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20/10/2009

Cassandre/Horschamp « Contre la machine à décerveler » et "Un rêve d'Afrique"


Pour marquer l'emménagement de la rédaction de Cassandre/Horschamp
dans le 18e arrondissement de Paris et la sortie du numéro d'automne,
nous vous invitons chez un voisin :


Mercredi 21 octobre 2009 de 19h à 22h
au Lavoir Moderne Parisien

35, rue Léon - Paris18e, métro Marcadet ou Château rouge

entrée libre

Avec l'équipe de la revue Cassandre/Horsch
amp, et Madeleine Abassade, chargée de l'action culturelle à l'Institut psychiatrique Marcel-Rivière - Gaspard Delanoë, aftersquatter 59Rivoli  - Jean-Jacques Hocquard, La Maison de l'arbre à Montreuil


Chronique des désastres en cours, dans la culture (entre autres) : partout, le soutien public aux équipes artistiques se réduit comme peau de chagrin, en particulier là où l'art «ne va pas de soi»: banlieues, hôpitaux, prisons...

Garder la flamme, grâce à la parole de maquisards de l'esprit tels que le poète Armand Gatti, ou Emmanuel Genvrin, porteur de l'aventure du Théâtre Vollard à la Réunion, Marcel Gauchet, philosophe, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme ou Jean-Louis Hourdin, metteur en scène. Tous nous invitent, chacun à sa manière, à nous armer en pensée.

Dans ce paysage inquiet, nous saluons la vivacité d'artistes exigeants, généreux, concernés, Jean-Charles Massera, United Emmerdements of New Order (écritures contemporaines) - Breyten Breytenbach (poésie, peinture et dissidence sud-africaine) -  Zébrock (musiques actuelles et transmission en Seine-Saint-Denis) - 59 Rivoli (after squat, essaims d'art) - Aurillac, Gindou, Douarnenez, Minsk, Bussang, voyage en Berlusconie (scènes, cinéma, danse, art de rue, festivals)

Et nous rendons hommage à quelques-une des figures qui ont marqué le monde des arts et de la culture au sens le plus large : Francis Jeanson, André Benedetto, Pina Bausch, Merce Cunningham…

// //////////

Cassandre/Horschamp n° 79 - Automne 2009 - Contre la machine à décerveler, 100 p., 9 euros.

Parution novembre 2009 :

Un rêve d'Afrique

Cet ouvrage inaugure une nouvelle série consacrée à l’exploration par Cassandre/Horschamp de ce que nous appelons «les armes de l’art».  Cette revue culturelle qui se consacre à l'art en tant qu'outil de société, c'est-à-dire non seulement d'un point de vue esthétique, mais en prenant en compte ses implications anthropologiques, sociales et politiques — s'attarde sur quelques actions passionnantes menées aujourd'hui dans ce domaine.

 

Cette série portera, au plan mondial, sur les équipes et les artistes qui considèrent leur art comme un moyen de réfléchir et d'agir sur l'état du monde contemporain. Dans la période que nous traversons, il est important de faire entendre au plus grand nombre, et en particulier aux responsables politiques, l’importance des outils immatériels que sont la culture et les pratiques de l’art dans le combat aujourd'hui vital pour une réhumanisation de nos sociétés.

Ce premier ouvrage est aussi un chemin personnel suivi par Nicolas Roméas sur les traces de Michel Leiris, poète et auteur qui participa avec Marcel Griaule à l'expédition Dakar-Djibouti de 1931, et dont la vie et l'œuvre ont fortement contribué à notre connaissance de nous-mêmes et des autres.

Sur ce chemin, l'auteur a rencontré les travaux du grand africaniste Georges Balandier. L'œuvre majeure de ce chercheur a conforté et nourri une démarche qui s'inscrit dans une volonté de revalorisation des cultures d'Afrique noire par l'approfondissement des connaissances que nous en avons.
Nicolas Roméas a rapporté d'Afrique plusieurs témoignages et y a rencontré, au Mali, des expériences décisives de rencontre entre l’art et le soin qui sont une confirmation en acte de la quête d’un art de la relation menée depuis 15 ans par Cassandre/Horschamp. Il s'est aussi nourri de la remarquable thèse de l’écrivain et homme de théâtre Koulsy Lamko sur le théâtre de participation en Afrique.

Ces chercheurs d’or ont été des compagnons de route précieux dans cette première incursion en ces terres.  Avec eux, et également avec l'aide des travaux d'Adame Ba Komaré, ce livre veut porter ce message : nous avons besoin de l’Afrique noire. Nous, occidentaux modernes qui ne nous résignons pas à subir un monde marchandisé, nous devons non seulement respecter ses valeurs, mais il faut, en ces temps de destruction programmée de l’humain, prendre la pleine mesure de leur force civilisationnelle.


Les armes de l'art 1
Un Rêve d'Afrique
116 pages avec illustrations
Prix en librairie : 20 euros.


______________

Culture(s), Politique(s), Société(s)…
Retrouvons-nous dans les hors-champs de l'art, p
our des
 échanges «libres» et des paroles en recherche
!

/// //////////

Cassandre/Horschamp porte depuis 1995 les valeurs d'un art en prise avec la société dans la lignée des combats de l'après-guerre, fait avancer les idées et lutte contre l'endogamie. Notre travail est celui d'une «nouvelle critique» qui ne se contente pas de juger l'«objet», mais appréhende le geste de l'art en prenant en compte la relation à l'histoire, aux populations et aux lieux. Mettez vos informations en ligne sur www.passeurs.org, consultez, contribuez au blog microCassandre et abonnez-vous à Cassandre/Horschamp, la revue art/culture/société !

Cassandre/Horschamp, 16, rue Girardon, 75018 Paris-France.
Tél.: 01 40 35 00 98 www.horschamp.org

 


22/09/2009

Le jour où...

Le jour où les Arabes se mobiliseront autant pour le Honduras que pour Gaza...
Le jour où les Latinos se mobiliseront autant pour Gaza que pour le Honduras....
Le jour où tous se mobiliseront pour les Africains oubliés...
Le jour où les Européens cesseront de croire leur télé pour se mettre enfin à l'écoute des peuples colonisés...

Ce jour-là, la solidarité internationale sera si forte qu'elle empêchera les guerres et les coups d'Etat.

MICHEL COLLON

http://www.michelcollon.info

- Investig'Action travaille à briser les murs afin de favoriser la solidarité internationale.

02/09/2009

Cat Shadow par Jean-Marc Couvé, poème de Gabrielle Josse

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violente oh violente elle te regarde

or et argile mêlés à ses cheveux

 

elle te regarde

dans ses yeux mille ans de désirs

de désirs très anciens aux yeux de loup

 

elle te regarde

& t’attend dans l’ombre sauvage

de sa nuit

 

elle t’attend

ses mains cherchent

les tiennes pour d’incandescentes

célébrations veines battantes au temps

suspendu au temps infini

des gestes dépliés

 

elle t’attend

pour te réapprendre à prier en quelque

abbaye disparue puis t’emporter dans ses galops

 

elle t’attend

pour te parler dans ses brumes

infinies et leurs couleurs blessées

 

elle t’attend

pour te brûler dans ses soleils

ses hanches des roues de feu

& ses cheveux comme des haubans

 

elle t’attend

pour te murmurer qu’elle pleure

le jour et rit aux soleils descendus

 

elle t’attend

pour te dire qu’elle est folle &

qu’elle est libre et

devant toi sans mémoire

 

Gaëlle Josse

 

30/05/2009

Excusez-moi de vous déranger...

par Eduardo Galeano   

 


Qui est le terroriste? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé? N'est-il pas coupable de terrorisme le tueur en série qui, en mentant, a inventé la guerre en Irak, assassiné une multitude, légalisé la torture et ordonné de l'appliquer? Sont-ils coupables les paysans d'Atenco au Mexique, ou les indigènes mapuches du Chili, ou les Kelchies du Guatemala, ou les paysans sans terre du Brésil, tous accusés de terrorisme pour défendre leur droit à la terre? Si la terre est sacrée - même si la loi ne le dit pas - , ceux qui la défendent ne sont-ils pas sacrés aussi?

Selon la revue Foreign Policy, la Somalie est le lieu le plus dangereux de tous. Mais, qui sont les pirates ? Les crève-la-faim qui attaquent des bateaux, ou les spéculateurs de Wall Street qui attaquent le monde depuis des années et reçoivent à présent des récompenses multimillionaires pour leurs efforts ? Pourquoi le monde récompense-t-il ceux qui le dévalisent ?

Pourquoi la justice ne voit-elle que d'un œil ? Wal Mart, l'entreprise la plus puissante de toutes, interdit les syndicats. McDonald's aussi. Pourquoi ces entreprises violent-elles, avec une impunité coupable, la loi internationale ? Serait-ce parce que, dans le monde actuel, le travail vaut moins que rien, et que valent encore moins les droits des travailleurs ? Où sont les justes, et où sont les injustes? Si la justice internationale existe vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants ?  Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison. Serait-ce parce que ce sont eux qui en détiennent les clés? Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d'origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d'armes ? Sans dédaigner les narcotrafiquants, ceci n'est-il pas aussi un cas de "crime organisé" ? Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Il ne manquerait plus que ça ! Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles. 

