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28/11/2008

Déchets nucléaires : "Il y a suffisamment de communes candidates"

Enviro2b - 27/11/08 - interview de Bruno Cahen, directeur sûreté, qualité et environnement de l’Andra

Bruno Cahen, directeur sûreté, qualité et environnement de l’Andra, l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. L'Andra vient de clore la première étape d'un long processus qui permettra d'ouvrir, à horizon 2019, le premier centre français de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FAVL).

Quelle est tout d'abord la nature des déchets concernés par cet appel à candidatures ?

A l’origine, il y a la loi du 28 juin 2006, relative aux déchets radioactifs, qui impose à l’Andra de rechercher un site pour implanter un stockage des déchets de faible activité (graphique, radifères), c’est-à-dire qui ne sont pas très radioactifs, mais qui sont en revanche à vie longue, car il faut très longtemps pour que la radioactivité diminue.

Il existe 4 catégories de déchets radioactifs : très faible activité, faible activité, moyenne activité et haute activité. Par ailleurs, nous distinguons les déchets à vie courte, dont la radioactivité est divisée par deux en moins de trente ans, et ceux à vie longue, dont une partie de la radioactivité met plus de trente ans à être divisée par deux, comme par exemple l’uranium naturel, dont la durée de vie se compte en milliards d’années.

Vous avez pré-sélectionné  3.115 communes sur 36.000 en France. Comment avez-vous fait votre choix ?

Nous ne les avons pas choisi au hasard. L’Andra a demandé au BRGM (NDLR : Bureau de recherches géologiques et minières) de nous indiquer quelles étaient les communes qui disposaient d’un sol contenant une couche d’argile, épaisse de plus de 50 m, loin de zones sismiques ou fracturées. C’est la raison de ce premier ciblage.

Quelles sont parmi ces communes, celles qui ont répondu favorablement à votre appel à candidatures ?

Je n’ai pas le droit de vous donner de chiffres car c’est le ministère qui choisira et non l’Andra. Nous fournissons donc les informations au cabinet de Jean-Louis Borloo qui les communiquera. La seule chose que je peux dire c’est qu’il y a suffisamment de communes candidates, de plusieurs départements, pour qu’on ait le choix et qu’on puisse proposer plusieurs variantes.

Que répondez-vous aux écologistes qui vous accusent d’avoir déjà choisi le site ?

Si on avait déjà choisi le site, croyez-vous qu’on se serait amusé à lancer un appel à candidatures ? Tout cela coûte du temps et de l’argent. Nous n’avons pas envie de faire perdre du temps aux maires, et nous n’avons pas envie d’en perdre nous-même.

Pourquoi le processus de lancement de ce site FAVL est aussi long ?

Il faut savoir que la plupart des déchets concernés existent déjà et sont déjà entreposés dans leur site de fabrication historique. Mais, il y a deux raisons pour expliquer cette durée difficilement compressible.

Tout d’abord, nous avons décidé de ne pas y aller en force. La procédure d’appel à candidatures prend du temps, environ 6 mois. Ensuite, l’Andra se donne jusqu’en 2010 pour faire les prospections sur site, et laisser le temps du débat public. A la fin de cette phase de prospections, nous rendons les résultats de notre travail qui confirmera si la couche géologique est bonne. Si c’est le cas, le conseil municipal décidera s’il souhaite accueillir véritablement le site FAVL.

Le site définitif ne sera pas connu avant 2011. A cette date, nous nous donnons deux ans pour déposer un dossier de demande d’autorisation de création du stockage. C’est le temps nécessaire pour continuer nos études d’ingénierie, nos travaux sur la caractérisation des déchets. Car un stockage de ce type, c’est plus qu’un simple trou, c’est un peu plus compliqué que ça.

Il y a ensuite des délais incompressibles. Ce type de stockage est considéré comme une installation nucléaire de base, avec des procédures assez longues. D’autre part, s’agissant d’un site assez technologique, il faut prendre en compte un temps de construction, et également un temps de test avant de démarrer, qui lui aussi est long. C’est à peu près comme une centrale nucléaire, même si cela paraît moins compliqué.

Nous travaillons sur des échelles de temps très longues. L’Andra souhaite assurer la durée du stockage sur 10.000 ans, comme demandé par l’Autorité de sûreté nucléaire. Nous ne pouvons donc pas de nous rater sur l’ingénierie et la compréhension scientifique avant de démarrer.

En quoi ce site FAVL est-il une installation technologique ?

Trois raisons à cela. Tout d’abord, le colis de déchets lui-même. Il faut bien le connaître et savoir la manière dont il va évoluer dans le temps. Cela veut dire qu’il faut optimiser son design. Ce sont les producteurs du déchet comme EDF, Areva, ou le CEA qui travaillent avec nous, en considérant que nous avons certaines exigences: qu’il résiste aux chutes, etc…

Ce sont les producteurs des déchets qui se chargeront du conditionnement ?

A priori oui. Il y a encore quelques points en discussion mais le plus simple et le plus efficace, c’est que le producteur du déchet qui l’a encore en vrac chez lui, le conditionne et nous l’envoie. Pour les déchets à vie courte que nous réceptionnons sur notre site, la plupart arrivent conditionnés, mais nous conditionnons certains d’entre eux directement sur place. Il y a des variantes.

Le colis doit donc être performant pour pouvoir protéger les personnes qui travaillent, l’environnement et le public, pendant toute la phase où il va être transporté et stocké, ce qu’on appelle l’exploitation du stockage. Mais plus que ça, une fois que le stockage est fermé, ce colis doit aussi éviter que l’eau arrive trop vite sur le déchet, même si elle arrivera un jour. Par ailleurs, le colis doit freiner la sortie des substances radioactives, et la rendre aussi lente que possible. Tout ça sur des périodes de plusieurs centaines d’années.

Après, il y a l’ouvrage autour. Encore une fois, c’est pas d’un trou dans lequel on jetterait les colis dedans. Ce n’est pas une décharge. C’est une installation qui doit permettre de conserver les colis en bon état, de freiner l’arrivée d’eau le plus longtemps possible mais également d’éviter l’intrusion humaine accidentelle.

Enfin, il faut que la géologie soit suffisamment adaptée. C’est-à-dire qu’il faut que le site soit suffisamment profond, dans une couche d’argile suffisamment épaisse et suffisamment imperméable, pour éviter que l’eau arrive, qu’elle circule très lentement et pour que la radioactivité qui va décroître sur place.

Le but du stockage c’est que le maximum de radioactivité disparaisse avant de sortir du site. Même très lentement, avec les phénomènes de diffusion, une partie peut sortir. Mais cette radioactivité doit sortir le moins possible et le plus tard possible, sur des échelles de temps très longue, 10.000 ans, 100.000 ans voire au-delà.

Ces déchets seront stockés à quelle profondeur ?

Il y a deux types de déchets, les radifères et les graphiques pour lesquels les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes. Par exemple, les graphiques contiennent une substance radioactive, le chlore dit 36, qui est relativement soluble, et qui doit donc être un peu plus profond.

Aujourd’hui, sans être définitif, la profondeur sera de quelques dizaines de mètres et en tout cas, moins de 200 mètres. Tout simplement parce que cela ne sert à rien d’aller au-delà. Il existe un stockage géologique profond à une profondeur de 500 mètres qu’on étudie également, mais pour les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue.

Quel volume représenteront ces déchets ?

Les déchets de graphique sont les déchets issus des réacteurs de première génération, tous arrêtés aujourd’hui. Ils représenteront un volume de 100.000 m3 une fois intégrés dans un colis de stockage, une sorte de grosse boîte en béton de 10 m3. Cela représente 22.000 tonnes de déchets bruts.

Ensuite, viennent les déchets radifères issus de l’industrie, de la chimie type Rhodia. Il s’agit là de résidus du traitement du minerai qui ont concentré la radioactivité naturelle. Il y a aussi des résidus du traitement d’uranium du CEA, actuellement entreposés dans les sols, et puis les déchets issus de sites pollués de l’industrie du radium. Il faut savoir qu’au début du siècle, on considérait que le radium possédait des tas de vertus pour la santé et a donc été exploité industriellement. Selon les hypothèses, ces déchets radifères représentent entre 30 et 60.000 tonnes.

Globalement, le site devrait contenir environ 200.000 m3 de déchets, dits historiques, qui ne sont plus produits aujourd’hui. Le but c’est de recenser tous les déchets susceptibles d’être stockés sur ce site avant de lancer définitivement le projet.

Quel est l’intérêt pour une commune d’accueillir ces déchets ?

C’est d’accueillir de l’activité, des emplois. Il y a une phase de construction, mais aussi une phase d’exploitation et de surveillance. Il y a aussi un engagements des producteurs d’assurer un accompagnement économique.

L’idée générale, c’est que ces déchets sont pour la plupart issus de choses qui ont bénéficié à tous les Français, notamment avec la première génération d’électricité. C’est aussi un peu le poids de l’histoire avec l’industrie du radium. Tout le monde sait aujourd’hui que le radium c’est pas très bon pour la santé, mais à l’époque, on ne le savait pas.

Il s’agit pour la commune accueillante du site FAVL de participer à la résolution d’un problème national. C’est du développement durable. On ne peut pas laisser ces déchets dispersés sur le territoire.

Que répondez-vous aux craintes suscitées par l’arrivée de ces déchets dans une commune ?

Nous essayons de répondre au maximum aux questions qui nous sont posées. Nous sommes à la disposition des élus et des communes favorables ou défavorables à ce projet. Par ailleurs, nous expliquons ce que sont ces déchets, comment on choisit le site et comment on va le construire et l’exploiter, sans que cela présente de risques ni pour les personnes qui vont y travailler, ni pour la population, ni pour l’environnement pendant l’exploitation et la période de surveillance, une fois que le stockage sera fermé et qu’on le surveillera pendant plusieurs siècles, en principe 300 ans.

A l’international, ce type de site FAVL existe-t-il déjà dans le monde ?

C’est une première. Récemment, les Etats-Unis viennent d’être autorisés à construire centre de déchets radifères. En matière de stockage de déchets radioactifs, la France est plutôt en avance, dans tous les types de déchets d’ailleurs.

Pour les déchets de très faible activité, nous avons un centre. Maintenant l’Espagne en a un depuis cette année, et petit à petit, ça démarre. Pour les déchets de faible et de moyenne activité à vie courte, c’est à dire essentiellement les déchets issus de l’exploitation des centrales nucléaires, nous sommes plusieurs pays à en posséder désormais, la France ayant construit un centre depuis très longtemps, plus de trente dans La Manche.

Que répondez-vous à Roland Desbordes, de la Criirad, qui s’inquiètent des déchets radioactifs entreposés depuis longtemps notamment au Tricastin ?

Il n’y a pas de stockage de déchets au Tricastin. Il existe effectivement un entreposage ancien de déchets sous une butte de terre. Il n’y a rien de secret, c’est connu, cette butte de Pierrelatte est référencée depuis 1994 dans l’inventaire national des déchets et des matières radioactives, que nous tenons à jour tous les 3 ans.

En raison d’une pollution chimique, cette butte de Pierrelatte est décrite dans l’inventaire Basias qui liste les sites pollués, et qui dépend du ministère de l’écologie. Cet entreposage est donc connu et suivi par l’exploitant et par l’autorité de sûreté. Il me semble d’ailleurs avoir vu une déclaration d’Anne Lauvergeon qui évoquait la reprise de ces déchets.

Quelle est la position de l’Andra face à ce type d’entreposage « sauvage » de déchets radioactifs ?

Nous avons la mission de stocker tous les déchets radioactifs en France dans un centre spécialement conçu pour ne présenter aucun risque, c’est-à-dire très en dessous des seuils réglementaires. Les déchets étrangers ne peuvent pas être stockés en France, ils peuvent être simplement traités et renvoyés.

Tous les déchets radioactifs sont stockés par l’Andra sauf les déchets historiques qui ne sont pas stockés mais entreposés en principe provisoirement sur leurs sites de production.

La nuance entre stockage et entreposage est subtile, car c’est souvent du provisoire qui dure…

Admettons la critique, mais c’est pas si facile de trouver un site et construire un stockage, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Il faut déjà qu’il y ait un mandat pour le faire. C’est la loi de 2006 qui nous a chargé de cette mission. Après on peut regretter tout ce qu’on veut.

C’est finalement assez récent qu’on se préoccupe de ces déchets radioactifs ?

Refaisons très rapidement l’histoire de la gestion des déchets radioactifs dans le monde et en France. Jusque dans les années 60, au tout début du nucléaire, les déchets banals de faible activité étaient entreposés sur place avec un peu de terre par-dessus, et les déchets plus radioactifs étaient mis dans des fûts ou des blocs de bitume, et envoyés en mer, immergés très précisément, dans la Manche, dans l’Atlantique, etc. plutôt dans des fosses. A cette époque, tout le monde le faisait, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis…

Cela a été interdit par les conventions internationales. A la suite de cette interdiction, en France, les déchets dont la radioactivité décroissait assez vite ont été stockés au centre de la Manche, le premier centre français, exploité par l’Andra depuis toujours, même si à l’époque, il s’agissait d’un département du CEA. L’Andra est officiellement née par une loi en 1991, avec le principe d’une indépendance vis-à-vis des producteurs et la mission de stocker tous les déchets radioactifs.

