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13/02/2009

Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri

Mise en ligne le : 12 février 2009

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a poursuivi son enquête sur les 1000 bombes guidées GBU-39 livrées à Israël par les États-Unis quelques semaines avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza. Cette enquête confirme l’essentiel des allégations initiales de l’association.


 

Dans un article publié le 4 janvier 2009 sur son site www.acdn.net, article largement diffusé et repris par de nombreux sites, ACDN dénonçait l’emploi de bombes GBU-39, dès le début de « Plomb durci », par l’armée de l’air israélienne, en affirmant qu’elles contenaient de l’uranium appauvri. Métal radioactif et poison chimique, l’uranium appauvri, lorsqu’il est inhalé ou ingéré sous forme de micro- ou nanoparticules, s’attaque à l’ADN des cellules et au génome humain. Utilisé pour durcir des munitions, il est pyrophorique (incendiaire) à l’impact, mais aussi gravement pathogène, cancérigène et tératogène à moyen et à long terme. Employer de telles armes au sein d’une population sans tenir compte de ces effets bien connus de l’UA, c’est prendre sciemment le risque d’un génocide. D’où le titre de l’article du 4 janvier : A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé, et l’appel d’ACDN à cesser le massacre.

Réactions

La « communauté internationale », officielle comme antinucléaire, ne semblant pas réagir à ce cri d’alarme, sinon pour le mettre en doute, ACDN a constitué et publié dès le 14 janvier un dossier plus complet sur les GBU-39 Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier. Le 18 janvier, le cessez-le-feu venant d’être proclamé par Israël, le président d’ACDN écrit au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, pour lui demander d’ouvrir au plus vite une enquête sur la présence de matières radioactives dans la bande de Gaza et de prendre, s’il y a lieu, des mesures d’urgence pour neutraliser si possible ces matières ou du moins protéger les Gazaouis et leurs voisins de la radioactivité. Il suggère de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiétent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». C’est en effet ce que le Dr Mads Gilbert, l’un des médecins norvégiens travaillant à l’hôpital Al-Chifa de Gaza, avait affirmé dès le 31 décembre 2008. Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

A ce jour (12 février 2009), l’AIEA n’a pas encore remis de rapport. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien a assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier, en se repliant sur une deuxième ligne de défense : "ce sont des armes autorisées". Oui, tout juste tolérées, mais pas sur des civils.

Sans attendre les résultats d’expertise de l’AIEA, ACDN a poursuivi son enquête sur les GBU-39, et abouti à rassembler les précisions suivantes.

Précisions

De « source bien informée », les GBU-39 livrées à Israël représentent une toute nouvelle génération de bombes guidées. Leur enveloppe est constituée d’un alliage métallique C/UA à base d’uranium appauvri (80 %), dans lequel le tungstène est remplacé par du carbone (20 %). A première vue, le carbone peut sembler plus fragile et plus friable que le tungstène, donc moins recommandé pour entrer dans la composition d’une enveloppe métallique chargée d’assurer la pénétration des bombes en profondeur, dans un terrain, un immeuble ou un bunker, à travers du béton armé et d’autres obstacles multiples et résistants. En fait, c’est l’inverse.

D’une part, en effet, il s’agit d’un carbone très particulier, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos, en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée, qui a mis au point un nouveau "type de carbone" à structures moléculaires renforcées : les fullerènes. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire et se mélangent aisément à d’autres métaux, en l’occurrence l’uranium appauvri.

D’autre part, la « friabilité » du carbone permet d’obtenir un alliage métallique formant des milliers d’échardes, selon un tout nouveau procédé de fabrication qui fait intervenir ce qu’on nomme le "frittage fragmentaire". Le métal (alliage 20/80 C/UA) ne présente pas une véritable "masse homogène" ; un réseau de microfissures volontaires facilite sa fracture en éclats minuscules ou « échardes de métal », dont le « rayonnement » se trouve en outre renforcé par le type d’explosif utilisé dans les GBU.

Selon les dernières informations obtenues par ACDN, la charge explosive des GBU-39 utilisées par Israël lors de l’opération « Plomb durci » ne serait pas de même composition que le DIME (Dense Inert Metal Explosive) qui se trouve, à raison de plus de 80 kg par unité, dans les Mk-82, des bombes de 500 livres ayant servi de base aux GBU-39, et qui ont aussi été utilisées à Gaza. La confusion entre les deux est possible, et le sort des victimes, quasiment identique. L’explosif de ces GBU-39 serait une nouvelle formulation de perchlorate (produit hautement cancérigène) avec un ajout de poudre de carbone micromolléculaire (à la place de l’alumine) et d’un « booster » à base de poudre d’UA. Le rôle de cet explosif hyper puissant est d’assurer une grande vélocité aux "échardes de métal", lesquelles s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique, mais seulement après impact sur leur « cible », où le frottement fournit l’élévation de température nécessaire. "Préformatées en forme d’aiguilles", les minuscules échardes s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre (de 0,85 m à 1,15 m). Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées... et ce en raison des "mini impacts largement répandus autour de la cible".

Les GBU-39 utilisées lors de l’intervention israélienne, ont une propriété supplémentaire : elles disposent d’un système de mise à feu complémentaire qui force l’explosion en cas de mauvais fonctionnement du système primaire d’armement à l’impact. La bombe explose donc de toute façon dans les secondes ou les minutes qui suivent son contact avec la cible, quelle que soit celle-ci. Ainsi, le matériel est-il assuré de disparaître après intervention. On ne pourra trouver aucun reste de GBU-39, ni intacte, ni en morceaux. Juste un peu de poudre noire.

Ces nouveaux matériaux composites, les autres caractéristiques des GBU déjà décrites dans nos articles précédents, et l’ensemble du dispositif de mise en œuvre, assurent aux GBU un "service multiple" de destruction et de morbidité : - pénétration en profondeur des cibles les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;

  explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;

  explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu a échoué ;

  destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;

  projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;

  crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;

  chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;

  réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;

  contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;

  atteintes au génome de la population cible. L’innovation meurtrière des marchands d’armes défie l’imagination. Tout comme leur capacité à faire disparaître l’uranium appauvri de leurs nomenclatures, à esquiver les questions embarrassantes, voire à se trouver des alliés inattendus.

L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN a demandé au Ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y avait ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère - qui n’est toujours pas arrivée - il a posé au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du Ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il a reçu cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » ("Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility.")

Cependant, malgré ses allures de démenti, cette réponse n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. S’il fallait remonter la piste de l’uranium appauvri présent dans l’enveloppe des GBU-39 jusqu’aux lieux où il est fondu en alliage et où la coque est usinée, sans doute faudrait-il s’adresser d’abord aux laboratoires de l’armée américaine (en particulier à ceux de Los Alamos, en pointe dans la métallurgie et les nano-technologies), à la firme Westinghouse qui fournit l’uranium des centrales nucléaires, ou encore à l’un de ses sous-traitants. Gageons que le « secret défense » ou le « démenti » pur et simple trouveront alors à s’exercer. Aux Etats-Unis comme ailleurs, ce sont les militaires qui financent, gèrent et contrôlent tout ce qui a trait aux armements. Y compris par le mutisme ou la désinformation.

Retour à l’humain

Phosphore blanc, DIME, tungstène, uranium appauvri... Les médecins pensent différemment des militaires et de leurs donneurs d’ordres. Seulement soucieux d’humanité, les chirurgiens présents à Gaza ont décrit les effets sur les victimes des "nouveaux types d’armes" employés : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre... Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »

Et comment qualifier cette "guerre" qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un "tir ami", et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Un crime contre l’humanité, donc ? Israël, en tout cas, est allé trop loin.

Une guerre trop loin.

Les prochains responsables israéliens devront, dans leur propre intérêt et dans celui de leur peuple, se hâter de reconnaître -indépendamment du Hamas, qui le devrait aussi- et réparer, si tant est qu’ils soient encore réparables, les dommages humains, écologiques, économiques et politiques subis du fait de "Plomb durci" par les Palestiniens - ainsi que ceux subis par les Israéliens eux-mêmes, par effet boomerang.

Si Israël n’y vient pas de lui-même, il faudra que la justice et la "communauté internationale" l’y obligent. Sinon, ce sera la porte ouverte à toutes les folies militaires, massacres nucléaires compris.

Nous en appelons au bon sens, au sens de la justice et à l’humanité de chacun.


Enquête : Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri" ⓒACDN, 12 février 2009.

Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : www.acdn.net, d’activer les liens et d’en informer la rédaction.


Signer la pétition pour l’abandon et l’interdiction universelle des armes à UA

http://acdn.france.free.fr/php_petitions/index.php?petiti...

 

03/02/2009

Le violoniste dans le métro

Histoire vraie qui fait réfléchir...
 

Un musicien de rue était debout dans l'entrée de la station L'Enfant Plaza du métro de Washington DC. 
Il a commencé à jouer du violon. 
C'était un matin froid, en janvier dernier. 
Il a joué durant quarante-cinq minutes. 
Pour commencer, la chaconne de la 2e partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. 
A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot.

Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. 
Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant.
Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. 
Quelques minutes plus tard, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher.. 
Il était clairement en retard.

Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. 
Sa mère l'a tiré, pressée mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. 
Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. 
Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. 
Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. 
Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.

Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. 
Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. 
Il a récolté 32 dollars. 
Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. 
Personne n'a applaudi.  
Une seule personne l'a reconnu, sur plus de mille personnes.

Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. 
Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars !
Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

C'est une histoire vraie. 
Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. 

Les questions étaient :  
  • dans  un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la  beauté ?
  • Nous  arrêtons-nous pour l'apprécier ?
  • Pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte  inattendu ?


Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : 
si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses exceptionnelles passons-nous ?

Source (et vidéo) :

http://blog.zwatla.com/violon/2008/09/30/joshua-bell-dans...

 

 

21/01/2009

Investiture d'Obama : Glissade à Wall Street. où sont passés tous les créanciers ?

«Quand donc serons-nous ?»

par Michel Chossudovsky

 

 

Sous-titre «Quand donc saurons-nous ?» :  «When Will We Ever Learn?» : phrase tirée d'une chanson «Where Have all the Flowers Gone» composée par Pete Seeger

Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

Une atmosphère d'espoir et d'optimisme prévaut dans tout le pays. Le régime Bush est parti. Un nouveau Président est à la Maison Blanche.

 

Pendant que les États-Unis ont les yeux rivés sur la télévision diffusant en direct l'investiture présidentielle de Barack Obama, les marchés financiers dérapent.

 

Une grande « correction du marché » s’est produite. À l’abri des yeux du public, pratiquement inaperçue, s’est déroulée une nouvelle étape de la crise financière.

 

Immédiatement après l'investiture, le Dow Jones a plongé, affectant largement le cours des actions des plus grandes institutions financières.

 

La valeur de la cote boursière des grandes banques de Wall Street a fortement baissé. Royal Bank of Scotland a chuté de 69 pour cent dans les échanges à New York.

 

Cotes apparentés

Symbole

Cours

Change

Bank of America Corp

5,10

-2,08

Bank of NY Mellon CP

19,00

-3,96

Citigroup Inc

2,80

-0,70

Fifth Third Bancorp

4,22

-1,21

JP Morgan Chase & Co

18,09

-4,73

Source : Yahoo

 

Les déboires et la valeur comptable des pertes des grandes banques étaient connus bien avant la cérémonie d'investiture du Président Obama.

 

Alors, pourquoi maintenant ?

 

L'investiture du président Obama devrait donner confiance aux marchés financiers. Il s’est produit exactement le contraire.

 

Il n'y avait rien de spontané ni d’accidentel dans l’effondrement des valeurs boursières des banques.

 

Le discours du président Obama à l'extérieur du Capitole avait été rédigé à l'avance. Son contenu était soigneusement préparé.

 

Le président Obama a fait une référence explicite aux malheurs de l'économie mondiale, tout en soulignant que : « sans un œil vigilant, le marché peut échapper à tout contrôle. »

 

M. Obama a prévenu du fait que la reprise économique pourrait être difficile et que la nation doit choisir « l'espoir à la peur, l'union pour l’objectif au conflit et à la discorde » afin de surmonter la pire crise économique depuis la Grande Dépression. (Associated Press, 20 janvier 2009)

 

Il y avait de grandes attentes à Wall Street. De nombreux courtiers de Wall Street, qui n’avaient pas connaissance du contenu du discours d’Obama, avaient « parié » que les déclarations du président Obama contribueraient à stabiliser les marchés financiers.

 

Ceux qui ont rédigé le discours d’Obama étaient pleinement conscients de ses éventuelles répercussions financières.

 

Les grands espoirs sur le détail de la manière dont la nouvelle administration abordera la montée de la crise bancaire et l'économie défaillante ont été refroidis après le discours d'investiture. (Reuters, 20 janvier 2009)

 

Ce n’est pas un hasard si le président de la Securities and Exchange Commission, Christopher Cox, nommé par Bush en 2005, a démissionné le jour même de l'investiture présidentielle, entraînant un grand vide pour l'adoption des décisions cruciales de la réglementation financière. Son successeur, Mary Shapiro, ne prendra ses fonctions qu’au terme des longues auditions d’approbation au sénat.

 

Ceux qui avaient une connaissance préalable, et/ou avaient obtenu des informations, du texte du discours d'Obama, et qui avaient la possibilité de « mettre le marché en mouvement » au bon moment et au bon endroit, avaient tout à gagner dans la conduite de grandes opérations spéculatives sur les marchés boursiers et des échanges de monnaie.

 

Des opérations spéculatives de ce genre étaient-elles planifiées à l'avance pour le 20 janvier ? (Voir la vidéo)

 

Y a-t-il eu un effort concerté et délibéré pour « court-circuiter le marché » le jour même de l'investiture présidentielle ?

 

Sur les marchés des changes, le mouvement a été inversé, le dollar US était en hausse, l'euro, la livre sterling et le dollar canadien en chute libre. Le gouverneur de la Banque centrale du Canada a choisi la date de l'investiture présidentielle pour annoncer la réduction du taux directeur, apparemment dans une « enchère pour stimuler l'économie et relancer le prêt au consommateur et aux entreprises. » Impact : la valeur du dollar canadien a diminué de façon spectaculaire par rapport au billet vert. 

 

Où sont allés tous les créanciers ?

 

Les plus grandes institutions financières seraient en eaux troubles et endettées envers des créanciers anonymes. Depuis le déferlement de la crise financière, l'identité des créanciers reste un mystère.

 

Au fil des ans, l'establishment financier privé a instauré des hedge funds (fonds de placement, littéralement fonds de couverture et/ou spéculatifs) toujours enregistrés au nom de particuliers fortunés. De grandes richesses ont été transférées des grandes institutions financières vers ces hedge funds appartenant au privé, qui échappent largement à la réglementation gouvernementale.

 

Pourquoi les banques sont-elles endettées ? Envers qui ? Sont-elles les victimes ou les bénéficiaires ? Sont-elles les débiteurs ou les créanciers ?

 

Au fil des ans les plus grandes banques des États-Unis se sont séparées d’une partie de leurs bénéfices excédentaires en faveur de divers groupes de mandataires financiers : hedge funds, comptes dans les paradis fiscaux sous les tropiques, etc.

 

Bien que ces transferts de milliards de dollars soient transférées par voie électronique d'une entité financière à une autre, l'identité des créanciers n'est jamais mentionnée. Qui ramasse ces dettes de plusieurs milliards, qui sont les principaux responsables de la manipulation financière ?

 

Selon toute probabilité, l'effondrement de la valeur boursière des actions bancaires était connu d'avance. Les banques avaient déjà transféré en toute sécurité leur butin dans un paradis fiscal.

 

Les banques sont en grande difficulté après avoir reçu les centaines de milliards de dollars de l'argent des opérations de sauvetage.

 

Où est passé l’argent des opérations de sauvetage ? Qui encaisse les multi-milliards de dollars de l’argent des opérations de sauvetage du gouvernement ? Ce processus contribue à une concentration sans précédent de la fortune privée.

 

La presse reconnaît l'existence des milliards de dollars de la « dette interbancaire. » Mais pas un mot n’est dit sur les créanciers.

 

Il y a un créancier pour chaque débiteur.

 

Est-ce de l'argent que les élites se doivent à elles-mêmes ?

 

En fin de compte, ceux qui détiennent ces billions vont, à leur façon, «recoller les morceaux». Leur énorme fortune monétaire sera convertie en actifs par des acquisitions d’entreprises en faillite.


