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03/06/2013

L’Etat chilien devant la justice pour violations des droits des Mapuches

    

Des Mapuches réunis à Santiago pour défendre leurs revendications, le 17 janvier dernier.
Des Mapuches réunis à Santiago pour défendre leurs revendications, le 17 janvier dernier.
CITIZENSIDE / MARIO TELLEZ
Par Véronique Gaymard

L’Etat chilien est sur le banc des accusés ce mercredi 29 mai devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme. Les juges se sont saisis de sept cas de Mapuches (peuple autochtone vivant majoritairement dans le Sud chilien mais aussi côté argentin) et d’une militante qui ont porté plainte contre l’Etat chilien auprès de la Commission interaméricaine des droits de l'homme pour utilisation abusive de la loi antiterroriste et pour discrimination. Des témoignages déclarés recevables par la Commission, qui les a donc transmis à la Cour.

 

 

Des tensions entre les Mapuches et l’Etat chilien depuis plusieurs décennies

Cela fait des décennies, et même des siècles que les tensions existent. C'est ce que déclarent les représentants des Indiens mapuches eux-mêmes : ils réclament la restitution de leurs terres ancestrales, situées à quelque 600 kilomètres au sud de la capitale Santiago, une vaste région à cheval entre le Chili et l’Argentine, et se battent contre des entreprises multinationales forestières, hydroélectriques ou minières.

Depuis une vingtaine d’années, ils se sont organisés et ont lancé des actions d’occupation de terres, réprimées par les autorités qui ont utilisé la loi antiterroriste, ce qui implique des peines bien plus lourdes. Une loi qui date de l’ère de la dictature de Pinochet.

C’est ce que dénoncent les Mapuches, comme l’explique Jimena Reyes de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme), qui va les représenter devant la Cour interaméricaine : « Depuis 2001 où l’Etat utilise les lois antiterroristes pour poursuivre et condamner des indigènes mapuches, pour la plupart des dirigeants qui promeuvent la récupération de leurs terres ancestrales, personne n’a reconnu l’existence d’une utilisation indue de cette législation et d’une discrimination à leur encontre. Car ces indigènes ne sont pas des terroristes. Donc le fait d’aller devant des instances interaméricaines, c’est la possibilité d’avoir une reconnaissance des violations des droits de l’homme qu’ils ont subies. »

La Cour interaméricaine a retenu les cas de sept dirigeants mapuches

Sept dirigeants mapuches et une militante, condamnés en 2002 en vertu de la loi antiterroriste (de 1984), ont porté plainte pour discrimination, utilisation abusive de la loi antiterroriste, et irrégularités lors des procès, notamment l’utilisation par l’accusation de témoins protégés, dont n'ont été révélés ni le nom ni le visage.

« Ces lois antiterroristes datent de Pinochet, avec des définitions bien trop larges, car elles étaient justement faites pour cibler des militants, souligne Jimena Reyes. Cette loi doit donc absolument être révisée. »

Parmi les cas retenus figure celui de Victor Ancalaf. Il avait pris part à des actions pour protester contre des barrages dans la région du Bio Bio. Il avait été condamné à cinq ans de prison. « Dans les années 1997-98, j’ai fortement soutenu ce qu'il s’est passé dans le haut Bio Bio , avec le barrage hydroélectrique Ralco, où 15 000 hectares de terres ont été usurpés, et une douzaine de nos sites sacrés ont été inondés, relate M. Ancalaf. J’ai été arrêté, et incarcéré en 2002, accusé d’avoir incendié des camions, et condamné en vertu de la loi "pinochettiste" antiterroriste 18 / 314. Moi, j’ai été condamné non pas comme auteur matériel, mais pour participation présumée à ces faits. »

Certains dirigeants mapuches ont écopé de peines allant de cinq à dix ans de prison. Un procureur avait même réclamé dans un cas jusqu’à 100 années d’emprisonnement. Selon Nancy Yanez, codirectrice de l’Observatoire citoyen au Chili -qui suit ces cas de près-, ceci montre « la discrimination envers le peuple mapuche, surtout lorsqu’on compare cela aux peines infligées à ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité dans notre pays, qui ne dépassent pas les vingt ans de réclusion, ce qui signifie une disproportion dans l’application de la justice. »

La loi antiterroriste toujours en vigueur, les jeunes Mapuches se radicalisent

La répression a eu pour effet de radicaliser la jeune génération mapuche. Un groupe a mis le feu à une maison en janvier dernier, causant la mort d’un couple d’agriculteurs âgés dont les terres étaient réclamées par la communauté, ce qui a provoqué une onde de choc au Chili. Mais selon Nancy Yanez, la loi antiterroriste est inappropriée : « Si des actes de violence sont commis, il faut bien sûr que la responsabilité pénale soit établie, mais selon les lois qui s’appliquent à tous les citoyens chiliens, et non pas de façon discriminatoire contre le peuple mapuche pour réprimer leurs revendications politiques. »

Plusieurs Mapuches incarcérés avaient observé une longue grève de la faim en 2010. L’Etat chilien avait alors promis de réviser la loi antiterroriste. Mais jusqu’à présent, rien n’a changé, explique Jimena Reyes de la FIDH : « L’Etat avait promis de réformer la loi, il y a eu des discussions, des projets de révision ont été présentés au Sénat, mais ils ne sont pas passés. Puis l’Etat a changé son fusil d’épaule et a recommencé à appliquer ces lois antiterroristes. Cette politique répressive a contribué à radicaliser les choses. La jeune génération est dépitée, haineuse et plus violente. L’Etat n’a pas su accompagner ce mouvement. Au contraire, il a causé de très grandes frustrations. »

Les Mapuches attendent des réparations « en terres »

Avec ce procès qui s’ouvre à la Cour interaméricaine des droits de l’homme au Costa Rica, les Mapuches attendent des réparations de l’Etat chilien. « Ils veulent une reconnaissance des violations à leur encontre, et de leur gravité, ce qui conduirait à une véritable réforme de la loi antiterroriste, explique Jimena Reyes. Les victimes sont des dirigeants spirituels de leur communauté, qui revendiquent leur droit à leurs terres ancestrales. C’est pour cette raison qu’elles demandent à être réparées "en terres". »

La jurisprudence de la Cour interaméricaine des droits de l’homme pourrait être suivie pour d’autres situations sur le continent américain. « La jurisprudence de la Cour interaméricaine est très ouverte aux particularités indigènes et on espère qu’elle comprendra que pour les Mapuches, c’est la terre qui compte. »

Du côté de la défense des Mapuches devant la Cour, Jimena Reyes dit aussi demander que « les procureurs et les juges qui ont contribué à cette grave discrimination soient sanctionnés. Car aujourd’hui encore, cette loi antiterroriste est utilisée à l’encontre de Mapuches par les mêmes acteurs qui agissent avec beaucoup d’idées préconçues. »

La Commission interaméricaine des droits de l’homme avait transmis ces cas à la Cour le 7 août 2011, car elle a « considéré que l’Etat chilien n’avait pas suivi les recommandations contenues dans le rapport qui lui avait été transmis », peut-on lire sur le communiqué de la CIDH.