En 1991, l’Andra ne disposait que d’un site, donc dans la Manche. Lorsqu’il a fermé, nous avons ouvert celui de l’Aube, mais uniquement pour les déchets de faible ou moyenne activité à vie courte, ce qui représentent en flux continu, les volumes les plus importants. C’était l’urgence et le centre de l’Aube devrait être exploité pendant encore 50 ans.

Le centre de déchets de très faible activité, principalement issus du démantèlement plus quelques déchets d’exploitation, a ouvert en 2004. Ce qu’il nous reste à compléter maintenant, c’est le stockage des déchets de moyenne activité et de haute activité à vie longue, donc très radioactifs, les plus dangereux. C’est le laboratoire de recherche souterrain en Meuse / Haute-Marne qui s’en charge et nous allons définir en 2009 une zone plus restreinte, puis en 2013 un site, et enfin le stockage en 2025 de ces déchets. Le calendrier est fixé par la loi et l’Andra dispose donc depuis 2006 d’une feuille de route claire.

Et donc pour boucler la boucle, il manque encore la 4e filière de stockage, pour les déchets de faible activité à vie longue, donc essentiellement un stock de déchets historiques. Pour l’heure, effectivement, tous ces déchets sont actuellement entreposés, soit en vrac, soit conditionnés sur les sites de production.

Y-a-t-il selon vous urgence à stocker correctement ces déchets ?

C’est pas moi qui décide cela, c’est l’autorité de sûreté nucléaire qui elle-même a dit qu’il y avait urgence à trouver rapidement une solution pour les déchets de graphite. Mais rapidement ne veut pas dire se précipiter, prendre n’importe quel site, faire un trou et tout mettre dedans, car on ne ferait que reporter le problème de quelques années.

Il y a urgence à chercher la solution et à la mettre en place au plus vite, c’est-à-dire en 2019, au regard des procédures et du processus d’avancement du projet. En parallèle, on étudie cependant des solutions pour recevoir ces déchets et les entreposer sur le futur site de stockage avant cette date, si nécessaire.

En attendant, ces déchets entreposés sur les sites de production sont suivis par le producteur et contrôlés par l’autorité de sûreté nucléaire. Ils ne présentent pas de risque pour les populations locales.

Pour finir, pouvez-vous nous éclairer sur les volumes de déchets de ces 4 filières de stockage ?

En gros, aujourd’hui, pour les déchets de très faible activité, le centre de l’Aube est prévu pour 650.000 m3. Il reste 550.000 m3 de disponible, pour donc environ 100.000 m3 de déchets déjà stockés. Le flux annuel de déchets qu’on stocke, c’est à peu près 25.000 m3 par an. On en a donc encore pour environ 20 ans. Ce ne sera donc pas suffisant pour le démantèlement de la dernière centrale, il faudra donc l’agrandir ou le moderniser, car 20 ans, c’est pas l’éternité.

Pour les déchets de faible et de moyenne activité à vie courte, donc principalement les déchets d’exploitation des centrales et des autres installations, le centre de la Manche est plein avec un peu plus de 600.000 m3 stockés. Le centre de l’Aube qui lui a succédé est prévu pour un million de m3, ce qui permet de couvrir toutes les installations actuelles. Ce centre est à 21% de remplissage, c’est-à-dire 210.000 m3. Le flux annuel est de 15.000 m3 par an, on a donc 50 ans devant nous.

Concernant les deux futurs stockages qui n’existent pas encore, le centre FAVL représentera un flux annuel très faible, autour d’une centaine de m3 par an mais un stock historique quasiment de 200.000 m3. Le projet prévoit un volume compris entre 135.000 et 235.000 m3 de manière à stocker tous les déchets déjà existants, plus les déchets futurs. Ce centre devrait être exploité pendant 20 à 30 ans en raison des déchets historiques.

Enfin, les déchets de moyenne et haute activité à vie longue, principalement les déchets de maintenance, quelques déchets de démantèlement, et surtout les déchets de recyclage des combustibles usés des réacteurs nucléaires, représentent globalement 99% de la radioactivité totale. En revanche, en volume, à terme, pour l’ensemble du parc nucléaire existant, cela représente seulement 80.000 m3 de déchets de moyenne activité et 8.000 m3 de déchets de haute activité.

Ces déchets, les plus radioactifs, principalement les colis de déchets vitrifiés, sont entreposés actuellement à La Hague, en attendant qu’ils refroidissent. Nous ne pourrons les stocker au futur centre en Meuse / Haute-Marne qu'après 40 à 60 ans de refroidissement.

09:56 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

27/11/2008

Lettre ouverte des parents des inculpés du 11 novembre

Lorsque la cacophonie s'accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme; laisser place à plus de vérité.

Certains médias se sont empressés d'accréditer la thèse affirmée par la ministre de l'intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours :

Les personnes arrêtées étaient d'emblée condamnées.

Personne n'aura pu rater l'épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L'angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd'hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres.

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

Les interpellés ont à l'évidence bénéficié d'un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d'eux des personnes hors normes. La police les suspecte d'être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d'avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d'avoir cultivé des terres abandonnées, d'avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l'intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu'elles sont collectives.

Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L'insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d'une personne un terroriste, à force d'en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n'est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d'ouvrir de nouvelles perspectives.

Aujourd'hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d'avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu' à 20 ans de prison.

L'opération policière la plus impressionante n'aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s'ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.

Que devient la présomption d'innocence?

Nous demandons qu'ils soient libérés durant le temps de l'enquête et que soient evidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.

Les parents d'Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Julien, Mathieu,Yldune

 

 

 

PS: Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu'ils vivent que ce qu'ils voient à la télé.

 

www.comite-visible.info

www.soutien11novembre.org

Pour ceux qui veulent plus d'informations:

"Terroristes d’ultra-gauche" : Comment justice et presse prennent le train de la police

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr
mercredi 19 novembre 2008

 

Après les sabotages de lignes TGV le 8 novembre dernier, neuf personnes, bien vite présentées comme des "anarchistes d’ultra-gauche" par les médias et la police, ont été placées en garde à vue. Mais aucun élément n’est venu prouver leur culpabilité et de nombreuses questions restent en suspens.

A lire sur le même sujet, publié dans Politis du 20 novembre et disponible en accès libre : Présumés coupables

Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiée « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de près ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV Nord, Est et Sud-Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent pourtant d’être examinées de plus près, d’autant qu’elles n’ont pas été répercutées par la presse.

Le groupe cellule invisible existe-t-il ?
Pour la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et pour la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la réponse est positive depuis au moins sept mois, depuis qu’elles ont reçu instructions de « trouver des terroristes français ». Mais ce groupe n’a jamais existé comme structure et le mot choisi à dessein par la police et la justice pour les désigner n’a été inspiré que par la signature collective d’un livre, « L’insurrection qui vient » (éditions La Fabrique). Livre théorique plutôt fumeux qui n’a rien d’un « manuel de sabotage ». Il n’a fait l’objet d’aucune procédure depuis sa parution, le 22 mars 2007, et reste en vente libre pour 7 euros. Une seule réalité : une partie des résidents de Tarnac participaient systématiquement à des manifestations depuis leur installation progressive en 2002.

Le rôle des services spéciaux américains
Le couple « principal » des accusés aurait été repéré en janvier 2008 dans une manifestation organisée devant le bureau de recrutement de l’armée américaine qui se trouve depuis des années sur Times Square, à Manhattan. Ni la première ni la dernière des manifestations dans ce lieu symbolique de New York. Quelques jours plus tard, le couple aurait été interpellé avant la frontière canadienne pour « défaut de papiers ». Premier mystère : ce serait bien la première fois, depuis septembre 2001, que des policiers américains laissent filer des étrangers avec des papiers suspects. Deuxième incohérence : dans leurs premières distillations « d’informations » aux journalistes, les policiers français expliquent que ce couple était soupçonné d’avoir participé à une dégradation du bureau de recrutement. Jusqu’à ce que l’on apprenne que « l’attentat » a eu lieu en avril, Julien et Yldune étant à cette époque revenu en France depuis des mois. La version officielle française dit pourtant que les services spéciaux américains ont (auraient) signalé le couple deux jours après « l’attentat ».

Un groupe sous surveillance ?
Oui. Selon nos informations, au moins depuis deux ans et demi, comme la plupart des groupes ou des individus participant régulièrement à des manifestations. La mise en fiche particulière, avec suivi par des officiers de police, des manifestants considérés comme « actifs » ou « récidivistes » a été ordonnée le 25 mars 2006 par Nicolas Sarkozy lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, au lendemain des premières manifestation anti-CPE. Michèle Alliot-Marie a pris le relais en étendant le système de suivi.

Le groupe était-il infiltré ?
La question se pose : à en croire ceux qui ont approché des membres du groupe, dans le XXe à Paris et en Corrèze, il n’aurait jamais été question, au delà des discours, du moindre passage à l’acte. Si la pose des fers à béton sur des caténaires est prouvée, ce qui n’est pas encore le cas, il se dit dans l’entourage du groupe que parmi les personnes relâchées (il y a eu 21 interpellation le 9 novembre au matin) figurerait un personnage qui a beaucoup insisté, il y a trois mois, pour un passage de la théorie à la pratique, idée qui rencontrait des résistances. L’histoire des milieux anarchistes est riche d’inflitrations-provocations dans lesquelles la police n’intervient qu’après l’acte illégal « suggéré ». Soupçons à rapprocher d’un témoignage accusateur sous X (anonymat donc garanti) fait « spontanément » jeudi dernier par un membre du « groupe » dans une brigade de gendarmerie du Puy-de-Dôme.

La ministre de l’Intérieur réinvente le délit d’opinion
Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « Les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisqu’en l’état actuel de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers ont confié aux journalistes à propos de Julien : « Vous savez, il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.

 

