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05/09/2008

Film-débat sur les Evenk à Vincennes et Journées amérindiennes à Neuilly !!!

Film - débat sur les Evenk de Sibérie
16 Septembre 2008 - Vincennes

"L'école nomade. Maîtresses de la Taiga"
Un film de Michel Debats

En Sibérie orientale, une école nomade évenk a vu le jour. Elle nomadise comme une famille nomade, ordinateurs, tables et chaises sanglés sur les traîneaux de rennes.
Avant l'école nomade, Andrei, Vittia et les autres étaient pensionnaires dans des villages pendant l'année scolaire. Ils perdaient leur langue et leur culture. A présent, ils n'ont plus à faire de choix entre un mode de vie traditionnel et l'accès à une certaine modernité. Ils poursuivent le cursus académique russe tout en conservant le mode de vie, la langue, les techniques et les rituels évenks.

La projection sera suivie d'un débat avec Alexandra Lavrillier, Henri Lecomte, Michel Debats, et Jean-Patrick Razon de Survival International.

Mardi 16 Septembre, à 20H30
Auditorium Jean-Pierre Miquel
98 rue de Fontenay
94300 Vincennes
Métro : Chateau de Vincennes
Rer A : Vincennes
Bus : 115


Journées amérindiennes
19 - 20 Septembre -  Neuilly-sur-seine

Un an après l'adoption par l'ONU de la Déclaration des droits des peuples autochtones, le groupe 147 d'Amnesty International organise un festival de documentaires suivis de débats, pour faire le point sur le continent américain.

Avec la participation des musiciens amérindiens de l'ensemble Yaku.
Avec le soutien de Survival France.

Théâtre de Neuilly
167, av. Ch. De Gaulle
92200 Neuilly-sur-seine
Métro : Pont de Neuilly-Sablons


Pour en savoir plus :
http://www.survivalfrance.org/agir/agenda

16/06/2008

Elikura Chihuailaf Nahuelpan Et Leonel Lienlaf

 La poesie mapuche ou l'identité revendiquée

par Diomena Carvajal

Dans un lointain pays nommé le Chili, il était une fois un peuple fier et courageux qui ne voulait pas se soumettre. C’est ainsi que nous devrions commencer cette présentation littéraire, comme un conte raconté aux enfants, les jours d’hiver au coin du feu, ou bien le soir, pour les endormir en rêvant aux lointains exploits des courageux indiens.


Elikura Chihuailaf Nahuelpan et Leonel Lienlaf font partie de cette lignée de mapuches dits «pacifiés», mais jamais vaincus. Il nous faudrait remonter un peu dans l’histoire de la conquête du Chili, pour trouver peut-être une explication, afin de comprendre le parcours de ces deux poètes exceptionnels. Et nous garderons ce dernier qualificatif pour parler d’eux, car exceptionnels ils le sont tant comme personnes que comme symboles d’une identité jamais reniée et toujours revendiquée.

Elikura Chihuailaf Nahuelpan:  Le Poète Bleu

Elikura Chihuailaf naquit en 1952, dans une petite ville du sud du Chili appelée Quechurewe, au sein d’une famille d’indiens cultivateurs. Dans sa « Lettre confidentielle aux chiliens» («Recado confidencial a los chilenos») dont le site «Letras» [1] a publié quelques extraits, il dit: «Je n’ai pas la prétention de croire que peut-être vous me connaissez déjà et qu’il vous intéresse de savoir qui est celui qui vous adresse cette lettre où je raconte un peu de ma vie, et où je raconte ma diversité mapuche…» et il ajoute «dans ma culture les prénoms expriment un désir partagé des parents : Elikura, signifie «pierre transparente», Chihuailaf, est «brume qui s’étend sur un lac» et Nahuelpan «tigre et puma».

Très jeune il fréquente l’école de son village, au sein de sa communauté. Il raconte le choc ressenti lorsqu’il découvre les livres : «J’ai connu les livres qui me montraient d’autres cultures, une autre façon de vivre et aussi ils me montraient les «araucanos». Il s ‘agissait de livres qui me parlaient, qui nous parlaient de choses qui n’avaient aucun lien avec notre vie quotidienne, au sein de la communauté…» et il continue «mon intérêt pour aborder les livres est dû peut-être au fait de les savoir «autres», c’est ce qui me poussa à vouloir en savoir plus sur cette autre chose».

Quand ses parents se voient contraints d’émigrer vers une autre ville plus au sud, il entre comme interne au lycée de Temuco : «Le lycée se trouvait sur une colline, la colline Ñielol («L’œil ou le maître de la Caverne…»), bordé par une grande avenue de châtaignier, éternellement dressés au cœur d’un automne, lui aussi, éternel, semblable à celui où j’ai commencé à écrire» […]. «En écrivant, je pensais que je pouvais parler avec les autres des expériences qui me paraissaient plus proches, à force d’être éloignées, de ces choses qui me parlaient fort : les voix de mon enfance. Des voix où le ruisseau qui coule dans les bois commence à nous révéler les mystères de la vie et de la mort : l’arrivée de l’eau et de l’esprit sous la lune cendrée (l’automne, mon extérieur-intérieur; mon intérieur-extérieur). Et le ruisseau qui grossit peu à peu en nous communiquant sa musique, son arôme, sa brillance, son langage. Puis, la tristesse du temps comme celui où l’ on dirait que la vie va finir comme un corps qui se dessèche en Eté, le corps qui reste vide sous la lune des fruits abondants…»

Il est interne au lycée de Temuco, en apprenant des choses qui ne parlaient pratiquement pas de son monde à lui, des choses qui lui étaient complètement étrangères, tandis qu’il rêve des bois où habite sa communauté et se souvient des narrations de ses parents et de ses grands-parents.

Depuis les temps lointains de la conquête le peuple mapuche s’est réfugié dans l’oralité. Le récit des exploits de guerriers où les esprits de la nature, sont toujours présents. C’est une façon de communiquer leur culture pour qu’elle refuse de mourir, pour qu’elle ne meure pas.

«[…] Près du feu j’entendais chanter ma tante Jacinta et j’écoutais les récits et les devinettes des gens. Un poète n’existerait pas s’il ne s’alimentait de la mémoire d’une famille, de celle qui appartient à sa propre culture et pour moi cette culture là était belle, parce qu’il y avait beaucoup de tendresse» […] Il ajoute: «Mon expression écrite n’arrive pas à atteindre l’immensité de cette mémoire qui ne demande qu’à être écrite…».

Elikura Chihuailaf est fier de son bilinguisme, sa grand-mère ne lui racontait des histoires que dans sa langue vernaculaire, la langue de ses ancêtres le «mapuzungun». Son grand-père parlait l’espagnol avec difficulté et il disait que s’ils avaient su le parler davantage ils n’auraient pas été dépossédés.  Ses parents ne parlaient que le mapuzungun lorsqu’ils débarquèrent à Temuco, pour y étudier et s’intégrer, et aussitôt installés ils réussirent à organiser un groupe d’étudiants, le «Newentuain» («Soyons forts!»), c’était vers les années 30. Par la suite, une fois mariés, ils envoyèrent leurs enfants pour qu’ils se forment et viennent grossir le contingent des maîtres et des maîtresses des écoles rurales afin d’instruire les enfants de leurs communautés. En somme une vie entière dédiée à la conservation de leur patrimoine culturel, n’excluant pas pour autant l’apport que l’Etat leur offrait [2]. Elikura réussit un diplôme de médecin obstétricien, dont il ne s’est jamais servi, parce que, dit-il: «je m’appelle « pierre transparente» et la pierre est le cœur qui doit être poli avec l’eau de l’esprit. Alors celui qui veut être transparent, doit travailler avec les mots…».

Traducteur de Neruda dans sa langue vernaculaire, il commente à son propos : On dit que Neruda a dit «La Araucana» [3] c’est bien, c’est un poème qui sent bon ; les mapuches vont mal, ils sentent la race vaincue et les usurpateurs sont impatients d’oublier, d’oublier tout…»

L’œuvre de Neruda a été traduite dans une centaine de langues, quelques unes de ces langues sont peu connues, mais, hélas, le poète n’a pas eu le bonheur de connaître une traduction en mapuzungun, maintenant c’est chose faite. Elikura Chihuailaf pénètre au plus profond des racines des mots employés par Neruda. Il y trouve «une compénétration avec la nature, l’amour des animaux, le respect à la vie dans tous ses domaines, la reconnaissance du patrimoine moral légué par ses aînés…» [4]

Elikura reçoit en 1994 le Prix de la meilleure œuvre éditée, décerné par «El Consejo del libro» («Le Conseil du livre»), pour son livre «Sueños azules y contrasueños » («Rêves bleus et contre-rêves») re-édité en 2000.