Au cours de ces deux jours d’audience (29 et 30 mai 2013), les juges vont entendre les témoins cités à comparaître et les deux parties. Un verdict pourrait être attendu dans six mois.

 
tags: Chili - Justice internationale

01/06/2013

Un ancien dictateur guatémaltèque accusé de génocide

Des milliers d'Indiens du Guatemala ont été torturés ou tués pendant la dictature militaire de José Efrain Ríos Montt. © Survival International

Des milliers d'Indiens du Guatemala ont été torturés ou tués pendant la dictature militaire de José Efrain Ríos Montt. © Survival International

© Survival International

ACTUALISATION AU 22 MAI : La Cour constitutionnelle du Guatemala a rejeté la condamnation de Ríos Montt pour des motifs de procédure. La Cour a déclaré que le procès devait reprendre en l’état où il se trouvait au 19 avril. A cette date, l’avocat de Ríos Montt avait été brièvement expulsé de la salle d’audience après avoir accusé le juge de partialité. Un nombre incalculable de témoignages devront désormais être ré-entendus.


Un ancien général, président du Guatemala durant le régime de terreur des années 1980, a été reconnu coupable de génocide.

Lors de la dictature militaire de José Efrain Ríos Montt, environ 200 000 personnes, dont la plupart étaient indigènes, ont été tuées ou portées disparues.

Lorsqu’il a pris le pouvoir en 1982 en promettant de restaurer une ‘authentique démocratie’, le pays était déjà en pleine guerre civile, la guérilla d’extrême gauche lançant des attaques contre le régime militaire depuis ses bases des provinces rurales.

La réponse de Ríos Montt a été d’ordonner une nouvelle offensive militaire contre les bastions de la guérilla supposés être dans les montagnes.

Au moins 100 000 Indiens, essentiellement des Maya, ont fui au Mexique tandis que des milliers d’autres, hommes, femmes et enfants, ont été torturés ou tués dans les montagnes du nord-ouest du Guatemala, leurs villages et leurs récoltes détruites, leurs approvisionnements en eau empoisonnés et leurs forêts brûlées.

En 1983, Survival a publié un rapport sur le Guatemala après avoir interviewé des réfugiés le long de la frontière avec le Mexique. Les témoignages recueillis donnent un aperçu poignant de la terreur qui régnait sur des centaines de villages à cette période.

Les chargés de campagne de Survival ont interviewé par exemple une femme de 30 ans de la province de Huehuetenango. Il y est décrit dans le rapport : ‘A 6 heures du matin, le 6 mai 1982, une centaine de soldats, qu’elle put reconnaître à leurs tenues de camouflage et à leurs pistolets, arrivèrent à pied dans son village et l’encerclèrent. Les villageois furent dépouillés de leurs vêtements et de leur argent et leurs maisons incendiées. Nombre d’entre eux furent battus, torturés et fusillés. Seule, elle vit les soldats tuer quinze personnes alors qu’elle ne se trouvait qu’à vingt-cinq mètres d’eux. Elle fut violée. Son mari et ses frères furent tués dans leur maison. Peu après, elle réussit à s’enfuir au Mexique. Elle ne veut plus retourner au Guatemala’.

Ríos Montt a été condamné à une peine d’emprisonnement de 80 ans. Yasmin Barrios, la présidente du tribunal, a déclaré qu’il ‘savait ce qui se passait et n’a rien empêché, alors qu’[il] en avait le pouvoir’. Les avocats du dictateur ont annoncé qu’ils feraient appel.

 

http://www.survivalfrance.org/

 

La police brésilienne tire sur les Indiens – crainte d’un regain de violence 31 Mai 2013

 Au sud du Brésil, des policiers ont abattu un Indien terena et blessé plusieurs autres.

Au sud du Brésil, des policiers ont abattu un Indien terena et blessé plusieurs autres.
© Marcello Casal Jr/ABr

Au sud du Brésil, des policiers ont abattu un Indien terena et blessé plusieurs autres alors qu’ils procédaient violemment à leur expulsion. Des membres de ce groupe étaient retournés vivre sur une partie de leur territoire ancestral occupé par un éleveur qui est également un politicien local.

Dans une autre partie du Brésil, un ordre d’expulsion a été émis contre les Indiens kayapó, arara, munduruku, xipaia et juruna qui occupent le barrage controversé de Belo Monte. La police armée a encerclé les manifestants, la tension monte et l’on craint de nouvelles violences.

Les Indiens munduruku protestent également contre la construction d’un barrage sur la rivière Tapajós. En novembre dernier, un Indien munduruku avait été tué d’une balle dans la tête par la police qui avait envahi sa communauté.

Paygomuyatpu, porte-parole munduruku a déclaré : ‘Le gouvernement s’apprête à provoquer une tragédie. Nous ne partirons pas d’ici. Le gouvernement nous a ignorés, offensés, humiliés et assassinés. S’il nous tue, c’est parce que nous nous opposons aux barrages’.

La Constitution brésilienne et la législation internationale garantissent le droit des peuples indigènes à être consultés sur tout projet qui les affecte. Mais une série de lois et d’amendements constitutionnels proposés par un puissant lobby minier et agricole risque d’affaiblir ces droits territoriaux. Les Indiens se sentent trahis par la présidente Dilma Rousseff qui, après deux ans de mandat, ne les a pas encore rencontrés.

L'occupation de Belo Monte est la dernière manifestation d'une série de protestations contre le non-respect du droit de consultation des Indiens par le gouvernement.
L'occupation de Belo Monte est la dernière manifestation d'une série de protestations contre le non-respect du droit de consultation des Indiens par le gouvernement.

© Atossa Soltani/ Amazon Watch

Survival International appelle Dilma Rousseff à faire cesser l’expulsion des manifestants, à consulter les Indiens et à reconnaître de toute urgence les territoires terena.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘C’est malheureusement toujours la même histoire qui se répète au Brésil. Le rapport Figueiredo qui dénonçait le génocide des précédentes générations a été exhumé au moment même où ces nouvelles attaques sur les Indiens étaient perpétrées. Ce genre de crime ne devrait être toléré nulle part, encore moins dans un pays appelé à accueillir un événement sportif mondial’.

 

 

28/04/2013

Un rapport sur le génocide des Indiens du Brésil sort de l’ombre

Source : http://www.survivalfrance.org/actu/9195

25 Avril 2013

Chamane umutima en 1957. La plupart des Umutima ont été décimés en 1969 par une épidémie de grippe.
Chamane umutima en 1957. La plupart des Umutima ont été décimés en 1969 par une épidémie de grippe.
© José Idoyaga/Survival

Un rapport alarmant sur les atrocités commises contre les Indiens du Brésil dans les années 1940, 1950 et 1960 vient de refaire surface, 45 ans après avoir été mystérieusement détruit dans un incendie.