Les neuf de Tarnac
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> *Quand Mathieu B., 27 ans, se souvient de son arrestation, il a cette image, à la fois drôle et amère, d'hommes encagoulés de la police antiterroriste cherchant /"des explosifs dans les pots de confiture de/ (sa) /mère"/. Etudiant il y a encore peu en mastère de sociologie à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il fait partie des neuf jeunes arrêtés le 11 novembre et mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste"./ Cinq d'entre eux -/"le noyau dur",/ pour le parquet - doivent, en plus, répondre du chef d'accusation de /"dégradations en réunion sur des lignes ferroviaires dans une perspective d'action terroriste"/, les fameux sabotages de caténaires de la SNCF.*
*Ce n'est pas le cas de Mathieu. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, comme trois autres, après quatre jours de garde à vue. Des heures et des heures d'interrogatoire dont il retient ceci : "On est ton pote. On va te foutre en taule. On est d'accord avec toi. Tu as de la merde dans le cerveau parce que tu as lu des livres. On va aller te chercher un sandwich. Tu reverras jamais ton fils."/ Lorsque nous l'avons contacté, il a demandé un peu de temps pour réfléchir parce que /"ce type d'expérience est assez difficile à relater"./*
Comme lui, la plupart des neuf interpellés sont des étudiants brillants ultradiplômés. Tous fichés pour leur appartenance, selon les mots de la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, à /"l'ultragauche, mouvance anarcho-autonome"./ Julien Coupat - présenté par la police comme le chef de file et dont le nom a été mis en avant -, 34 ans, a fait une grande école de commerce, l'Essec, puis un DEA, avant d'enchaîner un début de doctorat à l'EHESS en histoire et civilisation. Au dire de son père, il envisageait de se lancer bientôt dans des études de médecine. Son amie, Yldune L., 25 ans, fille d'universitaire, a eu la mention très bien à son master d'archéologie. Benjamin R., 30 ans, a fait Sciences Po Rennes et a passé un an à l'université d'Edimbourg en sociologie du développement et responsabilité environnementale. A Rouen, Les plus jeunes, Elsa H., 23 ans, et Bertrand D., 22 ans, sont respectivement en première année de master d'anglais et en licence de sociologie. Trois se distinguent : Gabrielle H., 29 ans, inscrite depuis septembre dans une école d'infirmières, Manon G., 25 ans, musicienne, premier prix de clarinette dans son conservatoire, et Aria T., 26 ans, qui a longtemps joué le rôle d'une ado un peu rebelle dans une sitcom populaire en Suisse, /Les Pique-Meurons/. Aucun n'est en rupture familiale. Les parents, dirigeant de laboratoire pharmaceutique, médecin, ingénieur, universitaire, prof ou de la classe moyenne, continuaient à les voir régulièrement. Yldune, l'étudiante en archéologie, incarcérée depuis sa mise en examen le 15 novembre, habitait encore chez son père et sa mère. Pas de rupture donc. Mais tous avaient décidé de vivre selon des canons différents de ceux de leur milieu, à l'écart de la société marchande.
Un jour de 2003, en quête d'une ferme /"pas trop chère",/ Julien Coupat débarque dans le bureau de Jean Plazanet, alors maire communiste de Tarnac, un village de 335 habitants sur le plateau de Millevaches, en Corrèze. L'affaire est vite conclue : une bâtisse, des dépendances, 40 hectares. Le Goutailloux. /"Ensuite, j'ai vu arriver un groupe de jeunes, très sympas, serviables",/ raconte avec enthousiasme Jean Plazanet. Ils reprennent l'épicerie du hameau. La gérance est confiée à Benjamin R., qui a l'expérience de l'animation d'un lieu de vie alternatif pour avoir fait fonctionner un squat - l'Ekluserie - à Rennes. C'est le plus écolo de la bande. Entre 16 et 19 ans, il a travaillé bénévolement dans des associations de protection du gibier d'eau, des rapaces et des loutres. Il a brièvement présidé la fédération des Jeunes Verts européens.
A Tarnac, le groupe élève des moutons, des poules, des canards, ravitaille les personnes âgées alentour. /"Je ne crois pas me tromper en disant que l'un des buts était de se donner les moyens matériels et affectifs de fuir la frénésie métropolitaine pour élaborer des formes de partage",/ dit Mathieu B.
Ils fuient le travail salarié, rejettent le système capitaliste et l'hyperconsommation. Sans concessions, ils bannissent les téléphones portables. Par refus de la sujétion, plaident-ils. Par souci de clandestinité, pense la police. Leur radicalité est dans leurs écrits, leurs lectures, leurs comportements, estiment amis et réseaux. Elle s'est traduite en actes, soupçonnent les enquêteurs qui les surveillaient depuis le printemps et affirment avoir vu deux d'entre eux à proximité d'une des caténaires endommagées la nuit du 8 novembre. Des /"projets d'attentats consommés", a estimé le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.
"Je suis un communiste, du temps de la Commune de Paris",/ a dit un jour Julien Coupat à son père. Les neuf se réservent de longues heures
pour la lecture et l'écriture. Mais bougent aussi beaucoup. Certains font des milliers de kilomètres pour visiter des squats politiques, participer à des contre-rassemblements à l'occasion de G8 ou de sommets européens. Le 3 novembre, plusieurs se sont retrouvés à Vichy lors de la réunion des ministres de l'intégration des Vingt-Sept.
Autant de manifestations qui se sont soldées par des heurts avec la police.
Julien Coupat ne réside pas à demeure à Tarnac, où est née la petite fille qu'il a eue avec Gabrielle H., il y a trois ans. A Paris, il fréquente les milieux intellectuels. Il a tissé des vrais liens avec le philosophe italien Giorgio Agamben, rencontré lors d'un séminaire. Ils jouent de temps à autre au football, le philosophe l'a aidé au moment du lancement de la revue/Tiqqun/ en lui trouvant un imprimeur en Italie. Julien Coupat était membre du comité de rédaction de cette publication éphémère influencée par le situationnisme.
"Il est de la mouvance postsituationniste avec le langage qui va avec, c'est un très bon connaisseur de Guy Debord",/souligne Luc Boltanski, directeur d'études à l'EHESS. /"C'était un étudiant brillant, quelqu'un d'extrêmement gentil",/poursuit le sociologue qui l'a distingué sommément dans la préface de son livre /Le Nouvel Esprit du capitalisme/ (avec Eve Chiapello, Gallimard 1999). /"Le genre de type qui en sait plus que ses profs,/ assure Eric Hazan, son ami depuis six ans./Pour lui, les modes d'action et les mots du passé sont à laisser tomber. Ce n'est pas un philosophe spéculatif."/ Cet éditeur parisien a publié /L'insurrection qui vient/ (éd. La Fabrique, 2007), un ouvrage signé "Comité invisible", qui excite la curiosité policière depuis plusieurs mois. Le style relève de la littérature "situ" fascinée par l'émeute. Il y est évoqué le sabotage des voies de TGV pour bloquer la machine économique et créer un état de chaos /"régénérateur"/. Julien Coupat est désigné comme l'auteur principal du livre. Le parquet de Paris lui attribue le rôle de penseur et de dirigeant d'un groupe terroriste. A ce titre, il encourt vingt ans de prison.
"Julien m'a dit : "Moi je veux vivre dans la frugalité"/, confie son père, un ancien médecin qui a cofondé un laboratoire pharmaceutique, aujourd'hui à la retraite. /Il aurait pu devenir directeur financier de Barclay's."/ Mais ce fils unique qui vit avec 1 000 euros par mois a tourné le dos à l'univers très cossu où il a grandi, dans les Hauts-de-Seine. /"Quelque part, cela a dû être un formidable accélérateur de sa réflexion",/ réfléchit le père à haute voix, au milieu des riches demeures nichées dans une sorte d'enclave boisée. M. Coupat, qui a découvert Tarnac il y a un an, a acheté la maison jouxtant l'épicerie. Il a également acquis pour son fils, dans le 20e arrondissement de Paris, un ancien atelier d'artisan de 50 m2 qui devait héberger un futur projet de journal militant. Indûment présenté dans la presse comme un loft luxueux, il servait pour l'heure de refuge à Julien et Yldune.
Effondrés, choqués par l'étiquette /"terroristes",/ les parents tentent de faire face, tétanisés à l'idée de /"trahir"/ leurs enfants par une phrase maladroite, un mot de trop. En une semaine, ils ont dû tout apprendre : les avocats, les couloirs du palais, la pression des médias. La mère de Gabrielle H. a passé 72 heures en garde à vue.
Celle d'Yldune revit en permanence la scène de sa fille tirée du lit, menottée, et tremblant si fort que les policiers ont appelé SOS-Médecins. A l'association d'archéologie dont elle est membre depuis huit ans, on s'offusque que des "pinces de forge", saisies lors des perquisitions, puissent être retenues comme des pièces à charge pour le sabotage des voies ferroviaires. /"C'est une spécialiste du néolithique et du coulage du bronze, on l'a vue des dizaines de fois manier ces pinces pour ses recherches !",/ s'insurge un ami.
"J'ai lu tous les textes de Julien, je n'y ai jamais trouvé le moindre appel à homicide ou violence contre un individu, je suis révolté par tout ça",/ proteste le journaliste et chercheur Olivier Pascault, ancien condisciple de l'EHESS. Pour Giorgio Agamben, /"on ne va pas les traiter comme les Brigades rouges, ça n'a rien à voir ! On cherche le terrorisme et on finit par le construire, tout ça pour répandre la peur chez les jeunes gens"/. Les avocats Irène Terrel, Steeve Montagne, Cédric Alepée, Dominique Vallès, dénoncent une incrimination terroriste "démesurée", la "faiblesse" des dossiers et rappellent l'absence de casier judiciaire de leurs jeunes clients.
A l'intérieur de l'atelier du 20^e arrondissement, tout est figé, humide, en désordre. Sur la porte en contreplaqué, d'une écriture un peu enfantine, est inscrit : /"Ceci est ma maison, éphémère comme les précédentes. Les objets sont à la place que je leur ai désigné. Demain
je déménagerai et ils me suivront. D'eux ou de moi qui est le plus exilé ?"/ Un peu plus loin :/"Je suis comme un soldat qui ne porte pas
d'uniforme, qui a choisi de ne pas combattre mais qui se bat toute la nuit pour d'autres causes."/

A la presse, aux revues, aux syndicalistes & aux militants des droits de l'homme de tous les horizons. Dans la nuit, dimanche 16 novembre 2008.

JULIEN COUPAT N'EST PAS UN « TERRORISTE »

A l'heure où j'écris ce présent texte, Julien Coupat vient d'être écroué après 96 heures de garde à vue passées dans les services de la Brigade
antiterroriste.
Julien Coupat est mon ancien compagnon de séminaire, à l'EHESS. Il a suivi le séminaire « histoire de la pensée allemande » et soutenu brillamment un DEA autour des écrits de Guy Debord. Nous avons conduit quelques activités communes, dont de nombreuses réflexions et échanges de textes en vue de co-fonder ensemble une revue. Nous avons arpenté la rue Mouffetard à maintes reprises avec les yeux & les mains ouvertes vers la liberté, la désaliénation et l'action pour le progrès.
La revue Tiqqun est née sans moi. Des désaccords pratiques et d'existence nous séparaient. Républicain et nourrissant des analyses me portant à stimuler les actions collectives dans et pour le peuple dans la lutte des classes pour organiser l'union de luttes des classes populaires, nous n'avons pas poursuivi nos relations fraternelles mais le respect mutuel dans nos travaux a demeuré. Nous avons tout de même mis sur pied ensemble un atelier au cours d'un Congrès Marx International à Nanterre. L'orientation intellectuelle et partisane de Julien Coupat l'a mené dans les franges de la radicalité scripturaire.
Ni plus, ni moins. Toujours amical avec ses semblables, d'une gentillesse remarquable, les écrits de Julien Coupat sont certes radicaux mais qu'on nous comprenne bien : entre des écrits et les actions, il y a un monde qu'il n'a certainement pas franchi. Du ciel des idées au cieux de l'action, la béance est un drame grossi aujourd'hui par la procurature. Il est devenu le pion d'un jeu imbécile qui en révoltera plus d'un : l'hypertrophie du vocabulaire de la sanction.
Julien Coupat n'est pas un prolétaire mais un bourgeois entré en critique ; il y en a, il en faut ! Individualiste, Julien Coupat n'est pas républicain au sens strict. Il ne méconnaît pourtant pas les idéaux et espérances de l'esprit de la Révolution française, de la Révolution de 1848 et la Commune de 1871 et les milliers de déportés et fusillés, femmes, enfants et vieillards au cours de la répression sanglante orchestrée par Versailles. En rupture de ban avec les idées communes des si gentils mouvements politiques claniques et groupusculaires qui n'ont d'autres vues que de se satisfaire de la haute opinion qu'ils ont  d'eux-mêmes, cela fait-il de julien Coupat un « terroriste » ? Non,  trois non.
Julien Coupat a mené ses travaux honorablement avec tout le sérieux que je lui connais. Excellente plume littéraire, je peux ne pas être en
accord avec ses analyses, orientations théoriques et politiques. Loin de là. Reconnaissons-le pourtant parmi les intellectuels engagés qui n'a
jamais fait défaut à l'humanité : nulle tentation et nul appel à l'homicide ne transparaissent dans l'ensemble de ses écrits. Je le sais, nul appel au meurtre ne se lira jamais sous sa plume, malgré les épreuves du jour et de la nuit en enfermé. Il a par la suite fait paraître des livres collectifs, signant Théorie de la jeune fille et Bloom aux Editions Mille & Une nuits sous des noms d'emprunts. Ses textes provenaient tous de la revue Tiqqun. Il a ensuite préfacé un recueil de textes de Blanqui paru aux Editions de La Fabrique. Il a de même été l'une des plumes principales du Comité Invisible popularisant L'insurrection qui vient, toujours aux Editions de La Fabrique, texte éponyme d'une réalité en marche.
Cela fait-il de Julien Coupat un « terroriste » ? Non, trois non.
Que reproche-t-on à Julien Coupat ? D'écrire librement ?
De qui est-il le bouc émissaire ? D'une certaine idée de la liberté intellectuelle sous contrôle ?
De quoi est-il le bouc émissaire ? D'une paranoïa instrumentale de la part d'un Ministère aux ordres des dérives répressives du droit pénal européen pour criminaliser toutes orientations politiques et critiques de l'ordre anarchiste du règne de la marchandise capitaliste ?
Nous ne nous étendrons pas ici (ce n'est pas le moment, laissons travailler ses avocats) sur la procédure judiciaire qui frappe Julien Coupat et ses camarades sinon pour exprimer notre aversion pour cette exagération des qualifications pénales et ses mesures tournées vers l'incarcération. Hypertrophier des faits, quels qu'il soient, entraîne des dérives liberticides pour tous. Citoyens, soyez-en conscients !
L'esprit de Versailles ne doit pas passer !

Julien Coupat a-t-il ou pas commis les actes qu'on lui reproche ?
Qu'importe. Ce n'est ici pas le problème de ce présent texte. Il ne nous appartient pas de juger, même si justice est rendue « au  
nom du peuple français ». La justice passera. Elle doit examiner les faits dans la sérénité. Et nous appelons à la sérénité des juges, enquêteurs et journalistes qui rendront compte de l'agitation médiatique décelable à l'instant. Nous appelons à leur examen des faits sans autre souci républicain que de clarifier une situation hors des délirantes accusations de terrorisme.