Et on se demande : si ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n'exigent-ils pas la peine de mort contre l'injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu'au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ? Contre qui s'arme jusqu'aux dents la soi-disant communauté internationale ? Contre la pauvreté, ou contre les pauvres ? Pourquoi les fervents de la peine capitale n'exigent-ils pas la peine de mort contre les valeurs de la société de consommation qui portent atteinte, chaque jour, à la sécurité publique ? Ou peut-être ne pousse-t-il pas au crime, le bombardement de la publicité qui étourdit des millions et des millions de jeunes au chômage ou mal payés, leur répétant jour et nuit qu'être est avoir, avoir une automobile, avoir des chaussures de marque, avoir, avoir -et que celui qui n'a rien n'est rien ?  

Et pourquoi n'introduit-on pas la peine de mort contre la mort ? Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l'industrie d'armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l'exercent. Et ce monopole de la violence se traduit par un fait inexplicable pour des extraterrestres, et aussi insupportable pour nous autres terriens qui voulons, contre toute évidence, survivre : nous les humains sommes les seuls animaux spécialisés dans l'extermination mutuelle, et nous avons développé une technologie de destruction qui est en train d'anéantir, au passage, la planète et tous ses habitants. Cette technologie se nourrit de la peur. C'est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier. Et que penseriez-vous, tant qu’à appliquer la peine de mort, d'une condamnation à mort de la peur ? Ne serait-il pas sain de mettre un terme à cette dictature universelle des professionnels de la production d’angoisse ? Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l'œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d'enfant dissimule une bombe musulmane; et si cette femme, cette voisine d'aspect inoffensif te regarde, c'est sûr qu'elle te transmet la peste porcine.

Dans ce monde à l'envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur. En entamant la refondation de la Bolivie pour que ce pays de majorité indigène cesse d'avoir honte en se regardant dans le miroir, le Président Evo Morales a provoqué la panique. Ce défi était une catastrophe en regard de l'ordre traditionnel raciste, prétendument le seul possible : Evo était et apportait le chaos et la violence et, par sa faute, l'unité nationale allait exploser, se briser en morceaux. Et quand le président équatorien Correa a annoncé qu'il se refusait à payer les dettes illégitimes, la nouvelle sema la terreur dans le monde financier, et l'Équateur fut menacé de punitions terribles pour avoir donné un si mauvais exemple. Si les dictateurs militaires et politiciens véreux ont toujours été dorlotés par la banque internationale, ne nous sommes-nous pas déjà habitués à accepter comme fatalité du destin le paiement par le peuple du gourdin qui le frappe, de la cupidité qui le pille ?  

Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ?  Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l'un à l'autre ?  Ne relève-t-elle pas du sens commun, mais aussi de la justice, cette devise des féministes qui disent que l'avortement serait libre si nous, les mâles, pouvions tomber enceints [2] ? Pourquoi ne légalise-t-on pas le droit à l'avortement ? Serait-ce parce qu'il cesserait alors d'être le privilège des femmes qui peuvent le payer et des médecins qui peuvent le faire payer ? La même chose se passe avec un autre cas scandaleux de négation de justice et de sens commun : pourquoi ne légalise-t-on pas la drogue ? Peut-être n'est-elle pas, comme l'avortement, un sujet de santé publique ? Et le pays qui contient le plus de toxicomanes, quelle autorité morale a-t-il pour condamner ceux qui approvisionnent leur demande ? Et pourquoi les grands médias, si voués à la guerre contre le fléau de la drogue, ne disent-ils jamais que presque toute l'héroïne consommée dans le monde provient d'Afghanistan ? Qui commande en Afghanistan ? N'est pas un pays militairement occupé par le pays messianique qui s'attribue la mission de nous sauver tous ? Pourquoi ne légalise-t-on pas les drogues une bonne fois pour toutes ? Ne serait-ce pas parce qu'elles fournissent le meilleur prétexte pour les invasions militaires, en plus d'offrir les profits les plus juteux aux grandes banques qui de nuit fonctionnent comme blanchisseries ?

Maintenant le monde est triste parce que moins de voitures se vendent. Une des conséquences de la crise mondiale est la chute de l'industrie prospère de l'automobile. Si nous avions quelque reste de sens commun, et un petit quelque chose de sens de la justice, ne devrions-nous pas fêter cette bonne nouvelle ? Ou peut-être la diminution des automobiles n'est-elle pas une bonne nouvelle pour la nature -qui sera un peu moins empoisonnée-, et pour les piétons -qui mourront un peu moins ?  

La Reine a expliqué à Alice -celle de Lewis Carroll- comment fonctionnait la justice au Pays des  Merveilles :

 -Voilà !- dit la Reine -. Il est en prison, à purger sa peine ; mais le jugement ne commencera pas avant mercredi prochain. Et évidemment, à la fin, le crime sera bien commis.  

Au Salvador, l'Archevêque Oscar Arnulfo Romero a prouvé que la justice, comme le serpent, mordait seulement les va-nu-pieds. Il est mort par balles pour avoir dénoncé que, dans leur pays, les va-nu-pieds naissaient condamnés d'avance, par délit de naissance. Le résultat des élections récentes au Salvador n'est-il pas, d'une certaine manière, un hommage ? Un hommage à l'archevêque Romero et aux milliers comme lui qui sont morts en luttant pour une justice juste dans le royaume de l'injustice ? Parfois les histoires de l'Histoire terminent mal; mais l'Histoire, elle, ne termine pas. Quand elle dit adieu, ce n'est qu'un au revoir.

Traduit par Thierry Pignolet.

Source: Tlaxcala

Notes 

 [1]  NdT : par l'utilisation du terme zapatista, Eduardo Galeano réalise en espagnol un jeu de mots intraduisible en français. Par là, l'auteur adresse un clin d'œil à la filiation en espagnol du mot zapatista avec zapato, en français chaussure -le lancer de chaussures sur Bush-, tout se référant à l'Armée Zapatiste de Libération Nationale -en espagnol Ejército Zapatista de Liberación National ou EZLN-, groupe révolutionnaire symbole de la lutte altermondialiste basé au Chiapas, Etat du Mexique.

[2]  L'adjectif « enceint » semble ne pas exister en français. Serait-ce que la langue française est plus machiste que l'espagnole ?  

Je voudrais partager quelques questions qui me trottent dans la tête. Elle est juste, la justice? Elle tient debout, cette justice du monde à l'envers? Le zapatista [1] d'Irak, celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration?

25/05/2009

Soutenir Cassandre

Si vous pensez qu'il est nécessaire
de continuer à réfléchir ensemble,
(et que cette revue est utile…)
c'est le moment de nous aider à la
faire connaître plus largement…

Merci !


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Cassandre/Horschamp, la revue Art(s)/Culture(s)/Société(s)

Où la trouver ?
––––––

www.horschamp.org
www.microcassandre.org
www.passeurs.fr

 

07/05/2009

Les 7 péchés d'Hugo Chavez

L'équipe Investig'Action est heureuse
de vous annoncer la sortie du livre


Les 7 péchés d'Hugo Chavez

de Michel Collon

Un livre au carrefour des grands problèmes du monde actuel.

C'est l'Histoire inconnue du pétrole. Comment il a déterminé notre Histoire. Comment il déterminera les grands conflits des années à venir.

C'est la face cachée de l'Amérique du Sud. Révélant les mécanismes de pillage du tiers monde, qu'occultent les manuels et les médias officiels.

C'est une analyse globale de la stratégie des Etats-Unis pour dominer le monde. Exposant les mécanismes et les lieux de pouvoir des multinationales. Que préparent-elles ?

Mais c'est aussi le récit, par un observateur privilégié, de la formidable aventure du Venezuela. Un homme dit qu'on peut résister aux multinationales et vaincre la pauvreté. Populisme ou réelle alternative ? Quels sont les vrais péchés d'Hugo Chavez ?

Un livre fondamental, mais simple et passionnant. Des clés pour comprendre où va le monde...

Les 7 péchés d’Hugo Chavez (Table des matières)




Premier péché : il leur apprend à lire

 

Chapitre 1. Ce merveilleux sourire sur la figure de Carmen…

 

Deuxième péché : chacun a droit à la santé

 

Chapitre 2. Avant Chavez, deux Vénézuéliens sur trois n’avaient jamais vu un médecin

 

Troisième péché : chacun peut manger à sa faim

 

Chapitre 3. La pauvreté n’est pas une fatalité

 

Comprendre l’Amérique latine

 

Chapitre 4. Comment sont-ils devenus si pauvres ?

 

Chapitre 5. L’aspirateur des richesses

 

Chapitre 6. Un pays dévalisé en une nuit, est-ce possible ?