Le rapport Figueiredo, commandé en 1967 par le ministre de l’Intérieur brésilien, avait déclenché un scandale international suite à la révélation des crimes commis contre les Indiens aux mains des puissants propriétaires terriens et du service gouvernemental de protection des Indiens (SPI). Ce rapport fut à l’origine de la création de Survival International deux ans plus tard.

Dans ce document de 7 000 pages, le procureur public Jader de Figueiredo Correia énumère les meurtres de masse, la torture, l’esclavagisme, la guerre bactériologique, les abus sexuels, les spoliations territoriales dont furent victimes les Indiens du Brésil. Suite à ces atrocités, certains peuples ont complètement disparu et de nombreux autres ont été décimés.

Le rapport a récemment été retrouvé au musée de l’Indien au Brésil. Il sera examiné par la Commission nationale de vérité qui enquête sur les violations des droits de l’homme commises entre 1947 et 1988.

L’un des faits les plus horribles de ce rapport est celui du ‘Massacre du 11e parallèle’ au cours duquel une avionnette largua de la dynamite sur le village des Indiens cinta larga. Trente Indiens furent tués – deux seulement survécurent et purent témoigner.

Un couple karajá avec leur bébé mort de la grippe.
Un couple karajá avec leur bébé mort de la grippe.
© Jesco von Puttkamer/ IGPA archive

D’autres exemples relatent l’empoisonnement de centaines d’Indiens avec du sucre mêlé d’arsenic ou bien des méthodes de torture employées contre les Indiens, comme celle qui consistait à écraser lentement les chevilles des victimes avec un instrument connu sous le nom de ‘tronc’.

Les recherches de Figueiredo scandalisèrent l’opinion internationale. Dans son article intitulé ‘Génocide’ qu’il publia en 1969 sur ce rapport dans le magazine britannique Sunday Times, le journaliste Norman Lewis écrivait : ‘Depuis l’époque du feu et des épées jusqu’à celle de l’arsenic et des balles, notre civilisation a provoqué l’extermination de six millions d’Indiens’. Son article fut à l’origine de la création de Survival International la même année par un petit groupe de citoyens concernés par le sort des Indiens.

Suite à ce rapport, le Brésil lança une enquête judiciaire et 134 fonctionnaires furent condamnés pour plus d’un millier de crimes. Trente-huit d’entre-eux furent licenciés mais aucun ne fut condamné à une peine de prison pour ces atrocités.

Le SPI fut ensuite dissous et remplacé par la FUNAI, la Fondation nationale de l’Indien. Si certains de leurs territoires ont déjà été officiellement reconnus et protégés, les Indiens du Brésil continuent de lutter contre l’invasion et la destruction de leurs terres par les bûcherons, les éleveurs et les colons illégaux. Ils sont également menacés par le programme agressif de croissance économique du pays qui comporte la construction de méga-barrages hydroélectriques et l’exploitation minière à grande échelle sur leurs territoires.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Le rapport Figueiredo est effroyable, mais dans un certain sens, rien n’a changé : les meurtres d’Indiens restent impunis. Des Indiens sont régulièrement abattus par les hommes de main des propriétaires terriens qui savent pertinemment qu’ils ont peu de chances d’être poursuivis en justice – aucun des assassins de leaders guarani et makuxi n’ont été emprisonnés pour leurs crimes. Il est difficile de ne pas soupçonner que le racisme et la convoitise sont les causes profondes de l’inertie du Brésil qui ne semble toujours pas décidé à défendre les droits fondamentaux et la vie de ses citoyens les plus vulnérables’.

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Crédit : © Survival
 
Les atrocités commises à l'encontre des Indiens cinta larga ont été dénoncées dans le rapport Figueiredo. Après avoir tiré une balle dans la tête d'un bébé, les tueurs coupèrent sa mère en deux. Les atrocités commises à l'encontre des Indiens cinta larga ont été dénoncées dans le rapport Figueiredo. Après avoir tiré une balle dans la tête d'un bébé, les tueurs coupèrent sa mère en deux.
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Crédit : © Survival
 
Un couple karajá avec leur bébé mort de la grippe. Un couple karajá avec leur bébé mort de la grippe.
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Crédit : © Jesco

14/04/2013

Un tribunal rejette la demande de suspension d'une vente d'objets sacrés hopi

La vente d'objets sacrés hopi

L'aîné hopi James Kootshongsie, décédé en 1996. Les Hopi sont ‘farouchement opposés' à la vente auxenchères de leurs objets sacrés à l'hôtel Drouot à Paris

 
 

Madame la vice-présidente du Tribunal de grande instance de Paris a rejeté le référé de Survival International visant à obtenir la suspension d'une vente aux enchères controversée d'objets sacrés de la tribu hopi d'Arizona, au motif que ‘ces masques, malgré leur caractère sacré pour les Hopis, ne peuvent pas être assimilés à des êtres vivants ou morts'.

La société de commissaires-priseurs Neret-Minet Tessier & Sarrou a ignoré les demandes répétées des Hopi de reporter la vente qui a eu lieu ce vendredi (12 avril) à 14h30 à l'hôtel Drouot à Paris.

Les Hopi sont ‘farouchement opposés' à la vente aux enchères de leurs Katsinam (‘amis') et autres objets cérémoniels qui, pour eux, ont une importance spirituelle et religieuse fondamentale et ont demandé que ces objets leur soient immédiatement retournés.

Les avocats de Survival International ont demandé au juge de suspendre la vente jusqu'à ce que la légitimité de la collection soit établie. Il n'existe cependant aucun obstacle légal qui s'oppose à cette vente.

L'acteur Robert Redford avait précédemment contesté cette vente. Il a déclaré dans un communiqué : ‘Procéder à cette vente serait, à mon opinion, un sacrilège, un acte criminel qui implique de graves répercussions morales. Je souhaite que ces objets sacrés soient retournés à leurs légitimes propriétaires, les Hopi. Ils ne sont pas à vendre'.

 

Me Pierre Servan-Schreiber, du cabinet Skadden Arps à Paris et membre de l'Alliance des avocats pour les droits de l'homme, mandaté par Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘C'est là un dénouement malheureux car ces objets seront vendus et dispersés et la probabilité qu'ils soient restitués à leurs propriétaires légitimes, les Hopi, est très faible.

Cela signifie également que les institutions françaises ne sont toujours pas entièrement conscientes des conséquences dévastatrices que ce type de marchandage d'objets sacrés peut avoir sur les tribus qui ont déjà été terriblement éprouvées'.

Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International (France), a déclaré : ‘Les acquéreurs potentiels de ces objets devraient être conscients que cette vente d'objets que les Hopi considèrent comme leur légitime propriété représente un outrage irréparable. La loi française offre peu de recours aux Hopi, mais nous avons bon espoir que la justice vaincra et que ces objets ne seront pas dispersés et restitués à leurs propriétaires'.