En effet, le peuple, sujet du droit, n'est pas et ne sera pas le bourreau des seules idées, même celles qui sont contraire à ses intérêts propres dans l'union réelle de sa classe appauvrie, en vue de son émancipation intégrale. Le peuple n'est pas et ne sera pas le bourreau d'actes de potaches pas encore prouvés sinon l'existence de quelques livres, quelques tracts, un baudrier d'escalade et des objets que tout à chacun peut posséder chez lui pour bricoler. Le bricolage n'est-il pas le loisir favori des français, comme nous l'assène la presse depuis quelque temps ?
La disproportion des qualifications pénales à l'encontre de Julien Coupat (« entreprise terroriste ») nous fait craindre des dérives judiciaires ultérieures. Des interpellés la semaine dernière, certains l'ont été parce qu'ils possédaient, dans leurs bibliothèques très fournies, L'insurrection qui vient (Ed. La Fabrique).
Que tous ceux qui possèdent J'irai cracher sur vos tombes de V. Sullivan alias B. Vian, un exemplaire de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 (pour rappel, elle appelle au renversement des gouvernements n'allant plus dans le sens de l'intérêt du peuple), ou encore L'insurgé de Jules Vallès se rendent en ce cas à la Brigade antiterroriste de suite.
Moi & toi & vous, nous pouvons tous du jour au lendemain subir quelque accusation que ce soit sous prétexte de nous faire sentir le poids de la répression au nom d'une lecture anti-républicaine du droit. La lecture du droit doit rester mesurée. En toutes circonstances. Pas d'exception en l'Etat de droit… à moins que le masque ne tombe définitivement !

Julien Coupat n'est pas un terroriste.
Julien Coupat n'est pas et n'a jamais été le chef d'un gang.
Julien Coupat doit être dégagé des chefs de terrorisme.
Julien Coupat menotté écrira… encore & encore.
Solidarité avec Julien Coupat & ses amis, y compris s'ils ont commis des excès que nous ne jugerons pas même si nous ne les acceptons pas… mais certainement pas ceux de « terrorisme ». Pour le reste & les suites, nous agirons et communiquerons en conséquence.

Olivier Pascault
Chercheur & Journaliste + Place aux fous,
Philosophie & musiques, disciplines de l'indiscipline, radio libertaire, Comité Visible pour le droit de la défense de Julien Coupat & ses camarades

Ecrire à : place-aux-fous(arobase)voila.fr

Voici le texte de la pétition initiée par Eric Hazan et La Fabrique (éditions : http://www.lafabrique.fr) au sujet de l¹affaire des neuf inculpations de la semaine dernière (les soi-disant "terroristes" du Comité Invisible).
Il est possible de la signer en renvoyant votre nom et votre qualité (profession ou absence de profession, statut ou absence de statut) à
l'adresse suivante : lafabrique@lafabrique.fr

PÉTITION

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d¹arrêter et d'inculper neuf personnes, en mettant en oeuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l'inconsistance de l¹accusation de sabotage des caténaires, l'affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, «  le but de leur entreprise est bien d'atteindre les institutions de l'État, et de parvenir par la violence  je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise  à troubler l'ordre politique, économique et social ». La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n'existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L'inculpation pour «association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste » est plus que vague : qu¹est-ce au juste qu¹une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l'intention ?  
Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu'il peut s'appliquer à pratiquement n¹importe quoi  et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d¹exception.
Les personnes inculpées n¹ont pas été choisies au hasard, mais parce qu'elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des
manifestations  dernièrement, celle de Vichy, où s¹est tenu le peu honorable sommet européen sur l¹immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans
la région, où un comité de soutien s'est organisé dès leur arrestation. Ce qu'ils cherchaient, ce n'est ni l'anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole.
Finalement, l¹absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.
En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu'à quel point allons-nous accepter que l'antiterrorisme permette n'importe quand d'inculper n'importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d¹expression ?
Les lois d¹exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ?
Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ?
La réponse à ces questions, c'est à nous de la donner, et d'abord en demandant l'arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l'exemple..

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24/11/2008

Champagne ?

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20/11/2008

Risque d’explosion sur la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche)

 

Communiqué CRIIRAD du 18 novembre 2008

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient d’informer les médias de la mise en demeure qu’elle a adressée le 13 novembre 2008 au directeur de la centrale EDF de Cruas-Meysse.

La CRIIRAD a pris connaissance des documents de l’ASN et publie ci-dessous un premier niveau de réaction. Une analyse en profondeur nécessite plus de temps pour obtenir les documents et informations nécessaires auprès de l’exploitant et des autorités.

Les dysfonctionnements mis en évidence à Cruas-Meysse sont présentés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire – autorité en charge du contrôle des installations nucléaires –  comme particulièrement graves.

Selon l’ASN, ils concernent en effet un « risque d’explosion » susceptible, en outre, « d’endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou de conduire à une rupture du confinement ».  La mise en demeure publiée par l’ASN signale des canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors qu’elles servent au transport des fluides explosifs, dénonce l’absence de contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et d’identifier les défauts d’étanchéité, précise que ces canalisations ne figurent pas sur les plans mis à disposition des services d’incendie (1) …  Tout ceci en violation d’une réglementation datant de 1999 (2).

Dans ces conditions,

1. Comment se fait-il que l’ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans ( !?) à EDF pour se mettre en conformité avec les prescriptions de cet arrêté ?

2. Comment se fait-il qu’à l’issue d’un délai aussi long, l’ASN se soit apparemment contentée d’un courrier d’EDF indiquant qu’à une exception près (mais qui ne concernait pas le risque d’explosion) l’ensemble des actions de mise en conformité étaient réalisées et qu’elle ait encore attendu 2 ans et 7 mois pour effectuer une inspection destinée à vérifier si les déclarations d’EDF étaient étayées et la mise en conformité effective ?

3. Comment se fait-il que l’inspection des 25 et 26 septembre n’ait pas donné lieu à injonction, qu’il ait fallu une seconde inspection le 24 octobre, puis encore 3 semaines pour qu’une mise en demeure soit adressée à l’exploitant, soit au total un délai supplémentaire d’un mois et demi ?

4. Et comment se fait-il que la mise en demeure du 13 novembre accorde encore à EDF un délai de 3 mois pour se mettre en conformité… avec des prescriptions qui datent de 1999 ?

5. Et comment se fait-il que l’obligation de veiller à l’étanchéité de canalisations transportant des matières radioactives, corrosives, inflammables ou explosives ne date que de 1999 ? Est-ce que cette obligation n’existait pas dès la mise en service des 4 réacteurs de Cruas-Meysse en 1984 – 1985 ? Si elle existait, cela veut dire qu’EDF fonctionne depuis plus de 23 ans sans contrôler correctement ce paramètre clef et sans que les autorités de contrôle  ne s’en émeuvent.  Si ce n’est pas le cas et qu’il a fallu attendre 1999, soit 15 ans après le démarrage, pour que ces contrôles basiques mais essentiels soient obligatoires, c’est véritablement scandaleux. On ne sait laquelle de ces 2 options est la plus préoccupante.

Une fois encore, les constats de terrain laissent entrevoir un fonctionnement du parc électronucléaire français très éloigné des discours publicitaires des exploitants et d’une technologie « high tech » soumise à des contrôles draconiens : des canalisations corrodées, des défauts de surveillance et de signalisation…  on ne peut que s’interroger sur le sens qu’a l’exploitant de ses responsabilités. Comment se fait-il qu’il néglige des contrôles aussi déterminants pour la sûreté de son installation ?

De toute évidence, au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne. Pour les autres installations nucléaires, on est dans l’expectative : sont-elles absentes de la liste car le risque « explosion » y est correctement géré … ou parce que leur conformité aux prescriptions de 1999 n’a pas encore été contrôlée ?

Compte tenu des conséquences majeures d’un accident nucléaire, avant tout sur le plan sanitaire mais également environnemental, agricole, touristique et économique, des dysfonctionnements aussi graves devraient faire l’objet d’une enquête approfondie portant sur la gestion de l’exploitant mais également sur la fiabilité de l’encadrement réglementaire. Il faudrait s’interroger sur la place centrale accordée à l’auto-surveillance, sur les passerelles aménagées entre exploitants d’activités à risques et contrôleurs, sur les arbitrages entre rentabilité et sûreté ... Malheureusement, la loi du 13 juin 2006 a organisé la quasi impunité de l’ASN. Quant à l’exploitant, les délais successifs de mise en conformité en disent long sur la « rigueur » des contrôles auxquels il est soumis. La loi a par ailleurs strictement limité, et depuis longtemps, sa responsabilité en cas d’accident. C’est la population qui en supportera, et sur tous les plans, les conséquences. Elle a donc intérêt à être exigeante et à demander des comptes sur la façon dont les activités nucléaires sont gérées et contrôlées.

(1) Des incendies se produisent régulièrement sur les sites nucléaires. Le fait que les services de secours ignorent la localisation de canalisations susceptibles d’exploser et d’aggraver considérablement la situation, laisse présager le pire en cas de problème. Il s’agit pourtant là du B. A. BA de la gestion des sites à risque.

(2) Arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes de l’exploitation des installations nucléaires de base.

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03/11/2008

Communiqué de Thierry Lamireau, auteur du film « URANIUM EN LIMOUSIN »

Les vaches pondent des œufs

Les poules ont des dents

Les déchets RADIOACTIFS

En LIMOUSIN et ailleurs

Sont SANS DANGER…

Ou comment redire quelques vérités oubliées.

En France, l’extraction de l’uranium destiné aux centrales nucléaires a engendré plus de 60 millions de tonnes de déchets radioactifs qui contiennent encore 80% de l’activité radioactive initiale. Environ 200 sites d’extraction d’uranium ont été exploités sur 25 départements.

Plus de 70 000 tonnes d’uranium ont été extraites entre 1946 et 2001. Les principaux gisements se situaient dans le LIMOUSIN, le FOREZ, la VENDEE, la LOZERE et l’HERAULT.

De nombreux rapports ont montré une pollution majeure des eaux, des sols et de l’air (gaz radioactif radon) dans toutes ces régions à cause de l’exploitation de l’uranium.

L’on trouve, sur et dans ces sites, toutes sortes de produits radioactifs et chimiques : les déchets des mines, des matériaux contaminés de centrales nucléaires, des déchets militaires, de l’uranium « appauvri », etc.

L’activité de l’uranium 238 est en moyenne de 40 Becquerels par kilogramme dans l’écorce terrestre, 200 Bq/kg dans un granite « classique » et de l’ordre de 25 000 Bq/kg dans un minerai dont la teneur en uranium est de 0,2%.

Toucher à « l’équilibre séculaire » par l’extraction et l’exploitation du minerai uranifère puis de l’uranium conduit à manipuler des substances radioactives qui ont des caractéristiques très pénalisantes en termes de radioprotection. Ce sont, en effet, des radionucléides dits à très longue période : 4,5 milliards d’années pour l’uranium 238, 345000 ans pour l’uranium 234, 76000 ans pour le thorium 230, 1600 ans pour le radium 226 par exemple.

Libéré en grande quantité par l’activité minière, le gaz Radon 222 peut parcourir des milliers de kilomètres en quelques jours sans jamais trop s’éloigner de la surface du sol à cause de sa pesanteur. Le radon sort aussi en grande quantité des montagnes de résidus miniers (les « stériles » dit AREVA/COGEMA) radioactifs entassées à proximité des mines.

Le radon se désintègre en sous produits appelés les produits de filiation. Absorbées par le corps, ces substances peuvent provoquer des cancers, des maladies du sang, des problèmes cardio-vasculaires, des troubles rénaux, des problèmes de reproduction, etc.

Le radium 226 est un autre sous produit de l’uranium en désintégration. C’est un métal lourd radioactif. En dépit de son caractère dangereux, il est rejeté en totalité dans les résidus miniers alors qu’il est classé «très radiotoxique». Le plomb 210 et le polonium 210 figurent parmi les radionucléides les plus radiotoxiques par ingestion (égale ou supérieure à celle du plutonium 239). Le thorium 230 se trouve dans la liste des radionucléides les plus radiotoxiques par inhalation (égale ou supérieure à celle du plutonium 239).

Le CEA, puis COGEMA/AREVA, fleuron du nucléaire français, sont parvenus, depuis le début de l’exploitation de l’uranium en France jusqu’à nos jours, à passer entre les gouttes de plus de 93 arrêtés préfectoraux et n’ont jamais écopé du moindre procès-verbal en matière d’environnement !

L’histoire de l’uranium en France (et ailleurs) est l’histoire d’une odieuse supercherie.

Face à l’arrogance de COGEMA/AREVA, devant la complicité de l’Administration, confronté à la frilosité, l’ignorance, la culpabilité des élus locaux qui restent dans une culture ancienne du secret « moins on parle des sites miniers radioactifs, mieux c’est », obligé de constater que les médias nationaux et l’Etat font l’impasse sur un dossier majeur de Santé Publique, il faut redire et dénoncer ce qui se passe encore actuellement.

Alors que des Associations de défense de l’environnement indiquent comme COGEMA « que le risque pour l’homme est quasiment inexistant », alors que d’autres Associations s’inquiètent de pollutions futures liées aux stockages de déchets radioactifs comme les déchets « faiblement » radioactifs « à vie longue » (cf. les 3115 communes contactées par l’Administration française), il faudrait à nouveau prendre conscience que depuis l’après-guerre, et ce pour encore des milliards d’années, des régions françaises et les sites miniers de nombreux pays étrangers subissent une pollution majeure alors même qu’aucune étude épidémiologique n’a encore été réalisée sur les populations !

En France, le GEP, Groupe d’Expertise Pluraliste, a été officiellement créé fin 2005.