 

 

 

Le réveil au lendemain de l’investiture présidentielle  

Et, au lendemain des espoirs et des promesses de l'investiture présidentielle, la classe moyenne étasunienne qui avaient investi dans des actions bancaires « sûres » en viendra à réaliser une fois de plus qu’une partie de ses économies de toute une vie ont été confisquées.  

 


Texte original en anglais : Obama Inauguration: Slide on Wall Street. Where have all the Creditors Gone?..., publié le 20 janvier 2009.

Traduction: Pétrus Lombard. Révisée par Mondialisation.ca.

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur d'économie à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 11 langues).    

Téléphones portables, gadget de destruction massive : les preuves

Les preuves scientifiques définitives des dangers pour la santé de la téléphonie mobile (téléphone portable, antenne-relais, WiFi, Wimax, Bluetooth, DECT...) : le Rapport BIOINITIATIVE
http://www.robindestoits.org/Les-preuves-scientifiques-de...

Combien de temps encore avant que vous balanciez ces merdes ???

 

19/01/2009

Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier

Pour lire un dossier très complet sur le sujet ainsi que sur l'utilisation : http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=4...

je vous mets ici simplement la conclusion, mais il est important de tout lire

Conclusion

Aujourd’hui, la charge de la preuve n’appartient plus aux simples citoyens ou aux observateurs civils. C’est aux armées israéliennes, américaines, françaises, russes et autres de démontrer qu’aucune des armes qu’elles emploient n’est radioactive. Car ce sont, répétons-le, des armes triplement criminelles : en tant qu’armes de guerre ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.

Et c’est aux journalistes, aux scientifiques, aux institutions internationales d’enquêter sur place pour faire la lumière. En fait, on devra chercher à Gaza, une fois revenue « la paix », non seulement de l’U238 (qui compose à 98 % l’Uranium appauvri) mais encore plusieurs autres actinides (y compris du plutonium) présents dans les déchets de combustion, car il apparaît que l’uranium appauvri dont se sert l’armée américaine pour fabriquer ses armes à UA n’est pas de l’UA issu directement du processus d’enrichissement. Alors, si nos hypothèses se confirment, l’opération « Plomb durci » se révélera pour ce qu’elle est : une opération employant des armes radioactives - des armes génocidaires.

Pour qui ne se pose pas les bonnes questions, le nom même de l’opération représente une énigme. Pourquoi donc « Plomb durci » ? Etrange, non ? Pourquoi pas « Stop Hamas », « Gaza Freedom » ou « Peace for Ever » ? Et qu’est-ce que pourrait bien être le « Plomb durci » ?

La bonne question est : Qu’est-ce qui peut être aussi lourd que du plomb, voire davantage, mais bien plus dur ?

Réponse : De l’uranium.

Comme pour la « lettre volée » d’Edgar Poe, invisible car posée sur la cheminée sous les yeux mêmes des enquêteurs, il arrive que la signature du crime soit donnée en même temps que le crime.

Il arrive que les stratèges s’amusent beaucoup. Leur cynisme est sans borne.

Aux dernières nouvelles, ce 13 janvier 2009, selon Serge Dumont, envoyé du Temps à Tel-Aviv, « l’armée israélienne affirme avoir détruit 225 souterrains. Il en existerait plus de 1000 » sur le « corridor de Philadelphie ». Les 1000 GBU-39B leur étaient-elles donc destinées ? Dans ce cas, à raison d’au moins une bombe par souterrain, 225 bombes GBU-39 auraient déjà été larguées, libérant à elles seules 6,7 tonnes d’uranium - près de 30 kg par bombe. On ignore combien de GBU-39B sont tombées sur la ville de Gaza et sur le reste du territoire, mais quand le stock aura été épuisé, il y aura 30 tonnes d’uranium appauvri dans la nature de Gaza et de ses environs. On ignore combien d’autres « bunker busters » et combien d’autres types de munitions à uranium auront été utilisées. On l’a vu un tiers de gramme d’UA inhalé peut rendre gravement malade un militaire américain et le faire mourir. Il n’en faut pas davantage pour tuer à petit feu un homme, une femme ou un enfant, à Gaza, à Sderot ou ailleurs.

Il arrive que les stratèges s’amusent beaucoup. Leur cynisme est sans borne.

Le 14 janvier 2009

ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire)

Jean-Marie Matagne, président

A.I.P.R.I. (Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes)

Paolo Scampa, président

Le riz Nerica - un autre piège pour les petits producteurs Africains

Les variétés de riz Nerica, obtenues par un crosiement entre des riz africain et asiatique, sont actuellement qualifiées de « plantes miracles » susceptibles d’apporter à l’Afrique une révolution verte du riz annoncée depuis bien longtemps. Une puissante coalition de gouvernements, d’instituts de recherche, de semenciers privés et de bailleurs de fonds ont engagé une grande initiative pour diffuser les semences de Nerica dans l’ensemble des rizières du continent. Tous affirment que le Nerica peut développer les rendements et assurer l’autosuffisance de l’Afrique en matière de production rizicole.Cependant, hors des murs des laboratoires, le Nerica ne s’avère pas à la hauteur de la publicité tapageuse qui en est faite. Depuis que les premières variétés de Nerica ont été introduites en 1996, les expériences ont été mitigées chez les agriculteurs, qui signalent un certain nombre de problèmes. Le plus grave problème lié au Nerica est peut-être que sa promotion s’intègre dans un mouvement plus large d’expansion de l’agrobusiness en Afrique, qui menace de faire disparaître les fondements même de la souveraineté alimentaire de l’Afrique: les petits producteurs et leurs systèmes locaux d’utilisation durable de semences.

L’histoire du riz en Afrique est longue et variée. Les agriculteurs africains ont probablement domestiqué cette céréale en même temps que les agriculteurs asiatiques, il y a 3000 ans. Les paysans africains ont développé l’espèce Oryza glaberrima tandis que les paysans asiatiques ont développé Oryza sativa. Cependant, il y a environ 500 ans, Oryza sativa a été introduit en Afrique, et les paysans l’ont depuis adapté à leurs systèmes de riziculture, et ont développé de nombreuses variétés locales de l’espèce asiatique, faisant de l’Afrique un important centre secondaire de sa diversité.
Bien que le riz soit rapidement devenu la plus importante culture vivrière dans une bonne partie de l’Asie, la production de riz en Afrique sub-saharienne est longtemps restée cantonnée à certaines régions du continent. Même dans ces régions, la géographie du riz a été fragmentaire. En Afrique de l’Ouest, par exemple, alors que le riz est depuis longtemps l’une des principales cultures vivrières des populations vivant en Sierra Leone, en Gambie et en Guinée, il n’était qu’une culture vivrière secondaire au Bénin et au Nigéria il y a encore quelques décennies. À l’intérieur même des pays, l’importance du riz est très variable. En Côte d’Ivoire, le riz est depuis toujours un aliment de base chez les Bété de Gagnoa, mais ce n’est pas du tout le cas pour les Ivoiriens de Bonoua ou de Ferkéssédougou.

Aujourd’hui, pourtant, le riz est devenu l’une des plus importantes cultures vivrières de l’Afrique. Depuis l’époque coloniale, les gouvernements ont adopté des politiques favorisant le riz comme aliment de base pour les populations urbaines en pleine expansion. La production de riz sur le continent a augmenté, mais pas suffisamment pour suivre le rythme de la hausse de la consommation. Alors que la production rizicole en Afrique subsaharienne a connu une croissance annuelle de 3,23 % entre 1961 et 2005, la croissance annuelle de la consommation de riz a été de 4,52 % durant cette même période. Selon le Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO), [1] le niveau d’autosuffisance en riz en Afrique subsaharienne a connu une baisse, passant de 112 % en 1961 à 61 % en 2006; ce qui veut dire qu’aujourd’hui le continent s’approvisionne sur le marché international du riz pour satisfaire environ 39 % de ses besoins de consommation en riz.2 Le coût de ces importations s’élève à presque 2 milliards de dollars par an.

Pour en savoir bien plus : http://www.grain.org/briefings/?id=216

 

 

14/01/2009

Lettre ouverte à tous ceux qui soutiennent les inculpés du 11 novembre

jeudi 8 janvier 2009, par Benjamin (Date de rédaction antérieure : 7 janvier 2009).

de Benjamin

Salut à tous,

C’est après trois semaines de décompression et un temps de réflexion, de lecture intensive de tout ce qui s’est dit sur cette affaire pendant que nous étions au trou, que j’entame l’écriture de cette lettre.

Je suis sorti de Fresnes voilà un peu plus de trois semaines maintenant, un peu déboussolé. Je ne m’attendais plus à être libéré aussi vite devant ce qui semblait être un traquenard si bien orchestré. Retrouver l’air du dehors et l’horizon du monde ont bien sûr été un grand soulagement, on s’habitue si vite à voir son existence bornée par des murs et des grilles, qu’il semble que ça fait des siècles quand bien même ça ne fait au fond que 2 ou 3 semaines. Je remercie du fond du cœur tous ceux qui se sont démenés pour nous sortir de là. Je suis sûr que malgré tout l’arbitraire qui entoure les décisions de justice, cette pression nourrie par les comités, les parents, amis et tous ceux qui ont senti à raison que cette affaire les concernait au plus près a eu un effet conséquent. J’aurais aimé pouvoir le faire d’une seule voix avec mes camarades co-inculpés mais comme vous le savez il nous est interdit de rentrer en contact d’une quelconque manière sous peine notamment de retourner en prison.

Mais je suis hanté d’une certitude : cette libération relève d’une « chance » inespérée, chance qui remonte à loin, celle d’une part d’être né blanc, d’avoir eu l’opportunité d’être diplômé, d’avoir des parents et des amis issus de cercles « privilégiés » dont la mobilisation a sans nul doute plus de chance d’être entendue que si j’étais né ailleurs et dans un autre milieu.

Je suis hanté bien sûr par le fait que deux de mes amis et camarades soient toujours incarcérés pour des motifs aussi rocambolesques, mais aussi par la pensée que des centaines d’autres personnes croisées notamment au cours de ma courte détention n’ont jamais eu cette « chance » et pour cause. Les prisons françaises ont englouti au cours des dernières années toute une frange de la jeunesse de ce pays, cette frange jugée inassimilable, sans cesse harcelée, toujours « déjà condamnée » et qui refuse toujours de rentrer dans les rangs étouffoirs de cette société. Un fait saute aux yeux quand on fréquente les cours de prison, une très claire majorité de détenus est composée par des jeunes des quartiers populaires, dont certains ont été abonnés aux séjours en prison. On remarque aussi le nombre effarant de personnes détenues, pour des périodes souvent très longues, sous le régime de la détention provisoire, régime dit « exceptionnel ». 6 mois, 9 mois, 1 an, 2 ans, 3 ans, sans procès et bien souvent sans preuve tangible. C’est qu’il est sans doute plus compliqué d’avoir des ‘témoignages de moralité’, des garanties de représentation recevables quant on vient de Villiers-le-Bel, Aubervilliers ou Bagneux, quand vos parents sont considérés comme étrangers, qu’ils ne maîtrisent pas la langue des magistrats et des media ou quand ils ne justifient pas d’une activité professionnelle stable et surtout reconnue.

Pas de misérabilisme toutefois, la solidarité se forge aussi derrière les murs des prisons, la politique pénale de ce gouvernement est en train de fabriquer une bombe à retardement. Plus on bourrera jusqu’à la gueule les geôles de ce pays, plus des destins vont s’y croiser et dresser des ponts entre tous ces milieux si savamment séparés à l’extérieur.

Le rapprochement entre les traitements politiques, policiers et médiatiques (cette triade tend à devenir une expression consacrée, peut être faudrait-il penser à les fusionner officiellement !), de l’affaire de Tarnac et celle de Villiers-Le-Bel l’année dernière est pertinente à plus d’un titre…

Novembre 2005 (Clichy sous Bois), CPE, élection présidentielle, Villiers-le-Bel, LRU, … deux parties de la jeunesse que tout a priori oppose, nourrissent conjointement la paranoïa du pouvoir.

La réponse ne se fait pas attendre et prend les même traits. D’un côté « lutte contre le règne des bandes » pour justifier la répression dans les quartiers après les émeutes, de l’autre, fabrication de toutes pièces d’une « mouvance anarcho-autonome », de « groupuscules d’ultra-gauche », comme repoussoirs à la révolte diffuse qui essaime au fil des mouvements de la jeunesse étudiante ou « précaire ». Dans les deux cas, une politique de communication de longue haleine pour dessiner les contours de « l’ennemi intérieur », qui débouche bruyamment sur des opérations coup de poing sur-médiatisées. Démonstrations de force démesurées, curées médiatiques, embastillements purs et simples. Faut-il le rappeler, outre les inculpés et incarcérés multiples de novembre 2005, cinq personnes sont toujours incarcérées après le coup de filet de Villiers-le-Bel et attendent un procès qui ne vient pas, faute de preuves. Aujourd’hui c’est notre tour, mais la chasse aux dits « anarcho-autonomes » est ouverte depuis plus d’un an, six personnes au moins ont déjà été interpellées et entendues devant les juridictions anti-terroristes depuis décembre 2007 pour des faits ou des suspicions qui n’avaient jamais relevé d’un tel régime juridique jusque là. L’étau se resserre et tous les coups semblent désormais permis.

Il a déjà été développé largement dans les communiqués des comités de soutien à quel point le recours aux outils de l’anti-terrorisme représente un glissement significatif des procédés de gouvernement et de la « gestion » de la contestation. Des scénarii déjà vus dans plusieurs pays au cours des dernières années (USA, Royaume-Uni, Allemagne, Italie…) débarquent avec fracas en France et signent l’entrée dans un régime où l’exception devient la règle. Ces procédures n’ont la plupart du temps rien à voir avec le « terrorisme » et ce quelle que soit la définition qu’on en donne, elle répondent à la logique millénaire de « en réprimer un pour en apeurer cent ». En d’autres temps on en aurait pendu « quelques-uns » à l’entrée de la ville, pour l’exemple.

Dans notre cas, il est très vite apparu que « l’affaire des sabotages de la SNCF » n’était qu’un prétexte opportun pour déployer au grand jour une opération de communication et de « neutralisation préventive » prévue de longue date (depuis l’arrivée de MAM au ministère de l’intérieur). La rapidité de la mise en branle de « l’opération Taïga » et l’absence quasi totale d’éléments matériels au dossier, même après les perquisitions et les interrogatoires croisés, dévoile très vite à qui n’est pas occupé à hurler avec les loups, la grossièreté du montage policier. Il aura pourtant été fait de sévères efforts d’assaisonnement de cette histoire un peu fadasse, un « groupuscule en rupture de ban et s’adonnant à la clandestinité », un « chef incontesté », son « bras droit », ses « lieutenants », des « relations amicales » ménagées dans le village par « pure stratégie ». Mais rien n’y fait les gens croient définitivement et heureusement plus « à ce qu’ils vivent qu’à ce qu’ils voient à la télé ».

Une fois répondu pour chacun à la question de sa participation ou non aux « actes de dégradation » sur les caténaires de la SNCF, reste cet immense gloubi-boulga qu’est l’accusation de « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». C’est d’ailleurs le seul chef d’accusation qui pèse sur la plupart des inculpés dont moi-même.

Ce chef d’inculpation repose sur un faisceau d’informations et d’hypothèses disparates, réunies par les services de renseignement, mais que seule une prose policière pour le moins imaginative permet d’articuler entre elles d’une manière aussi unilatérale. Les liens d’amitié, politiques chacun à leur manière, deviennent sans l’ombre d’un doute des affiliations organisationnelles voire hiérarchiques. On fait d’une série de rencontres, de la participation de quelques uns à des manifestations, de la présence de certains autres relevée au cours des mouvements sociaux qui ont émaillé les dernières années, les présages de la raison d’être strictement ‘politique’ (au sens le plus classique et plat du terme) d’un « groupe » identifiable et isolable comme « cellule » (cancéreuse ?). Cela est une contre vérité absolue et détermine un certain nombre de contre-sens vis à vis de ce dont nous avons été diversement porteurs au fil des années.

Le délit « d’association » permet d’englober d’un seul coup l’entièreté de l’existence des personnes visées et tout peut y devenir un élément à charge : lectures, langues parlées, savoir-faire, relations à l’étranger, mobilité, absence de téléphone portable, rupture avec son ‘plan de carrière’ où avec son extraction sociale, vie amoureuse et j’en passe.

L’utilisation de ces outils « antiterroristes » n’est finalement rien d’autre que l’indice de l’agressivité propre à tout pouvoir qui se sait de toutes parts menacé. Il ne s’agit pas tant de s’en indigner. Il s’agit en tout cas de ne pas, ou plus, être dupe de cette opération de police politique. Elle n’est que la tentative, des tenants du pouvoir, de communiquer au « corps social » leur propre paranoïa, qui, elle, n’est peut être pas totalement sans fondement.

