous conditionnons certains d’entre eux directement sur place. Il y a des variantes.

Le colis doit donc être performant pour pouvoir protéger les personnes qui travaillent, l’environnement et le public, pendant toute la phase où il va être transporté et stocké, ce qu’on appelle l’exploitation du stockage. Mais plus que ça, une fois que le stockage est fermé, ce colis doit aussi éviter que l’eau arrive trop vite sur le déchet, même si elle arrivera un jour. Par ailleurs, le colis doit freiner la sortie des substances radioactives, et la rendre aussi lente que possible. Tout ça sur des périodes de plusieurs centaines d’années.

Après, il y a l’ouvrage autour. Encore une fois, c’est pas d’un trou dans lequel on jetterait les colis dedans. Ce n’est pas une décharge. C’est une installation qui doit permettre de conserver les colis en bon état, de freiner l’arrivée d’eau le plus longtemps possible mais également d’éviter l’intrusion humaine accidentelle.

Enfin, il faut que la géologie soit suffisamment adaptée. C’est-à-dire qu’il faut que le site soit suffisamment profond, dans une couche d’argile suffisamment épaisse et suffisamment imperméable, pour éviter que l’eau arrive, qu’elle circule très lentement et pour que la radioactivité qui va décroître sur place.

Le but du stockage c’est que le maximum de radioactivité disparaisse avant de sortir du site. Même très lentement, avec les phénomènes de diffusion, une partie peut sortir. Mais cette radioactivité doit sortir le moins possible et le plus tard possible, sur des échelles de temps très longue, 10.000 ans, 100.000 ans voire au-delà.

Ces déchets seront stockés à quelle profondeur ?

Il y a deux types de déchets, les radifères et les graphiques pour lesquels les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes. Par exemple, les graphiques contiennent une substance radioactive, le chlore dit 36, qui est relativement soluble, et qui doit donc être un peu plus profond.

Aujourd’hui, sans être définitif, la profondeur sera de quelques dizaines de mètres et en tout cas, moins de 200 mètres. Tout simplement parce que cela ne sert à rien d’aller au-delà. Il existe un stockage géologique profond à une profondeur de 500 mètres qu’on étudie également, mais pour les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue.

Quel volume représenteront ces déchets ?

Les déchets de graphique sont les déchets issus des réacteurs de première génération, tous arrêtés aujourd’hui. Ils représenteront un volume de 100.000 m3 une fois intégrés dans un colis de stockage, une sorte de grosse boîte en béton de 10 m3. Cela représente 22.000 tonnes de déchets bruts.

Ensuite, viennent les déchets radifères issus de l’industrie, de la chimie type Rhodia. Il s’agit là de résidus du traitement du minerai qui ont concentré la radioactivité naturelle. Il y a aussi des résidus du traitement d’uranium du CEA, actuellement entreposés dans les sols, et puis les déchets issus de sites pollués de l’industrie du radium. Il faut savoir qu’au début du siècle, on considérait que le radium possédait des tas de vertus pour la santé et a donc été exploité industriellement. Selon les hypothèses, ces déchets radifères représentent entre 30 et 60.000 tonnes.

Globalement, le site devrait contenir environ 200.000 m3 de déchets, dits historiques, qui ne sont plus produits aujourd’hui. Le but c’est de recenser tous les déchets susceptibles d’être stockés sur ce site avant de lancer définitivement le projet.

Quel est l’intérêt pour une commune d’accueillir ces déchets ?

C’est d’accueillir de l’activité, des emplois. Il y a une phase de construction, mais aussi une phase d’exploitation et de surveillance. Il y a aussi un engagements des producteurs d’assurer un accompagnement économique.

L’idée générale, c’est que ces déchets sont pour la plupart issus de choses qui ont bénéficié à tous les Français, notamment avec la première génération d’électricité. C’est aussi un peu le poids de l’histoire avec l’industrie du radium. Tout le monde sait aujourd’hui que le radium c’est pas très bon pour la santé, mais à l’époque, on ne le savait pas.

Il s’agit pour la commune accueillante du site FAVL de participer à la résolution d’un problème national. C’est du développement durable. On ne peut pas laisser ces déchets dispersés sur le territoire.

Que répondez-vous aux craintes suscitées par l’arrivée de ces déchets dans une commune ?

Nous essayons de répondre au maximum aux questions qui nous sont posées. Nous sommes à la disposition des élus et des communes favorables ou défavorables à ce projet. Par ailleurs, nous expliquons ce que sont ces déchets, comment on choisit le site et comment on va le construire et l’exploiter, sans que cela présente de risques ni pour les personnes qui vont y travailler, ni pour la population, ni pour l’environnement pendant l’exploitation et la période de surveillance, une fois que le stockage sera fermé et qu’on le surveillera pendant plusieurs siècles, en principe 300 ans.