Note :

Les Hopi, qui sont environ 18 000, vivent dans 12 villages au nord Arizona. Ils appellent leur patrie Hopituskwa

 

 

Un article de survivalfrance.org,

10/04/2013

Quand les Kogis nous parlent de la Terre

22/03/2013

Des Indiens d'Amazonie s'unissent contre un géant pétrolier

Un article de survivalfrance.org

 

Des Indiens d'Amazonie péruvienne et brésilienne se sont unis pour empêcher une compagnie pétrolière canadienne de détruire leurs territoires et de mettre en péril la vie de groupes d'Indiens isolés.

Des centaines de Matsés se sont rassemblés samedi dernier à la frontière entre le Pérou et le Brésil exigeant le retrait de la compagnie pétrolière qui s'apprête à dévaster leurs forêts.

Au Pérou, le géant pétrolier canadien Pacific Rubiales a déjà commencé l'exploration de la concession – le bloc 135 – qui se trouve en plein coeur d'une zone destinée à devenir une réserve pour protéger les tribus isolées.

Survival a recueilli le témoignage d'une femme Matsés : ‘Le pétrole va polluer les sources de nos rivières. Que vont devenir les poissons? Quelle eau boiront nos animaux?'

Les Matsés, qui représentent une population d'environ 2 200 personnes, vivent à la frontière entre le Brésil et le Pérou. Avec la tribu voisine des Matis, ils étaient connus comme le ‘peuple du jaguar' en raison de leurs peintures faciales et de leurs tatouages qui rappellent les dents et les moustaches du jaguar.

Les Matsés ont été contactés dans les années 1960 et sont, depuis lors, exposés aux maladies introduites par les étrangers. Des groupes isolés sont également gravement menacés par ces maladies contre lesquelles ils ont peu – ou pas – d'immunité.

 

 

Malgré sa promesse de garantir les droits de ses citoyens indiens, le gouvernement péruvien a donné le feu vert à ce projet d'un montant de près de 28 millions d'euros. La compagnie ouvrira des centaines de kilomètres de lignes sismiques à travers la forêt où vivent les Indiens isolés et y forera des puits d'exploration.

Le gouvernement a également attribué une licence d'exploration pétrolière dans le bloc 137, au nord du bloc 135, situé en plein coeur du territoire des Matsés. Malgré la pression de la compagnie, les Indiens résistent fermement à ses activités dans leur forêt.

L'exploitation pétrolière aura également des impacts de l'autre côté de la frontière, dans la vallée brésilienne du Javari où vivent plusieurs groupes isolés, les tests sismiques et les puits d'exploration risquant de polluer les sources de plusieurs rivières dont ces groupes dépendent.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘L'Etat canadien a été fondé sur la spoliation des territoires indigènes. Lorsque les Européens envahirent le Canada, ils introduisirent des maladies inconnues, s'emparèrent du contrôle des ressources naturelles et furent responsables de l'extinction de groupes entiers. Aujourd'hui, une compagnie canadienne est sur le point de commettre les mêmes crimes contre les Indiens du Pérou.

Pourquoi le gouvernement péruvien ne respecte-t-il pas ses propres engagements envers les droits des Indiens? L'Histoire nous a pourtant montré que l'invasion des territoires de groupes isolés amène inévitablement à la destruction, à la maladie et à la mort'.

 

 

 

 

Une émission passionnante de France Culture :

 

09/03/2013

Philippines : Assassinat de Dexter Condez qui luttait pour le droit à la propriété du peuple Ati

 Assassinat d'un leader aborigène luttant pour le droit à la propriété des autochtones

 

Boracay, paradis du tourisme international, a été fréquenté l'an dernier par 1,2 million de vacanciers. Ce territoire ancestral des Ati, peuple autochtone de cette petite île des Visayas Occidentales, a perdu le 22 février dernier son porte-parole, Dexter Condez, 26 ans, abattu à la nuit tombée de six balles tirées à bout portant. (...)

Habitants originels de Boracay, les Ati vivaient sans problème majeur sur leur île jusqu'aux années 1970, date de l'arrivée des premiers touristes. Commencée modestement autour d'établissements fréquentés par les backpackers, l'activité touristique s'est considérablement développée au point de faire de l'île une destination internationale très prisée. Des hôtels de luxe sont sortis de terre.

Les Ati ont certes retiré quelques revenus de cette activité touristique (ouvriers sur les chantiers de construction ou petits commerçants) mais ils ont surtout perdu la maîtrise de leur île. Sur les seulement 1 032 hectares de l'île, le nombre des lots fonciers est passé de 270 à la fin des années 1970 à plus de 6 000 aujourd'hui. Le prix du m² a grimpé en flèche et on estime qu'un tiers des propriétés ne sont pas enregistrées légalement. Il n'est pas rare que des conflits fonciers entre hôteliers se règlent à coups de fusil.

C'est dans ce contexte que les Ati, stigmatisés de plus pour la couleur foncée de leur peau, se sont trouvés complètement marginalisés sur leurs propres terres. Aidés par l'Eglise catholique, ils ont alors demandé à la Commission nationale des peuples indigènes de leur reconnaître un territoire spécifique, mais ce n'est qu'en janvier 2011, après plus de dix années de démarches, que celle-ci leur a accordé un « Titre de domaine ancestral ».

Sur les 156 titres accordés par la commission aux peuples autochtones des Philippines, celui des Ati est assurément le plus petit, avec une superficie de seulement 2,1 hectares ! Située en bordure d'une crique préservée des constructions dans la partie sud de Boracay, la propriété s'est toutefois révélée inconstructible du fait de litiges engagés par trois groupes hôteliers. Et c'est le garde de sécurité de l'un d'entre eux, le Crown Regency Boracay Resorts, qui est soupçonné d'avoir abattu Dexter Condez.

 

Dexter Condez, au centre

(...)

Par ailleurs, à Manille, une récente décision du président Aquino a été très mal accueillie par les défenseurs de l'environnement et des droits des peuples autochtones. Le 19 février dernier, le gouvernement a en effet annoncé que l'étude d'impact environnemental du géant minier Xstrata pour son projet de mine à ciel ouvert à Tampakan, sur les terres ancestrales du peuple B'lann, était recevable et conforme aux normes en vigueur aux Philippines.

Cette décision ouvre la voie à une mise en place d'un investissement très controversé de 5,9 milliards de dollars, le plus important investissement étranger jamais réalisé dans le pays. Dès le lendemain 20 février, Mgr Dinualdo Gutierrez, évêque du diocèse catholique de Marbel, dénonçait la mesure gouvernementale : « [Benigno Aquino] n'est plus crédible. Il affirme que le peuple est ‘le patron', mais ce n'est qu'un slogan, rien de plus ! »

Enfin, sur le même sujet du projet minier de Tampakan, un juge de Digos City, à Mindanao, a mis en examen le lieutenant-colonel Alexis Noel Bravo et quinze de ses hommes pour l'assassinat de Juvy Capion et de deux de ses fils, âgés de 8 et 13 ans. Abattue en octobre dernier alors qu'elle était enceinte de trois mois, la jeune femme était l'épouse de Daguil Capion, membre du peuple B'lann et l'un des leaders de l'opposition au projet du groupe Xstrata.