En 1977 il publie «El invierno y su imagen» («L’hiver et son image »), puis vinrent en 1988, «El país de la memoria» («Le pays de la mémoire»), en 1993 «Otros poemas azules» («D’autres poèmes bleus»), en 1994 «Sueños azules y contrasueños» («Rêves bleus et contre-rêves»).

Voici un échantillon de ses poèmes en mapuzungun:


Ñi pewma mew gvman

Ka Mapu mvlepun gvmaken
ñi Pewma mew
rofvlenew ti pu wechun wenu
ñi pu mawizantu mew
Mvte alvtuwlay ti rvpv
pu lamgen, pu peñi
ka witralen mvlen tvfachi Ko
mew, pifiñ
Kvpalelmu chi tamvn Kalifv
Kawel wirafkvlen wiñotuan
Kamapu kvpan, welu ñi kvmel
kaley ñi piwke
Eymvn mew ta choyvgen
Femgechi zuguafiñ taiñ ayin
pu Che.

 

Dans mes Rêves


Loin de ma terre je regrette
quand dans mes rêves
les sommets de mes montagnes
m’embrassent
La mer n’est pas si grande
mes sœurs, mes frères
et je suis debout sur ces eaux
je vous dis,
envoyez-moi votre cheval bleu
je reviendrai en galopant
Je viens de loin
mais mon cœur resplendit
Je suis votre fils, donc
Je parlerai ainsi
à notre Peuple
Aimé


 

Kalley Pewma Mew


Welu ñichaw egu tañi laku egu–
Lonko lechi lof

mew – welu kvme az zuwam
pukintu keygu

Pvchikonagen chi zugu avtram
kaken welu

ayekan chi pu kom zugu no

Welu feymu kvme kimlu ti
vlkantu trokiwvn

Fillantv pvram niel chi mogen,
welu pvchike

makan zugu no


 

Rêve Bleu


Je parle de la mémoire de mon enfance
et non d’une société idyllique

Là-bas, il me semble, j’appris ce qu’était poésie

les grandeurs de la vie quotidienne
mais surtout ses détails

l’étincellement du feu, des yeux,
des mains.

Assis sur les genoux de ma grand-mère
j’écoutais les premières histoires
des arbres
et des pierres qui dialoguent  entre elles,
avec les animaux et avec les gens

NOTAS:

[1] [http://www.letras.s5.com/elicura05122.htm]
[2] Le Chili s’est longtemps targué d’être l’une des premières et plus durables démocraties du continent latino-américain… jusqu’à l’avènement de la dictature de Pinochet, et l’école obligatoire et gratuite était un de ses fleurons.
[3] Première poésie épique écrite sur le peuple araucan, par le soldat poète conquistador Ercilla.
[4] Edition Pehuén. Chile, 2000.
_________________________________________
©   Diomenia Carvajal

LA CASA DE ASTERIÓN
ISSN:  0124 - 9282

Revista Trimestral de Estudios Literarios
Volumen VI – Número 21
Abril-Mayo-Junio 2005

DEPARTAMENTO DE IDIOMAS
FACULTAD DE CIENCIAS HUMANAS - FACULTAD DE EDUCACIÓN
UNIVERSIDAD DEL ATLÁNTICO
Barranquilla - Colombia

Source :

27/05/2008

Bulletin électronique de Survival International (France)


Enews 27 mai 2008

INDE : "Vedanta nous détruit pour le profit" affirment les Dongria Kondh
Alors que la compagnie minière Vedanta vient d'annoncer un bénéfice record, la tribu isolée des Dongria Kondh affirme qu'elle ne survivra pas si son projet d'exploitation de leur montagne sacrée est mis à exécution.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/3325
Agissez ! http://www.survivalfrance.org/actu/3278


PEROU  : une compagnie pétrolière française sur les terres d'Indiens isolés
Suite aux manifestations de réprobation de Survival et d'ONG péruviennes, le gouvernement péruvien a renoncé à ouvrir des réserves d'Indiens isolés à l'exploration pétrolière.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/3297


BRESIL : "Personne ne nous a consultés à propos des barrages" affirment les Indiens
Au Brésil, les Indiens réunis cette semaine pour une grande manifestation dans la ville d'Altamira, en Amazonie, ont déclaré ne pas avoir été consultés à propos de l'important projet de barrages que le gouvernement brésilien projette de construire sur le fleuve Xingu.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/3331


ROYAUME-UNI : Des députés britanniques se mobilisent aux côtés de Survival
L'actrice Julie Christie, ambassadrice de Survival a participé à une réunion organisée à la Chambre des Communes de Londres par Survival et le groupe interparlementaire britannique sur les peuples indigènes. Lal Amlai, porte-parole bawm, l'une des 11 tribus jumma des Chittagong Hill Tracts au Bangladesh, s'est aussi adressé aux députés et pairs britanniques pour les informer de la violente répression que subit son peuple.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/3329


PARIS Ciné-débat Survival : prochaine séance le 2 juin
La prochaine séance des ciné-débats Survival aura lieu le lundi 2 juin à 20 h à la Filmothèque du Quartier latin (9 rue Champollion, 75005 Paris) avec le film "Le jour où j'ai vu l'homme blanc" de Kumaré Ikpeng et Mari Corrêa, en présence de Patrick Menget, ethnologue, président de Survival International (France) et de Mari Corrêa.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/agir/agenda/361


PARIS : appel à bénévoles
Survival France recherche plusieurs bénévoles enthousiastes et dynamiques pour aider un jour par semaine le secrétariat de Paris dans différentes tâches administratives ainsi qu'à la diffusion de nos publications dans Paris.
Contactez-nous au 01 42 41 47 62 ou par email à dd@survivalfrance.org

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Survival aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir.
Survival n'accepte aucune subvention gouvernementale et dépend exclusivement de ses membres et donateurs pour financer ses campagnes.

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21/05/2008

ciné-débat Survival

Le prochain rendez-vous ciné-débat Survival aura lieu le lundi 2 juin à 20h à la Filmothèque du Quartier Latin avec la projection du film de Kumaré Ikpeng et Mari Corrêa

Le jour où j'ai vu l'homme blanc

En présence de Patrick Menget, ethnologue, président de Survival International (France) et de Mari Corrêa, coréalisatrice.

Quatre siècles et demi après l'arrivée des Portugais, certaines tribus indiennes du Brésil n'avaient jamais eu de contact avec les Blancs. À partir des années 1940, les frères Villas Boas décident de créer le contact avec ces Indiens pour les sauver de la menace que la politique expansionniste d'alors fait peser sur elles. En 1961 ils créent la réserve du Xingu et y installent des tribus en péril. Du premier contact avec les Villas Boas en 1965 aux démarches entreprises depuis quelques années en vue de retourner sur leurs terres d'origine, ce film se propose de faire raconter leur histoire aux Ikpeng, une des tribus "déménagées" dans le Xingu. Les Indiens ont fait l'objet de nombreux films dont le point de vue est toujours celui de réalisateurs blancs et l'angle ethnographique ou journalistique. La spécificité de ce film est que le point de vue est tout autre. Narrateurs-acteurs du récit, les Ikpeng seront filmés par Kumaré, un cinéaste Ikpeng.

Filmothèque du Quartier Latin
9 rue Champollion
75005 PARIS  (M° Odéon)
Tél. 01 43 26 84 65

La Filmothèque du Quartier Latin et Survival se sont associées pour présenter tous les premiers lundis du mois des films de fiction ou documentaires, historiques ou contemporains, sur les peuples indigènes, en présence des réalisateurs ou de spécialistes.