 

Chapitre 7. Les 7 fléaux de l’Amérique Latine

 

La bataille pour l’or noir

 

Chapitre 8. L’Histoire sanglante du pétrole

 

Chapitre 9. La bataille du pétrole au Venezuela

 

Chapitre 10. Les multinationales pétrolières sont-elles compatibles avec l’avenir de l’humanité ?

 

Quatrième péché : il change les règles entre les riches et les pauvres

 

Chapitre 11. Le Venezuela pourra-t-il créer une nouvelle économie ?

 

Chapitre 12. La Solution Chavez fonctionne-t-elle ?

 

Chapitre 13. Chavez trop lent et trop conciliant ?

 

Cinquième péché : la démocratie, c’est plus qu’un bulletin de vote

 

Chapitre 14. Bureaucratie et corruption : la démocratie participative est-elle la solution ?

 

Chapitre 15. Chavez est-il un populiste ? Les faiblesses du chavisme.

 

Chapitre 16. Une armée qui fait la révolution ?

 

Sixième péché : il ne se soumet pas au pouvoir des médias

 

Chapitre 17. D’où provient et que vaut notre info sur Chavez ?

 

Chapitre 18. Le Monde est petit

 

Chapitre 19. Est-il possible de réaliser une révolution sociale sans et contre les médias ?

 

Septième péché : l’homme qui tient tête aux Etats-Unis

 

Chapitre 20. Unir l’Amérique Latine et les résistances internationales

 

Conclusion : Chavez et nous, le droit à l’alternative

 

Pour commander : http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&c...

27/03/2009

Les poèmes de Guantánamo, Ed. Biliki

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Kaki Jaune - 12 titres
2009
ISBN : 978-2-930438-45-0
74 pages - 8 EUR
Format : 10 x 17 cm


Les poèmes et les textes que nous vous présentons dans ce recueil sont la traduction exacte du livre Poems from Guantánamo publié par les Presses de l’Université de l’Iowa (Etats-Unis) en 2007. Pour la première fois, grâce au travail d’avocats engagés, un ouvrage regroupe des textes écrits par des détenus de cette tristement célèbre prison américaine. Nous avons souhaité offrir aux lecteurs francophones une traduction de ce document historique.

Les vingt-deux poèmes de ce volume ont été écrits par des hommes détenus dans le centre de détention militaire américain de la baie de Guantánamo à Cuba. Comme tous les prisonniers de Guantánamo, ces poètes sont musulmans. Depuis la publication, certains d’entre eux ont été relâchés et renvoyés dans leurs pays d’origine mais la plupart endurent leur sixième année de captivité dans des conditions d’isolement quasi total, emprisonnés sans chefs d’accusation, procès ou protections les plus élémentaires garanties par les Conventions de Genève.

Leurs poèmes, tous écrits derrière les barreaux, furent composés avec peu d’espoir d’être présentés à un public plus large que le petit cercle de leurs codétenus. Mais maintenant que les poèmes ont été autorisés à la publication et réunis dans un volume, ils fournissent aux citoyens du monde, une opportunité unique d’entendre directement les détenus décrire leur vie dans ce centre de détention américain tristement célèbre.
 
Traduit de l'anglais par Keyvan Sayar et Pierre Guéry
 
Guantánamo est un trou noir. Grâce à la mobilisation, en particulier d’un collectif d’avocats, la parole des détenus devient audible, et l’expérience de la collecte de ces poèmes représente un travail réellement inédit. On lira avec intérêt la préface de Flagg Miller, linguiste et anthropologue, et la postface d’Ariel Dorfman, poète et essayiste américano-chilien, pour prendre la mesure des enjeux de cette mobilisation. Et l’on découvrira avec émotion et colère les profils des dix-sept détenus qui ont écrit ces vingt-deux poèmes et les ont fait sortir de manière clandestine dans des tubes de dentifrice ou grâce à de petits billets cachés. Le parti pris de l’édition est de présenter chaque détenu, puis son poème. Rappelons qu’ils étaient quelque sept cent soixante-quinze en 2002, arrêtés dans le monde et retenus, pour la plus grande partie d’entre eux, en toute illégitimité dans la baie cubaine.


Marina Silva - Le Monde Diplomatique

Voir : http://www.biliki.com/index.php?biliki=les-poemes-de-guan...

19/03/2009

Littérature & Homosexualité

Cahiers de la RAL,M - Nº 10 -
Revue - Collectif

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[...] que sait-on de l'existence hypothétique d'une littérature homosexuelle nécessairement clandestine dans ces pays islamiques où, comme en Iran, au nom de la sharia, les homosexuels sont encore pendus haut et court ? [...] À défaut de répondre à toutes ces questions, les textes qui suivent apportent des éléments de réponse. On constate tout d'abord une vitalité de la prose écrite par des homosexuels ou ayant l'homosexualité pour objet. Et pourtant, quoi qu'en dise Dominique Fernandez, il n'est sans doute pas entièrement révolu, le temps de la honte. À n'en pas douter des dizaines de manuscrits sommeillent encore dans des tiroirs, nouvelles ébauchées, fragments de romans ou confessions intimes, que l'on n'ose pas exhumer et publier par peur de s'exposer, à l'instar de ces acteurs hollywoodiens qui y réfléchissent à deux fois avant d'endosser un rôle "sulfureux". Or l'écriture est plus intime encore. Il pèse toujours, même sur les romans, un soupçon d'autobiographie. Toutefois certains amoureux de l'écriture ont décidé de relever le défi et se sont lancés dans l'aventure. Leurs textes apparaissent comme prometteurs. On y mesure surtout la distance qu'il y a entre une certaine image de l'homosexualité, citadine, festive et libérée, volontiers véhiculée par les media et le quotidien parfois plus sombre de milliers d'individus taraudés par la misère affective et sexuelle... Benoît Pivert.

dirigé par Benoit Pivert et incluant des essais, fictions et poésies autour de ce thème.  Le thème est décliné en 10 intertitres (La tentation/La discrétion/L'obsession/La joie/L'art/L'amour/L'homophobie/Le risque/L'ambiguité/L'humour). 

 http://www.artistasalfaix.com/revue/spip.php?page=collect...

Nous nous sommes bien amusés

Par Fred Vargas


"Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-
fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au 
bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne 
perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne 
vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous 
avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le 
reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous 
avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons 
conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé 
des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons 
éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand 
on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié 
la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien 
amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire 
fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous 
la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces 
vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans 
le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a 
bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il 
est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que 
de biner des pommes de terre.Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution 
néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a 
pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » 
demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le 
choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. 
C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement 
laissés jouer avec elle depuis des décennies.La mère Nature, épuisée, 
souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, 
d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi 
(à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car 
très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on 
s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et 
honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de 
s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa 
voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en 
partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à 
côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en 
laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là 
où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon 
tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le 
phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est 
quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir 
offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le 
voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas 
d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du 
crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité 
foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir 
venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à 
condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des 
grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, 
nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons 
encore.

23/02/2009

LETTRE OUVERTE D'ERNEST PÉPIN (A DIFFUSER) 27/01/09

Pour une meilleure réflexion
par Ernest PEPIN


Comme de nombreux Guadeloupéens, je suis fasciné par cet homme qui a réussi à faire entrer un noir à la maison blanche. Les commentaires élogieux pleuvent de partout. C’est l’état de grâce bien mérité. Pourtant une petite voix me souffle : et nous ?
Et nous guadeloupéens qu’avons-nous fait ? Que faisons-nous ? Que ferons-nous ?
Passé les brûlures de l’esclavage, passé les interminables débats sur l’identité, passés négritude et créolité, comment devons-nous aborder le XXIe siècle dans une perspective qui soit la notre.
Je ne renie aucune parcelle de mon passé et je suis solidaire de tous les combats que nous avons menés mais je voudrais me positionner résolument dans l’avenir.
Nous sommes un petit pays. Une petite lèche de terre peuplée seulement de 400 000 habitants et pour le moment nous sommes hors-jeu dans notre présent et presque condamné à quémander l’avenir à ceux qui nous gouvernent. Chacun y va de sa chanson, de son parcours, de ses rêves. C’est précisément cela qui nous manque : une chanson commune, un parcours commun, un rêve commun. Peut-être avons-nous besoin de savoir ce qu’est une société. Je veux dire une entité sociale, économique, politique, culturelle dont les rouages s’articulent dans un système cohérent et efficace.
Je constate que nous sommes une somme de revendications syndicales obsessionnellement tournées vers les questions salariales, le maintien des avantages acquis, la guerre contre le patronat etc. Et ceci nous condamne à des postures agressives ou impuissantes. Plus grave, agressives ET impuissantes. Ce ne sont pas les miettes lâchées ici ou là qui vont changer la donne en l’absence de tout projet viable.
Je constate que nous nous noyons dans le puits de la consommation. Les panneaux publicitaires fleurissent. Les voitures de luxe encombrent les routes. Les gadgets de toutes sortes tiennent lieu d’accès à la modernité. La modernité est un mot terrible. Cela fonctionne comme une machine à broyer le passé, la culture (reléguée au rang de tradition !), les manières de penser, de faire et de vivre. Nous voulons être en première classe sans nous soucier de la destination du train.