Prononcée le 6 mars, cette mise en examen et le jugement qui suivra sont attentivement suivis aux Philippines par les militants des droits de l'homme qui y voient un test de la détermination présidentielle à défendre les droits de l'homme.

 

Un article publié par EDA

21/02/2013

En Australie, un Aborigène déjoue les projets de mines d’uranium d’Areva

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Face aux 14 000 tonnes d'uranium logées dans les terres septentrionales d'Australie, Areva nourrissait de grandes ambitions. Le gisement était estimé à 2 milliards de dollars, selon média australien ABC News. Mais le géant du nucléaire français peut mettre au placard ses permis d'exploitation et ses velléités minières : des Aborigènes ont gagné le combat qu'ils menaient depuis des décennies contre les mines qui devaient être creusées sur leur territoire de Koongarra, rapportent un article d'un blog de Mediapart ainsi qu'un communiqué de l'Observatoire du nucléaire.

 

Après la découverte de gisements d'uranium en 1970, cette zone d'une douzaine de km2 avait été exclue du parc national de Kakadu, se retrouvant de ce fait privée de protection légale. La bataille de ces Aborigènes, et en premier lieu du propriétaire traditionnel de cette terre, Jeffrey Lee, a permis de la classer l'année dernière au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco, puis de la réintégrer pleinement, en février, au parc national.

 

En 2011, une délégation australienne avait ainsi fait le voyage jusqu'à Paris pour rencontrer le comité de l'Unesco et le convaincre de classer le site, rapporte un article d'ABC News. Selon le média australien, "le gouvernement a déclaré que le géant de l'énergie Areva avait formellement demandé que la nomination de Koongarra soit retirée de l'agenda de la rencontre". Le journal avance également que l'Aborigène a reçu "d'énormes pressions" pour cesser d'entraver les projets miniers d'Areva, et aurait pu devenir "l'homme le plus riche d'Australie" s'il avait cédé. "Il est légitime d'estimer que ces offres d'Areva relevaient de la corruption, pas nécessairement sur le plan juridique mais assurément sur le plan moral", accuse l'Observatoire du nucléaire.

 

Quoi qu'il en soit, Jeffrey Lee a fait savoir, sur le site australien The Age, que "le fait que les Blancs m'offrent ceci ou cela ne m'intéresse pas", et qu'il n'était pas "intéressé par l'argent. J'ai un travail. Je peux acheter de la nourriture, je peux aller pêcher et chasser". Sur le site Environment News Service, il explique aussi : "J'ai dit non aux mines d'uranium à Koongarra, car je crois que la terre et les croyances propres à ma culture sont plus importantes que l'exploitation minière et l'argent. L'argent va et vient, mais la terre est toujours là, subsiste toujours si nous nous en occupons, et s'occupera toujours de nous."

 

Se trouvent à Koongarra de l'art rupestre aborigène, des sites sacrés, des roches ocres et de la brousse. Dans la conception aborigène du "temps du rêve", explique Environment News Service, le site abrite aussi la demeure de Namarrgon, être mythique qui manie la foudre, et "ancêtre créateur responsable d'un spectaculaire orage électrique sur le plateau d'Arnhem".

 

L'électricité, déjà...

 

Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/02/19/atomique-en-...

 

11/02/2013

Association Shane

Depuis 2003 nous avons pu réaliser un certain nombre d’actions et continuer celle de faire connaître les Shipibo-Conibos à travers leur patrimoine immatériel en France. Expositions, projections commentées (festivals, écoles) et diffusion des films que nous avons réalisés, dont celui qui a obtenu le prix « Coup de Coeur » en 2006 à Toulouse.
 

2011- 2012 :

La Ville de Viroflay, agglomération du ‘’Grand Parc de Versailles’’, dans le cadre de sa Saison Culturelle dont le thème est « L’Amérique Latine » nous demande notre participation et présente le 19 Novembre 2011 dans le cadre du ‘’Mois du Film Documentaire’’ « Ucayali, entre terre et eau…le chant » notre film primé.

- commande une œuvre inspirée des chants shipibo. Elle a donné lieu les 16 et 30 Mars à une création musicale ‘’Comme un Rêve Sylvestre’’ .

- réalise du 18 Mars au 22 Avril une exposition : « UCAYALI, l’art visionnaire d’aujourd’hui en Amazonie » grâce aux peintures rapportées de cette région.
Au Pérou parrainages, scolarisation des enfants, bourses d’études, cinéma itinérant avec les documentaires en version originale sans traductions ni commentaires.
 

en 2011 :

Avec notre soutien, deux formateurs, Claire Senac et Hugues Blanchère, assurent un atelier audio-visuel de 4 semaines. Les participants autochtones ont produit eux-mêmes un court métrage (scénario, tournage et montage en direct). Cette action est diffusée sur internet par les formateurs : · « Atelier international de vidéo à destination des peuples indigènes ». Voir aussi : Pôle-art-oid on Vimeo

L’atelier vidéo

(...) j’ai pu continuer à oeuvrer pour en partie finaliser le montage du film dédié au peuple shipibo « Kumancaya, le village qui vole » (52’). Nous lançons un appel aux donateurs pour la réalisation des animations prévues au cours du film. Les adhérents et les donateurs auront leur place dans le générique du film. Nous souhaitons continuer cette action pour la sauvegarde de ce précieux patrimoine en voie de disparition. Votre aide est très importante. Les adhérents n’ayant pas encore réglé leurs précédentes cotisations peuvent les joindre à celle de 2013. Le temps passe si vite et l’on oublie… La cotisation annuelle de 30 euros depuis 2011 reste inchangée et les dons…illimités…aussi.

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 Pour adhérez et aider l'Assocation :

Cotisation 2012 -2013 30 €
étudiants, demandeurs d’emploi : 10 €
Don………………………………
 Parrainage enfant : 50 €
 Bourse d’étude : 80 €
Sauvegarde patrimoine…………
 Total :……....    Date
 « Chèque à l’ordre de «Association Shane »
 12 rue Etienne Cabet 17000 La Rochelle
 Nom………………………………..
 Prénom…………………………….
 Adresse……………………………
 Téléphone…………………………
 E mail :
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 Participez en 2013

 1/ Informez vos amis, faites connaître notre démarche solidaire, trouvez des lieux d’exposition et de vente pour l’artisanat et la cinquantaine d’oeuvres picturales réalisées par les autochtones d’Amazonie péruvienne rapportées en France, recherchez et communiquez à Shane les coordonnées de sociétés, d’entreprises, de fondations pour des dons.
 2/ Organisons avec votre aide : des projections particulières ou publiques de nos films en présence du réalisateur, des animations dans des écoles de la région, des repas péruviens avec tombola accompagnés de vente d’artisanat.
 3/ Offrez ou vendez nos DVD, nous vous en communiquons le catalogue en pièce jointe et des indications ci-dessous. Pour les adhérents, le prix est minoré de 20% :
 Témoignages sur la culture des indiens Shipibo-Conibo d’Amazonie péruvienne les documentaires cités ci-dessous ont été réalisés par l’Association Shane.
  Leurs chants traditionnels rendent compte de l’âme profonde de ce peuple.
 « A l’écoute du peuple shipibo » (2004) (80’) (20 euros) en version française seule, avec chapitres par communautés visitées et par sujet. Ce DVD existe dans une version en deux parties (2 DVD) :

‘’Ucayali, entre terre et eau…le chant" (20 euros), documentaire à caractère musical tourné en Ucayali et réalisé en deux versions :
 1) version bilingue 46'40" (2005), français, espagnol, avec chapitres et bonus
 2) version réduite à 24'40 (2006) version française seule sans chapitres ni bonus, prix "Coup de Coeur" du jury à la 66éme "Rencontres de Image'in" à Toulouse de la Fédération Française Cinéma Vidéo.