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03/04/2008

Bulletin Survival International du 3 avril 2008

FRANCE : Visite du président du Botswana à Paris
A l'occasion de la visite en France du président du Botswana M. Festus Mogae, la section française de Survival International lui a rappelé le sort tragique des Bushmen du Kalahari et a appelé le gouvernement français à intercéder en leur faveur pour qu'ils puissent retourner vivre en paix sur leurs terres ancestrales.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/3162
Agissez ! http://www.survivalfrance.org/agir/lettres/bushmen


BRESIL : Les Enawene Nawe obtiennent le droit de pêcher
Un juge brésilien a estimé que les Enawene Nawe avaient le droit de pratiquer la pêche sur le rio Preto, leur plus importante source de poissons. Ce jugement clôt la procédure entamée l'année dernière par des propriétaires terriens locaux qui avaient obtenu une injonction interdisant aux Indiens de construire des campements et des barrages de pêche sur la rivière.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/3183


INTERNATIONAL : Survival remet le prix de "l'article de presse le plus raciste de l'année"
Un article assimilant les Indiens du Paraguay au cancer et les décrivant comme des gens "néolithiques", "attardés" et "crasseux" a été désigné par Survival comme "l'article le plus raciste" publié l'année passée dans les principaux médias.
Pour en savoir plus et lire l'article : http://www.survivalfrance.org/actu/3156


AGENDA
Le cinéma est à l'honneur dans l'agenda de Survival avec le lancement à Paris du cycle "ciné-débat" avec la Filmothèque du Quartier Latin ainsi que la Retrospective Filmeurs du Grand Nord :
http://www.survivalfrance.org/agir/agenda

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19/03/2008

Manifestation en faveur des Bushmen du Botswana

le vendredi 21 mars 2008
de 8h à 10h30

Rendez-vous devant le siège du MEDEF
55, avenue Bosquet
75007 Paris
(M° Ecole militaire)

A l'occasion de la réunion de travail organisée par le MEDEF au cours de laquelle le Président du Botswana, M. Festus MOGAE, rencontrera des entreprises françaises,  Survival International (France) organise une manifestation en faveur des Bushmen du Kalahari.

Après avoir gagné un procès historique au cours duquel leur expulsion a été jugée illégale par la Haute Cour du Botswana, les Bushmen avaient espéré pouvoir retourner dans leurs anciens villages.

Mais le gouvernement redouble d'efforts pour les empêcher de rentrer chez eux. Il refuse notamment de les autoriser à pratiquer la chasse et à accéder à un puits situé à l'intérieur de la réserve, les obligeant à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se ravitailler en eau.
Dans le même temps, un projet de mine de diamants d'un coût de plus de 2,2 milliards de dollars a démarré dans la réserve. La mine aura accès à toute l'eau nécessaire à son fonctionnement.

M. Festus Mogae doit également rencontrer Bernard Kouchner, membre du comité d'honneur de Survival France. Dans une lettre adressée lundi au ministre, Survival lui a demandé d'intervenir en faveur des Bushmen.   

Venez nombreux manifester votre soutien aux Bushmen!

Pour en savoir plus sur les Bushmen :
http://www.survivalfrance.org/peuples/bushmen

Pour toute autre information, n'hésitez
pas à nous contacter
01 42 41 47 62 ou
info@survivalfrance.org 


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21/12/2007

Bulletin de Survival International (France)

Enews 20 décembre 2007

INDONESIE : Des Papous arrêtés, torturés et tués par la police
En Papouasie occidentale, la police tue, torture et terrorise les Papous en toute impunité.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/2862
Agissez! http://www.survivalfrance.org/agir/lettres/tribusdepapoua...

BOTSWANA : L'appel des Bushmen au président
A l'occasion du premier anniversaire de leur victoire judiciaire, les Bushmen de l'organisation First People of the Kalahari ont adressé une lettre ouverte au président du Botswana.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/2864
Agissez! http://www.survivalfrance.org/agir/lettres/bushmen

PEROU : Des compagnies pétrolières se préparent à pénétrer sur le territoire d'Indiens isolés
Deux compagnies pétrolières ont reçu le feu vert du gouvernement pour explorer les territoires d'Indiens isolés dans des zones reculées d'Amazonie.
Pour en savoir plus : http://www.survivalfrance.org/actu/2727
Agissez! http://www.survivalfrance.org/agir/lettres/indiensisoles

SURVIVAL : un nouveau site internet !
Survival France vient de lancer son nouveau site internet. Plus clair et facile d'accès, vous y retrouverez toutes les actualités de nos campagnes accompagnées de nombreux documents, photos, vidéos et sons ainsi que le site pour enfants "Dans la peau d'un Papou" et notre catalogue en ligne.
http://www.survivalfrance.org

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Merci de faire suivre ce message à toute personne intéressée.

24/10/2007

The Vicam Declaration

The Vícam Declaration:
"we will defend mother earth with our lives"
by Hermann Bellinghausen
Originally published in La Jornada
Translation by Zapagringo

Vícam, Sonora, October 14. The rebellion that will shake the continent will not repeat the paths and ways of others that have changed the course of history, subcomandante Marcos proclaims tonight in the closing ceremony of the Encuentro of the Indigenous Peoples of América. "When the wind that we are dies down," he adds, "a new time will open in which we will be all of the colors."

After greeting in the languages of Yoeme, Castilian ["Spanish"], and English, and taking words from the Yaqui tradition, Marcos declares before the audience, which has doubled itself on this night in Vícam: "The four wheels of the vehicle of money are rolling again over the path of the blood and the pain of the peoples of the continent," in what he calls "the largest war in the history of humanity, which is already 515 years old." The war that they commemorate every October 12.

This war now reproduces "the age and methods of the great trusts and estates, of the epoch in which the crowns of Europe dominated through blood and fire." Referring to the repression that armies and paramilitary forces use, "just as in the times of the Conquest," in order to eliminate entire populations.

"Nevertheless, something has changed: there has never been so much destruction and stupidity by the governments, such brutality against the earth and people." Because, indicates the Zapatista delegate, "it happens that they are killing the world." They say that it is "electoral democracy" that thing with which the "bossy people" make the "business" of bringing the world to catastrophe. There above "there is no hope for the Indian peoples."

In this encuentro, "memory has been the invisible thread that unites our peoples," explains Marcos, and concentrates the cause of their struggles into just one word, which comes from the birth of humanity: "freedom". It is what the people want, he continues, "and it cannot exist without justice or democracy." It trusts that there will be "a world without rulers," something that "seems impossible" today.

They denounce the growing plunder of the land

In turn, the Rarámuri Francisco Palmo reads the final declaration of the Encuentro of the Indigenous Peoples of América. It is directed against the arrogance of power, because the plundering of the land and resources of the people "grows with each passing day." But, it adds, "the resistance and indignation of the people grows as well."

The 570 delegates from 67 indigenous peoples, coming from 12 american nations, affirmed, in the Declaration of Vicam: "We are descendents of the peoples, nations and tribes that first gave name to these lands; that were born of mother earth and maintain a sacred respect towards her that provides us with life and keeps us in death; thus we declare to the entire world that we will care for and defend mother earth with our lives." They tell of the "pain suffered from the attack of the invaders, supported in the false arguments of cultural exclusivity and arrogant civilizing presumptions, with the purpose of plundering our territories, destroying our cultures and disappearing our peoples."

The participants in the encuentro proclaimed their historic right to free self-determination, "respecting the different ways that, for the exercise of this, our people decide, according to their origin, history and aspirations." Also, they reject "the war of conquest and capitalist extermination imposed by the transnational companies and the international financial organizations in complicity with the great powers and nation states."

They express their rejection of "the destruction and sacking of mother earth by means of the occupation of our territories for industrial, mining, agribusiness, touristic, savage urbanization and infrastructure activities, as well as the privatization of the water, land, forests, oceans and coasts, biological diversity, the air, the rain, traditional knowledge and all that is born of mother earth."

They oppose "the registration of the land, coasts, waters, seeds, plants, animals and traditional knowledges of our peoples with the aim of privatizing them," and they reject the occupation and destruction of sacred centers and places, as well as the mercantilization of their culture. They also reject the Escalera Náutica or Sea of Cortés megaproject and the construction of the coastal highway inside of Yaqui territory.

The encuentro ratifies its rejection of the 2010 Winter Olympics "in Vancouver, Canada on sacred territory, stolen from the Turtle nation with the goal of installing ski runs."

They denounce that the war of conquest and capitalist extermination "worsens like never before the exploitation of the members of our peoples on plantations and in sweatshops, or as migrants in cities and distant countries, where they are hired in the worst conditions, finding themselves in situations of slavery and forced labor."

The rejections extend to the big transnational stores, "that plunder the economic resources of the communities," and to neoliberal policies, which debilitate communitarian economies and food sovereignty and result in the loss of native seeds. They commit to seek the integral reconstitution of their peoples and to strengthen their cultures, languages, traditions, organization and self-government.

"Supported in our culture and vision of the world, we will reinforce and recreate our own educative institutions, rejecting the educative models that the nation states impose on us to exterminate our cultures."