Le GEP LIMOUSIN est composé de divers groupes de travail composés de multiples membres appartenant à l’Administration, à l’Institut national de Veille Sanitaire, COGEMA/AREVA, à quelques Associations ou nommés pour leur appartenance à des organismes étrangers.

Le GEP a été constitué à la demande des ministres en charge de l’environnement, de la santé et de l’industrie.

L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) collabore activement aux travaux dont des rapports d’étape en 2007 et 2008 ont retransmis certaines informations.

Je cite volontairement un long passage du document de l’IRSN :

« Les résultats obtenus ont conduit à proposer des pistes d’améliorations du système de gestion et de maîtrise des impacts envisagé par AREVA NC dans le cadre de la surveillance à moyen terme des sites. Ces pistes ont été déclinées en actions de réduction des impacts à court terme, en actions de surveillance et en actions liées au besoin de connaissance. Parmi les actions de réduction des impacts, on peut citer la réduction des rejets non canalisés et plus particulièrement ceux issus du lessivage des stériles miniers déposés en bordure de cours d’eau ou encore la mise en œuvre de traitements pour réduire la teneur en uranium dans les rejets. Concernant la surveillance, des propositions ont été faîtes pour répondre à trois types d’objectifs : accroître la connaissance sur l’écoulement des eaux au sein des entités minières (galeries des travaux miniers souterrains, mines à ciel ouvert, ruissellement,…), suivre les rejets et les impacts associés en termes de marquages environnementaux et enfin acquérir des données nécessaires pour la réalisation des calculs d’impact. Dans son analyse critique, l’IRSN s’est également attaché à évaluer la méthodologie retenue par AREVA NC pour caractériser l’impact des anciens sites miniers du LIMOUSIN sur les populations.

De ce point de vue, l’examen des hypothèses et données utilisées par AREVA NC conduit à recommander tout d’abord un recentrage de l’effort de surveillance sur les données réellement pertinentes. Ainsi, la surveillance de la radioactivité des eaux potables distribuées dans les villages voisins des sites miniers, telle qu’envisagée par AREVA NC, n’apparaît pas toujours justifiée et les mesures correspondantes pourraient être abandonnées à condition de confirmer de façon indiscutable que les points de captage d’alimentation en eau potable se situent à l’abri de toute influence des sites miniers. A contrario, la surveillance effectuée sur les denrées alimentaires produites localement nécessite d’être renforcée.

Une amélioration de la précision des mesures et une meilleure représentativité et reproductibilité des prélèvements s’avèrent pour cela indispensable.

En complément, l’IRSN considère également nécessaire d’accompagner systématiquement les calculs de dose effectués par des analyses de sensibilité prenant notamment en compte les incertitudes associées aux mesures. Le recours à la modélisation pourrait par ailleurs être utile pour compléter la démarche.

Enfin, l’analyse du Bilan Décennal Environnemental par l’IRSN a montré que la caractérisation de l’impact environnemental pouvait être nettement amélioré en préférant la surveillance des écosystèmes aux contrôles de radioactivité dans les végétaux et par l’application de la méthodologie innovante d’évaluation du risque à l’environnement développée dans le cadre du programme de recherche européen ERICA ; auquel a contribué l’IRSN en partenariat avec d’autres organismes de recherche étrangers. »

Comme tout ceci est si joliment dit !

Cela équivaut à dire que COGEMA/AREVA a travaillé comme elle l’a voulu, en autocontrôle, comme un porc, sans aucune considération de l’environnement, des eaux, des sols, de l’air, des mineurs et des populations !

Point zéro : tout est faux depuis le départ !

Alors que la dernière mine a fermé en 2001 en LIMOUSIN, il a fallu attendre 1990 pour qu’une Loi oblige l’exploitant à déterminer le point zéro, c’est-à-dire le niveau de radioactivité « naturelle » en surface avant l’exploitation qui a commencé en 1946 !

« Nous n’avons pu obtenir de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) aucun dossier scientifique concernant l’établissement des niveaux naturels de référence » (Synthèse rapport CRIIRAD 1992, page 9).

En l’absence de point zéro initial, COGEMA a choisi une station de référence en dehors de la division minière (RILHAC RANCON) avec un « point chaud » (lieu de forte radioactivité) pour dire ensuite que l’exploitation de l’uranium a diminué la radioactivité dans la région !...véritable tricherie évidemment.

Le même rapport CRIIRAD dit : « L’évaluation de l’impact sanitaire autour des sites, qu’il s’agisse de l’exposition externe ou des risques liés à l’inhalation de radon 222 ou des poussières radioactives conduit à des résultats en parfaite contradiction avec les mesures transmises à la DRIRE par COGEMA. »

En clair, qu’a donc fait COGEMA/AREVA… ?

COGEMA a fourni de fausses mesures, effectué des mesures sur site non pertinentes, déplacé des stations de mesure pour éviter le suivi dans le temps, fait disparaître des résultats embarrassants, laissé croire que l’impact est négligeable, pratiqué des moyennes pour éviter les mauvais résultats et diluer l’impact, et n’a pas installé des stations de mesure aux points compromettants pour éviter les comparaisons.

C’est, en fait, ce qui est décrit dans le rapport de l’IRSN en cette année 2008 !

Soyons donc clair : les travaux du GEP se basent principalement sur des analyses de COGEMA/AREVA ou sur des documents réalisés en autocontrôle par COGEMA et remis à la DRIRE. Les petites magouilles inutiles, à vouloir vider le lac touristique de SAINT-PARDOUX (près de LIMOGES) et curer un peu les sédiments radioactifs pour les rejeter dans l’ancienne mine de BELLEZANE, à dévier certains cours d’eau, à enlever (un peu) les sédiments radioactifs dans les réserves d’eau de la ville de LIMOGES, ne servent strictement à rien. Les problèmes reviendront plus tard puisque, par gravitation et situation des courbes de niveau, les mines d’uranium sont au-dessus de tous les autres lieux !

Cela ne sert qu’à faire réélire certains élus ou à COGEMA/AREVA de tremper dans des arrangements administratifs pour afficher une image « clean » avec des certifications dites « ISO » qui, bien sûr, ne reflètent absolument pas la réalité.

Toutes ces CLI et ce GEP ne servent à rien puisqu’il n’y aura jamais d’investigations in situ fines et précises sur tous les anciens sites miniers d’uranium.

Ce GEP n’est là que pour endormir les consciences, tranquilliser la population et arroser financièrement ses participants en faisant croire que ces derniers ont bien travaillé.

Ces organismes sont une véritable mascarade. Il est trop tard pour réparer les erreurs car ce qui est dans les eaux, les sols et l’air est là pour des millions d’années et parce qu’aucun moyen de signalement pérenne de ces pollutions majeures n’existe pour être sérieusement transmis à l’échelle de ces millions d’années.

Journalistes, citoyens, militants, vous faîtes fausse route : les inconsciences du passé ne peuvent être corrigées.

Morceler le traitement des pollutions radioactives et chimiques est une erreur ; ne pas traiter toutes les parties en même temps du nucléaire dans le Monde amènera le Genre Humain à sa perte.

Méfions-nous de ceux qui aujourd’hui se présentent en gestionnaires rigoureux pour demain alors que nous devons faire face à leur catastrophique imprévoyance d’hier.

Thierry LAMIREAU

21:27 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (4)

14/10/2008

Contre l'irradiation des aliments

Quelques dates de conférences des membres du Collectif français contre l'irradiation des aliments.
- Briançon (05), le jeudi 16 octobre à 20h15, MJC rue Pasteur, "L’irradiation des aliments", animée par Roland Desbordes (CRiiRAD) .
A 17h30, à la Biocoop L’Epine Vinette de Briançon : signature du livre "Aliments irradiés : atome, malbouffe et mondialisation".

- Grenoble (38), le mardi 21 octobre à 20h30, au café Le Tonneau de Diogène à Grenoble : "L’irradiation des aliments", animée par Roland Desbordes (CRiiRAD).

- Annecy (74) : le mardi 28 octobre à 20h, av. des Iles à Annecy, salle Martinet : "L’irradiation des aliments", animée par Pierre Ferandon (CRiiRAD)
Collectif français contre l'irradiation des aliments
www.irradiation-aliments.org
c/o Action Consommation
40, rue de Malte
75 011 Paris
tel: + 33 (0)1 48 05 86 81

16:40 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

25/06/2008

Où sera la prochaine poubelle nucléaire ?

Réseau "Sortir du nucléaire" – Fédération de 820 associations

Alerte aux déchets radioactifs :
l'Etat recherche un nouveau site d’enfouissement
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/alerte-dechets....

Demandez la liste des 3115 communes menacées par une poubelle nucléaire.

A vos téléphones, fax et mails pour exiger la “transparence” !


L'Etat recherche un site d'enfouissement de déchets nucléaires. Vingt départements (Ardennes, Aube, Aveyron, Cher, Eure, Indre, Lot, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Bas-Rhin, Seine-Maritime, Somme, Tarn-et-Garonne, Vosges) sont menacés, pour un total de 3115 communes.

La liste de ces communes n'a pas été révélée alors que les documents diffusés par le Ministère de l'écologie, l’Andra et l’Autorité de sûreté nucléaire parlent d'un projet mené "dans la plus grande transparence" !


Demandez cette liste aux trois organismes ci-dessous par téléphone, fax et mail.
N’hésitez pas à reprendre la "lettre type" à la fin de ce mail.

Merci de poursuivre cette action tant que nous n’aurons pas obtenu cette liste.


- Autorité de sûreté nucléaire
Tel : 01.40.19.86.00 ou 01 40 19 86 61 ; Fax : 01 40 19 86 69
Internet :  http://www.asn.fr/sections/main/nous-contacter <http://www.asn.fr/sections/main/nous-contacter>

- Ministère de l'écologie :
Tel : Cabinet de JL Borloo : 01 40 81 72 36  - Cabinet de N Kosciusko-Morizet  : 01 40 81 77 87
Internet : http://www.developpement-durable.gouv.fr/article.php3?id_... <http://www.developpement-durable.gouv.fr/article.php3...

- Andra :
Tel : 01 46 11 80 00 ou 01 46 11 82 94 - Fax : 01.46.11.82.25
Internet : webcom@andra.fr <mailto:webcom@andra.fr>



LETTRE TYPE (à faxer, mailer, ou pour une demande téléphonique)

Madame, Monsieur,

L'Etat français, qui impose depuis des décennies le nucléaire dans notre pays, entend se débarrasser d'une grande quantité de déchets radioactifs en les enfouissant quelque part en France. Les documents diffusés début juin 2008 par les autorités (Ministère de l'écologie, Agence nationale des déchets radioactifs, Autorité de sûreté nucléaire) parlent d'un projet organisé "dans la plus grande transparence".
Or, c'est grâce au Réseau "Sortir du nucléaire" que la carte de France des zones menacées est rendue publique. Mais la liste des 3115 communes menacées reste encore secrète. Je vous demande donc de mettre en application vos promesses de "transparence" en rendant immédiatement publique la liste des 3115 communes concernées.
Par ailleurs, certains des déchets concernés proviennent du démantèlement de réacteurs arrêtés. C'est clairement une tentative de passage en force alors que le Réseau "Sortir du nucléaire" demande un Débat public sur la question du démantèlement. Nous vous prions de faire en sorte que ce Débat ait lieu, sous l'égide de la Commission nationale du débat public, avant d'envisager quelque option que ce soit pour les déchets issus des installations démantelées.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à mon profond attachement à la protection de l'environnement et à la démocratie.

Date :
NOM - Prénom :
Ville :


Plus d’infos sur : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/alerte-dechets....

Reportage France Sud du 23 juin 2008 http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualite...

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21/04/2008

Appel à participer à l’action internationale "Chernobyl Day"

Le réacteur nucléaire n° 4 de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, il y a 22 ans. A cette date commença la plus grande catastrophe technologique et industrielle de tous les temps. Tchernobyl n’a pas fini de faire des victimes : ses conséquences inouïes et irréversibles sur la santé (cancers, pathologies multiples, effets mutagènes et tératogènes) affecteront profondément les prochaines générations.


Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, a estimé que plus de sept millions de personnes avaient été gravement affectées par la catastrophe. Pourtant, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) avance encore le chiffre ridicule de 50 victimes pour protéger les intérêts de l’industrie atomique.

Refusons absolument d’oublier Tchernobyl !

Nous ne pouvons permettre que soit oublié le sacrifice des quelques 800 000 liquidateurs qui ont lutté pour contenir l’ampleur du désastre, et qui, par centaines de milliers (selon les ambassades d’Ukraine et de Russie) l’ont déjà payé de leur santé ou de leur vie, pour nous sauver. 22 ans après, le risque est plus grand que jamais de voir la désinformation et le mensonge masquer les véritables conséquences sanitaires de cet accident. 500 000 enfants en Bélarus souffrent de l’exposition quotidienne à la radioactivité et sont abandonnés encore aujourd’hui à leur sort. Le mensonge et l’oubli, avec des complicités au sommet de divers Etats et institutions internationales, permettent à ce lobby d’envisager la construction de centrales nucléaires dans plusieurs pays à travers le monde.