« Diogenes » une cérémonie chamanique en Ucayali (15 euros)
1) version originale 26’ (2009) espagnol, shipibo
2) version réduite à 11’50 (2009) espagnol, shipibo (introduction en français)

 

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http://shanefrance.org/index_fra.php

 « L’art est une manière de revivifier la fierté, de restaurer le respect et la confiance en soi » Roger Boulay

 « La sauvegarde d’un patrimoine immatériel est aussi importante que celle de notre milieu naturel et environnemental » Pierre Urban

07/02/2013

Les Guarani Kaiowa en grand danger : les propriétaires terriens payent des tueurs à gages !!

Les Guarani Kaiowa en grand danger : les propriétaires terriens ne lâchent rien et payent des tueurs à gages ! Stop à l'agonie des Peuples !

Ladio Veron se recueillant sur la tombe de son père Marcos assassiné en 2003, déclare que Jacinto Honório da Silva Filho a donné une arme à feu, un téléphone cellulaire et R $ 600 relais à un homme pour le tuer. Le cacique Ladio Veron est sous protection de la défense des droits de l'homme car menacé de mort.

En 9 ans, plus de 273 Guarani-Kaiowá ont été tués. A de rares exceptions près, les crimes n'ont pas été résolus. Les morts violentes d'autochtones se produisent dans le contexte d'un conflit lors de la reprise des terres ancestrales et est principalement la responsabilité de l'État brésilien. La démarcation des terres autochtones a 20 ans de retard.

 

Signons les pétitions :

** PÉTITION... OFFICIELLE "Força e Coragem":

STOP AUX MASSACRES DES PEUPLES D'AMAZONIE

 


** PÉTITION OFFICIELLE EUROPÉENNE :

STOP A L'EXPULSION DU PEUPLE GUARANI-KAIOWA DE SES TERRES

29/01/2013

VICTOIRE DE LA CAMPAGNE CONTRE LES SAFARIS HUMAINS

Victoire de la campagne contre les safaris humains

 

La campagne de Survival International visant à proscrire les safaris humains dans les îles Andaman, en Inde, vient de remporter une victoire majeure, la Cour suprême ayant décidé d'interdire aux touristes la route qui traverse la réserve des Jarawa.

Survival mène campagne depuis plusieurs années pour la fermeture de cette route. L'organisation avait été, en 2010, la première à dénoncer les tour-opérateurs qui traitent les Jarawa comme des animaux de foire et, avec l'organisation andamane Search, elle avait appelé les touristes à boycotter la route.

En 2002, la Cour suprême avait ordonné à l'administration locale de fermer la route, mais jusqu'à présent elle est toujours ouverte.

Le récent verdict de la Cour est tombé un an après le scandale international qu'avait suscité une vidéo montrant une femme jarawa forcée de danser pour les touristes en échange de nourriture.

En juillet dernier, la Cour suprême indienne avait ordonné aux autorités andamanes de fermer deux attractions touristiques –des grottes calcaires et un volcan de boue– et d'aménager une zone tampon autour de la réserve afin d'empêcher l'exploitation touristique des Jarawa. Les touristes qui traversent la réserve prétendent ne vouloir que visiter ces sites, mais ils admettent ouvertement que leur but principal est d'observer les Jarawa au bord de la route.

Dans une lettre adressée à la Cour Suprême début janvier, Survival accuse les autorités andamanes d'avoir ‘continuellement méprisé la décision de la Cour' en maintenant ces sites touristiques ouverts et l'appelle à prendre des mesures immédiates.

 

 

La semaine dernière, l'administration andamane a tenté de contourner la décision de la Cour suprême rendue en juillet en annonçant une version partielle de l'aménagement de la zone tampon qui permettrait de maintenir l'accès au volcan de boue et aux grottes –ce qui ne mettrait pas fin aux safaris humains.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Ce nouveau verdict intérimaire est encourageant, mais il sera insignifiant si l'administration andamane ignore une fois de plus la décision de la Cour suprême. Il est vital que celle-ci soit appliquée et que cessent une fois pour toutes les safaris humains. Il revient aux Jarawa eux-mêmes de décider si des étrangers peuvent ou non pénétrer sur leurs terres'.

 

Un article de survivalfrance.org, relayé par

 

 

21/01/2013

Au Gré de la Plume Arctique / People of a Feather

18/01/2013

Le peuple invisible - partie 1 /10

la suite sur youtube également

 

Mise en ligne le 8 mai 2010

Les Algonquins vivaient jadis en symbiose avec le vaste territoire qu'ils occupaient. Cet équilibre fut rompu avec l'arrivée des Européens au 16e siècle. Peu à peu, leur mode de vie ancestral a été réduit en miettes, sans compter le pillage de leurs ressources naturelles. Ils ne sont d'ailleurs plus que 9000 personnes réparties dans une dizaine de communautés, certaines plongées dans une grande misère alors que les droits humains de ce peuple autochtone sont souvent ignorés.

Réalisation : Richard Desjardins, Robert Monderie

Autochtones du Canada : Marche à Roberval

Roberval, 14 janvier 2013 – Sous la bannière du Mouvement national autochtone Idle no more, des Pekuakamiulnuatsh des Atikamekws des Innus de la côte nord et des québécois manifestent à nouveau contre le projet de loi fédéral C-45 et C-48 qui modifie notamment la loi sur la protection de la navigation, la loi canadienne sur l’évaluation environnementale et la Loi sur les Indiens sans consulter les Premières Nations en appuie à Aniesh Vollant et Shanet Pilouss deux femmes Innues de Uashat Mak Maliotenam qui font une grève de la faim et Cheffe Theresa Spence.

Ceci concerne tous les autochtones et non-autochtones de ce pays, c'est au aussi pour l'avenir de la population canadienne/québécoise.

Une marche symbolique aura lieux ce mercredi 16 janvier à 18h à Roberval, le point de ralliement pour la marche est au Café Yé au 815A, Boulevard Saint-Joseph, Roberval.