« J’ai envie de crier : construisons les rails, construisons le train, construisons la gare »

Nous avons le choix entre trois options :
- Laisser rouler les choses au risque de se perdre.
- Devenir indépendant au risque de s’appauvrir ;
- Tenter une autonomie au risque de se faire gruger.
Il y a toujours un risque ! C’est là notre douleur et c’est là notre lâcheté. En réalité, je crois qu’il faut reformuler un projet guadeloupéen en toute responsabilité et en toute lucidité.
Qu’est-ce à dire,
Définir (redéfinir) quelle peut-être notre fonction économique, sociale, politique et culturelle. Et surtout définir (redéfinir) notre relation à la France et à l’Europe pour sortir de l’assistanat (cette mendicité de droit) et de l’infantilisation (ce légitime impôt prélevé par les bailleurs de fonds). Il faut donc commencer par nous définir nous-mêmes en ayant le courage  et l’humilité d’éviter les postures victimaires ou héroïques, les positions dogmatiques, les immobilités conservatrices, les impasses de l’idéologie et le suivisme soi-disant moderniste. Cela fait beaucoup de contraintes mais la lucidité est à ce prix.
- Nous sommes, le plus souvent, de piètres chefs d’entreprise.
- Nous sommes le plus souvent des petits tas d’égoïsmes et au mieux des petites bandes de corporatismes.
- Nous sommes, le plus souvent, de mauvais maris, de mauvaises épouses et pour finir de mauvaises familles.
- Nous sommes, le plus souvent, une société violente au niveau des individus et au niveau du collectif.
- Nous sommes le plus souvent des viveurs au jour le jour, des jouisseurs inconséquents. Toutes les industries du loisir le savent : boite de nuit, sex-shop, déjeuner champêtre, hôtels, Midi-minuit. Etc.
- Nous sommes le plus souvent des travailleurs toujours en grève, en congé, en dissidence, en ruse et en laxisme.
- Nous sommes le plus souvent abonnés à la seule culture populaire, oublieux de la culture du monde et trop matérialiste pour comprendre qu’un poème, qu’un roman, qu’un tableau, qu’une chanson, qu’une pièce de théâtre, etc. ne sont ni des divertissements ni des exutoires mais des problématiques d’un autre possible de nous et du monde.
- Nous sommes le plus souvent une insociété comme on dit une incivilité.

« Toute critique est assimilé à une trahison ou à du vomi »
Et avec ça toujours empressé de nous comparer à la France comme si le monde entier, les seuls modèles, les repères absolus appartenaient à une France en crise depuis longtemps.
Nous regardons de haut la Caraïbe et nous ignorons les Amériques. C’est pourtant selon la formule consacrée notre environnement naturel. Alors que nous sommes si riches de l’argent des autres !
Il est de bon ton de dire qu’il ne faut pas diaboliser la Guadeloupe, qu’il ne faut pas se flageller et qu’il faut positiver. Toute critique est assimilé à une trahison ou à du vomi. Posons-nous la question qu’est-ce qui est positivable ?
Une jeunesse aux abois !
Des citoyens irresponsables !
Des personnes âgées de plus en plus isolées !
Un nombre grandissant d’exclus !
Un pouvoir local sans vision !
Des intellectuels bâillonnés par la proximité !
Des artistes impécunieux et subventionnés !
De grandes messes jubilatoires !
Une impuissance économique chronique !
Un tourisme impensé !
Des rapports de classe et de race viciés par le passé !
J’aime la Guadeloupe, mais je crois qu’il faut lui dire ses quatre vérités. Pas de presse capable de conscientiser ! Pas d’émissions éducatives et formatrices ! Une université trop extravertie. Un artisanat désuet. Une langue créole qui fout le camp ! Nous le disons entre nous, en petits comités. Nous le chuchotons mais nous avons honte de le crier en public. Comme dit Franky, c’est la vie en rose ! Césaire l’a écrit : « un paradis absurdement raté ». Maryse Condé l’a craché : la Guadeloupe n’est pas un paradis ! Et nous sommes là plein de rancœurs  rancies, pleins de rêves non muris, admirateurs des autres, ébahis devant notre moindre prestation d’humanité, toujours dans la logique du rachat. Ah nos sportifs ! Au nom de quoi, le fait d’être guadeloupéen fait d’un exploit sportif un miracle ? A moins de douter de soi et d’estimer inconsciemment que nous n’avons pas droit à l’excellence.
Et c’est la première leçon que je tire d’Obama : le droit au droit à l’excellence.
La deuxième étant de casser, de répudier tous les discours qui obstruent l’horizon : la race, konplo a neg sé konplo a chien ! Nou sé neg ! le fandtyou ! Cette moquerie permanente de tous ceux qui tentent, qui osent et même parfois qui font. Etc.… Cette mise en dérision de nous-mêmes !
La troisième étant de doter la Guadeloupe d’un vouloir collectif qui transcende les différences, les rancunes, les sottes compétitions, les querelles idéologiques, les xénophobies, les nombrilismes, les chauvinismes à bon marché.
La quatrième étant de miser sur l’intelligence, toutes les formes d’intelligence, pour élever le débat au-dessus des querelles de personnes.
La cinquième d’assumer notre histoire, toute notre histoire, par nous, pour nous, sans mendoyer une reconnaissance que nous ne nous octroyons pas très souvent. C’est de nous-mêmes, de notre énergie, de notre créativité, de nos talents, de nos forces, de notre rigueur, de notre respect pour nous-mêmes que viendra la reconnaissance et non de telles ou telles victoires plus symboliques que réelles.

«¡ Si nous disons... »
Se déplacer à Washington pour dire « j’y étais ! » c’est bien. S’atteler au char de la Guadeloupe c’est mieux !
Obama est un homme qui a cru en son pays sans renier ses origines. C’est un homme qui a cru en la capacité de son pays à dépasser les frontières des pensées établies. C’est un homme qui a su faire croire en lui. C’est ce pari là qu’il faut gagner.
Si nous disons : « mon pays c’est la France ». Alors, il faut assumer et faire en sorte que la France change et on ne peut le faire sans les Français de l’hexagone.
Si nous disons « mon pays c’est la Guadeloupe colonisée ».Alors, il faut l’assumer et décoloniser la Guadeloupe en privilégiant les armes de la décolonisation de l’imaginaire, de l’économie, du culturel, du politique et du social. Il est inconséquent de prôner la décolonisation en jouant le jeu d’une surintégration parfaite et indolore.
Si nous disons « mon pays c’est la Guadeloupe autonome ». Alors il faudra l’assumer en se préparant à exercer un pouvoir local plus riche en compétences et désireux de développer une richesse guadeloupéenne.
Si nous ne disons rien, nous sommes coupables de nous croiser les bras devant une société qui se saborde (violences sexuelles, violences des jeunes contre les jeunes, violence des hommes contre les femmes, violences au sein des familles, violences sociales plus ou moins sournoises). Une société  qui se cache derrière le paravent de la consommation. Une société de gestion ou de géreurs et non une société de l’entreprendre. Une société qui a mis en faillite les intellectuels de tous bords.