CONTRE LE DÉNI ET L’OUBLI, PARTICIPEZ LE 26 AVRIL 2008 À LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE MOBILISATION CONTRE LE NUCLÉAIRE.

Faisons de cette date symbolique le temps fort de nos agendas et relions-nous par la force de cette commémoration qui s’est imposée au niveau international. Mobilisons nos imaginations et multiplions les actions pour commémorer Tchernobyl et dénoncer le nucléaire, ce choix industriel criminel et insensé.

Cette année, le 26 avril tombe un samedi, l’occasion de mobiliser un plus grand nombre encore de citoyens.

MAINTENANT, À VOUS D’AGIR :

> ASSOCIATIONS DE TOUS LES PAYS : devenez partenaires de cette journée internationale. Votre association apparaîtra dans la rubrique “Partenaires” de ce site.

> À TOUS : organisez une action à l’occasion de cette journée (cliquer ici pour voir les actions déjà organisées et ici pour voir des idées d’actions)

Tous ensemble, lors de cette journée, nous interpellerons fortement l’opinion publique mondiale.

N’oublions JAMAIS Tchernobyl ! Exprimons notre détermination à sortir du nucléaire.

Manifestez votre soutien à cette action en écrivant à Jocelyn Peyret jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr

17:37 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

21/03/2008

Violation du Traité de non Prolifération

La France s'apprête à effectuer un nouvel essai du futur missile M51, 
d'ici la fin de la semaine. Et ce, en totale violation du Traité de 
non Prolifération que notre pays a signé qu'en 1992. Cette violation 
de la loi internationale est grave; elle se fait en catimini.
Il y a pourtant un Livre blanc en préparation mais une chape de plomb 
pèse sur l'information et sur les choix à faire en matière de 
défense. Nous devons briser ce mur du silence.

Pour cela nous avons besoin de votre mobilisation.

Nous vous invitons à envoyer le message ci-dessous au Premier 
ministre copie au Président de la République, .

Nous vous demandons de faire suivre ce message d'action à tous les 
contacts que vous jugerez utile.

Merci de votre indispensable participation.

Pierre Villard
co-coordinateur de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire
co-président du Mouvement de la Paix
Alain Uguen association Cyber @cteurs


Comment précéder ?

Sur le site
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre_dep.php?id=209

par courrier électronique

Effectuez les étapes suivantes, vous y parviendrez facilement :

1 - Copiez le texte à envoyer ci-dessous entre les symboles ############
2 - Cliquez ici :
mailto:premier-ministre@cab.pm.gouv.fr,cyberacteurs@wanad...
Cela vous ouvre un nouveau message avec les adresses des destinataires.
Ou alors copier les adresses dans votre logiciel :
premier-ministre@cab.pm.gouv.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr
petitions1@www.elysee.fr
3 - Collez le texte
4 - Signez-le : prénom, nom, adresse, ville
5 - Rajouter l'objet : Je refuse un nouvel essai du M51 qui viole le TNP
6 - Envoyez votre message

Par cette action, vous ferez connaitre votre opinion au Premier 
Ministre français et à cyber @cteurs pour mesurer l'impact de cette 
cyber @ction.

############

Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
Localité :
Pays :

Monsieur le Premier ministre
copie au Président)

Je viens d'apprendre que la France devrait procéder dans les jours 
qui viennent à un nouveau tir d'essai du futur missile M51 au Centre 
d'Essais et de Lancement de Missiles des Landes à Biscarosse. Je vous 
demande d'interrompre ce nouvel essai qui constitue une nouvelle 
violation du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) signé par la 
France et 186 autres Etats.

Au moment où la communauté internationale agit pour limiter la 
prolifération nucléaire à de nouveaux états, la France perd de son 
crédit en s’autorisant ce qu’elle interdit à d’autres.
Avec cet essai, c'est une faute grave que commettrait la France. Cela 
rajouterait de l’instabilité sur la Planète, déjà très en danger par 
l’existence de 27 000 têtes nucléaires.

Je vous demande de suspendre le programme de missiles M51 et de 
prendre des initiatives pour que s'engage un processus international 
de désarmement nucléaire en soutenant le modèle de convention 
d'élimination des armes nucléaires déposé à l'Onu.

Les milliards d'euros du programme M51 ainsi économisé pourraient 
abonder les caisses de l'Etat pour une vraie politique de 
désarmement, la satisfaction des besoins sociaux et l'aide au 
développement.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de 
mes respectueuses salutations.

############

11:16 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

16/02/2008

Tchernobyl, la catastrophe continue

Pour les «liquidateurs» c'est déjà de 25 000 à 100 000 morts et plus de 200 000 invalides, et pour les populations exposées à la contamination un bilan qui sera selon les estimations de 14 000 à 560 000 morts par cancers, plus autant de cancers non mortels.

 

A la ferme du kolkhoze Petrovski, on m'a montré un porcelet dont la tête ressemblait à celle d'une grenouille: à la place des yeux il avait des excroissances tissulaires où l'on ne distinguait ni cornée ni pupille.
- C'est un de nos nombreux monstres - m'a expliqué Piotr Koudine, vétérinaire du kolkhoze - Ordinairement, ils meurent sitôt venus au monde, mais celui-là vit encore.
La ferme est petite: 350 vaches et 87 porcs. En cinq ans avant l'accident nucléaire, on n'y a enregistré que trois cas de monstruosité parmi les porcelets et pas un parmi les veaux. En un an après l'accident, il y a eu 64 monstres: 37 porcelets et 27 veaux. Dans les neuf premiers mois de 1988: 41 porcelets et 35 veaux. Ces derniers naissent le plus souvent sans tête ni extrémités, sans yeux ou côtes. Les porcelets sont exophtalmiques, ont le crâne déformé, etc.
- Et que disent les savants ? à Kiev, on a créé un institut spécial de radiologie agricole.
- Ils n'ont pas manifesté un intérêt particulier pour notre ferme, m'a répondu Piotr Koudine. Ils ont examiné plusieurs cadavres de nouveau-nés monstrueux et déclaré que ce phénomène pouvait être provoqué par des centaines de causes n'ayant rien à voir avec la radiation. Je suis vétérinaire, donc je le sais moi aussi, mais les statistiques de la monstruosité m'obligent à distinguer une cause bien déterminée. Car les fourrages sont produits par des champs contaminés par les radionucléides. Et puis, les responsables du stockage refusent notre bétail car les doses de radiations qu'il a reçues sont supérieures à la norme.
La porchère ayant sorti le porcelet monstre pour que je puisse le photographier, m'a dit, les larmes aux yeux:
- Ma fille vient de se marier. Comment sera mon petit-fils ?

Extrait de l'article «Les séquelles»,
Les Nouvelles de Moscou,
édition française du 19/2/1989
.


Comment seront les enfants ?
- Des éléments de réponse avec le reportage de Paul Fusco "Les oubliés de tchernobyl" qu'aucun magazine à part Photo de septembre 2001, n'a eu le courage de publier:

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1) Minsk, Biélorussie 1997. Scène quotidienne dans l'asile Novinski. Ce jeune garçon hurle tandis que ses amis jouent dehors.
2) Hôpital des enfants cancéreux, Minsk, Biélorussie 2000. Vova sait qu'il est gravement malade. Malgré l'amputation, son état ne s'est pas amélioré.
3) Foyer pour enfants, Minsk, Biélorussie 2000. Alla tient dans les bras un enfant de 2 ans dont le cerveau se trouve dans l'excroissance.
4) Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997. Ces enfants ne peuvent pas se tenir debout et sont nourris par terre.

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5) Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997. Cet asile est le principal centre d'accueil pour enfants contaminés en Biélorussie.
6) Foyer pour enfant, Minsk, Biélorussie 2000. Cet enfant de 3 ans est là depuis sa naissance. Il est inopérable: l'excroissance contient ses reins
7) Orphelinat pour enfants abandonnés, Gomel, Biélorussie 1999. Sasha, 5 ans, souffre d'une quasi absence de système lymphatique. Son organisme produit des toxines que sont corps ne peut donc plus éliminer.
8) Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997. Cet enfant est en état de terreur constant.

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27/07/2007

Communiqué du réseau sortir du nucléaire

Réseau "Sortir du nucléaire"
http://www.sortirdunucleaire.fr

- Communiqué du mercredi 18 juillet 2007


Nucléaire : après les incidents graves en Allemagne et au Japon

- Allemagne : démission du Président de Vattenfall Europe

- Japon : fermeture de la plus grande centrale nucléaire du monde

et...

Le "silence assourdissant"

des autorités françaises


Pour contraindre les autorités françaises à regarder la réalité en face, le Réseau "Sortir du nucléaire" publiera demain jeudi sur son site web des documents confidentiels sur l'inadaptation des centrales françaises face aux séismes.



Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce le "silence assourdissant" des autorités françaises concernant le risque nucléaire. Les évènements récents au Japon, en Allemagne (et en Suède il y a pratiquement un an) montrent que les normes de sécurité définies par les "spécialistes" sont gravement mises en défaut. (voir ci-dessous)

Contrairement à ce qui nous est toujours dit, le risque zéro existe : il suffit de fermer les centrales nucléaires. C'est d'ailleurs ce qu'il faut faire immédiatement lorsque les normes de sûreté d'une centrale nucléaire ont été sous-évaluées à la conception, comme c'est le cas au Japon... et en France.

A ce sujet, le Réseau "Sortir du nucléaire" s'est procuré des documents internes à EDF qui montrent :
- la falsification de données sismiques par EDF
- les fortes divergences entre les experts du très officiel IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et ceux d'EDF.
- l'opération de "lobbying au plus haut niveau de l'Autorité de sûreté" mise en œuvre par EDF pour empêcher la prise en compte de calculs de l'IRSN

Toujours en France, les calculs d'EDF se sont aussi révélés faux concernant le risque d'inondation : l'eau de la Garonne ne "pouvait pas" passer par-dessus les digues de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), or c'est ce qui s'est produit le 27 décembre 1999, la centrale frôlant le désastre.

Hélas, les autorités françaises continuent à faire preuve du plus grand autisme. Le Président de la République, pourtant focalisé sur la "sécurité", ne semble pas prendre conscience de l'insécurité nucléaire. Pendant ce temps, EDF, Areva et le CEA désinforment impunément, et l'accident nucléaire menace plus que jamais...

Pour contraindre les autorités françaises à regarder la réalité en face, le Réseau "Sortir du nucléaire" publiera demain jeudi sur son site web des documents confidentiels sur l'inadaptation des centrales françaises face aux séismes.


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Données détaillées :


Japon :

- c'est la 4ème fois en quelques semaines qu'une centrale nucléaire est soumise a des secousses supérieures aux limites maximales.

- la plus grande centrale nucléaire du monde est fermée jusqu'à nouvel ordre.

Le séisme du 15 juillet a entraîné un incendie, des ruptures de fûts de déchets radioactifs et des rejets radioactifs à l'extérieur de la centrale nucléaire de Kashiwasaki. L'entreprise nucléaire TEPCO, habituée à mentir à la population (*) a une nouvelle fois tenté de cacher la vérité mais est enfin en train de reconnaître peu à peu les faits. Important : c'est la quatrième fois au moins qu'une centrale nucléaire japonaise est soumise à des secousses supérieures aux limites prévues par les calculs des "spécialistes". Les secousses enregistrées le 25 mars dernier à la centrale nucléaire de Shika, située à 21 km de l'épicentre, avaient une accélération de 7,11 m/s2 soit presque deux fois les 3,74 m/s2 prévus dans la conception des réacteurs.
Au lieu de dire "Vous voyez, ça a tenu quand même", ne faudrait-il pas dire "Nous avons eu beaucoup de chance, mais il faut prendre des mesures radicales" ? C'est-à-dire fermer définitivement ces réacteurs. M. Amari, a assuré que son gouvernement allait "accélérer les travaux pour vérifier si les réacteurs peuvent résister à divers scénarios de tremblements de terre." Il est bien temps de faire ces vérifications… avec 20 ans de retard !

Aujourd'hui, la vérité continue à éclater... peu à peu : le fuite radioactive n'était pas d'un litre et demi mais de 1200 litres, la radioactivité relâchée n'était pas de 60 000 becquerels mais de 90 000, les fûts de déchets nucléaires renversés étaient au moins 438 et non 100, certains s'étant d'ailleurs ouverts pendant le séisme...


Allemagne :

- des incidents inquiétants ont été cachés dans (au moins) deux centrales nucléaires

- la vérité éclate… peu à peu. Mme Merkel demande la vérité.
Un incendie le 28 juin dans la centrale nucléaire de Krümmel, à 30 kilomètres de Hambourg, entraîne un arrêt en catastrophe du réacteur. La société suédoise Vattenfall, qui exploite cette centrale, a elle aussi essayé de cacher la vérité avant de reconnaître peu à peu les faits, y compris dans une autre centrale nucléaire située à Brunsbüttel. Vattenfall a dissimulé la gravité de l’incident juste avant le sommet sur l’énergie organisé en Allemagne pour tenter de remettre en cause le plan de sortie du nucléaire.

