05.12.2009

Sacré Myspace !

 

Bonjour Cathy G !

Regarde qui a bientôt son anniversaire le mardi 8 décembre ! Voir tous les anniversaires à venir

 

 

Alors n'oublions pas de souhaiter mardi un bon anniversaire à Jim Morrison !!!

The+Doors+Jim+Morrison.jpg

23.10.2009

sur mon visage

Je te le demande comme un service

 

Le jour

où je marcherai

sur les premiers bleuets

sans frisson ni sourire

pour la beauté sauvage

des mauvaises herbes

n’hésite pas à essuyer

le cul de ton chien

sur mon visage

 

Thomas Vinau

Lieu du larcin : Microbe n°53

20.09.2009

A tous les reconduits de Ernest Pépin

Fils des murailles
      Nous avons transporté les bosses du désert
      Jusqu'aux portes du refus
      La terre sous nos pieds déroulait ses frontières
      Hissait des barbelés
      Et refusait nos mains de pèlerins
      Les passeurs cassaient nos âmes
      Nos corps marqués au fer du soleil
      Nos langues sèches de barbares errants
      Et froidement tétaient l'argent de nos exils
      C'est l'heure d'une folie douce
      Nos genoux ont balisé l'enfer
      Notre faim a mangé la poussière
      Et nos silences ont grimpé la tour de Babel
      C'est l'heure d'une folie douce
      Là-bas
      La ville amarre la misère
      Le visage de l'épouse allume une feuille morte
      L'enfant qui naît enjambe l'avenir
      Là-bas la mort embarque les jours
      Et les nuits dévorent la chair des étoiles
      Nous sommes d'un long voyage
      Un voyage d'ancêtres au cœur maigre
      Un voyage de sauterelles affamées
      Un voyage de pays sous perfusion
      Un voyage d'ombres sans corps
      Nous sommes de ce voyage
      Où les nuits font contrebande de chair
      Où les jours ont honte de leur soleil
      Où les hommes quémandent le droit de respirer
      Nous sommes de ce voyage
      Nos yeux chavirent comme des pirogues blessées
      Nos mains dénouent le nombril des vents
      Et nul arbre n'accueille l'ombre de nos rêves
      Partir n'est pas partir
      Quand les murs sont vivants
      Partir n'est pas partir
      Quand l'oiseau est sans nid
      Partir n'est pas partir

      Quand la terre se cloisonne
      Dans la peur des peuples
      Nos pas effraient la tour Eiffel
      Les capitales repues du sel des colonies
      Les usines à chômage
      Les bourreaux d'arc-en-ciel
      Les bourses mondialisées
      Et les marchands de peau
      Nos pas dérangent la marche du monde
      Nos pas vont en fraude supplier l'horizon
      Ils ne savent pas ouvrir les monnaies de l'accueil
      Et ils s'en retournent humiliés
      D'avoir à retourner
      Au seuil de nous-mêmes
      Est-ce la peau qui refoule
      Est-ce l'homme qui dit non
      Nous sommes les arpenteurs du refus
      Les déserteurs sans papiers
      Les capitales ont tissé nos douleurs
      Et leurs lumières sont des flocons de sang
      Des feux rouges sans paupières
      Des enseignes interdites
      Insectes saisonniers
      Nous jouons
      A recoudre l'espace
      Derrière l'incendie
      Nous jouons des jeux de prisonniers
      Le monde entier est notre prison
      Et nous jouons nos vies
      Au casino des riches
      Voici venue la saison des fleuves vides
      Voici venue la saison des barbelés
      Voici venue la saison des marées humaines
      Voici venue la saison des esclaves volontaires
      Même le village a mangé son midi
      Et nos villes drapées dans la poussière
      Sortent des seins maigres comme des aiguilles
      Ô pays !
      Nous avions rendez-vous avec les pays du rêve
      Avec une autre géographie
      Avec les grandes puissances de l'or et de l'euro
      Leurs villes sont des vallées de miel
      Des cornes d'abondance
      Et leur pain quotidien récite sa prière
      A l'ombre des cathédrales
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la faim
      la faim n'a pas de passeport
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la vie
      la vie n'est pas une marchandise
      Nous n'avons rien à déclarer sinon l'humanité
      L'humanité n'est pas une nationalité
      La misère ne passe pas
      Passager clandestin
      Elle retourne au pays
      Nos sandales ont usé les nuits
      Nos pieds nus ont écorché les dunes
      La rosée pleurait une terre inhumaine
      Et nos mains mendiaient une autre main
      Les drapeaux ont peur de leurs promesses
      Ils se sont enroulés comme des scolopendres
      Notre soif est retournée au feu de notre gorge
      Et la vie nous a tourné son dos
      Tout homme qui s'en va défie l'entour
      Dessouche une nation
      Et lézarde une étoile
      Et dans ses yeux grésillent une autre vie
      Son feuillage est d'outre-mer
      Quand tout au loin luit son désastre
      Il fait troupeau vers les quatre saisons
      Il fait tombeau aux bornages
      O nègres marrons !
      Ce sont forêts de béton et d'arbres chauves
      Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
      En un seul bloc de froidure
      Dessous le ventre de l'avion
      Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
      Souviens-toi
      Et toi reconduit
      Econduit
      Déviré
      Jeté par-dessus bord
      Taureau d'herbe sèche
      Regarde toi passer sur ta terre
      Les yeux baissés
      Et sur la joue le crachat des nations
     