On parle beaucoup autour de cette affaire de l’essai intitulé « L’insurrection qui vient » et tout le monde y va de son hypothèse pour dire QUI est derrière cette signature qu’est le « comité invisible ». Cette question n’est intéressante que d’un point de vue strictement policier. Le choix éditorial d’anonymat qui a été fait doit être entendu, à mon avis, non comme une particulière paranoïa des auteurs (même si elle se trouverait aujourd’hui cent fois justifiée) mais par l’attachement à une parole essentiellement collective. Non pas la parole d’un collectif d’auteurs qu’on pourrait dénombrer, mais une parole qui s’est forgée dans les aléas d’un mouvement où la pensée ne saurait plus être attribuée à tel ou tel en tant qu’auteur.

Ce livre suscite beaucoup de désaccords, voire de réprobation y compris parmi nous qui avons pourtant fait l’effort de le lire et le comprendre. Il me semble que c’est l’objet même de l’écriture politique : mettre ce qui demande a être débattu sans délai au centre, le rendre incontournable, quitte à être cru et sans nuance.

Tous ceux qui, par ailleurs, prétendent savoir QUI est l’auteur de ce livre mentent purement et simplement ou prennent leur hypothèse pour la réalité.

Les « lectures » récentes de ce livre, notamment celle de la police et de quelques criminologues de salon posent à beaucoup la question de la « radicalité ». Cette « radicalité » nous est renvoyée à nous comme trait d’identité, voir comme chef d’inculpation qui ne dit pas son nom. Je ne me sens pas particulièrement radical, au sens d’être prêt à accorder les constats, les pensées et les actes (ce que plus personne ne fait malheureusement et depuis longtemps). Par contre la situation est radicale et l’est de plus en plus. Elle détermine des mouvements de radicalisation diffus, qui ne doivent rien à quelque groupuscule que ce soit. Chaque jour dans mon activité d’épicier notamment ou quand je sers au bistrot, ou bien encore quand j’étais en prison, je discute, j’écoute ce qui se dit, se pense, se ressent, et je me sens parfois bien modéré face à la colère qui monte un peu partout. Ce gouvernement a sans doute raison d’avoir peur que la situation sociale lui échappe, mais nous ne servirons pas sa campagne de terreur préventive, car le vent tourne déjà. Il vient de Méditerranée.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, de doutes à lever, de manipulations à déjouer, mais tout ça ne fait que commencer. Ainsi ma position est en phase avec celle des comités de soutien qui fleurissent un peu partout : abandon des charges de « entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs », libération immédiate de Julien et Yldune et de tous ceux et celles qui sont incarcérés à ce titre, pour commencer…

Viendra le moment où on devra bien nous rendre des comptes pour le préjudice énorme qu’on nous a fait subir, à nous, à Tarnac, mais aussi pour ce qui n’est qu’une provocation supplémentaire à l’encontre de tout ce qui ne se résigne pas au désastre en cours.

09/01/2009

Israel - Palestine : un peu d'histoire

"Trente ans d'occupation britannique auront suffi, écrit Nadine Picaudou, pour
que la Palestine, jusqu'alors paisible province de l'Empire ottoman, devienne
le cœur d'un conflit aux répercussions internationales. Deux dates balisent
cette période : 1917 , date de la déclaration Balfour, et 1947, date du plan
de partage de la Palestine présenté par l'ONU comme solution au conflit qui
s'ensuit entre les Juifs et les Arabes."

Au cours de la Première guerre mondiale

C'est au cours de la Première guerre mondiale que se dessine l'avenir de
la
Palestine. L'Empire ottoman, alors engagé aux côté des Empires centraux de
l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, fait face au Royaume-Uni.

Dès 1915, les accords secrets Sykes-Picot (conclu entre les Britanniques et
les Français) dessinent le projet de démembrement de l'Empire ottoman et donc
les futures zones d'influence au Proche Orient, la Palestine devant rester
sous administration internationale en raison de son enjeu symbolique.

Mais les choses ne se déroulent pas ainsi. Les Britanniques, soucieux de
gagner la guerre contre les Empires centraux, multiplient des engagements
contradictoires en faveurs des nationalités soumises aux Ottomans.
Ainsi, selon l'idée que leur donne Chaïm Weizmann, président de la Fédération
sioniste britannique, les Britanniques promettent aux communautés juives des
Etats-Unis et de la Russie, en échange d'une pression sur leurs Etats pour
que ceux-ci poursuivent l'effort de guerre, de satisfaire à la revendication
du mouvement sioniste qui brigue la constitution d'un Etat juif en Palestine.
(Le mouvement sioniste avait été fondé en 1897 grâce à l'action de Theodor
Herzl notamment. Celui-ci avait, en tant que journaliste, couvert le procès
Dreyfus, et l'injustice qu'il avait constatée - et que Emile Zola avait
également dénoncée - l'avait amené à penser que les juifs seraient toujours
victimes de l'antisémitisme en Europe. Il avait alors imaginé comme solution
qu'ils aient une patrie bien à eux et avait exprimé cette idée dans un
ouvrage, Der Judenstaat. Conscient que son mouvement ne pourrait rien
réaliser de concret sans l'appui d'une grande puissance, il avait mené
plusieurs démarches en ce sens auprès de divers pays. Mais il mourut sans
avoir réussi sur ce point. L'occasion d'obtenir maintenant, en ces années 10
du XXème siècle, l'appui de la Grande-Bretagne paraît donc inespérée au
mouvement sioniste.)
Dans le même temps, aux Arabes (le hashémite Hussein de la Mecque), les
Britanniques promettent, en échange d'un appel général au soulèvement des
Arabes contre les Ottomans, un grand Etat arabe unifié, s'étendant de
la
Méditerranée à
La Perse.

En mars 1917, les Britanniques sont repoussés à Gaza. Durant l'été 1917, des
forces arabes commandées par un fils de  Hussein opèrent contre les Ottomans
dans le sud de l'actuelle Jordanie. En décembre 1917, les Britanniques sont à
Jérusalem. Entre-temps, en novembre 1917, les Britanniques se sont déclarés,
par la voix de Lord Balfour, leur ministre des Affaires étrangères,
"favorables à la création" en Palestine d'un "foyer national" pour les Juifs,
"sous réserve que cela ne contrevienne en rien aux droits des populations
autochtones". C'est la déclaration Balfour (novembre 1917), qui
officiellement récompense les travaux de Chaïm Weizmann ayant permis de
réaliser l'acétone synthétique.

Dans l'entre-deux guerres

Nadine Picaudou écrit en substance : "En novembre 1918, lorsque Londres
proclame son soutien à l'émancipation des peuples libérés du joug ottoman,
l'espoir est immense au Proche-Orient. A Jérusalem, on s'appuie sur cette
proclamation pour dénoncer la déclaration Balfour. Puis, en 1919, le premier
Congrès des Associations islamo-chrétiennes de Palestine, réuni à Jérusalem,
élève une "véhémente protestation" contre la promesse britannique faite aux
sionistes. Le texte n'en est pas encore publié mais les membres du Congrès
croient savoir qu'aux termes de cet engagement, "leur pays deviendrait une
patrie nationale" pour les Juifs. En 1920, une fête traditionnelle
palestinienne tourne à l'émeute et dégénère en troubles communautaires. C'est
le premier accrochage entre Arabes et Juifs. En 1921, la délégation
islamo-chrétienne s'adresse ainsi à Winston Churchill, alors secrétaire
d'Etat aux Colonies, de passage à Jérusalem : "Si les sionistes n'étaient
venus en Palestine que comme des hôtes ou si les choses en étaient restées à
ce qu'elles étaient avant la guerre, il n'y aurait pas de problème de Juifs
et de non-Juifs. Mais c'est l'idée d'une Palestine transformée en un Foyer
national juif que les Arabes rejettent et combattent." Les Palestiniens,
poursuit Nadine Picaudou, appellent à un retour à la Palestine du passé :
celle d'une coexistence communautaire entre musulmans, juifs et chrétiens."
(Nadine Picaudou est historienne, maître de conférences à l'INALCO à Paris.
Tous ses écrits cités dans cette page sont extraits du Géo n° 243, Mai 1999,
pp. 111-116.)

Il faut dire que la déclaration Balfour est pour le moins étrange. Arthur
Koestler, écrivain de même nationalité que Lord Balfour, écrit ainsi : "La
déclaration Balfour constitue un des documents politiques les plus
improbables de tous les temps. C'est un document par lequel une première
nation promettait solennellement à une seconde nation le pays d'une troisième
nation. Aucun plaidoyer ne saurait en rien diminuer l'originalité du procédé.
Il est vrai que les Arabes vivaient en Palestine sous la domination turque,
mais ils y vivaient depuis des siècles et il ne fait pas de doute que ce pays
était le leur, au sens généralement admis du mot." (cité dans Mourir pour
Jérusalem, André Larteguy, p. 366)

L'immigration continue cependant :"En 1919, écrivent Jean et André Sellier,
sur un total de 750 000 habitants en Palestine, on recense moins de 70 000
Juifs. En 1936, ils sont 400 000, en 1947 : 600 000 sur un total de près de 2
000 000." La population juive de Palestine passe donc, de moins de 10 % en
1919, à presque 30 % de la population totale en l'espace de moins de 30 ans,
grâce à l'immigration.

La politique britannique est d'abord conforme aux termes du mandat, autrement
dit favorable au programme sioniste : les Britanniques refusent de limiter
l'immigration et les achats de terres. En 1936 cependant, suite à des émeutes
et à une grève générale de la population arabe, les Britanniques
reconsidèrent leur position. En 1937, la commission Peel conclut qu'il faut
partager la Palestine. Il s'agit du premier plan de partage de la Palestine,
et il propose qu'il en soit fait trois parties : un Etat arabe, un Etat juif,
une zone internationale couvrant Jérusalem et ses alentours. Les Arabes
rejettent ces conclusions. Les émeutes reprennent, et durent jusqu'en 1939.

La Seconde guerre mondiale et ses conséquences

L'extermination des Juifs par les nazis en Europe au cours de la Seconde
guerre mondiale bouleverse les opinions publiques européenne et américaine.
Mis face aux horreurs dont s'est rendu coupable une nation européenne et aux
passivités dont ont fait preuve certaines autres nations européennes,
l'Occident est pris d'un remords affligeant, écrit en substance Bruno Guigue.
Il est dès lors prêt à toutes les concessions vis-à-vis du peuple juif pour
obtenir un exutoire à sa mauvaise conscience. (Lire à ce sujet Aux origines
du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident, Bruno Guigue,
L'Harmattan, 1998, pp. 70-78 et pp. 95-97).

Le mandat britannique sur la Palestine devant prendre fin le 15 mai 1948, le
Royaume-Uni porte, en 1947, la question devant l'ONU. Celle-ci, en novembre
1947, adopte un nouveau plan de partage qui accorde aux Arabes Palestiniens
(qui forment alors environ 70% de la population de toute la Palestine) 45 %
environ, et aux futurs Israéliens (qui forment alors environ 30% de la
population et possèdent environ 07% des terres) 55 % environ du territoire de
la Palestine. Le Haut comité arabe de Palestine répond : "Tout essai (...)
pour établir un Etat juif sur un territoire arabe est un acte d'oppression
auquel il sera résisté par la force en état de légitime défense." Bruno
Guigue commente : "Légitime défense, en effet, que celle d'un peuple qui
refuse la dépossession unilatérale à laquelle on voudrait le contraindre. Ce
partage qui n'en est pas un, pourquoi les Palestiniens auraient-ils dû s'y
résoudre ? Ils n'avaient aucune raison de s'astreindre à un devoir de
réparation pour des crimes affectant la conscience des autres."
(Op. cit., p.
105).

L'historien Elias Sanbar, rédacteur en chef de la Revue d'études
palestinennes, écrit quant à lui : "Les Palestiniens, dit-on aujourd'hui [en
1997] a posteriori, n'ont obtenu, après trois ans de négociations, que 2% de
ce qui fut leur patrie, alors qu'en 1947 on leur en avait proposé 45% et
qu'ils ont refusé. Regardez, leur dit-on, où vous a conduit votre
intransigeance. Il faut dire trois choses à ce sujet : au moment de refuser
les 45% de la Palestine qu'on leur propose, les Palestiniens ont une patrie
entière. Ils sont 1 400 000 personnes face à une communauté juive de 600 000
personnes, composée à 95% d'immigrants venus d'Europe. Ils sont dans leur
pays et ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient en abandonner plus de
la moitié. Second point : lors des débats à l'ONU, les Palestiniens ne se
cantonnent pas dans leur refus du plan de partage. Ils réclament
l'indépendance et proposent la citoyenneté pour l'ensemble des habitants de
la Palestine, y compris les 600 000 juifs." (Le Monde, le partage de
la
Palestine, 30 novembre-1er décembre 1997, p. 14)

Toujours est-il que le 14 mai 1948, aussitôt après la proclamation de l'Etat
d'Israël, le conflit éclate ouvertement entre israéliens et arabes. C'est la
première de quatre guerres israélo-arabes. Elle ne se termine qu'en janvier
1949 par un armistice. A la faveur de cette guerre, l'Etat d'Israël s'est
agrandi d'un tiers par rapport à ce que lui offrait le plan de partage de
1947, tandis que plus de 700 000 Palestiniens ont dû connaître l'exode.

Conclusion

Du procès de Dreyfus à la nuit de cristal, du port de la rouelle à celui de
l'étoile jaune, des pogroms du Moyen-âge à l'expulsion du ghetto de Varsovie
et à la rafle du Vel d'Hiv, des bûchers du Moyen-âge aux chambres à gaz de
la
Seconde guerre mondiale, les Juifs ont souffert en Europe. Réellement.
Enormément. Qu'une solution et qu'une réparation à ces exactions aient été
envisagées, cela est totalement compréhensible. Ce qui ne l'est pas, c'est
que la réparation proposée et appliquée ait consisté à léser un autre peuple,
innocent, lui, de ce genre d'exactions, et devant dès lors vivre à son tour
ce que les Juifs avaient vécus dans le passé en Europe : brimades et
humiliations quotidiennes, terreur, exode...
Bruno Guigue écrit : "..."Le monde a trop à se faire pardonner à leur égard,
lit-on dans Le Populaire au lendemain de la proclamation de l'Etat hébreu,
pour disputer au Juifs le droit de se grouper et de vivre selon leurs
traditions." Le monde, vraiment ? Ou bien plutôt l'Europe... ?" (Aux origines
du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident, Bruno Guigue, p.
88). Nadine Picaudou écrit quant à elle ce qui peut être considéré comme le
mot de la fin : "Tandis que s'impose peu à peu dans l'opinion occidentale
l'idée d'un Etat-refuge en Terre sainte pour les rescapés de l'Holocauste, le
Proche-orient tout entier ne peut se départir du sentiment que l'Europe se
décharge ainsi sur la Palestine de sa propre culpabilité, réparant l'infamie
au prix de l'injustice". (Géo n° 243, mai 1999, p. 116)

 

Source : je ne sais plus où j'ai pris cet article qui date déjà pas mal mais il me semble important de rafraîchir un peu les mémoires en ces temps de confusion sanglante.

06/01/2009

Appel aux intellectuels du monde entier

26 décembre 2007, par Mustapha Cherif

Ce que l’Occident ne veut pas admettre.
Est-il possible d’exprimer une opinion différente de celle qui domine en Occident au sujet de la situation génocidaire en Palestine ? Apparemment, cela paraît quasi impossible. Les données sont tellement manipulées que même des personnes de bonne foi sont trompées.
Tout le monde n’est pas dupe et les manifestations internationales sont encourageantes, mais les discours officiels et médiatiques deviennent des armes d’enfermement. Ils empêchent la critique. Le système occidental, malgré la diversité de parole, impose pour certaines questions une seule manière de voir. J’appelle à nous interroger sur ce que l’Occident refuse d’admettre. A Ghaza, ce n’est pas une guerre comme les autres, ni une agression banale, mais elle a trait à l’avenir du monde. Le droit régira-t-il les relations internationales ou la loi de la jungle ?
 