A l’international, ce type de site FAVL existe-t-il déjà dans le monde ?

C’est une première. Récemment, les Etats-Unis viennent d’être autorisés à construire centre de déchets radifères. En matière de stockage de déchets radioactifs, la France est plutôt en avance, dans tous les types de déchets d’ailleurs.

Pour les déchets de très faible activité, nous avons un centre. Maintenant l’Espagne en a un depuis cette année, et petit à petit, ça démarre. Pour les déchets de faible et de moyenne activité à vie courte, c’est à dire essentiellement les déchets issus de l’exploitation des centrales nucléaires, nous sommes plusieurs pays à en posséder désormais, la France ayant construit un centre depuis très longtemps, plus de trente dans La Manche.

Que répondez-vous à Roland Desbordes, de la Criirad, qui s’inquiètent des déchets radioactifs entreposés depuis longtemps notamment au Tricastin ?

Il n’y a pas de stockage de déchets au Tricastin. Il existe effectivement un entreposage ancien de déchets sous une butte de terre. Il n’y a rien de secret, c’est connu, cette butte de Pierrelatte est référencée depuis 1994 dans l’inventaire national des déchets et des matières radioactives, que nous tenons à jour tous les 3 ans.

En raison d’une pollution chimique, cette butte de Pierrelatte est décrite dans l’inventaire Basias qui liste les sites pollués, et qui dépend du ministère de l’écologie. Cet entreposage est donc connu et suivi par l’exploitant et par l’autorité de sûreté. Il me semble d’ailleurs avoir vu une déclaration d’Anne Lauvergeon qui évoquait la reprise de ces déchets.

Quelle est la position de l’Andra face à ce type d’entreposage « sauvage » de déchets radioactifs ?

Nous avons la mission de stocker tous les déchets radioactifs en France dans un centre spécialement conçu pour ne présenter aucun risque, c’est-à-dire très en dessous des seuils réglementaires. Les déchets étrangers ne peuvent pas être stockés en France, ils peuvent être simplement traités et renvoyés.

Tous les déchets radioactifs sont stockés par l’Andra sauf les déchets historiques qui ne sont pas stockés mais entreposés en principe provisoirement sur leurs sites de production.

La nuance entre stockage et entreposage est subtile, car c’est souvent du provisoire qui dure…

Admettons la critique, mais c’est pas si facile de trouver un site et construire un stockage, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Il faut déjà qu’il y ait un mandat pour le faire. C’est la loi de 2006 qui nous a chargé de cette mission. Après on peut regretter tout ce qu’on veut.

C’est finalement assez récent qu’on se préoccupe de ces déchets radioactifs ?

Refaisons très rapidement l’histoire de la gestion des déchets radioactifs dans le monde et en France. Jusque dans les années 60, au tout début du nucléaire, les déchets banals de faible activité étaient entreposés sur place avec un peu de terre par-dessus, et les déchets plus radioactifs étaient mis dans des fûts ou des blocs de bitume, et envoyés en mer, immergés très précisément, dans la Manche, dans l’Atlantique, etc. plutôt dans des fosses. A cette époque, tout le monde le faisait, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis…

Cela a été interdit par les conventions internationales. A la suite de cette interdiction, en France, les déchets dont la radioactivité décroissait assez vite ont été stockés au centre de la Manche, le premier centre français, exploité par l’Andra depuis toujours, même si à l’époque, il s’agissait d’un département du CEA. L’Andra est officiellement née par une loi en 1991, avec le principe d’une indépendance vis-à-vis des producteurs et la mission de stocker tous les déchets radioactifs.

En 1991, l’Andra ne disposait que d’un site, donc dans la Manche. Lorsqu’il a fermé, nous avons ouvert celui de l’Aube, mais uniquement pour les déchets de faible ou moyenne activité à vie courte, ce qui représentent en flux continu, les volumes les plus importants. C’était l’urgence et le centre de l’Aube devrait être exploité pendant encore 50 ans.

Le centre de déchets de très faible activité, principalement issus du démantèlement plus quelques déchets d’exploitation, a ouvert en 2004. Ce qu’il nous reste à compléter maintenant, c’est le stockage des déchets de moyenne activité et de haute activité à vie longue, donc très radioactifs, les plus dangereux. C’est le laboratoire de recherche souterrain en Meuse / Haute-Marne qui s’en charge et nous allons définir en 2009 une zone plus restreinte, puis en 2013 un site, et enfin le stockage en 2025 de ces déchets. Le calendrier est fixé par la loi et l’Andra dispose donc depuis 2006 d’une feuille de route claire.

Et donc pour boucler la boucle, il manque encore la 4e filière de stockage, pour les déchets de faible activité à vie longue, donc essentiellement un stock de déchets historiques. Pour l’heure, effectivement, tous ces déchets sont actuellement entreposés, soit en vrac, soit conditionnés sur les sites de production.