They pronounce against "all form of repression towards our peoples, expressed in the militarization and paramilitarization of our territories, forced displacement, mass deportation, the imposition of borders in order to divide and fragment, and the imprisonment and disappearance of those who struggle for the historic revindication of our peoples".

The absent indigenous "political prisoners" are a strong "presence". Some sent greetings from El Amate (Chiapas) and Molino de Flores (Texcoco, in particular the Mazahua Magdalena García Durán). "They were" the Oaxacans of Loxicha, San Isidro Aloapam, the organization VOCAL and other members of the Popular Assembly of the Peoples of Oaxaca; also the Zapatista prisoners in Tabasco, as well as the Lakota leader Leonard Peltier. They demanded immediate freedom for all.

The Yaqui of Vicam and from other towns came in great numbers to the closing, in which the traditional dances of the Deer and the Pascola were offered. Thus, nearly 3 thousand people participated in the culminating moment of the encuentro

10/10/2007

Les statues meurent aussi

Le superbe fim de Chris Marker sur l'art nègre est en ligne. Véritable chef d'oeuvre d'esthétique et de poésie, il avait été interdit dans les années 50...

http://www.dailymotion.com/relevance/search/les+statues+m...

 

05/10/2007

Découverte de l'Amérique

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26/09/2007

opération recyclage pour Survival

Eurosource Europe France propose une logistique gratuite de collecte aux donateurs souhaitant participer à cette opération et s’engage à reverser à Survival, des sommes variables fonction des produits collectés dans le cadre de ce programme et ce selon la liste de prix de rachat, modifiée mensuellement et publiée sur leur site web.

Comment participer à l'opération recyclage de Survival?
Après avoir présenté l'opération recyclage aux responsables de leur lieu de travail ou dans les entreprises qui les entourent, les membres et sympathisants de Survival peuvent déposer des présentoirs de comptoir où seront déposés les cartouches et téléphones.

Ces petits cartons, destinés aux petites entreprises ou aux points de vente quels qu’ils soient, présentent le projet par un message neutre, avec logo de l’association. Il peut contenir jusqu'à 2 kilos de marchandise (soit 15 portables environ ou une vingtaine de cartouches jets d’encres). Ils doivent être renvoyés à Eurosource par la poste sans frais pour l'expéditeur, un bon de transport prépayé est joint à chaque petit carton.

D'autres cartons, plus grands, peuvent être fournis. Une fois remplis, il suffit d'appeler un numéro vert : 0800 11 53 13. Eurosource se chargera de récupérer le carton (le lendemain de façon générale) et d'en remettre un neuf.

Site web : http://www.operationrecyclage.com

N'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur ce programme de recyclage et recevoir les cartons :
01 42 41 47 62
contact@survivalfrance.org

Vous pouvez également télécharger le mode d'emploi de l'opération recyclage en cliquant ici : recyclage Survival.

 

 

Nouveau! Un concours aura lieu du 1er avril au 30 septembre 2007.

Un tirage au sort aura lieu la première semaine d’octobre et désignera les gagnants de 10 lecteurs DVD et de 10 clés USB.

Sont inscrites au concours toutes les personnes qui renverront durant les dates du concours, au moins une cartouche d’encre ou téléphone RECYCLABLE (voir liste Ecol-o-point).
Ce concours, valable en France et en Espagne, est ouvert aux personnes déjà présentes dans le programme de recyclage géré par Eurosource, ainsi que toute nouvelle personne désirant collecter en faveur d’une association.

Une seule participation par personne et/ou par entreprise sera prise en compte durant toute la durée du concours.

11/09/2007

Kolectivo We Newen, communiqué

Pu peñi, pu lamngen ka pu wenüy,


Los/as queremos dejar a todos/as invitados a descargar el día 18 de Septiembre nuestro primer trabajo literario, el cual es un poemario titulado como ¨Sembrando vida, Wallmapu entre imágenes y poesía¨. En este nuevo 18 nos queremos volver a manifestar con nuestro trabajo, presentándolo en la fecha que en Chile celebra la independencia conseguida de España y el cual para la nación mapuche significa el comienzo del fin como nación soberana.
El poemario lo podrán descargar desde la sección de poesía de nuestro sitio Web www.kolectivowenewen.tk

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Sembrando vida, Wallmapu entre imágenes y poesía nace de la necesidad de autogestionar espacios para mapuches y por mapuches. Espacios donde mostrar nuestra arte y aportar a la literatura propia sin la necesidad del asistensialismo económico de las instituciones gubernamentales.
La autonomía es un ejercicio diario y debemos aprender a no depender de los mecanismos que se generaron para expoliar nuestro territorio y que aún continúan perpetuando crímenes contra nuestro pueblo, violaciones a los derechos humanos, no permitiéndonos así el desarrollo pleno como seres humanos y como nación.
Cuatro de los seis autores son oriundos del Ngülumapu (parte del territorio mapuche ocupado por  el Estado de Chile) y dos del Püelmapu (parte del territorio mapuche ocupado por el Estado de Argentina).
En este trabajo literario se pretende mostrar una revaloración y reapropiación de las palabras por parte de emergentes poetas mapuche. Los cuales a través de su poesía toman conciencia del poder que las palabras ostentan, con una capacidad intrínseca de construir o destruir realidades. Permaneciendo en la mente del que emite y por sobretodo del lector.
Así reivindicamos hoy, así luchamos y así esperamos aportar en el proceso de reconstrucción nacional mapuche.



--
Kolectivo We Newen
Visita nuestros sitios web:
http://www.kolectivowenewen.tk

http://www.kolectivoweneweninforma.tk

07/09/2007

Bulletin électronique de Survival International

 3 septembre 2007

INTERNATIONAL : Julie Christie au secours des peuples isolés
L'actrice Julie Christie se joint à Survival pour lancer une nouvelle campagne en faveur des dernières tribus non contactées, avec un film présentant des séquences inédites de certains des peuples les plus isolés et menacés de la planète.
Pour en savoir plus : http://www.survival-international.org/campaigns/uncontactedtribes


BRESIL : Les Indiens dénoncent l'exploitation minière de leurs terres
Au Brésil, des leaders indiens manifestent leur opposition à un projet de loi qui devrait, s'il est ratifié, autoriser l'exploitation minière dans les territoires indigènes.
"Ce projet de loi est très inquiétant. Il détruira notre territoire. Les mines ne nous apporteront que maladies, alcool et pollution. " a déclaré Davi Kopenawa.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2649


PARAGUAY : 57 000 signatures pour les Ayoreo-Totobiegosode
Le 9 août, journée internationale des Nations unies consacrée aux peuples indigènes, Survival a remis aux représentations diplomatiques paraguayennes de Paris, Londres, Madrid, Berlin et Bruxelles, une pétition de 57 000 signatures en soutien aux Ayoreo, le dernier groupe d'Indiens isolés d'Amérique latine vivant en dehors du bassin amazonien.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2617


NEPAL : Une Convention internationale sur le point d'être ratifiée
Le parlement népalais a annoncé le mois dernier sa décision de ratifier la Convention 169 relative aux peuples indigènes de l'Organisation internationale du Travail.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2650


PEROU : Pressions sur le gouvernement en faveur des tribus isolées
La plus haute instance latino-américaine en matière de droits de l'homme, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (IACHR), a questionné le gouvernement péruvien sur les mesures qu'il comptait prendre pour protéger les tribus isolées des zones reculées d'Amazonie.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2658

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Survival aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir.
Survival n'accepte aucune subvention gouvernementale et dépend exclusivement de ses membres et donateurs pour financer ses campagnes.