Tout être objectif ne peut qu’être stupéfait des réactions des autorités en Occident, qui prétendent que cette agression est « défensive » et, dans le meilleur des cas, mettent sur le même plan les parties en présence, en occultant l’injustice dont souffre le peuple palestinien depuis 60 ans. Qui reconnaîtra qu’il y a des oppresseurs et des opprimés, des colonisateurs et des colonisés, des agresseurs et des agressés ? Tout appel à la paix qui ne s’accompagne pas d’un discernement et d’une dénonciation de l’injustice ne peut être entendu. Le mythe grossier d’un encerclement d’Israël ne peut plus tenir. Après des années de tergiversations – car le monde arabe est innocent des crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale à l’égard des Juifs – en 1979, l’Egypte a signé un accord de paix. Suivie en 1996 de la Jordanie. Depuis 1991, lors de la Conférence internationale de Madrid, la volonté de paix des Arabes, basée sur le recouvrement des Territoires occupés depuis juin 1967, est évidente. En 1993, les autorités palestiniennes ont accepté le processus de paix, sans garantie d’édifier leur Etat.
 
Depuis, les Palestiniens survivent dans une prison à ciel ouvert, bantoustan qui forme à peine 8% des territoires qui leur reviennent. En 2002, à l’unanimité, les 22 pays arabes soumettent une solution diplomatique de normalisation, confirmée à chaque sommet. A tout cela, les USA et Israël ont toujours préféré le langage de la force et la diabolisation des musulmans. Cette tragique injustice s’est aggravée. A force d’exploitation des crimes commis par des groupes politico-religieux manipulés, poussés au désespoir et apparentés à l’Islam, l’Occident, depuis la chute du mur de Berlin en 1989, et plus encore après le « 11 septembre 2001 », s’est inventé un nouvel ennemi et pratique l’amalgame pour faire diversion aux impasses politiques. Contrairement à ce qui est colporté, l’immense majorité des musulmans, de par le monde, rejette l’instrumentalisation de la religion et l’islamisme qui sont l’anti-Islam. De plus, en Palestine, c’est un problème de colonisation. Face à la brutalité de la répression, l’attentisme de la plupart des élites et des autorités morales et religieuses, en Occident, est inadmissible.
 
Le pape lui-même n’intervient pas, alors que trois jours avant, à l’occasion de Noël, il appelait à la paix au Moyen-Orient. La peur et la propagande rendent-elles à ce point muet, aveugle, sourd et, partant, complice ? Les islamophobes ne mettent l’accent que sur la violence épisodique des faibles et non celle, à grande échelle et permanente, des puissants. Pire, toute critique des crimes de guerre d’Israël est assimilée à de l’antisémitisme. Terrorisme d’un puissant régime doté d’armes de destruction massive, Etat pas comme les autres, aux frontières inconnues, qui agit dans l’impunité, contre une résistance légitime, lorsqu’elle défend le droit à la vie libre et vise des forces armées d’occupation. Que faire, sachant que les régimes arabes perfides sont illégitimes, inertes ou complices ? Il s’agit de dénoncer sans relâche la barbarie que le monde occidental laisse faire, sans oublier que des non-musulmans de tous les pays sont solidaires des Palestiniens. Il est urgent d’exiger des sanctions internationales contre Israël et la traduction des responsables israéliens devant une cour de justice internationale.
 
Comme il y a trois ans, suite à l’agression contre le peuple libanais, tout non-musulman doit comprendre pourquoi ces carnages sont révoltants. L’actuelle guerre totale, air, terre, mer, d’une puissance militaire fascisante, avec près de 500 tués palestiniens et plus de 3000 blessés, démontre que nous sommes dans un début de « solution finale » pour liquider le peuple palestinien et, partant, de la notion de liberté dans le monde. « On n’arrêtera que quand nous aurons fini le travail », répètent les chefs de la soldatesque sioniste. Après un long blocus, c’est la continuation du Mur de l’apartheid en Cisjordanie, des exécutions extrajudiciaires, des crimes de Chabra et Chatila, de Jenine, de Naplouse... Mener des représailles féroces, préméditées et préparées de longue date, contre des opérations dérisoires de très faibles amplitudes comme le lancement de roquettes, par des actions de guerre totale et de destruction massive, prouve que ce qui compte ce n’est pas le prétexte mais un projet de domination. Les pays européens ferment les yeux et demandent aux victimes, coupées du monde et réduites à des conditions inhumaines, de reconnaître leur bourreau. Cette politique inique est vouée à l’échec. A Ghaza, les Palestiniens unis résistent et se battent. Les soutenir, c’est défendre la dignité humaine et notre propre devenir.
 
Quelle folie que cette guerre perpétrée par Israël. Comment des sionistes peuvent-ils croire que c’est en semant la mort et la haine et en maintenant un peuple sous un déluge de feu qu’ils obtiendront la paix et la sécurité ? Le sioniste ne semble pouvoir vivre que dans le bellicisme. Ce sont les prophètes bibliques qui sont trahis, c’est le judaïsme qui est trahi. Tout comme le Prophète est trahi à chaque fois qu’un « islamiste » tue un innocent. Même si son idéologie est contestable, le problème n’est pas « Hamas », mouvement de résistance, choisi démocratiquement par les Palestiniens, qui n’a jamais commis d’attentat en dehors du territoire de l’occupant, rien ne fera plier la volonté de liberté des Palestiniens.
 
Un million de résistants renaîtront des cendres de Ghaza. Sans justice, il ne saurait y avoir de paix. L’impunité détruit l’image de l’Occident moderne et creuse la tombe de l’actuel « ordre mondial ». Que les êtres épris de justice assument leurs responsabilités. Sinon, plus rien n’aura de valeur. Quel est le refoulé de cette guerre que l’Occident ne veut pas voir ? Qui a pris le monde en otage ? Avant que l’humanité ne sombre, dites-le nous

 

"Dakar" : saloperie motorisée

----LE SIFFLET ENROUE n° 26
Paraissant au bon vouloir de son auteur,
présentement, le mardi 6 janvier 2009
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Dakar : ça commence bien !

La sécurité du « Dakar » est paraît-il désormais assurée. L’année dernière, en raison de l’assassinat de quatre touristes perpétré par des islamistes (tendance Al-Qaïda), l’État français a mis fin à l’épreuve. Ce n’était que provisoire puisqu’en février 2008 l’entreprise ASO qui organise ce type d’« événement » sportif, annonçait qu’il était déplacée dans une autre région du monde : en Argentine et au Chili. On l’aura compris, la sécurité qui prime selon ASO n’est que celle du dispositif : le matériel technique avant tout (engins motorisés et aériens, appareils de retransmission télévisuelle).

« Le Dakar a fait ses deux premiers blessés parmi les spectateurs, venus en masse (sic) suivre le célèbre rallye-raid. Vendredi [le 2 janvier 2009], c’est une femme qui a été renversée par un équipage argentin lors de la parade des concurrents à Buenos Aires. Hier [samedi] c’est un petit garçon de 8 ans qui a eu une jambe cassée et une blessure à la tête après avoir été fauché par un camion Mitsubishi, sorti de la route à Saladillo. Tous les deux ont été hospitalisés pour des blessures légères » (Le Journal du Dimanche, 4 janvier 2009, p. 25). Doit-on juger qu’une jambe cassée est une blessure légère ? Que la percussion des corps par des bolides n’est que le fruit du hasard quand on sait que depuis 1979, le Dakar a fait 50 morts ?

Les concurrents payent eux-mêmes un prix élevé pour leur passion puisque deux accidents ont déjà eu lieu pour cette édition 2009 : un coma après une chute et une évacuation par hélicoptère. En ce qui concerne la morbidité et les traumatismes physiques, la continuité est désormais assurée. Mais le mépris et l’arrogance ne sont pas non plus en reste. Et ce d’autant plus que le Dakar risque de s’installer tous les ans dans cette région du monde. Comme en Afrique, l’Amérique du Sud est prise pour un terrain de « jeu » pour riches : il s’agit d’un raid néo-colonialiste qui saccage le paysage et pollue la nature (la faune et la flore). Le mépris s’affiche aussi envers les peuples indiens des contreforts andins qui sont en lutte pour la survie de leurs communautés traditionnelles. Ils entretiennent un rapport sacré à leurs terres : cette caravane de la mort qui passe par le nord de l’Argentine puis par le désert de l’Atacama au Chili ne peut qu’être une offense à leurs égards.

Et le Dakar est toujours une débauche de moyens (humains, financiers, techno-scientifiques) pour une course absurde. Cette profusion doit être mise en rapport avec les conséquences sociales de l’application du « consensus de washington » c’est-à-dire cet accord qui fut adopté en 1990 entre le gouvernement américain, le FMI (Fond Monétaire International) et la banque mondiale. Accord qui définissait le modèle d’Etat et de politique économique applicable à l’Amérique du sud. C’est carlos Menem qui se chargea de cette application pour ce qui concerne l’Argentine. Alors que de ce fait, des enfants du nord meurent parfois de malnutrition, révélant une carence du système de santé et d’éducation, l’opulence ostentatoire de cette course est une véritable provocation. La délocalisation du Dakar ne change pas la nature de cette compétition sportive : peut importe le lieu pourvu que le rêve d’aventure soit au rendez-vous. Mais cette fantaisie dont la publicité envahit les écrans chaque début d’année, n’est que factice : reproduite industriellement, elle n’est là que pour sublimer de manière répressive les frustrations quotidiennes. Il ne s’agit que d’images d’aventures et de paysages de rêve. L’adhésion à ces images et à leurs croyances doit être une évidence selon les organisateurs : quand est-ce que cette autre provocation connaîtra son point-limite ? A ce propos, on se souviendra qu’il y a maintenant sept ans, le 20 décembre 2001, le peuple argentin retrouva sa dignité en s’insurgeant contre l’injustice qui lui était faite…

La trentième édition du Dakar démontre l’érection d’un bloc capitaliste par delà la frontière du Chili et de l’Argentine. Un bloc qui préfigure les futures voies du flux intensif de marchandises dans cette région. Le désert de l’Atacama n’a pas encore recelé tout son potentiel marchand avec ses mines de cuivre. De même l’axe Valparaiso-Mendoza qui donne accès à l’océan pacifique reste encore à exploiter pour faire de cette région du cône de l’Amérique du sud un pôle capitaliste. Ainsi la fonction de l’institution sportive dans l’horizon néo-moderne est de constituer une avant-garde du capital : elle n’est pas seulement un produit passif de la mondialisation néo-libérale. Dans le même temps, et face aux résistances à la destruction des acquis sociaux ou des communautés traditionnelles qui ne manquent pas de se manifester ici ou là, le sport fait corps avec les nouvelles formes de domination. Le Dakar est en phase avec les nouvelles réalités de la société néo-moderne du XXIème siècle. Il véhicule le message de la prédation et c’est pour cela qu’il reste une saloperie motorisée.

Que se vayan todos !

Le Sifflet enroué est édité par le Grouchos

21/12/2008

On vend des pays

de Pascual Serrano

Le 30 novembre de cette année un reportage très complet du quotidien Público passait en revue l'offensive de plusieurs pays riches lancés dans l'achat de grandes étendues de terres agricoles dans le Tiers Monde.
 
Source: Rebelión http://www.rebelion.org/noticia.php?id=77408


Les chiffres sont éloquents ; en voici quelque exemples : une société norvégienne a acquis 38 000 hectares au Ghana, achetés à un chef tribal ; la société coréenne Daewoo loue, avec un bail de 99 ans, un million d'hectares à Madagascar et, au Laos, entre deux et trois millions de terres agricoles sont désormais la propriété de sociétés étrangères. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait de savantes études pour comprendre que ces achats vont entraîner le contrôle encore plus grand de l'alimentation par les grandes sociétés des pays riches et rendre plus difficile encore l'accès à la nourriture dans les pays du Sud qui ne seront même plus propriétaires de leurs terres. La FAO n'hésite pas une seconde et parle d'une « nouvelle forme de colonialisme »

Durant des années, le discours politique dominant a été une ode au libre commerce et les applaudissements ont salué les investissements étrangers. Ces macrotransactions correspondent parfaitement à ces deux formules et nul ne peut douter un instant de leurs tragiques conséquences pour la communauté internationale en général et pour les populations du Tiers Monde en particulier. Laisser l'exploitation agricole des pays pauvres aux mains d'étrangers entraîne la possibilité que les récoltes qui pourraient nourrir ces pays grâce à une agriculture de subsistance même modeste finiront par être destinées à l'exportation vers les pays riches où des citoyens au pouvoir d'achat supérieur seront disposés à en payer un prix plus élevé. C'est déjà ce qui se produit avec la main d'œuvre locale obligée de se consacrer à la fabrication, dans les conditions d'une véritable exploitation, de produits destinés à l'exportation avec lesquels ces pays obtiennent des devises pour payer leur dette extérieure.

Ces impressionnantes ventes de terres agricoles du Sud à des sociétés étrangères dévoilent la face la plus insultante du marché et du modèle économique actuel. Avec ces opérations, les processus de décolonisation que nous avons connus au siècle dernier deviennent une ridicule caricature. A quoi leur sert leur indépendance politique à ces pays africains ou asiatiques si leurs terres, leurs territoires sont, au final, achetés par une entreprise européenne ?

Il est instructif de comparer la passivité consentante des gouvernements qui tolèrent ce pillage avec les politiques appliquées par d'autres gouvernements, comme par exemple celui de Cuba, pays où aucun étranger ne peut acheter ni une terre agricole ni même un bien immobilier. Aussi difficile que puisse y être l'état de l'approvisionnement alimentaire et de la production agricole, les Cubains auront toujours la possibilité d'y remédier en étendant les surfaces cultivées et en améliorant les rendements, mais c'est exactement ce que jamais ne pourront faire les habitants de Madagascar dont les champs y appartiennent désormais à une entreprise coréenne.

Cette monstruosité néocoloniale doit permettre d'anéantir définitivement ces idées reçues qui défendent le libre marché comme mécanisme de développement et de progrès et pour mettre en lumière ce bobard qui présente l'investissement étranger comme moteur de la croissance d'un pays.

Traduit par Manuel Colinas.

04/12/2008

A propos de l'asso SOS éducation

Après avoir lu une lettre de Madame Isabelle Hannart, sécrétaire générale de l'asso SOS éducation, j'ai cherché des infos sur son asso

Lu sur le site subversif bien-sûr http://ecolesdifferentes.free.fr

(texte de 2003)

L' association est indépendante au plan légal, mais pas neutre au plan politique : elle se rattache à une nébuleuse parfaitement identifiée. On la retrouve sur le site Internet conscience-politique.org pour lequel elle a réalisé l'analyse d'un manuel d'histoire jugé trop complaisant sur les morts du communisme. Que trouve-t-on sur ce site ? Des références aux ultralibéraux tendance Reagan, aux mouvements antiavortement et à la mouvance des évangélistes américains, le tout nimbé d'une proximité assumée avec l'extrême droite. Et des références appuyées à Claude Reichman, seule «personnalité politique» dont le site Internet est recommandé.

Ce dernier n'est pas un inconnu, et c'est bien le mouvement qu'il tente de fédérer qui inspire directement SOS Education. Il se présente comme «ancien candidat à l'élection présidentielle de 2002», à laquelle il n'a pas concouru, faute de signatures suffisantes. Reichman a néanmoins créé un «cabinet fantôme» à la mode anglaise. Avec un «ministre de l'Instruction publique et de la Civilisation» (l'universitaire Guy Millières). En matière d'éducation, le programme présente des parentés avec ceux du FN et surtout du MNR de Bruno Mégret, mais il se rattache surtout aux idées défendues par Charles Millon, ex-président de la région Rhône-Alpes élu avec les voix du FN. Un autre site assure la promotion de Claude Reichman : les4vérités.com, qui renvoie dans sa rubrique «Partenaires» aux sites de National hebdo et de Présent. Elle incite à ne pas manquer l'émission de Reichman sur Radio Courtoisie. les4vérités.com sont publiées par l'ancien journaliste Alain Dumait, qui a successivement travaillé, entre 1970 et 1979, à Valeurs actuelles, au Figaro, à France-Soir, à Antenne 2 et à l'Express avant de créer «Contribuables associés», association violemment anti-service public. L'adjoint d'Alain Dumait est François Laarman, impliqué dans des actions de lobbying pour la défense du libéralisme, des consommateurs et des contribuables.

Or, la famille Laarman est intimement liée à SOS Education. Isabelle, 25 ans, nièce de François, était dans la délégation de SOS Education qui a été reçue au ministère. Ainsi que Vincent, son frère, qui apparaît sur la photo aux côtés de Xavier Darcos. Par ailleurs, Isabelle résidait encore fin 2002 dans le XVe arrondissement de Paris, dans le logement qui a servi de premier siège social à SOS Education. Enfin, Vincent Laarman est présenté comme un des correspondants de l'organisation américaine The Separation of School and State Alliance (Alliance pour la séparation de l'école et de l'Etat). Cette dernière ne réclame rien moins que le renvoi complet de l'éducation à la sphère privée.