      Ils ont faim du soleil
      Mais le soleil a faim aussi
      (Parole de poète)
      Demande-toi où est ton lieu
      Ton seul lieu d'accueil
      Tu inventeras ta terre

Lamentin le 29 octobre 2006

Lieu du larcin : http://www.montraykreyol.org/spip.php?article93

 

01.03.2009

nous pourrons alors parler poésie

qui dit que mes poèmes sont des poèmes?
mes poèmes ne sont pas des poèmes
si vous comprenez que mes poèmes ne sont pas des poèmes,
nous pourrons alors parler poésie

Ryokan in le moine fou est de retour

Ryokan (1758-1831), poète et moine zen. "Un homme oisif à une époque de paix" comme il se définissait. Il vécut une grande partie de sa vie dans l'ermitage Gogo an, au sommet du mont Kugami, au bord de la mer du Japon. Le rencontrer c'est, disait-on, "comme si le printemps arrivait par une journée d'hiver obscure".

Lieu du larcin : site des éditions Moundarren http://www.moundarren.com/

23.02.2009

Les mots...

On a beau contre eux
Multiplier les prisons
Mobiliser les censures
Les mots…
 
Il y a déjà plus assez de baillons
Les garrots font défaut
Et jaillissent à nouveau comme un fleuve
Les mots…

 
Jean-Claude Mulleman In Les mots

Lieu du larcinA Marcos Ana Encres Vives n°41 (1964)

Comme un soleil à partager

Regard des peuples dont la guerre se souvient
Regard des histoires mortes sous l’écorce des défaites
Qu’un pont de mémoire rassemble leurs vignes
Et leurs vagues aux crêtes du sang humain
 
Regard de vive vallée où la rivière déplie son rêve
Regard fertile des peuples du désert
Quand le vent lève l’ondulation des femmes
Regard d’un outremonde à la croisée des couleurs
Délivre-nous des murailles et des digues
Contre les racines de l’arc-en-ciel
Regard des antilopes et des gazelles
Où l’amour prend sa source et sa gorgée de bleu
Où le poème prélève son huile et le feu de son rhum
Regard des découvreurs, des prophètes et des fous
Faisant du monde un seul troupeau
Un seul vaisseau luisant d’étoiles
Habille les terres de voiles multicolores
Et de courants fraternels
 
Poète de la vigie, du minaret, de la tour de Babel
Tressant les langues au fleuve de toute vie
Sache que même la haine a besoin du regard.
Regard du vertige de l’autre et du graffiti des miroirs
Regard du mensonge de la sève pure
Regard des cavaliers tenant la bride de l’éclair
Ouvre la terre aux rayons de l’amour
Comme un soleil à partager.
 

 
Ernest Pépin (Guadeloupe) in Regards de feuillage


Lieu du larcin : la revue Point Barre n°5, octobre 2008
 

09.02.2009

la tête de ses os épars pillés

Dans la ville à front ridé,

Dans la ville des fumées,

 

Veillent de sourds marteaux-piqueurs,

Des hies tremblantes,

Dures d’oreilles,

 

Entre les mains dures de cals

De potentats déchus de leur trône de paille,

 

Rois en exil des sables,

Des vents,

Grands manitous qui ne manient plus rien

 

Que la défonce à front de bitume,

Aux vertèbres de papier.