Y-a-t-il selon vous urgence à stocker correctement ces déchets ?

C’est pas moi qui décide cela, c’est l’autorité de sûreté nucléaire qui elle-même a dit qu’il y avait urgence à trouver rapidement une solution pour les déchets de graphite. Mais rapidement ne veut pas dire se précipiter, prendre n’importe quel site, faire un trou et tout mettre dedans, car on ne ferait que reporter le problème de quelques années.

Il y a urgence à chercher la solution et à la mettre en place au plus vite, c’est-à-dire en 2019, au regard des procédures et du processus d’avancement du projet. En parallèle, on étudie cependant des solutions pour recevoir ces déchets et les entreposer sur le futur site de stockage avant cette date, si nécessaire.

En attendant, ces déchets entreposés sur les sites de production sont suivis par le producteur et contrôlés par l’autorité de sûreté nucléaire. Ils ne présentent pas de risque pour les populations locales.

Pour finir, pouvez-vous nous éclairer sur les volumes de déchets de ces 4 filières de stockage ?

En gros, aujourd’hui, pour les déchets de très faible activité, le centre de l’Aube est prévu pour 650.000 m3. Il reste 550.000 m3 de disponible, pour donc environ 100.000 m3 de déchets déjà stockés. Le flux annuel de déchets qu’on stocke, c’est à peu près 25.000 m3 par an. On en a donc encore pour environ 20 ans. Ce ne sera donc pas suffisant pour le démantèlement de la dernière centrale, il faudra donc l’agrandir ou le moderniser, car 20 ans, c’est pas l’éternité.

Pour les déchets de faible et de moyenne activité à vie courte, donc principalement les déchets d’exploitation des centrales et des autres installations, le centre de la Manche est plein avec un peu plus de 600.000 m3 stockés. Le centre de l’Aube qui lui a succédé est prévu pour un million de m3, ce qui permet de couvrir toutes les installations actuelles. Ce centre est à 21% de remplissage, c’est-à-dire 210.000 m3. Le flux annuel est de 15.000 m3 par an, on a donc 50 ans devant nous.

Concernant les deux futurs stockages qui n’existent pas encore, le centre FAVL représentera un flux annuel très faible, autour d’une centaine de m3 par an mais un stock historique quasiment de 200.000 m3. Le projet prévoit un volume compris entre 135.000 et 235.000 m3 de manière à stocker tous les déchets déjà existants, plus les déchets futurs. Ce centre devrait être exploité pendant 20 à 30 ans en raison des déchets historiques.

Enfin, les déchets de moyenne et haute activité à vie longue, principalement les déchets de maintenance, quelques déchets de démantèlement, et surtout les déchets de recyclage des combustibles usés des réacteurs nucléaires, représentent globalement 99% de la radioactivité totale. En revanche, en volume, à terme, pour l’ensemble du parc nucléaire existant, cela représente seulement 80.000 m3 de déchets de moyenne activité et 8.000 m3 de déchets de haute activité.

Ces déchets, les plus radioactifs, principalement les colis de déchets vitrifiés, sont entreposés actuellement à La Hague, en attendant qu’ils refroidissent. Nous ne pourrons les stocker au futur centre en Meuse / Haute-Marne qu'après 40 à 60 ans de refroidissement.

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27/11/2008

Lettre ouverte des parents des inculpés du 11 novembre

Lorsque la cacophonie s'accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme; laisser place à plus de vérité.

Certains médias se sont empressés d'accréditer la thèse affirmée par la ministre de l'intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours :

Les personnes arrêtées étaient d'emblée condamnées.

Personne n'aura pu rater l'épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L'angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd'hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres.

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

Les interpellés ont à l'évidence bénéficié d'un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d'eux des personnes hors normes. La police les suspecte d'être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d'avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d'avoir cultivé des terres abandonnées, d'avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l'intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu'elles sont collectives.

Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L'insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d'une personne un terroriste, à force d'en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n'est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d'ouvrir de nouvelles perspectives.

Aujourd'hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d'avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu' à 20 ans de prison.

L'opération policière la plus impressionante n'aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s'ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.

Que devient la présomption d'innocence?

Nous demandons qu'ils soient libérés durant le temps de l'enquête et que soient evidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.

Les parents d'Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Julien, Mathieu,Yldune

 

 

 

PS: Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu'ils vivent que ce qu'ils voient à la télé.

 

www.comite-visible.info

www.soutien11novembre.org

Pour ceux qui veulent plus d'informations:

"Terroristes d’ultra-gauche" : Comment justice et presse prennent le train de la police

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr
mercredi 19 novembre 2008

 

Après les sabotages de lignes TGV le 8 novembre dernier, neuf personnes, bien vite présentées comme des "anarchistes d’ultra-gauche" par les médias et la police, ont été placées en garde à vue. Mais aucun élément n’est venu prouver leur culpabilité et de nombreuses questions restent en suspens.