Pour en savoir plus ou apporter votre soutien :
http://www.survivalfrance.org

info@survivalfrance.org

 

28/07/2007

Bulletin de Survival International - 27/07/07

PARAGUAY : des images satellite révèlent la destruction des terres d'Indiens isolés
Des images satellite révèlent que la déforestation illégale atteint le dernier refuge d'un groupe d'Indiens isolés, les Ayoreo-Totobiegosode.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2594
Agissez! http://survivalfrance.org/how_to_help.php?howto_help_id=99


BOTSWANA : des Bushmen arrêtés malgré le verdict de la Cour
21 Bushmen gana et gwi ont été arrêtés par la police fin juin et début juillet pour avoir chassé sur leur territoire ancestral dans la Réserve naturelle du Kalahari central au Botswana.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2571
Agissez! http://survivalfrance.org/how_to_help.php?howto_help_id=105


PEROU : les Indiens recourent à la justice pour empêcher l'exploration pétrolière.
AIDESEP, l'organisation interethnique des Indiens d'Amazonie péruvienne, a demandé par voie judiciaire l'interdiction de l'exploration et de l'exploitation pétrolières de régions d'Amazonie péruvienne habitées par des Indiens isolés.
Pour en savoir plus : http://survivalfrance.org/news.php?id=2583
Agissez! http://survivalfrance.org/how_to_help.php?howto_help_id=133


PRESSE : hors-série Courrier International
"Fiers d'être indiens : Politique, identités, culture" est le dernier hors-série de Courrier international qui porte sur les peuples de tout le continent américain. Encore en kiosque pour quelques jours, il est également disponible par correspondance : 
http://survivalfrance.org/news.php?id=2593


SURVIVAL : un stage de recherche est disponible à Londres
Le siège international de Survival à Londres propose un stage rémunéré dans son département de recherche :
http://www.survival-international.org/about/jobs

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Merci de faire suivre ce message à toute personne intéressée.

09/01/2007

Bolivie, Guaranis, paysans et captifs de père en fils

Bolivie
Guaranis, paysans et captifs de père en fils
Dans l’est de la Bolivie, 3 000 familles indigènes vivent sur des haciendas privées dans des conditions proches du servage. Des « communautés captives » emblématiques du gigantesque problème de la terre dont a hérité Evo Morales.

par Benito Pérez
3 janvier 2007

Une trentaine de cahutes émergent de la forêt. De bois et de paille, entre rivière et collines, Itakuatia a des airs de paradis originel. Pourtant, dans ce petit bout de Chaco [1], à cinq heures de Jeep de Camiri, la capitale pétrolière, guaranis et latifundiste [2] jouent et rejouent un drame ancestral. Comme des dizaines d’autres communautés indigènes de l’est bolivien, les habitants d’Itakuatia vivent sur les terres d’une hacienda. Spoliés de leur territoire, endettés de père en fils auprès de leur karay (seigneur), harcelés par ses sbires, oubliés des autorités, les villageois n’ont d’autre choix que de vendre à vil prix leur force de travail. « On dit que nous sommes une ’communauté captive’... Je n’aime pas. Mais c’est quand même un peu ça, non ? » Cornelio Jarillo ignore à quand remonte le funeste huis clos. « Mon père comme mon grand-père s’occupaient du bétail du karay, se souvient Don Cornelio. Jamais ils n’ont reçu un peso, jamais ils ne se sont plaints malgré les coups et les offenses. Ils avaient trop peur qu’on les jette dehors ! »

Du soja partout

Payés en nature, facilement grugés, les villageois sont tenus par de prétendues dettes. « Chaque année, à Carnaval, le patron de l’hacienda fait les comptes. Comme par hasard, ses paysans n’ont jamais assez travaillé pour rembourser la nourriture qui leur a été fournie », explique Vicki Miller. La coopérante de la Croix-Rouge suisse (CRS), qui soutient plusieurs communautés captives du Chaco, fait part de cas de ventes d’enfants à d’autres haciendas ou de fugitifs pourchassés dans tout le département.

Paradoxalement, la crainte de devoir abandonner leur terre natale est encore plus forte que l’envie de fuir. Jadis paradis des colons, le Département de Santa Cruz ne répertorie plus guère de terres inoccupées. Cinquante ans d’une « réforme agraire » dévoyée ont offert sur un plateau l’immense orient bolivien à une poignée de potentats locaux. Près de 80% de la surface distribuée l’a été à des exploitants possédant plus de 2 000 hectares. Aujourd’hui, ces latifundistes touchent le gros lot avec le boom du soja - 80% de la surface agricole cruceña - alors que les deux tiers des ruraux vivent sous le seuil de pauvreté.

« Les réunions m’ont réveillé »

A Itakuatia, les Chávez ( !) préfèrent consacrer leur 20 000 hectares à une autre juteuse agro-industrie : la cacahuète. Magnanime, la famille en a quand même confié quelques centaines à ses manants. De préférence, un lopin à défricher, qui leur sera repris quelques années plus tard.

Margarita vient de l’expérimenter à ses dépens. Sans cesser d’écosser des pois, de sa voix monocorde, elle raconte son malheur d’avoir perdu, coup sur coup, son mari et son précieux bout de terre. « J’ai quand même semé sur une partie de mon chaco, mais la récolte ne me suffira pas », soupire la jeune veuve, entourée d’une myriade de bambins curieux. Sans le soutien de proches ayant migré vers la ville, elle aurait suivi leurs pas et cherché fortune à Camiri.

Don Cornelio, lui, ne quittera jamais Itakuatia. « Où irais-je ? », interroge-t-il, en se tournant vers les collines avoisinantes. Mburuvicha (chef) du village depuis une dizaine d’années, il ne travaillera plus non plus pour son ancien patron. « Il a essayé de brûler ma maison parce que nous avions refusé qu’il détruise notre école », témoigne Cornelio Jarillo. C’était il y a à peine deux ans.

Des histoires comme celle-là, tout le village en bruisse. « Un jour, la femme du patron est venue me frapper chez moi : elle disait que je ne l’avais pas saluée », raconte Celso Mendieta. Mais, au dire du jeune maître d’école, la raison est tout autre : « Grâce à mes études, j’ai voyagé un peu, et je sais à quoi ressemble un titre de propriété. Un jour, j’ai demandé au patron de me montrer le sien... Je ne l’ai pas encore vu ! » sourit Celso Mendieta.

Une insolence nouvelle sur une terre de peine et de labeur. Cornelio Jarillo fixe le tournant à la fondation, il y a huit ans, d’une section locale de l’Assemblée du Peuple Guarani (APG). Jusqu’alors isolées, une vingtaine de communautés situées en amont du río Parapetí se sont fédérées en Capitania, faisant renaître la tradition guarani. Don Cornelio insiste : « Les réunions nous ont réveillés. Maintenant, nous connaissons nos droits et nous voulons récupérer notre terre. »

La peur enracinée

Sous le regard acquiesçant de son épouse, le mburuvicha d’Itakuatia parle sans crainte. Ils savent pourtant que le karay viendra bientôt enquêter sur les motifs de la visite. Nous le croisons - le regard noir - dès notre départ pour Guaraca, la communauté voisine de quelques kilomètres.

Ici, malgré l’annonce de notre arrivée, aucun des chefs du village n’est au rendez-vous. Du bout des lèvres, Ricardo [3] accepte de nous recevoir chez lui et nous invite à partager la chicha, la bière de maïs. Le village est en fête, c’est la San Pedro. Personne n’est allé travailler pour Don Mario, leur propriétaire, grand producteur de maïs et de cacahuètes. Un dur. Un jour, il a fait abattre toutes les bêtes d’une famille guarani récalcitrante. Tous ont quitté Guaraca, nous glisse Ricardo.

En contrebas du village, des enfants lancent des pétards, et s’enfuient en se moquant de leurs titubants aînés. La chicha coule à flots, mais elle ne délie pas les langues. Ricardo se ferme à son tour. Nous quittons le village avant de lui attirer des ennuis.

Dans son siège tout neuf - aménagé à Camiri grâce à l’appui d’amis genevois de Vicki Miller - le chef de la Capitania ne cache pas ces difficultés. « Notre organisation est encore très fragile. La peur demeure ancrée. Dans certaines communautés, les menaces des propriétaires nous obligent à nous cacher pour tenir les réunions », admet Marcelino Robles.

Système en crise

Pour les Guaranis du Alto Parapetí, pourtant, comme pour l’ensemble des 3 000 familles captives recensées, la vie n’est plus tout à fait la même. Sous la pression des mouvements indigènes et d’ONG, médias et gouvernement ont fini par admettre, début 2005, la survivance du travail forcé. Une effervescence peu goûtée par les patrons, et aggravée, cette année, par l’arrivée d’Evo Morales à la présidence du pays.

« Le système est entré en crise », confirme Vicki Miller. Pour la coopérante, les karays jouent profil bas, craignant que l’Etat ne vienne étudier de trop près leurs douteux titres de propriété. « Les mauvais traitements sont de plus en plus rares », souligne le « grand capitaine » Marcelino Robles, lui-même chassé naguère de son village.

Mais les latifundistes savent également qu’il leur sera difficile d’être rentables sans leurs travailleurs corvéables à merci. Du coup, certains essaient de vendre, d’autres « de se débarrasser de leur communauté pour qu’elle ne réclame pas ses terres », s’inquiète Mme Miller.