Une société en danger
Oui, je dis bien en danger ! Pendant que nous nous livrons à des actes de cannibalisme (les uns à l’encontre des autres !), en l’absence de projet construit par nous et soutenu par nous, des forces agissantes décident pour nous, grignotent le territoire, contrôlent l’économie, décident pour nous ! Je ne parle pas de race, je parle de filières, de réseaux, d’organisations structurées, de puissances financières. Il suffit de regarder Jarry, d’aller à Continent, à Millénis etc. Combien de Guadeloupéens font partie du vrai jeu économique ? Nous ne sommes, à part quelques cas, que des sous-traitants et surtout des sous-gagnants.
Il est vrai que nous sommes soumis comme les autres aux durs effets de la mondialisation, que nos marges de manœuvres sont limitées et que nous sommes un petit marché.
Ceci nous exonère pas de penser, de nous organiser, de lutter dès lors que l’objectif est clair, accepté et positif. Quels objectifs pour l’art, l’économie, le social, le politique ? Comment les atteindre ? Avec quelle stratégie ? En clair comment (re)bâtir la Guadeloupe ?
Il me semble souhaitable d’arriver à commercialiser notre culture sans la prostituer, à exporter ses meilleures créations et surtout à nous nourrir d’elle. Pour le moins, faire entrer la notion de dépenses culturelles diversifiées dans les budgets des familles et des entreprises serait un grand progrès.
Il me semble souhaitable d’envisager un développement rentable de l’agriculture afin de pourvoir, le plus possible, à nos besoins et à ceux des marchés qu’il nous appartient de trouver à l’extérieur.
Il me semble souhaitable de repenser de fonds en comble l’industrie touristique. Je dis bien l’industrie  en l’accompagnant des produits du soleil (maillots de bain, serviettes, lunettes de soleil, crème solaire, vêtements etc) made in Guadeloupe ou labellisés « Guadeloupe » . C’était une idée de Paco Rabanne. Je doute qu’elle ait été entendue !
Il me semble souhaitable de rechercher les voies et moyens d’une solidarité active au sein de la société guadeloupéenne. Nous sommes si généreux envers le téléthon !
Il me semble souhaitable de croire au développement de la langue et de la culture créoles dans une perspective non folkloristes mais diplomatique (il existe un monde créolophone), économique et culturel.
Il me semble enfin souhaitable que nos élus aillent se former non pas seulement à Paris mais aussi dans la Caraïbe. Ils connaîtraient mieux le fonctionnement des pays indépendants ou néo-colonisés. Ils seraient plus au fait des données de la diplomatie. Ils gagneraient en relations internationales. Ils créeraient d’utiles solidarités.
Mais tout cela n’est rien si nous ne répondons pas à la question suivante : quelle Guadeloupe voulons-nous ? Autrement dit avec quelles valeurs? Quel mode de fonctionnement ? Quel type de citoyens ? Quel système économique ? Quel budget ?
Ce sont des questions qui sont loin de l’élection d’Obama. Ce sont des questions auxquelles tout chef politique doit répondre de façon claire. La méfiance des Guadeloupéens envers les élus, parfois leur inertie apparente, résulte sans doute d’un manque de clarté, d’un manque de pédagogie, d’un manque de vouloir.
Je répète avec Obama l’histoire retiendra notre capacité à construire et non notre capacité à détruire !
Crier que nous sommes des petits-fils d’esclaves ne suffit pas !
Détester, singer ou vénérer la France, n’est pas une politique !
Croire que l’on peut construire sur des ruines est une erreur !
Seront nous capables de dire, nous aussi : YES WE CAN ! C’est cela la leçon, la grande leçon d’Obama !

Ernest PÉPIN

Lamentin le 21  janvier 2009

PS : Je ne suis pas un spécialiste et mes idées n’engagent que moi. Je ne les livre que pour lancer un débat que je crois nécessaire et salutaire.

22/01/2009

Khal Torabully : Lettre ouverte à Barak Hussein Obama, nouveau président des Etats-Unis

                                                                                             Le 22/01/09

                                                                                                                      Par Khal Torabully

 

Monsieur le Président,

Je vous écris cette lettre 2 jours après votre investiture, avec la distance nécessaire, car je la voulais décalée des ferveurs et liesses qui ont déferlé en torrents d'espoir et d'émotions en divers points de la planète, et pour cause. Il n'échappe à personne, M. Obama, que vous êtes l'homme du moment, je veux dire l'homme de ce vingt-et-unième siècle bouillonnant.

Pour moi, vous mettez fin à l'unlilatéralisme bushien. Les noirs, les métis, les minorités, les opprimés de ce monde voient en vous un des leurs. Vous voulez quitter le binarisme, en affirmant dans votre discours inaugural de président élu, qu'il fallait reprendre le dialogue avec le monde musulman, car c'est sur un mensonge historique que s'est bâti le choc des civilisations du triste sieur Huntington, maître à penser de la sinistre administration Bush, empêtrée dans des scandales et manipulations diverses.

Monsieur le Président, j'avais, au lendemain de l'incendie de la Bibliothèque de Baghdad, cela est douloureux pour un poète de l'avouer, perdu tout espoir en l'humanité. Le cynisme d'une armée d'occupation, violant toute convention internationale qui lui impose le respect et la défense du patrimoine culturel du pays occupé, m'avait littéralement anéanti. J'étais à Vérone le jour du déclenchement des hostilités, pour l'Académie Mondiale de Poésie, et le thème choisi était, ironiquement, la paix. Pour surmonter ce traumatisme, moi qui aime les livres, et encore plus les manuscrits – la Bibliothèque de Baghdad en avait de rares, d'exceptionnels – j'avais initié un projet de livre collectif à Paris, intitulé La cendre des mots. Geneviève Clancy, directrice de collection, m'avait donné sa totale confiance et 70 poètes du monde entier y avaient participé, rejetant la barbarie de la pax americana, que nous comparions à la pax romana mais sans  la culture de Rome… L'apex de cette atrocité est Guantanamo, une zone de non droit où la torture se pratique à la face du monde, impunément. Vous voulez effacer cette verrue de la démocratie américaine, au grand soulagement des gens épris de justice.

L'unilatéralisme est l'expression d'une barbarie sans nom, s'appuyant sur le racisme et l'exclusion. Permettez-moi de vous dire que votre élection me redonne foi en l'homme, et ce n'est pas peu dire, tant mon anéantissement fut grand à Vérone.

Certes, il vous faudra vous atteler à redonner une base et une idéologie économiques nouvelles à votre pays ravagé par les spéculations, l'effritement du système bancaire, les velléités du complexe militaro-industriel qui fait ses choux gras des guerres sans fin. Il faudra moraliser les pratiques monétaires et industrielles. Il faudra panser le social, car la fracture sociétale est béante et risque de s'aggraver dans le sillage des faillites. Ce sont des tâches urgentes chez vous, et elles auront un impact sur le monde.

Vous avez, cependant, une tâche incommensurable à l'étranger, surtout en ce qu'il s'agit de la Palestine, de l'Afghanistan et de l'Irak. Nonobstant la situation indescriptible qui règne à Gaza, je voudrais m'attarder sur le cas irakien.

Ce pays fut envahi sur des prétextes infondés d'armes de destruction massive… Ce pays se meurt sous nos yeux, les morts innocentes se comptent par centaines de milliers, les handicapés sont innombrables. L'Irak, l'ancienne Mésopotamie fut l'un des berceaux de l'humanité. Le code Hammurabi, l'alphabet et, ironie du sort quand on pense à la crise bancaire,  l'usage de la monnaie, y sont nés. C'est peut-être d'ici qu'il faudra partir pour moraliser les finances et les affaires du monde…

Monsieur le Président vous avez annoncé qu'il faudra régler ce dossier et arrêter le carnage. Vous avez ce bon sens qui manquait tant à votre prédécesseur, qui a projeté l'image d'une Amérique inculte, peut-être l'un des grands dommages collatéraux de cette guerre… Le récent comité Nobel, avant d'attribuer le Nobel à notre compatriote Le Clézio, ne disait-il pas qu'aucun auteur américain ne le méritait parce que le pays américain était « ignorant » ?

Monsieur le Président, permettez-moi de m'appesantir sur ce point. Et je m'arrêterai ici. Votre pays, avec Bush, a précipité ce que les analystes appellent le déclin américain. Ce déclin est imputable aux guerres menées çà et là pour une conception du monde, prônée pas les tenants apocalyptiques de l'entourage bushien, que le monde ne partage pas forcément. Le dominant, en colonisant d'autres terres, en malmenant la vie qui s'y trouve, se détruit aussi dans ce processus. On ne saurait faire de « guerre propre » ou « chirurgicale », autre production « culturelle » et lexicale de Bush. La guerre est forcément sale, et les manipulations médiatiques n'y peuvent rien.

En ce sens, il vous faut un symbole. Il nous est impératif de revenir à la Bibliothèque de Baghdad. Dans cette capitale de culture, déjà, en 1258, le mongol Hulagu et ses alliés menèrent une expédition punitive barbare contre le calife abbasside Al-Musta'sim et sa cité. Les livres inestimables de médecine et d'astronomie qui furent jetés dans le Tigre  assombrirent celui-ci, en raison de l'encre qui se répandit dans les flots. Le 14 avril 2003, cette triste histoire se répéta car les troupes de la pax amaricana, ont laissé brûler impunément les ouvrages de ce lieu unique au monde.

Robert Fisk écrivit ceci dans The Independent du 15 avril 2003 : « Et les Américains n'ont fait rien. Partout sur place étaient éparpillées les lettres de recommandation aux cours d'Arabie, des demandes de munitions pour des troupes (…), autant de manuscrits délicatement écrit en arabe. Je tenais dans mes mains les derniers vestiges de Bagdad, de l'histoire écrite de l'Irak. Mais pour l'Irak, c'est l'Année Zéro ; avec la destruction des Antiquités dans le Musée d'Archéologie samedi et la combustion des Archives nationales et ensuite la bibliothèque Coranique, l'identité culturelle de l'Irak est en train d'être effacée. Pourquoi ? Qui a allumé ces feux ? Dans quel dessein délirant cet héritage est-il détruit » ? Monsieur Obama, vous avez dit, dans votre discours inaugural, que  vous voulez développer de relations avec le monde musulman, basées sur le respect mutuel.