A lire sur le même sujet, publié dans Politis du 20 novembre et disponible en accès libre : Présumés coupables

Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiée « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de près ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV Nord, Est et Sud-Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent pourtant d’être examinées de plus près, d’autant qu’elles n’ont pas été répercutées par la presse.

Le groupe cellule invisible existe-t-il ?
Pour la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et pour la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la réponse est positive depuis au moins sept mois, depuis qu’elles ont reçu instructions de « trouver des terroristes français ». Mais ce groupe n’a jamais existé comme structure et le mot choisi à dessein par la police et la justice pour les désigner n’a été inspiré que par la signature collective d’un livre, « L’insurrection qui vient » (éditions La Fabrique). Livre théorique plutôt fumeux qui n’a rien d’un « manuel de sabotage ». Il n’a fait l’objet d’aucune procédure depuis sa parution, le 22 mars 2007, et reste en vente libre pour 7 euros. Une seule réalité : une partie des résidents de Tarnac participaient systématiquement à des manifestations depuis leur installation progressive en 2002.

Le rôle des services spéciaux américains
Le couple « principal » des accusés aurait été repéré en janvier 2008 dans une manifestation organisée devant le bureau de recrutement de l’armée américaine qui se trouve depuis des années sur Times Square, à Manhattan. Ni la première ni la dernière des manifestations dans ce lieu symbolique de New York. Quelques jours plus tard, le couple aurait été interpellé avant la frontière canadienne pour « défaut de papiers ». Premier mystère : ce serait bien la première fois, depuis septembre 2001, que des policiers américains laissent filer des étrangers avec des papiers suspects. Deuxième incohérence : dans leurs premières distillations « d’informations » aux journalistes, les policiers français expliquent que ce couple était soupçonné d’avoir participé à une dégradation du bureau de recrutement. Jusqu’à ce que l’on apprenne que « l’attentat » a eu lieu en avril, Julien et Yldune étant à cette époque revenu en France depuis des mois. La version officielle française dit pourtant que les services spéciaux américains ont (auraient) signalé le couple deux jours après « l’attentat ».

Un groupe sous surveillance ?
Oui. Selon nos informations, au moins depuis deux ans et demi, comme la plupart des groupes ou des individus participant régulièrement à des manifestations. La mise en fiche particulière, avec suivi par des officiers de police, des manifestants considérés comme « actifs » ou « récidivistes » a été ordonnée le 25 mars 2006 par Nicolas Sarkozy lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, au lendemain des premières manifestation anti-CPE. Michèle Alliot-Marie a pris le relais en étendant le système de suivi.

Le groupe était-il infiltré ?
La question se pose : à en croire ceux qui ont approché des membres du groupe, dans le XXe à Paris et en Corrèze, il n’aurait jamais été question, au delà des discours, du moindre passage à l’acte. Si la pose des fers à béton sur des caténaires est prouvée, ce qui n’est pas encore le cas, il se dit dans l’entourage du groupe que parmi les personnes relâchées (il y a eu 21 interpellation le 9 novembre au matin) figurerait un personnage qui a beaucoup insisté, il y a trois mois, pour un passage de la théorie à la pratique, idée qui rencontrait des résistances. L’histoire des milieux anarchistes est riche d’inflitrations-provocations dans lesquelles la police n’intervient qu’après l’acte illégal « suggéré ». Soupçons à rapprocher d’un témoignage accusateur sous X (anonymat donc garanti) fait « spontanément » jeudi dernier par un membre du « groupe » dans une brigade de gendarmerie du Puy-de-Dôme.

La ministre de l’Intérieur réinvente le délit d’opinion
Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « Les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisqu’en l’état actuel de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers ont confié aux journalistes à propos de Julien : « Vous savez, il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.

 