Concordance. Cette offensive de lobbying venant des ultralibéraux a inquiété l'Unsa- Education. Le syndicat relève en effet une troublante concordance entre les annonces de Raffarin en matière de décentralisation ou d'autonomie des établissements et certains points du «programme» de SOS Education. Idem de la tonalité générale des discours de l'Education nationale depuis huit mois sur une école qui serait «en panne» et manquerait «d'efficacité». Pour autant, les réseaux libéraux qui s'étaient structurés voici dix ans à l'Education nationale, et dont Xavier Darcos était un des animateurs, semblent étrangers à la nébuleuse dans laquelle s'inscrit SOS Education. A ce jour, l'association, qui revendique entre 18 000 et 20 000 adhérents, n'a pas répondu à nos questions.

(1) Disposition fiscale qui n'implique aucun contrôle a priori. Cette mention n'a rien à voir avec la déclaration dite «d'utilité publique».

***

Je comprends mieux.... Le site de SOS éducation est édifiant. Je ne mets même pas le mien tiens, manquerait plus que je leur fasse de la pub.

 

03/12/2008

Derniers nomades ou déchets ?

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ÇA SE PASSE EN FRANCE... Ironie volontaire, provocation, message subliminal adressé aux nomades? Faut-il rester indifférent ou commenter cette image, détruire cette pancarte insolite, ou envoyer la photo au Canard Enchainé? Les mots "voyage"  et "accueil"  associés à " déchetterie"  ont en tout cas  interpellé l'équipe de Randomona, association de Voyage à Visage Humain. Nous n´aurions jamais imaginé  qu´un urbaniste zélé - ou une municipalité insouciante - puisse associer de façon aussi provocante l´image humaniste que nous devons cultiver des derniers peuples nomades de la planète au lieu de dépôt de nos rebuts...

      Depuis une dizaine d'années Randomona organise des voyages dans les dernières contrées du monde ou vivent des peuples nomades en totale harmonie avec leur environnement. Ces derniers ont tout conservé des valeurs humaines que les peuples sédentaires ont soigneusement détruites au cours des siècles, malgré les préconisations de Rousseau et les idées des lumières... Aujourd'hui nous pouvons considérer que les nomades sont les dépositaires légitimes de nos derniers sens humains perdus dans la tourmente de la modernité.

      Leur pauvreté économique est souvent compensée par leur adaptabilité aux aléas climatiques et environnementaux, ainsi qu´aux changements imposés par l´introduction dans leurs propres milieux de vie de contraintes auxquelles ils savent encore et toujours répondre pour survivre: rétrécissement de leurs aires de pâturage, fermeture des frontières sur leurs territoires traditionnels de transhumance et d´échanges commerciaux, tentatives de sédentarisation forcée. Le régime communiste de la Mongolie des années 1940, pourtant le moins enclin à la tolérance, avait même fini par admettre que seul le nomadisme pourrait garantir le maintien en bonne santé d´un cheptel dont seuls les nomades connaissaient les exigences. Ce régime dictatorial avait fini par abandonner en partie ses tentatives de sédentarisation...

      Alors comment expliquer que, consciemment ou inconsciemment, comme le suggère le libellé de cette association de pancartes, une municipalité d´un pays prétendument tolérant et accueillant puisse se laisser aller a l´idée du rejet de celles et ceux qui, par leur mobilité, leur culture de l´échange et de l´accueil, leur extraordinaire capacité d´adaptation mériteraient plutôt d´être honorées? Jean-Jacques et les autres brillants inspirateurs des privcipes d'égalité et fraternité auraient de quoi méditer sur cette cause. Leurs réflexions rejondraient les idées émises ces temps-ci sur le concept d'intégration si cher  aux politiques d'aujourd'hui. 

      Déjà la locution "gens du voyage"  constituait un euphémisme que nous avons toujours jugé mal à propos.

Appelons un chat un chat: les nomades peuvent être fiers d'exister encore... Si l'ironie, comme l'aveuglement, n'ont pas de limite, craignons l'avènement prochain d'une autre méprise qui mentionnerait sur la pancarte du bas la direction d'un lieu de "recyclage" : trier pour mieux soumettre, un concept plus qu'inquiétant à l'heure de la mondialisation. Le contraire du rapprochement entre les peuples auquel nous croyons. Faisons notre le mot de de Jacques Legrand: " Le nomadisme n’est pas une anomalie, c’est l’un des modes par lesquels l’homme a colonisé et colonise la planète..." 

Jean-Marc Percier

Président de Randomona

http://www.randomona.com/new/spip/

 

02/12/2008

Des rafles aujourd'hui ?

Emmanuel Terray

Le quotidien français Le Monde a refusé de publier ce texte.
"A partir du moment où la police se livre à des interpellations massives opérées à l’improviste dans une certaine population, eh bien il y a rafle ! Effectivement, le terme de rafle a été utilisé dans plusieurs circonstances historiques. Au moins deux, dans l’espace de mon existence. "

Source: Afriqu'Echos Magazine
Titre original : Quand on veut interpeller des indésirables, il faut aller les chercher là où ils sont
Propos recueillis par Karl Laske.


Anthropologue, ancien directeur du Centre d’études africaines (EHESS-CNRS) entre 1984 et 1991, et membre de la Ligue des Droits de l’Homme, Emmanuel Terray est l'auteur d'un texte dont le Monde a refusé la parution « 1942-2006: réflexions sur un parallèle contesté », mais qui circule sur le net, et que l'on peut lire sur l'un des sites (http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1810
) de la ligue des droits de l'homme ou sur celui de resf.

25/09/2007

«Pendant la guerre bien entendu, l’exemple cité par le Petit Robert, c’est la rafle du Vel d’Hiv. Il y a eu aussi des rafles pendant la guerre d’Algérie, et il se trouve qu’à ce moment-là, j’ai assisté à certaines de ces rafles, en tous cas l’une d’entre elles, le 17 octobre 1961, où une manifestation pacifique, désarmée, a été proprement raflée par la police. A partir du moment où de telles opérations ont lieu, et elles ont lieu, je ne vois pas pourquoi on n’emploie pas le mot rafle. Le mot rafle s’écrit avec une minuscule, c’est nom commun. C’est par une sorte de pudeur ou de scrupule incompréhensible que ce terme n’est pas employé. » (…)

« Ce qui fait le caractère suprêmement tragique des rafles de 1942, dont je rappelle qu’elles sont effectuées pour l’essentiel par la police française, c’est qu’au terme de la rafle, la police française remet les gens qu’elle a capturé aux Allemands. Elle les remet aux nazis et à partir de ce moment-là, ils sont déportés, ils partent d’abord à Drancy, puis à Compiègne, et ils sont mis dans des trains en direction de l’Allemagne et à ce moment-là la police française se désintéresse de leur sort. C’est cette présence allemande qui fait tout le caractère unique et extraordinairement tragique de l’extermination de 1942, et bien entendu aujourd’hui, il n’y a pas extermination, et il n’y a pas Allemands. Mais en revanche si l’on regarde l’attitude de la police française, les similitudes apparaissent. »

« La première similitude, c’est le fait qu’un certain nombre d’individus qui vivent parmi nous, qui sont installés sur notre territoire, sont désignés comme des indésirables. Et ces indésirables, on décide de s’en débarrasser en les mettant dehors. La deuxième similitude est commandée par la nature des choses : à partir du moment où l’on veut interpeller des suspects collectivement désignés, il n’y a pas beaucoup le choix. Les techniques existent.

C’est la convocation piège dans les préfectures, qui était déjà pratiquée en 1942. C’est la rafle, l’arrestation massive. C’est l’interpellation des enfants dans les écoles. On a beau me dire que les deux situations n’ont aucun rapport, c’est quand même la première fois depuis les années 1940-1945 que des enfants sont interpellés dans des écoles. C’est l’interpellation des gens à leur domicile comme ça s’est produit à Amiens, avec les conséquences tragiques que l’on connaît. Techniquement parlant quand on veut interpeller des indésirables, il faut aller les chercher là où ils sont. Le fait que la police française se soit vue fixer des objectifs chiffrés en la matière, et sur lesquels les responsables sont jugés par leur hiérarchie, a pour conséquence que cette chasse prend des formes tout à fait spectaculaires. »

« Ce qui c’est passé à deux pas de votre journal, place de la République, l’année dernière, à l’occasion des Restaurants du cœur, où la police est venu interpeller une trentaine de sans-papiers après en avoir contrôlé bien davantage, c’est une rafle. J’ai ici le rapport de la Cimade, il y a une rubrique rafles et une liste de rafles vous est indiquée : liste des rafles et nombre de personnes placées en rétention recensées par la Cimade. Ce document est dans le domaine public, chacun peut le consulter. Et la Cimade, qui est experte en la matière puisqu’elle était déjà sur ce front en 1940-42, n’hésite en aucun cas à parler de rafles, je ne vois pas pourquoi je m’abstiendrais d’en parler. »

« Les méthodes policières sont commandées par la nature des choses : c’est un problème technique. A partir du moment où vous voulez interpeller des gens qui n’ont pas commis de délit particulier, sauf celui d’être là, ou bien c’était celui d’être juif en 1942, vous allez les chercher là où ils sont, vous leur tendez des pièges pour les amener dans les préfectures, vous allez mettre des dispositifs policiers pour les interpeller dans les quartiers où ils habitent. Il faut savoir que cette année au métro Belleville, c’est pratiquement chaque semaine que les opérations de ce genre ont lieu. D’après ce que m’ont raconté les habitants du quartier, une semaine ce sont les Chinois, une autre semaine ce sont les Arabes, probablement en fonction des avions qu’il faut remplir, et ce sont des rafles qui sont ciblées sur des populations déterminées.»

« Une des conséquences de tout cela, c’est quand même le fait extrêmement grave que désormais, c’est par centaines que les enfants sont enfermés en centre de rétention. La Cimade le mentionne : les chiffres pour 2005 sont de l’ordre de 400. Et je pense qu’aujourd’hui ils ont beaucoup augmenté. Les parents sont soumis au chantage : ou bien vous les emmenez avec vous, ou bien on les met à la Ddass. C’est quand même extrêmement grave que des enfants de trois à six ans soient enfermés dans des centres de rétention. Ultime parallèle : quand la Cimade a interpellé les autorités sur ce placement des enfants en rétention, en leur disant "mais les enfants n’ont pas à être en rétention puisqu’ils ne sont pas expulsables", la réponse de l’administration a été “oui mais nous agissons dans un but humanitaire pour ne pas séparer les parents des enfants“. Eh bien, je le dit brutalement, j’appelle ça la jurisprudence Laval –Bousquet, parce que c’est exactement la réponse que Laval et Bousquet ont faite aux autorités chrétiennes quand les autorités chrétiennes leur ont demandé de ne pas interpeller les enfants juifs, Laval et Bousquet leur ont répondu qu’ils faisaient cela dans un but humanitaire pour ne pas les séparer de leurs parents. On peut penser qu’il s’agit d’une pure et simple coïncidence, n’empêche que la réponse est mot pour mot la même. »

01/12/2008

Grand frère

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les opérations des forces de l'ordre au sein des établissements scolaires

 


podcast
La FCPE

du Gers condamne les opérations des forces de l'ordre au sein des établissements scolaires

 

 


 mercredi 26 novembre 2008
 
Quelques jours à peine après la révélation du scandale des conditions dans lesquelles s'est déroulée la semaine dernière une opération anti-drogue au sein du Centre de  Formation des Apprentis de la Chambre de Métiers de Pavie (Gers), les parents d'élèves sont outrés d'apprendre qu'au même moment se menait une opération similaire dans un  collège du département, celui de Marciac.
 
Cette fois encore, le comportement des militaires est révoltant, attesté par de nombreux témoignages croisés et concordants. Entrée dans les classes sans prévenir, simple avertissement lancé à la cantonade : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! », entrée du  chien qui s'acharne sur les affaires scolaires et les vêtements de certains élèves, sortie de ces élèves dans le couloir, fouille au corps de gamines de 13 ans ! Commentaires  insultants : « On dirait qu'lle na pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... ».
 
Les enseignants sont, semble-t-il, restés pétrifiés et muets de stupéfaction et les élèves de 4e et 3e, visés par l'opération, en sortent traumatisés.
 
Même sils comprennent l'existence nécessaire d'opérations anti-drogue, les parents d'élèves FCPE du Gers estiment que l'École ne doit pas en être le théâtre. Ils sont une nouvelle fois révoltés par la dérive répressive et liberticide de l'état policier que risque de devenir la France. Les descentes des forces de police et de gendarmerie dans les établissements scolaires rappellent des temps sordides que tous espéraient avoir oubliés depuis plus de 60 ans.
 
Avec de tels comportements schizophrènes, la République française est en train de se tirer une balle dans le pied : d'un côté, elle prétend éduquer ses futurs citoyens dans ses écoles aux frontispices desquels s'affiche encore la devise « Liberté Egalité Fraternité » ; de l'autre, elle fait investir ces mêmes lieux par ses forces de l'Ordre ( ?) aux attitudes franchement agressives et irrespectueuses envers des enfants victimes, terrorisés par ceux-là-mêmes qui sont sensés les défendre ; des enfants bafoués dans leurs droits les plus élémentaires et traumatisés.
 
La France voudrait créer des générations de rebelles aux représentants de la loi quelle ne s'y prendrait pas autrement.
 
 C'est pourquoi, les parents d'élèves FCPE du Gers appellent solennellement le Préfet et le Procureur de la République à faire cesser immédiatement ces opérations indignes de
 notre Etat de Droit, défenseur jusque à présent des libertés individuelles et respectueux de la Déclaration Universelle des Droits de l'enfant.
 
 Ils appellent également tous les citoyens attachés aux valeurs de la République, toutes les associations rattachées à l'École, toutes les organisations démocratiques, les hommes
 politiques et les responsables institutionnels à s'opposer fermement à ces méthodes infamantes.

 

 

FSU et FCPE « vigilantes » sur les contrôles antidrogue

Les deux associations de parents d'élèves, FSU et FCPE, affirment, dans des communiqués de presse, rester « vigilantes » sur la manière dont sont menés les contrôles antidrogue et la prévention de lutte contre la drogue dans les établissements scolaires du département.

Rappelons que la semaine dernière, des gendarmes ont mené une « opération antidrogue » au Centre de formation des apprentis et au lycée de Mirande. Certains élèves et professeurs s'étaient avoués choqués par la venue des militaires et des chiens spécialisés dans la recherche de stupéfiants dans les classes.

La FSU vigilante

La FSU se dit « satisfaite et vigilante » : « L'inspecteur d'académie et le colonel de gendarmerie se sont rencontrés pour une remise à plat des dispositifs de lutte contre la drogue dans les établissements scolaires du département. Ils ont décidé de stopper les interventions prochainement prévues à l'intérieur des établissements. Elles vont être remplacées par des actions de prévention préparées avec les équipes éducatives, qui pourront inclure une démonstration du travail des chiens sur un mannequin. »

la FCPE plus virulent

La FCPE se montre plus virulente. « Si c'était vraiment le cas, la FCPE du Gers se déclarerait soulagée que son appel ait été si vite entendu. Cependant, la FCPE a quelques raisons d'être dubitative et craint que ces '' opérations de sensibilisation et de prévention '' ne servent qu'à masquer la poursuite insidieuse des contrôles répressifs. »

Par ailleurs, la FCPE du Gers adresse un avertissement solennel aux chefs d'établissements scolaires : puisqu'ils se déclarent sans cesse seuls maîtres à bord, les parents ne pourront que les considérer comme seuls responsables de problèmes, incidents ou dérapages lors d'éventuels contrôles à venir, malgré les annonces du jour. »

Auteur : G.R

07/11/2008

Du sang dans nos portables


RD Congo : comment nous alimentons la guerre la plus sanglante d'Afrique
Autor: Johann HARI Traductor: Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice

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Des Congolais jettent des pierres aux Casques bleus qui patrouillent sur la route à Kibati, à 25 km au nord de Goma. 

 

La guerre la plus meurtrière depuis l'invasion de l'Europe par Adolf Hitler recommence - et il est pratiquement certain que vous portez dans votre poche, un débris ensanglanté de ce massacre. A la vue de l'holocauste au Congo avec ses 5,4 millions de morts, le même vieux cliché sur l'Afrique ressort : c'est un "conflit tribal" "au coeur des ténèbres". Il n'en est rien. Une enquête des Nations Unies a constaté que cette guerre était menée par des «armées de business» pour s'emparer des mét aux qui permettent à notre société du 21ème siècle de faire bling bling. La guerre au Congo est une guerre qui vous concerne.