Il est important que vous alliez sur les cendres de cette Bibliothèque Monsieur le Président, là où les hordes de Hulagu et les troupes de la coalition ont laissé s'accomplir la detruction d'un pan de la mémoire de l'humanité.

Il est important que vous y alliez Monsieur Obama, que vous rouvriez symboliquement et officiellement ce refuge pour les productions de l'âme et de l'esprit, parce que nous sommes tous irakiens chaque fois qu'un livre de notre patrimoine humain est subtilisé ou se volatise au cœur d'une destruction programmée, au nom des armes de destruction massive ou non. Proclamez à la face du monde un pardon, un pardon de l'empire américain bushien au vu de ce crime contre les beautés de l'âme et de l'esprit, un crime avéré contre l'humanité, et redonnez à cette Bibliothèque la chance de respirer l'encre, le papier, les calligraphies, les miniatures, les vieux traités  d'hydrologie, les sublimes pages de poésie, les sensations des voyageurs parcourant la vieille terre d'Irak…

Et proclamez, je vous en conjure, Monsieur le Président, proclamez que la plus grande arme de destruction massive, c'est l'ignorance. C'est cela qu'il nous faut combattre, que ce soit aux Amériques, dans la vieille Europe, en Asie, en Afrique et dans le monde arabo-musulman. Faites que l'Amérique soit l'aiguillon de cette nouvelle conscience humaine. Vous en avez la carrure et la destinée historiques. En votant pour vous, l'Amérique est montrée belle de cet élan transculturel, et c'est le nouveau rêve américain qui se profile dans cette volonté de dépassement et de mise en relation avec les diversités de votre continent et du monde.

M. Barak Hussein Obama, vous incarnez l'espoir de toutes les nations et des citoyennes et citoyens qui croient au dialogue des civilisations dans un monde exsangue, livré aux « marchands », dont André Malraux disait « que leur monde est sans âme ». Good luck Mr President !

 

© Khal Torabully, Sémiologue, poète et écrivain, 22/01/09

21/01/2009

RMI... non, Goethe : L’audace a du génie

PAR Ludovic Bablon

http://www.ludovicbablon.com/-Blog-

Il y a deux mois, je me rendis à Marseille à une convocation sociale en vue de signer un nouveau "contrat d’insertion" RMI.

Passons sur ce ridicule document de pressurisation administrative, que j’ai toujours rédigé moi-même, le remplissant de conneries.

En l’occurrence, nous - ma "référente RMI" et moi - lors de ce rendez-vous ne nous sommes aucunement occupés de cela.

Car dès le départ, j’ai fait connaissance en attaquant le dispositif de surveillance lui-même. Le bâtiment où je venais d’entrer m’avait été fermé à l’entrée, et on m’expliqua que c’était parce que trop de miséreux venaient faire chier, en journée... Le lieu d’accueil RMI était donc un bunker de droite, et ça m’énerva d’entrée, aussi je ne cachais rien de mes idées anti-sécuritaires à ma référente. De là, je développai amplement mon analyse des méfaits du gouvernement, ce qui nous occupa 40 bonnes minutes, puis nous fîmes un petit tour des questions philosophiques générales, du genre "qu’est-ce que l’homme ? quelle est sa valeur ?" Dans les 3 minutes restantes, il était temps de signer le contrat d’insertion.

J’ai eu de la chance. Une fois, à l’ANPE, ça avait très mal tourné : la connasse m’avait accueilli en m’expliquant qu’elle allait "intégrer mon profil à son portefeuille de compétences"..., ce sur quoi je lui répondis grosso modo de se foutre son langage technocratique au cul : je n’étais pas à vendre.

Mais cette fois-ci, ça se passa très bien : ma référente était de gauche. Et c’est elle qui m’a transmis quelque chose de précieux - cette citation de Goethe qu’elle avait affichée devant son bureau.

"Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours. En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides. Dès le moment où on s’engage pleinement, la providence se met également en marche. Pour nous aider, se mettent en oeuvre toutes sortes de chose qui sinon n’auraient jamais eu lieu. Tout un enchaînement d’évènements, de situation et de décision crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin.... Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l’entreprendre. L’audace a du génie, du pouvoir et de la magie."

12/01/2009

C'était dimanche dernier (4.01.09), à Annapolis, dans le Maryland

http://www.dailymotion.com/video/x7ymhl_gaza-rabbin-weiss...

 

06/01/2009

Hommage à Jean-Claude Koutchouk

        Père Noël d'Israël

 

Souviens-toi, aviateur d'Israël,

En ce vingt-sept décembre

Lorsque, lâchant tes bombes,

Tu massacres femmes et enfants,

Victimes innocentes de Gaza,

Gaza blessée, gaza détruite,

Souviens-toi que ton grand-père,

Ta grand-mère, ta grand tante,

il y a soixante cinq ans,

Là-bas, à Auchwitz et Tréblinka,

Furent, eux aussi, massacrés,

Réduits en cendres par milliers.

 

Souviens-toi, citoyen d'Israël,

Que des criminels furent pendus,

Jugés à Nuremberg,

Ceux-la même qui massacrèrent

Ceux de ta propre famille

Le crime a changé de camp

Petit fils de victimes innocentes

Te voici criminel à ton tour :

 

Souvenez-vous, gouvernants de France

Qui, jadis, capitulant à Munich,

Avez laissé les loups entrer dans Paris.

Aujourd'hui les loups sont dans le ciel de Gaza

Et,demain, des meutes entières y rentreront.

Réveillez-vous gens d'ici et d'ailleurs

Réveillez-vous gens de partout

Le peuple de Palestine assassiné

Vous appelle !

 

Jean-Claude Koutchouk – 28 décembre 2008

Jean-Claude Koutchouk nous a quitté hier 5 janvier 2009

Encore un poète que je découvre parce qu'il n'est plus là...

05/01/2009

Janvier 2009 : Pourquoi l’année 2009 peut devenir l’an neuf, par Yannick Yolountas

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Vers un basculement
et un changement radical de société


Dédié à mes ami-e-s athéniens qui résistent encore dans le silence médiatique


Plan :

I - Le mois de l’illusion
II - Ceux qui marchent à l’envers
III - Rester assis, c’est se mettre à genoux
IV - Notre société fonctionne comme un asile
V - Généralisation de la peur : cause, moyen, but
VI - Dynamique de résistance
VII - Le sortilège des perspectives
VIII - Le défi de La Boétie


Ante-scriptum : pour en savoir plus sur l’allusion à L’An 01 de Gébé et Doillon, cliquer ici (jeter un oeil, découvrir ou, éventuellement, se rafraîchir la mémoire).


POURQUOI L’ANNÉE 2009 PEUT DEVENIR L’AN NEUF

I - LE MOIS DE L’ILLUSION

Nous revoilà au traditionnel moment des vœux, au point de bascule du calendrier Grégorien, quelques jours après le point d’orgue de la société de consommation. Chacun y va donc de sa formule, à part quelques récalcitrants. On souhaite le meilleur à ses proches. On espère pour tous les autres. Ou bien on se tait, on hoche la tête ou on répond furtivement, de façon laconique. On proteste rarement.

Il est vrai que les vœux sont d’abord des manifestations d’amitié ou de sympathie, et sont, le cas échéant, difficiles à refuser, à critiquer, à contredire. Même si, chez certains notables, les vœux ressemblent à s’y méprendre à des rots de lendemains de fête, pour d’autres, plus modestes, ils sont simplement le prétexte pour reprendre brièvement contact avec des vieux amis. L’occasion de donner signe de vie, d’exprimer des désirs, de rêver un peu, avant de retourner grossir les rangs de ceux qui travaillent plus pour gagner moins ou de ceux, toujours plus nombreux, qui se débrouillent comme ils peuvent. Après avoir entretenu un peu partout la croyance enfantine au Père Noël, on s’octroie ainsi une variante entre adultes, cette fois complètement factice. Janvier est aux adultes ce que décembre est aux enfants : le mois de l’illusion et, à y regarder de plus près, du renoncement.

Car accepter l’ensemble des usages de cette saison n’est pas aussi négligeable qu’il y paraît. Cette concession parmi d’autres n’est pas la plus anodine. Si la période des fêtes est habituellement celle des pires épidémies de gastro-entérites, c’est peut-être parce qu’il y a de quoi vomir quand on voit tout ce qu’on veut nous faire avaler, au sens propre comme au sens figuré.