Les neuf de Tarnac
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> *Quand Mathieu B., 27 ans, se souvient de son arrestation, il a cette image, à la fois drôle et amère, d'hommes encagoulés de la police antiterroriste cherchant /"des explosifs dans les pots de confiture de/ (sa) /mère"/. Etudiant il y a encore peu en mastère de sociologie à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il fait partie des neuf jeunes arrêtés le 11 novembre et mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste"./ Cinq d'entre eux -/"le noyau dur",/ pour le parquet - doivent, en plus, répondre du chef d'accusation de /"dégradations en réunion sur des lignes ferroviaires dans une perspective d'action terroriste"/, les fameux sabotages de caténaires de la SNCF.*
*Ce n'est pas le cas de Mathieu. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, comme trois autres, après quatre jours de garde à vue. Des heures et des heures d'interrogatoire dont il retient ceci : "On est ton pote. On va te foutre en taule. On est d'accord avec toi. Tu as de la merde dans le cerveau parce que tu as lu des livres. On va aller te chercher un sandwich. Tu reverras jamais ton fils."/ Lorsque nous l'avons contacté, il a demandé un peu de temps pour réfléchir parce que /"ce type d'expérience est assez difficile à relater"./*
Comme lui, la plupart des neuf interpellés sont des étudiants brillants ultradiplômés. Tous fichés pour leur appartenance, selon les mots de la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, à /"l'ultragauche, mouvance anarcho-autonome"./ Julien Coupat - présenté par la police comme le chef de file et dont le nom a été mis en avant -, 34 ans, a fait une grande école de commerce, l'Essec, puis un DEA, avant d'enchaîner un début de doctorat à l'EHESS en histoire et civilisation. Au dire de son père, il envisageait de se lancer bientôt dans des études de médecine. Son amie, Yldune L., 25 ans, fille d'universitaire, a eu la mention très bien à son master d'archéologie. Benjamin R., 30 ans, a fait Sciences Po Rennes et a passé un an à l'université d'Edimbourg en sociologie du développement et responsabilité environnementale. A Rouen, Les plus jeunes, Elsa H., 23 ans, et Bertrand D., 22 ans, sont respectivement en première année de master d'anglais et en licence de sociologie. Trois se distinguent : Gabrielle H., 29 ans, inscrite depuis septembre dans une école d'infirmières, Manon G., 25 ans, musicienne, premier prix de clarinette dans son conservatoire, et Aria T., 26 ans, qui a longtemps joué le rôle d'une ado un peu rebelle dans une sitcom populaire en Suisse, /Les Pique-Meurons/. Aucun n'est en rupture familiale. Les parents, dirigeant de laboratoire pharmaceutique, médecin, ingénieur, universitaire, prof ou de la classe moyenne, continuaient à les voir régulièrement. Yldune, l'étudiante en archéologie, incarcérée depuis sa mise en examen le 15 novembre, habitait encore chez son père et sa mère. Pas de rupture donc. Mais tous avaient décidé de vivre selon des canons différents de ceux de leur milieu, à l'écart de la société marchande.
Un jour de 2003, en quête d'une ferme /"pas trop chère",/ Julien Coupat débarque dans le bureau de Jean Plazanet, alors maire communiste de Tarnac, un village de 335 habitants sur le plateau de Millevaches, en Corrèze. L'affaire est vite conclue : une bâtisse, des dépendances, 40 hectares. Le Goutailloux. /"Ensuite, j'ai vu arriver un groupe de jeunes, très sympas, serviables",/ raconte avec enthousiasme Jean Plazanet. Ils reprennent l'épicerie du hameau. La gérance est confiée à Benjamin R., qui a l'expérience de l'animation d'un lieu de vie alternatif pour avoir fait fonctionner un squat - l'Ekluserie - à Rennes. C'est le plus écolo de la bande. Entre 16 et 19 ans, il a travaillé bénévolement dans des associations de protection du gibier d'eau, des rapaces et des loutres. Il a brièvement présidé la fédération des Jeunes Verts européens.
A Tarnac, le groupe élève des moutons, des poules, des canards, ravitaille les personnes âgées alentour. /"Je ne crois pas me tromper en disant que l'un des buts était de se donner les moyens matériels et affectifs de fuir la frénésie métropolitaine pour élaborer des formes de partage",/ dit Mathieu B.
Ils fuient le travail salarié, rejettent le système capitaliste et l'hyperconsommation. Sans concessions, ils bannissent les téléphones portables. Par refus de la sujétion, plaident-ils. Par souci de clandestinité, pense la police. Leur radicalité est dans leurs écrits, leurs lectures, leurs comportements, estiment amis et réseaux. Elle s'est traduite en actes, soupçonnent les enquêteurs qui les surveillaient depuis le printemps et affirment avoir vu deux d'entre eux à proximité d'une des caténaires endommagées la nuit du 8 novembre. Des /"projets d'attentats consommés", a estimé le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.
"Je suis un communiste, du temps de la Commune de Paris",/ a dit un jour Julien Coupat à son père. Les neuf se réservent de longues heures