 

Chaque jour, je pense aux gens que j'ai rencontrés dans les zones de guerre de l'est du Congo lorsque j'y faisais des reportages. Les services hospitaliers étaient remplis de femmes qui avaient subi des viols collectifs par les milices et qui avaient blessées par balle au vagin. Les bataillons d'enfants soldats âgés de 13 ans, drogués, hagards, qu'on a obligés à tuer les membres de leurs propres familles pour les empêcher de s'enfuir et de retourner chez eux. Mais curieusement, alors que je regarde la guerre qui recommence sur CNN, je me prends à penser à une femme que j'ai rencontrée et qui, selon les critères congolais, n'avait pas trop souffert.

 

 

 

 

 

Un jour que, revenant d'une mine de diamants, je rentrais à Goma, ma voiture a crevé. Pendant que j'attendais qu'elle soit réparée, je me tenais au bord de la route et je regardais les longues colonnes de femmes qui titubent sur chaque route de l'est du Congo, transportant tous leurs biens sur leur dos, cet amas d'affaires les handicapant terriblement.  J'arrêtai une femme de 27 ans qui s'appelait Marie-Jeanne Bisimwa et qui avait quatre petits enfants accrochés à elle. Elle me raconta qu'elle avait de la chance. Oui, son village avait été brûlé. Oui, elle avait perdu son mari quelque part dans le chaos. Oui, sa sour avait été violée et était devenue folle. Mais elle-même et ses enfants étaient en vie.

 

Je l'ai emmenée dans ma voiture, et ce n'est qu'après quelques heures de discussion sur les routes défoncées que j'ai remarqué que quelque chose ne tournait pas rond avec les enfants de Marie-Je anne. Ils étaient affaissés, le regard fixe. Ils ne regardaient pas autour d'eux, ne parlaient pas, ne souriaient pas. "Je n'ai même pas pu les nourrir," m'a-t-elle dit, "à cause de la guerre."

 

Leurs cerveaux ne se s'étaient pas développés et ne se développeront jamais plus. "Est-ce qu'ils vont aller mieux ?", m'a-t-elle demandé. Je l'ai déposée dans un village à la périphérie de Goma et ses enfants l'ont suivie en trébuchant, inexpressifs.

 

Il y a deux histoires sur l'origine de cette guerre : l'histoire officielle et la véritable histoire. L'histoire officielle est qu'après le génocide au Rwanda, les Hutus, auteurs des massacres, traversèrent la frontière et fuirent au Congo. Le gouvernement rwandais les aurait poursuivis. Mais ceci est un mensonge. Comment le savons-nous ? Le gouvernement rwandais n'est pas allé à la poursuite des Hutus génocidaires, en tout cas, pas dans un premier temps. Il est allé là où se trouvent les re ssources naturelles du Congo et a commencé à les piller. Ils ont même dit à leurs troupes de travailler avec les Hutus qu'elles rencontreraient. Le Congo est le pays le plus riche au monde en or, en diamants, en coltane*, en cassitérite et autres minerais. Tout le monde en voulait une part, c'est pourquoi six autres pays ont envahi le Congo.

 

Ces ressources n'ont pas été volées pour être utilisées en Afrique. Elles ont été raflées afin de nous être vendues. Plus nous en achetons, plus l'envahisseur pille et massacre. L'augmentation du nombre des téléphones portables a créé une hausse des morts car le coltane qu'ils contiennent se trouve essentiellement au Congo. Les Nations Unies ont cité les sociétés internationales qui seraient, selon elles, impliquées dans ce pillage : Anglo-America, Standard Chartered Bank, De Beers et une centaine d'autres (toutes ces sociétés ont démenti ces accusations). Mais au lieu d'arrêter ces entreprises, nos gouvernements ont demandé aux Nations Unies d'arrêter de les critiquer.

 

Il y a eu des périodes où les combats ont faibli. En 2003, un accord de paix a finalement pu être négocié par les Nations Unies et les armées étrangères se sont retirées. Beaucoup ont continué à travailler à travers des milices amies mais le carnage a quelque peu diminué. Jusqu'à maintenant. Comme pour la première guerre, il y a l'histoire publique officielle et la vérité. Un chef de milice congolaise, nommé Laurent Nkunda, soutenu par le Rwanda, a déclaré qu'il devait protéger la population tutsi locale des mêmes génocidaires hutus qui étaient restés cachés dans les jungles de l'est du Congo depuis 1994. C'est pourquoi il s'empare aujourd'hui des bases militaires congolaises et il est en train de marcher sur Goma.

 

C'est un mensonge. François Grignon, directeur pour l'Afrique du groupe de réflexion International Crisis Group m'a dit la vérité : «Nkunda est financé par le s entrepreneurs rwandais qui, ainsi,  peuvent garder le contrôle des mines du Nord-Kivu. C'est le coeur absolu du conflit.  En fait, ce à quoi nous assistons, c'est uncombat des bénéficiaires de l'économie de guerre illégale pour conserver leur droit d'exploitation.»

 

En ce moment, les businessmen rwandais font une fortune avec les mines dont ils se sont emparés illégalement durant la guerre. Le prix mondial du coltane s'effondre, alors maintenant ils se concentrent avidement sur la cassitérite, qui est utilisée pour faire des boîtes de conserve et d'autres produits de consommation courante. Quand la guerre a commencé à faiblir, ils ont vu qu'ils perdaient leur contrôle face au gouvernement congolais élu, c'est pourquoi ils ont réamorcé la guerre de façon sanglante.

 

Mais le débat sur le Congo en Occident (quand il y en a un) se concentre sur notre incapacité à fournir un pansement, sans même évoquer le fait que nous so mmes ceux qui avons provoqué la blessure. C'est vrai que les 17 000 Casques bleus présents dans le pays échouent, de manière catastrophique, à protéger la population civile, et ont un besoin urgent d'être renforcée. Mais il faut surtout cesser d'alimenter la guerre, tout d'abord en arrêtant d'acheter des ressources naturelles ensanglantées. Si Nkunda a assez d'armes à feu et de grenades pour combattre l'armée congolaise et les Nations Unies c'est uniquement parce que nous lui achetons son butin. Nous devons poursuivre en justice les entreprises qui achètent ces ressources, pour complicité de crimes contre l'humanité, et introduire une taxe mondiale sur le coltane pour financer une force de paix conséquente. Pour en arriver là, nous avons besoin de construire un système international qui accorde plus de valeur à la vie de Noirs qu'au profit.

 

Quelque part là-bas, perdus au milieu du grand pillage international des ressources du Congo, se trouvent Marie- Jeanne et ses enfants, qui errent à nouveau, claudiquant, le long de la route, portant tout ce qu'ils possèdent sur leurs dos. Ils n'utiliseront sans doute jamais de téléphone portable plein de coltane, ni de boîte de haricots en cassitérite fondue, ni ne porteront de colliers en or, mais il se pourrait qu'ils meurent pour un de ces produits que nous consommons.

 

 





* Le coltan
(version abrégée de « Colombite-Tantalite »)
est un minerai métallique, que l'on trouve principalement dans l'est de la République démocratique du Congo. Une fois raffiné, le coltan produit du tantale métallique, qui peut stocker des charges électriques élevées et est par conséquent employé dans les condensateurs qui entrent dans la composition des téléphones mobiles et des Playstations, entre autres.


Voir le reportage de Patrick Forestier, Du sang dans nos portables



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Source : Johann Hari: How we fuel Africa's bloodiest w ar

Article original publié le 30/10/2008

Sur l'auteur

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner l'auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

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28/10/2008

Quelle sera demain la politique internationale des USA ?