Le 11 juillet, la chancelière allemande Angela Merkel a exigé des explications sur ces deux incidents.
Le 13 juillet, le parquet de Lübeck a mené une perquisition à la centrale nucléaire de Krümmel
Le 16 juillet, Vattenfall a licencié son directeur des activités nucléaires et son responsable de la communication.
Le 18 juillet, le directeur Europe de Vattenfall a présenté sa démission
A suivre...
Suède :

à 7 minutes de la catastrophe nucléaire le 25 juillet 2006
Il y a pratiquement un an, la Suède frôlait une catastrophe nucléaire. Le réacteur numéro 1 de la centrale suédoise de Forsmark, située au nord de Stockholm, est devenu pratiquement incontrôlable à la suite d’un court-circuit suivi d’une perte de réseau électrique. Dans le même temps, plusieurs systèmes de sécurité n’ont pas fonctionné comme prévu. "Seul le hasard a évité qu’une fusion du cœur ne se produise" a affirmé Lars-Olov Höglund qui a été responsable du département de construction dans l’entreprise Vattenfall. Ayant été responsable de la centrale nucléaire de Forsmark, il la connaît par cœur."C’est l’évènement le plus dangereux depuis Harrisbourg et Tchernobyl" a-t-il affirmé dans le quotidien suédois Svenska Dagbladet.

France :

risques sismiques, incendies, inondations, etc, les défaillances se multiplient dans les centrales nucléaires… et les autorités françaises se taisent. Pire : MM Sarkozy, Juppé (remplacé par M. Borloo) ont pris fait et cause pour l'industrie nucléaire sans se justifier ni répondre aux objections du Réseau "Sortir du nucléaire".

Pour contraindre les autorités françaises à regarder la réalité en face, le Réseau "Sortir du nucléaire" publiera demain jeudi sur son site web des documents confidentiels sur l'inadaptation des centrales françaises face aux séismes.


(*) TEPCO a été en 2002 au centre d'un énorme scandale après avoir falsifié des documents de sûreté afin de cacher des fissures apparues sur de nombreux réacteurs. 17 réacteurs ont immédiatement été fermés administrativement et le sont restés pendant des mois

12:47 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2007

Contre le financement du réacteur de Belene

>>> Cyber @ction 127 : contre le financement du réacteur de Belene

1) LES FAITS
La centrale nucléaire de Belene est située sur le Danube, au Nord de 
la Bulgarie. Sa construction a été décidée dans les années 80. Le 
projet fut suspendu dans les années 90 suite à des protestations et à 
des doutes sur sa viabilité économique, puis abandonné comme « 
techniquement inadéquat et économiquement non viable » selon le 
gouvernement. La centrale est restée inachevée depuis. Après que la 
Bulgarie a fermé les 4 réacteurs de la centrale de Koslodui 
(condition d’entrée dans l’Union européenne pour des raisons de 
sécurité), le gouvernement bulgare a remis Belene à l’ordre du jour 
en avril 2003, au motif (très discutable) que 40% de l’investissement 
initial avait déjà était dépensé.

Deux réacteurs de 1000 MW de technologie russe (type VVER 1000/B466) 
doivent être construits pour un coût astronomique estimé à 4 
milliards d’euros. NEK, la compagnie publique nationale d’électricité 
en Bulgarie, a décidé après appel d'offre que la construction sera 
effectuée par le consortium constitué d’AtomStroyExport (Russie) et 
Areva NP (Franco-allemand).

Si la centrale est construite, la première unité doit entrer en 
service en 2011 et la seconde en 2013. Cette centrale est d'une 
importance cruciale car c'est la 1ère de 20 projets nucléaires en 
Europe de l'Est. Il est donc essentiel de l'arrêter, car elle risque 
d'ouvrir la voie à la relance du nucléaire à l'Est et en outre de 
fournir des contrats (donc renforcer) les lobbys nucléaires à 
l'Ouest, en particulier Areva et Siemens qui recherchent des contrats 
tous azimuts. Une importante coalition d'ONG européennes (notamment 
en Europe de l'Est et Allemagne) s'est donc constituée pour bloquer 
le projet.

2) UNE CENTRALE A HAUTS RISQUES

Le projet Belene cumule des défauts rédhibitoires :
un projet comme Belene serait interdit par les autorités en France ou 
en Allemagne du fait de son manque de sécurité : le réacteur est de 
conception russe obsolète (type VVER 1000/V-392). Cette 3ème 
génération de VVER demeure dangereuse, du fait notamment de la 
vulnérabilité de ses systèmes de sécurité et d'un risque 
d'emballement du réacteur ;
il est bâti dans une zone sismique : en 1977, un tremblement de terre 
à 14 km de la centrale a fait 200 morts ;
la procédure de consultation viole la Convention internationale 
d'Espoo dans les pays avoisinants ;
l'étude d'impact environnemental a été fortement manipulée et est 
désormais devant la Haute Cour Administrative de Sofia suite à une 
plainte portant notamment sur le fait que les accidents lourds, les 
attentats terroristes et les déchets nucléaires n’ont pas été étudiés ;
enfin, la Bulgarie n'a à ce jour aucun plan pour la gestion de ses 
déchets radioactif.

3) BNP-PARIBAS REFUSE  DE REPONDRE

Un des objectifs de la campagne d'ONG européennes était de bloquer le 
financement de la centrale pour qu'elle ne puisse être construite. 
Les résultats sont impressionnants : en mai 2007, après deux ans de 
campagne, ce sont 12 banques internationales qui ont rejetté le 
projet du fait de ses risques, dont Société Générale, Merril Lynch & 
Co, Morgan Chase, Credit Suisse First Boston, Citibank, Lehman 
Brothers, Commerzbank, Deutsche Bank, qui comptent parmi les banques 
les plus importantes du monde.

Pourtant,  BNP-Paribas s’apprête malgré tout à financer la première 
phase du projet, d’un montant de 250 millions d’euros : il semble 
qu'ils signeront le contrat d'ici une à deux semaines, c'est donc 
maintenant qu'il faut agir massivement. Cette banque a reçu 3 
courriers détaillés mentionnant les risques du projet Belene, envoyés 
par Greenpeace (déc 06), puis par une coalition de 160 ONG 
européennes (fév 07) puis par les Amis de la Terre (avril 07). Ils 
n'ont jamais répondu, à la différence de toutes les autres banques. 
Fin avril 07, ils ont également reçu le nouveau rapport "Banques 
françaises banques fossiles ?" des Amis de la Terre analysant les 
politiques énergétiques des 10 plus grandes banques françaises (et 
détaillant le projet Belene), et très critique vis à vis de BNP-
Paribas qui est la banque française la plus impliquée dans des 
projets énergétiques controversés aux quatre coins de la planète. 
Envoyé à plus de 60 responsables du groupe, il n'a généré aucune 
réponse non plus de la part de BNP-Paribas.

Il est donc impératif, face à un tel mépris, de passer à une phase 
plus offensive et d'interpeller directement les responsables de ce 
groupe pour les forcer à réagir.

Sébastien Godinot Amis de la Terre,
Frédéric Marillier  Greenpeace
Philippe Brousse  Réseau Sortir du Nucléaire
Alain Uguen Association Cyber @cteurs

Cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org

 

SOUSCRIPTION OU ACHAT D'UN DVD POUR UNE ETUDE DE RADIOACTIVITE SUR 
BRENNILIS

Nous avons décidé de nous associer à la souscription lancée pour 
financer une étude indépendante sur le démantèlement de la centrale 
nucléaire de Brennilis
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=3405

Dans le même but nous vous proposons d'acheter le DVD du film de 
Nicole et Félix Le Garrec PLOGOFF Des Pierres contre des Fusils : la 
marge entre le prix d'achat et de port et le prix de vente de 32 
euros étant affecté à la souscription
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=3406

Merci de préciser (souscription nucléaire ou DVD) sur le chèque à 
l'ordre de l'Association Cyber @cteurs C/O Alain Uguen 152 rue 
F.Pelloutier 29000 Quimper

13:13 Publié dans NUCLEAIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

15/09/2006

Non au missile M51, 22-24 septembre, grande inspection citoyenne devant le Centre d'Essai des Landes

Venez nombreux participer à la grande "inspection citoyenne" des 22-24
septembre prochain, devant le Centre d'Essai des Landes afin de protester
contre les essais du missile nucléaire M51. Ce missile à mini têtes
nucléaires atteint une portée d'attaque jamais égalée de 10 000 km et ces
essais sont une violation flagrante, du Traité de Non Prolifération qui
commande justement à la France de désarmer.

Pour cette manifestation organisée en commun avec ATTAC, le Réseau Sortir du
Nucléaire, le Mouvement de la Paix, nous avons reçu le soutien de nombreux
artistes tels que : Les Motivés, le Ruda Salska, Johnny Clegg, Marcel et son
Orchestre, La Phaze, High Tone et bien d'autres encore. Tous se produiront
en concert à prix libre, dés le vendredi soir.

Nous avons besoin de la participation de vous tous pour que cette
mobilisation soit une réussite. Alors n'hésitez pas à faire passer le
message dans votre entourage et rendez-vous à partir du vendredi 22 à 18h à
Biscarrosse (40). Camping gratuit sur place.
Nous avons également besoin de l'aide de nombreux bénévoles pour
l'organisation de cet évènement. Pour tout renseignement, contactez
Christophe Durand au 06 13 07 05 78 ou par mail :
cdurand@diala.greenpeace.org

Plus d'informations sur le site : www.nonaumissileM51.org



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Sauver l'Institut Belrad pour les enfants de Tcherno

Sauver l’Institut Belrad

par Wladimir Tchertkoff*



A la mémoire de Solange Fernex, décédée d¹un cancer le 11 septembre 2006




Après vingt ans de luttes pour protéger les enfants contre la radioactivité et faire connaître la vérité sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, Vassili Nesterenko risque de devoir fermer son institut par manque de financements. Ce serait une perte irréparable. L¹Institut de radioprotection Belrad est la seule source indépendante d¹informations sur les pathologies dans les régions contaminées par le plus grand accident technologique de l¹Histoire et la seule structure à essayer d¹améliorer la santé des habitants de ces régions.

Un crime scientifique programmé se perpétue depuis 20 ans au cœur de l¹Europe sous de hautes responsabilités, dans l¹indifférence générale et la désinformation. Dans la seule Biélorussie deux millions de paysans, dont plus de quatre cent mille enfants, sont condamnés à se nourrir avec des aliments contaminés par le césium radioactif et à souffrir de toutes les maladies ignorées de l¹atome. Ils ne comprennent pas pourquoi le monde riche et technologiquement avancé se détourne de leur cauchemar, alors que ce dont ils sont atteints menace tous les habitants de la planète. La réponse à leur étonnement existe et elle est révoltante.


Peu de gens savent qu¹un accord signé entre l¹Organisation Mondiale de la Santé et l¹Agence Internationale de l¹Énergie Atomique (AIEA), empêche l¹OMS d¹agir librement dans le domaine nucléaire si elle n¹a pas l¹assentiment de l¹AIEA. Formée de physiciens et non de médecins, cette dernière, dont l¹objectif principal est la promotion des centrales atomiques dans le monde, est la seule agence spécialisée des Nations Unies qui dépende directement du Conseil de sécurité. Elle impose son diktat à l¹OMS, qui, soumise, n¹a rien fait à Tchernobyl. Par un détournement piloté de la vérité scientifique le lobby nucléaire et la médecine officielle internationale condamnent sciemment des millions de cobayes humains (Kofi Annan parle de 9 millions de personnes atteintes) à expérimenter dans leur corps des pathologies nouvelles dans le vaste laboratoire formé par les territoires contaminés de Tchernobyl. Les experts observent les habitants, mais ne les protègent pas.


Peu de gens savent qu¹en août 1986, quatre mois après l¹accident, les Occidentaux ont obligé les Soviétiques, au cours d¹une réunion houleuse tenue à huis clos à Vienne, à diviser par dix leurs prévisions sur les conséquences sanitaires de la catastrophe, soit quatre mille cancers mortels au lieu de quarante mille dans les seuls territoires européens de l¹URSS. Les témoignages et les documents que nous avons recueillis en 15 ans d¹enquêtes dans ces territoires accusent les plus hautes instances institutionnelles et scientifiques mondiales d¹un crime prémédité à
Tchernobyl : crime contre l¹humanité et crime contre la vérité scientifique.[1]


L¹opinion publique mal informée reste paralysée par l¹impuissance, elle n¹y pense plus pour échapper à l¹angoisse. Car la vraie question est : que pouvons-nous faire ? Franz Weber, en se référant aux armes à l¹uranium appauvri utilisées massivement par l¹armée américaine, vient de publier dans son Journal une vibrante invective contre les « lâches opportunistes aux postes clés de l¹ONU qui taisent le crime »[2]. Mais que faire devant les terribles photographies qu¹il publie des malformations et des blessures profondes chez les nouveaux-nés irakiens, les mêmes qu¹on voit chez les enfants américains dont les pères ont combattu la guerre du Golfe ? (En l¹an 2000, sur les 580.000 hommes engagés dans cette guerre, 325.000 ont été déclarés en infirmité médicale permanente.) Nous observons les mêmes effets chez les enfants des « liquidateurs » oubliés (un million d’hommes), qui ont éteint l¹incendie de Tchernobyl et construit au-dessus des ruines un « sarcophage » instable dans des conditions de radioactivité terrifiante ; les mêmes dans les Balkans et en Afghanistan. Quelle action est possible pour arrêter cet assassinat délibéré de la vie sur terre ? Comment imposer la vérité aux lâches opportunistes de la science officielle nucléaire et médicale ? Car ce sont eux, les « experts », qui couvrent l¹indifférence irresponsable des gouvernements.