pour la lecture et l'écriture. Mais bougent aussi beaucoup. Certains font des milliers de kilomètres pour visiter des squats politiques, participer à des contre-rassemblements à l'occasion de G8 ou de sommets européens. Le 3 novembre, plusieurs se sont retrouvés à Vichy lors de la réunion des ministres de l'intégration des Vingt-Sept.
Autant de manifestations qui se sont soldées par des heurts avec la police.
Julien Coupat ne réside pas à demeure à Tarnac, où est née la petite fille qu'il a eue avec Gabrielle H., il y a trois ans. A Paris, il fréquente les milieux intellectuels. Il a tissé des vrais liens avec le philosophe italien Giorgio Agamben, rencontré lors d'un séminaire. Ils jouent de temps à autre au football, le philosophe l'a aidé au moment du lancement de la revue/Tiqqun/ en lui trouvant un imprimeur en Italie. Julien Coupat était membre du comité de rédaction de cette publication éphémère influencée par le situationnisme.
"Il est de la mouvance postsituationniste avec le langage qui va avec, c'est un très bon connaisseur de Guy Debord",/souligne Luc Boltanski, directeur d'études à l'EHESS. /"C'était un étudiant brillant, quelqu'un d'extrêmement gentil",/poursuit le sociologue qui l'a distingué sommément dans la préface de son livre /Le Nouvel Esprit du capitalisme/ (avec Eve Chiapello, Gallimard 1999). /"Le genre de type qui en sait plus que ses profs,/ assure Eric Hazan, son ami depuis six ans./Pour lui, les modes d'action et les mots du passé sont à laisser tomber. Ce n'est pas un philosophe spéculatif."/ Cet éditeur parisien a publié /L'insurrection qui vient/ (éd. La Fabrique, 2007), un ouvrage signé "Comité invisible", qui excite la curiosité policière depuis plusieurs mois. Le style relève de la littérature "situ" fascinée par l'émeute. Il y est évoqué le sabotage des voies de TGV pour bloquer la machine économique et créer un état de chaos /"régénérateur"/. Julien Coupat est désigné comme l'auteur principal du livre. Le parquet de Paris lui attribue le rôle de penseur et de dirigeant d'un groupe terroriste. A ce titre, il encourt vingt ans de prison.
"Julien m'a dit : "Moi je veux vivre dans la frugalité"/, confie son père, un ancien médecin qui a cofondé un laboratoire pharmaceutique, aujourd'hui à la retraite. /Il aurait pu devenir directeur financier de Barclay's."/ Mais ce fils unique qui vit avec 1 000 euros par mois a tourné le dos à l'univers très cossu où il a grandi, dans les Hauts-de-Seine. /"Quelque part, cela a dû être un formidable accélérateur de sa réflexion",/ réfléchit le père à haute voix, au milieu des riches demeures nichées dans une sorte d'enclave boisée. M. Coupat, qui a découvert Tarnac il y a un an, a acheté la maison jouxtant l'épicerie. Il a également acquis pour son fils, dans le 20e arrondissement de Paris, un ancien atelier d'artisan de 50 m2 qui devait héberger un futur projet de journal militant. Indûment présenté dans la presse comme un loft luxueux, il servait pour l'heure de refuge à Julien et Yldune.
Effondrés, choqués par l'étiquette /"terroristes",/ les parents tentent de faire face, tétanisés à l'idée de /"trahir"/ leurs enfants par une phrase maladroite, un mot de trop. En une semaine, ils ont dû tout apprendre : les avocats, les couloirs du palais, la pression des médias. La mère de Gabrielle H. a passé 72 heures en garde à vue.
Celle d'Yldune revit en permanence la scène de sa fille tirée du lit, menottée, et tremblant si fort que les policiers ont appelé SOS-Médecins. A l'association d'archéologie dont elle est membre depuis huit ans, on s'offusque que des "pinces de forge", saisies lors des perquisitions, puissent être retenues comme des pièces à charge pour le sabotage des voies ferroviaires. /"C'est une spécialiste du néolithique et du coulage du bronze, on l'a vue des dizaines de fois manier ces pinces pour ses recherches !",/ s'insurge un ami.
"J'ai lu tous les textes de Julien, je n'y ai jamais trouvé le moindre appel à homicide ou violence contre un individu, je suis révolté par tout ça",/ proteste le journaliste et chercheur Olivier Pascault, ancien condisciple de l'EHESS. Pour Giorgio Agamben, /"on ne va pas les traiter comme les Brigades rouges, ça n'a rien à voir ! On cherche le terrorisme et on finit par le construire, tout ça pour répandre la peur chez les jeunes gens"/. Les avocats Irène Terrel, Steeve Montagne, Cédric Alepée, Dominique Vallès, dénoncent une incrimination terroriste "démesurée", la "faiblesse" des dossiers et rappellent l'absence de casier judiciaire de leurs jeunes clients.
A l'intérieur de l'atelier du 20^e arrondissement, tout est figé, humide, en désordre. Sur la porte en contreplaqué, d'une écriture un peu enfantine, est inscrit : /"Ceci est ma maison, éphémère comme les précédentes. Les objets sont à la place que je leur ai désigné. Demain
je déménagerai et ils me suivront. D'eux ou de moi qui est le plus exilé ?"/ Un peu plus loin :/"Je suis comme un soldat qui ne porte pas
d'uniforme, qui a choisi de ne pas combattre mais qui se bat toute la nuit pour d'autres causes."/