Le mouvement débute le 11 décembre 2012 lorsque la cheffe crie Theresa Spence de la réserve d'Attawapiskat dans le Nord de l'Ontario (Canada) entreprend une grève de la faim dans un tipi implanté sur l'île Victoria (Rivière des Outaouais), à Ottawa, pour mettre fin à l'inaction et l'inertie caractérisant les relations difficiles entre l'État du Canada et les Premières nations vivant sur les terres de la Couronne canado-britannique. Elle exige une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper. Ce qu'il refuse pendant 24 jours.

Dans la foulée, le mouvement « Idle No More a été lancé par quatre femmes: Nina Wilson, Sylvia McAdam, Jessica Gordon et Sheelah McLean. Elles ont profité des discussions à propos du projet de loi C-45 de mise en œuvre du budget fédéral pour attirer l'attention sur l'impact de cette loi omnibus «non seulement sur les Autochtones, mais également sur les territoires, l'eau et tous les citoyens canadiens», lit-on sur le site Web du mouvement. »

C’est un mouvement de la base, qui vient du peuple. - Jamais PLUS l'INACTION,

Des manifestations de plus en plus nombreuses viennent appuyer les revendications portées par la gréviste de la faim partout au Canada et au Québec, jusqu'en Gaspésie et sur la Côte Nord, au Saguenay Lac-St-Jean

 

Après 24 jours de grève de la faim, les soutiens s'internationalisent. Une expédition de plus de 400 kilomètres mènera de Waskaganish à Attawapiskat en traîneau à chiens, l'Atikamekw Herman Niquay ; à Paris, le Français Anthony Schwartzmann organise une manifestation devant la tour Eiffel le 19 janvier 2013.

 
 
 

09/01/2013

En hommage à Kénojouak, artiste inuit

23/11/2012

Corine Sombrun - Les esprits de la steppe, avec les derniers chamanes de Mongolie

07/11/2012

Des années de silence - L’histoire de Karapiru, la vie en fuite

Source : http://www.survivalfrance.org/textes/3254-karapiru?utm_so...

Dans sa langue natale, son nom signifie ‘Faucon’. Cependant, même avec l’acuité visuelle que ce nom évoque, Karapiru n’aurait jamais pu prévoir la tragédie qui s’est abattue sur son peuple, la tribu awá du nord-est du Brésil. Il n’aurait jamais pu imaginer que ce jour-là il devrait fuir et s’enfoncer dans la forêt pour sauver sa vie, une balle lui brûlant le dos, sa famille décimée par des hommes de main armés. Il n’aurait pas pu non plus se douter que ce jour violent serait le premier d’une décennie de solitude et de silence.

La terre ancestrale de Karapiru se trouve dans l’Etat du Maranhão, bordée à l’ouest par les denses forêts amazoniennes et à l’est par le Cerrado, une savane riche en biodiversité. Pour les Awá, la terre n’a qu’un seul nom : Harakwá, ou ‘l’endroit que nous connaissons’.

Les 460 membres de la tribu awá vivent principalement de la chasse (pecari, tapir ou singe) et de la cueillette (baies, fruits et noix sauvages). Ils se nourrissent aussi de miel qu’ils récoltent dans les nids d’abeilles perchés au sommet des grands arbres. Les chasseurs se déplacent dans la forêt avec des arcs de près de deux mètres de long, souvent la nuit, en éclairant le chemin à l’aide de torches faites de résine d’arbre. Mais toute nourriture n’est pas bonne à prendre, ainsi le vautour, la chauve-souris ou le paresseux à trois orteils, sont interdits.

Un chasseur awá aux aguets

Un chasseur awá aux aguets
© Survival

Les Awá élèvent beaucoup d’animaux de compagnie, souvent les petits des animaux qu’ils viennent de chasser devenus orphelins et ils partagent leur hamac avec les coatis et leurs mangues avec les perruches vertes. Les femmes nourrissent même au sein les singes hurleurs et les capucins et sont réputées pour allaiter de petits cochons.

L’année awá est divisée en saisons des ‘pluies’ et de ‘soleil’. La pluie est contrôlée par des créatures célestes, les ‘maria’ qui sont les maîtres de grands réservoirs dans le ciel. Quand la lune est pleine, les hommes, leurs cheveux noirs tachetés de blanc par du duvet de vautour royal, communient avec les esprits par des chants qui les amènent dans un état de transe, lors d’un rituel sacré qui dure jusqu’à l’aube.

Cérémonie awá

Cérémonie awá
© Survival

Pendant des siècles, leur mode de vie a été en parfaite symbiose avec la forêt tropicale. Puis, au cours de quatre décennies, ils ont été témoins de la destruction de leur terre natale – plus de 30% de l’un de leurs territoires a été rasé – et du meurtre de leur peuple par les karaí, ou non-Indiens. Aujourd’hui, ils sont non seulement l’une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs du Brésil, mais également l’une des tribus les plus menacées au monde.

La terrible histoire de Karapiru a véritablement commencé il y a 45 ans avec une découverte due au hasard, lors d’une étude aérienne des ressources minérales de la région effectuée par des géologues nord-américains. Lorsque l’hélicoptère eut besoin de faire le plein, le pilote décida d’atterrir sur un haut sommet dénué d’arbres des monts Carajás. L’un des géologues remarqua des pierres gris-noir sur le sol qu’il reconnut aussitôt comme étant du minerai de fer. En réalité, sous ses pieds, le sol était jonché de ce qu’un magazine de géologie désignerait plus tard comme ‘une couche épaisse de Jaspilite et des lentilles d’hématite dure’. Pour les profanes, cela signifie que les prospecteurs venaient de mettre la main sur l’un des dépôts de fer les plus riches de la planète.

Leur découverte donna rapidement lieu à un gigantesque projet de développement, le Projet Grand Carajás, financé par les Etats-Unis, le Japon, la Banque mondiale et la CEE. Il englobait un barrage, une fonderie d’aluminium, des usines de production de charbon de bois et des fermes d’élevage de bétail. Les routes qui furent ouvertes détruisirent des pans entiers de forêt primaire et une voie ferrée de 900 kilomètres qui traverse le territoire awá pour atteindre la côte fut construite pour transporter les ouvriers et le minerai. Mais le joyau de ce titanesque projet industriel était un immense gouffre creusé dans le sol – si grand qu’il pouvait être vu de l’espace – et qui deviendrait, avec le temps, la plus grande mine à ciel ouvert du monde.

La mine et la voie de chemin de fer de Carajás ont donné le départ à l'invasion du territoire awá

La mine et la voie de chemin de fer de Carajás ont donné le départ à l'invasion du territoire awá
© Peter Frey/Survival

Le Projet Grand Carajás était dévastateur pour l’environnement et les Indiens qui vivaient dans la région, en dépit du fait qu’en échange d’un prêt d’un milliard de dollars, les financeurs avaient demandé au gouvernement brésilien de garantir que les territoires indigènes seraient délimités et protégés.