Or, l¹action appropriée existe. Elle a commencé étonnamment il y a 20 ans, grâce à quelques hommes courageux et honnêtes. Fragile, peu connue, soutenue par des citoyens occidentaux et par quelques associations, elle n¹est pas assurée de durer car ses moyens se sont affaiblis au cours des années face à l¹énorme pouvoir d¹influence du lobby nucléaire.


Dans les heures qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl, un homme s¹est révolté contre le mensonge d¹État au prix de sa carrière et de sa sécurité personnelle. Membre de l¹Académie des Sciences du Belarus, physicien de
niveau international, Vassili Nesterenko avait accès en Union Soviétique aux villes interdites pour raisons militaires. Tchernobyl a bouleversé sa vie.

Svetlana Alexievitch raconte[3] comment lors d¹une conférence d¹experts soviétiques il avait pris la parole pour souligner l¹urgence d¹évacuer la population à au moins 100 kilomètres à la ronde, de distribuer des dosimètres et des tablettes d¹iode, de sauver les enfants. « La salle était restée inerte, chacun jugeant qu¹il exagérait. Il avait insisté, bataillé. L¹auditoire était resté sceptique. Quand il avait vu que ses efforts étaient vains, que chacun faisait mine de croire à une situation "normale", comme le proclamait la propa-gande, des larmes de rage s¹étaient mises à couler sur son visage... " Cet homme, il fallait que je le rencontre", conclut Svetlana Alexievitch. ».[4] Face à l¹inaction et aux mensonges du gouvernement soviétique, par un geste d¹une témérité inouïe, Nesterenko décida d¹arrêter, sans le moindre aval de ses supérieurs, les travaux scientifiques de l¹Institut de l¹énergétique nucléaire de la Biélorussie, qu¹il dirigeait. A la place, il mit tout son personnel à contribution pour étudier les conséquences de Tchernobyl et pour élaborer une politique d¹aide aux populations sinistrées. Naturellement, il fut limogé et il a subi les pressions du KGB. Il a échappé à deux attentats.

En 1990, il crée avec le soutien de Andrei Sakharov l¹institut indépendant de radioprotection "Belrad" pour venir en aide aux enfants des territoires touchés par les retombées radioactives. Dans les villages les plus contaminés du Belarus il organise 370 Centres locaux de contrôle radiologique (CLCR), où il forme à la radioprotection les médecins, les enseignants, les infirmières du lieu : il met gratuitement à la disposition des populations des zones contaminées les moyens de contrôler la radioactivité des produits alimentaires. Les centres sont installés dans des écoles, des mairies ; des récipients en plomb permettent de mesurer en quelques minutes le nombre de becquerels (Bq) par kilo de nourriture : lait, légumes, fruits, farine, viande. Lorsque les échantillons dépassent les
normes légales, cela est notifié, avec la recommandation de ne pas les consommer et surtout de ne pas en donner aux enfants. Financés d¹abord par le Comité Tchernobyl du gouvernement pendant la brève période de "démocratisation", aujourd’hui, en 2006, suite à la reprise en mains de la situation par le lobby atomique les CLCR sont réduits au nombre de vingt, soutenus par des ONG occidentales.


En 1994, « Belrad » acquiert en Ukraine, avec l¹aide d¹ONG occidentales, des fauteuils mobiles pour l¹anthropogammamétrie humaine et les perfectionne. Ces spectromètres mesurent la radioactivité dans le corps humain et sont reliés à un ordinateur qui enregistre les rayonnements gamma spécifiques des radio nucléides incorporés : le césium 137, mais aussi le potassium. Les équipes mobiles peuvent atteindre, par petites routes, les villages et hameaux les plus reculés. Il y a 911 écoles et 810 jardins d¹enfants dans les zones contaminées du Bélarus. Les données stockées sont publiées régulièrement dans un document distribué aux autorités sanitaires
nationales, régionales et locales ainsi qu¹aux familles.


Nesterenko est le seul scientifique qui mesure systématiquement la radioactivité artificielle interne. Ses mesures ont révélé des contaminations huit fois plus élevées que celles que publie le Ministère de la santé biélorusse, qui a tenté de le bloquer. Son activité étant légale, il n¹a pas réussi à le faire plier.[5] En 12 ans, 284 000 enfants ont été mesurés par « Belrad », parmi lesquels seulement 10-15% ne nécessitaient pas de radioprotection obligatoire.

En 1996, Nesterenko adopte avec succès l¹additif alimentaire à base de pectine de pommes recommandé par le Ministère de la santé ukrainien comme adsorbant du césium137 (Cs137). En un mois de traitement la charge en
radio nucléides de l¹organisme de l¹enfant peut baisser de 60-70%.


Beaucoup de familles occidentales invitent chaque année des enfants pendant la période des vacances. Pour continuer à purifier et à protéger contre les radio nucléides l¹organisme d¹un enfant qui s¹en est partiellement libéré lors d¹un séjour à l¹étranger, il suffit d¹une somme d¹environ 110 euros par an : c¹est le coût de l¹adsorbant à base de pectine et de mesures de la contamination de l¹organisme de l¹enfant. Mais la pectine seule ne suffit
pas. Le séjour à l¹étranger est nécessaire, mais pas suffisant. En combinant les deux méthodes, il est possible de tenir l¹enfant hors du danger de lésions graves à l¹organisme par contamination. Les enfants pris au piège en
Bélarus sont 500 mille, ce qui fait 55 millions d¹euros. Cet argent n¹existe pas. Le coût de deux journées de guerre des pays riches contre Belgrade (400 millions, estimation de la banque américaine Merryl Lynch) couvrirait un peu plus de 7 ans de soins. L¹argent existe pour tuer, pas pour faire vivre.

Dans la même période, Nesterenko fait la connaissance du professeur Youri Bandajevsky, qui effectue, depuis 1991, à l¹institut médical de Gomel qu¹il dirige, des recherches sur les pathologies nouvelles chez les habitants des territoires contaminés. Il découvre que la fréquence et la gravité des altérations morphologiques et fonctionnelles du c¦ur augmentent proportionnellement à la quantité de césium radioactif incorporé dans l¹organisme. Une nouveauté scientifique lourde de conséquences. Il décrit la "cardiomyopathie du césium" : troubles cardiaques chez le petit enfant, chez l¹adolescent et l¹adulte, avec atteinte dégénérative du myocarde. La mort subite survient à tous les âges. Y. Bandajevsky et son équipe décrivent des "processus pathologiques interdépendants tant au niveau du c¦ur, du foie, des reins, des organes endocriniens, que du système immunitaire. Au-delà de 50 Becquerels par kilo de poids du corps, des lésions irréversibles apparaissent dans les organes vitaux. A partir de 1996, l¹Institut "Belrad" et l¹Institut de médecine de Gomel travaillent en parallèle. Les deux
instituts montrent qu¹avec un régime alimentaire pauvre en Cs137 chez l¹enfant et l¹animal de laboratoire, on peut éviter des dommages irréversibles au niveau des organes vitaux. Des voies de recherche totalement nouvelles pour la science sont ouvertes.


Les travaux des deux scientifiques constituent un cauchemar pour les « experts » du lobby nucléaire. Ils représentent l¹écueil imprévu pour leur stratégie de l¹ignorance et remettent la recherche scientifique à sa place
au centre du laboratoire à ciel ouvert de la plus grande catastrophe technologique de l¹histoire. Ils ne sont évidemment pas les seuls à comprendre de quoi il s¹agit, mais ils sont les seuls à se trouver au c¦ur du territoire contaminé, au milieu des problèmes sanitaires, politiques et humains dont la catastrophe de Tchernobyl est porteuse. Les seuls à faire montre d¹une détermination absolue à rester fidèles à leur honneur et à l¹honneur de la science, face au malheur de leur peuple. Ils résistent -Vassili Nesterenko depuis vingt ans, Youri Bandajevsky depuis seize, en butte à des difficultés extrêmes. En plus des calomnies et des obstacles continuels que les serviteurs du lobby, en particulier allemands et français[6], créent à l¹Est comme à l¹Ouest pour bloquer leur action et museler la presse, les financements de la Commission Européenne (Tacis) sont systématiquement refusés aux projets de radioprotection des enfants présentés à plusieurs reprises par V. Nesterenko[7].

Des coïncidences objectives surgissent parfois dans l¹Histoire dont les effets réels et symboliques s¹avèrent inversement proportionnels à l¹apparente fragilité des protagonistes. Quelque chose de semblable, peut-être une chance à ne pas perdre, se trouve en ce moment au cœur du drame de Tchernobyl. En soutenant humainement, politiquement, financièrement les travaux de ces deux scientifiques exceptionnels, les sociétés civiles occidentales d¹Europe et des Etats-Unis ont l¹occasion unique, en s¹unissant dans un effort authentiquement humanitaire, d¹attaquer de front le sancta sanctorum des politiques suicidaires de décideurs incontrôlés, qui font
courir des risques majeurs à l¹humanité entière. L¹objectif essentiel n¹est pas la mort de l¹industrie nucléaire en tant que telle qui, de toutes façons, est condamnée après la catastrophe de Tchernobyl dont elle ne sait se défendre que par le mensonge et le secret. L¹objectif prioritaire des deux scientifiques et de ceux qui les soutiennent est la vérité scientifique matériellement assurée et librement partagée. Plus que jamais dans le
domaine de l¹atome, l¹indépendance de la recherche et de la connaissance sont nécessaires à la survie de l¹humanité. « Chaque être humain a le droit de savoir tout ce qui a trait à sa santé, à la santé de ses enfants et de
ses proches, ce qu¹il faut éviter et pourquoi »[8]. Que ces deux hommes existent et résistent là où ils se trouvent, ressemble à une chance fragile à ce moment de l¹Histoire.

Dans la perspective d¹une réponse proportionnée au désastre les aides des ONG ne peuvent pas suffire. Seules de grandes fondations comme celle de Bill Gates ou de Teresa Heinz Kerry par exemple, pourraient être à la hauteur du défi représenté par la catastrophe sanitaire de Tchernobyl, elles pourraient élargir l¹aide aux populations et faire pression sur la politique des États. Nous invoquons l¹aide de ces fondations.

Entre-temps, l¹Institut "Belrad" se débat pour survivre dans de grandes difficultés économiques. Ses financeurs sont de modestes citoyens européens, adhérents d¹ONG, qui défendent l¹environnement et la santé. Pour continuer à le maintenir en vie, nous prions les personnes, qui ne veulent pas voir disparaître cette seule source d¹information et de radioprotection indépendante, à envoyer les chèques à l¹adresse de notre association ou de
verser les sommes sur son compte bancaire :

« Enfants de Tchernobyl Bélarus »

http://enfantsdetchernobylbelarus.doubleclic.asso.fr
20 rue Principale, 68480 Biederthal (France)

Compte bancaire : 00029876060, Crédit Mutuel, 68220 - Leymen, France

Président : Docteur Michel Fernex, Professeur émérite, Faculté de Médecine
de Bâle, ex-membre de Comités Directeurs de TDR (Programme spécial de
Recherche pour les Maladies Tropicales), OMS

Vice-président : Professeur Vassili Nesterenko, Directeur de l¹Institut
"Belrad", Docteur ès sciences techniques, membre correspondant de l¹Académie
des sciences de la République du Bélarus,




*Wladimir Tchertkoff, d¹origine russe et de nationalité italienne, longtemps journaliste pour la Rai puis la Télévision de la Suisse italienne de Lugano, a réalisé plus de soixante-dix documentaires dont cinq consacrés aux territoires contaminés par Tchernobyl. Il est également secrétaire de l¹association « Les Enfants de Tchernobyl Bélarus ». Auteur de « Le crime de Tchernobyl. Le goulag nucléaire » Éd. Actes Sud.



[1] « Le crime de Tchernobyl - Le goulag nucléaire », Actes Sud, avril 2006.

[2] Fondation Franz Weber et Helvetia Nostra - N° d¹avril, mai, juin 2006.
http://www.ffw.ch

[3] « La Supplication » (Lattès),

[4] Cité par Nathalie Nougayrède, Le Monde, 20 mai 2000

[5] « Le crime de Tchernobyl » 3ePartie, Ch. 5. p.289 - MINZDRAV ENVOIE UN
ULTIMATUM À NESTERENKO

[6] Ibid. 3e Partie Ch. 6. p.309 CALOMNIES CONTRE LA RADIOPROTECTION et 4e
Partie p.339, Ch. 1, 2, 3

[7] Ibid. 3e Partie pp. 317-324.

[8] John W. Gofman - Chernobyl accident, Radiation consequences for this and
future generations. 1993



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