A la presse, aux revues, aux syndicalistes & aux militants des droits de l'homme de tous les horizons. Dans la nuit, dimanche 16 novembre 2008.

JULIEN COUPAT N'EST PAS UN « TERRORISTE »

A l'heure où j'écris ce présent texte, Julien Coupat vient d'être écroué après 96 heures de garde à vue passées dans les services de la Brigade
antiterroriste.
Julien Coupat est mon ancien compagnon de séminaire, à l'EHESS. Il a suivi le séminaire « histoire de la pensée allemande » et soutenu brillamment un DEA autour des écrits de Guy Debord. Nous avons conduit quelques activités communes, dont de nombreuses réflexions et échanges de textes en vue de co-fonder ensemble une revue. Nous avons arpenté la rue Mouffetard à maintes reprises avec les yeux & les mains ouvertes vers la liberté, la désaliénation et l'action pour le progrès.
La revue Tiqqun est née sans moi. Des désaccords pratiques et d'existence nous séparaient. Républicain et nourrissant des analyses me portant à stimuler les actions collectives dans et pour le peuple dans la lutte des classes pour organiser l'union de luttes des classes populaires, nous n'avons pas poursuivi nos relations fraternelles mais le respect mutuel dans nos travaux a demeuré. Nous avons tout de même mis sur pied ensemble un atelier au cours d'un Congrès Marx International à Nanterre. L'orientation intellectuelle et partisane de Julien Coupat l'a mené dans les franges de la radicalité scripturaire.
Ni plus, ni moins. Toujours amical avec ses semblables, d'une gentillesse remarquable, les écrits de Julien Coupat sont certes radicaux mais qu'on nous comprenne bien : entre des écrits et les actions, il y a un monde qu'il n'a certainement pas franchi. Du ciel des idées au cieux de l'action, la béance est un drame grossi aujourd'hui par la procurature. Il est devenu le pion d'un jeu imbécile qui en révoltera plus d'un : l'hypertrophie du vocabulaire de la sanction.
Julien Coupat n'est pas un prolétaire mais un bourgeois entré en critique ; il y en a, il en faut ! Individualiste, Julien Coupat n'est pas républicain au sens strict. Il ne méconnaît pourtant pas les idéaux et espérances de l'esprit de la Révolution française, de la Révolution de 1848 et la Commune de 1871 et les milliers de déportés et fusillés, femmes, enfants et vieillards au cours de la répression sanglante orchestrée par Versailles. En rupture de ban avec les idées communes des si gentils mouvements politiques claniques et groupusculaires qui n'ont d'autres vues que de se satisfaire de la haute opinion qu'ils ont  d'eux-mêmes, cela fait-il de julien Coupat un « terroriste » ? Non,  trois non.
Julien Coupat a mené ses travaux honorablement avec tout le sérieux que je lui connais. Excellente plume littéraire, je peux ne pas être en
accord avec ses analyses, orientations théoriques et politiques. Loin de là. Reconnaissons-le pourtant parmi les intellectuels engagés qui n'a
jamais fait défaut à l'humanité : nulle tentation et nul appel à l'homicide ne transparaissent dans l'ensemble de ses écrits. Je le sais, nul appel au meurtre ne se lira jamais sous sa plume, malgré les épreuves du jour et de la nuit en enfermé. Il a par la suite fait paraître des livres collectifs, signant Théorie de la jeune fille et Bloom aux Editions Mille & Une nuits sous des noms d'emprunts. Ses textes provenaient tous de la revue Tiqqun. Il a ensuite préfacé un recueil de textes de Blanqui paru aux Editions de La Fabrique. Il a de même été l'une des plumes principales du Comité Invisible popularisant L'insurrection qui vient, toujours aux Editions de La Fabrique, texte éponyme d'une réalité en marche.
Cela fait-il de Julien Coupat un « terroriste » ? Non, trois non.
Que reproche-t-on à Julien Coupat ? D'écrire librement ?
De qui est-il le bouc émissaire ? D'une certaine idée de la liberté intellectuelle sous contrôle ?
De quoi est-il le bouc émissaire ? D'une paranoïa instrumentale de la part d'un Ministère aux ordres des dérives répressives du droit pénal européen pour criminaliser toutes orientations politiques et critiques de l'ordre anarchiste du règne de la marchandise capitaliste ?
Nous ne nous étendrons pas ici (ce n'est pas le moment, laissons travailler ses avocats) sur la procédure judiciaire qui frappe Julien Coupat et ses camarades sinon pour exprimer notre aversion pour cette exagération des qualifications pénales et ses mesures tournées vers l'incarcération. Hypertrophier des faits, quels qu'il soient, entraîne des dérives liberticides pour tous. Citoyens, soyez-en conscients !
L'esprit de Versailles ne doit pas passer !