II - CEUX QUI MARCHENT À L’ENVERS

Pourtant, rares sont ceux qui refusent en arguant de l’absurde, de l’injuste, du décalé [1] et et de l’abscons, qui s’insoumettent en faisant un pas de côté à l’heure de la grande marche traditionnelle, qui résistent en diffusant un message à contre-courant. Rares sont ceux qui commettent un tel sacrilège, au milieu de la foule abrutie par le savant mélange de normes coutumières, religieuses, publicitaires et consuméristes. Rares sont ceux qui marchent à l’envers comme le jeune prisonnier de Midnight Express, dans la scène centrale durant laquelle ses compagnons de cellules tournent rituellement – en sens anti-horaire – autour du totem de la prison turque. Rares sont ceux qui prennent le risque de troubler le défilé des salamalecs, le sommeil de la raison, le requiem du corps et l’agonie de la Terre. Rares sont ceux qui mettent l’amitié au défi de la douloureuse raison et de l’insupportable vérité : celle d’être pris – et surtout de nous comporter – une fois de plus comme des imbéciles. Rares sont ceux qui reniflent le piège et restent les yeux ouverts, à l’écart des marchands de sable spirituels et matériels. Rares sont ceux qui observent depuis le bord du monde cette période qui en dit long sur notre lâcheté individuelle et sur notre folie collective. Rares sont ceux qui ne se renient pas sous la pression de la foule coutumière.

III - RESTER ASSIS, C’EST SE METTRE À GENOUX

Car, à première vue, il semble faire plus chaud au coeur du troupeau, docilement à l’écoute des bergers et de leurs chiens en uniformes qu’ils soient médiatiques, institutionnels, économiques ou policiers. De même, il paraît plus facile de contempler le monde à travers une petite fenêtre électronique, confortablement installé dans notre joli petit salon feutré rempli de bibelots collectés comme des trouvailles dans les rues marchandes, entouré de murs d’objets semblant personnaliser notre existence et la rendre unique alors qu’il ne s’agit que de lieux communs d’une ringardise avilissante, ridicule et stérile. Contempler le monde à travers son reflet brouillé ou son ombre sans nuance a toujours été le meilleur subterfuge pour ne pas le regarder en face et lui tourner le dos dans une caverne allégorique ou dans une fuite en avant. Tourner le dos à la réalité, c’est en réalité se tourner le dos. Faire face à un monde voilé, c’est se voiler la face. Rester assis, c’est se mettre à genoux.

Il n’y a d’homme que debout. Debout parmi les autres, comme un arbre parmi les arbres, lointain souvenir de la forêt originelle à l’aube préhistorique de l’humanité. Être humain, c’est porter, emporter, incarner l’arbre duquel l’évolution nous a séparé, éloigné, sevré en nous orientant dans la plaine, dans le désert de sens, dans le monde à réinventer, là où il y a tant à vivre, à faire et à être, à condition de se redresser.

IV - NOTRE SOCIÉTÉ FONCTIONNE COMME UN ASILE

Mais il n’y a pas plus grande menace pour qui veut continuer à se dresser dignement, humainement, solidairement, que l’abandon au dressage normatif qui rabaisse, avilit, asservit. Le spectacle assourdissant du monde et l’interminable répétition de ses rites d’aliénés ont exactement l’effet d’un traitement médico-psychiatrique sur la parole, l’imaginaire, la révolte et la création. Un traitement neurasthénique. Notre société fonctionne comme un asile, dans tous les sens du terme. Elle justifie sa légitimité, son intransigeance et ses rigidités non pas pour conduire à l’émancipation et au bonheur de ses membres, mais pour les protéger contre eux-mêmes en entretenant la peur. La peur de tout et de tous.

V - GÉNÉRALISATION DE LA PEUR : CAUSE, MOYEN ET BUT

Loin des belles devises du genre "Liberté - Égalité - Fraternité", notre société n’a pas d’autre fondement que la peur, pas d’autre cause que la peur, pas d’autre but que la peur, car pas d’autre moyen de conserver son pouvoir et sa forme d’existence. Elle justifie sa légitimité, son autorité et sa violence par la peur généralisée. Elle promet de protéger contre les innombrables motifs de peurs qu’elle suscite, entretient, distille et inocule comme une piqûre quotidienne aux effets inhibants. C’est ainsi que la foule de chenilles reste à l’état de chenilles dans la peur absurde et confuse du papillon et de l’oiseau. C’est ainsi que la foule de fœtus reste à l’état de fœtus dans la peur absurde et confuse de l’être humain et du risque inhérent à la vie.

Cette peur, c’est tout simplement la peur du dehors ou plutôt la peur de la potentialité, de l’être au-delà, au-dehors, c’est-à-dire la peur de la liberté. C’est ainsi qu’est bâtie notre société d’aliénés. C’est ainsi que l’asile n’a pas besoin de portes. Car les seules portes sont la parole, l’imaginaire, la révolte et la création.

VI - DYNAMIQUE DE RÉSISTANCE

Mais, tant que les piqûres seront administrées, les rébellions resteront marginales, les désobéissances illégales, les alternatives chimériques et les différences anormales. Tant que les protestations seront parcellaires, sporadiques et isolées, elles resteront inaudibles, fugaces et fragiles. Devenant plus répandues, fortes et persistantes, les différentes formes de protestations seront d’autant plus chassées, défigurées, brouillées, parodiées, mises à l’index et sévèrement punies. Mais, enfin généralisées, synergiques et permanentes, elles seront impossibles à contenir. La résistance est une danse qui devient irrésistible quand se multiplient, fusionnent et jubilent ses danseurs. Dès lors, ceux-là même qui semblaient les moins enclins à agir s’en font une joie. À condition de ne pas se rasseoir par trop d’impatience ou d’épuisement...

L’année 2009 sera peut-être l’an neuf. L’an neuf où le vieux piège sera déjoué, la piqûre refusée et l’asile déconstruit. L’an neuf où les foetus se débattront pour naître. L’an neuf où la vie sera dehors, partout et au-delà. L’an neuf où la parole, l’imaginaire, la révolte et la création seront libérés. L’an neuf où nous n’aurons plus peur.

VII - LE SORTILÈGE DES PERSPECTIVES

La peur trouble, altère, ruine l’espoir. Mais nous n’avons pas besoin d’espoir pour entreprendre, pour lutter, pour résister. Conditionner nos actes à la perspective d’un résultat, c’est s’appliquer une logique de spéculateur. C’est reproduire les cercles vicieux que suivent les cycles coutumiers des troupeaux. C’est suivre, évaluer et attendre. Attendre une initiative d’envergure. Une initiative entraînante. Toujours attendre. Encore attendre. Tel est le piège du calcul de probabilité qui conduit à l’immobilisme et à l’impuissance. Tel est le sortilège qui repousse au lendemain la multiplication des pas-de-côté. Il n’y a pas lieu d’espérer ni de désespérer, mais d’agir chacun sans attendre que le changement provienne d’ailleurs, de plus haut, de plus loin, de plus grand, de plus fort. Il n’y a rien de plus fort que la synergie des faibles en colère. Il n’y a rien de plus grand que le rassemblement des petits décidés à ne plus l’être. Il n’y a rien de plus loin que le dernier pas à accomplir, non pas en avant, mais de côté.

VIII - LE DÉFI DE LA BOÉTIE

Rien ne peut s’opposer à cette désobéissance – qu’elle soit civique, civile, économique ou financière – si les objecteurs se multiplient et se manifestent tour à tour, sans rien céder aux calculs désuets sur des perspectives insondables.

Le changement ne viendra que de nous-mêmes. L’inespéré n’adviendra que si l’on va au-delà de la pure spéculation à son sujet, si l’on se met vraiment en marche vers lui, si l’on choisit d’oser sans croire aux oiseaux – de bonnes comme – de mauvaises augures. Pas besoin de guide pour avancer dans l’inconnu. L’unique homme providentiel de chacun, c’est lui-même. Sa seule famille, c’est l’humanité. Sa seule patrie, c’est la Terre. Tous les gendarmes du monde n’y feront rien.

Le défi de La Boetie reste à accomplir. Quand nous serons résolus à ne plus servir, à ne plus nous servir, à ne plus nous asservir, nous serons libres.

Ελευθερία ή θάνατος !

Yannick Yolountas (Γίαννης Γιουλούντας)

http://www.youlountas.net/spip.php?article350

 

03/01/2009

Les voeux de Pierre Colin

L’alphabet du chaos et du roitelet

2009, l’année du rouge-gorge.

 

Vivre, à la mesure de la terre, comme une ronce sur un mur,

le verbier du printemps, le présent des amants ;

 

Créer, crier, l’urgence de la main qui se tend,

ou du poing qui se lève, noir, jaune, rouge, blanc ;

 

Lutter dans les mots du désert, pour donner vie et sens

aux voix, aux gestes de l’égalité ;

 

Rêver, non d’un monde réenchanté,

mais d’un temps plus fraternel, réel et libéré ;

 

Voter, pour tous les hommes, pour soi, l’avenir, le passé,

l’Histoire, la nuit, le jour, le bonheur, l’orient ; l’occident,

le sud et le nord, la science et la volupté ;

 

Oser l’inespéré[i], ici, là-bas,

en tout lieu et sans différer ;

 

Car le solstice d’hiver est passé, le rouge-gorge a triomphé du roitelet,

Flèche de Bran, qui a mené le monde aux portes de l’obscurité ! [ii]

 

Tous les Roitelets de Terre ont de quoi s’inquiéter :

le rouge est mis, le printemps sera chaud et beau !