Après Bush, chacun espère un changement ou craint le pire. McCain ou Obama ? Qu'est-ce que cela changera pour l'Irak, l'Afghanistan, la Palestine, l'Afrique, le Caucase, Cuba ou le Venezuela ? Et dans les relations avec les grandes puissances : Europe, Japon, Russie, Chine ? Nous ne pensons pas que la politique internationale des Etats-Unis se décide à la Maison-Blanche. En fait, l'élite US est actuellement hésitante sur la stratégie à suivre dans les prochaines années. Ce texte analyse les deux options qui s'offrent à elle. La crise économique rend la question encore plus brûlante: comment les Etats-Unis s'y prendront-ils pour rester la superpuissance qui domine le monde ? Ce texte est extrait de notre livre Les 7 péchés d'Hugo Chavez (chapitre 11 : Les Etats-Unis, l'or noir et les guerres de demain) à paraître prochainement. Dans les pages qui précèdent, ont été expliquées les raisons de l'ascension, puis du déclin des Etats-Unis. Investig'Action a jugé urgent de publier déjà cet extrait pour éclairer les débats en cours sur les élections aux USA... L'échec de Bush Quel bilan peut-on tirer de cette guerre globale menée par l'administration Bush à partir du 11 septembre ? Négatif. Pratiquement partout... En Afghanistan et en Irak, les Etats-Unis ont déclenché deux guerres qu'ils ont été incapables de gagner et qu'ils ne gagneront jamais. Bush aurait bien voulu en déclencher une troisième contre l'Iran, mais trop affaibli, il a dû y renoncer. Le but de cette guerre était d'assurer à Washington le contrôle du pétrole. En cinq ans, il a grimpé de 25 dollars à plus de 100 dollars, avec des conséquences très négatives pour l'économie US et mondiale. En Amérique du Sud, les Etats-Unis ont perdu, entièrement ou partiellement, le contrôle de presque toutes leurs colonies : Venezuela, Bolivie, Equateur, Uruguay, Paraguay, Argentine et Brésil. Ne leur restent, à l'heure où nous écrivons ces lignes, que le Pérou, le Chili et la Colombie. En Afrique aussi, la résistance a marqué des points. Le Congo de Kabila a refusé de se mettre à genoux. Et quand Washington a cherché un endroit pour installer le centre de son nouveau commandement militaire Africom, tous les pays ont poliment refusé. Il a finalement fallu se rabattre sur le Maroc, au prix de certaines concessions financières. De même, en Asie du Sud, un groupe de stratèges US s'inquiétait récemment de la montée des résistances dans toute la région et proposait de renforcer la 'capacité de projection' des Etats-Unis en Asie du Sud. Dans leur jargon, ça veut dire les moyens d'organiser des débarquements militaires, des bombardements ou des coups d'Etat soutenus. Mais il s'empressait de signaler qu'en raison de l'impopularité des Etats-Unis dans cette région, il serait impossible de trouver un pays pouvant accueillir le siège de cette force US. (1) Même chez les alliés européens, la politique de Bush a provoqué des résistances. Ainsi, au sommet de l'Otan à Bucarest, en avril, George Bush a réclamé une nouvelle expansion pour intégrer cette fois l'Ukraine et la Géorgie, deux pistolets braqués sur la Russie. Mais il a essuyé un refus, ferme et public, de l'Allemagne, de la France, de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique, de la Hollande et du Luxembourg, peu désireux de se fâcher avec Moscou qui fournit leur gaz. Steve Erlanger et Steven Lee Myers, deux analystes proches du Pentagone, y ont vu « un échec notable de la politique des Etats-Unis dans une alliance normalement dominée par Washington » (2). En Russie justement, le ton monte. Moscou refuse l'installation sur le continent européen des armes que les Etats-Unis appellent un bouclier antimissile : « Si une partie du potentiel nucléaire des Etats-Unis est en Europe (...), nous devrons avoir des cibles en Europe » (3). D'ailleurs, en mai 2008, la Russie a testé un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, « en réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires », a déclaré Poutine. Washington certifie pourtant que le bouclier antimissile n'est pas dirigé contre la Russie, mais seulement contre des Etats comme l'Iran. Mais Poutine rétorque : « Aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes. » (4). Tout comme la Russie, la Chine n'a pas reculé non plus devant les multiples campagnes et pressions organisées par Washington. L'élite US se divise Il y a dix ans, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et stratège le plus important des Etats-Unis, publiait Le Grand Echiquier, sorte de mode d'emploi du « Comment rester la seule superpuissance dominant le monde » (5) . Il y expliquait, avec la brutalité de quelqu'un qui n'est plus aux affaires, que Washington devait absolument affaiblir ses rivaux : Russie, Chine, mais aussi Europe et Japon, et les empêcher de s'allier entre eux. Diviser pour régner. Aujourd'hui, quel est le bulletin de George Bush, sur base des critères définis par Brzezinski ? A-t-il réussi à affaiblir les grandes puissances rivales ? Disons : mention assez bien en ce qui concerne le Japon, assez bien (pour l'instant) en ce qui concerne l'U.E., mais mauvais en ce qui concerne la Russie, et très mauvais en ce qui concerne la Chine. Globalement, Bush a provoqué tant de résistances que la domination des Etats-Unis s'est affaiblie. Les secteurs qui l'avaient porté au pouvoir - armement, pétrole, automobile, défense, compagnies pharmaceutiques - constatent que les guerres de Bush n'ont apporté ni de grands profits, ni de nouvelles zones d'exploitation. En fait, elles ont coûté davantage qu'elles n'ont rapporté. Et l'administration Bush s'est révélée être un petit cercle restreint, pensant beaucoup à s'en mettre personnellement plein les poches, mais incapables de finesse tactique et de réelle vision à long terme. Une fois l'échec devenu évident, les divisions se sont exacerbées au sein de l'élite US, et même de l'administration Bush. A partir de 2006, les néocons ont dû céder du terrain. Ils ont dû accepter le remplacement du ministre de la Guerre, Donald Rumsfeld, par Robert Gates, un homme de la Trilatérale et de la tendance Brzezinski. Le nouveau ministre a en quelque sorte admis la faiblesse du militarisme US dans un discours prononcé devant les élèves de l'Académie militaire de West Point : « Ne combattez pas à moins d'y être obligés. Ne combattez jamais seuls. Et ne combattez jamais longtemps. » (6). Puis, la commission bipartisane Baker - Hamilton a condamné la tentative de Bush de remodeler le 'Grand Moyen-Orient' comme étant irréaliste et elle a prôné au contraire une approche plus tactique envers la Syrie et l'Iran. Même au sein des services secrets et de l'Armée, plusieurs frondes se sont déclenchées. En décembre 2007, lorsque Bush a voulu préparer une attaque contre l'Iran sous le classique prétexte des armes de destruction massive, seize services de renseignement US ont surpris tout le monde en publiant un rapport qui constatait que l'Iran avait suspendu son programme nucléaire militaire depuis au moins 2003. « Le déclin des Etats-Unis est inévitable » (Zbigniew Brzezinski) Dans son livre, Brzezinski proposait une stratégie agressive et machiavélique pour sauver l'Empire US. Mais lui-même, croit-il que ça marchera ? Aussi surprenant que ça paraisse, la réponse est : Non. « A long terme, la politique globale est vouée à devenir de moins en moins propice à la concentration d'un pouvoir hégémonique dans les mains d'un seul Etat. L'Amérique n'est donc pas seulement la première superpuissance globale, ce sera très probablement la dernière. » (p. 267) La raison tient dans l'évolution de l'économie : « Le pouvoir économique risque aussi de se disperser. Dans les prochaines années, aucun pays ne sera susceptible d'atteindre 30% environ du PIB mondial, chiffre que les Etats-Unis ont maintenu pendant la plus grande partie du 20ème siècle, sans parler de la barre des 50% qu'ils ont atteinte en 1945. Selon certaines estimations, l'Amérique pourrait encore détenir 20% du PIB mondial à la fin de cette décennie pour retomber à 10-15% d'ici l'an 2020, tandis que les chiffres d'autres puissances - l'Europe, la Chine, le Japon - augmenteraient pour égaler approximativement le niveau des Etats-Unis. (...) Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé, la suprématie dont jouit aujourd'hui l'Amérique ne pourra être assurée par aucun Etat isolé. » (p. 267-8) « Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé ». Brzezinski ne parle donc pas d'une possibilité, mais d'une certitude. Il écrit cela en 1997. Aujourd'hui, il est devenu clair que le déclin est bel et bien amorcé. Le monde devient multipolaire. Mais peut-être Brzezinski est-il un pessimiste isolé ? Peut-être que les néocons qui ont inspiré Bush sont plus 'optimistes', si l'on ose employer ce mot ? Eh bien, en fait, pas beaucoup plus. Dans le texte fondateur de toute la politique de l'administration, le Project for a New American Century (PNAC), rédigé en 1992 par Paul Wolfowitz et ses amis, on trouve évidemment toute l'idéologie de la nouvelle croisade militariste, mais aussi une remarque qui attire l'attention : « Actuellement, les Etats-Unis ne rencontrent aucun rival mondial. La grande stratégie de l'Amérique doit viser à préserver et étendre cette position avantageuse aussi longtemps que possible (...) Préserver cette situation stratégique désirable dans laquelle les Etats-Unis se trouvent maintenant exige des capacités militaires prédominantes au niveau mondial. » (7). « Aussi longtemps que possible ». Ici aussi, donc, on ne croit pas qu'il sera possible pour les Etats-Unis de rester éternellement les maîtres du monde. Voilà bien un grand paradoxe. Le monde entier craint les Etats-Unis. Mais les dirigeants US, eux, savent qu'ils sont aux commandes du Titanic. Et pour sauver l'Empire autant que possible, ils sont partagés entre deux options... Deux options pour sauver l'Empire Quelle sera la politique internationale des Etats-Unis dans les années qui viennent ? Le choix de tel ou tel président est certes une indication. Mais pas décisive. Rappelons que, durant la campagne présidentielle de 2000, George Bush avait promis une politique internationale beaucoup plus humble et moins interventionniste que son prédécesseur ! Tandis que l'autre candidat, Al Gore, avait proposé un budget militaire plus élevé que celui de Bush. Nous pensons que les grandes orientations de politique internationale ne sont pas décidées par les présidents, mais par les multinationales. En fonction de leurs besoins du moment et de leur évaluation du rapport de forces mondial. Et justement, après le bilan d'échec des années Bush que nous venons de décrire, l'élite US apparaît assez divisée sur la marche à suivre. Comment se sortir de cette situation délicate ? La première option possible, c'est l'option militariste. Les néocons de Bush l'ont incarné ces dernières années avec la stratégie Wolfowitz. L'agression et l'intimidation comme stratégie générale. Multiplier les guerres, gonfler au maximum les commandes au complexe militaro-industriel pour tirer la croissance et la domination des multinationales US, pour intimider aussi les alliés et les rivaux. L'autre option, c'est celle défendue par Brzezinski et qu'il aime à appeler 'soft power' (le pouvoir en douceur). D'autres parlent d'un 'impérialisme intelligent'. En fait, il s'agit de réaliser les mêmes objectifs des Etats-Unis, mais par des formes de violence moins directes, moins visibles. En comptant moins sur les interventions militaires US, très coûteuses, et davantage sur les services secrets, les manoeuvres de déstabilisation, les guerres par pays interposés, et sur la corruption aussi... Cinq généraux de l'Otan préparent un gouvernement mondial... La première option consiste à militariser encore davantage la vie politique et à multiplier les guerres. Bush au carré. En janvier 2008, cinq ex-généraux de l'Otan ont présenté un document préparatoire à une rencontre au sommet de l'OTAN à Bucarest (8). Leurs propositions révèlent une tendance absolument effrayante. Et ce qui donne beaucoup de poids à leur document, c'est que tous exerçaient, jusqu'il y a peu, des fonctions au plus haut niveau. Le général John Shalikashvili était chef de l'état-major US et commandant en chef de l'Otan en Europe, le général Klaus Naumann dirigeait l'armée allemande et présidait le comité militaire de l'Otan en Europe, le général Henk van den Breemen était chef de l'état-major hollandais, les mêmes fonctions étant occupées en France par l'amiral Jacques Lanxade tandis que Lord Inge dirigeait l'état-major et le service de la Défense en Grande-Bretagne. Rien que des grosses pointures. Et très agressives, comme nous allons le voir... Page 6 : « [Les auteurs] proposent des pistes sur la façon de surmonter une rivalité possible avec l'UE et de permettre à l'OTAN d'accéder à des instruments non militaires. » Deux remarques. 1. En fait, cette rivalité n'est pas seulement possible, elle est tout à fait réelle. Dans quel sens voudront-ils la surmonter ? 2. Que signifie pour l'Otan « accéder à des instruments non militaires » ? S'agit-il d'obtenir une emprise plus forte sur la vie civile des sociétés occidentales ? Page 7 : « Afin d'initier le processus, ils proposent d'établir un directorat réunissant les Etats Unis, l'UE et l'OTAN. Il aurait pour mission de coordonner toutes les opérations dans la sphère atlantique. » Un super - gouvernement mondial, donc. Pour réaliser quels objectifs ? Les Cinq nous l'expliquent page 42 : « Ce qui attend les alliés occidentaux, c'est la défense proactive, soutenue sur le long terme de leurs sociétés et de leur mode de vie. » 'Défendre notre mode de vie' fut déjà un argument employé par le père Bush pour déclencher la première guerre contre l'Irak. En fait, 'mode de vie' est une façon hypocrite de désigner la domination des multinationales sur la vie économique. Domination qui a pour effet de maintenir la moitié de l'humanité dans la pauvreté. Le but des Cinq, est bien d'employer les moyens militaires pour maintenir le fossé riches - pauvres. Pour qui en douterait, on précise page 92 : « Les objectifs de notre stratégie sont de préserver la paix, nos valeurs, le libéralisme économique et la stabilité. » Préserver la stabilité des multinationales, donc. Et contre quel ennemi ? Les auteurs fournissent quelques exemples de ce qu'il ne faut pas tolérer dans le tiers monde. Page 52 : « Nous avons des exemples moins importants d'aide non souhaitable : du Venezuela au régime cubain ». Le gendarme mondial s'arroge le droit d'intervenir partout contre tout pays posant des actes qui déplaisent aux multinationales. Mais parmi tous les indésirables, quel est l'ennemi principal ? La réponse vient page 44 : « La Chine est en mesure de faire grand tort aux économies US et mondiale en s'appuyant sur ses énormes réserves en dollars. » Et page 52 : « La Chine est en mesure d'utiliser l'arme de la finance pour s'imposer en Afrique et acquiert la capacité de l'utiliser à beaucoup plus grande échelle - si tel est son choix. » Voici donc les bons et les méchants bien définis. Le libéralisme a besoin de l'Otan pour s'imposer au monde entier. Et pour mener cette guerre économique, de quels moyens l'Otan devrait-elle disposer ? Le droit international et l'ONU jetés par-dessus bord En fait, les cinq généraux se sentent frustrés. Page 76 : « L'un des principaux problèmes dans la conception stratégique actuelle de l'alliance atlantique est que ses actions restent essentiellement réactives plutôt que préventives, et sont limitées à des moyens militaires. » Page 91 : « Or une stratégie ambitieuse doit comprendre l'utilisation bien intégrée de tous les leviers disponibles, qu'ils soient politiques, économiques, militaires, culturels, sociaux, moraux, spirituels ou psychologiques. » Nous y voilà ! La Bande des Cinq entend déborder de ses tâches militaires et exercer une emprise sur le fonctionnement de la société civile. Au moins, le droit sera-t-il respecté par ce nouveau gouvernement mondial ? On en doute fortement... Pages 94-95 : « Un autre principe à respecter est la légalité. Toute action doit être légitime, autorisée et respecter le droit international. Voilà qui peut représenter un handicap considérable lorsque l'adversaire n'a aucun respect pour quelque loi que ce soit, mais agir différemment signifierait en fin de compte appliquer la loi de la jungle et miner notre propre crédibilité. Pourtant ce principe n'empêche pas qu'il faille adapter le droit international existant à un contexte international en constante évolution... » Dans cette citation, les premières phrases servent de pommade, le véritable contenu vient à la fin : 'adapter' le droit signifie en réalité le violer, nier les principes proclamés jusqu'à présent. Après Abou Ghraib, Guantanamo, la torture, les assassinats de chefs d'Etat, les vols clandestins et les prisons secrètes de la CIA, nous propose-t-on de combattre ces violations du droit ? Non, on propose de les légaliser en 'adaptant' le droit. Il faut rappeler que déjà les deux guerres contre l'Irak et celle contre la Yougoslavie ont violé le droit international, la charte de l'ONU et même la propre Charte de l'Otan. Mais, précisément, c'est de la légalité internationale que les Cinq veulent se débarrasser. Page 104-105 : « L'approbation des Nations - Unies peut ne pas être nécessaire selon l'article 51 de la Charte des Nations - Unies (légitime défense) et il est peut-être possible d'y renoncer au terme de la Convention sur le génocide. » « Vive la guerre préventive » ! Même nucléaire. On sera d'autant plus inquiet en lisant page 96 : « Ce qu'il nous faut, c'est une forme de dissuasion par refus proactif, où la préemption est une forme de réaction en cas de menace imminente et la prévention une tentative pour reprendre l'initiative et mettre fin au conflit. » 'Défense proactive', dans le jargon des militaires, désigne la guerre préventive bien que celle-ci soit interdite par le droit international. Ce terme revient sans cesse dans le document des Cinq. George W. Bush avait déjà invoqué une 'guerre préventive' contre le terrorisme. Comme Hitler en son temps. Car les agresseurs se réfugient souvent derrière le prétexte de prévenir un danger. En réalité, le droit international a toujours interdit explicitement les guerres prétendument préventives. Mais les craintes ne s'arrêtent pas là... Page 94 : « A première vue, l'arme nucléaire peut sembler disproportionnée; mais si l'on tient compte des dommages qu'elle prévient, il est possible qu'elle soit raisonnable. » Ici, éclate toute l'immoralité des cinq bandits. La guerre nucléaire est une atrocité et l'humanité n'a cessé de réclamer le démantèlement de ces armes de destruction massive. Voici qu'on prétend les justifier. Avec une hypocrisie qui ne peut tromper personne : 'prévenir des dommages'. Totalement flou et sans doute raciste : la vie des peuples adversaires ne vaut rien. La vérité est que ces généraux criminels, constatant que les bombardements classiques ne suffisent pas à briser les résistances, et que les guerres terrestres sont coûteuses et périlleuses pour les envahisseurs, ces généraux criminels avancent l'arme nucléaire comme solution au problème d'hégémonie mondiale des multinationales. « Préparer les esprits » On le voit, la marchandise que la Bande des Cinq prétend nous vendre est totalement pourrie et avariée. C'est pourquoi, prévoyants, ils comptent travailler l'opinion par des campagnes de propagande à long terme. Page 104 : « Ces mesures doivent s'accompagner d'efforts proactifs et coordonnés de communication dans les médias (...) Par ailleurs, cette campagne médiatique pourrait préparer les esprits à une intervention armée. » 'Préparer les esprits' ! Bien sûr, ce n'est pas nouveau... Tirant le bilan de la guerre contre la Yougoslavie (en 1999), qui fut le festival le plus réussi de la désinformation organisée, un général de l'Otan avouait, après la guerre, que de fausses informations avaient été systématiquement balancées, tandis que les informations gênantes étaient écartées ou marginalisées pour « anesthésier les opinions ». Il résumait ainsi la philosophie de l'Otan : « L'opinion, ça se travaille, comme le reste. » (9). A chaque guerre, d'ailleurs, les généraux occidentaux engagent des spin doctors, c'est-à-dire des agents publicitaires pour vendre leur guerre et manipuler l'opinion. Mais cette fois, on va beaucoup plus loin, il s'agit de toute une campagne à long terme pour conditionner l'opinion... Page 129 : « Il faut par conséquent que l'OTAN développe une stratégie d'information qui doit servir trois objectifs simultanément. Elle doit persuader le monde que l'OTAN est une force du bien. Elle doit se déployer avant que les adversaires commencent à répandre leurs informations, c'est-à-dire que l'OTAN doit imposer sa domination en matière de relations publiques. Elle doit gagner le coeur et l'esprit des habitants des pays de l'OTAN (à la justesse de l'attitude de l'alliance atlantique) mais aussi des populations dans les pays où se passe l'intervention armée. » « Imposer sa domination en matière de relations publiques ». L'information est conçue comme une guerre qui se gagne en éliminant les forces de l'adversaire. Il ne s'agit pas ici d'accusations gratuites : l'armée US a bombardé et emprisonné des journalistes d'Al-Jazeera, l'Otan a bombardé la télévision de Belgrade (17 tués), le Pentagone a préparé des plans pour éliminer les informations gênantes sur Internet dont le caractère démocratique dérange considérablement. Un plan de dictature mondiale Au début de leur document, les cinq généraux annonçaient « des pistes pour surmonter une rivalité avec l'U.E. » Comment vont-ils s'y prendre ? En fait, ils utilisent le cadre de l'Otan pour organiser la soumission de l'U.E. aux volontés de Washington... Page 137 : « Nous considérons que les forces multinationales sont la clé d'une modernisation rapide et peu onéreuse des forces de l'OTAN, mais nous soulignons que cette option n'est possible que si les Etats membres acceptent sans restriction que ces forces seront à la disposition de l'OTAN pour toute opération autorisée par le Conseil de l'OTAN. » Traduction : on obligera les armées européennes à obéir aux décisions de l'Otan (actuellement, l'unanimité est requise). Le plan des Cinq procure trois avantages aux Etats-Unis : 1. Intégrer des forces européennes dans leurs guerres. 2. Reporter les coûts sur les alliés. 3. Partager aussi l'impopularité. Le caractère antidémocratique des Cinq se manifeste clairement page 139 : « Nous choisissons de ne pas formuler nos propositions pour la réforme de l'UE de façon aussi détaillée que pour l'OTAN, et ceci pour deux raisons : tout d'abord un nouveau traité qui vient remplacer la 'constitution' désormais condamnée est actuellement adopté en douce, de façon à éviter de consulter les populations. » Leur plan vise bien à rendre impossible toute opposition. Page 144 : « Afin d'éliminer toute source d'irritation, il pourrait être décidé que c'est toujours d'abord au sein de l'OTAN qu'un point sera traité et que les membres de l'OTAN qui sont aussi membres de l'UE s'engagent à ne pas s'écarter du vote posé à l'OTAN quand le point est abordé dans des instances européennes. » Donc, une fois que l'Otan aura décidé, un pays européen n'aura plus le droit de s'opposer. En conclusion, ce plan de la Bande des Cinq, préparé par des gens qui ont été au sommet du pouvoir militaire mondial, indique une tendance significative dans cette élite. Leur plan de super - gouvernement mondial à trois (dominé en réalité par les Etats-Unis) jetterait à la poubelle tout vestige du droit international, légitimerait la guerre préventive et les armes nucléaires, organiserait la manipulation systématique des opinions. C'est un plan de nature fasciste. Voilà une des deux options auxquelles l'élite des Etats-Unis pense actuellement pour résoudre ses problèmes. L'autre est incarnée notamment par Zbigniew Brzezinski dont nous avons parlé plus haut... « L'impérialisme intelligent » ? Les stratèges militaires US distinguent trois types de guerres qu'ils peuvent déclencher : 1. Les guerres de haute intensité. Il s'agit des affrontements entre grandes puissances du type des deux guerres mondiales. 2. Les guerres de moyenne intensité. Elles comportent aussi un engagement militaire US direct mais contre des puissances beaucoup plus faibles. Comme l'Irak ou la Yougoslavie. 3. Les guerres de basse intensité. Elles ne comportent pas d'engagement militaire direct des Etats-Unis. Ceux-ci s'arrangent pour faire se battre les autres. Ils provoquent des conflits entre pays voisins, ou à travers des mouvements paramilitaires ou terroristes. Trompeur, le terme 'basse intensité' peut donner l'impression que les dégâts sont moindres. En réalité, ils ne sont moindres que pour les Etats-Unis. Ainsi, la guerre dite de 'basse intensité' que Washington a déclenchée contre le Congo (à travers les armées du Rwanda et de l'Ouganda voisins, et diverses milices) a fait cinq millions de morts et elle a paralysé le développement du Congo. La stratégie Brzezinski, à la différence de Bush, privilégie ces guerres de basse intensité. Elle n'est donc nullement plus morale, mais se veut juste plus intelligente. Mais Brzezinski propose aussi de recourir à d'autres formes d'intervention. Souvent, on ne pense qu'à la forme la le plus visible de l'agression : l'intervention militaire des Etats-Unis. En réalité, ils disposent de toute une panoplie. Si on veut établir une typologie complète, dans l'ordre d'intensité, on doit compter les formes suivantes : 1. Corruptions des dirigeants locaux. 2. Chantages sur ces dirigeants locaux. 3. Campagnes médiatiques de diabolisation. 4. Déstabilisations diverses. 5. Embargos et blocus commerciaux. 6. Coups d'Etat. 7. Provocations de séparatismes. 8. Guerres par intermédiaires. 9. Bombardements. 10. Occupations terrestres. Toute une gamme de méthodes, on le voit, et qui peuvent évidemment se combiner, mais qui constituent toutes des agressions. Bien sûr, tous les gouvernements US recourent à l'ensemble de ces méthodes, et pas seulement à certaines. Mais le dosage et les financements diffèrent. Après les crimes commis par Bush, on pourrait être tenté de se réjouir de voir un changement de méthodes. En réalité, si Washington décide de changer ses tactiques, il ne s'agira pas de pacifisme, mais seulement de rendre la brutalité moins visible. Il faut rappeler que Brzezinski, c'est l'homme qui a financé ben Laden en Afghanistan pour piéger l'Union soviétique dans une guerre de longue durée, coûteuse et briser son alliance avec le monde musulman. Brzezinski est très fier de son succès et ne manque pas une occasion de le rappeler. Si les Etats-Unis décident d'appliquer la stratégie Brzezinski, il y aura sans doute moins de guerres directes. Et elles se feront le plus possible en concertation avec les alliés. Ce qui permettra également de mieux soigner l'image médiatique et la manipulation de l'opinion. Et surtout, en faisant travailler davantage la CIA, on s'efforcera de remplacer les guerres menées directement par les Etats-Unis par des guerres 'indirectes'. Faire se battre des pays voisins en soutenant 'le bon' sous toutes sortes de bons prétextes. Ce fut la méthode employée avec succès par Clinton contre la Yougoslavie. La méthode Brzezinski présente deux avantages pour les Etats-Unis : 1. Elle leur redonne un aspect plus présentable, pour rétablir leur autorité morale. 2. En versant moins d'argent au complexe militaro-industriel, elle permet d'aider davantage l'économie US pour renforcer sa position concurrentielle face à l'Europe, la Chine, l'Inde, etc... Pour économiser sur les guerres, la stratégie Brzezinski recourt davantage aux chantages et aussi à l'action clandestine. Les chantages peuvent passer, notamment, par l'utilisation des instruments du contrôle économique global comme la Banque Mondiale, le FMI et l'OMC. Institutions multilatérales mais dominées par les Etats-Unis et permettant de dicter leurs volontés au tiers monde d'une manière apparemment plus objective. Mais ce ne sera pas facile car la Banque Mondiale et le FMI ont accumulé tant de haines là où ils sont passés que les pays ont cherché des alternatives. L'idée d'une Banque du Sud, lancée par Chavez, fait son chemin... L'action clandestine, c'est-à-dire la CIA, devrait aussi être utilisée davantage. Elle permet de se débarrasser des gouvernements gênants avec des investissements bien moindres. Voilà pourquoi les tenants de la stratégie de Brzezinski se définissent comme partisans d'un 'soft power' ou 'impérialisme intelligent'. Le danger, avec ce soft power, serait que la gauche se réjouisse d'être débarrassé de Bush et diminue sa vigilance parce qu'il y aurait - pendant un certain temps - moins de guerres directes. De sorte que le mouvement anti-guerre international, qui connaît une crise évidente, riposterait encore moins face aux stratégies plus discrètes de l'Empire. De toute façon, cet Empire ne deviendra pas pacifique. Tôt ou tard, il relancera des guerres à la Bush. Parce qu'en fait, l'élite US pratique un cycle d'alternance entre les deux options... Les présidents passent, les multinationales restent Elles ne sont pas nouvelles, ces deux options, militariste ou 'intelligente'. Et il ne s'agit pas d'une opposition entre républicains et démocrates. Parce que ces deux partis ne représentent pas 'la guerre' et 'la paix', mais seulement des électorats différents, et des tactiques différentes, et toujours au services des multinationales. Ainsi, ce n'est pas un républicain, mais bien un démocrate, Harry Truman, qui a déclenché la guerre en 1950 contre la Corée et la Chine. Ce n'est pas un républicain, mais bien un démocrate, John Kennedy, qui a commencé la guerre contre le Vietnam en 1961. Et ce n'est pas non plus un vote populaire contre un vote bourgeois. Les multinationales US financent toujours les deux candidats, plaçant leurs oeufs dans les deux paniers. Mais on peut juger leurs préférences aux montants versés. Au début des années 90, les multinationales investissent des deux côtés, mais privilégient Clinton et les démocrates à 58 %. A partir de 1996, au contraire, elles misent sur les républicains à 67 %. Aux présidentielles de 2000, c'est Bush qui est financé massivement. Et déclaré élu bien que le scrutin ait désigné son rival Gore. Par contre, à la présidentielle de 2008, les multinationales changent à nouveau de côté et financent davantage Obama que son rival McCain. De toute façon, le même président peut changer de politique. Après la chute de l'URSS et la fin de la guerre froide, Bill Clinton a d'abord baissé les budgets militaires et les commandes au complexe militaro-industriel dans l'espoir de relancer la machine économique US en général. Mais, bien que la décision soit passée quasiment inaperçue, le même Clinton, en fin de mandat, a effectué un virage : « Le budget militaire des Etats-Unis doit augmenter de 70 % » (10) Ce qui confirme ce qui a été dit plus haut : les grandes décisions politiques ne dépendent pas du caractère de tel ou tel président, mais bien de stratégies décidées plus haut. Les présidents passent, les multinationales restent. La politique US alterne les méthodes Donc, on parlera plutôt d'une alternance dans la politique des Etats-Unis. Après chaque grand revers, on constate un retour, temporaire, au 'soft power'. Après la défaite du Vietnam et la réprobation morale envers les dictatures installées par Washington en Amérique latine, les multinationales US ont porté à la présidence le gentil pasteur Jimmy Carter avec de merveilleux discours sur les droits de l'homme. Après la guerre froide et la première guerre contre l'Irak, le président Clinton s'est efforcé d'embarquer les Européens dans ses guerres et il a soigné la présentation médiatique. En fait, pour essayer de résoudre ses problèmes, la bourgeoisie US a constamment hésité entre les deux options. Ou plutôt, elle les a alternées : un peu plus de bâton, un peu plus de carotte. Mais ses choix deviennent de plus en plus difficiles. Car aucune méthode ne résout vraiment les problèmes. A présent, après le désastreux bilan de Bush, cette bourgeoisie US hésite entre les deux options. Ou bien la fuite en avant, c'est-à-dire la guerre tous azimuts. Ou bien un repli tactique, reculer pour mieux sauter et réorganiser les méthodes d'action. La question n'est pas tant de savoir quel président elle choisit, mais bien quelle stratégie. De toute façon, on n'est pas certain que la stratégie Brzezinski soit, au final, moins brutale que celle de Bush. Il est vrai qu'en 2008, il a critiqué publiquement le président en disant qu'il était stupide de vouloir attaquer l'Iran, parce qu'il ne pouvait pas gagner et qu'une guerre serait nuisible à la situation d'Israël, au prix du pétrole, et donc à l'économie US. Mais certains analystes pensent que Brzezinski veut ménager l'Iran parce qu'il espère retourner ce pays et le faire participer un jour à un encerclement de la Russie. Voilà la puissance qui reste la bête noire, l'obsession de l'auteur du Grand Echiquier. Certains pensent que Brzezinski vise toujours à encercler et affaiblir complètement la Russie, quitte à en découdre avec elle. Sans oublier la Chine, devenue manifestement une cible majeure. Dans cette hypothèse, le soft power se transformerait en une apocalypse now. Leurs solutions aggravent le problème Que la bourgeoisie US soit divisée sur la ligne à suivre, découle du fait que les Etats-Unis ne sont finalement pas si puissants qu'on le croit. Ni sur le plan économique, ni sur le plan militaire. A chaque fois que les dirigeants des Etats-Unis ont cru avoir trouvé une solution, il s'est avéré après un certain temps que cette solution aggravait le mal. Par exemple, dans les années 80, pour échapper à la récession, les multinationales US ont foncé sur l'Amérique latine et d'autres régions du tiers monde, faisant main basse sur leurs matières premières, leurs entreprises, leurs marchés. Mais comme cette offensive néolibérale a tellement appauvri ces pays, elle a provoqué des catastrophes économiques, donc des résistances de plus en plus fortes et l'Amérique latine a viré à gauche. A partir de 1989, Washington a déclenché une guerre globale pour s'assurer le contrôle absolu du pétrole. Mais le pétrole lui a échappé de plus en plus. A partir de 2001, Bush a déclenché sa guerre contre le prétendu Axe du Mal, mais il n'a réussi qu'à renforcer les résistances dans toutes les régions. Les Etats-Unis paraissent très forts, mais le sont-ils vraiment ? Avec tous leurs dollars, toutes leurs technologies et tous leurs crimes, ils ont perdu la guerre de Corée (1950) et celle du Vietnam (1961-1975), ils ont dû se replier du Liban (1982) et de la Somalie (1993), ils n'auraient sans doute pas gagné en Yougoslavie (1999) si le président Milosevic avait accepté les combats terrestres, et ils ont d'ores et déjà perdu en Irak et en Afghanistan, même s'ils ne le reconnaissent pas encore. Ne sont-ils pas, effectivement, comme on dit, un 'tigre en papier' ? Sur le long terme, les peuples qui défendent leurs richesses et leur avenir, ne sont-ils pas plus forts que les dollars et les missiles ? Les Etats-Unis ont beau dépenser à eux seuls plus que toutes les autres nations du monde ensemble pour les budgets militaires, cela ne réussit plus à leur assurer la suprématie mondiale. Ils sont eux-mêmes victimes, si l'on peut dire, de leur contradiction fondamentale : tout ce qu'ils font s'oppose aux intérêts de l'immense majorité des habitants de cette planète, ils créent donc eux-mêmes la force qui les abattra. Une armée ne peut pas être plus forte que l'économie qui la finance. Et la faiblesse fondamentale qui empêchera les dirigeants US d'atteindre leur but, c'est que l'économie US scie la branche sur laquelle elle est assise. En sous-payant ses travailleurs, en délocalisant une partie de sa production, en ruinant les pays du tiers monde qui devraient être ses partenaires, elle ne cesse d'appauvrir ceux à qui elle est censée vendre. Ce problème, aucune des deux options, ni la militariste, ni l' 'intelligente' ne pourra le résoudre. Les militaristes augmentent les dépenses et les résistances. Les 'intelligents', s'ils diminuent la terreur diffusée par la guerre directe, encouragent aussi la résistance. Quelle que soit la tactique choisie, les Etats-Unis continueront à porter la guerre partout dans le monde. Pour imposer leur système économique et leurs intérêts. Il est urgent de recréer un puissant mouvement pour la paix et la souveraineté des peuples. MICHEL COLLON 1er septembre 2008 SOURCES : (1) John E. Peters, etc, War and escalation in South Asia, www.rand.org/pubs/monographs/2006/RAND_MG367-1.sum.pdf (2) New York Times, 3 avril 2008. (3) Le Monde, AFP, Reuters, Le Figaro, 21 avril 2008 (4) Corriere della sera, 21 avril 2008. (5) Michel Collon, Monopoly, EPO, Bruxelles, 2000. Epuisé, voir copie gratuite à : Brzezinski (6) Le Soir (Belgique), 23 avril 2008. (7) Project for a New American Century (PNAC), Rebuilding America's Defenses, septembre 2000. (8) Towards a grand strategy for an uncertain world, German Marshall Fund of the United States, www.gmfus.org/event/detail.cfm?parent_type=E&id=451 (9) Nouvel Observateur (France), 1er juillet 1999. (10) Clinton Remarks on US Foreign Policy, 26 février 1999. Les liens entre l'économie et la guerre sont analysés dans le livre "Bush le cyclone" : Bush le cyclone Ce livre répond notamment à la question "Qui commande à Bush ?" Et donc au prochain président. Ces questions seront aussi abordées dans le prochain séminaire organisé par Investig'Action les 8 et 9 novembre. Infos : magali.investigaction@gmail.com