Julien Coupat a-t-il ou pas commis les actes qu'on lui reproche ?
Qu'importe. Ce n'est ici pas le problème de ce présent texte. Il ne nous appartient pas de juger, même si justice est rendue « au  
nom du peuple français ». La justice passera. Elle doit examiner les faits dans la sérénité. Et nous appelons à la sérénité des juges, enquêteurs et journalistes qui rendront compte de l'agitation médiatique décelable à l'instant. Nous appelons à leur examen des faits sans autre souci républicain que de clarifier une situation hors des délirantes accusations de terrorisme.

En effet, le peuple, sujet du droit, n'est pas et ne sera pas le bourreau des seules idées, même celles qui sont contraire à ses intérêts propres dans l'union réelle de sa classe appauvrie, en vue de son émancipation intégrale. Le peuple n'est pas et ne sera pas le bourreau d'actes de potaches pas encore prouvés sinon l'existence de quelques livres, quelques tracts, un baudrier d'escalade et des objets que tout à chacun peut posséder chez lui pour bricoler. Le bricolage n'est-il pas le loisir favori des français, comme nous l'assène la presse depuis quelque temps ?
La disproportion des qualifications pénales à l'encontre de Julien Coupat (« entreprise terroriste ») nous fait craindre des dérives judiciaires ultérieures. Des interpellés la semaine dernière, certains l'ont été parce qu'ils possédaient, dans leurs bibliothèques très fournies, L'insurrection qui vient (Ed. La Fabrique).
Que tous ceux qui possèdent J'irai cracher sur vos tombes de V. Sullivan alias B. Vian, un exemplaire de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 (pour rappel, elle appelle au renversement des gouvernements n'allant plus dans le sens de l'intérêt du peuple), ou encore L'insurgé de Jules Vallès se rendent en ce cas à la Brigade antiterroriste de suite.
Moi & toi & vous, nous pouvons tous du jour au lendemain subir quelque accusation que ce soit sous prétexte de nous faire sentir le poids de la répression au nom d'une lecture anti-républicaine du droit. La lecture du droit doit rester mesurée. En toutes circonstances. Pas d'exception en l'Etat de droit… à moins que le masque ne tombe définitivement !

Julien Coupat n'est pas un terroriste.
Julien Coupat n'est pas et n'a jamais été le chef d'un gang.
Julien Coupat doit être dégagé des chefs de terrorisme.
Julien Coupat menotté écrira… encore & encore.
Solidarité avec Julien Coupat & ses amis, y compris s'ils ont commis des excès que nous ne jugerons pas même si nous ne les acceptons pas… mais certainement pas ceux de « terrorisme ». Pour le reste & les suites, nous agirons et communiquerons en conséquence.

Olivier Pascault
Chercheur & Journaliste + Place aux fous,
Philosophie & musiques, disciplines de l'indiscipline, radio libertaire, Comité Visible pour le droit de la défense de Julien Coupat & ses camarades

Ecrire à : place-aux-fous(arobase)voila.fr

Voici le texte de la pétition initiée par Eric Hazan et La Fabrique (éditions : http://www.lafabrique.fr) au sujet de l¹affaire des neuf inculpations de la semaine dernière (les soi-disant "terroristes" du Comité Invisible).
Il est possible de la signer en renvoyant votre nom et votre qualité (profession ou absence de profession, statut ou absence de statut) à
l'adresse suivante : lafabrique@lafabrique.fr

PÉTITION

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d¹arrêter et d'inculper neuf personnes, en mettant en oeuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l'inconsistance de l¹accusation de sabotage des caténaires, l'affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, «  le but de leur entreprise est bien d'atteindre les institutions de l'État, et de parvenir par la violence  je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise  à troubler l'ordre politique, économique et social ». La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n'existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L'inculpation pour «association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste » est plus que vague : qu¹est-ce au juste qu¹une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l'intention ?  
Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu'il peut s'appliquer à pratiquement n¹importe quoi  et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d¹exception.
Les personnes inculpées n¹ont pas été choisies au hasard, mais parce qu'elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des
manifestations  dernièrement, celle de Vichy, où s¹est tenu le peu honorable sommet européen sur l¹immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans
la région, où un comité de soutien s'est organisé dès leur arrestation. Ce qu'ils cherchaient, ce n'est ni l'anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole.
Finalement, l¹absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.
En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu'à quel point allons-nous accepter que l'antiterrorisme permette n'importe quand d'inculper n'importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d¹expression ?
Les lois d¹exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ?
Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ?
La réponse à ces questions, c'est à nous de la donner, et d'abord en demandant l'arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l'exemple..

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