 

 

(…)

Barbelés, miradors, camps de tôle,

Des ventres affamés, des noyés,

Un océan de noyés,

Des électrocutés,

Des cadavres,

Des montagnes de cadavres

Occultés.

 

Des portes, des cadenas, des serrures.

 

Pas de clé, pas de clé, pas de clé.

 

 

(…)

Grands nuages de la faim, morcelés,

Souffrant nuages de la douleur sans nom,

Passants d’un autre monde sitôt oubliés,

 

Si riches d’espérances, de lendemains

Qui hantent,

 

Nuages fracassés.

 

 

(…)

La piste comme au cirque. Un grand rond plein d’accessoires.

Des bêtes féroces, des jongleurs, des clowns, des illusionnistes.

Des néons éblouissants jour et nuit. La piste mais sans sciure,

Sans bravos. Déguisements blancs, bleus, noirs, gris, verts,

Uniformes de flic, de matons, de trouffions, de pompiers,

Complets, gris, noirs, bleus, cols blancs des servitudes

 

 

 

(…)

Hommes-lierre, hommes-galets, sans angles, sans arrêtes,

Dévorés par les rouilles fugaces de la modernité,

Roulant avec le flot jusqu’à votre embouchure inexorable.

 

Hommes-galets,

Dans les murs de la peur journalière,

Hommes-lierre, accrochés à vos rêves effilochés,

Nourris par les écrans de la réalité virtuelle,

 

Vous acceptez l’abominable, parce que les images,

Les voix qui sont censées savoir vous ont affirmé,

(et vous les croyez), que l’inacceptable doit être accepté

Comme l’hiver succède à l’automne, l’automne à l’été.

 

Hommes de peur, de sang, consommateurs conditionnés,

Sommés chaque jour de consommer plus de dérisoire,

Vous avez trop longtemps accepté avec naïve confiance,

De confier vos pauvres vies à la cupidité, au mensonge.

 

 

(…)

Ensemble vide

Pris aux mots des faiseurs de miracles,

 

Collé aux murs de leurs phrases lisses,

Au dérisoire bancal du sens abâtardi, 

 

Avenir inexistant,

Entre-deux virtuel,

 

Passerelle d’ondes multicolores

Sur laquelle vous boitez en aveugle,

 

Sanglés dans les reflets,

Dormant les yeux ouverts.

 

 

(…)

Et dans son lit de vénalité,

L’instantanée putain détourne

La tête de ses os épars pillés.

 

 

 

Jean Gédéon in La ville, le peuple du désastre

 

 

Lieu du larcin : Crispations (Encres Vives, coll. Encres Blanches n° 357, février 2009)

11.01.2009

quand je gisant menu...

Quand écrire ne suffira plus, ni sa clarté, ni son fouillis, ni les images retournées du corps à secourir. Quand j’aurai raté de peu la vie délicate dans ce coin du monde, ce trottoir doucement inquiet, les jeunes gens, le soleil de biais, la marche lente.

 

(…)

Quand je serai cloué pour de bon à cette ville, lavé de toute enfance, nu, cherchant dans la grande avenue commerçante un morceau de ma clavicule ou de mon sein ; criant, marmonnant, parlant…

 

(…)

Et que j’aurai rejoint dans le plus grand des silences cette confrérie, dans ma ville, des sans logis, sans famille, sans merveilles de l’orient en poudre et sachets, sans guenille, sans histoire. Quand je serai cette ville. Quand je sauterai de haut, et disparu, démuni du fiel, et cousin du safran ou du pin, aimé, chéri.

 

Quand je gisant menu…

 

Alexandre Vallasidis in Quand je gisant menu…

 

Lieu du larcin : Traversées 52 - automne 2008

27.10.2008

trop occupés à péter le mur

Quand il suffisait d’un câlin

Que nous cherchions et qui était là

Depuis toujours et à jamais

Juste derrière la cloison

Dont nous avions perdu la porte

Trop occupés à péter le mur

 

Beb Kabahn

 

Lieu du larcin : Traction Brabant

23.04.2008

punaise de moinillon

Va-t-en lui disais-je gueule de flic, gueule de vache,
va-t-en, je déteste les larbins de l'ordre et les hannetons de
l'espérance. Va t'en mauvais grigri, punaise de moinillon
.

Aimé Césaire
ce sont les première phrases de Le Cahiers d'un retour au pays natal...

Lieu du larcin : mail de Gérard Schrack http://www.poesie.net

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