07/10/2008

Sacrée Edvige !

POUR RIRE JAUNE : EDVIGE ......
Voilà à quoi pourrait ressembler la commande d'une pizza en 2015, ou 
les dérives de l'interconnexion des données informatiques :

Standardiste : - Speed-Pizza, bonjour.

Client : - Bonjour, je souhaite passer une commande s'il vous plaît.

Standardiste : - Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?

Client : - Mon Numéro d'Identification National ? Oui, un instant, 
voilà, c'est le 6102049998-45- 54610.

Standardiste : - Je me présente je suis Habiba Ben Saïd. Merci Mr 
Jacques Lavoie.

Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 
174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de téléphone 
le 04 68 69 69 69. Votre numéro de téléphone professionnel à la 
Société Durand est le 04 72 25 55 41 et votre numéro de téléphone 
mobile le 06 06 05 05 01.

C'est bien ça, Monsieur Lavoie ?

Client (timidement) : - oui !!

Standardiste :- Je vois que vous appelez d'un autre numéro qui 
correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre 
assistante technique.

Sachant qu'il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne pourrons 
vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un 
XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant AZ25/JkPp
+88

Client : - Bon, je le fais, mais d'où sortez-vous toutes ces 
informations ?

Standardiste : - Nous sommes connectés au système croisé, Monsieur 
Lavoie

Client (Soupir) : - Ah bon !.... Je voudrais deux de vos pizzas 
spéciales mexicaines.

Standardiste :- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur 
Lavoie.

Client : - Comment ça ???...

Standardiste : - Votre contrat d'assurance maladie vous interdit un 
choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier 
médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol 
supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part, Mlle Denoix 
ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, 
le piment est fortement déconseillé.

Si la commande est maintenue la société qui l'assure risque 
d'appliquer une surprime.

Client : - Aie ! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?...

Standardiste : - Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt 
de soja, je suis sûre que vous l'adorerez.

Client : - Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette 
pizza ?

Standardiste : - Vous avez consulté les "Recettes gourmandes au 
soja" à la bibliothèque de votre comité d'entreprise la semaine 
dernière, Monsieur Lavoie et Mlle Denoix a fait, avant hier, une 
recherche sur le Net, en utilisant le moteur "_http://www.moogle. fr/ 
"_avec comme mots clés soja et alimentation.

D'où ma suggestion.

Client : - Bon d'accord. Donnez-m'en deux, format familial.

Standardiste : - Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex 
et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 
comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 
150 mg de Phénylseptine par 100 g de pâte, il y a un risque mineur 
de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 
minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer.

En revanche, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le 
modèle mini..

Client : - Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon 
numéro de carte de crédit.

Standardiste : - Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous 
ne soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit 
VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American 
Express sur votre lieu de travail. C'est ce qu'indique le Credicard 
Satellis Tracer.

Client : - J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le 
livreur n'arrive.

Standardiste : - Ça ne marchera pas non plus, Monsieur Lavoie, vous 
avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.

Client : Mais ?... Ce n'est pas vos oignons ! Contentez-vous de 
m'envoyer les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va 
prendre ?

Standardiste : - Compte-tenu des délais liés aux contrôles de 
qualité, elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous 
êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, 
mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.

Client : - Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai un scooter ?

Standardiste : - Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de 
l'Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu'il a passé 
le contrôle technique hier et qu'il est actuellement stationné 
devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs j'attire votre 
attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous 
avez, en effet réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il 
y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et 
de vos caractéristiques morphologiques, ni vous, ni Mlle Denoix 
n'êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis 
immédiat.

Client : - @#%/$@& ?# !

Standardiste : - Je vous conseille de rester poli, Monsieur Lavoie. 
Je vous informe que notre standard est doté d'un système anti-
insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série 
d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est 
immédiat et automatisé.

Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 
2009 pour outrage à agent.

Client (sans voix) : - ....

Standardiste : - Autre chose, Monsieur Lavoie ?

Client : - Non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Coca gratuit avec les 
pizzas, conformément à votre pub.

Standardiste : - Je suis désolé, Monsieur Lavoie, mais notre 
démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux 
personnes en surpoids. Cependant à titre de dédommagement, je peux 
vous consentir 15 % de remise sur une adhésion flash au contrat 
Jurishelp, le contrat de protection et d'assistance juridique de 
Speed assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, 
en particulier, les frais annexes liés au divorce.

Vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie, née Girard depuis le 
15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que 
l'achat il y a une heure à la pharmacie du Canal d'une boîte de 15 
préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à usage intime.

À titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 
EUR de réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable 
chez Speed-Parapharma. Toutefois veuillez éviter les pratiques 
susceptibles d'irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour 
lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité .

Bonsoir Monsieur et merci d'avoir fait appel a Speed Pizza.

Source : Lettre Cyberacteur R  E  P  E  R  E  S    2 0 0 8 - 40 du 06/10/08 http://www.cyberacteurs.org/

 

 

27/05/2008

vidéo gag gloups

http://www.dailymotion.com/video/x1sy3e_sarkozy-en-off-fa...

pour rire mieux :

http://sarkostique.over-blog.com/