Revoir la propriété foncière

Un danger, semble-t-il, compris par le gouvernement qui entend s’opposer à toute transaction foncière dans la zone. Un paquet de projets de loi déposé en juillet par Evo Morales prévoit aussi de relancer la révision cadastrale et de distribuer les terres usurpées aux communautés paysannes.

Patients, les Guaranis savent qu’« on ne change pas un pays en six mois », selon Marcelino Robles. A Itakuatia, on préfère insister sur un progrès encore inespéré il y a peu : une journée de travail chez le karay est maintenant rétribuée. Dix bolivianos (près d’un euro) pour dix heures de labeur. Une révolution.

Ce reportage a été réalisé lors d’un voyage de presse organisé par la Croix-Rouge suisse.


******

« La santé doit être gérée par les gens, pas par les médecins »

Ne lui dites surtout pas qu’il est un médecin de brousse ! L’image du french doctor se précipitant vers des villages reculés pour sauver la veuve et l’orphelin, très peu pour lui. « Heureusement, je n’ai jamais dû sortir mon stéthoscope ! Je ne suis qu’épidémiologiste... » sourit-il. Pourtant, depuis quatre ans qu’il travaille pour la Croix-Rouge suisse (CRS), Never Aguilera sillonne inlassablement les collines du Chaco bolivien au volant de son pick-up. « Ma deuxième demeure... si ce n’est la première », dit, sans acrimonie, ce père de quatre bambins. « J’adore mon boulot et j’ai besoin de donner autant que possible », s’excuse presque Aguilar, fervent catholique à la mission peu orthodoxe : « Mon idéal, c’est de développer un système de santé à la cubaine : proche des gens et capable de grandes choses malgré de petits moyens. »

Pourquoi la CRS - dont la vocation première est la promotion de la santé - aide-t-elle les communautés captives à se structurer politiquement ?

Never Aguilera : Notre stratégie consiste à renforcer l’organisation de chaque communauté, afin qu’elle soit en mesure de prendre en charge la santé de ses membres, par exemple en revendiquant des moyens aux autorités politiques. Et ça fonctionne : nombre de luxueux postes de santé construits naguère dans le Chaco mais inutilisés faute de médecins ont reçu depuis du personnel. Mais ces soignants ne connaissent souvent rien aux besoins spécifiques des habitants. S’estimant dépositaires du savoir médical, ils se montrent méfiants envers toute demande provenant d’en bas. Selon nous, il faut renverser la pyramide : la gestion de la santé doit partir des gens, les institutions médicales étant simplement à leur service. Une communauté organisée est mieux armée pour forcer médecins et infirmiers à collaborer avec elle. Il y a aussi une autre raison : les principaux problèmes sanitaires que nous rencontrons sont des diarrhées et des infections dues à l’eau, ainsi que des séquelles de la malnutrition, due, elle, au manque de terres. Il est donc logique que la priorité aille à la lutte pour la terre et à la recherche d’eau potable.

Comment s’organise la médecine communautaire ?

Elle a deux principes : la détection et la prévention. Qui, plus que les membres d’une famille, se préoccupe des siens ? Personne. Eh bien la santé communautaire s’inspire du même principe. Dans chaque communauté, nous formons des promoteurs de santé qui visitent régulièrement les villageois, les informent et, si nécessaire, les aiguillent vers les services appropriés. Beaucoup de malades n’osent pas se rendre dans les postes de santé, et n’y vont qu’en dernier recours. Les promoteurs sont nos meilleurs atouts pour éviter que des maux bénins ne deviennent des affections chroniques. Notamment parce qu’ils font remonter l’information jusqu’aux médecins qui ne peuvent se rendre régulièrement dans les communautés reculées. L’autre pilier de la santé communautaire est constitué de contrôles de santé simples et systématiques menés par les villageois eux-mêmes. Ainsi, chaque mois, ils pèsent tous les enfants de moins de cinq ans pour détecter d’éventuels problèmes de dénutrition.

Que faites-vous de la médecine indigène ?

Elle occupe pour moi une place centrale. D’abord parce que les gens ont confiance dans les guérisseurs, qu’ils connaissent et qui parlent le même langage qu’eux. Ensuite, parce qu’il y a dans la médecine indigène un réservoir extraordinaire de remèdes simples, locaux et efficaces. Mais cette médecine va au-delà. Elle parle au coeur des gens. Elle a une dimension psychologique, dirions-nous, par les rites notamment. Malheureusement, ce savoir demeure souterrain et tend à se perdre. Il est rejeté par les médecins classiques et combattu par les religions, en particulier les sectes évangéliques. De notre côté, nous essayons de convaincre médecins traditionnels et classiques de collaborer. La conservation et la diffusion de ce patrimoine nous préoccupe également. L’an dernier, nous avons pu réunir des guérisseurs de diverses régions pour qu’ils échangent leurs savoirs. Une expérience que j’aimerais renouveler.

Notes:

[1] Le Chaco ou Gran Chaco est une région partagée entre le Paraguay, le Brésil, l’Argentine et la Bolivie. Elle se caractérise par sa couverture forestière, ses températures élevées et sa sécheresse.

[2] Grand propriétaire terrien.

[3] Prénom fictif.

www.risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1887...
Source : Le Courrier (www.lecourrier.ch), 19 août 2006.

19/12/2006

Les Akuntsu, plus que six…

 
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Les Akuntsu sont un groupe d’Amazonie constitué de six individus. 
 
Les Akuntsu sont un petit groupe d’Indiens d’Amazonie constitué de six individus. Ils sont les derniers survivants connus de leur groupe. Les Kanoê, leurs voisins, ne sont plus que trois. Ces deux groupes vivent dans l’Etat de Rondônia au Brésil.
Comment vivent -ils ?
Un groupe de cinq Kanoê fut contacté en 1995 par les employés par la FUNAI, la fondation nationale brésilienne des affaires indiennes. Peu après, les Kanoê leur parlèrent d’un autre groupe d’Indiens isolés qu’ils appelaient Akuntsu. Le contact fut établi avec ces derniers quelques mois plus tard. Ils ne représentaient alors qu’un groupe de sept personnes ayant survécu aux vagues de massacres perpétrés par les éleveurs et leurs hommes de main durant les années 1970 et 1980. Aujourd’hui, les trois Kanoê et les six Akuntsu occupent une parcelle de forêt appelée Omerê, qui a été officiellement démarquée mais qui est entourée de vastes fermes d’élevage et de plantations de soja. Ils vivent dans deux villages séparés, dans deux petites malocas (maisons communautaires) couvertes de palmes. Ce sont d’excellents chasseurs (qui affectionnent les pécaris, les agoutis et les tapirs) ; ils ont également de petits jardins dans lesquels ils cultivent du manioc et du maïs. Ils cueillent aussi les fruits de la forêt et pêchent parfois des petits poissons dans les criques.
Les Akuntsu fabriquent des flûtes en bois utilisées dans les danses et les rituels et ils portent aux bras et aux chevilles des bracelets en fibre de palmier. Les coquillages avec lesquels ils fabriquaient leurs colliers ont été remplacés par du plastique multicolore récupérés des bidons de pesticides abandonnés par les fermiers.
À quels problèmes sont-ils confrontés ?
Bien que leur terre ait été officiellement reconnue et que la FUNAI maintienne une présence permanente dans cette région, les Akuntsu et les Kanoê sont encerclés par des fermiers hostiles. Les deux groupes ont été traumatisés d’avoir assisté à l’extermination de leur peuple et subi d’extrêmes violences de la part des hommes de main des fermiers.Ils sont à présent très craintifs et méfiants à l’égard des étrangers. Personne ne connaît la langue akuntsu et de ce fait il leur est très difficile de faire connaître leurs besoins et de raconter leur histoire. En tant que peuples isolés, ils sont très vulnérables aux maladies apportées de l’extérieur.
À moins que les Akuntsu n’acceptent de se marier avec des personnes issues d’une autre communauté indigène, cette petite tribu disparaîtra définitivement de la surface de la terre. Un autre petit groupe de Kanoê, contacté il y a plusieurs décennies, vit dans la partie occientale de l’Etat de Rondônia.
La campagne de Survival
Survival fait pression sur le gouvernement brésilien pour qu’il démarque, reconnaisse et protège les terres de tous les groupes indigènes isolés et non contactés du Brésil. Ils disparaîtront si leurs droits humains collectifs ne sont pas reconnus et respectés.