 

« Poésie, feu rebelle,

  nous livrons à troupe de choc de la nuit,

  un dur combat :

  notre arme, c’est notre propre visage. »[iii]

 

Bonne année

                                                                              Pierre Colin



[i] Héraclite

[ii] Légende celte

[iii] Hans Cibulka

19/12/2008

Aliki PAPADOMICHELAKI : A la mémoire d'Alexandros Andreas Grigoropoulos

(Traduit du grec par l'auteur)

A la mémoire de Alexandros Andreas Grigoropoulos
Lycéen de 15 ans
Assassiné froidement le samedi 6 décembre 2008 à Athènes
Et en l’honneur des luttes de la jeunesse grecque
Et celles du monde entier
pour un avenir digne des aspirations et des besoins de notre époque

JEUNESSE

Torrent de bruit
Oubli de l’oubli
Démarche maladroite
Lutte droite
Jeunesse

Incendie d’amour
Source de l’humour
Alternance de sentiments
Vitesse du mouvement
Mort de la mort
Lendemain de notre sort
Jeunesse

Hermine de naïveté
Berceau de la beauté
Moment de cruauté
Négation du passé
Jeunesse

Domicile du plaisir
Promesses d’avenir
Elan de parvenir
Angoisse du devenir
Jeunesse

Richesse d’émotions
Victime de déceptions
Adepte de l’abstraction
Source de création
Règne de révolutions
Jeunesse


Aliki PAPADOMICHELAKI ,
Athènes, 12 décembre 2008

(L’auteure du poème fut matraquée et hospitalisée dans un état grve en 1963, à l’époque où la jeunesse étudiante grecque manifestait en faveur des quinze pour cent du budget national  pour l’enseignement..
Aujourd’hui, ce budget de l’enseignement en Grèce reste comme dans d’autres pays d’Europe au dessous de cinq pour cent. Les étudiants luttaient aussi pour le respect de l’article 114 (et dernier) de la Constitution qui soulignait depuis l’instauration de l’Etat i ndépendant  au 19ème siècle : « L’application de cette Constitution repose sur la mobilisation du peuple grec ». 

21/11/2008

Confluence au Garage Donadieu, Cahors : Thomas Sabourin

 

Le Garage Donadieu

arts visuels - arts vivants

sabourin-angle2.jpg

 


Bonjour,

Dans le cadre des "cartes blanches à ...", le Garage Donadieu a le grand plaisir d¹accueillir le plasticien Thomas Sabourin et ses arbres invités. Ils investiront les lieux du 29 novembre au 7 décembre pour une Confluence nommée «Dans les coins».

Le vernissage de la manifestation aura lieu le samedi 29 novembre à partir de 18h30 au Garage Donadieu - 15 rue Donadieu - 05 65 21 14 47 en présence de l¹artistes et de ses invités. Pour cette avant-dernière manifestation de l'année, nous espérons avoir l'avantage de vous y recevoir.

Pour venir au Garage Donadieu : http://www.quinze-donadieu.org/garage-venir.jpg

Horaires : mardi au vendredi 16h à 18h30 - jeudi ouverture supl. 12h30 à 14h - samedi et dimanche 15h à 18h30

En pièce jointe le dossier de présentation en pdf.
Le site du Garage Donadieu : http://www.quinze-donadieu.org


A noter sur vos agendas : L'expo-vente d'oeuvres originales à moins de 150 euros "Petites oeuvres d'artistes" réunira Cathy Garcia, Pascale Bas et Françoise Utrel les 19, 20 et 21 décembre au Garage Donadieu.


Cordialement,

Michel BRISSAUD

 

 

SUR LES ARBRES par Thomas Sabourin
Raymond.Queneau disait que « Dieu n'aime pas le piano », je vais dire pourquoi à mon sens, les mataphysiciens n'aiment pas (ou ne devraient pas aimer) les arbres. L'exposé qui suit est un parfait a posteriori dont l'a priori fut « l'arbre en miroir » visible dans le jardin de l'Atelier blanc. J'insiste sur ce point de méthode qui reflète à mon sens une question de nature : il en va dans cet ordre des actions, de la nature de ce que l'on conviendra d'appeler -au sens le plus large- une « oeuvre d'art ». Il ne s'agit en fait pas pour moi de donner une « image », pire, une illustration, d'une pensée préalable, mais bien dans une pensée a posteriori de chercher à m'aventurer par la pensée dans ce que j'ai bien pu faire avant d'y penser. C'est un exercice de l'ordre de l'interprétation des rêves : il s'agit de découvrir les sentiments qui sont investis dans une projection de l'imagination, de découvrir ce que j'éprouve à l'épreuve de cette production. C'est pourquoi une remarque s'impose encore : il ne s'agit pas ici de donner des « clefs » de compréhension, de livrer le paradigme d'une symbolique qui serait cryptée dans une oeuvre, mais bien de s'intéroger sur le sentiment précis qui, m'unissant à telle chose, en l'occurrence ici, les arbres, a pu me conduire -à partir de ce sentiment- à produire une « image » (au sens large de production de l'imagination ). La question est donc : quel sentiment des arbres me conduisit à proposer au regard de mes contemporains une chose telle que cet « arbre en miroir »? Ce sont ces sentiments qui peuvent produire une pensée, et non une pensée qui précédant le « faire » le conditionnerait en le projetant. L'oeuvre d'art doit être grosse d'une réserve de pensée encore indistincte, grosse d'une variété indéfinie d'interprétations possibles, bref, elle se doit d'être l'ouverture des possibilités. Le langage informatif dit quelque chose de quelque chose, une production de l'imagination constitue le dire dont tout autre langage dira par la suite quelque chose. La poésie doit pouvoir proférer des énormités dont ni la science ni la philosophie n'ont encore idée, et comme E.A.Poe qui imaginait que la nuit est noir parce que la lumière des étoiles n'a pas le temps de nous parvenir bien avant que cette idée ne prenne place dans les théories de la physique moderne, il n'est pas dément de penser que les astres, soleils et étoiles, de Van Gogh, soient à l'origine de l'invention de la manière moderne de stoker le fourage, en bales spiralées (c'est une évidence pour qui a vu au moins une fois ces bales de paille dans le crépuscule du Vexin près d'Auvers). {...}


Découvrir d'autres travaux de Thomas Sabourin : http://www.taysse.fr

sabourin-projet.jpgINFORMATIONS PRATIQUES

Exposition ouverte du dimanche 30 novembre au dimanche 7 décembre 2008 (voir lien vers horaires - bas de page)
Vernissage : samedi 29 novembre à partir de 18h30 en présence de Thomas Sabourin

Lieu : Garage Donadieu - 15 rue Donadieu - 46000 Cahors - (voir lien vers plan - bas de page)
Contact : Michel Brissaud - 05 65 21 14 47
Photos : © Thomas Sabourin / quinze donadieu

 

sabourin-coins.jpg

 

 

19/11/2008

QUE RESTE-T-IL DES CONQUÊTES POUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ?

Suite à une actualité de plus en plus inquiétante pour les libertés, l’Association des Cyber-Journalistes et La gouttière vous invitent


VENDREDI 21 NOVEMBRE 2008 - PARIS XIVe
19H-20H30 Maison des associations du XIVe (grande salle)
22 rue, Deparcieux (Métro Gaité ou Denfert-Rochereau ; Bus 68 ou 38) - entrée libre

« 1968-2008 : QUE RESTE-T-IL DES CONQUÊTES POUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ? »

Débat public avec Alain-Gilles BASTIDE,  Michel SITBON et Yannis YOULOUNTAS

- Alain-Gilles BASTIDE est photographe, réalisateur, journaliste citoyen, président-fondateur de l’Association des Cyber-Journalistes, co-fondateur de Zaléa TV, co-réalisateur avec Olivier Azam du film Télégitime défense (Désentubages cathodiques, Zalea TV)
- Michel SITBON est éditeur (Dagiorno, L’esprit frappeur, Éditions du Lézard), auteur de Plaidoyer pour les sans-papiers et Un génocide sur la conscience (L’esprit frappeur) et président de l’Association des Cyber-Journalistes
- Yannis YOULOUNTAS est philosophe, poète, auteur d'articles sur la liberté d'expression et la manipulation médiatique, du roman Les Lèvres d’Athènes (La gouttière, 2008) et de Poèmes ignobles (La gouttière, 2005, nouvelle édition 2008) qui suscite une polémique, notamment à cause de sa nouvelle couverture… (voir débat sur http://www.revoltes.net)

À noter : 4 autres rencontres avec Y.Y. à Paris du 20 au 23 novembre (UNESCO, Librairie Publico, Café des Phares, Café du Bon Pêcheur). Tous les détails et sujets abordés : http://www.youlountas.net/spip.php?rubrique49

14/11/2008

Deux lettres ouvertes à Hortefeux


podcast
Deux femmes, deux lettres ouvertes à Brice Hortefeux, elles sont lues par Jeanne Moreau