Mais il y avait une fortune à tirer de la forêt qui fut vite envahie par une ruée de colons de toutes sortes, d’éleveurs et de bûcherons. Des excavateurs gigantesques creusaient la terre, déchirant les couches de sol et de pierres pour atteindre le minerai, bauxite et manganèse. Les rivières furent contaminées et des arbres centenaires furent abattus et brûlés. Le noir de la cendre de charbon avait remplacé le vert profond du feuillage de la forêt : Harakwá est devenu une représentation polluée, traumatisante et boueuse de l’enfer.

Pour les prospecteurs, les Awá n’étaient rien de plus qu’un obstacle entre eux et ce trésor ; une nuisance primitive qui devait tomber en même temps que les arbres. Les Awá étaient pris en étau entre eux et les dollars que les cailloux généreraient.

Ils ont donc entrepris de les anéantir.

Pour arriver à leurs fins, certains étaient très inventifs : plusieurs Awá sont morts après avoir ingurgité de la farine mélangée à un insecticide anti-fourmi, ‘cadeau’ d’un fermier local. D’autres n’hésitaient pas à tirer sur les Indiens, là où ils se trouvaient – à la maison, devant leurs familles, Karapiru en a été victime.



De ses propres mots
Karapiru se souvient de la tragédie dont sa famille a été victime

 

Karapiru croyait qu’il était le seul membre de sa famille à avoir survécu à ce massacre. Les assassins avaient tué sa femme, son fils, sa fille, sa mère, ses frères et ses sœurs. Un autre de ses fils avait été blessé et capturé.
Profondément traumatisé, Karapiru s’échappa dans la forêt, une charge de grenaille de plomb dans le bas de son dos. ‘Je n’arrivais pas à guérir ma blessure. Je ne pouvais rien mettre dessus et je souffrais beaucoup’, a-t-il raconté à Fiona Watson, de Survival. ‘Les plombs me brûlaient le dos et je saignais abondamment. Je ne sais pas comment ma blessure ne s’est pas infectée. Mais j’ai réussi à échapper aux Blancs’.

Au cours des dix années qui suivirent, Karapiru n’eut de cesse de fuir. Il marcha plus de 600 kilomètres à travers les collines boisées et les plaines de l’Etat du Maranhão, traversant les dunes de sable des restingas et les larges cours d’eau qui abondent dans la région.

Il était terrifié, affamé et seul. ‘C’était très dur’, a-t-il raconté à Fiona Watson, ‘Je n’avais pas de famille pour m’aider et personne à qui parler’. Il réussit à survivre en mangeant du miel et de petits oiseaux, des perruches, colombes et grives à ventre rouge. La nuit, lorsqu’il dormait dans les hautes branches des grands copaiba, parmi les orchidées et les lianes, il entendait le cri des singes hurleurs dans la canopée. Et quand le chagrin et la solitude devenaient trop pesants – ‘parfois je n’aime pas me rappeler tout ce qui m’est arrivé’ – il se parlait doucement à lui-même, ou fredonnait pendant qu’il marchait.



De ses propres mots
Karapiru se cache des Blancs

 

Plus d’une décennie après avoir assisté au meurtre de sa famille, Karapiru a été surpris par un fermier à la périphérie d’un village dans l’Etat voisin de Bahia. Il marchait dans une parcelle de forêt qui avait été brûlée, en portant une machette, quelques flèches, des récipients d’eau et un gros morceau de cochon sauvage boucané.



De ses propres mots
Karapiru rencontre les Blancs

 

Karapiru suivit le fermier jusqu’au village, où il trouva refuge chez un homme en échange de menus travaux. La nouvelle se répandit vite qu’un homme solitaire, un Indien ‘inconnu’ qui parlait une langue que personne ne comprenait, était sorti de la forêt.

Il était un homme qui avait passé dix ans à ‘fuir de tout’ sauf de son chagrin. ‘J’étais très triste’, raconte-t-il. Mais tout comme il n’aurait jamais pensé qu’il endurerait de longues années de souffrance, ‘Faucon’ ne pouvait prévoir le bonheur qu’il ressentirait bientôt.

A suivre…

Par Joanna Eede

26/10/2012

Les Guarani-Kaiowa menacent de se suicider sur la terre de leurs ancêtres !!

 

guarani8

Les Guarani-Kaiowa de la municipalité de Iguatemi,

dans l’état Brésilien du Mato Grosso do Sul,

menacent de se suicider en masse s’ils sont forcées de quitter

la Cambará, sur la rive Jogui, où ils campent.

 

Les Indiens disent que la région est un “tekoha” (cimetière des ancêtres)

et, par conséquent, ne veulent pas quitter le site,

préférant encore mourir sur leur terre.

Les 170 -guarani-kaiwás disent qu’ils ne quitteront pas le site et demandent à être enterrés là, dans le “tekoha” (Reuters / Api)

La menace a été écrite par la communauté indigène et publiée par le Conseil indigène missionnaire (CIMI)

Cette letrre est prise très au sérieux et les Guarani-Kaiowa, surement, mettront à exécution leur menace!

Ces indiens sont depuis 500 ans expulsés de leur terre et n ont aucun endroit où se “poser”.; ils vivent dans des “camps”, sans soins ni aide.

 

 

«Conscient de ce fait de l’histoire, nous voulons être morts et enterrés avec nos ancêtres ici où nous sommes aujourd’hui, nous demandons donc au Gouvernement et à la Cour fédérale de ne pas accorder l’ordre de expulsion / expulsion, mais demandons à accorder notre mort collective et de nous enterrer tous ici.

S’il vous plaît, une fois pour toutes, pour déclarer notre décimation totale et l’extinction de notre peuple, envoyez plusieurs tracteurs et creusez un grand trou pour enterrer nos corps.

C’est notre demande aux juges fédéraux.

Maintenant nous attendons la décision de la Cour fédérale. Déclarez la mort collective des Guarani Kaiowá enterrez-nous ici. Nous avons décidé de ne pas nous laisser prendre ici ni vivants ni morts. “

Source: Cimi le 17 octobre 2012

14/10/2012

Indiens d'Amazonie en sursis

L'OMCT présente son 3e documentaire "Indiens d'Amazonie en sursis".

à voir ici : http://vimeo.com/49439269

Ce film, réalisé par Daniel Schweizer, s'inscrit dans le cadre du projet de parrainage de l'OMCT "Défendre les défenseurs".

Le film suit une mission de l'OMCT au Brésil, menée en compagnie de la marraine et actrice Noémie Kocher, à la rencontre des défenseurs des droits des populations autochtones, Megaron et Davi Kopenawa Yanomami.
Le documentaire illustre les défis et menaces auxquels sont aujourd'hui confrontés les populations autochtones Yanomami et Kayapo et leurs défenseurs face à la construction de la centrale hydroélectrique de Belo Monte et l'exploitation minière illégale.

Pour soutenir les populations autochtones et leurs défenseurs, signez nos pétitions en ligne: bit.ly/POk9Fp

Pour plus d'informations sur le projet de parrainage "Défendre les défenseurs", visitez le site de l'OMCT: bit.ly/Ujibhk

Crédits: OMCT/Horizons films