24/10/2006

Rencontre avec José Gualinga, Peuple Kichwa, 6 novembre à 19h30 à Paris

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« Nous, nous demandons si un peuple petit comme le notre peut changer le monde. Peut-être pas !
Mais nous sommes sûr que dans chaque cœur, il y a un peuple qui lutte avec la même force et si petit soit-il, nous sommes le symbole de la puissance de la vie. »
José Gualinga, Peuple Kichwa de Sarayaku Amazonie équatorienne.



Lundi 6 novembre 2006, José Gualinga sera exceptionnellement à Paris. Beaucoup nous ont fait part de leur souhait de mieux connaître le cas exemplaire de la lutte de ce peuple contre les compagnies pétrolières. C’est pourquoi nous organisons une rencontre au cours de laquelle il sera possible de dialoguer de façon privilégiée avec José.
Des résultats significatifs ont été obtenues sur le plan médiatique et juridique mais les menaces sont toujours bien pressentes. Il est donc essentiel de maintenir notre soutien aux 1200 indiens de Sarayaku.
L’objectif de cette rencontre est de réaliser avec José un point sur la situation actuelle et les projets en cours notamment sur le projet Frontière de vie. Chacun pourra sans doute à cette occasion trouver une façon de s’impliquer à leur coté. Votre simple présence sera déjà le signe positif d’une écoute. Une occasion unique de tisser un lien avec Sarayaku et de prendre part à leur cause.

Nous diffuserons en début de rencontre le documentaire « Soy el defensor de la selva » de Eriberto Gualinga. L’entrée est libre, nous vous demandons seulement de nous confirmer assez rapidement votre présence par mail sarayaku@parolesdenature.org . Nous vous communiquerons rapidement l’adresse exacte de la rencontre qui aura probablement lieu au centre de Paris. Si vous connaissez d’autres personnes intéressées vous pouvez bien sur les convier.

Le projet d’un peuple

La déforestation est une réalité quotidienne pour les dernières communautés indiennes d’Amazonie : elle représente la mort de leur milieu de vie et la fin de leur culture. Parmi les raisons de la déforestation figure en bonne place l’exploitation des ressources naturelles, en particulier la prospection et l’exploitation du pétrole.
Face à l’avancée des compagnies, une communauté indienne, celle de Sarayaku dans la province du Pastaza, a choisi de faire face. Depuis plusieurs années, elle refuse obstinément toute pénétration sur son territoire afin de préserver son héritage naturel et culturel.
Le projet de ce peuple a ainsi une portée universelle ; son ambition est la valorisation de ses traditions, de son mode de vie, de ses croyances, de sa culture...
Un de ses représentants, José Gualinga, est actuellement sous protection d’Amnesty International, après avoir été plusieurs fois en danger de mort lors des luttes avec les compagnies pétrolières. Il prendra la parole au nom de son peuple. Cet espace de parole sera aussi le votre ; vous aurez la possibilité de le questionner directement.

« Soy el defensor de la selva » de Eriberto GUALINGA

Eriberto est un des jeunes frères de José Gualinga. En 2003, 600 militaires et 400 ouvriers débarquent sans prévenir sur le territoire ancestral de Sarayaku, avec hélicoptères, chiens et explosifs, pour mener à bien des explorations sismiques. Les habitants de Sarayaku se soulèvent, revêtent les peintures corporelles de la lutte. Eriberto Gualinga saisit une caméra et filme les évènements de cette année folle. Il en naîtra « Soy Defensor de la Selva », un film étonnant, lyrique et vibrant d’émotion, un document rare. Il nous plonge au cœur de la forêt, collant à la peau d’un peuple amazonien contemporain. Les femmes d’Amazonie, en particulier, s’y révèlent d’une puissance bouleversante, se dressant sans arme face aux militaires, les invectivant et les subjuguant par le seul pouvoir du verbe. Eriberto Gualinga nous montre le tout dans un apparent désordre et réinvente le cinéma, tout seul, depuis le fond de la forêt…

Projet Frontière de Vie

Le projet « Frontière de Vie » a été élaboré par la communauté de Sarayaku sous l’inspiration de ses yachaks (chamanes). C’est un projet vaste et complexe, comprenant de nombreux aspects -dont certains n’ont pas encore été dévoilés- et qui s’étend sur une ou deux décennies. Sa fonction première est de maintenir le peuple Kichwa sur son territoire actuel tout en préservant leurs connaissances et traditions. La «Frontière de Vie» proprement dite est un projet qui consiste à créer sur le pourtour de leur territoire (300 kms de long) une immense frontière d’arbres à fleurs de couleurs. Cette frontière sera visible d’avion et se veut un symbole universel de paix, de protection de la Terre et des peuples autochtones.
Cette « frontière » se veut ainsi un symbole à valeur universelle, nous montrant sans équivoque que l’immense forêt amazonienne est habitée depuis toujours ; que ses habitants veulent la maintenir intacte et y préserver leurs modes de vie, qu’ils sont prêts à nous y accueillir et à créer avec nous une vaste solidarité planétaire à condition que nous les respections et acceptions de créer avec eux un rapport égalitaire.





Rencontre organisée par medium_image007.jpgParoles de Nature

Association loi 1901 dont l'objectif est d’aider les peuples indigènes du monde à protéger leur patrimoine culturel et naturel; ses actions s’inscrivent dans une volonté plus globale de contribuer à renouer des liens entre l’homme et la nature au sein de notre culture occidentale pour répondre aux interrogations environnementales de plus en plus aiguës et nous aider à retrouver un «bon sens» originel : le respect du vivant par la compréhension de nos origines.

L’idée fondatrice de Paroles de Nature est ainsi l’interdépendance des problématiques : la défense du patrimoine d’autres cultures participe, par sa valeur éducative, à une prise de conscience d’enjeux souvent oubliés en occident.


Paroles de Nature Association lo 1901 06 17 81 37 81- 01 43 74 17 03 sarayaku@parolesdenature.org
www.parolesdenature.org

20/10/2006

LES ENAWENE NAWE, écrivez pour les soutenir

Les Enawene Nawe sont un petit groupe d’Indiens d’Amazonie qui vivent de pêche et de cueillette dans l’Etat du Mato Grosso au Brésil.

Comment vivent-ils ?
Les Enawene Nawe, contactés pour la première fois en 1974, vivent dans un relatif isolement. Ils représentent aujourd'hui une population d'environ 420 personnes vivant dans des malocas, de grandes maisons communautaires.

Les Enawene Nawe sont réputés pour leurs techniques halieutiques. Durant la saison de la pêche, les hommes disposent des barrages aux mailles finement tressées sur les rivières. Ils passent plusieurs mois dans la forêt et capturent de grandes quantités de poissons qu'ils boucanent pour ensuite les transporter en canoë dans leur village. Les Enawene Nawe cultivent du manioc et du maïs et pratiquent la cueillette. La récolte du miel est célébrée lors du keteoko, la fête du miel : les hommes qui ont recueilli de grandes quantités de miel sauvage dans la forêt le cachent sur le chemin du retour au village ; ils ne le dévoileront qu'au moment où les femmes commenceront à danser. Contrairement aux autres peuples d'Amazonie, ils ne mangent pas de viande rouge.


A quels problèmes sont-ils confrontés ?
Depuis plusieurs décennies, les Enawene Nawe sont confrontés à l'invasion de leurs terres par les exploitants de caoutchouc, les chercheurs de diamants, les éleveurs et, plus récemment, les planteurs de soja. En 1997, le plus grand producteur de soja au Brésil, la compagnie Maggi, a construit illégalement une route sur leur territoire. La route fut finalement fermée sur décision d'un procureur fédéral. Bien que leur territoire ait été reconnu et ratifié par le gouvernement en 1996, une zone importante, celle du rio Preto, fut exclue du projet.

Cette région est extrêmement importante pour les Enawene Nawe, aux niveaux économique et spirituel - c'est là qu'ils construisent leurs barrages et leurs installations de pêche, et c'est le lieu où résident les esprits. Les Enawene Nawe demandent qu'elle soit inclue de toute urgence dans leur territoire pour la protéger de l'invasion des exploitants forestiers et des planteurs de soja qui détruisent la forêt à vive allure et polluent sols et rivières.

La campagne de Survival L'organisation fait pression sur le gouvernement brésilien pour qu'il reconnaisse de toute urgence la région du rio Preto comme partie intégrante du territoire enawene nawe. Survival soutient un projet de protection territoriale mené par les Enawene Nawe et l'OPAN, une organisation non gouvernementale brésilienne.


QUE POUVEZ-VOUS FAIRE ?

Écrivez une lettre brève et courtoise (en français ou en portugais) en vous inspirant du modèle ci-après ou écrivez librement. Il est préférable d'envoyer votre lettre par la poste, qui est sans aucun doute le moyen le plus efficace. Vous pouvez également l'envoyer par fax, mais les numéros sont souvent changés ou les fax déconnectés. Les adresses électroniques ne sont proposées que dans les cas où les emails ont des chances d'être lus.

Je suis très préoccupé par la situation des Enawene Nawe de l'Etat du Mato Grosso confrontés à la déforestation massive de leur territoire ancestral. La pollution et l'empoisonnement des eaux de la région du Rio Preto due aux pesticides utilisés pour le défrichage menacent gravement ces Indiens dont la survie dépend étroitement des ressources naturelles. Je vous prie instamment de charger la Funai d'envoyer une équipe technique sur place afin de procéder à la délimitation et à la démarcation de leur territoire avant qu'il ne soit trop tard.

Envoyez vos lettres à :

Dr Márcio Thomáz Bastos
Ministro da Justiça
Ministério da Justiça
Esplanada dos Ministérios, Bloco T
70064-900 Brasília DF
Brésil
Fax : + 55 61 224 2448/ 322 6817 /224 0954
Email : gabinetemj@mj.gov.br

Et si possible une copie à :

Dr Mércio Pereira Gomes
Presidente
FUNAI
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11/10/2006

LES JARAWA des Îles Andaman, Inde en danger

Une situation critique

La situation des Jarawa, chasseurs-cueilleurs des îles Andaman - Inde - est aujourd'hui critique. Ces dernières années, nous avions espéré, notamment au vu de décisions des autorités indiennes favorables aux Jarawa, que leur situation irait en s'améliorant. Il n'en est rien.
Ce peuple est aujourd'hui à L'agonie et nous avons décidé de lancer une importante campagne de pression à L'encontre du gouvernement indien.

Les Jarawa vivent dans la partie ouest des Îles de Grande et Middle Andaman dans L'océan indien. Ils nomadisent par groupe de quelques dizaines d'individus et trouvent leur subsistance en chassant en forêt, en pêchant le long des côtes à L'arc et en ramassant des tubercules, coquillages et autres baies sauvages.

En 1991, le gouvernement indien décide de sédentariser les 270 membres du peuple Jarawa dans des villages construits pour eux alors que les conséquences de ce changement de mode de vie sont connues de tous :
propagation de nouvelles maladies qui se sont révélées fatales pour bien des peuples indigènes, acculturation, destruction des liens sociaux traditionnels, dépendance, etc.

Devant le peu de réussite de son plan, le gouvernement fait marche arrière. Cependant, la pression accrue des colons et L'augmentation du trafic sur la route qui longe le territoire Jarawa fait craindre le pire pour les Jarawa.
 

Front pionnier et épidémies

Sous la pression d'organisations de défense des Jarawa, la cour suprême indienne annonce en 2002 la fermeture de cette routeS mais les autorités locales ne tiennent pas compte de cette décision et jusqu¹à aujourd'hui, cette route est toujours ouverte, permettant ainsi au front pionnier de progresser à L'intérieur de la réserve, aux braconniers de chasser en territoire Jarawa et exposant les derniers Jarawa à de graves épidémies.

Ces dernières années, leur forêt est devenue la proie de braconniers toujours plus nombreux, certains d'entre eux offrant de la nourriture ou de l'alcool aux Jarawa en échange d'un "droit de braconnage". Des campements permanents de braconniers ont été observés à L'intérieur de la réserve, alors que la loi rend la prison obligatoire pour tout individu surpris à braconner au sein du territoire Jarawa. Plutôt que de protéger les Jarawa contre les actes des braconniers,
L'administration punit les Jarawa quand ils contre-attaquent. Ainsi, peu de temps après le tsunami de décembre 2004, des voleurs non identifiés se sont emparés de toute la récolte de miel d'une communauté Jarawa. En réponse, les
Jarawa ont attaqué un village de colons installés illégalement. En représailles, les autorités ont déplacé de force cette communauté vers un autre site.

En mai 2006, une nouvelle épidémie de rougeole a touché les Jarawa. Les autorités ont comme d'habitude tout d'abord démenti, puis, après l'hospitalisation de plusieurs enfants Jarawa affectés par des infections (pneumonies, infections ophtalmologiques) liées à la rougeole, ont fini par confirmer cette nouvelle épidémie. Ce sont notamment les enfants nés après la précédente épidémie de 1999 qui ont été touchés.
Cela ne se serait probablement pas produit si la Direction des Services Médicaux des Iles Andaman (DSM) avait fait ce qu¹elle s'était publiquement engagée à faire à L'issue de la précédente épidémie, à savoir : organiser pour les Jarawa des campagnes régulières de vaccination contre des infections qui sont mortelles pour eux puisqu¹ils ne sont pas immunisés. En 1999, plus d'une centaine de Jarawa, (un tiers d'entre eux) avait été touchée par L'épidémie.

Par ailleurs, la principale route longeant le territoire Jarawa vient d'être récemment élargie, facilitant ainsi L'exploitation des ressources forestières des Jarawa. Un nombre toujours croissant de colons pénêtre la réserve, exploitant sans retenue les dernières ressources végétales et animales dans un climat de violence.

Quel avenir...

Ces faits montrent que les autorités indiennes veulent désormais en finir avec les Jarawa qui représentent un frein au "développement" de L'île afin de laisser les compagnies forestières, les entreprises de bâtiments et les tour opérator (qui veulent profiter des récifs de coraux et de plages magnifiques et sauvages), étancher leur soif de profit.

Les Jarawa habitent dans le dernier carré de forêt tropicale des Iles Andaman. Les Jarawa disparus, les forêts et les récifs coralliens seront immédiatement à la merci des colons et autres investisseurs.

Les Jarawa disparus, c¹est aussi d'une ethnie unique, d'une famille humaine, de L'un de ces derniers peuples de chasseurs-cueilleurs, d'une langue que l'humanité, une fois de plus, se rendra irrémédiablement et à jamais orpheline.

Cela fait des années, qu¹au côté des associations indiennes et andamanaises sensibilisées à la cause des derniers négritos d'Asie, nous essayons d'attirer L'attention sur ces problèmes en suivant la négociation directe.
Quelques décisions judiciaires ont été favorables aux Jarawa et permis un peu d'optimisme quant au faible espoir de leur survie face aux agressions dont ils sont désormais continuellement victimes depuis leur récente pacification, mais elles n'ont pas été appliquées. Nos associations ont poussé la porte de conférences publiques, ont signé des pétitions pour se faire entendre. À chaque fois nous recevions L'assurance - en toute bonne foi apparemment - que le nécessaire serait fait.

Aujourd'hui, c¹est un génocide qui a lieu dans les îles Andaman : la nation Jarawa agonise en ce moment même sous nos propres yeux, et sous ceux du monde entier.
   
Le suivi de la campagne qui se fera à l'adresse suivante : http://www.icrainternational.org/urgence/314

Vous pouvez signez une pétition en ligne sur le site Cyberacteurs : http://www.cyberacteurs.org

 

 



 

06/10/2006

MANIFESTATION EN FAVEUR DES JARAWA, 10 octobre 2006, Paris

Survival France organise une manifestation en faveur des Jarawa

le 10 octobre 2006
de 12h30 à 14h


Rendez-vous devant l'Ambassade d'Inde
15 r Alfred Dehodencq
75116 PARIS
(M° La Muette)

L'avenir des Jarawa, une tribu récemment contactée des îles Andaman en Inde est gravement compromis. Malgré la décision de la Cour Suprême de fermer définitivement la route qui traverse leur territoire, celle-ci reste ouverte, favorisant la pénétration de colons et de braconniers qui sont source de conflits, les privent de leur gibier et leur transmettent des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés.

Survival a remis en septembre dernier une pétition de 50 000 signatures en faveur des Jarawa à Sonia Gandhi à Delhi
et à la Haute Commission indienne de Londres.

Venez nombreux manifester votre soutien aux Jarawa!

Pour des informations sur les Jarawa :
http://www.survivalfrance.org/tribes.php?tribe_id=172

Pour toute autre information, n'hésitez
pas à nous contacter
01 42 41 47 62 ou
info@survivalfrance.org

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